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Hanoï suite

Petit-déjeuner au buffet varié, bien que je cherche à éviter les premiers jours tout ce qui est cru, contrairement aux Yankees du groupe Overseas Adventure Travel qui s’en empiffrent avec gourmandise. L’amas de salades et de fruits leur donnent l’illusion de limiter leur obésité – ils feraient mieux d’arrêter le Coca-Cola et les burgers. Les femmes ont souvent l’air ahuri de qui découvre combien le monde est différent de leurs habitudes. Les hommes, cheveux ras et parler sonore, semblent venir voir ici pourquoi ils ont perdu cette guerre du Vietnam, pourtant contre l’asservissement communiste. Nous sommes les seuls Français de l’hôtel, nos compatriotes se contentent probablement d’hôtels moins onéreux, par radinerie ou sentiment de ne plus faire partie de l’élite mondiale. Le May de Ville Trendy, nom américain à consonance française, offre un « bar coucher de soleil », un spa et une salle de gym, ainsi qu’une salle de réunion en haut de ses sept étages. À mon thermomètre, il fait dans les 20° humides. Je suis entrepris devant l’ascenseur par un jeune couple de Philippins qui veulent savoir d’où je viens, combien je reste de jours, si je voyage seul, et si j’aime la cuisine (eux ne l’aiment pas). Il n’y a que le jeune homme qui parle ; il a l’air d’avoir 16 ans comme elle, mais ils sont mariés.

Nous visitons la pagode de « butane » dont je vérifierai le nom sur le plan. Il s’agit de But Thap. C’est un chef d’œuvre de l’architecture vietnamienne, construite au XIIIe siècle, à l’époque de Tran Thanh Tong, par le moine Huyen Quang. La tour du Pinceau ressemble à un stylo en pierre blanche de 13 m de haut ; elle porte quatre étages pleins de rectitude.

C’est ensuite une enfilade de dix bâtiments, de la porte à trois entrées au clocher à l’arrière, avec huit maisons centrales dans un axe face au sud. Cinq édifices successifs servent à la prière, le tout entouré d’un mur à galerie. Un moulin de prières en bois a la forme de la fleur de lotus. A l’intérieur, une grande statue du Bouddha du XVIIe siècle avec « mille » yeux et « mille » bras (c’est-à-dire beaucoup). Mille bras aussi (et mille yeux dans la paume des mains) pour la déesse de la miséricorde Kuan Yin. Sans oublier le Bouddha Triade, de Van Thu sur un lion bleu, et de Pho Hien sur un éléphant blanc. Une statue de Bouddha au buste noir et à la face dorée (signe royal) porte sur la gorge une croix gammée inversée, signe de la roue de la vie. Cela intrigue beaucoup les Occidentaux ignorants, contaminés par l’assimilation au nazisme.

Un cerisier du Japon est tout en fleur et les touristes asiatiques aiment à se faire photographier sur ce fond printanier. L’arbre est orné de fleurs artificielles rouges pour ajouter au bonheur. A l’entrée, comme je le prends en photo avec sa sœur un peu plus grande, un gamin viet de 7 ou 8 ans me fait des deux mains une parade de viet vo dao, au art martial créé en 1938 sur l’exemple du karaté japonais.

La fête du Tet lâche beaucoup de monde dans les rues et c’est très vivant. Les mères envoient leur petite fille ou leur petit garçon se faire photographier devant des étrangers. Peut-être avons-nous une aura bénéfique, propitiatoire. Nous donnons une image d’opulence et de force. C’est à ce moment-là que je remarque que presque tous les garçons jeunes portent une chaîne au cou, peut-être une mode venue des séries américaines ou sud-coréennes – ou même de Singapour : en effet, il existe pour cette parure de garçon une « maille de Singapour » large de 1,2 mm en or jaune « très tendance » dit le site de vente. On peut la porter nue ou l’orner d’une médaille ou d’une croix. C’est « un cadeau de prédilection pour un petit garçon ou une petite fille, à offrir à chaque événement ». Les parents imitent les autres parents dont les enfants imitent les ados qu’ils voient porter une chaîne. Ces fins maillons de métal doré ou argenté mettent en valeur le teint velouté et certains ouvrent pour cela un peu plus le col de leur polo ou chemise.

Le soir, nous passons devant la cathédrale de Hanoï.

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Machu Picchu

Article repris par Medium4You.

