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Liberia ville du Costa Rica

Le lendemain est un jour de route en bus. Nous nous arrêtons une heure dans la ville de Liberia pour faire quelques courses.

Puis visiter l’église moderne très lumineuse et aérée, avec sa statue de prêtre la main posée sur les épaules d’un jeune garçon en chemisette et short, les pieds nus : une condescendance très catholique, non sans arrière-pensée sensuelle peut-être.

Une statue de la Vierge toute chamarrée est entourée d’enfants et d’agneaux qui l’adorent dans le style mièvre du XIXe siècle.

Le bambin Jésus porte une tunique rose avec un triple rang de broderie au col et une auréole dorée derrière la tête.

L’église, consacrée en décembre 1972 par l’évêque Roman Arieta, est dédiée à l’Immaculée Conception – un dogme catholique qui ne date que de 1854 seulement.

Un canal gouvernemental amène l’eau depuis Arenal pour l’irrigation. Dans les champs se dressent des aigrettes blanches et un espaduro rose (spatule). L’oiseau trognon a le dos bleu-vert, le ventre jaune. Nous voyons aussi quelques cigognes. Le paysage est plus sec mais l’irrigation permet aux champs d’être plantés de riz ou de canne à sucre. Pour le riz, les Costariciens réalisent deux récoltes par an soient 250 quintaux à l’hectare. Dans la canne à sucre il y a des souris à cause du sucre, donc des serpents. Le chien qui accompagne son maître le prévient des serpents. « Il travaille de neuf heures à quatorze heures mais, lorsque le maître rentre chez lui, le chien va retrouver ses copains ». C’est ainsi qu’Adrian nous présente la chose. De même parle-t-il « d’aller nourrir le bus » pour faire le plein à la ville de Liberia.

Les arbres à calebasses étaient utiles aux Indiens, ils en faisaient des bols et des gourdes ; aujourd’hui, ils font seulement jolis dans le paysage. Sur le chemin passe en moto un macho dépoitraillé, velu avec une grosse croix en or sur la poitrine. Il plaît beaucoup à Cheyenne au point qu’elle le prend en photo pour l’envoyer à Lyon à ses copines. Cheyenne aime aussi beaucoup les énormes camions Mack américains qui passent en grondant sur les routes, pot d’échappement fumant sur le toit. Elle est attirée par la virilité exacerbée et paraît en manque depuis son divorce.

Des maisons à 10 000 $ sont données par le gouvernement à ceux qui ont vu leurs biens détruits. Une maison en béton coûte ici 300 000 $, une maison en bois et en tuiles 70 000 $ seulement.

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Île aux iguanes

La nuit a été difficile en raison des moustiques, nombreux dans la chambre. Il faisait trop chaud sous le dessus de lit et les moustiques piquaient à travers du seul drap. L’anti-moustique ne semble pas leur faire d’effet. Nous voici partis dans le bus. Il longe la mer où les hôtels neufs commencent à pousser. Il nous conduit pas très loin, dans un port où nous ne prenons pas l’un de ces voiliers racés amarrés au ponton, mais un vieux rafiot à moteur affrété par l’agence. La journée sera consacrée à aller sur un cayo – un îlot corallien – et en revenir. Pour les touristes on l’appelle cayo iguana, l’îlot des iguanes. Mais de son vrai nom il se nomme Macho Aguera. Ce sera une belle journée.

La mer est d’huile. Le lent balancement du roulis fait lentement remonter à ma mémoire des souvenirs marins. En vue du cayo, le bateau s’arrête un moment, ce qui interrompt nos réflexions et le crémage solaire incessant des filles sur leurs peaux trop blanches. Il n’y a pas beaucoup de fond et l’on se demande pourquoi cet arrêt. La réponse ne tarde pas à venir. Elle est au fond de la mer, dans les nasses qu’il faut connaître, et qui piègent les langoustes, ces fameuses langoustes de Cuba grosses comme ça (tendre l’avant-bras en gonflant le biceps). Ce ne sont pas des nasses publiques – la révolution n’aime pas les grandes nasses populaires – mais celles d’une coopérative en cheville avec l’agence de tourisme (donc l’armée) qui permet au tour-opérateur d’en prélever quelques-unes pour ses touristes. Les langoustes sont aussi grosses que des homards. Nous les mangerons à midi.

