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Montcuq à toutes les sauces

Vendredi 26 août 2005

Que je vous parle un peu des ventrées de Montcuq. Le pays est plaisant, comme vous l’avez compris, entre Garonne et Périgord, bordé de vignes de part et d’autres, en plantant sur son sol. Ses vallées ont le sol riche et les échanges ne cessent point entre les fleuves et les chemins. Quant aux recettes, elles se transmettent et s’enrichissent du savoir des pèlerins de saint Jacques, apportant là le piment, ailleurs le fromage ou ce goût d’huile d’olive, tous produits que la région ne connaît point, de tradition.

Dès le premier soir à quelques-uns des blogueurs, la veille du jour J de ce 18 août premier anniversaire, ne sachant que faire et surtout pas nous séparer, nous qui venions de nous rejoindre, nous battîmes des mains à l’invitation fort chevaleresque de Jean-Louis Hussonnois d’aller voir en son gîte. Ils n’eurent été que deux à une tablée de Belges et nous vînmes en renfort pour la plus grande joie de tous. A la nuit bien tombée, sans que la lune fut levée, difficile aux gastropèlerins que nous fûmes de trouver l’étroite entrée du Moulin de Tauran. Après une pointe au-delà des limites autorisées puis avisé par les rougeurs d’arrière que la sente se trouvait fort près, je garais mon destrier couleur d’armure auprès d’autres montures, alors au picotin. Nous pénétrâmes en ligue sous le vaste hangar éclairé de quelques torches à incandescence. Dehors eût mieux convenu aux pèlerins qui les suivent mais les étoiles s’étaient faites rares, cachées de lourdes tentures nébuleuses qui n’attendaient que notre défi pour pleurer leur dépit.

gite du moulin de tauran

Gloire à la cuisinière ! Les recettes étaient aux fruits, de saison et du pays, mitonnées avec amour du créatif et du désir de plaire. Malgré nos heures de route et nos pensées ailleurs, les papilles ont connu la joie.

Apéritif maison, le vin de pêche est composé de vin du pays dans lequel ont macérées des feuilles de pêcher, le tout filtré et additionné de sucre, peut-être d’un trait d’eau de vie pour corser. Les enfants avaient du jus de pomme. L’entrée de melon en billes était parsemée de menthe fraîche poussant à la roue du moulin et, discrète originalité gustative, de billes de terrine de saumon pour un léger sucré-salé. N’oubliez pas que le saumon est élevé en Gironde, région fort proche. Pour compléter, un pâté de lapin du pays était accompagné d’un confit de poivrons verts aux agrumes doux-acide dont le contraste allait merveilleusement au palais.

montcuq peches cul

Ont suivi des aiguillettes de canards élevés dans le Lot, cuites simplement aux pêches de Montcuq. Et là, comme par un fait exprès, ces pêches plates avaient la forme requise. Imaginez une paire de fesses bien galbées dont le pédoncule vous regarde : telle est bien la pêche de Montcuq ! Cuite doucement avec un peu de graisse de canard, elle conserve la viande tendre et agrémente la saveur de gibier d’un peu d’acide tendresse. Un délice ! Le dessert était plus simple, une semoule au lait agrémenté de chocolat, mais se devait d’être léger pour terminer l’abondance. Le vin des Coteaux du Quercy se laissait boire.

vin des coteaux du quercy

Encore un grand merci à Jean-Louis (qui signe jlhuss) de cette délicate invitation ! Son blog A©tu bien pris tes comprimés [désormais fermé] est d’ailleurs un mélange d’intérêts et de styles qui s’apparente à la bonne cuisine. Qu’on se le dise.

