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Gérard Araud, Passeport diplomatique

« Ma carrière, commencée un an après l’élection de Ronald Reagan et conclue deux ans après celle de Donald Trump, s’est inscrite dans un moment particulier de l’histoire qu’à défaut d’un autre terme, j’appelle le “néo-libéralisme”. »

En 19 chapitres, Monsieur l’Ambassadeur, Polytechnicien, Énarque, évoque sa carrière (variée), mais aussi les métamorphoses du diplomate. Il a été en poste à Tel-Aviv, à Washington, à l’Otan, à l’Onu. Il a connu Obama, puis Trump 1. Des années Mitterrand aux années Macron, le monde a fort changé. Les réseaux sociaux ont notamment explosé – y compris dans la diplomatie. Le propre du diplomate est de s’y adapter. Il faut pour cela garder les yeux ouverts, la tête froide, écouter beaucoup et parler à bon escient.

Cela n’exclut pas l’humour, qui est un regard critique mâtiné de tendresse, comme chacun sait (ou devrait le savoir). Ainsi des Juifs, l’éternel problème sans cesse remis au goût du jour alors qu’ils sont si peu nombreux dans le monde. « C’est à peine forcer le trait que de dire que, lorsque j’arrivais en Israël, les Juifs étaient, pour moi, plus ou moins des chrétiens qui avaient raté le messie comme on rate un train. L’antisémitisme me semblait derrière nous. » De 1982 à 1984, l’auteur analyse « que la cause palestinienne ne suscitait que l’indifférence voire l’hostilité des pays arabes qui l’instrumentalisaient, ce qui allait à l’encontre de l’analyse de notre ministère » – alors le socialiste Claude Cheysson. Lorsqu’il y est devenu ambassadeur en 2003-2006, il est « à peu près convaincu que jamais il n’y aura de paix entre Israël et les Palestiniens. Des erreurs et des crimes ont été commis des deux côtés dans cette tragédie, ce mot étant utilisé dans son sens le plus fort, ce malheur envoyé par les dieux à deux peuples condamnés à vivre sur la même terre. Aujourd’hui, il n’est plus possible de les séparer. L’un dominera l’autre. On connaît la souffrance du vaincu ; on oublie que le vainqueur paie aussi sa victoire, qui apporte avec elle brutalisation, racisme et autoritarisme. »

A Washington, « petite ville de province » où l’on ne vit que pour la politique, rien ne se donne, tout se deale entre journalistes, diplomates, avocats, lobbyistes, grandes entreprises, représentants du Congrès. « En effet, ceux-ci ne sont pas des sentimentaux et ne lui consacreront leur temps que s’ils y trouvent eux aussi leur avantage. Les informations ne se donnent pas : elles s’échangent. » De 1987 à 1991, Gérard Araud s’y épanouit, au cœur de « l’empire ». La crise irakienne de 1990 est l’exemple même de l’aveuglement bureaucratique et de la vanité américaine. Ils n’ont rien vu venir. « Le département d’État ne croyait encore qu’à une opération limitée, la saisie de puits de pétrole avant l’ouverture de négociations. C’est un bel exemple de ‘dissonance cognitive’ où un pays ne peut voir ce qui arrive alors qu’il a tous les éléments sous les yeux parce que c’est contraire non seulement à ses usages, mais à son analyse des intérêts des parties »

Paris n’est pas meilleur. « Fidèle à eux mêmes, les Français préférèrent l’apparence et la substance. (…) C’est d’ailleurs une constante de notre pays que d’ambitionner, dans les organisations multinationales, les postes de haute visibilité sans se préoccuper de leur importance réelle dans le processus de décision. Il en est ainsi, quel que soit le président, quelle que soit l’occasion, quelle que soit l’organisation, au grand désespoir du Quai d’Orsay. » Quant au président, il incarne la solitude du pouvoir. « Les mythes fondateurs du pouvoir en France sont Louis XIV et Napoléon, et ces modèles continuent de fonder la conception du pouvoir qu’ont les Français, qu’ils soient gouvernants ou gouvernés. Ce n’est pas anecdotique, nul ne peut impunément subir impunément la solitude que suscite la crainte que conseils et amitié ne soient tous intéressés, le fardeau que représente le pouvoir, surtout s’il est grand, et l’exaltation que nourrit le sentiment de la puissance. L’isolement du monde réel dans les ors de l’Élysée et les rigueurs du protocole, l’approbation toujours acquise de l’entourage et le regard permanent des autres vous transforment et vous endurcissent. »

