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Tahiti à l’été 1940

jean louis cremieux brilhac la france libre 1

[Note d’Argoul]

Il y a 75 ans, la France s’effondrait en quelques semaines face aux panzers et aux stukas nazis. Nation dépeuplée, population fatiguée, élites démissionnaires, impéritie de vieillards au commandement, tout a été dit de cette fatigue collective sidérée par la vitalité allemande. Le maréchal mettait ses étoiles et ses feuilles de chênes en toute sénile honnêteté au service de la honte et du déshonneur, se croyant plus matois que le peintre raté végétarien de la fureur revancharde germanique.

Ils étaient bien rares, ceux qui choisirent de résister… De dire non à la défaite sans combat, à l’occupation humiliante, à la neutralisation volontaire de la Flotte et de l’Empire. Que s’est-il passé à l’autre bout du monde ? Dans ces « confettis de l’empire » que sont les îles pacifiques ?

1940 Papeete Tahiti

L’historien de la France Libre, Jean-Louis Crémieux-Brilhac (mort le 8 avril de cette année), lui-même évadé des stalags et qui rejoint De Gaulle en septembre 1941, l’expose dans le premier tome de son histoire, désormais en Folio.

« Tahiti, isolé à 18 000 km de la métropole, n’est informé qu’avec retard et confusément des événements mondiaux. L’île offrira cette singularité de mener à bien une révolution pacifique sans intervention extérieure. Le gouverneur, comme beaucoup d’autres administrateurs coloniaux, a d’abord affirmé sa résolution combative ; puis il a, pendant deux mois, louvoyé et tenté en sous-main de combiner le loyalisme au Maréchal avec une sorte de neutralisation de l’île qui eût permis à celle-ci de continuer à commercer avec la Nouvelle-Zélande en dépit de la rupture des relations diplomatiques avec Londres, ce à quoi Vichy s’oppose. Brusquement, le 21 août, il a promulgué et rendu applicable à l’Océanie les premières ordonnances d’exclusion prises en France et laissé constituer un « Comité des Français d’Océanie » qui réclame l’épuration des indésirables et l’expulsion des métèques. Le voile se déchire.

1940 timbre oceanie

« Une poignée de jeunes cadres d’origine métropolitaine – médecins, administrateurs et officiers, dont le médecin-administrateur des îles Sous-le-Vent Émile de Curton – ont dès le début condamné l’armistice. Ils animeront la résistance. Ils se découvrent d’accord avec les membres civils des Délégations (l’assemblée du territoire), avec le maire franc-maçon de Papeete, avec quelques communistes locaux qui fournissent une trentaine de gros bras, mais aussi avec les chefs tahitiens des districts, pour qui l’image qu’ils se font de la France ne doit pas être ternie par une capitulation. Le 27 août, un « Comité de Gaulle » est créé et les Délégations votent une motion qui condamne la politique ambiguë du gouverneur et lui demande de choisir le camp allié. Il répond : Pouvez-vous me prouver que vous avez la population avec vous ? » On improvise un référendum le dimanche 1er septembre à Tahiti et dans l’île de Moorea ; il donne 5564 suffrages pour le ralliement au général de Gaulle, 18 contre. Le vote est surtout protestant, les catholiques et leur hiérarchie ainsi que les notables nantis se sont largement abstenus. Le gouverneur est sommé une dernière fois, le 2 septembre, de choisir ; il se retire, abandonnant le pouvoir à un gouvernement provisoire local de quatre membres.

1940 port de Tahiti

« Celui-ci annonce le ralliement ; les autres Établissements français d’Océanie suivent ; le gouvernement provisoire de Tahiti resserre les liens avec la Nouvelle-Zélande, expédie au Canada le gouverneur, les fonctionnaires et les officiers de marine non ralliés et nomme un gouverneur provisoire ; ce sera, après un bref intermède, le médecin-administrateur Émile de Curton, bientôt confirmé dans ses fonctions par de Gaulle. Les volontaires tahitiens seront deux ans plus tard à Bir Hakeim dans les rangs du bataillon du Pacifique » pp.135-136.

Argoul

Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre tome 1, 1996, Folio 2014, 818 pages, €10.90

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Tous pêcheurs à Tahiti

Article repris par Medium4You.

Poisson d’eau douce importé d’Amérique du Nord et du Vietnam, faut-il interdire la consommation du panga ? Élevé en masse au Vietnam, la bête est sous les feux de la critique sur Internet. L’autre jour c’était de la part des autorités : « Manger trop de thon, c’est pas bon », donc le panga est le poisson des cantines scolaires et des sociétés de restauration. Le Président Temaru vient de signer une convention avec la société chinoise « Jinghim Invesments » pour un vaste projet d’aquaculture au pays. Pourquoi ne pas le faire avec les propres variétés de poissons d’eau de mer du fenua ? Dans une grande surface de Tahiti vous payerez 995 CFP le kilo de tranches dégelées de panga contre 1395 CFP le kilo de thon blanc. Y’a pas photo ! Et toujours dans le poisson, le gouvernement Temaru interdit la commercialisation du mako ! Ce requin dit mako ou requin-taupe bleu appartient à la même famille que les grands requins blancs. Il est de couleur bleu-nuit sur le dessus et blanc en dessous. Hydrodynamique, sa taille maximale est de 4 m quand même.

panga

Aux Tuamotu, à Anaa chaque jardin avait un cocotier qui était destiné à recevoir les queues des poissons que le pêcheur clouait à son retour. On exposait ses trophées pour informer ainsi le reste de la population. Les ancêtres remerciaient de cette façon dame Nature. Ce sont les queues des poissons du large qui sont clouées, les grosses prises, pas les poissons du lagon. Il faut respecter un sens : on les cloue par rapport à la mer et au lever du soleil, jamais du côté du tombant du soleil. Toujours vers l’Est ! Et si, en période d’abondance « matarii ni’a » on a pris beaucoup de poissons, la coutume veut que ces prises soient partagées avec la famille et les amis. Quand le pêcheur monte sur son bateau et arrive au lieu de pêche, il prie Dieu. Ne pas partir pêcher si l’on s’est disputé ! Pour la pêche à la tortue, les rituels étaient encore plus stricts et nombreux. Il ne fallait pas avoir de rapport sexuel la veille, pas de dispute, faire attention au matériel de pêche, pas de bruit dans la maison, personne ne devait enjamber le matériel. Au retour à la maison, il fallait enterrer les restes des prises dans le sable, les poissons comme les tortues, ne jamais les jeter à la mer. Autrefois on clouait la tête de la tortue les yeux face au lagon. Si l’on faisait ça, on était sûr d’en avoir tous les jours. Les jeunes d’aujourd’hui « oublient » ou n’ont cure de ces superstitions.

