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Philippe Huet, Cargaison mortelle

Un roman policier français qui se passe au Havre avec pour thème l’immigration illégale.

Les conteneurs à destination des Amériques sont scellés mais les passeurs s’empressent d’en scier la targette, puis de la recoller ni vu ni connu lorsque le migrant est à l’intérieur. Le Canada est réputé pour son humanité envers les migrants. Aussi, c’est à travers tous les gros ports d’Europe, Anvers, Rotterdam, Amsterdam – et Le Havre – que les migrants d’Europe de l’est affluent pour passer.

Évidemment ils sont aidés : par des « zassociations » d’aide aux « sans », mais aussi par des militants communistes qui étaient tout hier au temps du bloc soviétique, et qui ne sont plus rien aujourd’hui que le mur est tombé et l’URSS dissoute. Des Roumains ayant eu maille à partir avec la milice de Ceaucescu fuient. Certes, ils sont désormais libres, mais la milice est restée la même et aussi brutale. Ils viennent en Europe de l’ouest légalement, via un visa de tourisme. Mais ils s’empressent de chercher à partir.

La police française est là pour faire son boulot mais elle comprend les migrants. « Ces mecs ne voyagent pas pour le plaisir, dit un commissaire p.131, ils fuient pour ne pas crever ». Mais les lois canadiennes sont fermes : c’est une forte amende à la compagnie maritime pour tout clandestin embarqué sur leurs bateaux. Elles font donc appel à une société privée pour les débusquer avant le départ.

Tout se passe bien jusqu’à ce qu’un jour, un Roumain seul se trouve face aux enquêteurs. Il est calme, pas comme les autres, sort un poignard et tue pour fuir un ancien flic de la société de sécurité, ami du commissaire. Cette fois, c’en est trop, la chasse à l’homme commence, tous les Roumains découverts sont interrogés, le centre d’hébergement d’un ancien anarchiste surveillé.

Le journaliste Bassot, rédac’chef du canard local en plein mois d’août, flaire la grosse affaire. Il envoie son meilleur stagiaire fouiller un peu, un Mathieu grand et blond « coiffé en briard » dont les parents d’origine tchèque ont fui jadis « l’avenir radieux » du communisme. Mathieu se prend au jeu, le journalisme le passionne, enquêter l’amuse comme un gamin qu’il est encore à 23 ans malgré sa copine Flo qu’il baise à couilles rabattues dès qu’elle peut se dégager de son stage à elle, à la télé à Paris – où elle s’emmerde à faire les cafés et les photocopies. Tous deux sont en école de seconde zone en journalisme.

Mathieu cherche à lier conversation en se présentant au refuge pour dormir, mais les Roumains ne parlent qu’entre eux une langue qu’il ne comprend pas. Il connaît un soir la situation cocasse d’une pute qui le trouve presque à poil, un jean enfilé à la hâte à cru sans tirer la braguette, envoyée par le tôlier qui paye un peu de bon temps à ses pauvres. Mathieu est « mignon dans le genre roseau élancé », mais n’est pas près à coucher avec n’importe qui, surtout une grasse et plantureuse qui veut carrément le violer. Il laisse entendre qu’il préfère les garçons…

Mathieu file les Roumains qui partent chaque matin du refuge où ils dorment sur son scooter hors d’âge qui manque de rendre l’âme à chaque démarrage. Il connaît quelque succès lorsqu’il piste un grand Roumain qu’il voit monter dans une Mercedes noire du corps diplomatique. Il en parle à son chef, copain avec les flics, qui trouvent l’information intéressante. D’autant qu’un peu plus tard, le grand Roumain s’enfuit de la Mercedes et se fait tirer dessus. C’est Mathieu qui lui sauve la mise en l’enlevant en scooter.

Le trafic de vies humaines rapporte ; mais plus encore lorsqu’il se double d’un autre trafic. Les passeurs sont alors aux petits soins pour leurs migrants clandestins : voyage organisé, planque réservée, courses indispensables à la traversée effectuées, plan du port et containers préparés. Des indics payés, des militants de « causes » engagés, tout est géré comme une entreprise. C’est qu’il y a beaucoup d’argent au bout ! Même si les immigrés ne connaissent jamais le sol canadien…

La progression de l’enquête est bien construite, les personnages typés, un zeste d’humour et voilà le polar. Un bon cru.

