Social-individualisme

Article repris par Medium4You.

Terminé le national-socialisme, vive le social-individualisme ! Tel semble le message de notre époque, qui a remplacé les élans collectifs (pour le meilleur comme pour le pire – voir l’Iran) par des élans narcissiques, centrés sur l’individu. Le mouvement démocratique libère la personne des appartenances biologiques, claniques, sociales et même physiques. L’hérédité ne fait plus l’identité. Celle-ci devient multiple, construite tout au long de la vie, bariolée. Mais cela ne va pas sans risques.

Le premier risque est celui de la peur. La liberté fait peur car nombreux sont ceux qui ne savent qu’en faire, effrayés de devoir décider par eux-mêmes après avoir réfléchi. D’où cette régression réactionnaire vers un âge d’or, un Dieu qui commande, une religion qui prescrit en détail comment se comporter, un parti qui décide de la morale, des syndicats qui défendent obstinément les zacquis, un chef qui montre le chemin… Merah se croyait missionné d’Allah pour tuer de sang froid de jeunes enfants élevés dans une autre religion (sans même qu’on leur ait laissé le choix).

Le second risque, inverse, est celui de la démesure : tout est permis. La liberté devient la licence, l’émancipation le droit de faire ce qu’on veut, au gré des désirs les plus fous. On se marie entre gais, on baise avec n’importe quel « cochon », on tue sans assumer les suites (dans la série Poubelle la vie), on refuse l’Europe-contrainte, on nie les simples lois de l’économie, on refuse toute entrave au désir du tout tout de suite. Ainsi, l’éthylotest en voiture devient-il une contrainte insupportable, incitant un gouvernement de gauche à agir comme Chirac, président de droite : « je promulgue la loi mais je demande qu’on ne l’applique pas ». Pourquoi rendre légalement « obligatoire » l’éthylotest si ne pas en avoir n’emporte aucune conséquence ? Autant supprimer l’obligation pour n’en faire qu’un conseil de la Prévention routière. Mais non : jamais un gouvernement jacobin n’acceptera de laisser le choix à la société civile, il lui faut toujours énoncer le Bien.

Peur de la liberté, démesure de la licence, ces deux pôles semblent les tentations de la politique. La droite veut conserver, voire revenir sur les excès de libertés ou de réglementation. La gauche veut aller toujours plus de l’avant, faisant du « progressisme » un objectif en soi, sans but, sans définir un progrès vers quoi. La droite veut immobiliser le changement trop rapide de la société, la gauche veut chevaucher le mouvement social. Rien n’a changé en apparence, nous serions dans le clivage classique.

Mais ce serait trop simple, car en économie, c’est l’inverse. En France, la droite est pour s’adapter au monde qui bouge, la gauche frileuse pour résister des quatre fers à tout ce qui change. La gauche d’immobilisme et la droite de mouvement, c’est nouveau… mais rappelle les années 30, où le « progressisme » sort du collectif à gauche pour s’incarner dans l’individualisme, tandis que la droite l’investit massivement !

Cela en théorie, car droite et gauche se rejoignent au gouvernement. Hollande fait concrètement du Sarkozy, il n’y a que le style qui soit différent. Le résultat des élections est tiède, déplaisant à tous ceux de droite comme à tous ceux de gauche. Restent les raisonnables, de moins en moins nombreux, les européens de conviction, les centristes et les sociaux-(qui voudraient bien être)-démocrates – mais sans syndicats puissants.

La tentation de la politique sera donc de refaire du clivage entre droite et gauche. Comment ?fefe Lucile Butel

Depuis des décennies, la droite ne dit rien de l’avenir. De Gaulle montrait le chemin de l’indépendance et de la grandeur nationale, jusqu’à Giscard avec les réformes de mœurs devenues indispensables pour adapter le pays aux mœurs (divorce, avortement, égalité dans le couple, majorité à 18 ans). Mais Chirac n’a rien foutu, roi fainéant conservateur, médiatique anesthésiant. Sarkozy changeait d’avis de mois en mois, reniant ce qu’il affirmait d’abord, refusant d’abolir ce qu’il aurait dû, par exemple ISF et 35 heures, surfant en avant des médias pour faire tout seul l’actualité. Ni le somnifère ni le prozac ne sont de bons moyens de gouverner : la droite n’aurait-elle rien à proposer de plus équilibré ? Ni Chirac, ni Sarkozy, où sera le nouveau projet de société ? Bruno Le Maire, François Fillon, NKM ? Comme nul ne voit rien venir, certains ont la nostalgie du retour de Sarkozy.

