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Copies d’examen

Un enseignant que je connais m’a transmis ses impressions, sentiments et réflexions sur le passage d’examen. Je résume avec mon style ce qui est le quotidien de nombreux chargés de cours avec la génération d’aujourd’hui, tombée dans le net en enfance mais à qui personne n’a jamais appris à s’en servir pour apprendre.

Corriger des copies est une tâche fastidieuse autant qu’intéressante.

Les candidats doivent le savoir : lire leur écriture mal tournée et leurs innombrables fautes d’orthographe ou de français est un calvaire. Le correcteur est forcément moins bien disposé envers les étudiants brouillons qui mettent en désordre leurs réponses aux questions et salopent leur copie de graffitis illisibles.

Pire encore lorsqu’il s’agit de leur numéro de code ! Trouver le nom qui correspond est alors une devinette : tant pis pour les peu soigneux s’il y a des erreurs, ils n’ont qu’à bien former leurs lettres, tout comme ils doivent articuler à l’oral.

La présentation, le respect du bon ordre des réponses (quitte à laisser des blancs) et l’écriture lisible sont le B.A. BA d’une note favorable.

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L’intérêt est, pour le correcteur qui a donné les cours, de voir ce qui a été compris ou délaissé par les étudiants. Il s’agit parfois de questions complexes, de calculs à effectuer avec des étapes précises ou simplement de mots mal assimilés. Ou encore de questions ambigües. Le professeur se rendra donc compte si son cours est bien passé ou pas, ce qui a été compris ou non. La notation ne sera pas une sanction, mais mettra en comparaison ceux qui ont compris, appris et fait l’effort, de tous les autres à des degrés divers.

En général, ceux qui ne savent que vaguement tartinent des paragraphes entiers pour ne rien dire. Moins on sait, plus on étale. A l’inverse, celui qui a la réponse à la question ne fait pas de phrases, il répond immédiatement en peu de mots – c’est ce qu’il faut faire.

Chaque matière a son jargon technique qu’il est bon d’apprendre pour comprendre. Ainsi, en assurance, « les parties prenantes » sont un terme juridique certes jamais utilisé dans la vie courante, mais qui a une signification. Et lorsque la question porte justement sur « les parties prenantes au contrat d’assurance », l’ignorant se plante ! A lui, durant l’année, de poser la question ou de chercher sur le net ou dans un dictionnaire. S’il délaisse la chose, il aura une mauvaise note : on ne peut tout de même pas tout mâcher.

L’enseignant va modifier son enseignement lorsqu’il s’aperçoit que les réponses des étudiants sont trop systématiquement mauvaises. Le thème n’a-t-il pas été assez répété ? La question d’examen a-t-elle été mal posée ? Il faut d’ailleurs lire et relire les questions avant de se lancer dans une réponse : lire tous les mots, chercher le sens. S’il est ambigu, répondez à l’un et l’autre des possibles et dites pourquoi vous répondez comme cela.

Lorsque la question porte, par exemple, sur l’épargne d’un couple avec deux enfants, « quelle épargne défiscalisée leur conseilleriez-vous », le mot important est « défiscalisée » – pas « épargne ». La réponse devra donc porter sur tous les placements bancaires qui évitent l’impôt – pas sur la capacité d’épargne ni le reste à vivre. Mais si vous avez un doute, répondez aux deux : l’épargne défiscalisée possible est… mais le reste à vivre exige que mon conseil soit…

Lorsque la question est « qui est responsable des comptes d’une entreprise cotée en bourse », ne répondez pas le commissaire aux comptes, c’est faux – et on l’a vu et rabâché en cours. C’est le PDG. J’ai remarqué que la façon de poser la même question induisait des réponses différentes : ainsi, parlez de comptes et vous aurez (réflexe pavlovien) le commissaire aux comptes, mais parlez de « documents obligatoires » et vous aurez une chance de voir surgir le PDG. C’est pourtant strictement la même chose : les documents obligatoires sont en majorité les comptes…

