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Tahiti, allons-voir si l’arrose…

Mignons et Mignonnes allons voir au jardin si l’on peut y jardiner, y récolter les fruits…

Mais voilà depuis trois (3 !) semaines, il pleut jour et nuit et nuit et jour et pas ce petit crachin breton par vous connu !

Tornade ce dimanche 21 février sur Tahiti, 90 km/heure, ça décoiffe. L’avion d’Air France ne peut se poser, il tourne pendant 30 minutes au large de Tahiti avant de recevoir l’autorisation de se poser ! Dans notre jardin, un arbre sectionné par le vent a rendu le papayer chauve, regardez-vous-même.

papayer scalpe

Voulant jouer les sauveteurs-acrobates malgré mes ans, je suis descendue « libérer » le papayer couvert de fruits. Le lendemain, mon vieux dos et mes os m’ont demandé des explications quant à cette maltraitance.

En avant pour quelques jours à béquiller ! Le pacayer (pakai) du voisin a lui aussi souffert des affres de la tempête, une grosse branche s’est rompue sur le chemin. Il a fallu faire vite pour dégager le passage à coup de tronçonneuse afin de ne pas envenimer les relations, hum ! difficiles avec ceux qui s’imaginent propriétaires de la terre, du ciel, du chemin.

Nous avons un bébé fruit : c’est un robinia. Une nouveauté.

Un magnifique arc-en-ciel juste au-dessus de la geôle de Papeari. Un signe ? de gaieté ?

Le petit manguier a reçu la visite et les soins de l’esthéticienne et de la manucure. N’est-il pas magnifique avec ce rouge aux ongles !

C’est tapotapo (pomme-cannelle). Ce fruit de la famille des Annonacées (Annona squamosa) est originaire d’Amérique tropicale. Il est très délicat, ne peut être consommé que sur place car un voyage vers le marché serait une catastrophe. Ce fruit est principalement consommé par les oiseaux qui n’en laissent que l’enveloppe extérieure. Dommage car le tapotapo est très sucré, riche en calcium et en vitamine C.

Le vent et les pluies des dépressions successives nous transforment en galériens. Il faut ramasser les feuilles, les fruits tombés. C’est la saison des uru (fruits de l’arbre à pain). L’uru (le fruit) qu’on appelle aussi maiore (l’arbre) appartient à la famille des Moracées (Artocarpus altilis). Les marins de la célèbre HSM Bounty qui étaient venus à Tahiti cherchaient des plants pour les transporter aux Antilles afin de nourrir les esclaves des colons.

Le maiore que j’avais copieusement scalpé il y a quelques mois m’en sait gré et nous gratifie de magnifiques fruits. Il faut les cueillir, les peler, cuire leur chair à la vapeur, précuire des frites que l’on congèlera pour les périodes de disette, les cuisiner en ragoût ou concocter le pepe uru quand nous étions à la tête d’une dizaine d’uru…

C’est un mets composé de fruit de l’arbre à pain très mûr, que l’on cuit au four avec du lait de coco. Ça tient bien au corps, un peu bourre-coquin parfois mais un régal pour les Tahitiens. Tout le quartier en profite, je fais les livraisons en TGV sans les béquilles quand j’ai récupéré mes capacités. Pour parfaire vos connaissances pour 100 grammes d’uru vous avez 5% de calories, 5% de protéines, pas de vitamine A, mais 67% de vitamine C, 11% de vitamine B1, 5% de vitamine B2, 6% de calcium, 5% de fer, 8% de vitamine B3, et pas de gluten. Bon app !

L’avocatier nous comble aussi de fruits. Chaque jour, il libère 2 ou 3 avocats voire plus. Au p’ti déj, un fruit dans l’assiette, et un demi-fruit sur la figure pour redevenir des jeunes filles au teint éclatant. Au diable l’avarice ! Si bien qu’on nous envie notre fraîcheur… Ce qu’il y a des gens jaloux, j’vous jure ! Mais avec 30% de matière grasse, ça comble bien les petites défaillances d’une peau mûre.

L’analyse de 100 grammes d’avocat c’est 13% de calories, 8% de protéines, 20% de vitamine A, 60% de vitamine C, 26% de vitamine B1, 28% de vitamine B2, 6% de calcium, 5% de fer et 20% de vitamine B3.

C’était le marché de ce début d’année 2016. Bientôt les ramboutans ou litchis chevelus. Portez-vous bien

Hiata de Tahiti.

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Ouverture du four tahitien

Les heures se sont écoulées, chacun a vaqué à ses occupations, et tout le monde est de retour pour assister à l’ouverture du four tahitien.

ouverture du four tahitien

On démaillote le gros bébé. Et voici qu’apparaissent les cocotes, les plats, les bananes, les fei, les têtes de poisson, l’uru cuit.

plats cuits bananes et poi

Les têtes de poisson sont très surveillées car les Polynésiens adorent les yeux (un délice dit-on), et tout ce qui constitue les têtes de thon et autres gros poissons, il paraît que c’est le summum. Tandis que je tentais quelques photos, j’étais très surveillée… finalement j’ai rassuré les guetteurs et guetteuses en leur confirmant que je les leur laisserai toutes sans y toucher, je ne faisais que des photos !

tete de poisson

Il est temps de se trouver une place à table et d’aller se servir, le choix est vaste, les appétits tahitiens féroces.

uru cuit

Poisson cru, bananes et fei.

poisson cru

Poulet macéré aux légumes.poulet marine

Ou poulet au carry fafa (tiges de taro, un peu les épinards à la crème des Popa’a.

fafa

Le fafaru (poisson cru macéré dans l’eau de mer avec des têtes de crevettes).

fafaru

Il devait y avoir des Chinois parmi les invités car voici un dessert chinois, bien rouge.

dessert chinois

Du poe des fei encore une autre sorte de poe (dessert tahitien).

poe
Tama mai ’tai comme l’on dit ici (Bon appétit).

