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Sur la mer polynésienne

Elles sont arrivées ! La première baleine de la liste ayant pris place dans nos eaux était une solitaire arrivée le 31 mai. Une éclaireuse ? Depuis on en compte plus d’une quinzaine autour de Moorea, Tahiti et Tetiaroa. Ces baleines, mâles, femelles parturientes et quelques juvéniles ont parcouru quelques 6 000 km avant de s’ébattre dans nos eaux. La Polynésie est un sanctuaire pour les baleines. Il y a donc des règles pour approcher ces mammifères et les observer. Il faut se tenir à une distance de 50 m des adultes et à 100 m des baleineaux, garder une vitesse constante, changer de cap progressivement, ne pas approcher ces animaux par l’arrière. Rien que du bon sens mais que certains individus jugent trop contraignant.

TAHITI

Nos requins du Pacifique seraient-ils plus sociables, moins agressifs que ceux autour de l’Australie ou de la Réunion ? Ici, les attaques de requins sont rares. Certes, on cite quelques cas de morsures mais pas d’attaques mortelles. En Polynésie française, les requins sont protégés depuis 2006. Pour le requin bouledogue, sa présence est anecdotique, le requin blanc ne fréquente pas notre mer, mais le requin tigre s’y plaît. Nos eaux sont très claires ce qui n’est pas le cas à la Réunion.

D’abord des chiffres : la population de Pitcairn compte 50 habitants en 2015 contre 250 dans les années 50. Les îles Pitcairn sont composées de 4 petites îles volcaniques d’une superficie totale de 47 Km2 et dont seule celle nommée Pitcairn est habitée. Elles sont situées à environ 2 100 km à l’est de Tahiti. Ce petit morceau de terre où vivent depuis des générations des descendants de l’équipage du Bounty, ces marins qui s’étaient mutinés en 1789, a légalisé le mariage gay – selon le gouvernement qui l’a annoncé sur son site. Apparemment, nul, parmi la cinquantaine d’habitants ne serait à priori susceptible d’être intéressé par la nouvelle loi mais le territoire tenait à se mettre à la page, a expliqué le vice-gouverneur Kevin Lynch. C’est ici la dernière possession britannique dans le Pacifique entre la Nouvelle-Zélande et le Chili. La capitale des îles Pitcairn ? – Adamstown. Je suis sûr que vous ne le saviez pas.

ado gay colliers

Encore Clipperton : un autre confetti dans le grand océan, royaume des crabes, des oiseaux (quelques 110 000 fous masqués la plus importante communauté au monde) – et des rats. A 12 000 km de la France, à 6 000 km de Tahiti et à 1 300 km du Mexique, l’atoll de 7 km2 – dont 1,7 km2 de terres émergées seulement – est considéré comme le plus isolé du monde par le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Avec cette ile isolée et inhabitée, la France dispose d’un véritable laboratoire à ciel ouvert. Clipperton est une chance pour la France ; elle ne devrait pas la gâcher. Ressources halieutiques (thonidés), champs sous-marins de nodules polymétalliques, position géographique dans une ZEE (zone économique exclusive) de 435 000 km2 supérieure à celle de la France métropolitaine (336 000 km2). Clipperton a permis à la France, en 1973, d’adhérer à l’Inter American Tropical Tuna Commission (I.A.T.T.C.) qui ouvre l’une des zones de pêche les plus riches au monde et de participer à ses travaux (le tuna est le thon). Un accord lie la France et le Mexique, qui est autorisé à y faire naviguer 43 thoniers. En décembre aura lieu la conférence mondiale sur le climat (COP 21). Verra-t-on François Hollande se saisir de ce dossier et autoriser la création sur l’atoll d’un observatoire de l’océan « sur les plans faunistique, climatique et environnemental » ? Jacques Chirac n’avait pas saisi cette opportunité or, comme le dit le député UDI du Tarn Philippe Folliot, « Clipperton ne doit pas rester en jachère ». Rappel : Clipperton a été découvert par des marins français en 1711, le jour du vendredi saint, l’atoll fut d’abord appelé île de la Passion avant de prendre le nom d’un flibustier britannique qui écumait la région. Encore les Anglais !