Depuis des années, la gauche est restée hors du gouvernement. Elle n’assume donc qu’avec réticences et couacs répétés les « ajustements » nécessaires des promesses au réalisable, de l’idéal « de gauche » au quotidien concret. Promettant l’emploi pour tous dans quelques mois, elle ne réussit que le chômage pour tous par ses insultes aux créateurs d’entreprise, par sa pression fiscale sur les sociétés et sur « les riches » (de la classe moyenne), par sa posture anti-finance (malgré une réforme bancaire avortée) et son théâtre anti-repreneurs s’ils sont étrangers (Mittal, Taylor…). Après avoir accusé la TVA d’être « de droite », voici que la gauche va l’augmenter, après avoir accusé Sarkozy de « brader » les acquis de retraite, voici que la gauche va les remettre en cause, après avoir vilipendé la semaine de 4 jours, voilà que les syndicats d’enseignants vilipendent l’abolition de la semaine de 4 jours, après avoir juré que « jamais » il ne signerait le pacte de stabilité européen, voilà que le gouvernement de gauche le signe selon la version Sarkozy et les désirs allemands. C’est que la réalité des choses rattrape les grands discours abstraits – dans le même temps que l’individualisme narcissique se fiche du collectif comme de son premier slip. Le « Moi, président de la République, je serai irréprochable » nomme ses copains plutôt que des compétents (Jack Lang, Olivier Schrameck, Ségolène Royal…). Les rodomontades du Montambour (merci Alain Ternier pour cet heureux surnom) sonnent creux devant les nécessités industrielles de Florange, Pétroplus, Goodyear et du journal la Provence. Toujours, c’est le « moi je » qui règne et pas le collectif, plus de salaire au détriment de l’intérêt des élèves, plus de copains confort qui ne feront pas de vagues, plus de célébrité auprès de syndicats et de la gauche radicale.

La gauche délaisse alors l’économie où elle ne peut rien – que surveiller et punir (ce qui aggrave la crise) pour faire diversion dans le libéralisme… sociétal. Il répond au narcissisme moi-je d’époque et devrait faire dévier la ligne raisonnable de François Hollande en radicalisme anarchiste à la Beppe Grillo. C’est la vraie tentation de la gauche que de reconstituer du clivage en ce sens. En manipulant le politiquement correct, mariage gai, mères porteuses, droit de vote aux étrangers, toutes les revendications minoritaires deviennent des « droits » pour répondre au prurit d’égalité sans limites. Même les casseurs et autres agresseurs condamnés par la justice deviennent légitimes… s’ils sont syndicalistes ! Le gouvernement de gauche leur reconnaît une égalité supérieure aux citoyens ordinaires : ils peuvent impunément tabasser, casser, séquestrer, sans être condamnés pour autant. Il s’agit de « luttes sociales », donc permises. Un conseil aux maris jaloux ou autres vengeurs : prenez votre carte de la CGT, entraînez votre ennemi dans une manif et foutez lui sur la gueule : vous resterez impunis.

Mais les ouvriers déclinent, mondialisation et productivité obligent. Ceux qui restent délaissent la gauche, surtout le parti socialiste, au profit des fronts, d’ailleurs plus le national que le « de gauche ». Le socialisme perd alors son prétexte social pour changer de clients. Vive l’immigré et le bobo urbain ! Donnons le droit de vote aux étrangers, abolissons les genres, permettons toutes les provocations individualistes-narcissiques. Là est l’avenir puisque là serait « le progrès », induit par le mouvement social qui va sans but.

