Elire, c’est choisir

Une femme ou un homme ? Une héritière populiste ou un bon élève ex-banquier ? Pour beaucoup, le choix est difficile ; certains le refusent parce qu’ils considèrent qu’entre ces options le bien commun ne figure pas. Ils voteront blanc ou nul, ou se résigneront à voter pour le moins pire – ou pour le moindre bien.

Pour beaucoup, il s’agit d’encore plus de multiculturalisme où va se perdre sa culture, se dissoudre « la France » dans le grand métissage indifférencié d’une Union européenne qui vire au melting-pot américain, ou encore de diluer nos petits blonds dans le noir crépu issu de la guerre des ventres – puisqu’il suffit de naître à Marseille ou Roubaix, même clandestin, pour « être » français, sans aucunes références familiales, culturelles et historique.

Mais tout cela, ce sont de grands mots.

Il suffirait à notre culture d’être vigoureuse (comme avant) pour qu’elle accepte avec bienveillance les cultures venues d’ailleurs, qu’elle s’en enrichisse (comme elle l’a toujours fait) ; il suffirait que la France dise clairement au Conseil européen (des chefs d’Etat et de gouvernement – auquel elle participe) ce qu’elle veut, au lieu de démissionner lâchement comme Chirac et Hollande l’ont fait trop souvent ; il suffirait que nos bobos blancs « de souche » fassent plus de bébés au lieu de jouer aux gais ou aux féministes sectaires, et de papillonner en égoïstes. La question migratoire et la mal-intégration sont à régler au Conseil européen et au Parlement français – sous la pression de l’opinion publique – comme les Néerlandais et les Danois l’ont fait, comme les Allemands vont faire, et pas sous la pression médiatique de la gôch’ bobo hors sol qui ne représente RIEN.

Dans le concret aujourd’hui, ce qui compte est moins « le capitalisme » ou « le grand remplacement » que l’insécurité.

Le souci démocratique est celui des frontières, car nul vote ne peut rien contre l’universel. Le citoyen appartient, il vote pour qui doit le représenter, lequel représentant négocie des lois pour une société sur un territoire. Dès lors, l’immigration de masse sans contrôle apparait comme le plus grand danger. A tort ou à raison, pour des motifs culturel (les odeurs de Chirac), de tabou patriotique (la France, c’est prendre sa carte selon Hollande) ou d’ignorance béate de la profondeur historique (il n’existe pas de « culture française » selon Macron). Le terrorisme – musulman par prétexte – vient ajouter une couche à cette insécurité fondamentale qui recoupe les insécurités sociales, territoriales et économiques.

Le fond du vote Le Pen, ce sont moins la « sortie de l’euro » (remis en cause récemment par Le Pen sous la pression Dupont-Aignan) et les billevesées de la planche à billets via une Banque de France aux ordres de l’Exécutif qui permettrait tous les rêves démagogiques en distribuant des tonnes d’argent (au prix d’une évidente et immédiate inflation), que le retour de la souveraineté sur QUI est Français ou pas. Même l’immigration ethnique est désormais au second plan des craintes, au profit des ayants-droit qui viennent « pomper » (fantasme sexuel ou réalité comptable) le budget déjà limite de l’Etat-providence, tout en refusant la façon française commune de vivre et de se vêtir.

Sur ce sujet, la gauche « frondeuse » n’avait rien à dire, sinon encore plus d’impôts pour une redistribution égalitariste universelle (une sorte d’Etat soviétique modernisé) ; elle a été virée au premier tour. La droite classique n’avait rien non plus à dire, focalisée sur l’austérité budgétaire et le recul (nécessaire mais pas suffisant) de la dépense publique ; elle a, elle aussi, été virée au premier tour. Quand les partis traditionnels n’osent pas prendre à bras le corps un problème populaire, par honte ou lâcheté, le peuple se venge en les « dégageant » (y compris l’apôtre du dégagisme Mélenchon, trop chaviste pour espérer séduire).

D’où l’irruption – dans ce vide – du centre, du « ET droite ET gauche » du jeune Emmanuel, alias « Dieu est avec nous ».

En effet, « Dieu » semble être avec ce candidat neuf, en la personne des intellos multiculturels qui se sentent aussi à l’aise à New York qu’à Paris, à Tel Aviv ou à Singapour ; en les instances patronales qui voient une adaptation pragmatique de la social-démocratie au nouveau capitalisme mondialisé ; en l’idéologie individualiste et branchée des start-upeurs inventifs expatriés ou ceux de la Chevreuse Vallée. « Dieu » est le sens de l’histoire, le « progrès » tel qu’il va.

Bien loin du « diable » incarné par la blonde au sourire commercial, dont le seul souci est d’enclore et de fermer pour faire mariner la France dans un mélange de volontarisme du verbe et de bricolage de gouverne, de verbe gaulliste sans l’esprit et de recettes tirées de l’économie fermée des années 50. Emmanuel et Marine vont naviguer à vue ; mais qui est le mieux armé dans le monde d’aujourd’hui pour mener la barque ?