Là se révèlent les astucieux et les travailleurs, ceux qui ont appris à apprendre, et les paresseux adeptes de l’assistanat permanent. « C’est pas ma faute, je l’ai pas vu en cours » est une excuse inacceptable : si c’est au programme, à vous de vous en préoccuper. On ne voit jamais tout en cours, de nos jours où existent le net et les MOOC, les cours sont réservés en majorité aux questions, aux applications et aux cas pratiques. A vous de voir la théorie tout seul – c’est cela aussi, la rançon d’Internet. Le réseau est beaucoup plus exigeant que la classe traditionnelle ; on parle même de « classe inversée » lorsque le cours ne consiste que dans la correction commentée de cas pratiques que vous réalisez, une fois le cours appris tout seul chez vous…

L’Éducation nationale a malheureusement démissionné de sa fonction d’apprendre à apprendre : faire un plan, s’exprimer en public, travailler en équipe, écrire clair et concis dans une orthographe et une grammaire correctes – sont des concepts étrangers à l’institution. La démagogie de tous beaux et gentils, spontanément savants, se heurte aux réalités de l’enseignement spécialisé dès qu’il survient : en licence professionnelle (bachelor) ou Master… On demande alors d’être adulte à ces ados jamais sortis du scolaire ; on demande de faire attention aux autres, aux clients, aux partenaires dans l’entreprise, à ceux que l’on a laissé jusqu’ici dans l’égoïsme et l’entre-soi. Cet apprentissage ne peut aller sans mal.

Certains (certaines) cultivent le déni et pratiquent l’excuse permanente : ils ne peuvent jamais être à l’heure, rendre les devoirs en temps voulu, étudier la fiche prévue pour le cours, « être préparés » aux examens, répondre aux besoins du client. Ils n’écoutent pas leur interlocuteur, préoccupés avant tout de vendre les produits ou de réciter ce qu’ils savent. Ceux-là ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils échouent.

Le monde professionnel n’est plus le monde clos et démagogique de l’école. Chacun doit faire sa part du travail commun, être efficace et productif. Il n’y a plus de notes rattrapables mais l’échec ou la porte – ni plus, ni moins.

Les examens « de rattrapage » sont en général peu rattrapant : celui qui n’a pas appris à apprendre n’apprendra pas en quelques semaines ; celui qui n’a pas assimilé la matière ne s’y mettra pas d’un coup de révision magique. C’est une illusion qui fait perdre du temps à tout le monde. La moyenne des copies de « rattrapage » que je corrige est très souvent en-dessous de la moyenne : entre 7 et 8 sur 20. Rares sont celles et ceux qui ont plus de 10 ; les autres referont leur année : ils n’ont acquis aucune des compétences requises pour valider leur matière, encore moins leur diplôme. Cela se vérifie dès qu’ils passent un oral de simulation professionnelle : leur manque de connaissances de base leur fait proférer des énormités devant « le client », ou avouer ne pas savoir bien trop souvent pour être crédible.

La majorité s’adapte et réussit ; tant pis pour les autres qui ne veulent pas ou n’utilisent pas les moyens et les enseignants à leur disposition durant leur temps d’apprentissage. Il faut à un moment devenir responsable de soi et de ce qui nous arrive.

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Macron peut renouveler la gauche si…

Au début du mois je formulais l’hypothèse qu’Emmanuel Macron pouvait renouveler la gauche moribonde, SI François Hollande décidait de ne pas se représenter, et S’IL désignait volontairement le jeune ex-ministre comme son dauphin, avec tout son soutien.

Évidemment, sans le soutien présidentiel ni le vote de la primaire à gauche, rien ne se fera. Macron ne possède aucun réseau de taille et n’a jamais été élu d’une circonscription. Et tout reste possible avant les primaires de droite et de gauche, y compris l’égocentrisme du président qui ne peut croire qu’un autre puisse être président… cette mégalomanie est bien arrivée à Sarkozy, elle peut toucher Hollande par imitation.