langoustes de cuba

Mais, une fois fait le plein d’animaux, nous ne repartons que pour nous arrêter à nouveau, toujours au large de l’îlot. Nous sommes près d’un banc de corail et masques comme palmes sont à notre disposition pour aller l’explorer à loisir. Nous nous jetons à l’eau. C’est un plaisir ; elle est tiède, salée, amniotique. Bercé par le léger ressac de la barrière de corail qui brise la faible houle, je contemple la forêt des coraux. Ils poussent en troncs, en éventails, en ruines de cités englouties. S’y faufilent nombre de petits poissons colorés qui les broutent. J’observe un petit bleu fluo – c’est un poisson chirurgien – dont la curiosité est attirée par l’ombre immense que je projette au-dessus de lui. Il penche son corps d’un mouvement de nageoires pour me regarder de son œil gauche, puis se penche de l’autre côté pour m’observer du droit, en nageant sur la tranche. Il alterne ainsi un moment tout en avançant, droite, gauche, droite – puis se réfugie d’un battement de queue sous une arche de corail dont il ne veut plus sortir avant que mon ombre ne disparaisse. On se croirait dans « La Petite Sirène », selon les références ciné des filles. D’autres poissons sont jaune fluorescents avec une unique tache noire comme un œil, près de la queue. Certains sont des ovales parfaits, mauves bordés de multicolore, avec de minuscules nageoires qui rament à toute vitesse. Je vois soudain filer, gueule ouverte, le trait gris métallique d’un barracuda. Ce redoutable prédateur est profilé pour la vitesse, tout en longueur, et il a le museau en avant d’un vieux croiseur russe. Il nage paresseusement en larges cercles, cherchant une proie. Ce spectacle des poissons est passionnant, comme à chaque fois que nous changeons d’univers, mais il nous faut l’interrompre pour débarquer sur l’île.

ile aux iguanes cuba

Elle nous attend avec son débarcadère en bois où les empreintes de pieds nus mouillés sèchent aussi vite que dans cette vieille publicité des années 80 que j’ai toujours aimée, pour un substitut sans alcool du pastis. De longues plages de sable blanc corallien éblouissent les yeux. Tiens, qu’est-ce qui bouge ainsi sur le sable ? Mais oui, c’est un iguane, d’où le surnom donné à cet îlot ! Laid, serpentiforme, préhistorique, il avance sur ses petites pattes griffues comme les dinosaures de Jurassik Park. C’est sans doute cela qui fige de terreur Françoise qui « ne veut pas les voir approcher ».

iguanes cuba

Mais les bêtes n’ont pas vu le film et elles s’approchent : elles veulent bouffer et nous regardent de leurs gros yeux vides pour savoir comment nous allons sortir cette nourriture que nous avons sûrement. En nous voyant débarquer, ils sont bientôt deux, puis trois, puis cinq, huit… Ils accourent de partout à toutes pattes, comme quoi ils sont dotés d’une certaine intelligence du ventre et de reconnaissance des formes. La bande est de diverses tailles, du vieux mâle portant jabot au jeunot à peine mué. Ils sont méfiants mais pas sauvages, encore moins sous la paillote installée pour les repas touristiques où la distribution de nourriture leur paraît encore plus certaine, par une longue habitude.

gros iguane cuba

L’un passe sous la table, entre les jambes, sa queue rêche frottant les mollets, un autre saute carrément sur le banc puis, de là, sur la table ! Il est presque élégant dans sa cabriole. Ils sont maintenant une quinzaine, bien gras, qui viennent happer la nourriture jusque dans la main. Il vaut mieux lâcher très vite le morceau car ils n’y voient pas très bien et leur avidité conduit à pincer très fort les doigts qui les nourrissent. Un ragondin poilu comme un ours vient se mêler à eux. Il lange les galettes de pain avec ses pattes de devant, comme un homme. Et son museau grignote alors à toute vitesse. Il est mignon comme une peluche avec ses petits yeux brillants.

iguane portrait cuba

La salade de concombres et tomates voisine bien vite avec celle d’oranges et pamplemousses. À Cuba, on mange souvent les fruits en entrée. La langouste arrive, cuite sous deux formes : l’une en morceaux, bouillis en sauce ; l’autre mêlée de riz cuit dans le bouillon, agrémenté de safran et poivron. Le sel marin nous a mis en appétit et nous trouvons ces plats délicieux. Les iguanes se partagent les restes des assiettes, riz comme orange ou pain, tandis que nous profitons de sa plage.

Des étoiles de mer grosses comme des assiettes sont posées sur le sable, se nourrissant d’on ne sait quoi. De grosses conques, dont les enfants se servent pour souffler dans les villes, ont été poussées entre les algues du bord de plage. Certaines bêtes sont encore dedans et il vaut mieux éviter de les ramasser pour ne pas empester les bagages par une odeur tenace de cadavre. Nous reprenons les masques pour explorer sous la mer. De petits poissons transparents avec quelques taches noires filent sous nos palmes.

Les pêcheurs ont besoin de rentrer tôt et nous devons quitter la plage, reprendre le bateau et refaire le trajet vers Trinidad. Des cormorans plongent. Un pélican au long bec atterrit lourdement.

vin de cuba province Pinar del rio

Nous revenons à quai, reprenons le bus et rentrons à l’hôtel. Une douche, un peu de lecture et il est l’heure du rendez-vous apéritif vespéral. Nous reprenons tous de la piñacolada, sauf Anne-Marie qui prend un Ron Coli (rhum, citron et glace). Martine tente l’un des dix cocktails cubains « qu’il faut avoir goûté » selon son guide Lonely Planet. Elle essaye un presidente, assez compliqué, dont elle est obligé de citer les ingrédients au barman qui n’a pas l’air de le connaître : rhum, vermouth, grenadine et glace. Nous avons goûté ce soir l’un des vins rouges produits à Cuba, un pinard bien nommé Pinar del Rio « tempranilla » (qui signifie de l’année). Il a été conservé et était servi trop chaud. Il avait un arrière-goût de Vermouth tendant vers la madérisation. Malgré ses 12°, ce n’est pas un succès.