Avez-vous constaté, du fait des règles rigides du temps de parole égal aux deux candidats restants, que les conseillers, porte-parole et autres économistes de Marine Le Pen surgissent désormais dans le débat public ? Qui les connaissait, ces Bay, Murger, Benoist et autres obscurs ? Tous ne sont pas antipathiques, ni aussi insignifiants que Gilbert Collard (« avec deux n ? » raillait Jean-Marie le père) ; mais qu’ont-ils à dire de neuf ? Pas grand-chose, que du digest de littérature sur le sujet ou des procédés oubliés depuis longtemps comme la planche à billets pour financer les déficits, les dévaluations compétitives (et à répétition) pour éviter l’effort d’investissement, les droits de douane modulés pour contrôler les biens étrangers importés, les droits sociaux réservés aux nationaux et – au fond – le contrôle total d’Etat sur tout : le droit, la monnaie, les industries, la pensée. Voyez Poutine… il est le Modèle pratique de Marine.

Or il s’agit d’une illusion. Sauf à changer la Ve République, donc à réaliser un coup d’Etat à la Erdogan ou à la Chavez pour instaurer un pouvoir fort… dont le Modèle théorique est Mussolini. Mais si, comme le dit Marine Le Pen, il s’agit de demander aux Français via le référendum s’ils veulent ou non sortir de l’euro, puis de l’Europe, puis de la Ve, les lendemains risquent de bien vite déchanter.

L’Exécutif ne peut pas tout et, sous la Ve République, s’il peut beaucoup ce n’est qu’en raison de la personnalité du président.

Après de Gaulle et Mitterrand incarnant la fonction monarchique, même après Pompidou et Giscard plus chefs de majorité à l’anglaise, les successeurs apparaissent bien falots. Chirac, cet histrion, n’aimait que gagner ; il ne foutait plus rien ensuite. Le désastre a été ce fameux « contrat première embauche » destiné à rendre plus facile aux jeunes l’entrée dans l’emploi : le Parlement l’avait voté, le Conseil constitutionnel ratifié, le président promulgué… et voilà que le Chirac le 31 mars 2006 ânonne 9 minutes à la télé qu’il demande que cette loi ne soit pas « appliquée ». On croit rêver ! Quant au Villepin, ci-devant Premier ministre, loin de démissionner, il continue à gouverner comme si de rien n’était ! Hollande ne fut pas meilleur, névrosé de la décision, incapable de choisir, inapte à commander. « Mon ennemi la finance » est devenu un très cher ami, Leonarda expulsée pouvait rentrer, le oui au référendum de Notre-Dame des Landes surtout pas mis en œuvre…

Ce sont probablement ces impuissants qui ont poussé nombre d’électeurs à accuser le capitalisme mondialisé ou Bruxelles de tous les maux économiques et sociaux des Français :

  • Ce n’est pas l’euro : l’Allemagne a le même
  • Ce n’est pas « Bruxelles » : tous les 28 pays européens ont le même Conseil et la même Commission
  • Ce n’est pas « le capitalisme » : pourquoi serait-il innovant aux Etats-Unis, efficace en Allemagne et en Suisse – mais pas en France ?

Ne croyez-vous pas plutôt que ce sont les carcans rigides des lois, règlements et autres administrations d’un Etat plus lourd qu’ailleurs, en plus des impôts, taxes et autres charges plus lourds qu’ailleurs qui – en France tout particulièrement – conduisent au chômage le plus élevé de l’UE, aux prélèvements les plus gros de l’OCDE, aux handicaps les plus forts sur les agriculteurs, les industriels et les investisseurs ?

Selon la force des personnalités, la Ve République est forte ou faible.

Dès lors, quelle est la force de Marine ou d’Emmanuel ? La grande gueule ou l’intelligence des situations ? La com’ ou la négociation ? Macron est un libéral assumé (contrairement à Hollande) ; le libéralisme, c’est avant tout la liberté. Non de tout faire, mais de faire au plus près du terrain, dans des cadres généraux.

Le contraire du libéralisme, c’est le caporalisme, donc avant tout la contrainte. Il s’agit d’obéir, d’être surveillé et puni.

Elire, c’est choisir.

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13 réflexions sur “Elire, c’est choisir