Hiata de Tahiti

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Tahiti est riche… si elle se bouge

L’ISPF indique que 71% des ménages sont propriétaire du sol et logement. Ces propriétaires sont en grande majorité natifs de la Polynésie française (86%). Trois personnes se partagent un logement constitué de 3 pièces en moyenne (35% des résidences principales). Pas mal, non ?

Il paraît que le fenua possède des richesses minières sous-marines. Sans recherches, il est des individus qui savent déjà qu’il y en a des milliards, propriétés du fenua. Oscar Temaru le clame partout, mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, non ? Chez les voisins de Papouasie-Nouvelle Guinée une première exploitation des nodules polymétalliques a démarré. Dans la ZEE du fenua, il y aurait les encroûtements les plus concentrés en cobalt… Quant à voir arriver tout de suite les pépettes, c’est autre affaire. Il y a de tout au fond de l’océan, tant mieux mais il faudrait faire un état des lieux, une feuille de route, etc.

vahine nue profil

On relance la vanille ! D’abord il faut bien la nourrir car la belle a besoin d’azote, de phosphore, de calcium et de potassium. On vise un production de 100 tonnes de vanille pour l’année 2016, avec un prix plancher proche de 4 000 XPF dès la production stabilisée et en hausse. Actuellement le prix au kilo est proche de 6 500 XPF faute de vanille mûre ! Allez ! Au régime, la vanille !

Le pito (nombril) déjà surdimensionné chez les Mao’hi leur est monté au niveau de la bouche. Des excès en tout genre, on parle, on parle, on tient des propos incendiaires, on dépose plainte à la Police, au Conseil d’Etat, etc. Ils sont devenus fous. Quand cette mascarade se terminera –t-elle ? Nul ne le sait. On pond des projets pharaoniques, qui paiera, mais la première question n’est-elle pas comment faire venir pour un prix raisonnable des touristes au milieu de nulle part, car la Polynésie « grande comme l’Europe », dixit Oscar Temaru est bien au milieu de nulle part ! A quand des billets d’avion d’un prix raisonnable ?

Il y a pourtant de quoi se divertir. Le concours de lever de pierre est un moment très attendu aux Australes pendant les fêtes de juillet. Ce sont les champions de Polynésie. A cette occasion, deux nouvelles pierres ont été baptisées et intronisées par le pasteur et l’orateur : Totena (65 kg) pour les femmes et Ario’e (150 kg) pour les hommes. Totena a reçu ce nom en souvenir du lieu où, à Peva, les anciens enseignaient aux plus jeunes tous les arts de la guerre et les formaient aux sports traditionnels. Ario’e porte le nom de la terre où chaque année, le Heiva se déroule. Ce nom rappelle aussi que c’est à cet endroit que la bonne parole est arrivée. 12 femmes ont tenté de porter Totena et une n’a pas réussi. La plus rapide a porté la pierre à son épaule en 1’81’’ et la plus lente en 7’ 51 ‘’. 6 concurrents pour Auti, pierre de 100 kg, 3 ont réussi et 3 n’ont pas pu la porter à l’épaule, les temps s’échelonnent entre 2’ 09’’ à 5’ 26’’. Evera, pierre de 125 kg n’a attiré que 2 amateurs pour des temps de 5’ 69 ‘’ et 11’ 99’’. Ario’e de 150 kg a attiré 4 concurrents. Bravo.

avion

L’institut Porinetia ananahi est un think-tank qui vient de publier un rapport après avoir travaillé 3 ans sur la situation de l’économie touristique en Polynésie… il y aurait plus de 1 000 milliards de manque à gagner.

