Au nom d’Allah le très haut, le tout miséricordieux

Eh oui, au-delà des huit terroristes dont cinq Français arabes mal dans leur peau issus de la délinquance, c’est bien d’islam qu’il s’agit… Plus de 130 morts et plus du double de blessés, malgré le raté du stade de France. Paris touché au cœur de son métissage bobo dans les quartiers mélangés du nord-est, Paris « la capitale des abominations et de la perversion », où « des centaines d’idolâtres » étaient réunis « dans une fête de perversité » selon le communiqué de Daech : ne voilà-t-il pas une conception de la religion comme quelque chose qui exclut plutôt qu’elle n’unit ?

Religion ou secte ? Si la religion unit les peuples et vise à l’universel, cette religion-là, l’islamique intégriste, salafiste issue du wahhabisme saoudien, est réservée aux seuls croyants, à ceux qui lui font allégeance. Miséricordieux, Allah ? Pour ceux qui se font sauter, ils le souhaitent ardemment, mais seulement pour eux – car ils imaginent aller direct au paradis peuplé de houris et d’éphèbes, où tout ce qui est « interdit » ici-bas est permis en-haut. Pour cela, il faut quitter ce monde mais, comme le suicide est trivial et mal vu, il faut le parer les palmes du martyre, entraîner avec soi des dizaines de mécréants comme hier les tribus ramenaient leurs lots de captifs voués à l’esclavage. Mais oui, c’est toujours bien de l’islam qu’il s’agit.

paris attentats du vendredi 13 novembre 2015 carte

Certes pas la version policée par les siècles de réflexions des érudits, mais celle des origines, toute à feu et à sang, où tous les autres, ceux qui ne croient pas comme vous, sont à zigouiller sans merci. Du temps où la gauche pensait (temps aussi lointain que celui où les bêtes parlaient), Cornélius Castoriadis le disait du communisme, cette autre religion dévoyée dans les massacres de masse. Pour sa démonstration contre, il prenait en exemple le christianisme, aux Évangiles pourtant nettement moins vengeurs que le Coran. Lui l’économiste de l’OCDE, psychanalyste et philosophe né Grec à Constantinople, devenu communiste pour résister aux nazis dans la Grèce de 1941, puis émigré à Paris où il rejoint les rangs trotskistes (comme Jospin) devant le cynisme antidémocratique du Staline après-guerre – lui n’avait pas de leçons à recevoir des » pseudo-intellos » (comme dit la ministre de gauche) qui ne lui arrivent pas à la cheville. « Pas d’amalgame » ? Nous attendons toujours la réforme de l’islam, comme fut celle du christianisme.  Castoriadis :

« Il faut aussi parler du destin historique du marxisme. Il est étrange de voir des gens qui se proclament marxistes ou veulent ‘défendre Marx’ et ignorent avec acharnement cette question. Pourrais-je discuter du christianisme en disant : ‘l’Inquisition, je m’en fous ; le pape, c’est un accident ; la participation de l’Église catholique à la guerre civile espagnole aux côté de Franco, ce sont des prêtres empiriques. Tout cela est secondaire par rapport à l’essence du christianisme, laquelle se manifeste dans telles phrases des Évangiles’. Le christianisme est une réalité sociale et historique instituée depuis deux mille ans : cette réalité, certes infiniment complexe et ambiguë, a quand même une signification que je ne peux à aucun moment ignorer ». Substituez islam à christianisme et vous aurez « la réalité sociale et historique » de l’islam – n’en déplaise aux bobos de gauche qui veulent tout minimiser au nom d’on ne sait quelle synthèse politiquement correcte.

Castoriadis poursuit : « Je ne peux pas faire autrement quand il s’agit du marxisme. Certes, il n’a pas deux mille ans, il n’en a que cent vingt (à la date d’écriture, en 1974), mais dont les soixante derniers sont historiquement très lourds. La réalité du marxisme est d’abord, à un degré écrasant et qui prime tout le reste, qu’il est l’idéologie dont se réclament les régimes d’exploitation et d’oppression totalitaire qui exercent leur pouvoir sur un milliard d’hommes et de femmes » p.55. Même chose pour l’islam : quelques dernières années « très lourdes » historiquement, « réalité d’oppression et de totalitarisme » sur les jeunes et sur les femmes principalement. Il n’y a de religion qu’incarnée, qu’elle soit chrétienne, musulmane ou communiste. On ne juge les arbres qu’à leurs fruits. Et c’est bien de l’islam qu’il s’agit.