couple erotique

Le pire vient probablement d’avoir lieu avec le roman Iacub où culture s’abrège en cul tout court. Nous avons là le meilleur exemple de l’amoralité bobo de gauche : l’individualisme absolu, le narcissisme du désir exacerbé, l’aboutissement du libertaire revendiqué depuis Fourier en passant par mai 68. Entre adultes consentants, tout est permis s’il n’y a ni torture ni meurtre ; le désir violent d’être violée peut même se concevoir dans une démarche de jouissance jusqu’au bout (et très vit). On peut même rire de cette lutte pour la domination entre bourgeois cosmopolites mâle et femelle. Mais où serait l’information si le naming répété dans les médias ne constituait les ragots croustillants ? Où serait la « littérature » s’il ne s’agissait de la marque déposée DSK, « ex-Directeur du FMI, ex-candidat à la présidence de la République, ex-figure de la gauche socialiste » ? Le niveau s’abaisse au caniveau. Nul ne peut croire qu’on cherche la « sainteté » en devenant pute à « cochon ». A moins qu’il ne s’agisse de victimiser le prédateur pour renverser l’opinion ? Les victimes apitoient toujours… alors qu’un procès en prostitution a bientôt lieu à Lille.

Voilà de quoi renforcer à la fois le Front national et les islamistes ou cathos intégristes. Voilà de quoi séparer un peu plus le peuple et les élites, la classe moyenne familiale laborieuse et l’hyper-classe supérieure individualiste et riche. Comme à Athènes au IVème siècle : comme quoi le « progrès du mouvement social » est une idéologie qui n’a aucune consistance historique…

D’où mon pronostic (pas mon souhait) :

  • Les classes moyenne et populaire vont volontiers voter de plus en plus à droite (comme chez les Républicains américains) – tant mieux si la droite sait récupérer le raisonnable, l’Etat protecteur sans entraver l’initiative, le moindre gaspillage des deniers publics. Sinon ce sera le Front national qui va grossir.
  • La classe des élites mondialisée et des petits intellos « révolutionnaires » va voter de plus en plus à gauche, surfant sur l’individualisme narcissique – en cherchant à racoler les antisystème, immigrés, étrangers, gais-bi-trans-lesbiens, artistes, écolos, fonctionnaires et autres clients captifs de l’État-prébendes. Tant mieux si le hollandisme ne déçoit pas trop. Sinon les troupes pourraient bien conforter le PDG de Mélenchon, qui se verrait volontiers en Saint-Just appelant aux armes contre les riches et aux frontières contre Bruxelles.

La France pourrait connaître une évolution à l’américaine, avec une droite de plus en plus à droite mais refuge du collectif national, et une gauche de plus en plus anarchiste-bobo, exaspérée de tout est permis. Ce qui promet de prochaines élections intéressantes…

Catégories : Politique | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Navigation des articles

11 réflexions sur “Social-individualisme

  1. Pingback: Dangereux vide politique | argoul

  2. Salluste

    NB: sur Obama il a fait passer le texte dont rêvait le secteur corporatiste de la santé, les petits employés sont maintenant obligés de payer le racket pour avoir le droit de travailler dans le secteur légal, comme en France, celà a généré un véritable massacre social. Les américains étaient majoritairement en faveur d’une option publique ils sont maintenant obligés de payer la mafia privée, c’était d’ailleurs l’argument le plus fort de Romney dans la campagne.

  3. Salluste

    Pareto et Burnham ne s’excluent pas, au contraire l’un décrit une situation sociale qu’il voit se construire sous ses yeux, Burnham, et l’autre une dynamique qui se reproduit dans le temps. Pareto est plus décisif car sur le long terme, il a toujours raison mais on ne saura jamais quand !
    Au surplus il écrit mieux et est plus cultivé les étudiants à choisir entre les deux ne doivent pas hésiter, je crains fort que ni l’un ni l’autre ne soient lus sérieusement.
    Il n’y a jamais de complots, ou plutôt beaucoup trop, les dynamiques se construisent et suivent leur pente logique, nous sommes confrontés en occident à une couche bureaucratique massive qui recouvre autant les corporations que les Etats, les unes et les autres vivent en une symbiose très fine. Et oui elles prennent des décisions qui sont à leur avantage qui peut en douter, il était possible d’éviter la déflation en en voyant des chèques aux particuliers au moment où l’on mettait le secteur bancaire en liquidation, il a été décidé de faire le contraire ….
    C’était d’ailleurs le sens de la lecture politique que je suggérais les élites ne sont ni de droite ni de gauche, elles ont failli massivement en occident, sauf à monopoliser les profits du système économique (Pareto ne serait pas étonné). La question politique est donc pour ou contre elle, moi je suis contre, non pas dans l’absolu mais parce que le retours de l’entrepreneur dans tous les domaines (industriel, politique, académique) exige une rotation des élites.
    La démocratie sera niée par elles encore plus fortement dans l’avenir, car accepter le jugement de leurs pairs c’est disparaître purement et simplement, imagine une loi de finance par referendum offrant des choix ….ils savent qu’ils passeront à l’anpe avant d’avoir eu le temps de dire ouf !