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Plage des pêcheurs à Mirissa

Nous partons pour quelques kilomètres de bus jusqu’à la plage des pêcheurs où les bateaux traditionnels alignés, colorés, semblent n’attendre que la photo. L’heure n’est pas à la pêche, peut-être ne servent-ils plus que de décor ? Construits en bois, très effilés, ils sont équilibrés par un grand balancier d’un seul côté et dirigés par une godille.

mirissa bateau a balancier sri lanka

Au large, sont à l’ancre des bateaux plus gros et plus professionnels, avec de longues perches pour tendre les filets en haute mer.

mirissa bateau sri lanka

Des adolescents du coin viennent sur la plage jouer au cricket, sport très populaire en Inde (qui n’est qu’à 31 km au-delà du détroit de Palk), puis se roulent dans les vagues en se chamaillant, la plupart tout habillés. Ne sont torse nu que ceux qui sont fiers de leur corps. Même les petits garçons gardent souvent un tee-shirt.

cricket mirissa plage sri lanka

Une voilée attend à la lisière du sable, avec la plus jeune de ses filles, que son époux, son fils et sa plus grande fille terminent de s’amuser dans le ressac, tout au bord. Il ne s’agit pas de nager mais de se tremper ; ces enfants savent-ils nager, d’ailleurs ? Pour une fois torse nu, le garçonnet musulman d’une huitaine d’années prend beaucoup de plaisir à se rouler dans l’eau mêlée de sable, comme en témoignent ses gloussements et ses cris. Déjà replet, presque obèse, il est l’enfant gâté parce que le seul fils. Abus de sucreries et de Coca, favoritisme de mâle.

nager mirissa plage sri lanka

Le Seafood restaurant est un ancien bateau posé sur le bord de la plage. Du pont, on domine les baigneurs, les surfeurs et les joueurs de cricket. Un peu plus loin sont en effet proposées des leçons de surf et il y a deux élèves, une fille de 20 ans et un adolescent de 14 qui s’y essaient sous la direction d’un professeur à chignon. Les vagues sont ici propices à apprendre, ni trop hautes, ni trop puissantes. Douché, submergé, épuisé, le kid rejoindra sa mère, tout mouillé, en seul bermuda mais des étoiles dans les yeux. Ils s’installeront en bas sur les tables de la plage pour boire un Coca.

mirissa plage sri lanka

L’assiette de thon grillé, de riz et de salade est copieuse, je ne la finis pas. Le poisson est trop sec, frit trop longtemps. Il est bon mais dur à mastiquer, malgré la tentative culinaire de le cuisinier sauce ail et oignon. Il est vite 14 h, le temps passe.

seafood restaurant mirissa plage sri lanka

Nous sommes à la pleine lune et c’est la fête de Poya, comme chaque mois, durant laquelle on commémore la naissance, l’illumination et la mort du Bouddha. Durant cette fête mensuelle, des lampes sont allumées autour de l’arbre de la bodhi, le banyan de l’Illumination, et de la dagoba qui est un reliquaire ; on fait une offrande de fleurs à la statue du Bouddha ; des versets des écritures en pâli sont récités ; les fidèles se prosternent devant le moine et invoquent les trois figures du Bouddha, de la Dharma (son enseignement) et de la Sanghà (communauté des adeptes) ; ils citent les cinq préceptes du bouddhisme et écoutent un sermon sur le Bouddha et ses vies antérieures.

mirissa filets sri lanka

Inoj nous rappelle les cinq préceptes communs à tous, laïcs et moines :
1. ne pas nuire aux êtres vivants ni prendre la vie (non-violence),
2. ne pas prendre ce qui n’est pas donné,
3. ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte ─ plus généralement garder la maîtrise des sens,
4. ne pas user de paroles fausses ou mensongères,
5. s’abstenir d’alcool et de tous les intoxicants.

L’alcool est donc prohibé durant cette fête – mais nous Occidentaux sommes exemptés de cette contrainte à condition de nous cacher : bière dans un sac ou cocktail dans les chambres. Comme il n’y a que des Occidentaux dans l’hôtel, le bar fait une exception, les jus de fruit déguisant l’alcool qu’il y a dedans. Mais toutes les bouteilles habituellement étalées au comptoir ont été ôtées. Le jour étant férié, nous n’avons pas vu de bus rouges, service d’État ; seuls les bus privés circulaient, conduits par des non-bouddhistes.

Le dernier dîner du séjour est morne, à la nuit tombée, dans la cuisine internationale. Demain, le réveil a été fixé très tôt car les trentenaires sont avides de meubler leurs intérieurs de « souvenirs » pour quand ils seront vieux. Il y a longtemps que je me suis détaché des babioles qu’on rapporte et qui ne servent qu’à encombrer.