Toute croyance est comme une drogue pour oublier sa faiblesse et son mal-être, toute croyance offre le refuge imaginaire où abdiquer sa liberté, dont on a peur. La croyance, qu’elle soit juive, chrétienne, musulmane, communiste ou autre, euphorise à petite dose, elle aide à supporter sa vie lorsqu’elle apparaît trop minable. À forte dose, elle conduit au délire, à quitter la réalité ici-bas pour le rêve en-haut, à mépriser la vie humaine et à désirer mort et destruction, souvent par compensation : ce qu’on n’ose désirer, il faut le détruire. Le Paris bobo du mariage homo ? La mixité festive ? Le sport qui unit blacks-blancs-beurs ? Il faut faire sauter toutes ces « perversions » dans des déluges de feu, comme Sodome et Gomorrhe.

Pour la secte islamique de Daech, la stratégie est d’utiliser les ressortissants d’un pays « impie » pour susciter une guerre civile dans ce « ventre mou » occidental qu’est l’Europe. Où l’islam est inféodé aux conservateurs algériens ou financés par des imams (parfois) fanatiques des Émirats et d’Arabie saoudite. Les États-Unis savent se défendre, on l’a vu en Afghanistan, en Irak, avec l’éradication de Ben Laden. Mais l’Europe ? Trop peu, trop tard, trop gênée par la culpabilité ex-coloniale et par la naïveté chrétienne (belge) ou de gauche (française). Utiliser les néo-musulmans des banlieues et des campagnes, pour près de 40% d’ex-cathos en manque de repères et d’obéissance, comme une cinquième colonne pour susciter lynchages, pogroms et montée du Front national, pour dresser basanés contre blancs, laïcs contre croyants – voilà ce qu’ils veulent. Sans parler de punir « au nom d’Allah le miséricordieux » tous ceux qui s’opposent à leur état islamique autoproclamé : Russie, Turquie, Liban, France. L’internationale de la terreur est l’autre nom du Komintern islamique. Car c’est bien toujours d’islam qu’il s’agit.

Le choix d’un vendredi 13, est-ce un hasard ? Il est curieux que personne, à ma connaissance, ne l’ait mentionné : le vendredi est le jour de la mort du Christ, où Adam et Ève furent chassés (dit-on) du paradis, où Caïn tua Abel, où Hérode fit massacrer les Innocents… Vendredi est le jour où débute le Sabbat et où surgissent démons et spectres. Selon la coutume arabe, il faut commencer les labours le vendredi : ce qui laisse augurer une suite aux attentats de Paris… Le 13 est le chiffre de la Cène où le treizième convive, Judas, trahit le Christ pour trente deniers. C’est aussi dans le treizième chapitre de l’Apocalypse que sont évoqués l’Antéchrist et la Bête. Est-ce vraiment un hasard pour ces « croyants » pénétrés de l’eschatologie du Livre ?

cornelius castoriadis une societe a la derive

Dans un autre texte, datant de 1992, Castoriadis parle de l’islam. « Que faut-il dire des autres ? Ceux qui, par exemple, sont prêts à tuer ceux qui ne pensent pas comme eux ? À tuer Salman Rushdie ? Est-ce qu’ils sont ‘inférieurs’ ? On dira aujourd’hui qu’ils sont différents. Mais nous ne pouvons pas tenir ce que nous pensons de la liberté, de la justice, de l’autonomie, de l’égalité, en nous contentant de parler de ‘différence’. C’est ce que fait pourtant l’immonde salmigondis pseudo-gauchiste, ou pseudo-démocratique contemporain, qui se limite justement là-dessus à des bavardages sur cette «’différence’. Il y a des gens qui croient à la liberté et à la démocratie, et puis il y a des gens qui croient qu’il faut couper les mains des voleurs. Les Aztèques faisaient des sacrifices humains. Est-ce une simple différence ? (…) Nous voulons instaurer une société autonome, et si nous le voulons, c’est évidemment que nous la jugeons préférable à toute autre forme de société actuelle ou envisageable, donc (…) supérieure. Mais sachant ce qu’est l’autonomie, et ce qu’elle présuppose, il ne nous passerait pas par la tête de vouloir l’imposer par la force aux autres. Il y a une fine crête sur laquelle aussi bien dans le présent que dans un avenir moins déplorable (…) nous devons marcher » p.123.

