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Plage bateau

Quand on est près de l’eau, autant aller sur l’eau. La plage c’est bien, la mer, c’est mieux.

En dinghy gonflable quand on est encore petit – et que le frérot ne vous lâche pas d’une semelle pour faire comme les grands.

En canot à moteur si l’on ose.

Et quand on est ado, on l’ose.

Les filles s’y mettent en tenue très légère, c’est dire !

En famille pour les souvenirs de faire nid au coucher du soleil.

Ou avec un copain une fois grand, pour bronzer, nager, pêcher et autres plaisirs de la peau offerte aux regards et aux éléments.

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Alexander Kent, Par le fond

alexander kent par le fond
Nous voici en 1808. Napoléon, qui restera à jamais un dictateur impérialiste pour tout Anglais bien né, reprend la guerre contre l’Europe. Il la veut à sa botte. Il a déjà conquis le Portugal et menace l’Espagne.

Les Britanniques, vus par un marin de la Navy contemporaine, engagé à 16 ans en 1940, se veulent les sauveurs du « monde libre », entendez de la liberté du commerce et des mers. Ils ne peuvent que combattre l’ogre corse, même si ce dernier a heureusement terminé la Révolution et ses massacres de la Terreur.

C’est d’ailleurs pour cela que les Français, ennemis redoutables, sont toujours vaincus dans les romans d’Alexander Kent. C’est moins fierté patriote que constat des ravages du sectarisme politique sur la valeur professionnelle. Les Français ont de bons bateaux, ils ont tout le bois nécessaire et les architectes imaginatifs – mais ils manquent d’amiraux aguerris, de capitaines entraînés et de marins biens formés. La faute à ce délire idéologique de la Révolution, où seule l’adhésion au groupe le plus braillard tenait lieu de compétence. Or on ne forme pas de bons professionnels par décret.

La paix d’Amiens, signée en 1802, est loin et la marine anglaise doit faire avec ce qu’il lui reste de navires après une décennie à guerroyer. Non seulement elle doit assurer le blocus des ports ennemis, de la Baltique aux Açores, mais aussi contrôler le trafic entre l’Afrique et les Amériques pour lutter contre la traite des Noirs, devenue illégale par acte du Parlement (mais que Napoléon a rétablie pour faire plaisir aux riches copains de son épouse créole).

Sir Richard Bolitho, anobli depuis deux volumes et devenu vice-amiral, a l’ordre de rallier le cap de Bonne-Espérance pour établir une force navale permanente, destinée à laisser ouverte la route au sud de l’Afrique. Rappelons que le canal de Suez n’a pas encore été construit et que Le Cap commande la route des Indes, vitale pour le commerce anglais. Mais, toujours un peu rebelle aux us, coutumes et hypocrisies de la « bonne » société, il obtient d’embarquer sa maitresse, Catherine, tandis que lady Belinda son épouse officielle et superficielle, qui n’aime que les froufrous de Londres, se doit d’endurer « le scandale » tout en se posant en victime du devoir – en ne manquant aucune fête.

Depuis trois volumes, les histoires d’amour fleurissent entre les protagonistes, Bolitho amiral et Bolitho capitaine (Richard et Adam son neveu), Valentine Keen le capitaine de pavillon, Allday le fidèle serviteur… Ne voilà-t-il pas qu’Adam, fringuant et 28 ans, est tombé amoureux de Zenoria, la toute récente épouse de Valentine ? Aussi ardent qu’Adam, Richard se repaît du corps somptueux de Catherine, qui lui est toute attachée. Quant à Allday, il songe au port d’attache avec l’accorte aubergiste qui tient relais non loin de la maison familiale des Bolitho.

Mais des mutins s’emparent du Pluvier Doré, bâtiment de commerce réquisitionné par la Navy qui convoie si Richard l’amiral, parce qu’il transporte la paie des soldats du Cap. Catherine, habillé en marin pour être plus à l’aise, ne manque pas de s’illustrer comme un homme dans la bagarre qui s’ensuit, une épingle à cheveux jouant le rôle de sabre. Le navire se fracasse sur les récifs faute d’être manœuvré et les naufragés s’entassent sur un canot qui mettra de longs jours pour tenter de rallier les côtes africaines, mourant de faim et de soif.

Une fois recueilli in extremis et remis, Bolitho est envoyé par les Lords de l’Amirauté aux Antilles, où Napoléon compte bien chasser les Anglais. Et c’est à deux contre un que les bâtiments de la Navy vont faire face au plus vaillant amiral français… Malgré la trahison de l’ami Thomas Herrick, amer d’avoir été accusé à tort et surtout sans vie depuis qu’il a perdu sa femme du typhus.

Mais rien ne va sans heurt. La marine est chose trop sérieuse pour être confiée à des politiciens civils – c’est pourtant ce qui a lieu. Le rang tient lieu de compétence et le Règlement maritime ou l’obéissance stricte aux ordres tiennent lieu d’imagination et d’initiative. C’est ainsi que le vieux Sutcliffe, amiral rongé de syphilis, ne supporte pas qu’on ne lui rende pas compte à St Kitts tandis que Thomas Herrick, qui a frisé la condamnation à mort en cour martiale, ne veut plus prendre aucun risque.

L’auteur oppose les courageux de l’avant aux embusqués de l’arrière, le petit peuple des marins enrôlés de force aux élites nobiliaires aspirants dès 12 ans, les professionnels aux vaniteux. Ceux qui ont de la chance sont ceux qui la cherchent, pas ceux qui restent assis le cul sur une chaise en attendant qu’elle vienne de droit ou de naissance. Toujours attentif aux humains, hommes comme femmes et même adolescents, les Bolitho oncle et neveu savent commander parce qu’ils savent être justes et se faire aimer. Simplement en reconnaissant les autres pour ce qu’ils sont vraiment. Un bon récit d’aventure aux relations très humaines.

Alexander Kent, Par le fond, 1992, Phébus Libretto 2014, 446 pages, €11.80

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