Un deuxième evoxymetopon poeyi a été péché au large de Tetiaroa. Et de deux ! La bestiole mesure 2m10 pour 5 kg, capturée à 190 m de profondeur. Et si l’on faisait un recensement de cette espèce dans les eaux polynésiennes, ça vaudrait peut-être un autre « prêt » en euros, non ?

troca coquillage

13 ans après la dernière campagne la pêche au troca a été rouverte à Hao durant le mois de novembre. Les quotas ? 192 kg par travailleur, payé 300 CFP le kilo. A la fin du mois on peut espérer une rémunération de 57600 CFP. La nacre extraite de ces coquilles servira à fabriquer des boutons. Les hommes plongent, les femmes nettoient. Le résultat devra être parfait, coquille vide, sans odeur, nettoyée.

Les Maoris de Nouvelle-Zélande luttent pour sauver l’anguille géante, espèce menacée d’extinction. Anguilla dieffenbachii est la plus grosse anguille d’eau douce du monde. Elle peut atteindre 2 m de long, peser 20 kg et vivre plus de 100 ans. Autrefois prospère dans les lacs et les rivières, elle est aujourd’hui au bord de l’extinction. Si cette anguille est un géant si fragile c’est qu’elle n’atteint sa maturité sexuelle qu’après des décennies de croissance. Les plus chanceuses quittent alors les lacs et les rivières, gagnent l’océan et parcourent des milliers de kilomètres pour se reproduire une seule et unique fois dans les profondeurs du Pacifique et y mourir.

anguilla dieffenbachii

La Living Oceans Foundation termine ses recherches aux Tuamotu et à la Société.  Alors docteur, quelles nouvelles ? Des différences notables entre les deux archipels. Beaucoup des récifs autour des îles de la Société ont été endommagés par l’étoile de mer épineuse, Acanthaster Planci ou dévoreuse de corail, dite Teramea tandis que ceux des Tuamotu sont en bonne santé en général. Les récifs des Tuamotu contenaient une plus grande diversité d’espèces de corail, plus âgées et plus grandes que celles trouvées dans les Iles de la Société.

Hiata de Tahiti

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Massacre à Tahiti

Sur l’île Kangourou en Australie, les otaries à fourrure, espèce protégée, massacrent les manchots pygmées, autre espèce protégée en voie de disparition. Un drame pour la biodiversité. Le manchot pygmée, le plus petit manchot du monde, 25 cm de haut pour un poids d’un kilo est une attraction phare du tourisme local. Les autorités australiennes affirment avoir perdu le contrôle de la situation !

manchot pygmee

Officiellement la viande de chien, comme la viande de chat, est interdite à la consommation par une loi de 1959, au titre de « viandes répugnantes ». Les autorités ne font pas appliquer la loi. Il paraît que l’on peut trouver du « ma’a spécial » un peu partout. « On n’utilise pas de chiens de race, seulement des bâtards » – dit-on. La coutume de manger la viande de chien a été importée d’Extrême-Orient, elle n’est pas vernaculaire. L’animal est le plus souvent mis à mort d’une façon abominable, au prétexte de la superstition qui veut que « l’adrénaline rend la viande meilleure ». En réalité, c’est l’inverse, ça la rend toxique, malheureusement pas assez vite. Le chien souffre donc le plus longtemps possible avant d’être achevé, pendu avec tous les os brisés, noyé très lentement, etc. La justice de Polynésie est active et féroce sur les rares cas de flagrant délit de contrebande de viande de tortue, mais elle est laxiste pour tout ce qui concerne la défense des chiens pour lesquels les cas sont quotidiens.

chiens elevage

Il manque 70 tonnes de miel au fenua. La production actuelle de miel oscille entre 70 et 90 tonnes pour une demande locale estimée entre 140 et 160 tonnes, le déficit est important. Peut-être pourrait-on en parler au gouvernement en place…

Les fortes pluies sont cause de bien des maux comme les éboulements, les inondations, la leptospirose dont on signale trois cas à Moorea dont un mortel. Les rappels à l’ordre pour une plus grande prudence en ces temps ont beau être diffusés par voie de presse écrite ou orale, rien n’y fait ! Il s’agit d’une bactérie qui provient presque exclusivement des urines d’origine animale (porcs, rats, chiens, chats). Avec seulement  une petite plaie aux pieds, aux jambes ou aux mains on peut attraper le leptospire et être contaminé. La maladie est polyviscérale, touche de nombreux organes vitaux, et peut les rendre défaillants tels les reins, les poumons, le cœur…

N

Christchurch la deuxième ville de Nouvelle Zélande avait été touchée par un séisme de magnitude 6,3, inaugurera sa cathédrale en carton dans quatre mois. C’est l’architecte nippon Shigeru Ban qui a été chargé de la construction de cet édifice qui sera bâti avec des tubes de cartons étanchéifiés et ignifugés de 600 millimètres de diamètre et pourra accueillir 700 fidèles. La reconstruction d’une église traditionnelle ne sera édifiée que dans une dizaine d’années. Le nom de l’architecte vous est inconnu ? Non, c’est lui qui a conçu avec le Français Jean de Gastines le Centre Pompidou de Metz.

Une plaque près de la Barrière de corail en voie d’effondrement crée un risque de tsunami sur les côtes du Queensland.

Hiata de Tahiti

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Tom Neale, Robinson des mers du sud

Néo-zélandais né en 1903, Tom Neale a été coureur des mers puis chef de comptoir dans les îles polynésiennes avant de finir sa vie, la cinquantaine venue, en robinson volontaire. Il a passé 15 années tout seul sur une île déserte du Pacifique, Souvarov, à 200 milles de la première habitation de Rarotonga dans les îles Cook.