Nous devons être plus durs en ce qui concerne nos libertés, dont la première est la liberté d’expression.
Plus durs sur les valeurs qui sont les nôtres, laïcité et place des femmes.
Plus durs envers les iréniques, les cépaleurfôte, les protecteurs des pôvres ex-colonisés (le dernier il y a deux générations) qui ont bien « le droit » à la « compréhension » s’ils se vengent.
Plus durs contre toutes les croyances et leurs dérives sectaires.
Plus durs envers les imams qui prêchent la haine, l’islam qui ne se réforme pas et pour les voyous qui entassent des armes pour venger leur inaptitude.
Plus durs et plus clairs dans notre politique étrangère, parfois menée un peu trop légèrement, sans souci des moyens nécessaires ni des conséquences.

Pour le reste, François Hollande fait le boulot, il a enfin compris : consulter, décider, exposer – et agir vite – enfin !

Cornélius Castoriadis, Une société à la dérive – entretiens, 2005, Points essais 2011, 390 pages, €10.30

Islam et islamisme sur ce blog

Catégories : Politique, Religions | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Navigation des articles

8 réflexions sur “Au nom d’Allah le très haut, le tout miséricordieux

  1. Le cri du cœur dans l’émotion est compréhensible, mais attention à bien distinguer le profil des tueurs de la majorité. Si « c’est bien de l’islam qu’il s’agit » (je l’ai écrit), il s’agit de l’islam des origines (note d’aujourd’hui 19/11), qui a évolué dans l’histoire – tout comme le christianisme (qui ne pratique plus ni inquisition ni bûchers) et même (heureusement) du communisme devenu « socialisme ». Le Coran n’est pas à mettre dans les mains faibles – mais tout comme la Bible et le Talmud (qui ont tous des livres en commun). Avec les écritures d’après témoignages (des dizaines d’années après), les traductions, les copies, les commentaires… les livres soi-disant dictés par Dieu s’altèrent, se modifient, – car c’est bien des hommes qui les écrivent, les lisent et y voient ce qu’ils veulent voir.
    Contrairement aux années précédentes, les musulmans de France disent aujourd’hui combien ils condamnent ces attentats de lâches. Et même l’Arabie saoudite (pourtant fort salafiste) avoue du bout des lèvres que ce n’est pas bien.
    Je ne suis pas partisan du multiculturel mais j’accepte la cohabitation – si les principes communs (qui sont les NÔTRES) sont respectés.

  2. louis

    Plusieurs sociétés cohabitent en une seule à Paris où je vis, on appelle ça « communautés » et les Français de souche ou plus ou moins, qui se font vieux et rares, quand ils sont jeunes, profitent (normal) des plaisirs sans se soucier des DANGERS. Dangers ou difficultés que sont le chomâge, l’économie et les finances en CRISE, les maffias chinoises, les traficants et dealers en tous genres, les Roms et autres mendiants ou voleurs, les arnaqueurs d’internet et…les MUSULMANS.Oui, pas les intégristes, j’ai bien dit (en oublient les juifs, les Pakistanais, les Africains noirs, les Antillais et j’en passe) les plus ou moins pratiquants de la religion du guerrier et prophète politico-religieux MAHOMET.Mosquées, femmes encapuchonnées, hommes en kami, barbus, psalmodieurs de chapelets, chapelets sur les rétros des voitures, boutiques de voiles, parfums, livres coraniques, boucheries, kebabs, épiceries HALAL, célébrations avec égorgements de moutons (autorisés !!!), jeûnes de Ramadan, prières de rue ! Voilà le paysage de l’Islam à Paris et sa banlieue…ou dans les autres villes d’Europe. Et on vit au milieu de ça et on doit trouver ça NORMAL !? Et on ne doit pas STIGMATISER? amalgamer ?
    Alors, des tueries de sectaires, certes, mais au nom d’Allah et du même Coran révélé de toutes ces populations massives et ancrées ici…et maintenant.
    BIEN Y REFLECHIR !