Les plats étaient très copieux, les gens ont « bouffé » et à la sortie du repas ont réclamé ce qui n’avait pas été consommé pour emmener à la maison. Ainsi se termine un repas pantagruélique ici au fenua. Les plus organisés viennent avec des boîtes en plastique, les autres s’emparent de tout ce qui peut servir à emporter du ma’a…

poi

A votre tour maintenant, c’est le temps des barbecues, non ? La cuisson au four tahitien est, à mon humble avis, préférable au barbecue – mais à chacun ses goûts ! Les ingrédients, pour Paris et sa périphérie, vous devriez les trouver au marché du métro Barbès.

Hiata de Tahiti

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Construire un four tahitien avec les locaux du fenua

Il faut d’abord creuser un trou dans le sol.

preparation du four tahitien

Puis y déposer des bourres de coco, du bois fendu de aïto (arbre de fer) des coques de noix de coco, ne pas oublier des tuyaux pour l’aération du foyer.

preparation du four tahitien pierres

Il faut recouvrir de pierres volcaniques avant d’y mettre le feu. Cela se passe, pour un repas à midi vers les 2 ou 3 heures du matin.

braises et pierres chaudes four tahitien

Les légumes sont épluchés, les bananes et fei (bananes à cuire) sont piquées. Les autres personnes s’occupent à préparer le poulet, les légumes, de découper le poisson, à préparer les poe… (desserts tahitiens à base de manioc et fruits).

uru epluche

Plusieurs heures après, les braises semblent bonnes, on a épluché l’uru (fruit de l’arbre à pain).

marmites sur tampon de bananier battu

Le four est pratiquement prêt à engloutir les marmites, les plats préparés à mijoter. Avant il faut battre les troncs de bananier qui serviront de tampon entre les braises et les plats, puis on installe les cocottes, marmites, le uru, les têtes de poisson (délice des Tahitiens).

uru et tete de poisson

Rien oublié ? Sûr ? On procède maintenant, à la fermeture du four : d’abord des feuilles de bananiers, puis des sacs en jute, enfin une bâche, qui sera recouverte par du gravier.

fermeture du four tahitien

C’est parti pour une cuisson à l’étouffée de plusieurs heure !

Hiata de Tahiti

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Cuisine Tahiti

C’est surtout sur les atolls que l’on utilise la noix de coco pour fabriquer de délicieux pains paumotu. Pas de boulangerie ici. La noix de coco est la matière première de l’alimentation des Paumotu. Ici sur l’atoll, on utilise le fruit ancestral pour élaborer des plats traditionnels. Dans la noix de coco, tout s’utilise : l’eau de coco, le lait de coco, l’amande râpée et même le germe. Les noix de coco à maturation procurent un germe comestible appelé nounou. Tombée à terre la noix de coco germe et l’eau de coco se transforme en boule de chair comme de la mousse blanchâtre qui se développe dans la noix. Une sorte de barbe à papa paumotu ! On tranche la noix, on extrait la boule de germe et on la consomme crue, elle a un goût sucré.

coco cocotier

L’eau de coco et le nounou sont utilisés pour la confection de pains sucrés typiques de l’archipel. L’avaro, pain à base de lait de coco sucré cuit au four tahitien. Au fait, ceux qui avaient construit un four tahitien, il est temps de vérifier si tout est en ordre car bientôt le temps des barbecues en France avec l’arrivée des beaux jours !

L’ipo est un pain cuit à base de farine dans l’eau. Le tuuipa’a est un ipo mélangé avec du nounou pakari râpé et légèrement sucré tandis que le itiiti est du ipo cuit dans de l’eau de coco et arrosé de lait de coco (vous suivez ?…). Les faraoa nounou sont des galettes de pain cuites sur les pierres. Enfin, le karapu nounou se compose de boulettes de pain coco cuites dans la casserole avec de l’eau de coco et du sucre.