Cette région agricole fait pousser le melon du Quercy, Identification Géographique Protégée (IGP, comme disent les fonctionnaires). Elle produit aussi la truffe noire et le safran label rouge. L’on y chasse le sanglier nourri de glands de chênes (quercynus en latin) depuis la préhistoire mais aujourd’hui oies et canards y sont à la fête, élevés et engraissés pour leur chair à confits, magrets et gésiers, et leur foie à faire gras. L’agneau fermier est aussi IGP que le melon, même si le mélange des deux n’est sans doute pas très heureux en cuisine. Le veau sous la mère est d’invention plus récente, labellisé rouge pour faire politiquement à la mode. Le chasselas de Moissac, AOC, se laisse manger tout comme la prune dont Agen a fait sa spécialité IGP. Proches, la noix et le cèpe du Périgord se mêlent harmonieusement dans ce pays sans huile d’olive. Manquent les fromages, hors le Rocamadour, précédente étape pèlerine qui l’a ici importé dans les usages.

En revanche, l’on y découvre une débauche de vins divers, depuis le Cahors AOC au cépage Malbec, au Coteaux du Quercy simple VDQS et les vins du Lot de toutes couleurs, à consommer plutôt dans l’année. Bergerac, comme Bordeaux, ne sont pas loin. Le Cahors, florissant au moyen âge, a été éradiqué par le phylloxéra en 1868. La République triomphante n’avait rien vu et n’a rien fait, suivant une tradition française désormais établie de mépris tout religieux puis étatique pour tout ce qui est réputé « économique ». Le vin s’est délocalisé à Bordeaux. Il a fallu attendre la renaissance politique de l’après Seconde Guerre mondiale et l’enthousiasme d’anciens Résistants, pour voir renaître le cépage, dont l’essor date des « années Larzac » du retour aux traditions et aux terroirs. Pour la bonne cause anti-nivellement des cultures et standardisation des goûts. Le « je suis le représentant de la France à moi tout seul » et le « je ne veux voir qu’une tête » sont les plaies du modèle politique jacobin français.

Les fraises des vallées du Lot et de la Dordogne permettent une recette où le radicalisme du melon s’allie au rose de Fraise pour un programme fédératif goûteux, au moins aux papilles sollicitées.

salade de gesiers

Le menu officiel au Café de France, lors de la journée du 18, était plus classique, à 13 euros seulement, 15 avec le vin. Salade de gésiers confits (lardons pour les derniers), confit de canard (il y avait d’autres choix mais pas en nombre suffisant), croustade aux fraises (en hommage à notre Premier ?). Le dîner a été plus ouvert – et plus cher. Je me suis contenté d’un seul plat de lotte à la tomate confite et au piment d’Espelette, pas très régional mais fort bien cuisiné.

verres et vin

En notre pays si critiquable, la convivialité passe par le partage des viandes et du vin, le tout rendant propice l’accueil des idées et le plaisir de la conversation. Conservons au moins cela que les austères Anglo-saxons des tables voisines (ce n’étaient point des Belges) nous ont envié !

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Cocasseries de Montcuq 2005

Mardi, 23 août 2005

Tout commença dès notre arrivée en voiture sur la place du village, entre les deux cafés. Une paire de blogueurs, la fraise haute, se poussait du col pour écouter le Premier pérorer sous le marronnier. Car en fait de tilleul, l’arbre était marron. Le végétal y produit de dures châtaignes, mieux utilisables que les fleurs tisanières dans les bagarres radicales du lieu. Se garer ne devait pas présenter de problème, il y a pléthore de parcs dans ce bas d’oppidum. Justement, une place se libérait. Las ! Nous ne fûmes pas sitôt devant qu’un indigène armé d’un bouclier à armatures nous barrait derechef la voie. Laconique, il daignait commenter : « on barre les places. C’est bientôt fête. Faut de l’espace pour les camions. » Et il est véridique qu’un peu plus tard, dans le virage étroit du « tour des remparts » qui constitue la rue principale – et « de la République » – de Montcuq, deux gros semi-remorques ont manœuvré entre les cafés pour vomir en tas les accessoires festifs : une piste d’auto tamponneuses complète, un manège d’avions, une cabane à frites…