  1. Je considère en effet, vous avez raison, que le principal de l’humain est fait d’histoire. Depuis bébé, le substrat biologique est façonné d’épigénétique puis d’interactions, jusqu’à l’éducation et l’insertion sociale. Mais pas de « page blanche » à la Rousseau, ni autres dressage fasciste ou marxiste pour lesquels il « suffirait » de changer l’homme pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes. L’histoire résiste… Les changements ne peuvent être que progressifs.
    Ce pourquoi je suis « libéral » au sens des Lumières, même si cela vous paraît ringard philosophiquement. Se dépêtrer du plus de déterminismes possibles est une tendance « bonne » pour aspirer à « la liberté » – qui ne restera, à tout jamais, que relative. Ce n’est pas individualisme narcissique, puisque cette libération et cette réalisation de soi ne peuvent se faire qu’avec les autres et parmi les autres. Il y a un peu de la voie bouddhiste dans cette « en-marche » théorique.
    Pour en revenir au concret de la note que vous commentez, il s’agit de voter. Donc de choisir entre le moins pire. Désolé si cela vous paraît terre à terre, mais c’est bien la responsabilité qui compte, dont « l’éthique » est un guide, pas une métaphysique. Je me référais à Max Weber plutôt qu’à Aristote. Contre « la gauche morale » et autres pincements de nez des contents d’eux qui votent malgré leur bonne conscience de confort (je ne vous vise en rien dans cette qualification). Oui, il faut choisir – et il s’agit d’un choix pratique : l’un, l’autre, ou rien.
    Quelques liens sur ce blog (on ne peut tout dire en trois phrases…) :
    https://argoul.com/2014/01/17/luciano-canfora-la-democratie-comme-violence/
    https://argoul.com/2016/03/11/le-systeme-democratique/
    https://argoul.com/2012/01/12/tocqueville-et-la-nature-de-la-democratie/
    https://argoul.com/2013/03/28/democratie-occidentale-en-chine-confuceenne/
    https://argoul.com/2015/12/16/morale-et-politique/

  2. 1) Le terme fascisme, non, mais l’idée. Vous citez, au tout début et ensuite dans vos commentaires, le nom de Benito Mussolini, qui serait le « modèle théorique » de MLP. C’est pas le fascisme, le régime de Mussolini ? Je ne suis fasciné ni obsédé par le fascisme. Je constate simplement que tout défenseur du totalitarisme en marche, ou de la démocratie en carton pâte qui est la nôtre y fait toujours référence. Comme si s’opposer à elle était fasciste, ou plus profondément, comme si s’opposer à la « démocratie libérale » était nécessairement Poutinien – Mussolinien – donc fasciste. Comme s’il n’y avait que ces deux alternatives.
    Il y a des variantes plus intéressantes : progressisme/conservatisme. Cette dernière dichotomie suppose que la réalité politique se laisse entendre comme se déroulant intégralement selon un fil historique. C’est cela, l’historicisme. Votre pensée est clairement historiciste. C’est pourquoi vous ne pourrez jamais vous défaire du présent, pour aller examiner le réel qui ne se laisse pas tout à fait entendre comme historique.
    2) Vous exprimez votre point de vue, et c’est tout à fait acceptable. Mais vous ne répondez pas au fond de ce que je dis.
    3) En employant le terme « le monde », je ne faisais que reprendre votre « Pourquoi croyez-vous que « le monde entier », constate-t-on, se passionne aujourd’hui pour le duel Macron-Le Pen ? ».
    4) Vous opposez « éthique de conviction » et « éthique de responsabilité » (qui sont selon moi des distinctions intellos tout à fait vaines). Si vous lisiez Platon et Aristote correctement, vous vous rendriez compte qu’il n’y a pas à prendre de telles distinctions pour argent comptant. (Elles sont en fait typiques de l’impasse dans laquelle nous sommes depuis que nous pensons en idéalistes héritiers de la philosophie moderne, séparant « les faits » et « les valeurs »). Puisqu’enfin, comme je l’ai déjà signalé, on n’agit qu’en fonction d’une théorie implicite, ou explicite, pour les plus intellectuels d’entre nous.
    Et partant, il n’y a pas à penser ma position, ou la vôtre, en ces termes. La pratique et la pensée pratique ne nous obligent pas à penser que « pratique » et « théorie » s’opposent, bien au contraire (pour ne rien dire de votre idée selon laquelle il y a des « philosophies platoniciennes » (perdues dans leurs rêves « théoriques ») et des « philosophies réalistes ». Quelle blague ! : toute philosophie est au fond une théorie sur le réel, sur l’être, même la plus « pragmatique » justement. La seule différence est que celles-ci peuvent se parer de « concrétude » et donc, passer pour « les pieds sur terre » quand les autres seraient « dans les nuages »).
    Je ne rêve de rien -et Platon non plus – j’analyse le réel : la liberté humaine et politique ne me semble pas consister en « droits subjectifs » que la constitution garantirait, par exemple, donc je n’accepte pas la philosophie qui sous tend nos institutions. Mon choix est donc guidé par une philosophie politique « classique ». Il en est de même pour la question de la « vie bonne ». Elle ne fait pas l’objet d’un rêve, mais elle suppose déjà, comme question, que l’ici et maintenant n’est pas tout à fait bon. Sans quoi il n’y aurait qu’à vivre sans se poser la question. Certes mes choix se font ici et maintenant, mais ils ne se laissent pas ramener à de l’ici et du maintenant. Je ne vais pas viser le bonheur, si je dois considérer que le bonheur est ici et maintenant, purement et simplement. Ils s’inscrivent dans un donné qui relève soit d’un ordre des choses (philosophie « classique ») soit de l’ « historique ». Disons que de votre point de vue, il convient de penser que tout est historique, et donc, que le réel est une collection de « faits », distincts des « valeurs » tandis que pour moi, le réel est le concret, non historique et temporel, moral et amoral : la « nature » des anciens.
    Votre « pragmatisme » est donc le contraire même de l’action. Il vit de l’acceptation de tout et n’importe quoi, au seul motif (apparemment) que cela est d’ici et maintenant, puisque vous assimilez toute pensée profondément différente à du rêve (heureusement que nous avons inventé la « démocratie libérale » et non pas quelque totalitarisme ! heureusement que nous ne sommes pas devenus une société cannibale !). Ou alors, admettant que vous ayez une idée du bien et du mal politique, et que cette idée n’est pas la conséquence de la situation présente, ni a contrario, d’un anathème porté à l’égard du passé, c’est que vous êtes aussi « théoricien » que moi. Ce n’est pas un problème, bien au contraire, tant mieux. Car ce n’est qu’à cette condition que l’on peut encore se poser les questions qui font la philosophie politique et la noblesse de nos « choix » en la matière. Ce n’est qu’à cette condition qu’on est en mesure de viser réellement le bien commun et la justice, ayant essayé de voir en quoi ils consistent.