Vous verrez bien sûr que ce sont des recettes nourrissantes et caloriques si venez passer vos vacances sur un atoll des Tuamotu. Vous aurez alors tout loisir d’apprendre ces recettes des Paumotu car à ce jour aucune publication n’est parue quant à la pâtisserie paumotu. Avis à la population.

noix de coco bronzees

Uru et Taro à l’honneur. Avant l’arrivée des Blancs, le taro, l’uru (dire ourou) et la banane étaient les principaux aliments des populations des îles de la Polynésie. Le taro ou Colocasia esculenta, appelé encore madère, chou-Chine ou dachine, demeure un aliment consommé et apprécié des Polynésiens. Il est aujourd’hui cultivé dans des terrains marécageux. On établit une plantation avec de jeunes pousses provenant de vieux pieds que l’on pique dans des trous de 20 cm de profondeur dans la vase, espacés de 80 cm. La récolte a lieu au bout de 8 à 14 mois. Les Australes fournissent le meilleur taro de Polynésie. On consomme le rhizome bien sûr mais aussi les jeunes feuilles (pota) et les jeunes tiges (fafa), les épinards polynésiens.

bananes taro tahiti

Mais le fruit de l’arbre à pain est plus favorisé par les Tahitiens. L’arbre à pain pourrait bien être le produit de demain. Importé d’Indonésie par les navigateurs polynésiens l’Artocarpus altilis possède des propriétés médicinales et nutritives. Le latex de l’arbre est utilisé par traiter des fractures, des foulures ou des douleurs articulaires. Ce fruit est riche en vitamine C et sa farine ne comporte pas de gluten. Il demeure toutefois difficile de faire admettre aux plus jeunes les qualités du taro et du uru tant ils préfèrent aller acheter, fort cher du reste, un big machin plein de graisse et de sauce mais vanté à la télé, dans les journaux, par les potes.

Hiata de Tahiti

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Hip, hip, hip uru à Tahiti !

On saura tout sur le uru. Le fruit de l’arbre à pain est à la mode. Le festival du uru s’est tenu il y a quelques jours à la maison de la culture, histoire de faire goûter les préparations, nouvelles à base de uru aux visiteurs. On n’attire pas les mouches avec du vinaigre, non ? L’objectif est de promouvoir le fruit de l’arbre à pain, d’envisager une alternative à l’importation massive de boîtes de céréales et peut-être d’exporter ce fruit transformé. Les visiteurs pouvaient goûter des préparations à base de uru faites par les élèves du lycée hôtelier : soupe de uru agrémentée de poireau, pain à base de uru, compote de uru, frites de uru… [Quelques idées de recettes ici]

arbre a pain frit

Le potentiel de ce fruit est énorme bien que peu exploité actuellement dont la farine est sans gluten. Le paquet de 400 g de farine de uru est vendu 400 XPF. Ici au fenua, 80% des uru ne sont pas consommés et pourrissent inexorablement. Découvertes pour les Polynésiens qui ne connaissent que le uru cuit au feu de bois ou le uru transformé en popoi, c’est-à-dire pilonné.

Ce sont les Antillais qui viennent apprendre l’exploitation du fruit alors que le fruit est parti de Polynésie pour aller aux Antilles ! Les Antillais font de la farine, des liqueurs, des glaces et autres transformations.

Il existe 89 variétés de uru. Dans le uru Huero ninamu on peut même manger les graines après cuisson ! Pour le uru Maohi il faudra cuire longtemps la pulpe blanche et très gouteuse. Le uru Puero est considéré comme l’un des meilleurs. Le uru Paea était autrefois réservé à la caste des nobles, c’est avec le uru maohi l’une des variétés médicinales les plus recherchées. Le uru Rare autia était autrefois réservé aux ari’i (roi), c’est dire ! On compte environ 30 000 pieds de uru sur les sols polynésiens, il y a de quoi faire, non ?

arbre a pain

Le uru est généreux, vous nourrit et vous soigne :

  • Contre les brûlures de la peau, on fait des emplâtres avec le fruit mûr et bien cuit.
  • Contre l’hypertension sous forme de décoction, bouilli dans un litre d’eau, sucré et consommé rapidement.
  • Le latex de l’arbre est utilisé sur les blessures ouvertes et les démangeaisons. Le latex est utilisé aussi comme colle pour l’étanchéité de certaines embarcations. Le tronc servait à la fabrication de pirogues et l’écorce pour fabriquer le tapa.
  • La décoction des racines est utilisée comme antiasthmatique et contre certains troubles gastro-intestinaux de la grossesse certaines douleurs buccales et dentaires et certaines maladie de la peau.

Hiata de Tahiti

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Découvrir l’île de Rimatara

En ce samedi matin, le petit déjeuner expédié, nous partons à pied découvrir l’île à commencer par la grotte de Teruatave située en bordure de la piste d’aviation. Désolée, impossible pour moi de ramper par une ouverture de 90 cm x 90 cm avec le poignet gauche fracturé. Il vous faudra imaginer deux colonnes en pierre, une banquette en pierre taillée ainsi que des stalagmites et des stalactites dans une pièce de 3 m de hauteur et de 4 m de largeur. « Des sauvages cannibales vivaient dans cette grotte et aimaient manger les enfants. Certains enfants disparaissaient et n’étaient jamais retrouvés ! Les habitants du village n’étaient plus des cannibales et se demandaient qui était l’auteur de ces crimes. Un jour l’auteur fut surpris : c’était une des dernières femmes sauvages qui mangeait toujours de la chair humaine. Elle se réfugiait toujours dans cette grotte d’accès difficile. Les villageois l’ont attirée et capturée à l’aide d’un filet. On l’apprivoisa puis on la civilisa. Elle fut baptisée Pufenua (placenta), et ne mangea plus de viande jusqu’à sa mort ». Toutes les grottes de l’île ont toutes des histoires de cannibales.