Machu Picchu signifie « vieille montagne ». La cité est bâtie à 2450 m d’altitude, à 112 km de Cuzco. Elle est à environ 3h30 de train de la capitale quand tout va bien ! Il faut « mériter » le lieu. Le départ est très matinal, la foule dense dans la gare, le train pas encore formé mais on échafaude des projets. Le point ultime du voyage, ce pourquoi on est venu de si loin.

Le train entre en gare, chacun gagne sa place, il fait encore nuit. Tiens, le conducteur a beaucoup d’aides, les uns avec des pelles, les autres avec des scies… On comprendra très vite ! Il y a bien sûr le mécanicien, les serre-freins, les bûcherons, les maçons. Le trajet vers le Machu Picchu réserve bien des surprises. Là un arbre tombé sur la voie unique, là un petit pont a perdu quelques troncs, là un glissement de terrain. Qu’à cela ne tienne, ce sont les risques du trajet. Les heures passent. On met pied à terre quand les aides travaillent. Un coup de sifflet, tout le monde rejoint sa place à bord. On redémarre. Un autre arrêt. Les aiguilles de la montre tournent à vous en donner le vertige.

Début d’après midi, arrivée au pied du Machu Picchu. Le train se déverse dans les bus qui vont nous monter par une route vertigineuse là-haut.

Enfin le site du Machu Picchu. Fabuleux, impressionnant, grandiose ! La visite est chronométrée. Le train nous a fait perdre beaucoup de temps.

Le Machu Picchu se divise en quartiers séparés en grande partie par l’esplanade centrale. Deux grands secteurs : la ville supérieure (mirador, garnison, terrasse) et la ville inférieure (greniers, temples, centres artisanaux). Les édifices religieux et les maisons des notables étaient en pierres parfaitement jointes. Les autres maisons (celles des agriculteurs) étaient en pierre grossièrement taillées jointes avec de l’adobe (chaux + terre). Les murs étaient inclinés vers l’intérieur afin de résister aux tremblements de terre. Ces murs robustes étaient recouverts de frêles toits de joncs et de roseaux. Il a été décompté 285 maisons en ruine où habitaient 4 personnes pour une population d’environ 1200 personnes.

On y cultivait fruits, plantes médicinales et fleurs. Le quartier des agriculteurs comprend des terrasses cultivées, un ingénieux système d’irrigation, des rigoles en zigzag.

Le mirador permet de dominer tout le site. Ingénieux système de fermeture de la porte principale de la citadelle : un anneau de pierre au-dessus et deux poignées dans les cavités sur les côtés.

Le tombeau royal est au-dessous de la porte de la citadelle, une caverne en-dessous de la tour centrale qui fut peut-être le tombeau d’un grand Inca.

La rue des fontaines est plutôt une ruelle. Elle est composée d’une série de petits bassins disposés les uns à la suite des autres. Pour des ablutions rituelles ?

La maison de l’Inca comprend des patios intérieurs, un appareillage de pierre particulièrement soigné et les restes d’un mortier.

La maison du prêtre est le temple dit ‘des trois fenêtres’. Le grand temple a sept niches au fond et la sacristie dans le quartier religieux.

Dans le prolongement des temples, une série d’escaliers mène à l’Intihuatana (le lieu où le Soleil est captif) l’observatoire astronomique. C’est le point le plus élevé de la ville et le plus mystérieux sur la placette. Sur cet autel se dresse une colonne tétraédrique servant de gnomon. Elle servait aux Incas à calculer la hauteur du soleil ainsi qu’à connaître l’heure, la date des solstices et des équinoxes.

De l’autre côté, le quartier des prisons, le quartier des Mortiers, le quartier des intellectuels et des comptables. A l’extrémité des ruines, un sentier mène au Huayna Picchu (montagne jeune). Pas de le temps de faire la grimpette, dommage ! Il paraît que l’on est récompensé des efforts fournis par un panorama époustouflant. C’est dur d’être touriste embrigadé en troupeau. Machu Picchu mérite qu’on s’y arrête, qu’on s’y pose, en oubliant la presse et le stress d’une civilisation moderne où le temps sans cesse grignoté exige qu’on passe sans cesse à autre chose.

Le retour tardif se fait quand même dans la bonne humeur. Le lendemain un petit vol pour Lima permettra la visite du musée de l’or. Je crains que ce soit nettement moins impressionnant que celui de Bogota. Et en route pour Ica.

Hiata de Tahiti

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