Ce chiffre donne le tournis ! Si le tourisme mondial se porte bien et progresse, ce n’est pas le cas en Polynésie ! Carences. Incapacité à identifier les raisons de ces carences. Tahiti et ses îles ont donc perdu 14 ans de revenus. Hébergement insuffisant, trop cher, distractif inexistant. Dans le Pacifique, Fidji, Cook, Nouvelle-Calédonie, Tonga, Vanuatu, Samoa, Seychelles, Réunion, Maldives et Maurice ont connu une progression entre 37% et 82% au cours de cette même période ! Les gouvernants successifs du Territoire ont été incapables d’identifier les raisons des carences, n’ont pas trouvé de solutions innovantes, ont perdu 14 ans de revenus. Voyez les hébergements : insuffisants et trop chers, etc. Inutile de se voiler la face, de tout mettre sur le dos de la crise, de faire du copier-coller avec la métropole. Les investisseurs chinois pourraient aider le Peï, mais attention de ne pas abandonner le secteur du tourisme aux seuls Chinois, car ils ne représentent que 10% du volume du tourisme mondial ! Il faut se battre mais ne pas reproduire les erreurs du passé. Il semble que le gouvernement l’ait compris, alors formulons des vœux pour une réussite de ce renouveau.

Hiata de Tahiti

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Contrôle des eaux à Tahiti

Depuis plusieurs mois, le CRIOBE poursuit des études concernant l’évolution des populations d’anguilles dans la vallée Vaihiria concernant l’impact des ouvrages hydro-électriques. Il s’agit d’éviter de refaire les mêmes erreurs que dans les années 1980. Il faut effectuer un inventaire des ressources faunistiques (poissons, chevrettes, …) et des richesses culturelles de l’ensemble des vallées concernées par la présence actuelle ou à venir d’installations hydroélectriques. Les anguilles en Polynésie sont souvent associées à des contes ou légendes traditionnelles, la vallée Vaihiria recèle aussi des vestiges archéologiques, marae notamment qui sont la marque d’une implantation humaine au 16/17ème siècle.

IDEM

Le lac Vaihiria est le seul lac d’altitude de Tahiti. Il s’est formé il y a très longtemps à la suite de l’effondrement d’une masse de terre issue des côtés d’une vallée située au cœur de l’ile. Ce barrage naturel occupe toute la largeur de la vallée sur environ 800 m. Il retient l’eau descendant de la montagne sur une largeur de 400 m pour 25 m de profondeur en son centre. Au début des années 1980, l’homme l’a utilisé comme un barrage hydraulique, la vallée a subi de grandes modifications avec l’installation de turbines, conduites, et autres éléments. Les pluies importantes ont fait monter brutalement le niveau de l’eau qui a failli déborder, mettant en péril la vie des habitants de la vallée. Avis aux thésards, le Criobe recherche un étudiant pour préparer une thèse de doctorat en trois ans financée par l’État et Marama Nui (bourse de thèse) sur la circulation des anguilles et des espèces piscicoles, à l’échelle de Tahiti, sur toutes les rivières aménagées par Marama Nui. Après ces trois années, cet étudiant pourrait être embauché dans une cellule environnementale directement rattachée à Marama nui. On cherche désespérément un candidat local !

La rivière Titaaviri va devenir un observatoire hydrogéologique par la signature d’une convention entre Marama Nui et l’Université de Polynésie française. Il s’agira d’un suivi hydrogéologique dans la vallée de la rivière Titaaviri à Teva I Uta. L’objectif est de relever sur plusieurs années des données sur les précipitations, le débit et la turbidité de la rivière ou encore l’érosion naturelle. Cela permettra à l’industriel de comprendre le phénomène d’érosion qui remplit son barrage et l’oblige –plus qu’ailleurs dans le monde- à de fréquents curages. On saura alors quand Tahiti finira en atoll (dans quelques millions d’années).

EUROPA

Du 27 au 31 mai, une opération commune de contrôle des eaux en bordure de la ZEE Polynésienne (zone économique exclusive) a été menée par les Forces armées françaises et plusieurs états du Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande, Iles Cook). Cette opération baptisée Tautai (pêche, mode de pêche, produit de pêche, instrument de pêche) avait pour finalité de prévenir les activités de pêche illicite. Treize navires (neuf Taïwanais, trois Chinois et un fidjien) ont été contrôlés et sur huit d’entre eux on a relevé des infractions : leurs balises ne fournissaient pas leurs coordonnées, ils ne s’étaient pas signalés dans certaines zones alors qu’ils en avaient obligation. L’équipage de l’un des navires s’est vu reprocher le non-respect des règles de pêche en matière de requins car les navires doivent conserver à bord les carcasses des squales même si la pêche d’une grande partie des espèces de requins est autorisée dans les eaux internationales.