Oh, ce ne fut pas par misanthropie ! Il a été marié et a eu deux enfants avec une îlienne. Il a travaillé et s’est fait des amis. Mais il aspire à vivre seul, loin de la civilisation qui, durant son existence, a déjà donné deux guerres mondiales. Libre et nu, il s’immerge dans la nature pour recréer son monde. Accompagné de deux chats et de quelques poules, plus un canard sauvage qu’il réussit à apprivoiser. Il fera des rencontres, marins passés par là, militaires en opération et même naufragés. Mais il ne sera bien que seul, face à lui-même.

Il s’organise, discipline la nature alentour et aménage son petit univers. « J’avais reconstruit la cuisine et même fabriqué mon fourneau, réparé la cabane et le chemin qui y conduisait, construit un poulailler où je récoltais autant d’œufs que je voulais, j’avais fait naître un jardin de la jungle et les légumes que j’y récoltais complétaient mon alimentation.. » p.192. Il cueille, il pêche, il cultive. Pas de chasse, sauf au début pour éradiquer les cochons sauvages qui détruisent toute pousse nouvelle. Mais il manque de viande, poulet et poisson ne suffisent pas à qui travaille de force. Or, six mois passés à réparer une jetée que la prochaine tempête va définitivement détruire, vont montrer à Tom sa faiblesse.

Écolo de terrain, il prouve combien les écolos de bureau disent n’importe quoi d’un ton docte et raisonnable : sans viande, pas de force. Il va découvrir aussi une autre évidence : sans insecte, pas de pollinisation. Ses plants de tomates et de courges restent stériles. Il lui reste à ensemencer les fleurs femelles avec le pistil des fleurs mâles, une à une, à l’aide d’une plume, pour obtenir enfin des légumes. Heureusement qu’il l’a lu dans un livre qui traînait : rien moins que ‘L’origine des espèces’ du grand Charles Darwin !

A ce propos, il réalise une expérience in situ de la fameuse fable socialiste. Ceux-ci se gaussent des libéraux en affirmant (en chambre) que le libéralisme est un renard libre dans un poulailler libre. Cette métaphore qui frappe les imaginations est un sophisme : un faux raisonnement. Car les bases de l’affirmation ne sont pas exactes, tout simplement. Libres, les poules se gardent bien de s’enfermer en poulailler ! Elles se nichent dans les souches d’arbres, se cachent individuellement au profond des buissons. Bien malin le renard qui parviendra à les attraper d’un coup. La preuve : quand Neale est arrivé sur l’île, les poules apportées par les occupants précédents (des militaires durant la Seconde guerre mondiale), sont retournée à la nature. Elles ont repris leurs habitudes instinctives de bons oiseaux non collectivistes. Tom Neale a réussi, en les nourrissant régulièrement après avoir frappé un gong, à les réhabituer à un endroit clos (le HLM des cités socialistes). Mais quand il a dû partir plusieurs années, pour cause de maladie, les poules ont « naturellement » retrouvé leur instinct naturel (qui est antisocialiste) : elles se sont dispersées. Pas de « poulailler libre », donc !

Un jour, mi-1954, il se trouve paralysé du dos brutalement, loin de chez lui. Comment faire, tout seul, pour s’en sortir ? Les muscles tétanisés, mais surmontant les fulgurances de la douleur à force de volonté, il réussit à rentrer et à se traîner dans sa cabane. Il n’y passe heureusement que quatre jours avant que des visiteurs de hasard le découvrent et l’aident. Il se fait vieux ; la mort dans l’âme, il embarque ses quelques effets et ses deux chats et rentre avec eux à Rarotonga. Il reprend six ans durant sa direction de comptoir, pointant tous les matins, respirant la pollution de la circulation et le bruit des gens entassés dans la ville. Ses douleurs n’étaient que de l’arthrite dans la colonne vertébrale.

Il retourne donc sur son île déserte de mi-1960 à fin 1963, quittant son paradis parce que des plongeurs des îles viennent y passer de bruyantes semaines et envisagent d’y revenir ; ils vont même encourager d’autres à le faire ! C’est à cette époque qu’il écrit ce livre, un beau récit simple et modeste d’une expérience intime qui confine au mythe. Celui du bon sauvage dans le paradis retrouvé des îles des mers du sud. Bernard Moitessier, qui a relâché sur l’île et a rencontré Tom Neale, déclare qu’il participait « à la création du monde ».

Tom Neale ne pourra s’empêcher de revenir sur son « île du désir » de 1969 à 1977, année de sa mort. Mais elle n’aura pas lieu sur l’île Souvarov. Il décèdera à Rarotonga, des suites d’un cancer de l’estomac. Il est dit sur le net qu’à l’année 2001, le fils de Tom, Arthur Frederick Neale, vivait sur l’atoll de Manihiki où il dirigeait une ferme perlière. Divorcé, il a trois enfants, Meleilani 24 ans, Thomas 17 ans, et Joshua 12 ans. Que sa fille Stella Neale-Kenyon vivait à Auckland en Nouvelle-Zélande, avec elle aussi trois enfants, Sarah-Elyss 8 ans, Milton 6 ans, et Marlow 3 ans. L’ex-femme de Tom, Sarah Haua, habitait encore en 2001 sur l’île Palmerston, à 76 ans.

Une bien belle aventure, surtout parce qu’elle est restée à l’écart de toutes les modes, de tous les « extrêmes », de toute cette écologie de salon qui encombre la littérature comme la politique. A lire pour découvrir ce que veut vraiment dire « vivre au rythme de la nature ».

Merci à Jean-Luc Coatalem, écrivain-voyageur, d’avoir convaincu la Table ronde de rééditer ce livre, devenu introuvable en français. Bien que dans la collection ‘Petite Vermillon’, il est blanc comme Folio, illustré comme Folio, imprimé comme Folio – mais n’est pas un Folio. Qu’on ne s’y trompe pas !

Tom Neale, Robinson des mers du sud (An Island to Oneself), 1966, La Table ronde collection Petite vermillon, mars 2012, 349 pages, €8.26

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Dernières élucubrations polynésiennes de mai

Depuis avril, le temps passe à grande vitesse. Il a plu pendant des jours et des nuits sans discontinuer, même Grisette (la chatte) n’a pas pu rentrer à la maison.

Tragique fait divers il y a quelques semaines aux Marquises. Une touriste métropolitaine a été tuée par la chute d’une noix de coco sur la tête !