    Bonne soirée et à bientôt Alain
    PS : si nous nous battions nus dans la boue ils y aurait plus de commentaires ….

  4. Je suis plus proche des analyses de Vilfredo Pareto sur la circulation des élites que de celles d’un Burnham, ex-trotskiste qui a réinventé l’église catholique comme explication sociale (à la suite de Lénine qui l’admirait beaucoup). http://fr.wikipedia.org/wiki/Vilfredo_Pareto Les bureaucraties se sont effondrées: voir l’URSS et IBM ; ou elles sont sur le point de l’être, voir le mammouth national éducatif français et la PAC. Seul le PC chinois s’en sort encore car il sait jusqu’à présent coopter les élites dynamiques dans la société civile.
    UMP comme PS sont devenus des bureaucraties mammouthales inefficaces, générant ces clowneries que furent Ségolène Royal et Jean-François Coppé. La seule parade qu’ils aient trouvé jusqu’à présent est le « chef » et le clivage droite/gauche. Et ça marche pour l’instant : à gauche DSK rippé très vite en Hollande, pas charismatique mais habile politicien IIIème République ; à droite Sarkozy dont on cherche le successeur parmi les « jeunes » (Le Maire ? NKM ? X ?).
    Les entrepreneurs français – les vrais qui ont réussi – sont en Suisse, en Belgique, aux Etats-Unis, parfois en Allemagne ou au Royaume-Uni. Les autres ont été chassés par le labyrinthe de la bureaucratie d’Etat (6 mois pour ouvrir un restaurant en France, 1 journée en Allemagne, selon un Auvergnat émigré à Berlin avec toute sa petite famille en 2010, entendu à la radio), ou par le racisme politique des Montambour, Mélenchon et autres PS jamais sortis des écoles ou des meetings, et par le mépris fiscal martelé (taxez tous les salauds qui produisent, qui ne sont pas érémistes ou fonctionnaires). L’efficacité économique (le capitalisme de base) exige une morale de l’effort et un goût de l’aventure que l’éducation nationale et la victimisation politico-médiatique est bien incapable de donner aux Français. Voir Max Weber http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Weber
    Il existe des Coca-Cola, Wal Mart, Apple, Amazon et autres Warren Buffet aux Etats-Unis, il ne peut pas en exister en France : soit ils ne surgissent jamais, optant pour les ors et fromages des institutions d’Etat, soient qu’ils créent et revendent aussi vite que Lucky Luke leur boite, soit ils vont créer ailleurs (en Californie, en Allemagne, au Brésil…).
    Quant aux citoyens – qui ont toujours le droit de vote – ils ne suivent les élites que si le rapport qualité/rendement est suffisant, y compris par le rêve et les « valeurs ». Mais quand la soupe se fait rare, le rêve ne suffit pas. Le traité européen a peut-être été « rejeté » par référendum, mais pour de fausses raisons (voter contre le président en place), pas pour « sortir de l’Europe » et devenir une petite Corée du nord tout seul. Voir les Grecs : prêts à foutre le feu, ils ont nettement reculé quand les autres pays européens leur ont dit vous acceptez les sacrifices que vous n’avez pas su faire durant des décennies ou vous vous débrouillez tout seul. Les aides, subventions et assistances l’ont emporté… et ils ont élu un nouveau Parlement favorable au compromis.
    Même chose pour les Italiens. Compte-tenu de la loi électorale actuelle, ingérable mais bien comprise par l’électeur de base, ils ont envoyé un message à l’élite au pouvoir. Un nouveau vote aura lieu bientôt et tout le monde le sait. Ce n’est pas aussi direct qu’en Suisse ou en Islande, mais chacun s’adapte à son propre système. Nous verrons sans doute en France l’an prochain un clair « message » envoyé via les municipales et surtout les européennes aux partis au pouvoir (écolo-socalistes). « Les votants » n’ont pas voté Flamby « pour » une réforme bancaire, comme tu semble le raccourcir : ils ont voté contre Sarkozy, ensuite pour un emballage d’ensemble qui leur paraissait moins mauvais. Seuls les « militants » minoritaires ont voté pour la réforme bancaire qu’on ne peut d’ailleurs réussir sans l’Eurozone. Le « pouvoir » des électeurs est plus diffus que telle ou telle mesure, même symbolique comme le stupide 75% des revenus imposés, mais ce pouvoir est réel – tant qu’il n’y a ni parti hégémonique, ni coup d’état.
    Si la technostructure ou les puissants capitalistes géraient tout, comme tu sembles le croire, jamais les Républicains n’auraient été battus par un Obama prêt à augmenter les impôts des riches et à faire une coûteuse réforme de la santé. C’est au moins McCain (personne remarquable) qui aurait été élu après Bush. Et jamais Hollande ne serait passé si les grandes intelligences que tu sembles soupçonner au MEDEF avaient murmuré à l’oreille de Sarkozy de faire comme Poutine (ne pas se représenter, soutenir Fillon et devenir soit éminence grise, soit Premier ministre). Il n’en a rien été.
    Je ne crois pas à l’efficacité d’un complot des puissants, ni même à leur existence. Les élites sont poussées par toute une société. Poussées devant tant qu’elles paraissent les plus aptes, poussées dehors quand elles se coupent trop de la masse. L’objet de ce billet était justement d’observer combien le radicalisme pouvait monter en France, à l’américaine, avec la tentation grilliste sortir les sortants (UMP+PS) faute de résultats, faute au moins de pédagogie.