Un groupe de pêcheurs a pu filmer un banc d’une vingtaine d’orques au large de Fare Ute (port de Papeete). Ici il y a plus souvent des cas isolés voire 2 ou 3 au maximum qu’autant d’individus aperçus récemment. A Raroia (Tuamotu) deux baleines ont été aperçues nageant au large de  l’atoll qui vient juste de retrouver sa sérénité après le passage d’une tempête. Coïncidence ?

Président Flosse et plusieurs de ses ministres sont allés rendre visite aux différents archipels. La commune de Makemo (Tuamotu) a été retenue par les investisseurs chinois pour y implanter le projet de ferme aquacole. « La société sera de droit polynésien avec un capital garanti déposé en banque. L’investissement global est de 150 milliards XPF sur 15 ans. Les concessions maritimes sont attribuées par le pays à des Polynésiens. La société vous fournira gratuitement les alevins, la nourriture et les matériels, et durant la phase d’élevage, elle vous accorde une avance mensuelle et le solde lors de la vente. Toute la main-d’œuvre sera polynésienne mais les cadres seront Chinois. L’encadrement sera à 50% polynésien au bout de cinq ans et à 90% au bout de dix ans. » Ainsi parla Président Flosse aux habitants de Makemo. P’tit Louis commente ainsi ce voyage « A Makemo, les cadres seront Chinois, les travailleurs Maohi… En Chine on dit coolie ! »

Pour Napuka et Puka Puka (Tuamotu nord) la montée des eaux et la dégénérescence de la cocoteraie sont un problème pour le gouvernement et les habitants. Certes le problème ne serait pas immédiat mais les houles de plus en plus fortes ont endommagé en 2011 la piste d’atterrissage de Puka Puka. Les cocoteraies elles sont la proie d’un insecte nuisible, le Brontispa longissima, considéré comme la peste du cocotier ; cet insecte attaque le cœur du cocotier. On envisage à plus ou moins long terme de déplacer ces populations dans d’autres îles de la Polynésie et notamment aux Marquises avec lesquelles les habitants de Puka Puka ont des liens ancestraux.

Hiata de Tahiti

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Recherches à Tahiti

Lien vital entre Tahiti et les Marquises, l’Aranui avec ses 200 passagers et ses 17 croisières par an a soufflé la 10ème bougie et annonce pour la fin de l’année 2014 un Aranui 5 plus grand. C’est en 1984 que le cargo mixte Aranui a effectué sa première croisière dans l’archipel des Marquises avec une vingtaine de passagers. Et pour fêter ce 10ème anniversaire, en plus de la découverte de Fakarava (Tuamotu), Ua Pou, Nuku Hiva, Hiva Oa, Fatu Hiva, Tahuata, Ua Huka (Marquises) et Rangiroa (Tuamotu), une escale dans la Perle du Pacifique (Bora Bora) a été organisée. Belle fidélité.

aranui aux marquises

Les tests de sécurité ont été effectués sur le Tuhaa Pae IV, le bateau sera bientôt prêt pour accueillir des croisiéristes à destination. Ce sera donc le pendant de l’Aranui pour les Marquises. Ce cargo mixte dispose d’une capacité de 98 passagers, il devrait être autorisé dans le courant du mois à en transporter 25 contre 12 actuellement et développer le concept de croisière. Il y aura à la disposition des croisiéristes 16 cabines dont une cabine pour handicapés, un dortoir, un restaurant de 50 couverts. A suivre.