Stupéfaction à Tahiti, une ado championne de taekwondo à 14 ans, aurait succombé à un arrêt cardiaque après un shoot mortel… au déodorant. L’autopsie confirmerait à 95% cette hypothèse. Après les accidents dus au jeu du foulard, après la consommation de paka (cannabis) et d’alcool, voici donc maintenant un autre jeu mortel pour les collégiens et lycéens !

Faire le possum est un nouveau jeu qui inquiète les autorités de Nouvelle-Zélande. Jeu très prisé par les étudiants qui consiste à s’assoir dans un arbre et à se saouler jusqu’à en tomber raide. L’opossum à queue en brosse est un marsupial vivant dans les arbres, que l’on trouve souvent dans les parcs de ce pays…

L’exode des Kiwis se poursuit. Ils désertent la Nouvelle-Zélande pour l’eldorado australien. Rappelons que les Kiwis ne sont pas seulement des fruits ni des oiseaux mais aussi les habitants de la NZ. Les opportunités de carrière sont alléchantes. Pour les Australiens, la main d’œuvre kiwi qualifiée est une aubaine. Pourquoi s’exilent – ils ? Le climat au pays des kangourous est beaucoup plus clément. La majeure partie des expatriés choisissent de s’installer dans le Queensland où les températures varient entre 10°c en hiver et 29°c en été. Pas besoin de permis de travail ou de visa pour les citoyens et les résidents permanents néo-zélandais qui s’installent en Australie. Aujourd’hui plus de 400 000 Néo-zélandais y vivent. Les salaires sont souvent le double, alors… La crise économique et les tremblements de terre de Christchurch expliquent aussi cet engouement pour le départ.

Nana la Tapageuse : après 23 ans de bons et loyaux services, elle dépose les armes. Après le départ de la Railleuse, c’est au tour de la Tapageuse de quitter Papeete. Le 14 mai elle a mis le cap sur Brest pour y être démantelée. L’arrivée est prévue pour le 30 juillet après 52 jours de mer et un long périple. Ce patrouilleur avait été construit en 1987 à Cherbourg et livré à Tahiti en 1989. Il sera, à Brest, désarmé, puis démantelé ou revendu. L’Arago a succédé à la Railleuse, la Tapageuse n’aura un remplaçant qu’à l’horizon 2014. Outre ses missions de sauvetage, ses opérations de police de la pêche, en juin 2000 la Tapageuse était venue mouiller dans le lagon de Huahine pour 3 jours de figuration dans le film d’Alain Corneau, Le prince du Pacifique.

Et si la Bounty était ramenée à Tahiti ? Un Suisse travaillant et vivant à Tahiti a vu sur internet que la Bounty était à vendre. Cette réplique construite en 1961 pour y tourner le film ‘Les révoltés du Bounty avec Marlon Brando, a ensuite fait carrière dans ‘Pirates des Caraïbes‘. Actuellement elle est une attraction touristique à Porto Rico, en attendant d’être vendue 4,5 millions de dollars US (500 millions de FCP). Le citoyen de la confédération helvétique souhaite réunir des investisseurs privés, motivés. Souhaiteriez-vous contribuer à cet achat ? Voici les tarifs des contributions : donateur « tiare » don entre 1000 et 100 000 FCP ; bienfaiteur « honu » don entre 100 001 et 1 million FCP ; bienfaiteur « poerava » don supérieur à 1 million FCP. A vos tirelires !

En attendant, il n’y a plus de vaccins pour bébé. Il semble que, pour des raisons de crédit, la pharmacie générale de la Polynésie française n’a plus été en mesure de délivrer le Prévenar, vaccin indiqué pour la méningite à pneumocoques et destiné aux bébés. Pourquoi cette rupture ? En métropole, une dose coûte 6 700 FCP, au fenua 10 000 FCP, il faut faire 3 injections, et la CPS (SS locale) ne rembourse pas.

Mais plus de 400 millions FCP de primes ont été versées aux fonctionnaires en 2011, principalement aux services des finances et des impôts, les eldorados de l’administration en Polynésie française. Certains services tels ceux liés aux finances publiques concentrent une grande partie des indemnités et sont donc très prisés par les agents qui disposent ainsi de l’équivalent d’un 14e mois, voire d’un 15e mois de rémunération. Certaines voix s’élèvent contre ces avantages décidés en période de vaches grasses alors qu’actuellement le pei est en crise ! Et les vaches n’ont plus que la peau et les os, enfin pas toutes.

Candidats a la députation : 45 pour 3 places, qui dit mieux ? Un répond à la journaliste : « ça va me changer un peu parce que je suis les actualités à la télé, ce qui se passe au palais Bourbon… à Paris… J’aimerai essayer un peu de rentrer là-dedans et savoir comment ça marche et qu’est-ce que ça va rapporter » (sic !). Et d’ajouter : «… euh… je sais pas encore… j’ai pas encore réfléchi, mais j’aimerais bien savoir quand je serai là-bas dans quelle branche je me pointerai. » Ce monsieur avait l’air sincère. Il y a aussi les « has been », les Don Corléonne du clan des « siziliens » et d’autres du même acabit. J’espère que les fauteuils du palais Bourbon peuvent se transformer en transats pour la sieste les jours où ils viendront assister aux séances.

Hiata de Tahiti prend congé.

Nana les amis. Next time better comme on dit en Tahitien moderne.

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Rotorua et retour via Auckland

Il faut regagner l’île du Nord. Un petit avion fait la navette entre Nelson et Rotorua. Nous sommes un groupe important (40) pour une capacité de 50 places ! On nous a réservé le dernier avion en partance.

Le spectacle est magnifique depuis l’avion : pâturages, ville de Wellington capitale de Nouvelle-Zélande, montagnes enneigées, cratères, lacs, rivières serpentant dans la plaine. Les photos parlent d’elles-mêmes. Voilà, nous sommes arrivés à Rotorua, dans une odeur d’œufs pourris.

La ville thermale de Rotorua sent en effet le soufre. Émanation du diable ? C’est en tout cas excellent pour nous, qui avions tous une petite toux ou un début de rhume à cause du climat de l’île du Sud… Tout ça est envolés  grâce à cette odeur tenace d’œufs pourris.