  5. Salluste

    Un fait étonnant c’est que si les élites corporatives coopèrent au niveau internationale, pèsent de tout leur poids, décident à notre place mais, elles se mélangent encore peu aux niveaux ultimes de la hiérarchie, le Herr Doctor ne s’exporte pas mieux que l’Enarque, et l’heureux élu de Cambridge.a toutes les chances de trouver sa voie comme high civil servant avant de rejoindre BP où Royal Dutsh.
    Le corporatisme tue l’entrepreneur qui est une menace potentielle Rothbard explique ça très bien.. De quel capitalisme américain parles tu ? GE, IBM, Philip Morris, Procter ? Essaye de rester sérieux deux secondes tu vends un rêve libéral anglo-saxon qui est mort dans les année trente, L’innovateur Shumpetérien il y en a toujours eu même en URRS, mais les USA ne sont plus sa terre d’élection depuis longtemps Google jette les derniers feux de la vague internet et ça s’arrête là, La réalité c’est un gentil Obama vendu comme un savon, qui a bénéficié de tombereaux d’argent de Wall Street qui devait s’acheter un candidat très obéissant pour être certaine de pouvoir piller le trésor public avec une avidité renforcée par l’impunité. Et maintenant le good guy, décide d’exécutions sur listes administrative comme Staline en son temps. Les mouvements sociaux émergents n’ont pas besoin d’êtres portés par des gens remarquables ni d’être conscients et organisés. Tu penses que les barbares étaient mieux éduqués que l’aristocratie romaine finissante ? Les électeurs ne valent rien, 0, ils sont de la merde, les Italiens gueulent, allez un Monti de GS et de la commission, ils votent contre ce type qui a eu dix %, pas grave ils se font pisser dessus par le président qui veut former un gouvernement pour poursuivre les « réformes » (en français pillage d’une classe sociale par l’autre). En grèce le seul moment où le monde a semblé choqué c’est lorsque le mot référendum a été évoqué.. En France le PS de Moscovici et Lamy est fanatiquement obéissant aux corpos. Réveille toi hibernatus, la compétition VGE/Mimi, c’est fini, la démocratie existe surement en Suisse en Islande et en Norvège,voir au Chili ou au Venezuela mais elle agonise en France en GB et aux USA, deux saveurs et un seul parti, point à la ligne. Un référendum purement et simplement ignoré, ça ne te dis rien, des parlementaires qui votent la fin de la souveraineté fiscale comme un seul homme ça ne te dis rien non plus, la démocratie, quelle blague !

  6. Salluste

    Les votants ont quel pouvoir dans notre pays Alain, aucun. Les gens qui ont voté pour Flamby espéraient une réforme bancaire résultat : rien. Referendum européen non !, résultat ha ben oui en fait !