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Découvrir l’île de Rimatara

En ce samedi matin, le petit déjeuner expédié, nous partons à pied découvrir l’île à commencer par la grotte de Teruatave située en bordure de la piste d’aviation. Désolée, impossible pour moi de ramper par une ouverture de 90 cm x 90 cm avec le poignet gauche fracturé. Il vous faudra imaginer deux colonnes en pierre, une banquette en pierre taillée ainsi que des stalagmites et des stalactites dans une pièce de 3 m de hauteur et de 4 m de largeur. « Des sauvages cannibales vivaient dans cette grotte et aimaient manger les enfants. Certains enfants disparaissaient et n’étaient jamais retrouvés ! Les habitants du village n’étaient plus des cannibales et se demandaient qui était l’auteur de ces crimes. Un jour l’auteur fut surpris : c’était une des dernières femmes sauvages qui mangeait toujours de la chair humaine. Elle se réfugiait toujours dans cette grotte d’accès difficile. Les villageois l’ont attirée et capturée à l’aide d’un filet. On l’apprivoisa puis on la civilisa. Elle fut baptisée Pufenua (placenta), et ne mangea plus de viande jusqu’à sa mort ». Toutes les grottes de l’île ont toutes des histoires de cannibales.

GROTTE DE TERUATAVAE

Nous escaladons maintenant le Pito Oromana (le nombril de Rimatara). Pas nécessaire de s’embarrasser de cordes de rappel, piolets et autres, la hauteur maximale est de 8 400 centimètres comme le clament les Rimatara! Des pamplemoussiers ont été plantés par le SDR (Service de développement rural) et sont chargés de fruits délicieux, de quoi nous rafraîchir avant d’atteindre le sommet. Ce pito est situé au centre de l’île. De là-haut on voit toute l’île en un seul coup d’œil. Dans les temps anciens on y enterrait le placenta de l’enfant royal qui venait de naître. Cet emplacement de 2 m de côté serait la tombe du Roi Temaeva. Cet emplacement est sacré et tapu (tabou). La plus haute pierre indique le partage de l’île en deux, et l’on trouvera plus bas sur la route de ceinture une autre pierre dans un enclos et plus loin dans la mer un feo. En joignant ces points l’île de Rimatara est séparée en deux. La légende dit que tout incendie survenant dans la montagne n’atteindra pas le pito de l’île.

RIMATARA stèle commémorative

Nous redescendons au milieu de cocotiers… attention à ne pas circuler dessous car il fait du vent ! Baron, le chien, nous précède et trace le chemin. Nous sommes attendus pour le tamaara’a sur la plage et c’est du sérieux ! ici comme partout en Polynésie le ma’a est très important : cœur de cocotier récemment abattu (rien à voir avec les cœurs de palmiers en boîte), IPO (pain) cuit dans des feuilles de auti (Cordelyne fructicosa), uru (fruit de l’arbre à pain) tapé avec du punu pua’atoro (boîte de singe), du poulet aux aubergines, du ma’a tinito (cuisine chinoise) avec du riz, du poisson cru à la Rimatara, des pahu’a (bénitiers), pastèque. Tout est sur la table, il suffit de se servir. Les mouches, heureuses de cette prolifération de plats, nous accompagnent par régiments entiers ! Nous rentrerons en fin d’après-midi à la pension où le dîner oui, oui, encore du ma ’a, consistera en une salade de crevettes au pamplemousse et cœur de coco, suivie d’une loche à la vapeur avec du riz et un fei (banane de montagne) avec de la glace au coco. C’est impossible de tout manger mais pour les Rimatara ce n’est pas la même chose. La nuit sera venteuse, pluvieuse.

RIMATARA EGLISE ADVENTISTE

C’est dimanche il a plu toute la nuit, il a fait du vent toute la nuit, masquant les bruits des tupapa’u (personne défunte qui vient tourmenter les vivants) qui allaient et venaient dans notre bungalow. J’ai même l’impression qu’ils ont pris une douche dans la salle de bains ! Ce matin, un brunch était prévu. Impossible, rien que de penser à ce qui pourrait se trouver sur la table j’ai des douleurs au ventre. C’est le programme au temple protestant : 6h30 Première messe. 7h30 Grand repas dans chaque famille, 8h30-9h30 école du dimanche des enfants encadrés par les adultes, 10h-11h grand-messe pour tous, 15h-18h dernier office. Nous ne sommes pas venues pour ‘amu’amu (bouffer) mais pour l’île, les habitants et leurs légendes. Il pleut toujours et les sorties sont compromises. Dans l’après-midi, une éclaircie nous permet de mettre le nez dehors. Nous apercevons des ura en grand nombre et nous marchons jusqu’à Amaru où nous irons saluer les habitants du cimetière royal. Même s’il n’y a plus de roi, il est impératif d’aller se recueillir devant les tombes des dignitaires, histoire de ne pas avoir de mauvaises visites cette nuit. C’étaient probablement les messages des tupapa’u qui nous avaient visitées la nuit dernière. Il est temps de parler du ura.