La ville se situe sur la rive Sud du lac, lac presque circulaire qui est l’un des plus étendu de la région. Le mont Ngongotaha, 778 m, domine la ville et le lac. Un téléphérique dessert Skyline (487 m d’altitude) d’où on embrasse un panorama  exceptionnel. On peut en descendre par des  luges  sur des pistes tracées telles des toboggans, et l’on rejoint le haut par des remonte-pentes tels une station de ski. Hardi les gars !

Ensuite direction l’agrodome où l’on présente les plus beaux béliers du pays, toutes races confondues ; on assiste à une démonstration de tonte, aux évolutions de chiens de bergers. Le magasin est attenant au dôme… au cas où les billets de votre portefeuille se manifesteraient pour en sortir.

Direction Taupo formé en l’an 1860 par une explosion volcanique. Le Taupo est le plus grand plan d’eau de Nouvelle-Zélande, 619 km². D’ici on peut voir dans le lointain les monts Tongariro et Ngauruhoe et la cime enneigée du Ruapehu 2797 m dont j’ai vu le cratère par avion.

Nous retrouvons les routes encombrées, les banlieues – et Auckland. Le démon du shopping poursuit son œuvre. Pendant trois jours complets, le menu sera toujours le même : shopping, shopping, shopping. Confection chinoise, vêtements made in China, objets fabriqués en Chine. On achète une deuxième valise. C’est toujours ainsi lors des voyages des Tahitiens. Attention, deux fois 23 kg par personne et 7 kg pour le bagage à main ! Les Néos veillent ! Ils calculent bien ces Néo et au détour de l’allée, après le free shop, une balance et deux Néo qui vous demandent poliment, et avec un grand sourire de poser votre sac sur la bascule…

C’était ma première découverte du pays Maori. Je comprends mieux maintenant pourquoi les Européens apprécient la Nouvelle-Zélande… Ce pays ressemble tellement à l’Europe qu’il y a peu d’efforts à faire pour s’y sentir comme à la maison !

Hiata de Tahiti

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Kaikoura en Nouvelle-Zélande

Après les agapes de la veille pour enterrer 2010, il faut un solide brunch pour commencer l’année 2011 ! Ainsi sera fait. Merry New Year.

Une journée cool avec la visite du musée, le jardin botanique, la plage aux galets pour y dénicher des cailloux de différentes couleurs, juste de quoi alourdir la valise !

Brunch au Château puis départ pour Nelson via Kaikoura. De Christchurch, des vignobles à gauche, des vignobles à droite, des vignobles au loin. Devant nous Greta Valley, derrière le Malborough. Aux environs d’Omarama j’aperçois depuis la route les Clay Cliffs, hauts éperons rocheux séparés par des ravins profonds et étroits. Puis, la côte Pacifique, agitée, violente, découpée.

Voici Kaikoura (dont le nom signifie repas de langouste) qui abonde en fruits de mer et crustacés mais dont la pêche est rationnée et contrôlée, une côte riche en faune marine : cachalots, orques, otaries, dauphins, albatros. Le Pacifique est généreux : poissons variés, coquilles Saint-Jacques, langoustes, crevettes, ormeaux.

Magnifique récolte pour les pêcheurs sous-marins qui nous montrent leur pêche et avec qui nous bavardons quelques instants !

Puis voici Picton au fond du Queen Charlotte Sound et enfin Nelson. Ce fut d’abord un parcours montagneux, puis plat, et de nouveau montagneux, très varié mais hélas en grande partie sous la pluie.

Ce matin, à Nelson, cueillette des mûres, fraises, framboises et gavage par ice cream (aux fruits). Toujours cette crème glacée dans laquelle on malaxe, à la demande, la purée de fruit demandé : mûre, fraise, framboise, kiwi, mais aussi yaourt. Les Polynésiens en sont friands. Ils m’assurent que c’est une vraie glace aux fruits et que cette « glace » n’existe qu’ici dans cette région de Nouvelle-Zélande.

L’après-midi, shopping, visite de la ville agréable et fleurie, Church Hill avec la cathédrale anglicane, jolies rues commerçantes fleuries mais toujours les mêmes articles dans les boutiques de nippes, du Made in China ! Néanmoins  un vrai délice de flâner sous les arcades fleuries par ce beau soleil.

Sabine

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Journée cueillette en Nouvelle-Zélande

Article repris par Medium4You.

Après un brunch bien fourni nous embarquons pour Tekapo.

Le premier arrêt permet aux Tahitiens de cueillir des cerises dans un verger, de juteuses cerises, d’un rouge puissant. Les arbres sont protégés de la gourmandise des oiseaux par des filets. Des échelles sont à la disposition des clients qui cueillent eux-mêmes les cerises avant de les faire peser et d’en acquitter le montant. Oh ! Surprise… certains ne ramassent que le fruit et laissent pendre les queues sur la branche ! Il faut leur indiquer comment on cueille des cerises ! « On savait pas, on nous avait rien dit ! » Certains se gavent de fruits avant le pesage, mais sont vite rassasiés. Ils en ont cueilli des cartons de cerises !  Attention aux intestins fragiles, mais les Tahitiens sont costauds. Un magnifique vignoble fait face aux cerisiers.

Des  rosiers sont plantés en début de ligne des vignes. A ceux de mon van, j’avais indiqué l’usage des rosiers dans les vignobles. Ceux des autres vans ont reçu une toute autre explication de l’accompagnatrice : grâce à la couleur des roses, les vignerons Néo se souviendront des cépages rouges, rosés, et blancs qu’ils ont planté ! A posteriori, cela a déclenché une bonne crise de fou-rire.

Poursuivons notre route, arrêt à Cromwell, capitale des fruits. Cette petite ville a survécu au déclin des mines d’or en devenant la ville des fruits au milieu d’une des principales régions fruiticoles de Nouvelle-Zélande. Une abondance d’abricots, de pêches, de brugnons, de melons, de pommes, de poires, de cerises, de fruits secs et d’ice-cream… aux fruits. Toujours le même procédé : à la crème glacée on mêle, à la demande du client, des cerises et autres fruits réduits en purée. Ce que les Tahitiens peuvent les aimer, ces glaces !

Le reboisement prend de curieuses allures de coiffure punk parfois, dans le paysage.

Allez, en route car il reste de nombreux kilomètres à parcourir. La route est longue mais variée : Twizel, village crée en 1969 dans le cadre de l’aménagement hydro-électrique de l’Upper Waitaki.