  3. 1/ Le « fascisme », c’est une obsession ou une fascination pour vous ? Le terme ne figure PAS dans mes réponses à vos commentaires.
    2/ Je ne « pense » rien à votre propos, j’examine ce que vous dites.
    3/ « Le monde » : désolé si vous vous oubliez, mais vous avez expressément écrit :  » Je crois que le monde -et j’ai pas mal voyagé, mais que vous tout de même, semble t-il- souhaite moins et plus que la « démocratie libérale », plutôt que « plus ou moins la démocratie libérale ». Le monde ne souhaite rien, chaque peuple quelque-chose.
    4/ Je ne sais si constater que notre civilisation occidentale s’est stabilisé dans la démocratie libérale, plus ou moins mâtinée de régulation nécessaire, est « un historicisme », mais je constate que nous en sommes là et qu’ICI et MAINTENANT nous devons voter. Donc choisir. Rêver d’un autre monde possible est intéressant, mais théorique. Dimanche, nous sommes dans la pratique. L’éthique de conviction garde son quant-à-soi confortable, tandis que l’éthique de responsabilité est obligée de décider. C’est toute la différence entre le philosophe disons « platonicien », voué aux essences, et les philosophes disons de la « vie bonne » pour qui l’au-delà et l’en-deça que sont que fumées, alors que ne compte que ce monde-ci et que votre existence dans son histoire.

  4. Avec vous c’est bien simple, tout est soit « démocratie libérale », soit « démocratie illibérale, ou fascisme.
    Je pense tout simplement que cela ne marche pas du tout comme cela, pas plus que ne fonctionne tout à fait la dichotomie démocratie/totalitarisme. Pour peu qu’on approfondisse l’analyse on trouvera bien des choses impensées.
    Parce que votre pensée s’avance de la sorte, vous sembler considérer que je suis « antilibéral ». Mais ce n’est pas le cas. Il y a bien du « libéralisme » dans le modèle de liberté politique que je défends.

    Le fond de votre pensée est un « progressisme », ou du moins un « historicisme » ; la démocratie libérale est le meilleur système compte tenu de l’histoire humaine. Et compte tenu de la philosophie ? Sommes nous obligés de donner raison, par l’histoire, aux penseurs qui pensent de même, simplement parce qu’ils pensent ainsi, et qu’ils apparaissent comme « actuels » (Rawls par exemple) ? Ou peut-on encore penser pour de bon ? Se poser la question du meilleur régime, purement et simplement ? Platon n’était pas seulement grec, il était philosophe. Etre platonicien comme votre serviteur, ce n’est pas revenir à des idéaux grecs, mais au contraire, comme ce grec penser les choses contingentes sub specie aeternitatis. De ce point de vue là, il apparaît que la « démocratie libérale » est insuffisante, que la justice n’est pas l’égalité, que la liberté n’est pas une simple affaire de protection des droits subjectifs, etc. De même, « l’homme est un loup pour l’homme » est fort réducteur comme expression de « la nature humaine », non ?

    « Le monde » : c’est vous qui avez utilisé ce terme, pas moi. Et pour cause.
    La « démocratie libérale » n’est pas l’Etat mondial, je le sais bien, c’est ce que je me tue à dire. Mais il me semble tout simplement que le rêve d’Etat mondial vient de la même pensée que celle qui sous-tend la « démocratie libérale » : sa conception de la liberté humaine, qui en revient à abolir le politique en tant que tel, au profit de l’individuel indifférencié.
    Quant à l’égalitarisme, il vient lui aussi, non pas de la gauche imbécile, mais de la philosophie politique moderne, de l’individualisme ; tous les hommes sont des individus, 1 = 1, et en tant qu’individus et considérant leur qualité de libres, ils sont égaux. Relisez Rousseau, et comparez avec Locke : c’est en renforçant l’idée de liberté, que Rousseau renforce l’importance de l’égalité, et non pas parce qu’il serait un « égalitariste ».