  3. Merci de m’avoir référencé sur votre site consacré au souvenir de Cornelius Castoriadis.

  4. C’est vraiment très intéressant de lire deux Français réfléchir sur le massacre qui a eu lieu sur leur sol. Dans le flot de mots, j’épingle croyance, celles qui nous tiennent, bonnes ou stériles, dont il est impératif de se départir pour ancrer la lucidité.
    Je lis école, société, République(bravo Hollande) et nulle part famille. La famille éduque, l’école instruit, l’individu se construit sur ces deux piliers et sur sa capacité à penser par lui-même. Famille et école ne cadrent plus grand’ chose et faute de cadre, les limites explosent. Gare aux déflagrations en cascade.
    Petite précision, c’est le frère d’un des criminels qui travaille à la mairie de Bruxelles.

  5. Il ne s’agit pas de leur trouver toutes sortes d’excuses, comme vous dîtes, mais de les comprendre. Comprendre n’est pas excuser. Si on s’interdit de regarder en face ce qui s’est passé, si on en reste à l’émotion, à la condamnation morale, si on se contente de considérer les terroristes comme des monstres, on se prive de tout moyen de lutter efficacement contre le terrorisme. Parce que le terrorisme n’est que la pointe ensanglantée de phénomènes profondément encrés dans notre société.

    L’école ne peut pas tout, peut être. Ce qui est sûr c’est qu’elle ne fait plus rien. La capacité de la jeunesse, à parler, à écrire, à penser, à enchaîner et à imbriquer des idées, la connaissance de l’histoire, de la géographie, de la littérature… se sont effondrées. Il me paraît évident que ce vide laissé par l’école profite à la propagande islamiste.

    Ensuite, la bourgeoisie fournissant les djihadistes en chair à canon, c’est vrai, c’est un,phénomène inquiétant mais qui reste minoritaire.

    Puis, évidemment, les explications économiques et sociales ne sauraient épuiser la totalité du phénomène. Il y a aussi des raisons géopolitiques, d’autres qui tiennent à un « vide spirituel » qui frappe la France et qui profite aux religions et superstitions de toutes sortes. Vide spirituel, je ne sais pas si l’expression est bien choisie, mais il y a quelque chose de cela.

  6. Victimes, les bourreaux ? C’est un peu confondre les rôles… Tous les déscolarisés ne sont pas délinquants, tous les délinquants ne sont pas criminels, tous les criminels ne sont pas fanatiques. C’est le déni de gauche classique de faire des « opprimés » de nécessaires « victimes », leur trouvant toutes sortes d’excuses. Je le pointais lorsque je chroniquais le Que sais-je? sur les violences urbaines https://argoul.com/2015/07/31/violences-et-insecurite-urbaines/ : « Un rapport de mission interministérielle Lazerges & Balduyck pointe (en 1998 déjà !) le manque de moyens adéquats et surtout « l’existence d’une véritable chaîne de dysfonctionnements qui va de la justice aux parents en passant par la police et l’Éducation nationale (qui) produit par réaction en chaîne une relâchement préoccupant du lien social ».
    Donc l’école oui, mais l’école ne peut pas tout. Notamment contre les familles, les religions totalitaires, Internet.
    D’autant que l’école, c’est fini : vu la démagogie ambiante, les grands textes qui faisaient rêver autrefois sont bannis au profits de banalités contemporaines. Et l’enseignement est à majorité féminin, ce qui le rend encore plus scolaire (être « bien gentil ») et d’autant plus méprisable aux yeux des machos méditerranéens travaillés par la pureté de leurs pulsions pubertaires. Les féministes de gauche exigent « la parité »… mais oublient le déséquilibre quand il est en leur faveur. Au détriment de la moitié mâle de la population à éduquer, qui n’est pas encline à suivre l’avis des femmes.
    Et nombre de radicalisés faisant le pèlerinage en Syrie sont de la bourgeoisie moyenne ou grande, loin des banlieues, certains même cathos éduqués – l’un des franco-arabe qui s’est fait sauter était petit-bourgeois conducteur d’autobus à la RATP, un autre fonctionnaire à la Mairie de Bruxelles.
    Offrir des perspectives, vous avez raison. Nul idéal désormais que consommer, avec pour avenir le chômage et la pseudo-retraite. Mais c’est aussi parce que les gamins ne lisent plus : ils se gavent de séries télé où tuer est un sport anodin.