Macron a été pour Hollande celui qui pouvait dire tout haut ces « horreurs économiques » que la gauche étatiste, autoritaire et jacobine considère comme des péchés mortels : l’inamovibilité de la fonction publique, les 35 h, l’impôt massif pour une redistribution massive, la conservation bec et ongles des zacquis sociaux même si l’Allemagne, le Canada et la Scandinavie les ont adaptés, même si la globalisation exige de la compétitivité, la haine irrationnelle de l’argent, de la prospérité, de la richesse, la méfiance viscérale envers l’initiative, l’entreprise, la prise en main par les travailleurs, les communes, les associations, les collèges, de ce qui apparaît comme un privilège d’État…

Macron a été l’autre voix de Hollande un moment, celle qu’il aurait bien voulu avoir sans jamais l’oser. D’où ce « coup » possible de désigner un dauphin aux suffrages des sympathisants de gauche (bien plus vastes et plus ouverts que les esprits étroits du parti socialiste).

Mais Hollande est double ; il veut aussi copier Mitterrand, son bon maître, bien plus politique et bien plus cultivé que lui, sauf sur l’économie. Mitterrand a piégé Rocard, qui représentait cette deuxième gauche adaptée au monde que le jacobinisme socialiste rejetait. Mitterrand n’était pas vraiment socialiste, il était même à la mode de sa jeunesse Camelot du Roy, c’est-à-dire catholique monarchiste ; il n’a pas vraiment été contre Pétain à Vichy ; il a été un ministre de la IVe République qui a défendu « l’Algérie française ». Mais Mitterrand a toujours su nager et son impérieux orgueil lui a toujours donné le sens du vent. Hollande n’en est que la très pâle copie – sauf qu’il peut lui aussi, par un sursaut d’orgueil, se représenter et piéger Macron comme Mitterrand avait piégé Rocard.

Nul doute que, s’il veut « rester dans l’histoire » comme il le proclame, le président actuel ferait un beau geste en adoubant le jeune Macron contre les trop mûrs usés qui se présentent. Comme le montre un sondage Odoxa, institut créé par un ancien directeur-général adjoint de BVA,  sur 999 personnes choisies selon la méthode des quotas, interrogées entre le 15 et le 16 septembre, les Français veulent des hommes neufs en politique. Le candidat idéal à la présidentielle devrait pour 71% des interrogés être honnête et sincère, ayant des idées nouvelles.

Et devinez qui arrive en tête à la question « parmi les responsables politiques suivants, lequel est selon vous le meilleur candidat pour représenter la gauche à la présidentielle de 2017 ? » – Emmanuel Macron pour 28%, 10 points devant Mélenchon (18%) ou Manuel Valls (17%)… et seulement 8% Hollande !

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Non seulement le rejet de Hollande reste massif, mais les tribuns à La Mélenchon, Valls ou Montebourg séduisent peu : des promesses, toujours des promesses…

Bien sûr, les zélites autoproclamées des médias et du vieux parti socialiste voient toujours une impossibilité à introniser « le diable » : aucun des éditorialistes soi-disant « spécialistes » du marigot ne prend en compte l’hypothèse Macron. Car les sympathisants de gauche préfèrent la grande gueule Mélenchon, seule apte selon eux à faire poids égal à la grande gueule Le Pen. Non seulement c’est bien le signe qu’ils ont déjà perdu la présidentielle dans leurs têtes, mais ils ont en outre relégué leur champion « naturel » François Hollande à 18% – 6 points derrière le partisan de la Terreur et chaud soutien du président Chavez ! Quand on voit dans quel état Chavez a mis le Venezuela, on peut douter du « désir d’avenir » que peut représenter un Mélenchon même à gauche, même au-delà du parti socialiste… Emmanuel Macron apparaît quand même à 15%, juste derrière Valls à 16% – sachant que la marge d’erreur pour tous ces chiffres et de 2.5%.

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Donc mon hypothèse – dont je rappelle qu’il s’agit d’une supposition cohérente qui a vocation à être testée (donc peut-être infirmée) par l’expérience – reste d’actualité.

