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Expressionnisme à la Pinacothèque

La Pinacothèque à Paris présente jusqu’au 11 mars environ 300 œuvres expressionnistes. Oserons-nous dire que l’expressionnisme est « impressionnant » ? Sans aucun doute puisque ce mot veut dire ce qui frappe, fait une vive impression, est émouvant. L’émotion cogne par le mouvement, renforcé par la couleur. C’est voulu. L’époque « faisait craquer ses gaines », selon le mot de Gide en littérature ; elle secouait les carcans usés du classique bourgeois, néo-antique, que reprendront un peu plus tard ces réactionnaires de Mussolini, Staline et Hitler.

L’expressionnisme est un mouvement d’époque. Il naît en début de siècle (le XXe), dans la peinture et en Allemagne. Caractéristique culturelle : il est avant tout régional. L’Allemagne n’est en effet pas un État centralisé à la française où tout doit se passer à Paris. L’expressionnisme émerge avec Die Brücke à Dresde en 1905, et Der Blaue Reiter à Munich en 1911 (probablement deux noms de tableaux symboles). Ils forment ces deux courants dits en français le Cavalier bleu et le Pont. Ce sont deux styles, le premier plus abstrait et intellectuel, sans histoire à raconter, se voulant œuvre d’art ‘totale’ autour du russe munichois Vassily Kandinsky ; le second plus émotif et violent, création instinctive et sensible toujours figurative autour d’Ernst Ludwig Kirchner puis Emil Nolde.

Ces peintres, contemporains des Fauves, sont marqués par l’art africain, l’empâtement coloré de Van Gogh, les nudités des îles à la Gauguin et le pessimisme sombre d’Edward Munch. Le but de cette exposition parisienne est de confronter les deux courants fondateurs pour faire apparaître l’unité du mouvement.

Ils valorisent tous le nu, la bête, la nature. Les artistes usent de la caricature, exacerbent l’expression, veulent régénérer l’esprit par le choc de la couleur pure sur l’œil. Les paysages sont grandioses, comme ces Nuages approchant, carrément violets ; les jardins explosent, comme ces Pavots d’un vermillon vif ; les corps irradient comme ce jeune pêcheur à l’avant d’une barque entièrement nu, d’August Macke, intitulé ‘Une bonne prise’ (1913). Ils veulent faire accéder à la spiritualité par les sens, sollicitant la composition et le coloris dans un emportement des formes destiné à créer l’émotion.

L’exposition, bien éclairée, met en valeur le chant des couleurs et la danse des lignes. Des gravures sur bois, caractéristique allemande, soulignent le trait. Les salles déclinent les thèmes du paysage, des animaux, des sculptures, des gens, des nus, du voyage, des natures « mortes » parfois bien vivantes (Stilleben) contrairement à l’affirmation du français. Les spécialistes se délecteront même d’une rareté : Tableau avec cercle, le premier tableau non « objectif » de Kandinsky, peint à Munich en 1911.

Mais parce qu’ils sont audacieux, avancés, en-dehors du classique, sensuels et volontiers anarchistes, ces peintres seront classés par les nazis comme « artistes dégénérés ». Il est vrai qu’après la boucherie industrielle des 14-18 et l’effondrement économique des années 30, l’hédonisme ou l’érotisme n’avaient plus droit de cité. Il fallait être « sérieux », faire la tronche, sourcils froncés, pour la « valeur » travail et la reconstruction de la « patrie ». Un petit goût d’une époque qui revient, ne trouvez-vous pas ?

  • « Expressionismus & Expressionismi » – Berlin-Munich 1905-1920, Der Blaue Reiter vs. Brücke du 13 octobre au 11 mars 2012
  • À la Pinacothèque de Paris, du 13 octobre 2011 au 11 mars 2012
  • Tous les jours de 10h30 à 18h30 / Fermeture de la billetterie à 17h45 / jusqu’à 21h les mercredis et les vendredis / Entrée : 10 € – Tarif réduit étudiants, chômeurs : 8 € – Gratuité aux moins de 12 ans, RSA, ASS, minimum vieillesse sur justificatif + pièce d’identité.
  • 8, rue Vignon, 75008 Paris / Métro, station Madeleine
  • Peu de reproductions possibles, les conditions de publicité sont draconiennes… Site http://www.pinacotheque.com/
  • Catalogue sur Amazon

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Ica

Ica est une station balnéaire et thermale, surf sur sable.

Un décor de film au milieu du désert, une oasis de végétation tropicale borde les eaux vertes de la Laguna Huacachina qui devint une station thermale et balnéaire très prisée à la fin du 19e siècle. Les couleurs du sable, de l’eau, de la végétation et des bâtiments font écarquiller les yeux !

Les lignes de Nazca, vous connaissez bien sûr ! La couche de sable a été grattée pour délimiter des zones plus claires et les dessins sont formés par des cailloux. Ces figures sont parfaitement conservées.

On dénombre 18 types d’animaux, souvent des oiseaux, de 15 à 30 m de long associés à des figures géométriques, triangles ou trapèzes dont les plus grands s’étendent sur 1 km.

Les plus remarquables représentent un colibri de 60 m (ci-dessus) un singe de 80 m (plus bas), un oiseau frégate de 135 m et une araignée de 46 m de long. C’est en 1939 que le savant américain Paul Kosok remarque, à bord d’un petit avion, des lignes étranges sur le sol. C’est la mathématicienne allemande Maria Reiche qui consacre toute sa vie à essayer d’élucider ce mystère scientifique. Elle a dressé la carte des lignes de Nazca. Sa théorie est que « cet ouvrage a été fait pour que les dieux puissent le voir d’en haut et assister ses auteurs dans leurs activités de pêche, d’agriculture et dans leur vie en général ». Pour Maria Reiche, la pampa est un calendrier astronomique. Le singe (El mono, ci-dessous) ne serait que le symbole indien de la Grande Ourse, la constellation qui, pour les populations anciennes, représentait la pluie. Nous survolons quelques unes de ces lignes à bord de petits avions.

Retour à Lima pour rejoindre Pacaras et les îles Ballestas. Au passage, on immortalise El Candelabro, le chandelier, dessin à flanc de colline (ci-dessous).

Arrivée aux îles, nous verrons toutes sortes d’oiseaux marins.

Mais aussi des loups de mer, des manchots, des otaries, des pingouins de Humbolt.

Terre, montagne et mer, un voyage fabuleux au pays des Incas !

Hiata de Tahiti

— Fin du voyage au Pérou-Bolivie —

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