GROTTE DE TERUATAVAE

Nous escaladons maintenant le Pito Oromana (le nombril de Rimatara). Pas nécessaire de s’embarrasser de cordes de rappel, piolets et autres, la hauteur maximale est de 8 400 centimètres comme le clament les Rimatara! Des pamplemoussiers ont été plantés par le SDR (Service de développement rural) et sont chargés de fruits délicieux, de quoi nous rafraîchir avant d’atteindre le sommet. Ce pito est situé au centre de l’île. De là-haut on voit toute l’île en un seul coup d’œil. Dans les temps anciens on y enterrait le placenta de l’enfant royal qui venait de naître. Cet emplacement de 2 m de côté serait la tombe du Roi Temaeva. Cet emplacement est sacré et tapu (tabou). La plus haute pierre indique le partage de l’île en deux, et l’on trouvera plus bas sur la route de ceinture une autre pierre dans un enclos et plus loin dans la mer un feo. En joignant ces points l’île de Rimatara est séparée en deux. La légende dit que tout incendie survenant dans la montagne n’atteindra pas le pito de l’île.

RIMATARA stèle commémorative

Nous redescendons au milieu de cocotiers… attention à ne pas circuler dessous car il fait du vent ! Baron, le chien, nous précède et trace le chemin. Nous sommes attendus pour le tamaara’a sur la plage et c’est du sérieux ! ici comme partout en Polynésie le ma’a est très important : cœur de cocotier récemment abattu (rien à voir avec les cœurs de palmiers en boîte), IPO (pain) cuit dans des feuilles de auti (Cordelyne fructicosa), uru (fruit de l’arbre à pain) tapé avec du punu pua’atoro (boîte de singe), du poulet aux aubergines, du ma’a tinito (cuisine chinoise) avec du riz, du poisson cru à la Rimatara, des pahu’a (bénitiers), pastèque. Tout est sur la table, il suffit de se servir. Les mouches, heureuses de cette prolifération de plats, nous accompagnent par régiments entiers ! Nous rentrerons en fin d’après-midi à la pension où le dîner oui, oui, encore du ma ’a, consistera en une salade de crevettes au pamplemousse et cœur de coco, suivie d’une loche à la vapeur avec du riz et un fei (banane de montagne) avec de la glace au coco. C’est impossible de tout manger mais pour les Rimatara ce n’est pas la même chose. La nuit sera venteuse, pluvieuse.

RIMATARA EGLISE ADVENTISTE

C’est dimanche il a plu toute la nuit, il a fait du vent toute la nuit, masquant les bruits des tupapa’u (personne défunte qui vient tourmenter les vivants) qui allaient et venaient dans notre bungalow. J’ai même l’impression qu’ils ont pris une douche dans la salle de bains ! Ce matin, un brunch était prévu. Impossible, rien que de penser à ce qui pourrait se trouver sur la table j’ai des douleurs au ventre. C’est le programme au temple protestant : 6h30 Première messe. 7h30 Grand repas dans chaque famille, 8h30-9h30 école du dimanche des enfants encadrés par les adultes, 10h-11h grand-messe pour tous, 15h-18h dernier office. Nous ne sommes pas venues pour ‘amu’amu (bouffer) mais pour l’île, les habitants et leurs légendes. Il pleut toujours et les sorties sont compromises. Dans l’après-midi, une éclaircie nous permet de mettre le nez dehors. Nous apercevons des ura en grand nombre et nous marchons jusqu’à Amaru où nous irons saluer les habitants du cimetière royal. Même s’il n’y a plus de roi, il est impératif d’aller se recueillir devant les tombes des dignitaires, histoire de ne pas avoir de mauvaises visites cette nuit. C’étaient probablement les messages des tupapa’u qui nous avaient visitées la nuit dernière. Il est temps de parler du ura.

Lori de kuhl polynesie timbre

Le ura ou lori de Kuhl est une perruche endémique de 18 cm de long qui appartient à la famille des loris. Ura veut dire rouge en tahitien. Son plumage est vert, jaune, rouge clair, rouge foncé, violet, une longue queue vert-rouge, un bec jaune foncé et des petites pattes jaunes grâce auxquelles il peut s’agripper aux branches des arbres fruitiers. Ses repas ? Le suc des fleurs, le nectar des fleurs de bananiers. Il se déplace en couple, signale sa présence par un sifflet strident et aigu. Il est présent partout dans l’île. D’après Teura Henry « le vini-ura, perroquet siffleur de Rimatara (Iles Australes) au plumage rouge, jaune, bleu et vert était l’émanation du dieu Ta’aroa » (Tahiti aux temps anciens, p.396).