fraise des bois photo

Nous étions lors installés sous l’ombrage marronnier, devant une cervoise du nord bien méritée et acidulée à souhait pour la touffeur d’orage qui montait. La jeunesse en folie paradait en public, armaturée de cuir sur des engins vrombissant pour se faire entendre, ou en chemise défaite sur la peau nue comme les stars à la télé pour se faire remarquer. Fraise était égal à lui-même, un tantinet tendu du lendemain définitif, tel une rose au bal des débutantes. Jlhuss avait amené l’ami Jean-Marie, chauffeur d’un corbillard, une Renault Espace tout de noir brillant comme un véhicule de fonction du FBI à la télé. Un rigolo, cet ami, pas blogueur mais blagueur. Lorsque Zérotonine arriva enfin, très en retard comme les épouses des films de Truffaut, elle amenait avec elle son garçonnet, l’aspirateur à chatouilles de six ans et demi (presque sept ans) prénommé Oskar. Que n’avait-elle dit là ! Avant même que sa voix se fut éteinte, le Jean-Marie en question pressait le garçon de traverser la rue pour aller se poster en face, sous la République mafflue et triomphante qui dominait la fontaine publique. Oskar, la fontaine, une aubaine ! « On enverra la photo à nos cousins germains rose vert ! »

gite moulin du tauran diner

Cela va sans le dire : nous fûmes très en retard au dîner prévu au gîte rural par Jean-Louis Hussenois, complétant une tablée de Belges. Mais Oskar y trouva un copain de son âge, un vigoureux petit-fils des hôtes venu passer deux mois au grand air, au grand soleil, vautré dans la bonne nourriture. Car nous dînâmes fort bien. Soucieux de savoir si nous étions @ctuellement des comprimés, Jean-Louis nous convia à sa tablée et nous l’en remercions chaleureusement. La cuisine était aux fruits, légère et fort goûteuse. Je ne pourrais qu’en reparler.

montcuq mairie

Le lendemain, je l’ai dit, fut le grand jour. Déjà, en deux notes, la séance fut décrite. Je n’y reviendrai pas. Sauf qu’au final s’est manifesté le Raconteur d’histoires. Le programme l’engageait à nous piloter après déjeuner dans la ville médiévale, parmi les ruelles enchevêtrées de Montcuq. Aux quelques mots qu’il dit déjà, son imagination galopait. Il en était aux Mystères, spéculant sur les proportions du donjon phallique analogues, à l’en croire, aux mesures effectuées sur la féminine pierre noire de la Kaaba à La Mecque. Nous comprîmes qu’il n’était pas « historien » mais préférait – et de loin – le monde occulte de l’ésotérisme et des complots, les merveilles des énergies telluriques et l’intervention des « puissances ». L’histoire telle qu’elle se faisait au moyen âge, acabi akaaba – et voilà. Un professionnel d’aujourd’hui applique à l’histoire comme ailleurs la méthode expérimentale. L’érudit, s’il ne recherche pas lui-même, compile les travaux des autres. Le Raconteur d’histoires est d’une autre trempe : il ajoute, il relie, il invente. Sans la moindre preuve autre que le délire logique, le captivant de l’étrange. Impérieux, lyrique, emporté, nul ne dut l’interrompre en ses élans conteurs. Sauf un, car Oskar en eût marre, plus d’une heure de montées et descentes après le début de la séance, il se vit désigner par la baguette et rétorquer d’un ton définitif : « il aurait dû rester à Paris, le petit. Il a les jambes de la ville. Pas assez costaud pour marcher ici. » F.N. n’aime pas les étrangers aux cuisses trop fines et abordant l’âge de raison.

Montcuq Oskar fatigue

Je m’étais défilé sitôt les tables débarrassées, préférant la compagnie de Lunettes Rouges pour aller faire un tour au happening d’Arques, le village de Zadkine. « Amateur d’art » contre clone de Dan Brown, le choix était aisé. Je parlerai plus tard de l’art et des artistes rencontrés à cette occasion – tous très contents d’eux-mêmes.