Le lac Pukaki, vallée glaciaire parallèle à celle du lac Tekapo. La route longe la pointe sud du lac Pukaki.

D’ici, on a une vue à couper le souffle sur les Southern Alps et le mont Cook.

Sabine

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Milford Sound

Par la Milford road nous partons rejoindre le Milford Monarch pour une croisière-repas dans le sound. Le parcours routier est un régal pour les yeux.

La route traverse des paysages variés, des forêts luxuriantes, des torrents impétueux, des monts escarpés, un tunnel, pour arriver enfin à l’embarcadère.

A l’entrée du fjord long de 16 km, le célèbre Mitre Peak est une falaise en forme de mitre, haute de ses 1692 m. Ce serait la plus haute falaise du monde.

Embarquement. Suivant les conseils avisés de notre accompagnatrice, il faut se précipiter sur les mets du buffet car plusieurs groupes de Chinois cohabiteront  avec nous et les premiers arrivés auront l’assiette garnie ! Après le passage des Chinois il ne resterait pas un seul grain de riz.

Tout en mangeant, on observe le fjord, sitôt l’assiette vidée, on court sur le pont supérieur afin de jouir des paysages, des curiosités géologiques, des cascades vertigineuses qui se précipitent dans le fjord. Les Bowen Falls y chutent de 160 m, les Stirling Falls de 146 m.

Des otaries à fourrure se réchauffent sur les rochers, des dauphins jouent et parfois des manchots s’y monteraient.

La croisière mène jusqu’à la mer de Tasmanie.

Nous changeons de monture, sur la route du retour nous nous arrêterons plusieurs fois et croiserons des nestors kea, perroquets intelligents, farceurs, qui s’attaquent parfois aux provisions des promeneurs, aux joints des portières.

Nous ferons quelques photos de restes de neige sale.

Hiata de Tahiti

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Queenstown et les croisières

Pour le petit déjeuner le groupe est scindé en deux car le restaurant du motel est trop petit. Il pleut, il pleut, il pleut ! Rendez-vous sur le quai pour prendre la « Lady of the Lake » pour nous rendre sur la rive opposée. La pluie gâche un peu notre plaisir mais l’ambiance sur le steamer est fort sympathique.

Le TSS Earnslaw est une vénérable relique du temps où les vapeurs étaient le principal moyen de circulation sur le lac. Il est propulsé par 2 moteurs de 500 chevaux qui l’équipent depuis son lancement en 1912.

Cette honorable « Dame du Lac » nous mènera à la Walter Peak High Country Farm. Là nous irons rendre visite aux lamas, aux moutons, aux cerfs et biches, aux bœufs écossais, et avec une tasse d’un English tea, déguster un ou deux scones. Delicious !

Sur le bateau, un piano quart de queue et son pianiste joue des mélodies très connues, un petit Song book est remis à ceux qui s’approchent du coin musique. Dans ce petit fascicule, vous trouverez 48 textes de chansons comme My Bonnie, John Brown’s body, Lily Marlene, It’s a long way to Tipperary, Waltzing Matilda, and so on. A l’aller comme au retour, le pianiste du bord se délectera d’accompagner les voix tahitiennes, de jouer à quatre mains avec notre accompagnatrice. Etonnant et distrayant pour les autres touristes, asiatiques pour la plupart,  qui s’empressent de mettre ces souvenirs dans leur boîte à images.

Par le téléphérique Gondola nous irons dîner au restaurant panoramique. Le dénivelé est de 450 m sur une longueur de 730 m. La vue depuis le restaurant sera perturbée par la pluie, dommage ! On aurait pu faire de la luge. Tant pis. Les buffets sont copieusement garnis, en huîtres, pétoncles, moules, crevettes et autres produits de la mer, en viandes, en légumes, en salades, en fromages. Du chaud, du froid,  des desserts, des boissons chaudes, cette fois, les Tahitiens n’auront  pas besoin de courir chercher des frites au sortir du restaurant!

La journée sera longue. La pluie sera des nôtres jusqu’à l’arrivée. Te Anau est le centre commerçant du Fiordland, région vivant de l’élevage de daims et du tourisme. La ville est sise sur la rive sud-est du lac du même nom, long de 61 km et profond de 417 m. C’est le plus grand lac de l’île du Sud.

Une visite à la grotte des vers luisants est programmée. Par bateau, on rejoint la grotte. On pénètre par petits groupes à l’intérieur. De passerelles en passerelles, au-dessus des torrents, d’une piscine naturelle, de la rivière est en crue qui gonfle la cascade,  on pénètre l’intérieur des galeries calcaires puis en barque, dans le plus grand silence, on découvre les voutes de la grotte illuminées par des milliers de vers luisants. Grâce à leur minuscule lumignon ils attirent les insectes dont ils se nourrissent. Une voute céleste brillant de milliers de feux dans un univers magique.

Sabine

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La rencontre des deux mers au Cap Reinga

Un grand bus remplace nos quatre vans précédents et nous conduira au bout de la péninsule d’Aupori : le Cap Reinga. Il est appelé « te rerenga wairua » en Maori, soit « le lieu du grand saut de départ des esprits ».

Un arrêt au Puketi Kauri Forest nous permet d’admirer les kauris, arbres gigantesques au port seigneurial. Le chauffeur parle, parle, récite sa leçon en anglais, nous saisissons un mot par ci, un mot par là… même la guide qui vit en Nouvelle-Zélande et qui est traductrice ne saisit pas grand-chose ! Tant pis, contemplons les paysages.

Du parc de stationnement où nous dépose le bus, nous nous dirigeons à pied jusqu’au phare, 4 km aller et retour par un sentier roulant. A gauche du phare se rencontrent la mer de Tasmanie et l’océan Pacifique. Les noces sont mouvementées, tumultueuses, le spectacle est unique. Les Maori appellent ce lieu « te moana a rehua  » (la mer de Rehua) avec « te tai o whitirea » (la mer de Whitirea), Rehua et Whitirea étant homme et femme respectivement.

Le cap Maria van Diemen fut nommé ainsi en l’honneur de la femme du Gouverneur général des Indes Orientales par Abel Janzoon Tasman en 1642. Reinga (monde d’en dessous, les enfers) est pour les Maori le lieu où les esprits des morts partent vers Hawaiki. Ils descendraient le long des racines d’un vieux Pohutukawa âgé de 800 ans pendant du haut de la falaise. Le Pohutukawa abonde de fleurs rouges sur les côtes de l’île du Nord à l’approche de Noël, il est appelé l’arbre de Noël.