Une mission scientifique effectuée il y a un an et demi étoffera sans doute le dossier d’inscription au patrimoine mondial, la richesse des eaux marquisiennes étant enfin expliquée. Les scientifiques, après analyses, « confirment que la signature isotopique ici est très particulière, et qui peut s’expliquer par la production primaire (phytoplancton, zooplancton…) très riche dans les eaux marquisiennes. Du point de vue marin, les Marquises se caractérisent par trois particularités : absence de récif dans une zone tropicale, le sens de circulation du courant est différent de celui des autres archipels et les espèces endémiques sont très importantes et la chaîne trophique est différente de celle du reste du Pacifique Sud, ce qui permet une production animale très importante et le maintien de la ressource en place. »

Une équipe de trois chercheurs est actuellement en mission à Tahiti et aux Tuamotu pour récolter des cônes, des mollusques marins venimeux. Il pourrait y avoir des possibilités de médicaments liées aux venins, en particulier à ceux des cônes polynésiens. Exploiter les venins animaux pour découvrir de nouvelles molécules à vocation thérapeutiques dans les domaines de la douleur, des maladies cardio-vasculaires, de l’obésité. A suivre.

clipperton ile de la passion carte

Une mission de géographes de l’Université de Polynésie sur l’île de la Passion (autre nom de Clipperton) s’est déroulée en ce début d’année. C’est le plus petit territoire français, délaissé par Paris et qui pourtant est le spot mondial du thon. La ZEE de Clipperton est un cercle parfait de 435 000 km. C’est l’une des zones les plus riches en thonidés au monde. Elle est pillée par de nombreux armateurs venus de Corée, du Japon, d’Amérique centrale. Déjà en 1969, les autorités internationales estimaient à 25 000 tonnes de prises illégales dans la zone. En 2005, 10 bâtiments senneurs ont ainsi été aperçus sur l’espace d’un mois dans les eaux de Clipperton. Et l’on prétend qu’un seul de ces navires peut repartir de campagne les cales pleines de 1 000 voire 2 000 tonnes de poissons. 100 000 tonnes seraient ainsi pêchées sans payer de redevances à l’État, un manque à gagner estimé au plus bas à 25 millions d’euros. Alors Messieurs de Paris, k-do, k-do. Rappel de sa situation à 4 018 km de Nuku Hiva (îles Marquises) et à 1 280 km du Mexique. Ne dites pas que les fonds marins de ce petit bout de terre seraient riches de nodules polymétalliques, alors chut, bouche cousue ! Par ailleurs, il y a 100 000 fous masqués et le nombre de crabes terrestres est impressionnant.

Portez-vous bien

Hiata de Tahiti

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Nouvelles de la nature tahitienne

A Bora Bora, un pétrel géant subantarctique a été sauvé de la noyade au large par un pêcheur. Évènement très rare en Polynésie. Le Macronectes giganteus (pétrel géant) subantarctique  possède une envergure de 2m20, pèse 5 kg, est de couleur brun et gris avec un gros bec orange, crochu, surmonté d’une narine ; il mange des cadavres de manchots, de phoques de cétacés et autres oiseux.  Il s’échoue, jeune, dans des zones sans vent et ne peut redécoller. Il a besoin d’une météo de tempête, de vents dépassant les 100 km/h et de grosses vagues. Le vétérinaire l’a soigné et a lancé un appel pour la sauvegarde de ces oiseaux. En cas de découverte, ne pas les manger… mais appeler Sop Manu. C’est lorsque cet oiseau est jeune et inexpérimenté qu’il risque le plus de s’échouer et de ne pas pouvoir reprendre son vol. Une conférence est prévue ce samedi, les oiseaux ayant besoin d’aide. Les pétrels de Tahiti sont des oiseaux marins rares, protégés et menacés de disparition. Entre Juillet et octobre, les jeunes pétrels quittent leur nid, sont attirés par les lumières des villes. Ils s’échouent au sol et peuvent mourir de faim, être tués par un chien ou écrasés par une voiture. L’association Manu a sauvé 80 pétrels depuis le début de l’année. La population était donc invitée à venir écouter cette conférence, à venir aider ces oiseaux.

Hiro Tefaarere, parlant de son île Huahine, lors de la réunion de la commission permanente à l’Assemblée : « La population, par le passé, élevait la tortue. Pourquoi ne le ferions-nous pas à nouveau, cela créerait de l’emploi, et nous pourrions à nouveau en manger » ?