Voici la légende du Ura de Rimatara : « Autrefois, il y a très longtemps, la marouette Moho était l’oiseau le plus beau de tous ceux qui peuplaient l’île de Rimatara, et tous l’admiraient pour ses couleurs chatoyantes. Son plumage était multicolore, rouge, bleu, vert, jaune… La perruche Ura était grise et terne. Personne ne l’appréciait malgré ses cabrioles dans les fleurs de bananiers et ses sifflements aigus. Le Ura devint triste et jaloux du Moho : sa beauté l’obsédait, il fallait qu’il obtienne d’aussi belles plumes que celles de son rival. Comment s’emparer des couleurs du Moho, toujours en éveil ? Il fallait ruser et profiter d’un moment opportun. Guettant le bel oiseau, le Ura attendit que celui-ci s’endorme pour sa sieste pendant les heures chaudes de la journée. S’approchant sans bruit il commença par s’emparer du vert des ailes, puis s’enhardissant il subtilisa le jaune du dos. Le Moho ne bougea pas. Il lui prit le rouge de la poitrine. Puis il lui vola le bleu de la tête. Mais alors qu’avant d’en finir avec l’orange des pattes, il voulait prendre la couleur rouge des yeux, le Moho (Porzana tabuensis) sentit le bec du Ura sur sa paupière et se réveilla brusquement. Il vit ce qui lui était arrivé et, se trouvant honteux sans son magnifique plumage, fila se cacher dans le marécage. Depuis ce jour, le Moho gris, qui a gardé son œil rouge et ses pattes oranges, ne se montre plus aux autres animaux et reste terré sous les hautes herbes ne sortant qu’au crépuscule – pendant que le Ura batifole haut dans les branches piaillant à tue-tête pour attirer l’attention et faire admirer sa beauté ».

RIMATARA PITO DE L ILE 8 000 CM

Les anciennes parures des chefs Polynésiens étaient autrefois en grande partie réalisées en plumes rouges de Ura, cette espèce vivait dans les forêts tropicales des Kiribati, de Polynésie française et des îles Cook. Mais dans l’ensemble de la Polynésie, l’oiseau qui les porte avait déjà disparu à l’arrivée des premiers explorateurs européens au 18e siècle. Il était trop chassé pour ses plumes. Seule l’île de Rimatara, grâce au respect d’un tabu (tabou) édicté par sa défunte reine et ancêtre Heimata Ura Vahine ou Tamaeva V (1893-1923) a pu conserver une population de ces oiseaux aujourd’hui classés « en danger d’extinction » sur la liste rouge de l’Union mondiale pour la Nature. Elle s’était adressée au Ura et lui avait dir « ‘Eiaha ‘ oe e haere fa’ahou i te tahi fenua’e (tu n’iras pas sur une autre île. S’adressant plus tard au ‘Ura vaero (lori mâle) et au ‘Ura pa’o (femelle), elle les supplia : E noho na’orua i ‘onei, tiretire o, tiretire a (vous vivrez ici, vous vous reproduirez encore et encore). Et lors des dernières cérémonies qu’elle présidait, vêtue de sa cape royale en plumes de ‘Ura, elle jure : ‘Aita atu i muri a’e ia’u nei e ‘abu fa’abou i teie ‘abu (personne après moi ne vêtira plus jamais cette cape » (bulletin n° 319 de la S.E.O.). En avril 2007, dans le cadre d’un programme de sauvetage de l’espèce, la Société d’Ornithologie de Polynésie Manu avait réalisé la translocation préparée scientifiquement de 27 loris de Kulh de Rimatara (Archipel des Australes) à Atiu (Iles Cook). Une plaque gravée commémore cet échange.

Hiata de Tahiti

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Ni eau, ni salade, ni moni à Tahiti

Vin de Tahiti bouteilleNous n’avons pas d’eau au robinet, mais une nouvelle usine qui produira des bouteilles d’eau est en cours de réalisation à Teva I Uta. Une eau qui vient d’un forage de 55 m de profondeur dans la nappe  « Eau de source » au Ph de 8.45, cette eau serait destinée à l’export. Celle-ci  sera baptisée Vainoa.

A Rangiroa, les vendanges ont eu lieu, 17 tonnes de raisins produits sur 6 hectares d’un motu proche du village d’Avatoru. Le climat très ensoleillé des Tuamotu permet deux vendanges par an. La récolte 2013 est moins bonne qu’espérée car la mini tornade de septembre a détruit 5 tonnes de fruits. Plusieurs variétés de raisins servent à la fabrication d’un vin de qualité. Le Blanc de corail, fer de lance de la production, très fruité, demeure à ce jour le plus abouti et le plus réussi, il fait plus l’unanimité et l’œnologue s’enorgueillit de son vin paumotu (des Tuamotu).

Y a plus de cœurs de romaines, scandale ! Cette variété de salade a été limitée à l’importation à la requête des maraîchers de Polynésie française. Une décision du ministère de l’agriculture afin de favoriser la production locale qui aurait été de 350 tonnes par an contre 450 tonnes qui venaient de l’extérieur. Plus que 10 tonnes contre les 40 précédemment. Ça coince dans l’hôtel de Faa’a ! Mais, les agriculteurs ont promis : ils peuvent produire de la romaine. Quand ? C’est là toute la question. Encore et toujours attendre de voir…

salade romaine

On forme actuellement des familles qui souhaiteraient  se lancer dans la transformation et la valorisation des produits locaux tels que l’uru (fruit de l’arbre à pain), le maniota (manioc) et mautini (potiron). Des petits projets familiaux pour accéder à une production à plus grande échelle destinée aux cantines d’écoles, aux restaurants, aux hôtels. Les formations ont débuté. Après : wait and see. Mais c’est une heureuse initiative de valoriser les produits vivriers. Une machine à éplucher les ‘uru, 30 kg en quelques minutes, 10 millions de XPF, super.