  7. Il se trouve que nous sommes encore en démocratie et que les votants ne sont pas aussi manipulés par les médias qu’on veut bien le dire. Au niveau symbolique, le 19ème siècle demeure et le clivage droite/gauche fait encore agir les (bas) instincts.
    Si « les organisateurs » de Burnham ou les « managers » de Galbraith mènent le monde (donc la France), nous avons alors le pire système pour les former ! AUCUN énarque ne figure à la tête d’une multinationale non française, quant à ceux qui dirigent en France, ils n’ont rien compris à l’économie, élevés dans le culte de l’État. Je me souviens à Science Po en 1974, le cours d’économie de 1ère année se résumait à la Banque de France et au Ministère du Budget…
    Le reste de l’éducation « nationale » est aussi nul et les « organisateurs » laissent faire, plongeant les Français dans une inculture économique massive dont on mesure les inconvénients tous les jours : ramdam Montambour, anarchie CGT, refus crispé de tout changement au détriment des emplois, yaka répétés de tout politicien mis en avant…
    Le MEDEF a-t-il proposé à la droite (ou à la gauche techno) un projet cohérent sur l’entreprise ? Non, ils sont tous à « copier » scolairement un modèle américain ou allemand. Ce n’était pas le cas sous Pompidou, Balladur ou Rocard. Les « organisateurs » « managers » ont-ils mis en garde Peugeot contre la concurrence de l’innovation des pays émergents et contre sa politique inepte de maintenir coûte que coûte des usines de moins en moins productives en France ? On-ils montré l’exemple de l’entrepreuriat, au lieu de s’en mettre très vite plein les poches comme des ploutocrates avides ? J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois Daniel Bouton, ex-PDG de la Société générale : il savait tout, calculait tout, mais ne contrôlait rien. Avec une culture des humanités réduites et une vue assez courte sur l’avenir du monde (et de la finance).
    La technostructure aux États-Unis se limite au pétrole et aux armements, le reste n’innove pas si mal loin des bureaucraties. En France, où est-elle ? Dans les ministères… Bien loin de l’économie mais en plein dans l’organisation à multiples niveaux… qui coûtent.
    Alors oui, il y a encore de la marge pour les casseurs syndicalistes, les politiciens anarchistes et les histrions de télé. Puisque les « organisateurs » sont aussi nuls et à courte vue – et qu’ils n’ont pas le nombre qui fait les votes.

  8. Salluste

    La droite sert les intérêts des grands corpos comme aux USA, c’est d’ailleurs une coterie de ceux-ci qui avaient choisi cet homme sandwich de la politique, insignifiant autrement. Le parti Républicain use de thèmes de droite « classique » mais si l’on juge son action sur la réalité le spectacle est tragique, pillage du trésor public pour offrir des subsides des contrats et des marchés aux grosses boites (war is a business), encouragements à la concentration du pouvoir économique. C’est d’ailleurs la même pente qui a été suivi en France avec retard. Augmentation des crédits d’impôts recherche qui sont des subventions à des boites qui ne devraient pas en avoir besoin, financement gratuit des cursus de ceux qui les dirigerons ensuite depuis Londres et LA, le tout est à l’avenant, le plus drôle est que grâce à un Etat en faillite nous contribuons à l’éducation des enfants de ceux de nos concitoyens qui sont allés servir Alstom la BNP et AXA dans les pays les plus exotiques, renforcer l’éducation dans les quartiers nord de Marseille ,ne faisait pas parti du programme de l’UMP, offrir des subventions à des enfants des couches dirigeantes de la corpocratie vivant à Genève, oui !
    Tu fais comme si le spectacle politique était celui de la france du XIXème des entrepreneurs des boutiquiers des ouvriers des paysans et un Etat jacobin, réveille toi Alain nous sommes plus proche du monde décrit par les observateurs de l’émergence de la corporate society comme Burnham par exemple.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Burnham