Lori de kuhl polynesie timbre

Le ura ou lori de Kuhl est une perruche endémique de 18 cm de long qui appartient à la famille des loris. Ura veut dire rouge en tahitien. Son plumage est vert, jaune, rouge clair, rouge foncé, violet, une longue queue vert-rouge, un bec jaune foncé et des petites pattes jaunes grâce auxquelles il peut s’agripper aux branches des arbres fruitiers. Ses repas ? Le suc des fleurs, le nectar des fleurs de bananiers. Il se déplace en couple, signale sa présence par un sifflet strident et aigu. Il est présent partout dans l’île. D’après Teura Henry « le vini-ura, perroquet siffleur de Rimatara (Iles Australes) au plumage rouge, jaune, bleu et vert était l’émanation du dieu Ta’aroa » (Tahiti aux temps anciens, p.396).

Voici la légende du Ura de Rimatara : « Autrefois, il y a très longtemps, la marouette Moho était l’oiseau le plus beau de tous ceux qui peuplaient l’île de Rimatara, et tous l’admiraient pour ses couleurs chatoyantes. Son plumage était multicolore, rouge, bleu, vert, jaune… La perruche Ura était grise et terne. Personne ne l’appréciait malgré ses cabrioles dans les fleurs de bananiers et ses sifflements aigus. Le Ura devint triste et jaloux du Moho : sa beauté l’obsédait, il fallait qu’il obtienne d’aussi belles plumes que celles de son rival. Comment s’emparer des couleurs du Moho, toujours en éveil ? Il fallait ruser et profiter d’un moment opportun. Guettant le bel oiseau, le Ura attendit que celui-ci s’endorme pour sa sieste pendant les heures chaudes de la journée. S’approchant sans bruit il commença par s’emparer du vert des ailes, puis s’enhardissant il subtilisa le jaune du dos. Le Moho ne bougea pas. Il lui prit le rouge de la poitrine. Puis il lui vola le bleu de la tête. Mais alors qu’avant d’en finir avec l’orange des pattes, il voulait prendre la couleur rouge des yeux, le Moho (Porzana tabuensis) sentit le bec du Ura sur sa paupière et se réveilla brusquement. Il vit ce qui lui était arrivé et, se trouvant honteux sans son magnifique plumage, fila se cacher dans le marécage. Depuis ce jour, le Moho gris, qui a gardé son œil rouge et ses pattes oranges, ne se montre plus aux autres animaux et reste terré sous les hautes herbes ne sortant qu’au crépuscule – pendant que le Ura batifole haut dans les branches piaillant à tue-tête pour attirer l’attention et faire admirer sa beauté ».

RIMATARA PITO DE L ILE 8 000 CM

Les anciennes parures des chefs Polynésiens étaient autrefois en grande partie réalisées en plumes rouges de Ura, cette espèce vivait dans les forêts tropicales des Kiribati, de Polynésie française et des îles Cook. Mais dans l’ensemble de la Polynésie, l’oiseau qui les porte avait déjà disparu à l’arrivée des premiers explorateurs européens au 18e siècle. Il était trop chassé pour ses plumes. Seule l’île de Rimatara, grâce au respect d’un tabu (tabou) édicté par sa défunte reine et ancêtre Heimata Ura Vahine ou Tamaeva V (1893-1923) a pu conserver une population de ces oiseaux aujourd’hui classés « en danger d’extinction » sur la liste rouge de l’Union mondiale pour la Nature. Elle s’était adressée au Ura et lui avait dir « ‘Eiaha ‘ oe e haere fa’ahou i te tahi fenua’e (tu n’iras pas sur une autre île. S’adressant plus tard au ‘Ura vaero (lori mâle) et au ‘Ura pa’o (femelle), elle les supplia : E noho na’orua i ‘onei, tiretire o, tiretire a (vous vivrez ici, vous vous reproduirez encore et encore). Et lors des dernières cérémonies qu’elle présidait, vêtue de sa cape royale en plumes de ‘Ura, elle jure : ‘Aita atu i muri a’e ia’u nei e ‘abu fa’abou i teie ‘abu (personne après moi ne vêtira plus jamais cette cape » (bulletin n° 319 de la S.E.O.). En avril 2007, dans le cadre d’un programme de sauvetage de l’espèce, la Société d’Ornithologie de Polynésie Manu avait réalisé la translocation préparée scientifiquement de 27 loris de Kulh de Rimatara (Archipel des Australes) à Atiu (Iles Cook). Une plaque gravée commémore cet échange.