uru fruit de tahiti

Certaines espèces introduites deviennent nuisibles à l’environnement et aux humains. Il peut également s’agir d’espèces indigènes qui en proliférant deviennent nuisibles sous l’effet de changements environnementaux causés par les activités humaines. Les autorités viennent de publier le « top 5 » des 46 espèces envahissantes pour l’ensemble de la Polynésie. En 1, le rat noir avec 68% des îles touchées ; en 2ème place,  le faux acacia avec 33%; en 3,  le faux pistachier : 28% (jamelonque, jamelongue, pisse-tache ou pistas) Syzgium  jambolanum, originaire de Malaisie et introduite à Tahiti il y a un peu plus d’un siècle; en 4,  le Merle des Moluques 14% ; et en 5, l’escargot carnivore Euglandine avec 8%. La direction de l’environnement et le développement rural souhaiteraient mettre en place un réseau de surveillance des espèces envahissantes. Mais y a pas de moni (argent). Comme d’habitude il serait question d’installer un réseau de personnes relais dans les îles, OK, mais il faut des volontaires, des bénévoles qui acceptent de bosser sans moni en retour !

Hiata de Tahiti

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Productions agricoles de Tahiti

Accusés par les consommateurs d’utiliser trop de pesticides et d’insecticides, interdits depuis des années en Europe, mais encore utilisés en Polynésie, les agriculteurs jurent qu’ils sont « propres » mais qu’il demeure malgré tout parmi eux des brebis galeuses. Ils ont obtenu du gouvernement que certains légumes dont les salades ne soient plus importés. « Nous savons doser les produits et nous connaissons les durées de rémanence ». Nous, consommateurs voulons bien les croire mais il faudra nous apporter des preuves… et pas de chalala. Microguêpes et coccinelles pourraient être à même de lutter contre les nuisibles, en plus c’est joli une coccinelle, non ?

On peut transformer l’uru (ou fruit de l’arbre à pain) en frites, farine, purée, c’est dans les cartons depuis plusieurs années (1994). On ressort le projet. On le ressort pour l’aérer ou plus ? L’uru, un fruit ou un légume, que l’on peut cuire et le congeler pendant six mois. On peut ensuite le transformer, en faire des frites, des gratins, des ragouts. On pourrait également produire de la farine, faire alors des pains d’uru, des tartes, des pai, etc. Pas de gros producteurs pour le moment mais chaque famille ayant un lopin de terre a un ou deux arbres dans son jardin. Un projet qui devrait intéresser de nombreuses familles qui profiteraient de cette surproduction pour la transformer, valoriser sa consommation à la place des produits importés, dans des petites unités de transformation. Un pied d’uru produit entre 400 et 500 kg de fruits. Le ministre de l’Agriculture voit d’autres transformations à opérer avec les rebuts des carottes des Australes. Souhaitons que le rêve devienne réalité et que cela dure ! Les enfants des cantines scolaires se régaleront.

L’huile de tamanu est obtenue à partir des amandes du fruit de Calophyllum inophyllum appelé couramment tamanu ou ati dans les îles de la Société. Cette huile est utilisée depuis des siècles dans la médecine traditionnelle des îles du Pacifique. Ses propriétés sont anti-inflammatoires, cicatrisantes et antimicrobiennes. Les usages traditionnels sont tous externes : écorchures, brulures, piqures d’insectes, coups de soleil, rhumatismes, hémorroïdes entre autres. En Polynésie elle est aussi utilisée pour faciliter la guérison après les tatouages. L’huile doit être préparée à partir de graines d’excellente qualité afin de prévenir la présence d’aflatoxines lié à la moisissure des graines. C’est vers 1950 que des études sur la résine, l’huile ou la graine de tamanu ont commencé. Une centaines d’articles ont été publiés dans les revues scientifiques internationales.

vanille

Vanilla tahitensis est une orchidée qui produit la vanille de Tahiti. Cette espèce locale, contrairement aux autres types de vanille, ne s’ouvre pas et reste charnue tandis que les gousses explosent à maturité sur  d’autres types de vanille. Elles poussent sur des lianes cultivées avec soin, et arrivent à maturité au bout de 9 à 10 mois. Elles seront cueillies et subiront un traitement spécifique avant de rejoindre vos cuisines. En voici les étapes :

–          Nettoyage des gousses

–          Noircissement : durant deux à trois jours, les gousses vertes sont mises en chambre noire pour aider à leur brunissement.

–        Séchage : durant trois semaines à un mois, les gousses sont exposées au soleil le plus chaud pendant deux à trois heures par jour. Puis on les place toutes chaudes dans un linge ou une caisse ; là elles « transpirent ». L’évacuation de l’eau doit se faire lentement, d’où le temps d’exposition limité au soleil afin de développer l’arôme de façon optimale. Après cela, pendant une à deux semaines, lorsque  les gousses commencent à se rider, le temps d’exposition passe à 1h30. Une fois refroidies, elles sont massées, le séchage alors est uniforme.

–       Aération : On installe les gousses sur des claies pour terminer leur séchage à l’ombre. Pendant un mois, la vanille se bonifie, tel le bon vin, et son taux d’humidité descend alors à 40%.

Conservation : Afin de garder longtemps leur arôme, les gousses seront conservées dans un emballage hermétique à l’abri de la lumière.