Montcuq Café de France

Quant à la soirée, elle honora la fiente. Des deux cafés qui se font face, le Café de France et le Café du Centre, seul ce dernier voit sa terrasse ombragée d’un grand arbre. Les oiseaux y logent donc volontiers, surtout les pigeons qui vont par couple et se nichent parmi les feuilles, sur les plus hautes branches. Les soirs d’été, à Montcuq, les étrangers viennent dîner en dessous, riant, bruyant, fumant. Cela n’a pas l’heur de plaire aux volatiles, dérangés dans leur sommeil alors que toute la contrée est obscure. Ils en fientent donc d’agacement et la chose coule et tombe en un gros ploc sur les calvities, sur les chemises et même sur les pantalons aux endroits stratégiques ! Jean-Louis s’est trouvé promptement constellé, le guano gluant dessinant un chemin d’étoiles sur sa chemise de ciel. Son ami, qui ne manque pas de ressources, a sommé « le chieur de descendre, s’il est un homme ». L’eût-il entendu et compris, le piaf se serait bien gardé d’obtempérer, pas le moins du monde concerné par l’invective. En représailles, l’herbe à Nicot a fumé de plus belle ; c’est ainsi qu’en d’autres contrées on éloigne les moustiques. Nos deux pigeons n’en eurent cure. Ils avaient lu Rabelais et se vengeaient de siècles d’humiliations telles que décrites Livre I chapitre 13 de « La vie très horrifique du grand Gargantua ».

Montcuq café de France carte

Oskar avait erré seul un moment, dans son monde, sur la piste déserte des autos tamponneuses. Puis il avait trouvé une copine, une petite blonde de deux ans qu’il prenait à bras le corps et trimbalait comme une petite sœur. « Quelle langue parle-t-elle, ta copine ? – Ah, ch’sais pas ! » Et de l’emballer pour un nouveau tour. Parler n’étais pas l’important et la petite était ravie. Lorsqu’elle a quitté le restaurant avec sa famille, Oskar s’est sustenté d’un peu de melon et de jambon, puis s’est endormi sur la chaise. Il faut avouer que nous fûmes les derniers clients à quitter la table. Nous avions peine à nous séparer tant nous étions en phase. Demain s’annonçait aux horloges et la journée officielle était terminée. Une certaine fraîcheur tombait sur les épaules.

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Vers le haut Atlas marocain

Surprise à l’arrivée à Marrakech : il ne fait que 25°, pas plus qu’à Paris ! Il y a quelques années, l’aéroport était encore tout simple, de couleur rose comme la terre alentour. Nous nous transportons à l’hôtel Kenza, avenue El Mansour, un quatre étoiles de bonne facture. Les chambres sont avec balcon en décrochement. Mais l’insonorisation est inconnue ici. Le béton armé résonne, l’immeuble est bruyant la nuit, d’autant que la rue est très passante le samedi soir. Deux mariages en convois vont se succéder ! Sans parler des appels du muezzin dès l’aube depuis les mosquées voisines.

Nous faisons une rapide promenade dans la ville, en taxi jusqu’à la place Djema El Fnaa. Nous dînons au Café de France, sur la terrasse qui la surplombe. Il fait frais ce soir, un petit vent souffle de la mer et l’on aurait supporté une laine sur la terrasse en hauteur. Mais nous n’en avons pas emporté ; pour nous, Marrakech, c’était l’été. Beaucoup de monde erre dans les rues, sur les trottoirs, sur la place, dans un frottement civil plus que par affairement. Les touristes sont peu présents. Des gamins grouillent partout, dépenaillés, barbouillés mais le visage frais. Mobylettes et vélos se croisent et traversent la foule à tout moment, les voitures roulent au pas et au klaxon. Il y aurait 900 000 habitants dans cette perle du sud fondée en 1062. On construit à tour de bras, largement hors de la vieille ville, mais c’est le centre qui attire la foule, par le spectacle qu’il offre. L’humanité s’y montre et s’y côtoie, badaude et grignote, ou mendie. Nous dînons de crudités, de couscous, fruits et thé à la menthe. Un menu basique du pays, aux produits de la terre.