Philippe Huet, Cargaison mortelle, 1997, Albin Michel 2016, 264 pages, €22,50

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Culture polynésienne

15ème édition du salon des tifaifai a lieu à la Mairie de Papeete. Le tifaifai est un élément de la tradition polynésienne. Les anciens tifaifai avaient des couleurs très vives, souvent sur fond blanc. Aujourd’hui les couleurs pastel sont plus à la mode. Il faut compter entre 15 et 80 000 XPF pour une pièce en fonction des dimensions, qualité, finition, cousu main ou machine. Cette année des motifs originaux : l’arobase, les 4 éléments, le cerisier japonais, la bringue. On sait déjà que le thème de l’an prochain sera la reproduction des anciens modèles alors que celui de cette année était la création libre.

GRISETTE AU BAR A EAU

Le kumu hei, c’est quoi ? C’est un bouquet odorant et sensuel, une composition florale marquisienne. Sans fleurs, les Marquisiennes composent ce bouquet avec des plantes aromatiques : feuilles de menthe, feuilles et branches de miri (basilic), aneth, fleurs d’ylang ylang, tiare, pitate, feuilles de hinano (pas la bière !), racines de vetiver parfois colorées au moyen du Rea tahiti (curcuma local), bois de santal râpé, quartiers d’ananas. L’assemblage des différentes plantes suit un ordre précis sur une feuille d’auti. Le kumu hei est fixé ensuite sur une queue de cheval, sur un chignon, sur une couronne de tête. Le kumu hei n’est pas éphémère, il diffuse une bonne odeur durant une bonne semaine ; séché il continuera d’embaumer les intérieurs marquisiens et l’habitacle des voitures.

« Un grand militant de la culture ma’ohi s’en est allé, décès subit de Turo ou Duro Raapoto. Linguiste et grand défenseur de reo ma’ohi et de la culture polynésienne, protestant, il avait d’après Bruno Saura « une œuvre complètement philosophique ». Un écrivain fécond, théologien, de langue ma’ohi, mais pas un élu politique, un seul texte de lui en français…

Un festival international de graffiti place To’ata, récemment relookée, un jury présidé par Christophe Lambert. Les artistes de différentes nations se sont « affrontés » sur une muraille de conteneurs empilés sur 5 m de haut et 40 m de long. A la fin de la première journée, ne restaient que dix graffeurs sélectionnés pour la finale dont deux locaux Abuz et Jops. C’est un graffeur américain qui a remporté le premier prix du concours Ono’u 2014, devant le Néo-zélandais Berst et le Français Kalouf.

Coucou, je reviens, signe El Niño. La nouvelle de la probable venue de « L’enfant Jésus » climatique s’intensifie et la probabilité du phénomène oscille entre 65% et 75%. Fin juin nous saurons si nous aurons la visite d’El Niño, sa puissance sera connue en juillet, en octobre sa maturité. Il pourrait débuter en octobre, pourrait être mature en décembre, janvier ou mars. Tels sont les pronostics de la division climatique et bureau d’étude de Météo France en Polynésie française. A suivre donc.

PAS SIMPLE GRISETTE

Notre Grisette va bien, vous constaterez qu’elle utilise la salle de bain et particulièrement le WC comme abreuvoir, et qu’elle est une véritable acrobate malgré ses ans. Cela a fait poser des questions au prof d’anglais des élèves du collège de Taravao qui avaient entrevus ces photos : c’est à qui Ma Dame, le chat ? Pourquoi elle va dans la toilette Ma Dame? etc, etc. Ma Dame a répondu que c’était une chatte spéciale qui utilise également les toilettes pour faire ses besoins et qu’automatiquement la crotte tombée, le système d’évacuation fonctionne, lave la cuvette et qu’ensuite l’eau propre peut ainsi être utilisée par la chatte comme abreuvoir… Oh ! Ma Dame t’as vraiment une chatte spéciale…

Hiata de Tahiti

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Ma vie sous les tropiques

Les enfants ont repris le chemin de l’école, la vie retrouve son train-train, je vais vous raconter quelques anecdotes de ma vie sous les tropiques.

DEPUIS PUHI

Mes connaissances me proposent d’aller à Puhi, plateau de la presqu’île. Ce ne sera pas de refus. D’après le dictionnaire, Puhi signifie souffler (sauf pour le vent) mais aussi désigne une murène ou une anguille. Il faut d’abord rejoindre Miti Rapa, s’engouffrer dans la montée pour rejoindre le lotissement Noordorf puis continuer par un chemin étroit sur l’arête. Il y a encore quelques cultures, des farfelus qui habitent cet endroit isolé, ouvrir la chaîne qui barre l’accès et indique un terrain privé, être bon conducteur et surtout avoir un 4 x 4. On entend seulement quelques oiseaux et le bruissement d’une cascade, peu chargée en eau en ce moment. Après plusieurs kilomètres de montées, descentes et montées, nous arrivons sur le plateau. Ici, pas de bruit. On domine la côte depuis Papara jusqu’à Taravao et au-delà. C’est juste un peu couvert mais comme vous le constaterez sur la photo, vous pourrez distinguer la pointe du golfe de Papara, les deux motus de Mataeia, Papeari et les anses, Taravao, la baie de Phaeton. Quelle vue ! On aperçoit les champs d’ananas du « vieux Chinois ».