Quant à Trump, c‘est la crise financière de 2008 et le ressentiment populaire contre les banques et l’Établissement, qui l’on engendré. Trump renverse la table, à commencer par le parti républicain. Il « était libre-échangiste, favorable à la rigueur budgétaire et interventionniste à l’extérieur. Trump le rend protectionniste, isolationniste et nationaliste, et accroît le déficit budgétaire de plus d’un point de PIB en pleine période de croissance ». Trump est un bouffon inculte, il « ne lit rien, au point que ses amis proches pensent qu’il est dyslexique. Il passe des heures devant la télévision en priorité devant la chaîne conservatrice Fox News où se déchaînent des commentateurs adeptes des théories du complot et prêts à toutes les approximations, les exagérations et les imprécations. Son narcissisme pathologique le fait évoluer dans une sphère cognitive qui lui est propre ou si les faits ne lui conviennent pas, il en invente d’autres. »

Et c’est bien cela le pire : on s’habitue à tout – en très peu de temps. « Trump a prouvé ou rappelé que le jeu démocratique reposait sur le respect de l’autre, la rationalité et le débat, mais que les électeurs s’habituaient rapidement à leur abandon. Il a démontré qu’on pouvait impunément mentir, trahir ses promesses, abandonner toute dignité et insulter ses adversaires et qu’on pouvait faire accepter l’inacceptable en 18 mois, à condition que les électeurs aient le sentiment que c’est pour défendre leurs intérêts. » Et encore : ce n’était que le Trump 1, avec les contre-pouvoirs encore actifs. Aujourd’hui, c’est pire. Même l’armée devient peu à peu une milice partisane, emplie d’idéologie, où les généraux réticents sont virés, comme sous Staline et Xi. « La meilleure manière de comprendre le fonctionnement de l’administration Trump serait de se référer à une Cour monarchique plutôt qu’une présidence d’une démocratie moderne En effet, en l’absence de procédures pour la prise de décision, c‘est l’accès à la personne du souverain qui seule importe, d’autant que celui-ci est capable de trancher sur-le-champ sans connaître le fond du dossier et sans demander à le connaître. »

L’Ambassadeur Gérard Araud, après 37 ans au cœur de la machine diplomatique, a quitté la Carrière en 2019. Il conclut son expérience ainsi : la vie internationale est une jungle où les États n’ont pas d’amis, à peine des alliés, seulement des intérêts. D’où l’intérêt de les négocier. « Une négociation est une représentation théâtrale. […] Il y a, cependant, un travers qu’un diplomate doit éviter à tout prix et que j’ai toujours combattu : confondre la cause qu’on défend et la satisfaction de son ego. Dans une négociation, encore plus qu’ailleurs, le moi est haïssable. Parce qu’un interlocuteur est déplaisant ou parce que l’affrontement devient une question personnelle, il est facile de perdre de vue l’objectif, qui n’est pas de l’emporter comme dans une épreuve de sport mais de parvenir à un compromis mutuellement acceptable qui corresponde aux intérêts de la France. »

Gérard Araud, Passeport diplomatiqueTrente sept ans au Quai d’Orsay, 2021, Livre de poche, 384 pages, €9,40, e-book Kindle €7,99

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L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet de Jean-Pierre Jeunet

Tecumseh Sansonnet Spivet, dit T. S. (Kyle Catlett), a 10 ans (12 au tournage) ; son second prénom vient d’un piaf mort le jour de sa naissance. Il vit dans une ferme du Montana avec son frère jumeau dizygote Layton (Jakob Davies), sa grande sœur ado Gracie (Niamh Wilson) et ses parents, son père cow-boy texan Tecumseh Elijah (Callum Keith Rennie) et sa mère entomologiste Dr Clair (Helena Bonham Carter). T.S. est le laissé pour compte de la famille, bien moins pré viril et casse-cou que son frère, le préféré de papa, et en butte à l’indifférence de sa mère qui n’en a que pour les sauterelles et autres infects.

C’est que le gamin raisonne en scientifique, analysant les choses et les gens, ce qui est trop compliqué pour une tête de fermier texan et laisse de marbre la mère préoccupée d’autre chose. Quant à la sœur elle ne rêve que starlettes et concours de beauté de miss Montana… T.S. joue donc avec son frère du même âge, bien qu’ils soient très différents. Autant Layton aime les armes et tirer sur les boites de conserve à la winchester, autant T.S. préfère mesurer l’écart du son et calculer des statistiques. Il compte ainsi le nombre de regards échangés entre chacun des membres de la famille tout le long du dîner : son père ne le regarde jamais mais jette sept coups d’œil à Layton, sa mère ne le regarde qu’une fois. Conclusion : « il » ne m’aime pas.