Fera-t-on ou non des fermes à tortues ? Certains élus le souhaitent, allant à l’encontre de la volonté des pays du Pacifique. Est-ce à cause des élections territoriales toutes proches ? Les Polynésiens mangeront-ils de la chair de tortue légale ou braconnée ? Les Polynésiens aiment la viande de tortue tout comme la viande de chien. Ces consommateurs ne veulent pas s’en priver. La gendarmerie réussit parfois à faire condamner les braconniers par le tribunal mais combien d’autres passent au travers des mailles du filet ? Dans d’autres pays, il existe plusieurs tentatives d’élevage, mais beaucoup d’échecs ! Les îles Caïman sont les seules à avoir maîtrisé l’élevage de tortues, après 20 ans d’essai, des millions dépensés et une faillite.

L’Atalante, le navire de l’Ifremer est parti aux Marquises faire des relevés bathymétriques dans le cadre de l’évaluation du risque de tsunami dans nos îles. Le but est également de collecter des données sur la nature des fonds dans la zone située à l’Est des Marquises et de constituer un dossier de demande d’extension des eaux polynésiennes. Peut-être d’autres campagnes seront décidées aux Tuamotu et aux Australes, étoffant ainsi le dossier. Les ingénieurs tablent aux Marquises sur une zone de 80 000 km2 d’extension possible. La première des missions « Poly Plaques » a commencé début septembre. A terme, la France devrait demander à l’ONU d’étendre la Polynésie sur 5 zones qui augmenteraient sa superficie d’environ 400 000 km2. Mais attention, ce ne serait pas tout à fait une nouvelle ZEE puisque les droits qui pourraient être acquis ne sont pas des droits exactement équivalents à ceux des ZEE.

L’Institut Louis Malardé a réuni un atelier pour une journée de conférences suivie de tables rondes pendant trois jours. Y étaient conviés des chercheurs, acteurs de la santé publique, cliniciens, des représentants des grandes organisations de santé du Pacifique. Cela concernait la dengue et les arboviroses qui constituent un danger dans le Pacifique. Des virus transmis par les moustiques, d’intérêt épidémiologique comme celui du chikungunya apparu en Nouvelle-Calédonie.

Rurutu (Australes) voit arriver son contingent de baleines à bosse, de jubarte à bosse, de baleine à fanons. Tout ce beau monde se donne rendez-vous aux Australes pour la saison des amours. Les femelles viennent mettre bas et se reproduire. Les parades nuptiales sont gratuites et il y a foule de curieux. Le baleineau, tout blanc à la naissance nait la caudale en premier et mesure environ 3 mètres. Sa baleine de mère l’allaite pendant une année, les rations journalières étant, on le devine, énormes. Il grossira de 60 kg/jour. Les mères ne mangent pas, elles vivent sur leurs réserves et perdent environ 1/3 de leur poids. Les passionnés du monde entier se retrouvent chaque année pour y rencontrer l’authenticité.

La forêt du plateau de Maraeti’a a été l’objet d’attentions particulières. Sise dans la vallée de la Punaruu, des experts botaniques d’Hawaï et de Nouvelle-Zélande accompagnés par l’association des porteurs d’oranges ont réalisé une étude de faisabilité afin de protéger cette forêt. Pas encore le temps de réaliser des sentiers de promenades pour les touristes mais valoriser ce patrimoine végétal. Il s’agirait de poser une clôture sur une zone comprise entre 2 et 4 hectares, empêchant uniquement les chèvres et les cochons de passer afin qu’ils ne saccagent pas les jeunes pousses des arbres endémiques. Cette forêt n’est qu’à 5 heures de marche de Punaauia. Des espèces rares y poussent telles : oo’ao (Wikstroemia foetida) dont se servaient abondamment les tahua jouait un grand rôle dans l’ancienne médecine indigène mais dont le dosage des feuilles et écorce a été perdu, les tahua ayant emporté leurs secrets dans la tombe. De même pour le TOROEA (Canthium barbatum), l’OCHROSIA Tahitensis, le KARAKA. Il faudrait aussi gérer les plantes envahissantes telle le PITI et favoriser la régénérescence des espèces. Beaucoup de travail en perspective.