Hiata de Tahiti

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Temple des Lamas et temple de Confucius

Nous visitons ce matin le temple des Lamas, une enclave bouddhiste tibétaine anachronique, aux limites de la ville de Pékin. Le soleil se montre, qui fait briller les couleurs et donne un éclat net à la neige accumulée depuis hier. La succession de pavillons décorés, construits en 1694, laisse une impression de grandeur. 1500 lamas y vivaient ; il n’en subsiste aujourd’hui qu’une cinquantaine, récemment autorisés. A l’intérieur des bâtiments, des statues nous regardent, placides, comme elles regardent le monde depuis des siècles. Quelques dévots viennent procéder aux inclinations rituelles devant le Principe (il n’existe pas vraiment de « dieux » au Tibet) puis ils vont allumer trois bâtonnets d’encens dans la cassolette en face du temple. Des chinois athées se moquent ouvertement de ces simagrées.

temple des lamas 1694

Dans le pavillon principal dite « la salle de l’éternelle harmonie » se déroule une cérémonie haute en couleurs et aux sons expressifs. Chants et gongs nous attirent. L’odeur rance de beurre de yack brûlé par les lampes nous repousse. Vêtements rouge sombre, couleur de sang séché, bonnets jaunes comme le soleil d’hiver, les lamas officient dans une atmosphère de Tibet.

temple des lamas pekin 1993

Les cours des pavillons s’ornent d’arbres centenaires, aux troncs torturés comme des bonsaïs géants. La neige qui les saupoudre leur donne un cachet d’éternité. Les parois des maisons sont peintes de couleurs gaies. Le Tibet n’est pas triste et sa religion est remplie de couleurs. L’austérité prolétarienne très terre à terre voit cela d’un mauvais œil, d’autant que les dieux ou les principes ne sont pas ceux du Parti unique, avant-garde du Prolétariat scientifiquement en marche vers l’avenir historique. Sentant leur force, les caciques du parti tolèrent ces déviances archaïques comme une « preuve » de démocratie, mais il ne s’agit que d’affichage politique vis-à-vis de l’extérieur, de ces pays capitalistes dont ils lorgnent les capitaux pour le développement de la Chine.

temple des lamas grand ding en cuivre 1747

La promenade dans les jardins du temple et parmi les pavillons est un plaisir dans le froid et la lumière qui donne au tout un air de Tibet. Le temple de Confucius n’est pas restauré en 1993. Il garde des couleurs ternes qui se fondent mieux dans le paysage naturel. A l’intérieur du pavillon principal, nous est offert un concert d’instruments traditionnels : une flûte multiple, un lithophone, un instrument à cordes, et cet os percé qui rend un son si triste.

lithophone Temple Confucius

Nous revenons à l’hôtel de Pékin en bus. L’après-midi sera libre et nous prenons bourgeoisement le déjeuner au restaurant traditionnel de l’hôtel, selon un menu déjà connu en Occident. Surtout, pas d’exotisme ! Tel semble le leitmotiv des femmes qui gouvernent notre exploration pékinoise. Elles ont si peur d’avaler du serpent sans le savoir ! Ce sont donc de très banales crevettes setchuanaises, des pattes de canard bien conventionnelles, du riz que l’on reconnaît sans conteste, mais méfiance sur les légumes : quels sont ces petits bouts d’aspect un peu caoutchouteux ? Ne serait-ce pas… Oh, les fantasmes ! Est-ce utile de voyager si l’on ne sait pas sortir de sa routine ? La Chine, cet endroit vilain où l’on mange de si dégoûtantes choses… Nous prenons le café dans la chambre partagée par deux d’entre d’elles. Elles ont apporté des sachets de café lyophilisé et c’est une bonne idée.

Nous allons en groupe (comme tout Chinois) au Magasin « de l’amitié », qui se situe dans la même avenue que l’Hôtel de Pékin, mais à trois kilomètres de là. L’amitié, c’est l’échange : ainsi traduit-on « commerce » dans l’idéologie maoïste, très égoïste et encore en vigueur malgré la mort du Timonier. Ce magasin, le plus ancien, reste le plus agréable et le plus complet de tous ceux dans lesquels on nous a traînés jusqu’ici. Est présenté tout ce qui peut être rapporté d’artisanat chinois. Des « papiers découpés » ont des couleurs vives et représentent des masques et des fleurs. Un chemisier de soie blanche brodé de bleu fait le bonheur d’un amie tandis qu’elle fait emplette de cerf-volant pour ses petits.

temple de confucius sous la neige

Nous revenons à pied, en flânant. Le froid est vif. Nous déambulons au milieu de Chinois à pied (par centaines), en vélo (par dizaines) et en bus (par milliers). Le long de l’avenue, entre les deux hôtels touristiques l’International et l’Hôtel de Pékin, nous observons en ce février 1993 les premiers symptômes de la « gangrène capitaliste » : des commerces individuels de bouffe. C’est ce qui est le plus facile à réaliser et à vendre ; le plus facile à autoriser aussi sans déstabiliser tout de suite l’idéologie. Se multiplient donc les marchands de brochettes en plein vent, les préparateurs de nouilles, les vendeurs de sandwiches, de brioches, de pains ronds au sésame. Petits pains en rang, morceaux de foie en vrac, rognons grillés, et même des enfilades d’oiseaux en brochettes… et autres cadavres « qui ressemblent à des rats » selon une amie, écœurée au bout de quelques dizaines de mètres. Et son mari qui déclare, innocemment : « on pourrait venir manger ici, un soir ; moi j’aimerais bien ».

pekin stands de bouffe

Je comprends enfin ce qui me gênait depuis le premier jour à Pékin : l’absence de chants d’oiseaux. Dans toutes les villes au monde, même à New-York, on peut entendre des chants d’oiseaux. Pas à Pékin. Et ce silence est étrange, mais l’explication réside sur les étals : les oiseaux existent, mais systématiquement chassés pour être cuits en brochettes !