Sur la place, la nuit, des groupes d’indigènes font de la musique, seuls. Personne ne les regarde, le coin de place est déserté par l’heure avancée. Les musiciens sont là, ensembles, et jouent pour eux-mêmes, ou pour Dieu. D’autres mangent sur des tréteaux improvisés, éclairés aux lampes à gaz, de pleines assiettes de frites et de merguez, de pain et d’abats. Certains ne vendent que des escargots, qui cuisent doucement dans une grande bassine. L’acheteur emprunte une épingle à nourrice, désinfectée dans une orange, pour extraire les bêtes de leur coquille.

Retour à l’hôtel en taxi. Nous sommes sept et les chauffeurs craignent la police, qui a la réputation de ne pas être tendre en ce pays. Ils n’acceptent donc que trois personnes par voiture. Pour le dernier, le taxi fait toute une mise en scène : nous montons à trois, puis une fille se cache sous la banquette pour faire croire que l’on n’est plus que deux, et l’on prend le quatrième un peu plus loin… Mais le chauffeur n’en mène pas large. A un moment, il stoppe et éteint le moteur. A-t-il vu la police ? Même pas : « c’i li couffre ! » Il descend et claque le coffre mal fermé de sa vieille Fiat brinquebalante. Et nous repartons.

Après une nuit agitée et le léger décalage horaire (2h de moins), nous sommes réveillés à 6h30 pour un déjeuner à la française. Les bagages sont chargés sur le toit d’une Land Rover, et nous voici à neuf entassés sur les sièges : le chauffeur, Marie-Pierre l’accompagnatrice et le clan des sept : nous. En avant pour huit heures de trajet, 250 km en tout vers l’Atlas, dont 58 km de pistes.

Au bord de la route, des gamins, encore des gamins, quelques vieux sur des mulets qui se rendent au souk voisin, le bric-à-brac des bazars villageois, les tas de ferrailles devant les garages. Sur la grande artère droite bordée d’arbres, une silhouette au loin se précise peu à peu. C’est une toute petite fille, au milieu de la route, qui regarde arriver la voiture sans bouger, hypnotisée comme une chouette. Le chauffeur ralentit, s’arrête, descend. Il ne dit rien mais prend la fillette dans ses bras et va frapper à la première porte pour la confier à qui se trouve là, en expliquant qu’elle ne doit pas rester seule sur la route. Touchante attention d’adulte pour un petit enfant quelconque. Le Maroc est un pays resté largement traditionnel, loin de l’égoïsme des pays dits « civilisés » où morale et sens civique se perdent.

Arrêt-faim vers 10 h et demie. Il est l’heure pour notre estomac, pas encore au fait que l’heure est une convention et qu’ici elle se décale de deux heures. Azilal est le chef-lieu de la province, donc une ville plutôt grande, mais notre venue fait sensation. On nous regarde avec curiosité, les enfants tournent autour de nous, moins pour nous vendre des cigarettes, ce qui est leur petit métier, que pour nous observer. Ils répondent aux sourires, réservés et discrets, mais curieux. Leur rêve secret serait de nous aborder et de parler avec nous. Mais peu parlent français. Certains jeunes garçons se tiennent les mains ou les épaules ; ils s’aiment chaudement, en copains, ce que nous ne savons plus faire, toujours sous le regard réprobateur du puritanisme yankee. Nous marchons un peu dans les rues de terre battue. De belles maisons de pisé s’élèvent, peintes sur la façade en rouge sang de bœuf, les volets en vert ou bleu pastel.

Le pique-nique véritable a lieu sur la piste, en pleine montagne. Mais le coin est loin d’être désert : on ne fait pas cent mètres sans apercevoir un troupeau et ses bergers, adultes ou enfants. Les bergeries sont bâties de pierres sèches, au loin se distinguent des enclos et des tentes.

Nous approchons du terme de notre voyage en voiture, une vallée verdoyante commence à apparaître à l’horizon. Les villages, superbement bâtis de larges maisons aux murs de terre et aux toits de chaume plats, paraissent riches. L’eau est partout et irrigue les champs et les jardins. Tout y pousse, même l’olivier.

Notre randonnée va pouvoir commencer.

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