  5. Le vote dimanche a 3 choix : ne pas décider, décider Le Pen, décider Macron. Il n’y en a pas d’autre – même si vous le regrettez.
    La démocratie libérale me paraît en effet le meilleur des systèmes, compte-tenu de l’histoire humaine et de la nature de l’homme d’être un loup pour l’homme – sauf si on l’associe (l’épouillage mutuel des grands singes).
    Platon était grec, donc pas de notre temps ; il préférait nettement l’aristocratie à la démagogie. Notre démocratie libérale, via le système représentatif, est une sorte d’aristocratie à la Platon, mais où les chances d’être élu pour chacun sont possibles (même si elles ne sont pas égales : éducation, réseau, savoir-vivre, sentiment d’être légitime, etc.).
    « Le monde » comme vous dites (je ne l’ai jamais rencontré) cherche confusément ce que tout humain cherche : survivre, vivre mieux, être reconnu, avoir un avenir pour ses enfants. Cela passe par l’association – sous quelque forme qu’elle soit acceptée – plus que par la contrainte. Car toute contrainte est toujours le fait de quelques-uns : l’ethnie, le clergé, le parti, la caste. Chaque pays doit découvrir sa démocratie, le libéralisme n’est pas universel mais issu des pays d’Occident, Angleterre et France en tête, mais aussi Pays-bas, Suisse, pays scandinaves.
    Partout sur la planète, comme dans l’histoire, on constate que l’inéducation et la religion conduisent à des pouvoirs conservateurs. Lorsqu’ils sont menacés par l’irruption des nouveautés (croisades, grandes découvertes, recherche scientifique, mondialisation technique), ils mutent volontiers en pouvoirs réactionnaires, qui veulent revenir à « l’avant » où tout était en ordre, fixe et figé, la caste au pouvoir éternelle « élite » aristocratique reconnue comme la meilleure et la seule. Ce fut le cas sous le tsar (d’où 1917), sous Mussolini (avec l’exode rural), sous Hitler (nation humiliée en 1918, valeurs éternelles de la terre et romantisme de sentiments balayés par l’industrialisation et l’urbanisation), sous Erdogan (où la laïcité Kemal passe encore mal auprès des campagnes arriérées, travaillée par le retour de l’intégrisme islamique) – et même en France (où le vote Le Pen est le cas surtout des recalés des délocalisations et des territoires « périphériques » qui se sentent déclassés, loin des centre où tout se vit de plus en plus, mal reliés au réseau Internet).
    La démocratie libérale n’est pas l’Etat mondial (qui est un rêve de gauche, issu du christianisme comme du romantisme – avec Hugo) – et la gauche n’est pas libérale (puisqu’elle est sûre de détenir la vérité scientifique, depuis Marx, elle ne peut laisser-faire ni laisser-vivre, il faut qu’elle moralise, qu’elle surveille, qu’elle contraigne).
    La gauche (imbécile) a fait du mot « libéral » un gros mot, après Staline (le combattant) et Sartre (le servile philosophique hors sol). Mais voyez combien les Français sont attachés au maire issu du conseil municipal, combien ils participent aux commissions municipales et aux associations locales : voilà ce qu’est le libéralisme en actes. Les coopératives ont moins bien fonctionné car, dès qu’il s’agit d’argent, les Français sont près de leurs sous – mais certaines formes coopératives nouvelles se développent : panier bio, tri sélectif, braderies, covoiturage, etc.
    La justice, dont vous parlez, n’est pas l’égalitarisme, c’est plutôt l’équité : voyez John Rawls, dont Macron semble s’inspirer.
    Je ne veux pas vivre dans une démocratie illibérale, poutinienne, où le dirigeant fomente des attentats contre sa propre population pour faire peur et apparaître en Sauveur, où toute manifestation d’opposition conduit à des arrestations, où les non-poutiniens les plus intelligents sont assassinés, où l’histoire du pays est réécrite par les xénophobes du Parlement, où la recherche scientifique est formatée politiquement correcte comme sous Staline (et son ineffable Lyssenko…).
    Vivement dimanche ! Car si tout cela fait causer, la saturation guette.

  6. Corrigez moi si je me trompe, mais nous divergeons sur plusieurs points :
    1) La valeur de la « démocratie libérale »
    2) Si nous sommes encore ou non en « démocratie libérale »
    3) Si la « démocratie libérale » est souhaitée de par le monde.

    Le point (1) est clair. Vous en appréciez l’essence, moi pas. Nous nous retrouvons sur le fait qu’elle n’est pas le pire de tous les régimes, et qu’elle peut être améliorée (mais alors encore une fois, il faut se demander au nom de quoi, et donc, remettre en cause son essence).

    Le point (2) demanderait de bien amples réflexions, vu l’aspect concret du sujet. J’en ai livré quelques unes, mais il y a bien plus à dire.

    Le point (3) ne peut être traité qu’à avoir traité les points (2) et (1). Je crois que le monde -et j’ai pas mal voyagé, mais que vous tout de même, semble t-il- souhaite moins et plus que la « démocratie libérale », plutôt que « plus ou moins la démocratie libérale ». Je crois que dans l’ensemble, le projet mondialiste, ou cosmopolite (Etat mondial, lois internationales, unité politique du monde, et politisation ultime du monde) n’est désiré par personne que par nos élites occidentales au cerveau bouffé d’hégélianisme vulgaire.