  7. Merci de nous contacter a l’adresse electronique ci-dessous concernant votre texte :

    https://argoul.com/2015/11/17/au-nom-dallah-le-tres-haut-le-tout-misericordieux/
    argoul. « Au nom d’Allah le très haut, le tout miséricordieux » (17 novembre 2015).

    Sincerement,

    David Ames Curtis
    Agora International
    E-MAIL: curtis@msh-paris.fr
    SKYPE: davidamescurtis
    Cornelius Castoriadis/Agora International Website
    URL: http://www.agorainternational.org
    URL: http://kaloskaisophos.org/rt/rtdac/rtdac.html

  8. Bonjour,

    Enfin un article intelligent, écrit de sang-froid, qui ne dégouline pas d’émotion! Vraiment, c’est comme un iceberg au milieu d’un océan de larmes, c’est beau à voir.

    Vous écrivez :
    « Toute croyance est comme une drogue pour oublier sa faiblesse et son mal-être, toute croyance offre le refuge imaginaire où abdiquer sa liberté, dont on a peur. La croyance, qu’elle soit juive, chrétienne, musulmane, communiste ou autre, euphorise à petite dose, elle aide à supporter sa vie lorsqu’elle apparaît trop minable. »
    –> Il me semble que c’est là l’origine du problème. Bien sûr qu’il faut être solidaire des victimes, mais moi je ne peux m’empêcher d’avoir aussi de la peine pour ces jeunes qui se sont fait exploser en plein Paris. Car, en effet, ces attentats c’est le fracas de deux mondes : la jeunesse dorée parisienne, cosmopolite, très intégrée à l’économie mondialisée ; et les jeunes kamikazes, qui n’ont jamais rien connu des plaisirs qui faisaient le quotidien de leurs victimes. Comme vous dîtes, la religion leur a permis de fuir leur mal-être.

    Je crois que pour comprendre ce qu’il s’est passé, il faut comprendre qu’au préalable, avant de devenir les tueurs que l’on sait, ces jeunes étaient d’abord des victimes. Victime du mal-être décrit ci-dessus : ils ne sont pas nés dans la bonne famille, dans le bon quartier, et tout le bla-bla que l’on sait mais qui n’est pas faux. Mais victimes aussi, et je crois que ça manque à votre article, victimes de l’échec absolu de l’école républicaine. Car pour embrigader un jeune comme Daesh s’en est fait une spécialité, il faut non seulement que ce jeune soit malheureux, mais aussi qu’il ait la tête complètement creuse. L’école ne remplit absolument plus sa mission qui est d’instruire la jeunesse, il faut le dire et le répéter, et l’antidote à long terme contre l’islamisation de toute une frange de la jeunesse française se trouve dans l’école! Pour résumer, Daesh est une machine à transformer des victimes en bourreaux, et Daesh le peut à cause de deux échecs de la République : offrir des perspectives à l’ensemble de sa jeunesse – et pas seulement à la jeunesse bien née – et donner à l’ensemble de ses enfants les outils intellectuels nécessaires pour comprendre et défaire les idéologies, et résister aux propagandes.

%d blogueurs aiment cette page :