Revenus à l’entrée de l’hôtel, nous bifurquons dans l’avenue qui part vers le nord pour voir quelques boutiques. L’un cherche des calligraphies et des dessins, les autres des soieries. La rue est très animée à cette heure, les commerces alimentaires qui se succèdent sont bien remplis. Les dessins que l’on trouve sont rarement de qualité (mais il y en a), souvent chargés ou vulgaires. Je note une différence extrême avec ce qui se fait au Japon. Je crois qu’il faut en incriminer la révolution et surtout le « mépris prolétarien » pour l’art, les lettres et les thèmes traditionnels. Résultat : au bout d’une génération, le peuple chinois a été ramené au niveau technique artistique de l’école primaire, sans goût ni technique et, qui plus est, content de sa médiocrité !

Pourtant, s’il méprise son histoire « féodale », le fond de sa philosophie n’a guère changé : Confucius paraît en filigrane sous Mao. Même « l’ouverture économique », comme nous l’expliquait ce matin le guide, est une campagne lancée d’en haut et réalisée collectivement. On a l’impression d’une histoire cyclique d’ailleurs : la fameuse impératrice Ci Xi (Tseu Hi), n’a-t-elle pas soutenu un temps, après la révolte des Taipings, le mouvement « Gestion à la mode occidentale » qui prônait l’auto-renforcement de la Chine par imitation des modèles étrangers, entre 1860 et 1885 ? Aujourd’hui, en art, tout raffinement a disparu. L’inspiration artistique reste pauvre, sans talent, sans histoire, sans émulation, en un mot maladroite. Les porcelaines, les calligraphies, les dessins sur rouleaux, les bronzes, tout cela est bien meilleur au Japon. Je peux y rajouter les femmes. Les Pékinoises 1993 ne se mettent pas en valeur ; elles sont mal habillées et apparaissent très quelconques. Et pourtant, à observer quelques jeunesses, il suffirait de peu de chose.

Par routine, et pour éviter les « rats cuits », nous dînons ce soir à l’hôtel, dans le même restaurant qu’à midi. Puis nous retrouvons nos chambres où la moquette usée reste couverte de poussière. Je crois que le service ne connait pas l’aspirateur et qu’ils se contentent de passer le balai. Pourquoi, dès lors, mettre de la moquette ? Un dallage ou un parquet suffirait pour le nettoyage, une moquette sans aspirateur est une infection. Mais telles sont les contradictions chinoises.

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Jippensha Ikkû, A pied sur le Tôkaidô

Le terme japonais qui donne son titre au livre, hizakurige, en français traduit par ‘à pied’, signifie les genoux des chevaux alezans. Le livre regroupe plusieurs volumes, parus à l’époque d’Edo, de 1802 à 1822 – donc avant l’ouverture Meiji, forcée par l’Américain Perry en 1860. Le Japon est alors une île repliée sur elle-même qui a développé une culture originale. On connaît volontiers en Occident celle des lettrés, du zen, du kabuki, des geishas et l’art du thé ou du bouquet ; on connaît moins le Japon populaire, celui des pèlerinages, des auberges et des catins. C’est tout le propos de ce roman picaresque où Rabelais côtoie Diderot.

Qui a voyagé à pied au Japon de nos jours, comme votre serviteur, reconnaît avec ravissement les paysages, les personnages et les étapes du parcours. Comme tout pays îlien à forte tradition, le Japon n’a au fond guère changé. Il aime à deviser et à boire, il se préoccupe des menus d’auberge et de la qualité des recettes coutumières, il a soin de trouver des compagnons ou des compagnes. Le Japon d’hier était moins prude que l’Amérique et on allait volontiers ensemble faire l’amour pour une nuit. Les paysannes, occasionnellement servantes dans les auberges fréquentées des parcours pèlerins, arrondissaient leurs fin de mois avec les dons des clients satisfaits. Dans le peuple, cela n’avait rien d’immoral. On rencontrait aussi des garçons mineurs, parfois dès 12 ans, qui partaient à l’aventure avec pour objectif les dévotions dans un grand sanctuaire comme celui d’Ise. C’était permis, la route était sûre, la fugue des gamins n’étaient pas punie. Les samouraïs voyageaient avec leur suite, le système du bakufu les obligeant à venir faire leur cour à la capitale (à cette époque Kyoto) en laissant à la province leur famille en otage. Il y avait plus de 4 millions de pèlerins chaque année sur les routes du Japon à l’époque de l’auteur.