  7. Bref, le modèle théorico-pratique de MLP est le fascisme ; et vous en êtes certain.

    La citation de Churchill, qu’on entend tant, est pour moi une tentative de se consoler : bon, tout cela n’est pas bien joli, mais bon de toute façon quoique ce soit d’autre est pire, donc tout va bien, et rions jaune. Et puis, surtout, cette manière de penser met un terme à la pensée politique : Voilà enfin que nous avons la réponse à l’éternelle question du meilleur régime politique. Ca a pris 2000 ans à peu près, mais voilà, c’est arrivé. Circulez y’a rien à voir : la Justice, c’est ce qu’on disent ou ce qui est supposé par nos institutions « libérales », et corollaire : Platon est un con.

    Le « monde entier », se fiche complètement de nous et de nos élections débiles. Où je vis en tout cas, pas en Europe ni dans le monde occidental, on se fiche comme d’une guigne de ces questions de « mondialisation » heureuse ou malheureuse. On y est « nationaliste » de toute façon. On n’y regrette rien : on ne sent pas américain ni anglais. Et moi personnellement, je ne regrette rien de tout cela, convaincu que je suis qu’il s’agit d’un bien (Brexit) ou d’un moindre mal (Trump face à Hillary). Mais bon passons.

    Concernant la « démocratie libérale », je comprends votre propos, je ne le connais d’ailleurs assez bien. Il me semble juste que le fond est largement faux. Je ne crois pas que la « démocratie libérale » est le meilleur régime, je ne crois pas qu’elle permette la justice. Mais quoi que l’on pense à son sujet, cela fait belle lurette que la défendre est d’un triste conservatisme. Car elle a bel et bien passé, même si vous ne semblez pas vouloir le voir. Nous vivons, non pas en « démocratie libérale », mais dans un régime totalitaire en marche. Il n’est pas loin le jour où les opposants qui ont « le coeur à gauche » comme les « de droite » seront ostracisés. Pour l’instant, on se contente de les insulter systématiquement, de jouer avec leur colère, de faire marcher les oripeaux de la démocratie par le truchement des intérêts de classe, et les petites magouilles médiatico-politico-financières. Bientôt, on se contentera de n’autoriser qu’un parti et un candidat,ce serait tellement plus facile… L’effort incroyable de culpabilisation de l’électeur de Mélanchon qui se serait abstenu ou aurait voté blanc au deuxième tour montre ce qu’il en est de notre soi-disant « démocratie » : il FAUT voter Macron.
    Eh oui, vous imaginez, si on ne votait pas Macron, on serait en train de « faire le jeu » du fascisme. Sauve la « démocratie » de carton, camarade ! Viens participer à la mascarade, et s’il te plaît, avec le sourire, encore ! Waw le vent de liberté ! Et surtout, ne te demande pas à qui cela profite, ni au nom de quelles idées cela t’est demandé. Puisqu’on te dit que c’est pour ton bien ! Rejoins le camp du Bien ! Arrête de réfléchir concrètement, c’est le début du politiquement incorrect. Ne pense pas en dehors des clous, c’est le début du fascisme. Et répète après-moi : Les valeurs de la République sont sacrées, le FN (et autres) sont anti-républicains. Notre démocratie est le meilleur régime à l’exception de tous les autres.
    Répète après moi, et tâche de sourire, avant qu’on soit obligé de t’y contraindre.

    Voilà, en définitive je préfère rester libre que de me plier dans mes pensées et dans mes choix, à ces mascarades.

  8.  » A côté du « fascisme » 2.0 Marine Le Pen, le régime politique actuel me semble largement plus tyrannique voyez-vous… «  Moi pas : le modèle pratique de Marine Le Pen c’est Vladimir Poutine, son modèle théorique Benito Mussolini. Notre « démocratie libérale », qui peut être améliorée, est à mon avis le pire régime… à l’exception de tous les autres. Pourquoi croyez-vous que « le monde entier », constate-t-on, se passionne aujourd’hui pour le duel Macron-Le Pen ? Parce que nombreux sont ceux qui regrettent la victoire de Trump, du Brexit et du reste : Erdogan, Maduro et consorts.