Hiata de Tahiti

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Nature nourricière de Polynésie

Il fait chaud, peu de vent. La nature nous a fourni quantité de fruits délicieux : des mangues depuis décembre, des avocats durant tout un mois, des papayes, des citrons, des bananes, des uru, des fruits de la passion qui sont relayés actuellement par des ramboutans, des mangoustans. Voyez vous-mêmes !

BON APPETIT

Quelques photos de fruits, fleurs et des deux lapins que je garde : Browny dans son umete et Jeannot le dévoreur de plantain (que je cultive pour lui) – si j’arrive à récupérer ces photos perdues sur mon ordi !

JANNOT ET PLANTAIN

Sans titre-1 copierA Paris, le concours général agricole a récompensé les meilleurs produits du Salon de l’Agriculture, dont la vanille de Tahiti avec une médaille d’or et une médaille d’argent. Bravo Taha’a.

Le vice-président Antony Géros rencontre des investisseurs chinois. La plus grosse société de noni en Chine s’intéresse à la filière locale. La société Si Shah Noni, compte plus de 20 000 employés, elle est installée dans la ville de Sanya. Conclusion (hâtive à mon humble avis) on va relancer le secteur du noni, il faudrait toutefois exporter 200 tonnes par mois. Wait and see !

Le journaliste est allé à la rencontre des cultivateurs de paka (les cannabiculteurs) dans la province Nord de la Nouvelle-Calédonie. Le petit producteur cultiverait 1000 pieds par an sur plusieurs parcelles. Chaque pied donnerait 100 g. Cela fait 10 millions l’an ! D’autres ont importé des nouvelles graines de Hollande, cent pieds chacun, chaque pied c’est 300 g d’herbe, chaque gramme c’est 250 francs, cela doit faire 5 millions par an, enfin autour de cinq millions ! Les producteurs disent être de gros consommateurs et donnent beaucoup à ceux qui ne peuvent pas planter dans leurs tribus. En 2012, les gendarmes ont arraché 29 977 pieds de cannabis.

En Polynésie française, le régime des prix et des marges est organisé par l’arrêté n°… : les PPN (Produits de Première Nécessité) exonérés de TVA et de la plupart des droits et taxes, les PGC (Produits de Grande Consommation) dont la marge est limitée et enfin des produits libres, non visés par la réglementation. Ces PPN et PGC reçoivent une étiquette de couleur pour les différencier. En cette période préélectorale, le gouvernement fait « des cadeaux » aux consommateurs. Par exemple aux PPN on a rajouté gigots congelés, entrecôtes congelées, légumes en conserve sauf au vinaigre (sauf les petits pois extra-fins !), les pétales de maïs grillés nature (on est obèse ici alors pas de sucre en plus !), les légumes produits localement (mais pas les tomates cerise !), des lessives en poudre (sauf les tablettes) ; certains engrais. Pour les PGC, on rajoute certaines pièces automobiles, le soyu (sauce soja), les steaks hachés surgelés ou congelés. Tous ces « cadeaux » devraient engendrer un manque à gagner supplémentaire de 408,8 millions de CFP et une dépense pour le fret de 55,4 millions de CFP. Mais si l’on veut gagner les élections …

Alors les Parigots, il paraît que vous avez eu l’occasion de goûter au uru ou fruit de l’arbre à pain, dégustation offerte par la Délégation de la Polynésie française ? Désolée, pour vous autres les Provinciaux ! D’après ce que je lis dans la Dépêche, l’uru vous a été présenté sous diverses formes culinaires : Uru punu puatoro  traditionnel, palet d’uru au foie gras, brochettes sucrées d’uru. Cet aliment est nutritif, riche en hydrates de carbone, vitamines C, PP, B1, B2 et 200g d’uru (255 kcal), fournissent autant de calories que 100 g de pain blanc, deux fois plus de calcium et autant de phosphore. Cette année, notre pied d’uru nous a fourni plusieurs dizaines de kilos d’uru. Merci à lui.

Portez-vous bien.

Hiata de Tahiti

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Santé tahitienne

L’arbre à pain ou uru est arrivé dans les îles polynésiennes avec les premiers navigateurs. Artocarpus altilis a été longtemps le composant principal de l’alimentation avant d’être détrôné par le riz et la pomme de terre. L’arbre donne normalement ses fruits de novembre à la fin mars. 2011 est une année exceptionnelle en raison du phénomène de La Ninã. Cette année, les arbres à pain ne cessent de produire. Le temps est plus sec et plus frais ou La Ninã leur a tourné la tête ! Avec ce fruit vous pouvez confectionner le popo uru confit (friandise enfantine), du popoi, du kaaku, des frites. A tous, bon appétit !

Le pourpier, Portulaca oleracea, est appelé aturi, patoa totonoa à Tahiti et aux Australes, tatahi aux Marquises, pokea aux Tuamotu. C’est une plante herbacée sauvage aux étonnantes vertus. Plante comestible, cosmopolite, répandue sur tous types de sols, peu de gens la consomment hélas. Ses feuilles sont riches en sels minéraux, oligo-éléments : potassium, magnésium, calcium, vitamines A, B, C et E, carotène, acides gras essentiels. Elle contient aussi des composés phénoliques antioxydants, des acides gras omégas 3. Elle est laxative et diurétique. Le pourpier a été une source importante de vitamine C pour les navigateurs souffrant du scorbut et pour les populations isolées des Tuamotu. Elle est présente en abondance dans toutes les îles de la Polynésie.

