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Tiare Tahiti

Il est la fleur symbole de Tahiti. Tous ceux qui ont eu l’opportunité de débarquer à l’aéroport de Tahiti Faa’a, d’être attendu par de la famille, des amis ou les agents de voyage, ont tous été « couronné à la Tahitienne » avec au minimum un collier de tiare Tahiti, après avoir reçu une fleur de tiare lors de leur entrée sur le sol de la Polynésie.

collier de tiare tahiti

Tiare, en langue tahitienne, veut dire fleur. C’est cette fleur symbole (Gardenia taitensis) qui n’a pour nom que le mot « fleur » ! C’est un arbuste florissant que l’on retrouve dans le Pacifique insulaire. Il fleurit toute l’année et permet ainsi une disponibilité permanente.

L’utilisation de cette fleur a ses codes : portée sur l’oreille gauche, côté du cœur, elle signifie que la personne est prise ! Portée à droite, elle signifie que la personne est disponible. Portée des deux côtés à la fois, cela indique qu’elle est marié(e) mais malgré tout disponible… Enfin portée à l’arrière, cela signifie disponible « immédiatement ».

La fleur a entre 5 et 8 pétales, elle est stérile, privée de ses insectes pollinisateurs. Cette plante considérée comme indigène est certainement originaire de Micronésie. Selon son stade de maturité, elle porte dix noms. D’après la mythologie polynésienne, les 4 premiers boutons qui sont encore fermés appartiennent aux dieux : Oteo le premier appartient au Dieu Taaroa, le créateur du monde. Umoa le deuxième bouton appartient au Dieu Atea, le créateur de l’espace et de la tiare. Umatatea le troisième bouton appartient au Dieu Tane, dieu de la beauté. Umoa Tea le quatrième bouton appartient à Hina, la déesse de la lune.

Ses propriétés médicinales sont nombreuses. La plante est très utilisée en médecine traditionnelle polynésienne : la feuille contre les convulsions et coups de soleil ; les boutons floraux pour soigner les traumatismes, les douleurs hépatiques, les hémorroïdes, la fatigue, la lymphangite, l’asthme, les névralgies, et certaines hémorragies ; les fleurs à peine écloses sont réputées efficaces pour les plaies infectées ; les fleurs épanouies interviennent dans la bronchite, l’otorrhée et la cirrhose du foie.

monoi de tiare tahiti

Pour fabriquer le fameux monoï, on cueille à l’aube les boutons avec leurs tiges, ces tiges très odorantes qui contiennent le pollen. On casse les fleurs et on les mélange avec du coco râpé dans lequel on ajoute quelques abdomens de bernard-l’hermite pour accélérer la fermentation du coco. Ce mélange, légèrement brun, est exposé pendant quelques jours au soleil. On récupère l’huile petit à petit pour remplir des bouteilles en verre qu’on laisse reposer de 6 mois à un an.

Produit cosmétique polynésien reconnu, cette huile sert à oindre les bébés tahitiens ; appliquée sur la peau elle confère un bronzage doré et prévient des piqûres de moustiques ; les Tahitiennes l’utilisent depuis toujours en baume pour les cheveux.

Pour ne pas manquer de fleurs de tiare, le laboratoire de cosmétologie de Papara vient de planter ses propres tiares Tahiti. Cette nouvelle plantation, sur une superficie de 15 000 m² non loin du laboratoire, est destinée à éviter l’insuffisance en fleurs et pourra permettre d’approvisionner le laboratoire. Il doit à tout prix éviter la rupture de fleurs. Or, suite au projet de construction d’un hôtel sur la zone d’Atimaono (le golf de Tahiti), un couple qui cultive la tiare Tahiti sur un terrain loué au Territoire devrait cesser ces activités. Leur production représentait 25% de la totalité des tiares Tahiti livrées au laboratoire ! La plantation nouvelle du laboratoire s’intègrera dans l’actuelle « route du monoï ».

tiare tahiti en bouton

En Polynésie française, les deux tiers des plantes endémiques sont menacés. On fait quoi ? On pleure, on se lamente et puis, plus rien. Sont en danger critique l’Apetahia raiateensis – en tahitien tiare ‘apetahi -, Le Tauvolfia nukuhivensis, en marquisien  tu’eiaro -, le Pacifigeron rapensis, le Cyrtandra elizabethae.

Le Tiare ‘apetahi survit exclusivement sur trois hauts plateaux volcaniques de l’île de Raiatea (Iles sous le vent). Il est le symbole de la flore endémique menacée de Polynésie française. La beauté de cette fleur lui a valu une cueillette excessive depuis des lustres. Ce sont les rats, les cochons sauvages, les plantes introduites et un champignon pathogène qui sont cependant ses principaux ennemis. La lutte pour le sauver est inégale. Malgré une dératisation mensuelle, le renforcement par plantation, la lutte contre les principale plantes envahissantes… Personne n’ose avancer un pronostic tant la lutte est inégale.