  9. « Ce n’est pas « résister » qu’il faut, mais créer. Pas s’enfermer dans son bunker passé mais vivre dans le monde tel qu’il est, avec des « Français » tels qu’ils sont. Donc aménager plutôt que bouleverser, actionner les contrepouvoirs plutôt que de rêver au Duce, le pouvoir d’un seul.
    Vous voudriez vivre sous le régime de Poutine (modèle pratique de Marine) ? Moi pas : allez en Russie, vous verrez. Lisez la catégorie Ukraine de ce blog, un voyage édifiant dans ce pays acculturé par le soviétisme et l’autocratisme grand-russe. »

    Où voyez-vous dans ce que je dis, un appel à « s’enfermer dans son bunker passé » ? Où voyez-vous que je veux le pouvoir d’un seul ?
    Il y a ce que l’on ne peut pas changer, et ce que l’on peut changer. L’UE, l’immigration, la repentance, et tout ce que vous dénoncez, cela se peut changer. Je ne veux rien de plus rien de moins qu’en finir avec ça. Apparemment, vous n’avez pas l’air d’apprécier cette situation. Pourquoi ne voudrait-on pas la changer, alors ?
    « Actionner les contrepouvoirs » est irréaliste : quels contrepouvoirs ? Une société civile idéologiquement gauchiste quasi monochrome ? des « médias uniques » ? des politiciens corrompus ?
    La tyrannie qui vous inquiète tant et que vous voyez à l’oeuvre dans le modèle russe existe déjà chez nous. C’est exactement ce que j’essaie que mes choix permettent d’éviter. A côté du « fascisme » 2.0 Marine Le Pen, le régime politique actuel me semble largement plus tyrannique voyez-vous… Surtout que là, justement, il en surgirait de l’opposition et des contrepouvoirs !

    Je m’étonne aussi que vous me soupconniez d’amour pour Poutine ou « le pouvoir d’un seul », vu que par ailleurs, vous reconnaissiez qu’il y a tout de même un fossé entre le FN et ma position.

  10. Le débat que vous menez change radicalement de la brutalité de celle que vous soutenez – et qui en plus cafouille sur son propre « programme » (si tant est qu’elle en ait un).
     » L’Europe fédérale est bien un projet, l’immigration de masse change vraiment la culture de notre pays, l’individualisme forcené de nos idéologies et le collectivisme qui va de pair démolissent nécessairement le cadre politique dans lequel on peut parler de bien commun. » Certes : mais qui construit l’Europe ? Depuis Delors, qui ? l’insignifiant Harlem Désir ? Le béni oui-oui Moscovici ? L’ineffable trop raisonnable Pascal Lamy ? Pourquoi les Français envoient-ils les recalés de l’intérieur ou les « exilés » des partis ? Hier Limoges, aujourd’hui Bruxelles ? Si l’Europe est si nulle (laissée aux Anglais jusqu’il y a peu, à Merkel depuis), la faute à qui ? Chirac ? Hollande ? Qui les ont élus ? Il n’y eu guère que Sarkozy à avoir fait entendre sa voix après Mitterrand la génération d’avant.
    C’est malheureusement moins l’immigration que les « conversions » de Français à l’intérieur qui « changent la culture de notre pays » – les immigrations d’avant s’assimilaient, ils n’adoptaient pas la honte repentante de nos intellos sartriens ni la haine de classe trotskiste qui va avec (les immigrés sont de super-prolos). Honte à l’éducation « nationale » que d’avoir abâtardi la langue, la culture et l’esprit critique. Tous ces profs dans le vent de la gauche mainstream, syndiqués pour défendre leurs 18 heures, ces interdits d’interdire, ce bachotage scolaire, sinon scolastique… Ces artistes qui se complaisent dans le nihilisme de « transgression » de tout, (mais pas de la transgression elle-même, trop à la mode, trop ado-centrée, trop narcissique), ne sont-ils pas notre art pour notre temps ? Un temps qui n’a plus rien à dire – dans son impasse déconstructiviste absolue – et qui cherche désespérément en Afrique, en Amérique, en Asie, des « formes » à admirer ? Notre culture n’a-t-elle pas ce qu’elle mérite ? Soutenue par l’argent des contribuable via les FIAC ?
    Ce n’est pas « résister » qu’il faut, mais créer. Pas s’enfermer dans son bunker passé mais vivre dans le monde tel qu’il est, avec des « Français » tels qu’ils sont. Donc aménager plutôt que bouleverser, actionner les contrepouvoirs plutôt que de rêver au Duce, le pouvoir d’un seul.
    Vous voudriez vivre sous le régime de Poutine (modèle pratique de Marine) ? Moi pas : allez en Russie, vous verrez. Lisez la catégorie Ukraine de ce blog, un voyage édifiant dans ce pays acculturé par le soviétisme et l’autocratisme grand-russe.

  11. « C’est gentil de me suivre »

    C’est que c’est un plaisir, je n’ai pas de mérite.

    « Quant à « la démocratie » et à son corollaire la liberté, elles remontent bien avant Rousseau (qui n’est pas ma tasse de thé), mais plutôt aux cités grecques et aux fermiers libres de Norvège et d’Islande – avant de passer par la Grande Charte contre la tentation absolue de la monarchie anglaise, puis les révolutions qu’on connait en Amérique puis seulement en France (avec la tentation totalitaire de la majorité de Robespierre, reprise avec délectation par Mélenchon). »

    Oui, nous sommes d’accord. Je parlais moi de la « démocratie libérale », non pas de toute démocratie historique. Celle-là nous la devons à la philosophie politique moderne, et en particulier à Jean Jacques Rousseau, vu que nous parlons de la France, un penseur qui n’est pas non plus ma tasse de thé, bien entendu. Je parle d’une forme de démocratie, et non pas d’un « fait » démocratique, ni d’une idée qui se retrouve incarnée en divers « faits ».