Ahutoru était le premier Tahitien à être allé en Europe. Embarqué « volontaire » à bord de l’un des navires de l’expédition française qui découvrit Tahiti en avril 1768, un an après l’Anglais Wallis. Originaire de Raiatea, ce jeune Ari ‘i (roi) vit à Hitia’a o te ra quand apparaissent le 6 avril 1768 L’Etoile et La Boussole arrivant du détroit de Magellan. Un an plus tard, le 16 mars 1769, les deux navires reviennent à St-Malo. Le 30 avril, le Tahitien est présenté à Louis XV et à sa cour. En février 1770, il est à bord d’un navire en route pour l’océan Indien. La variole sévit à l’île Maurice, Ahutoru ne reverra pas ses îles, il s’éteignit le 6 novembre 1771. Son corps fut immergé chrétiennement avec les honneurs de la Marine royale à Port Dauphin.

D’après les résultats de 25 années de recherches des docteurs B. Rio et G. Soubiran, il existe un taux anormalement élevé de cas de leucémie aiguë myéloïde en Polynésie française. Ce type de leucémie serait le plus fréquemment observé après une irradiation nucléaire. Il y aurait chaque année moins d’une dizaine de nouveaux cas de leucémie aigüe en Polynésie française. Les traitements sont lourds, l’évacuation sanitaire vers la métropole s’avère indispensable. Auparavant les malades étaient envoyés à l’Hôtel-Dieu à Paris dans le service hématologie, et depuis quelques mois ce pôle a été transféré à l’hôpital Saint-Antoine.

Avis aux gens mal intentionnés, le tunnel du trou du souffleur à la Pointe Anahoho sur la côte Est est maintenant sous surveillance. Sitôt les dégâts réparés, les services du ministère de l’équipement, dirigés par le Ministre James Salmon, ont souhaité mettre sous protection le tunnel et le panneau, afin que ce genre d’incivisme ne se reproduise pas : le graffitage de l’hommage à Oscar. Le vigile est rémunéré par le ministère de l’Équipement !

Hiata de Tahiti

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Tahiti fait un four

On me l’a dit : dimanche il y aura un hima’a…

Avant-hier les préparatifs ont commencé. Le hima’a est un four tahitien, comme on dirait un tandori ou un barbecue : on y fait rôtir ce qu’on veut, viande ou légumes.

Le trou avait déjà été creusé sous un abri. Celui-ci est rempli de bourres de cocos à commencer par les coins, elles-mêmes recouvertes de bûches de aïto (arbre de fer, bois dur).

Quatre tubes sont placés dans les coins pour faciliter l’allumage. C’est maintenant le tour des coques de noix de cocos, puis des grosses pierres volcaniques. Voyez vous-même la jolie montagne.

A quatre heures ce dimanche matin, deux courageux sont descendus allumer le feu. A six heures, nous sommes tous allés voir ce qui se passait.

Le feu était bien vivace, on pouvait vaquer à d’autres occupations comme râper les trente cocos puis en extraire le lait.

Huit heures et demie, les pierres sont chaudes, on tasse le tas pour écraser les dernières flammes avant l’installation des marmites et des plats.

On écrase quelques troncs de bananiers dont on recouvre le foyer pour calmer l’ardeur du feu et l’on pose cocottes, poe, uru, fei, bananes, têtes de thon coupées en deux.

Vite, vite, il faut fermer le four hima’a avec des feuilles de bananiers, des sacs de jute, de la toile et des graviers pour tenir le tout !

A tout à l’heure, laissons la cuisson à l’étuvée se dérouler tranquillement. Les premiers invités arriveront vers 11h30. L’ouverture du four tahitien aura lieu à 12h30.

C’est l’heure ! Ca fleure bon…

Oh ! là là, il y a des demandes pour les yeux glauques des thons. C’est ici un régal recherché par bon nombre de Polynésiens.

Et c’est parti pour la grande bouffe ! Tradition de Tahiti la moderne (peut-être de l’ancienne aussi). Il y a du uru, du poisson cru, des fei, du fafa, du fafaru, des chinoiseries, des poe !

[Il vous faudrait un lexique pour savoir ce que c’est, tout ça. Les non popa’a parlent d’habitude, mais nous… L’uru est le fruit de l’arbre à pain, la fei la banane plantain (à cuire), le fafa n’est pas un Fabius rôti mais une sorte d’épinard polynésien, variété de taro riche en sels minéraux, fer et calcium. Le fafaru est un plat de filets de poisson macérés à l’eau de mer (souvent du thon). Les chinoiseries sont les pâtisseries très sucrées à la pâte de haricot rouge. Quant aux poe, c’est une sorte de pudding local aux fruits. – Argoul]

Il est facile de fabriquer un four tahitien à condition d’avoir un lopin de terre. Tous les matériaux pourront être trouvés dans les magasins de bricolage, toutes les denrées nécessaires dans les magasins d’alimentation style Auchan, Carrefour, ou chez le Chinois de Tahiti. Tous mes vœux de réussite et bon appétit.

Hiata de Tahiti

Quelques renseignements et recettes de cuisine tahitienne au four hima’a

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