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Plage des pêcheurs à Mirissa

Nous partons pour quelques kilomètres de bus jusqu’à la plage des pêcheurs où les bateaux traditionnels alignés, colorés, semblent n’attendre que la photo. L’heure n’est pas à la pêche, peut-être ne servent-ils plus que de décor ? Construits en bois, très effilés, ils sont équilibrés par un grand balancier d’un seul côté et dirigés par une godille.

mirissa bateau a balancier sri lanka

Au large, sont à l’ancre des bateaux plus gros et plus professionnels, avec de longues perches pour tendre les filets en haute mer.

mirissa bateau sri lanka

Des adolescents du coin viennent sur la plage jouer au cricket, sport très populaire en Inde (qui n’est qu’à 31 km au-delà du détroit de Palk), puis se roulent dans les vagues en se chamaillant, la plupart tout habillés. Ne sont torse nu que ceux qui sont fiers de leur corps. Même les petits garçons gardent souvent un tee-shirt.

cricket mirissa plage sri lanka

Une voilée attend à la lisière du sable, avec la plus jeune de ses filles, que son époux, son fils et sa plus grande fille terminent de s’amuser dans le ressac, tout au bord. Il ne s’agit pas de nager mais de se tremper ; ces enfants savent-ils nager, d’ailleurs ? Pour une fois torse nu, le garçonnet musulman d’une huitaine d’années prend beaucoup de plaisir à se rouler dans l’eau mêlée de sable, comme en témoignent ses gloussements et ses cris. Déjà replet, presque obèse, il est l’enfant gâté parce que le seul fils. Abus de sucreries et de Coca, favoritisme de mâle.

nager mirissa plage sri lanka

Le Seafood restaurant est un ancien bateau posé sur le bord de la plage. Du pont, on domine les baigneurs, les surfeurs et les joueurs de cricket. Un peu plus loin sont en effet proposées des leçons de surf et il y a deux élèves, une fille de 20 ans et un adolescent de 14 qui s’y essaient sous la direction d’un professeur à chignon. Les vagues sont ici propices à apprendre, ni trop hautes, ni trop puissantes. Douché, submergé, épuisé, le kid rejoindra sa mère, tout mouillé, en seul bermuda mais des étoiles dans les yeux. Ils s’installeront en bas sur les tables de la plage pour boire un Coca.

mirissa plage sri lanka

L’assiette de thon grillé, de riz et de salade est copieuse, je ne la finis pas. Le poisson est trop sec, frit trop longtemps. Il est bon mais dur à mastiquer, malgré la tentative culinaire de le cuisinier sauce ail et oignon. Il est vite 14 h, le temps passe.

seafood restaurant mirissa plage sri lanka

Nous sommes à la pleine lune et c’est la fête de Poya, comme chaque mois, durant laquelle on commémore la naissance, l’illumination et la mort du Bouddha. Durant cette fête mensuelle, des lampes sont allumées autour de l’arbre de la bodhi, le banyan de l’Illumination, et de la dagoba qui est un reliquaire ; on fait une offrande de fleurs à la statue du Bouddha ; des versets des écritures en pâli sont récités ; les fidèles se prosternent devant le moine et invoquent les trois figures du Bouddha, de la Dharma (son enseignement) et de la Sanghà (communauté des adeptes) ; ils citent les cinq préceptes du bouddhisme et écoutent un sermon sur le Bouddha et ses vies antérieures.

mirissa filets sri lanka

Inoj nous rappelle les cinq préceptes communs à tous, laïcs et moines :
1. ne pas nuire aux êtres vivants ni prendre la vie (non-violence),
2. ne pas prendre ce qui n’est pas donné,
3. ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte ─ plus généralement garder la maîtrise des sens,
4. ne pas user de paroles fausses ou mensongères,
5. s’abstenir d’alcool et de tous les intoxicants.

L’alcool est donc prohibé durant cette fête – mais nous Occidentaux sommes exemptés de cette contrainte à condition de nous cacher : bière dans un sac ou cocktail dans les chambres. Comme il n’y a que des Occidentaux dans l’hôtel, le bar fait une exception, les jus de fruit déguisant l’alcool qu’il y a dedans. Mais toutes les bouteilles habituellement étalées au comptoir ont été ôtées. Le jour étant férié, nous n’avons pas vu de bus rouges, service d’État ; seuls les bus privés circulaient, conduits par des non-bouddhistes.

Le dernier dîner du séjour est morne, à la nuit tombée, dans la cuisine internationale. Demain, le réveil a été fixé très tôt car les trentenaires sont avides de meubler leurs intérieurs de « souvenirs » pour quand ils seront vieux. Il y a longtemps que je me suis détaché des babioles qu’on rapporte et qui ne servent qu’à encombrer.

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Rori, délice de Tahiti

C’est une nouvelle activité pour la population des atolls. J’avais déjà évoqué la bestiole et le moni (argent) qu’on peut en tirer il y a quelques mois. L’holothurie c’est le rori (rouler le r SVP) en Polynésie, le concombre de mer ou la bêche de mer en Nouvelle-Calédonie, ou encore la limace de mer et paraît-il ver de mer à Marseille.

Cet animal ne concourra pas pour un prix de beauté, son corps est mou, et son aspect ingrat. Le rori appartient à la famille des échinodermes. Il est fort apprécié des palais asiatiques. [Ces bêtes sont évidemment aphrodisiaques, vous avez vu la forme ? C’est ce qui compte dans la symbolique chinoise. Les pragmatiques l’utiliseront de façon non symbolique comme godemiché bio… – Arg.] A ce jour il n’y aurait qu’une vingtaine de personnes s’activant pour les gourmets chinois, encore eux !

Vous avez revêtu vos habits de plongeurs? C’est parti ! Atation (attention) ne marchez pas dessus… ne le stressez pas car il va émettre des filaments gluants dont vous aurez du mal à vous débarrasser, ah! ah! Pour le moment quelques 20 personnes sur l’atoll de Raroia pêchent, éviscèrent, nettoient, font bouillir et sécher les concombres de mer. Une fois prêts les rori sont plongés dans de l’eau de mer, mijotés à l’eau bouillante durant 45 minutes et séchés au grand air. Cuits, ils sont envoyés à Tahiti pour expédition.

Quelques Polynésiens sont également des consommateurs de rori cuisinés : marinés au vin rouge, sautés aux petits légumes… Certains font frire les filaments gluants qui ressembleraient à des spaghettis. J’ai eu l’occasion de goûter à ces délicatesses à Rimatara. Le premier plat : crus au citron, je croyais qu’on avait oublié de les rincer ; deuxième plat, j’ignore encore la recette mais cela ressemblait à de la couenne de porc, élastique mais pas gras ; le troisième était délicieux, cuit pas élastique, mais je ne me serais pas roulée par terre pour une nouvelle assiette.

Dans le lagon de Raroia, on collecte quatre espèces :

  1. Rori « ananas » pouvant atteindre 60 cm de long, nettoyé, sera mis dans la saumure pendant 3 jours, puis cuit et séché.
  2. Rori « vermicelle », je vous laisse deviner la consistance…
  3. Rori « chocolat » est laissé au soleil une journée. Les viscères sont rejetées naturellement.
  4. Rori « titi » noir ou blanc pêché en eau profonde est aussi plongé dans la saumure pendant trois jours avant d’être cuit et séchés. « Titi » veut dire poitrine, sein, en tahitien. Les prix de vente varient entre 1100 FCP à plus de 4000 FCP le kilo.

Tama’a matai (bon appétit) !

Hiata de Tahiti

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