    « Les gens ne votent pas selon des théories philosophiques mais selon des « sentiments » où la raison est emportée par les passions et les instincts, comme l’a montré Nietzsche. »

    En un sens oui, et c’est bien normal. Ce n’est pas mon cas. Enfin, je ne crois pas. En un sens, non : en ce sens que toutes nos actions ou nos choix sont motivés aussi et s’inscrivent dans une vision générale des choses. C’est pourquoi nous avons le devoir de penser avant d’agir, et de bien penser autant que l’on en est capable chacun individuellement. Nous avons donc besoin de philosophie et de philosophie politique. Or justement, c’est ce qui brille par son absence derrière certains choix, ou certaines positions politiques, en raison non seulement des passions humaines mais d’un manque d’intellectualité chez ceux qui sont, disons, d’un « naturel philosophe ». Il me semble aussi que ce manque d’intellectualité politique vient d’une crise intellectuelle généralisée à l’ensemble de la société : la crise de la philosophie politique moderne qui est devenue une « culture ».

    « Dès lors, deux attitudes : la fermée qui se replie pour parer les coups, et l’ouverte, qui considère que la meilleure défense est l’attaque, via la négociation et le mouvement. Le reste, ce sont de grands mots dont l’ivresse peut, si l’on n’y prend garde, se transformer en gros mots. »

    Les deux attitudes que vous décrivez sont complémentaires, de toute façon, surtout assumant la métaphore du combat que vous filez. Mais encore faut-il être pour être un lutteur, et être sur le ring. C’est cela à mon avis, le problème de fond. Il s’agit de retrouver notre être de communauté politique, ou au contraire, de le laisser fuir. Ce ne sont pas des mots : l’Europe fédérale est bien un projet, l’immigration de masse change vraiment la culture de notre pays, l’individualisme forcené de nos idéologies et le collectivisme qui va de pair démolissent nécessairement le cadre politique dans lequel on peut parler de bien commun.

    « Quant à votre victimisation sur « le fascisme », je n’ai même pas écrit le mot ».

    Oui, je sais bien. Je ne pensais pas du tout à vous, c’est une formule rhétorique. C’est vrai que puisque l’article commence par faire référence à vous, cela prête à confusion.
    Remarquez, en passant, que je ne me victimise pas le moins du monde. Je ne me considère pas du tout comme une victime, je n’entends que répondre à ce qui est généralement objecté à des idées ou des choix politiques proches des miens.Je ne veux qu’exprimer que je ne suis pas fasciste, ni totalitaire, et bien au contraire, tout simplement.

  12. C’est gentil de me suivre, mais je ne vous ai pas visé en, particulier, même si je vous ai lu. Les faux « débats » médiatiques actuels où les contre-vérités côtoient les affirmations gratuites me sortent par les yeux. Il s’agit plutôt d’une réflexion « à partir » que d’une critique ou d’une réplique.
    Je crains que, malheureusement, « la philosophie » ait peu de choses à voir avec le CHOIX nécessaire que chacun doit faire dimanche. Il ne s’agit pas du choix d’un univers virtuel et désirable, mais de confier au moins pire les clés de la présidence réelle – pour 5 ans seulement, et pas sans contrepouvoirs.
    Quant à « la démocratie » et à son corollaire la liberté, elles remontent bien avant Rousseau (qui n’est pas ma tasse de thé), mais plutôt aux cités grecques et aux fermiers libres de Norvège et d’Islande – avant de passer par la Grande Charte contre la tentation absolue de la monarchie anglaise, puis les révolutions qu’on connait en Amérique puis seulement en France (avec la tentation totalitaire de la majorité de Robespierre, reprise avec délectation par Mélenchon).
    Les gens ne votent pas selon des théories philosophiques mais selon des « sentiments » où la raison est emportée par les passions et les instincts, comme l’a montré Nietzsche.
    Le « sentiment » d’aujourd’hui est l’insécurité – et d’abord culturelle (au sens large du mode de vie). Il n’y a rien d’autre que cela. Capitalisme, immigration, déréglementations, union européenne, monnaie, ne sont que des prétextes pour parler d’insécurité globale. Aux Etats-Unis par exemple, le vote Trump n’est pas contre « le » capitalisme, ni même contre « les riches », mais contre la domination des égoïstes, de « la caste » qui truste le pouvoir.
    Dès lors, deux attitudes : la fermée qui se replie pour parer les coups, et l’ouverte, qui considère que la meilleure défense est l’attaque, via la négociation et le mouvement. Le reste, ce sont de grands mots dont l’ivresse peut, si l’on n’y prend garde, se transformer en gros mots.
    Curieusement d’ailleurs, contre la tentation facile d’assimiler la France aux Etats-Unis, Trump n’est pas Le Pen : lui bouge, il deale, il avance et recule, il ne fait pas du « mur » l’alpha et l’omega de sa politique.
    Quant à votre victimisation sur « le fascisme », je n’ai même pas écrit le mot.

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