Quatre obstacles à la réalisation d’une candidature Macron (je ne parle même pas d’une élection) :

1/ Le poids de l’entourage, qui va flatter l’orgueil présidentiel, dans le style « moi ou le chaos ». Tous les imbus d’un quelconque pouvoir se sentent toujours indispensables ;

2/ La lâcheté intellectuelle dont Hollande a déjà donné maintes preuves (« mon ennemi la finance », « je vais renégocier le traité avec Merkel », « la déchéance de nationalité pour les terroristes »). Il peut très bien croire que Macron ferait gagner la gauche – mais en même temps céder au vieux parti socialiste pour ne pas assumer sa volonté – montrant une fois de plus qu’il n’est pas le président « de tous les Français » mais de l’étroite clique qui le supporte ;

3/ La grosse caisse des ringards de la gauche, minoritaires dans le parti même, mais avec le battage médiatique le plus fort, la gauche jacobine ayant toujours su faire entendre sa ligne au détriment de la gauche réformiste, libérale et décentralisatrice, de Mendès-France à Rocard ;

4/ Dire son inclination pour une candidature ne signifie pas voter in fine pour un candidat, nombreuses ont été les personnes sympathiques aux Français mais pour qui ils n’ont jamais votés, préférant les logiques d’appareil : Barre, Rocard et Balladur entre autres. Alain Juppé pourrait d’ailleurs à droite être dans ce cas.

Il y a donc beaucoup de « si » à l’hypothèse Macron. Mais la balayer d’un méprisant revers, sous le prétexte que ce n’est pas écrit dans les journaux, me paraît un peu léger. Penser par soi-même plutôt que penser comme la horde, n’est-ce pas user de sa raison, donc être un digne citoyen ?

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L’aberration Libération sur un sondage

Libé est un journal de gôch ! Qu’on se le dise et qu’on se le répète. Peu lu, mais par des convaincus bobos tombés dans mai 68 quand ils étaient petits, il veut voir l’avenir radieux à chaque lendemain qui vient. Hier est paru le numéro spécial Tonton, exigeant « le droit d’inventer ». Inventer : l’espérance sans cesse déçue sait faire – mais pas l’inventaire. En témoigne ce sondage sidérant publié et commenté en pages 3 à 5 pour la prochaine présidentielle.

Rappelons qu’elle n’est que dans un an et que toute prévision de vote ne peut être qu’aléatoire. On ne connaît même pas l’ensemble des candidats, et surtout pas celui de gauche… Mais le militantisme n’en a que faire. Il n’y en a que pour Dominique Strauss-Kahn. Héritier de Mitterrand, « nommé ministre à 40 ans » par Dieu lui-même, DSK est « né de gauche » et ne peut évoluer autrement. Rocard en témoigne qui le dit le meilleur. Il porterait haut les couleurs sociale-démocrates que le parti socialiste aurait acceptées du bout des lèvres, trois ans auparavant. N’ayons pas peur des mots : « Il y a une opportunité historique pour que la France saisisse l’occasion et serve de cristallisateur à une économie mondiale écologiquement compatible » – dixit Michel Rocard.

Est-ce pour cette propagande à grosse ficelle (quel que soit l’intérêt du candidat DSK – s’il se déclare un jour) que le sondage effectué par la société Viavoice est aussi « léger » ? Il n’a pas été réalisé par internet (comme le fameux du Parisien sur Marine Le Pen en février) mais par téléphone. Mais le lecteur qui connaît un tant soit peu la cuisine sociologique se demande comment on peut extraire des réponses aussi nettes de données aussi réduites et de réponses aussi vagues.

Il a déjà fallu 14 jours pour réaliser les questionnaires, ce qui montre l’ampleur de la tâche. Sur un « échantillon représentatif de la population de 18 ans et plus, méthode des quotas » de 2680 personne… seulement 800 ont répondu, se déclarant formellement « de gauche ». Ils ont seuls été interrogés interminablement sur leurs « valeurs ». De quoi enfoncer nombre de portes ouvertes : fallait-il sonder autant pour ça ? Gageons d’ailleurs que le chiffre rond de » 800 est trop beau pour être vrai et qu’il doit s’agir de 782 ou de 804. Remarquons en passant que seul 29.8% de l’échantillon a répondu. Ce qui veut dire soit que les 70.2% restant se considèrent de droite ou au moins hors de « la gauche » officielle, soit qu’ils sont indifférents à la politique et ne souhaitent pas qu’on les interroge à ce sujet !