Lors d’une visite au muséum de la ville la plus proche, le jeune garçon entend une conférence scientifique d’un professeur sur le mouvement perpétuel, impossible à réaliser selon lui. Enthousiasmé à l’idée d’avoir un but et d’exercer utilement son esprit, contrairement aux âneries qu’il est censé apprendre avec son prof de sixième, il décide de s’y mettre. Il envoie au Smithsonian American Art Museum de Washington les plans d’une roue à mouvement (presque perpétuel), le magnétisme ayant besoin d’être régénéré quand même – mais seulement tous les quatre cents ans. Il a la surprise de sa vie lorsqu’une sous-secrétaire (Judy Davis) téléphone à la maison pour lui annoncer que l’inventeur a gagné le prix Baird. T.S. est obligé de mentir, de parler pour son père, car il craint d’être disqualifié en raison de son âge. Mais on est en Amérique, où tout est possible.

Lors d’une visite au muséum de la ville la plus proche, le jeune garçon entend une conférence scientifique d’un professeur sur le mouvement perpétuel, impossible à réaliser selon lui. Enthousiasmé à l’idée d’avoir un but et d’exercer utilement son esprit, contrairement aux âneries qu’il est censé apprendre avec son prof de sixième, il décide de s’y mettre. Il envoie au Smithsonian American Art Museum de Washington les plans d’une roue à mouvement (presque perpétuel), le magnétisme ayant besoin d’être régénéré quand même – mais seulement tous les quatre cents ans. Il a la surprise de sa vie lorsqu’une sous-secrétaire (Judy Davis) téléphone à la maison pour lui annoncer que l’inventeur a gagné le prix Baird. T.S. est obligé de mentir, de parler pour son père, car il craint d’être disqualifié en raison de son âge. Mais on est en Amérique, où tout est possible.

Il est donc convoqué à Washington pour le recevoir et dit qu’il ira. Il ne sait comment, car ses parents ne sont au courant de rien, ignorent et méprisent ce qu’il peut faire, encore plus pris à ce moment par la mort de Layton. Le jumeau s’est tué d’une balle de winchester alors que les deux garçons jouaient seuls, sans surveillance, dans la grange. Le coup est parti et Layton est tombé raide mort – le fils cow-boy préféré du cow-boy.

Dans l’indifférence générale, T.S. prépare donc son voyage incognito, avec une lourde valise où il emporte un tas d’objets inutiles mais fétiches pour un garçon de 10 ans, comme deux sextants, un baromètre, un chronomètre, un spiromètre, un mètre, un squelette d’oiseau, huit caleçons et trois pulls mais aucune chemise de rechange, un canif multifonction et une peluche – plus le journal intime de sa mère. Il veut comprendre. Son père le dépasse sur la route au matin de son départ sans s’arrêter, comme s’il l’ignorait et voulait le bannir de sa vie après la mort de son préféré.

T.S. voile de rouge un signal ferroviaire pour arrêter un train de fret, monte à bord en se cachant, et réussit à traverser les États-Unis du Montana jusqu’à Chicago, terminus du fret. Il doit échapper à la sécurité ferroviaire, sympathiser avec un clochard céleste nommé Deux Nuages (Dominique Pinon), filer entre les mains d’un policier de Chicago qui la joue lourdaud viril (Harry Standjofski). C’est à ce moment qu’il se casse deux côtes en sautant d’une branche d’écluse. Un routier d’un énorme truck rutilant le recueille au bord de la route (Julian Richings), un peu inquiétant mais finalement épris de selfies qu’il collectionne.

Au Smithsonian, la sous-secrétaire n’en croit pas ses yeux, mais le garçon est reconnu sur ses talents à expliquer sa machine et ses capacités à calculer mesuré par électrodes. Il est soigné torse nu par un docteur avant d’être revêtu d’un costume pour la cérémonie. Il y fait un discours en trois points, malgré sa timidité devant une assemblée où presque tout le monde a un doctorat. Le troisième point lui a échappé et il embraye sur la mort de son frère qui explique sa solitude et sa venue ici. Grande émotion dans la salle, gros succès mondain.

Le voici médiatique et la secrétaire s’empresse de se faire mousser pour l’entraîner dans des shows télévisés. Mais sa mère, qui l’a vu à la télé au Smithsonian, vient le rejoindre et l’arracher aux griffes du show man qui lui pose des questions en ne laissant jamais que dix secondes pour chaque réponse, tant il tient à maîtriser le sujet et enchaîner le show. C’est là que le Texas se rebiffe contre Washington, la ferme contre la télé, la famille contre les histrions.

Car le sujet dépasse l’aventure pour enfants. Il s’agit de l’Amérique et de ses excès en tous genres, de l’inventeur de 10 ans récompensé, à la télé-réalité inepte. Des grandes distances entre États et entre mentalités, entre Ouest encore sauvage et Est civilisé décadent. Mais aussi de l’écart intime entre père et fils, mère et enfants.