    La gauche est le versant hédoniste de ce cet état de fait politique et social, les nouveaux riches ont le pouvoir et l’argent et il est important de garantir qu’ils puissent en user, en abuser (le libertarianisme bobo ne peut se vivre sans revenus conséquents, acheter des enfants coûte !). Le complexe politique français est donc aligné avec dix ans de retard sur celui des USA où le fascisme corporatif règne désormais en maître, comme de nombreux observateurs l’avaient prévu depuis une bonne cinquantaine d’année. La question politique et sociale se joue donc non pas entre la droite et la gauche mais entre les anciennes structures politiques et les nouvelles. On a d’ailleurs le droit de trouver certains charmes au corporatisme triomphant mais en terme politique c’est de cela dont nous parlons et de rien d’autre, parler de droite ou de gauche n’a aucun sens à moins de suivre un objectif politicien à court terme.On peut d’ailleurs constater que dans les pays entrés en crise aiguë la ligne de démarcation se trouve là. Bersani entends bien poursuivre la politique de Monti qui représente les classes supérieurs et dominantes de la société italienne plus fortement que Berlusconi qui recrute dans un spectre social plus large, il n’y aura que quelques effets clientélistes à attendre à la marge, or dans l’Etat actuel des choses tout effort pro-européen est en fait un pas vers la dictature corporatiste pratiquée de plus en plus ouvertement aux USA. La question n’est d’ailleurs pas l’ouverture sur le monde, mais sur la question de la capacité des Etats-nations à exercer leur souveraineté pour influer sur la nature des rapports avec « l’étranger », alors que dans un monde corporatiste la question ne se pose et l’occident pourrait ressembler à Saint Empire Romain Germanique géant avec GE, Schneider , Thyssen-Krupp dans le rôle des grands féodaux La proposition d’Obama de création d’une union douanière géante était particulièrement évidente de ce point de vue, avec un tel outil et dans un monde où les cartels bancaires ont été en grossissant avec la crise la question de la souveraineté des peuples ne se poserait plus et de fait les problématiques droite-gauche n’aurait aucun sens particulier. La question des revenues ne peut être comprise si l’on ne tient pas compte du fait que les nouvelles classes dominantes sont corporatistes et non plus capitaliste comme dans le temps. Leur ascension est pratiquement devenue irrésistible …
    .http://www.facebook.com/photo.php?v=10100428571098096

  9. RichardB

    Bonne synthèse sur l’incohérence d’une classe politique qui recherche sa survie non pas dans la noble pratique de la gouvernance d’un pays en phase avec les réalités du monde mais dans les intérêts de l’immédiat médiatique et la quête de bons points électoraux.

    Il serait grand temps de réinventer l’approche de la politique et de renvoyer aux oubliettes ce navrant clivage droite/gauche pseudo philosophique, totalement obsolète et devenu dangereux par l’exacerbation des conflits qu’il engendre dans une période ou le temps de la réflexion et de la raison s’amenuise sans cesse. Mais je crains que la mission soit impossible et que le facteur déclenchant un éventuel changement sera extérieur et indépendant de la « bonne volonté » de nos gouvernants occidentaux, comme malheureusement souvent dans l’Histoire.

  10. J’ai essayé de rendre plus clair mon propos. Il se résume à un pronostic : la France pourrait connaître une dérive électorale à l’américaine avec une droite plus à droite et une gauche plus à gauche, rassemblant tous les déçus de l’UMPS.
    J’essaye de dire pourquoi : par une droite déboussolée hors les chefs (qui se contentent de narcissisme médiatique), par une gauche qui fait une autre politique que proclamée et n’ose pas le dire (tout en donnant l’exemple inverse du collectif par son histrionisme individualiste : Montebourg, DSK, CGT).
    La raison se perd… Autant le savoir.

  11. Daniel

    Confus ! Même s’il y a dans chaque paragraphe une part de justesse (exemple la TVA qui ne sera jamais sociale ni un moyen de combattre les importations, foutage de gueule de la fin du sarkozisme, mais qui est cependant fort utile car relativement indolore ). J’ai du mal à suivre la ligne du billet , la cohérence….même après deux ou trois lectures (déjà perceptible dans cachez ce peuple….. ). J’attents mieux de te billets qui en 2007 m’ont incité à me lancer modestement dans l’aventure blogueste. STP reviens à tes fondamentaux dont l’économie : comment mettre en ordre les comptes de la nations (pas un budget en équilibre depuis 1974) sans explosion sociale et laisse tomber les analyses politico-épidermiques qui apportent du grain à moudre aux populismes de gauche comme de droite.
    Cordialement

%d blogueurs aiment cette page :