
Malgré une traduction en français un peu bizarre, ce livre de Fantaisie (plus que de Science-fiction) est un roman d’aventures qui se lit agréablement. Il ne laisse pas un grand souvenir tant les personnages sont convenus et l’histoire tordue par une « magie » un peu abracadabrantesque. Pour adolescent ou adulte attardé qui lit encore, mais régulièrement réédité.
John Chandagnac est un jeune homme dans sa vingtaine qui, en six mois, va accomplir son initiation d’adulte à la fin du XVIIe siècle. Son père marionnettiste étant mort, le garçon s’est embarqué pour les Caraïbes afin de rejoindre la plantation dont il a hérité. Mais son oncle l’occupe et cela le préoccupe. Attaqué par des pirates, il perd sa commandite et ses marchandises mais blesse d’une feinte à l’épée, apprise en tirant les marionnettes, un pirate qui voulait lui faire la peau. On lui laisse dès lors le choix : être tué ou rejoindre la bande.
Un choix évident : il devient pirate des Caraïbes. D’autant qu’il est tombé amoureux de Beth, une jeune fille de son âge sous l’emprise de son père sorcier, veuf qui trimbale la tête de sa femme dans un coffre à sa ceinture et qui a livré volontairement le navire aux pirates en échange d’une herbe antimagie. Son grand dessein est d’utiliser Beth comme médium pour faire revivre sa femme, vouant sa fille a rester une âme en peine, sans corps où s’incarner. John ne l’entend pas de cette oreille et va tout faire pour vaincre la magie, être gracié, conquérir Beth et se marier avec elle.
Ce qui n’ira pas sans mal. Le livre qui commence comme une belle aventure sous les tropiques, viandes boucanées, navigations à voiles, feux de camp et torse nu, devient vite un cauchemar. Il s’agit de joindre une fontaine de jouvence sise au-delà des marais putrides et défendue par une horde de goules, fantômes et autres morts-vivants. Barbe Noire, le fameux pirate, y est ressuscité, usant de magie depuis son enfance avec les nèg’ marrons des collines de la Jamaïque. Le vaudou actionne des loas via les bocors… Des morts-vivants accomplissent en esclaves ce que leur maître sorcier leur ordonne. Toute une initiation aux mystères.
John se fait accepter par une fausse trahison qui sauve le capitaine du bateau pirate, par un spectacle de marionnettes monté de bouts de toiles et de ficelles, puis par son art de la cuisine. Il deviendra capitaine lorsque l’autre passera de vie à trépas lors d’un abordage.
Ici, la magie sert à tout, mais il est dit qu’elle perd de son pouvoir devant le fer froid. La société moderne faisant de plus en plus usage de fer par les armes, les marmites, les compas, les outils, la magie disparaît peu à peu. John et Beth vivront sans doute dans un monde où elle se sera dissipée.
Tim Powers, Sur des mers plus ignorées… (On Stranger Tides), 1988, Bragelonne 2011, 336 pages, €20,00 e-book Kindle €13,99 – on peut le trouver aussi en J’ai lu d’occasion, publié en 1988 et 1994.














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