En déduire alors quelque chose d’utilisable est une œuvre d’art. Surtout quand le lecteur effaré découvre que sur les 800 répondants aux convictions de gauche, 4% « souhaitent la victoire à l’élection présidentielle » de Nicolas Sarkozy et 6% de Marine Le Pen ! Qui connaît la technique reconnaît aussitôt là la « cuisine » des redressements statistiques que chaque organisme de sondage concocte au doigt mouillé, pour « ajuster » les réponses du maigre échantillon de répondants à la toise de l’échantillon « représentatif ». Certes, plus l’on veut affiner, plus il faut multiplier les appels, et ça coûte cher. Libé n’a pas de sous, il fait donc des sondages au rabais. Pourquoi pas, mais une simple mise en garde sur les données s’imposerait auprès des lecteurs.

Il n’en est rien. Malgré le très faible nombre de personnes « sondées » ici au regard des quelques 17 millions qui avaient porté leur voix sur Ségolène Royal en 2007, ne voilà-t-il pas que Viavoice détermine « trois familles » de gauche en 2011 ? Il y aurait 51% pour la gauche régulatrice, libérale mais sociale-démocrate, voulant conserver un rôle de garde-fou à l’État. 29% serait la gauche défensive, effrayée par les coups de la mondialisation, de l’immigration, des délocalisations. 20% resterait à la gauche alternative, plutôt anticapitaliste et écolo. Pourquoi pas, le tableau paraît assez sympa. Mais n’est-ce pas une trop belle copie pour la technique employée ?

Rien ne sonne mieux aux oreilles de l’espérance que ce qu’elle rêve d’entendre. En 2009, le même Viavoice ne dénombrait pas moins dans la même enquête 5 familles de gauche, « d’importance à peu près égales ». Comment, en 2 ans seulement, voici la gauche recomposée et rassemblée ? En 5 ans on comprendrait (la crise est passée par là, Nicolas Sarkozy aussi) mais en 2 ans, est-ce bien raisonnable ? La classification 2009 laisse d’ailleurs rêveur : interventionniste, sociale-libérale, anticonsumériste, antilibérale et écologiste antisystème. Hop ! Voilà les trois dernières catégories fusionnées en une seule deux ans après, ce qui ne fait plus que 20% du total de gauche affirmé… De qui se moque-t-on ?

La grosse ficelle est là : il s’agit de démontrer par les chiffres, selon des extrapolations tirées par les cheveux, que la gauche est « plus homogène que jamais ». Avec DSK en opérateur de synthèse – comme Mitterrand dont on fête justement (ô hasard !) les trente ans de prise de pouvoir le même jour. Tonton dont le plus fameux mérite affirmé dans l’analyse se résume à cet oxymore : « il parlait déjà à une gauche avide de changement et de protection ». Bien vu Madame Michu ! Pourquoi Giscard a-t-il donc échoué, lui qui prônait « le changement sans le risque » ? Et pourquoi pas le prochain slogan à la Chirac : « je ferai tout pour ne rien faire » ?

Affirmer tout et son contraire sur de minces chiffres récoltés par une enquête low cost vaut-il mieux que la méthode Coué ? On se dit que si la gauche gagne 2012, Libé deviendra la Pravda du régime, comme feu Le Matin de Paris sous Tonton… Les candidats, tout comme ceux qui s’intéressent à la politique autrement qu’en dévots déjà sur les genoux, ignorerons cette propagande. Elle a tout de la copie Science Po et pas grand chose de la technique scientifique du sondage.

Libération du 10 mai 2011, pages 3 à 5, avec interview (intéressante) de Michel Rocard pages 10 et 11.

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