Sont agités nombre de mythes américains : les indiens, car Tecumseh est un prénom qui signifie quelque chose comme étoile filante ou jaguar céleste ; la traversée du continent en train comme au temps de la Grande dépression ; les routiers et les routards comme dans les années soixante hippies de Kerouac ; l’atmosphère du Tour du monde en 80 jours de Jules Verne avec ses sociétés savantes et ses querelles d’ego ; l’ombre de Freud et des névroses familiales.

D’admirables paysages, des dialogues construits et intelligents, l’émotion d’un gamin au visage sensible qui se sent abandonné de tous mais qui part construire sa vie – un beau film. Ce n’est pas un film américain, ce qui explique sans doute pourquoi.

DVD L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (The Selected Works of T. S. Spivet), Jean-Pierre Jeunet, 2013, avec Kyle Catlett, Helena Bonham Carter, Callum Keith Rennie, Judy Davis, Niamh Wilson, Gaumont 2014, 1h41, €7.00 Blu-ray €32,99 (liens sponsorisés Amazon partenaire)

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Mary Higgins Clark, Le démon du passé

mary higgins clark le demon du passe
C’était au temps de la génération d’avant, au temps où Internet n’existait pas encore, ni les téléphones mobiles, ni les ordinateurs portables. Il fallait téléphoner d’une cabine ou d’un bon vieux fixe, aller sur place chercher dans les archives des journaux papier ou en bibliothèque, prendre rendez-vous formellement par courrier ou aller sonner à la porte.

Relire cette époque, pas si lointaine pour qui aborde la perspective de la retraite, est aussi exotique que relire Balzac. Nous sommes dans un autre temps, avec d’autres mœurs. Non, ce « n’était pas mieux avant », mais c’était différent. S’y replonger est reposant.

Mary Higgins Clark, magicienne américaine du suspense, concocte ici l’un de ses meilleurs livres. Elle décrit avec une précision critique les us et coutumes du monde politicien à Washington, le Président qui attire à lui les Élus tel un Dieu-le-Père, le Vice-Président qui pourrait être pour la première fois une femme élevée comme un Fils, et le menu fretin des députés et sénateurs pris en plein grenouillage dans le bénitier.

La presse reste cruciale pour établir ou ternir une réputation. Les journaux qui tachent les mains sont omniprésents mais la télé et les émissions des journalistes-phares ont un impact presque aussi grand.

Pat Traymore, executive woman du rêve américain, corps souple et dents longues, est jeune et talentueuse, tout ce qu’il faut pour réussir. Elle est engagée sur sa réputation par un média local de Washington DC pour établir le portrait d’une sénatrice de l’État de Virginie, Abigaïl Jennings, qui a pris la place de son mari après que celui-ci fut décédé dans un accident d’avion d’affaires tout neuf où il était seul à bord avec un pilote expérimenté. Abigaïl est partie de rien, sa mère était cuisinière d’une famille riche ; elle s’est faite toute seule, autre incarnation du rêve américain ; elle pourrait être pressentie pour devenir Vice-Présidente.

Mais elle répugne à évoquer ses années de jeunesse dans un bled paumé d’un État très bourgeois. Pat Traymore aura fort à faire pour humaniser ce bourreau de travail, femelle froide et rigoriste envers ses subordonnés. Malgré désaccords et embrouilles, elle va y parvenir – mais pas sans modifier quelque peu l’image de cette icône politique… dans un sens que nul n’avait imaginé.

mary higgins clark le demon du passe1999

Car Pat Traymore s’appelait Kerry Adams lorsqu’elle avait trois ans. On a retrouvé son père et sa mère morts, un pistolet entre eux, dans leur salon de Georgetown, elle-même dans le coma, crâne fêlé et jambe droite brisée. Adoptée par ses grands-parents et élevés loin des États-Unis, elle a voulu revenir dans la maison du crime, qui lui appartient par héritage, pour enquêter sur son propre passé.

C’est alors qu’elle reçoit des menaces d’un illuminé qui croit obéir à la voix de l’ange Gabriel…

Peu à peu, le puzzle éclaté va se mettre en place car tout est lié : les parents de Pat Traymore, la sénatrice Abigaïl, les décès mystérieux qui jalonnent sa carrière, l’illuminé et sa « fille ». Enquêter, réfléchir, remuer le passé – tout cela va forcer les vieux acteurs à agir, donc à se découvrir. Et la fin n’est pas celle qu’on croyait, sinon il n’y aurait pas surprise.

Un beau suspense, enrobé dans une description sociologique minutieuse de ce petit monde des dieux qu’est la politique à la capitale fédérale. Trente ans après – une génération – ce livre reste tout aussi intéressant à lire. Car rien n’a changé des caractères humains ni des mœurs politiciennes.

Mary Higgins Clark, Le démon du passé (Still Watch), 1984, Livre de poche 1999, 286 pages, €6.10
Format Kindle, €7.49

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