Le retour vers Kerikeri se fera par la plage la plus longue de Nouvelle-Zélande, telle un désert, qui s’étire sur 60 miles (96 km) et non 90 comme son nom l’indique (Ninety Mile Beach). Avant d’atteindre la plage, nous roulons dans le lit du ruisseau Te Paki et atteignons la Te Paki réserve où six téméraires de notre groupe vont dévaler une haute dune (Te Paki Quick Sand Stream) sur une planche. Bravo les courageux ! Après avoir roulé sur le sable mouillé de vaguelettes, le bus fait un arrêt obligatoire pour être toiletté. Les touristes, eux, s’abreuvent et achètent moult articles en bois kauri. Il y a même à l’intérieur du commerce, un escalier taillé dans un vieux tronc de kauri. A nouveau un succulent dîner à Cocozen.

Petit déjeuner dans le motel voisin puis départ pour la capitale Aukland après un arrêt à la chocolaterie Makana.

Un autre arrêt aux piscines de Waiwera. Ca sent le souffre ! Après deux heures à barboter dans l’eau sulfureuse, chaude, moins chaude, plus chaude, très chaude, il faut regagner Auckland. Nous sommes attendus par la famille R. pour fêter Noël chez les Adventistes. Quelle est donc cette famille Néo originaire des Samoa qui ose inviter 40 personnes ? Le lieu est un complexe adventiste avec église et dépendances, crèche, école primaire, école secondaire, terrains de sport …

A Auckland, c’est Noël, joyeux Noël. Nous sommes en été en Nouvelle-Zélande, température de 20° au soleil. Pas de quoi me faire quitter mon pull en laine d’alpaga péruvien quand même. Après un copieux petit-déjeuner à l’hôtel, nous allons faire une longue balade dans une ville déserte puis chez les fous ! Non, non, pas à l’asile, chez les fous piafs, les gannets de Muriwai Beach. C’est une colonie d’environ 2 000 fous austraux à tête orange qui a élu domicile sur les falaises et deux promontoires rocheux. Les volatiles sont protégés par des barrières… mais des plateformes permettent de les observer à loisir.

Avant de prendre l’avion Auckland – Queenstown, le brunch à l’hôtel comprend des jus de fruits, des céréales, des fruits secs, des fruits frais, des yaourts, du thé, du café, du chocolat, du lait, des viennoiseries, des tranches de pain, des œufs, des saucisses au  bœuf, des galettes de pommes de terre, des champignons sautés, des spaghettis sauce tomate. Tout cela est indispensable aux estomacs tahitiens. Pas étonnant qu’ils dorment peu après être montés dans les vans ! Queenstown, ville des sports extrêmes  se situe dans l’île du Sud, il faut donc prendre l’avion.

L’atterrissage est très spectaculaire et dangereux à cause des parois rocheuses, il arrive fréquemment que l’on détourne les avions si la visibilité n’est pas bonne.  Le motel est situé sur les bords du lac Wakatipu, lac glaciaire, qui occuperait selon une légende maori l’empreinte laissée par un géant qu’un guerrier fit brûler vif pendant son sommeil parce qu’il avait enlevé la fille d’un chef. La neige en fondant aurait rempli la dépression. Le cœur du démon bat toujours ce qui explique les oscillations du niveau de l’eau : environ 7 cm toutes les 5 mn. On peut tout entreprendre dans cette ville : jet-boat, ski, saut à l’élastique de 134 m, parapente, rafting, VTT, parachutisme, hélicoptère, canyoning, et j’en oublie certainement.

Dîner au restaurant chinois : minable, mais surtout portions pour moineaux. Les Tahitiens sortent de table affamés, ils courront chercher des frites, des hamburgers au grand regret de la responsable du voyage qui avait toujours été satisfaite de ce resto jusqu’à ce soir.

Hiata de Tahiti

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Auckland et Bay of Islands

Article repris par Medium4You.

Après cette entrée en matière, embarquons à Faa’a pour Auckland sur Air New Zealand. Je suis partie avec mon groupe de Tahitiens depuis la Polynésie. Ce n’est pas loin, pour nous, la Nouvelle-Zélande. A l’arrivée, 6 heures plus tard et avec un jour d’avance sur Tahiti, répartition des chambres au Barrycourt dans le quartier de Parnell d’Auckland.

Un Néo sur 3 habite Auckland ou sa périphérie. L’agglomération capitale dépasse 1,2 millions d’habitants. La population a augmenté de 20% depuis 1991. La ville est située sur un isthme formé par les rejets d’une soixantaine de volcans au cours des 50 000 dernières années. Dans la cité  vit la population polynésienne la plus importante au monde. L’agglomération d’Auckland s’étend sur 1 000 km².

C’est aussi la Cité des Voiles, la ville prétend compter le plus de voiliers par habitant au monde. Visite de la roseraie qui quelques jours plus tôt devait être magnifique, mais il demeure néanmoins de très beaux spécimens. Un tour de ville, nous nous rendons au Musée pour assister à un show maori. A peine le temps d’entrevoir les trésors maoris exceptionnels comme la waka (pirogue) et la maison commune reconstituée. Ca sent la presse pour le shopping, le tout premier depuis l’arrivée… alors ce sera Botany Centre (articles made en China !).

Brunch à l’hôtel : c’est la ruée sur le buffet. Beaucoup estiment que le prix payé pour ce voyage les autorise à se goinfrer. Les serveurs n’ont pas le temps de re-re-fournir le buffet que déjà tous les plats sont vidés. Y a pas de chocolat ? Y a plus de pain ? Et les fruits ? Y a que ça ? Enfin, on est parti ! Le nord de l’île s’étire, bordé à l’Ouest par la mer de Tasmanie, à l’Est par le Pacifique.

Nous avons rendez-vous avec un bateau pour visiter the Bay of Islands alors il faut faire vite. Si vite que nous devrons poireauter une heure et demi avant l’arrivée du bateau ! Le bateau est bondé, la mer parait d’huile. La Bay of Islands renferme 144 îles qui se trouvent à moins de 50 km de la côte. Elles furent accessibles à pied pendant les périodes glaciaires où le niveau de la mer baissait. L’eau y est tiède-fraîche, en principe du soleil toute l’année, des plages, des criques… et de multiples loisirs.