Nos deux compères venus d’Edo, Yajirobei et Kitahachi, feront en 20 ans 2300 km au long le la Mer de l’Est, de Tokyo jusque vers Hiroshima, en passant par l’île de Shikoku, avant de revenir. Ce sont des comiques universels à qui il arrive nombre de bourdes. Ils se croient malin et cherchent à prendre avantage ; leur stratagème se retourne souvent contre eux et rira bien qui rira le dernier ! Edoïtes comme on dit parisien, ils se gaussent des péquenots aux accents prononcés (bien rendus par le traducteur), mais se font rouler autant qu’ils ne cherchent à rouler par le bon sens paysan des Japonais moyens.

Il faut passer des cols, quatre larges rivières, subir la pluie ou le soleil. La marche fatigue et le bain du soir est le bienvenu, avec le saké et les amuse-gueules. Des rabatteuses d’auberge incitent les voyageurs à descendre dans leurs établissements, vantant son menu, son confort et ses à-côtés (masseurs, catins). Le goupil guette les voyageurs dans les forêts profondes, réputé prendre toutes les formes. Il faut se méfier, jouer du bâton ou du sabre court (le long est réservé aux samouraïs). Fatigué, il faut louer des chevaux cul-léger, un palanquin porté par deux hommes ou traverser à gué sur les épaules d’un passeur. Les tarifs sont réglementés mais soumis aux aléas climatiques. Le pèlerin abattait facilement 40 km par jour et il trouvait toujours sur son chemin des maisons de thé où se désaltérer et des auberges où dormir.

Yagi est l’adulte mûr, Kita l’ex-giton exubérant. Sur ce couple improbable (tous deux aiment fort les filles, qu’ils appellent ‘chignon’,‘fendues’, ‘empileuses de riz’ ou ‘filles du pas de tir’) se greffent nombre de quiproquos, de coups de sang et d’anecdotes qui font pâmer de rire. Le traducteur se fend de notes détaillées pour expliquer les usages du temps et, si cela rompt la lecture, elles nous apprennent beaucoup sur le Japon en son quotidien. On rigole avec les Japonais sur le ‘passe-pet’, bande de tissu qui sert de slip entre les jambes ; sur l’expression ‘tout nu’ qui évoque certaines circonstances gênantes ; sur l’envie de pisser qui prend en plein milieu d’une barque ; sur le bambou percé qui sert d’exutoire ; sur un menu alléchant tel que « soupe de maquereau bâtard, konjak et grand radis séché ! Au plat du jour, nous avons de la cotriade de poulpe. » (p.273) Avec son bol de riz bien plein de rigueur et ses hors-d’œuvre de légumes macérés au vinaigre de riz, comme cela se fait encore de nos jours.

Les aventures picaresques et rabelaisiennes de nos deux compères sont entrecoupées de clins d’œil à la culture du temps, jeux de mots, jeux de rôle et convenances. Elles sont entrelardées d’épigrammes en vers singeant les poètes inspirés de la route, tel Basho, mais pour de plus triviales poursuites. Au total, qui connaît le Japon trouvera ici une truculence populaire qu’il soupçonne à peine lors des voyages aseptisés d’aujourd’hui ; qui ne le connaît pas aura envie de découvrir ce pays original autrement – à pied par exemple – ce qui est le meilleur moyen à mon avis !

Jippensha Ikkû, A pied sur le Tôkaidô, roman picaresque traduit du japonais par Jean-Armand Campignon, Picquier poche 2002, 393 pages, €9.97

Excellents voyages en partie à pied au Japon avec Terre d’Aventures, accompagnés par mon ami Gérard :

  • Traditions et modernité au pays du soleil levant
  • Chemins de pèlerinage de Shikoku
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Milford Sound

Par la Milford road nous partons rejoindre le Milford Monarch pour une croisière-repas dans le sound. Le parcours routier est un régal pour les yeux.

La route traverse des paysages variés, des forêts luxuriantes, des torrents impétueux, des monts escarpés, un tunnel, pour arriver enfin à l’embarcadère.

A l’entrée du fjord long de 16 km, le célèbre Mitre Peak est une falaise en forme de mitre, haute de ses 1692 m. Ce serait la plus haute falaise du monde.

Embarquement. Suivant les conseils avisés de notre accompagnatrice, il faut se précipiter sur les mets du buffet car plusieurs groupes de Chinois cohabiteront  avec nous et les premiers arrivés auront l’assiette garnie ! Après le passage des Chinois il ne resterait pas un seul grain de riz.

Tout en mangeant, on observe le fjord, sitôt l’assiette vidée, on court sur le pont supérieur afin de jouir des paysages, des curiosités géologiques, des cascades vertigineuses qui se précipitent dans le fjord. Les Bowen Falls y chutent de 160 m, les Stirling Falls de 146 m.

Des otaries à fourrure se réchauffent sur les rochers, des dauphins jouent et parfois des manchots s’y monteraient.

La croisière mène jusqu’à la mer de Tasmanie.

Nous changeons de monture, sur la route du retour nous nous arrêterons plusieurs fois et croiserons des nestors kea, perroquets intelligents, farceurs, qui s’attaquent parfois aux provisions des promeneurs, aux joints des portières.

Nous ferons quelques photos de restes de neige sale.

Hiata de Tahiti

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