Le pahua ou bénitier a été exporté pour satisfaire les aquariophiles, en 2011 9500 exemplaires. Maintenant, les gourmets pourraient saliver. La chair est prisée dans le monde entier, le marché international est estimé à 100 000 coquillages. La législation polynésienne est draconienne, seuls les mollusques de plus de 12 cm sont autorisés à quitter nos frontières. Mais comment exporter la chair du pahua : séchée, en saumure, vivante ?

La Polynésie est ouverte à tout type de religion  y compris les brahmanes… mais là il s’agit d’une race de bovin issue du zébu originaire d’Inde. Sa morphologie est particulière, bosse sur le dos, oreilles pendantes. Les deux taureaux arrivés de Nouvelle-Calédonie, formalités douanières et sanitaires remplies, vont faire les yeux doux aux vaches du territoire. Ils ont déjà un agenda bien rempli. Ils seront accueillis dans les élevages pour s’accoupler aux génisses. Chacun séjournera deux à trois mois chez chaque éleveur. Le choix s’est porté sur une race résistante. Tous unis pour améliorer le cheptel polynésien. Et, au travail messieurs les brahmanes.

Hiata de Tahiti

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Les atouts délaissés de Clipperton

Article repris par Medium4You.

Tahiti Pacifique publie un très intéressant article signé Éric Chevreuil intitulé : « Clipperton, île bâtarde de la République ou comment la France oublie une partie de son patrimoine ».

Je vous en cite plusieurs extraits. On y apprend entre autre « qu’une simple recherche Internet en anglais et espagnol montre qu’il y a au moins trois bateaux de pêche et deux bateaux dédiés à la plongée par saison (octobre à mai). Ces vaisseaux emportent entre 15 et 35 passagers et proposent accessoirement une journée à terre. Entre 100 et 150 personnes payent donc entre 50 000 et 150 000 dollars au total pour aller ouvertement tous les ans sur cette terre de France, sans visa ni autorisations, permis ni contrôles. »

De même, « Lance Milbrand, de National Geographic, a passé 41 jours en solitaire sur l’île et y a noté en moyenne un bateau tous les trois jours ». Et que « les visites médiatisées de la Marine nationale, en grande fanfare au départ des navires de leurs ports d’attache, n’ont que peu ou pas d’effet d’intimidation car prévisibles et de courtes durée. » Mais que, « fin 2004 et début 2005, l’expédition de Jean-Louis Étienne a été capable de débarquer 10 tonnes de matériel et 45 personnes sur l’atoll ravitaillé une fois par semaine par un voilier qui faisait des navettes à partir d’Acapulco ».

Enfin que « la France signait en mars 2007 un traité avec le Mexique lui donnant l’autorisation de pêcher pour dix ans dans la ZEE de Clipperton, sans quota ni conditions, même dans les 12 milles de ses eaux territoriales, sous réserve d’obtenir des licences de pêche auprès du haut-commissariat à Tahiti. Dix ans sans quota de pêche légale en plus de la pêche incontrôlée : coup de maître diplomatique forçant le Mexique à reconnaître notre souveraineté sur l’atoll au prix « temporaire » de sa population de thonidés ? Le futur nous le dira, mais officiellement, discorde et désaccord transpirent de Paris ».

« Clipperton est littéralement devenu le nouvel Eldorado de la pêche aux thons, le dernier endroit de cette région du globe où un pêcheur peut ramener des trophées de 150 à 200 kilos. » « La zone Clarion-Clipperton est aussi appelée la « ceinture de manganèse » ou la « ceinture de cobalt ». C’est une zone riche en nodules polymétalliques connue de tous et ces dernières années, de nombreuses expéditions ont été menées pour en évaluer les vraies richesses. En 2001, il fut entre autre découvert que 90% des nodules de la région de Clipperton se trouveraient par 4 000 m de fond dans les eaux françaises alors que le fonds de ces eaux internationales était pratiquement vide ».

Il semblerait que Russes et Chinois… Euh, c’était juste pour vous mettre en appétit !

Hiata de Tahiti

Le Sénat a publié un rapport intitulé ‘La France et les îles subantarctiques’ le  16 décembre 2011 : Rapport du Sénat n°208 (2011-2012) par MM. Bruno SIDO, sénateur et Claude BIRRAUX, député, fait au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques [Argoul].

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