Le bateau navigue entre les îles. Un arrêt pour débarquer et embarquer d’autres passagers à Kororareka (Russel) puis direction Motuarohia (Roberton Island) île où le Capitaine James Cook ancra l’Endeavour et où la famille Roberton fut tragiquement assassinée.

Voici Motukiekie une petite île privée de 28,8 hectares ; une famille de dauphins fait le show (peut-être payée par le syndicat du tourisme). Le plus spectaculaire du tour Motukokako (Cape Brett and Piercy Island) : le phare est construit à 149 m au-dessus du niveau de la mer, il fonctionna avec des gardiens de 1910 à 1978 et fut alors  remplacé par un système automatique.

Rebaptisée Hole in the Rock, la roche percée se situe elle à 148 m au-dessus du niveau de l’eau. La mer est agitée, ça remue, ça remue toujours. Le bateau est trop large pour traverser la roche percée, mais grâce à une délicate manœuvre, le pilote le fait entrer en reculant jusqu’aux trois quarts de la voûte mais pas question de le briser contre les rochers qui peuplent la sortie. Spectaculaire ! Les téméraires du groupe qui avaient opté pour le pont découvert s’en tirent avec des coups de soleil !

Au retour, le groupe s’est scindé en deux. Les chambres de notre motel donnent sur une petite chute d’eau ; le reste du groupe bénéficie de chambres à Cocozen dans la ville historique de Kerikeri. Le dîner commun, préparé par les doigts de Carole à Cocozen est merveilleux, une cuisine savoureuse dans un cadre idyllique. Une journée bien remplie, des découvertes.

Hiata de Tahiti

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Au pays du grand nuage blanc

Article repris par Medium4You.

Hiata, de Tahiti, est allée se promener en janvier de cette année en Nouvelle-Zélande avec ses amis tahitiens. voici le récit de son voyage, en plusieurs épisodes.

La Nouvelle-Zélande est l’un des pays les plus isolés au monde. Les Maoris, premiers arrivants, la nommèrent Aotearoa « la terre du long nuage blanc ». Les îles de la Nouvelle-Zélande s’étirent entre 34° et 47° de latitude Sud et se situent sur le passage des 40ème rugissants, nommés ainsi pour ces vents qui balaient ces régions australes. La mer de Tasmanie, large de 1600 km, les sépare de la terre la plus proche, l’Australie. La fougère argentée (ponga) l’un des symboles du pays apparaît sur le maillot des All Blacks ! Il y a environ 180 millions d’années, la Nouvelle-Zélande appartenait à un vaste continent le Gondwana, avec les actuels Antarctique, Australie, Inde, Afrique et Amérique du Sud. La Nouvelle-Zélande se situe dans le Pacifique Sud à 1600 km de l’Australie et à 10 000 km de San Francisco et de Tokyo.

Deux îles principales (île du Nord et île du Sud), superficie 270 530 km², population 4,2 millions d’habitants. Les deux tiers des Néo-Zélandais habitent l’île du Nord. La capitale administrative et politique, Wellington, se trouve à la pointe méridionale de l’île du Nord, au centre géographique du pays. Le détroit de Cook, large de 20 km, sépare les deux îles. La Nouvelle-Zélande est une nation d’immigrants et la dernière terre à avoir été peuplée par l’homme. Il y a environ 1000 ans les Maoris s’y installèrent, les Européens il y a 350 ans seulement !

La Nouvelle-Zélande est subtropicale au nord, tempérée ou fraîche au sud, arrosée à l’Ouest et sèche à l’Est. Les volcans sont au centre de l’île du nord. Les paysages de Nouvelle-Zélande sont très variés. Sur son socle rocheux vieux de 600 millions d’années, des plissements, des éruptions volcaniques, des tremblements de terre ont façonné les paysages. La formation des Southern Alps ne date que de 3 millions d’années ! Le littoral s’étire sur 18 200 km, la lande couvre 10% du territoire, la Bay of Islands renferme 144 îles, les fjords au Sud-ouest du pays entaillent la côte sur 1000 km. Le plus profond descend à 420 m et le plus long mesure 40 km.

Faune et flore fascinent le visiteur : kauri aux immenses troncs rectilignes dans le Northland, kiwi au long bec fouisseur, ponga ou fougère argentée, gecko, manuka ou tee-tree, nestor kea, espèce de perroquets réputés pour leur intelligence, albatros royal à l’envergure majestueuse, pohutukawa ou arbre de noël des néo, otarie à fourrure…

62% des terres du pays sont consacrées à l’élevage et à l’agriculture et assurent 50% des revenus à l’exportation : pommes, poires, pêches et autres fruits à noyaux, raisins, pamplemousses, avocats, pepino, kaki, tamarillo, framboises, fraises, mûres, cerises ; des céréales : blé, avoine et orge ; autres ail, lavande, tournesol peignent la campagne. L’élevage ovin (40 millions de moutons, bovin (9 millions) donne laine, viande, produits laitiers, peaux. Le cerf est élevé dans 5000 fermes pour sa viande et ses bois très recherchés en Asie. Chèvres, autruches, émeus complètent le tableau.

Les vins de Nouvelle-Zélande sont renommés. La plantation des premières vignes remonte à 1830 et des Français ont planté en vigne la presqu’île de Banks dans le Canterbury (île du Sud) dès 1840. Le Northland élève le merlot, les environs d’Auckland le cabernet sauvignon. Le Marlborough (île du Sud) est la plus importante région viticole de Nouvelle-Zélande. Il produit des sauvignons blancs, des chardonnay et des mousseux. Le Wairarapa (Sud de l’Ile du Nord) offre son pinot noir. L’Otago (île du Sud) domine le marché mondial du pinot noir malgré ou grâce à une saison de maturation courte. Des Croates de Dalmatie sont à l’origine de la modernisation de la viticulture près du centre d’Auckland (île du Nord). Note personnelle : le pinot noir a été de loin mon préféré parmi les vins que j’ai goûtés ! J’attribuerai – avec beaucoup de modestie vu mes capacités de goûteur- une meilleure note aux vins Nouvelle-Zélande qu’à leurs cousins australiens.

Hiata de Tahiti

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