CHEZ VERO

Dans quelques mois on apercevra la prison de Papeari ! Peut-être même pourrons nous échanger quelques signaux avec ses occupants.

DEPUIS PUHI

Ce matin mon amie et moi sommes allées sur ses terres. Non, non, pas Puhi mais à Vevera qui se trouve côté montagne sur la route de Vairao toujours à la presqu’île. Il y a une sacrée montée avec de jolies maisons accrochées au flanc, puis un beau plateau occupé par quelques rares maisons. Il suffit de s’arrêter quelques instants pour jouir d’une vue magnifique vers le large. Aujourd’hui l’océan était doux et calme, peu de bateaux. Il est vrai que la Billabong Pro était terminée, car au bout de cette route Teahupoo, sa vague et son tunnel d’eau monstrueux connus des professionnels du surf mondial.

VEVERA

La douchette du lave-bassin de mon amie a rendu l’âme. Chez Ace, on trouve tout (matériaux bricolage, construction, etc.) ! Le rayon tuyaux de douche est tenu par un homme. Aïe ! Comment lui expliquer qu’elle cherche une douchette, pas l’installation complète. Oui, oui, il en reste  encore une mais c’est complet, avec le tuyau, le robinet, enfin toute l’installation. Mais Madame, si tu veux tu peux aller voir au rayon arrosage, ils ont des pistolets à mettre au bout d’un tuyau, vas voir. Mauruuru (merci). Elle reviendra,  souhaitant la présence d’une femme cette fois-ci ! C’est bon, cette fois-ci c’est une femme. « Je cherche une douchette pour lave-bassin ». Deux trois minutes, la fille a saisi, elle lui montre le sachet vu précédemment… « Non, merci, aurais-tu la douchette seule ? Non, Madame mais vas voir au rayon arrosage jardin. » Ok mauruuru ! Moi : « tu es sûre qu’ils ne vendent pas des lances à incendie ? » La douchette n’est toujours pas remplacée !

Il manquait beaucoup de produits sur tous les rayons de commerces de Tahiti et des îles. Encore une grève ! Le syndicat CSTP-FO a paralysé le port autonome laissant décharger les cargos qui se succédaient mais bloquant la sortie des conteneurs pour la ville. Les denrées périssables itou ! Les fournitures scolaires itou ! Maintenant la grève est terminée et il y a mille et un conteneurs à « dépoter ». Je n’ai pas compris le pourquoi de cette grève et si j’en crois « P’tit Louis », c’est une histoire de sécurisation des toilettes de la zone sous douane. C’est quand  même un sacré farceur « P’tit Louis », mais si les agents du port ne peuvent pas aller pisser sans recevoir un conteneur sur la tête… c’est autre chose. Enfin un syndicat qui joue à Dame Pipi.

Mon jardin suspendu est magnifique. Je suis fort satisfaite de mes plantations à part les petits piments doux qui refusent obstinément de montrer le bout de leur nez, ainsi que la coriandre qui elle aussi refuse de pousser. Dans quelques semaines j’irai, coiffée de mon chapeau,  récolter du Persil géant d’Italie bio, des côtes de bettes bios, des tomates cerise, des gombos, des feuilles de chou frisé vert demi nain, des pastèques miniatures, des laitues, des courgettes, des courges sucrines, des concombres et des aubergines. J’ai, pour cela, prévu un grand  « panier-marché » !

gamin cuir motard

Et ce gamin de 11 ans qui mobilise 10 gendarmes et des pompiers pendant une soirée avec ses fausses allégations. Il a fait croire aux gendarmes qu’il assistait à une exécution ! « Un homme pointe ma tatie avec un pupuhi (fusil à harpon) et menace de la tuer ! » Aux pompiers il avait raconté une histoire toute aussi sordide. Ce gamin se destine peut-être à devenir scénariste dans le futur ? Il a une carrière toute tracée.

C’était donc les nouvelles aoûtiennes du fenua, portez-vous bien.

Hiata de Tahiti

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