Le tu’eiao, lui, est marquisien, de Nuku Hiva et Ua Huka. Cette espèce ne se développe que dans les forêts sèches des terres désertes sur les pentes externes des volcans jusqu’à 700m d’altitude. Son écorce est encore régulièrement utilisée dans la pharmacopée marquisienne. Depuis 2006, plusieurs pieds ont été mis au repos, on tente une multiplication en pépinière, et on croise les doigts ou on prie.

Le Pacifigeron rapensis est originaire de Rapa (Archipel des Australes) ; il mesure de 10 à 50 cm de haut et n’est visible qu’au sommet du Mont Perau (650 m), sur les crêtes et les fortes pentes exposées. Cette plante a des feuilles coriaces et deux types de fleurs jaunes au centre et blanches à la périphérie. Elle est victime du surpâturage des ongulés herbivores en liberté, chèvres, chevaux et bovins, des feux et des plantes introduites envahissantes.

Le Cyrtandra elizabethae est uniquement connu à Raivavae et Rurutu (Archipel des Australes). C’est un arbuste de 2 à 5 m de haut, possédant de grandes fleurs blanches très odorantes. Il est présent en forêt humide de moyenne altitude, en bordure de rivière. Ses fruits, baies charnues de forme ovale et de couleur ovale étaient consommés par des oiseaux endémiques. Ces oiseaux endémiques disparus, le surpâturage par les chèvres en liberté, l’invasion des plantes introduites et les feux ont considérablement réduit son habitat.

Le Sesbania coccinea, en paumotu ‘Ofai, Kofai, Faifai, pousse sur les sols sableux des atolls. Ses fleurs orange et rouge chamarrées de jaune décorent les chevelures des Paumotu, et ses tiges droites sont utilisées pour confectionner les manches des javelots. Malgré une protection depuis 2006, cette espèce a disparu de plusieurs atolls.

Il s’avère de plus en plus difficile de garder cette flore endémique.

Hiata de Tahiti

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David Le Breton, Anthropologie du corps et de la modernité

david le breton atnthropologie du corps et de la modernite
David Le Breton nous offre, dans cette étude de 1990, une étude de l’homme via son corps. Ce fil conducteur est un miroir de la société car toute existence est corporelle. Le corps est une construction symbolique bien avant d’être une réalité en soi.

Avant l’ère moderne, le corps n’était qu’une part du grand tout ; dans les sociétés traditionnelles, le corps ne se distingue pas de la personne. Chez les Canaques, le corps humain est une excroissance du végétal dont il est frère. Dans nos campagnes, les « sorts » ou les pratiques des « guérisseurs » sont du même ordre : le corps n’est qu’une partie d’une communauté humaine. Cette dernière agit sur lui et lui-même est influencé par les forces impersonnelles du cosmos.

Durant le Carnaval, les corps se mêlent en un tout sans tabou, portant la communauté charnelle à l’incandescence ; « tout est permis », impossible de se tenir à l’écart de la ferveur populaire dont on est. La mêlée confuse se moque de tout, des usages, des préceptes et de la religion. Le corps rabelaisien est de ce type « populaire », prémoderne : grotesque, débordant de vitalité, toujours prêt à se mêler à la foule, buvant, bouffant, rotant, pétant, riant (« le rire est le propre de l’homme »). Ce corps-là est indiscernable de ses semblables, ouvert, en contact avec la terre et avec les étoiles, transgressant toutes limites. Ce corps populaire vante tout ce qui ouvre vers l’univers, les orifices où il pénètre, les protubérances qui le frottent : bouche bée, vit raide, seins dressés, gros ventre, nez allumé… Le corps déborde, vit dans la plénitude accouplement, grossesse, bien-manger, besoins naturels. Tout cet inverse qui fait « honte » à la société bourgeoise dont la discipline est le maître-mot.

bacchus rabelaisien

Pour les Chrétiens, l’âme s’en détachait déjà, mais le corps devait renaître intact au Jugement Dernier. D’où le long tabou qui a jeté l’anathème sur toute dissection. L’ère moderne a commencé avec l’anatomie et l’historien du moyen-âge Jacques Le Goff souligne combien les professions « de sang », barbiers, bouchers, bourreaux, sont méprisés. La dissection transgressait le tabou religieux mais faisait avancer la médecine comme le savoir. Le médecin se gardait bien d’ailleurs de toucher au sang, laissant cette impure besogne au barbier. Il gardait la plus grande distance possible entre le corps malade et le savoir médecin (voir Molière).

jambes des filles

La philosophie individualiste, retrouvée des Grecs à la Renaissance et poussée par les marchands qui voyageaient hors des étroites communautés, a « inventé » le visage, miroir de l’âme, signature individuelle, délaissant la bouche, organe avide du contact avec les autres par la parole, le manger, le baiser. Les yeux (re)deviennent les organes du savoir, du détachement, de la distance. Dès le 15ème siècle le portrait, détaché de toute référence religieuse, prend son essor dans la peinture. Le visage est la partie du corps la plus individuelle, la signature de la personne, qui reste d’ailleurs sur notre moderne carte d’identité.

Le corps-curiosité est devenu peu à peu corps-machine, mis en pièce par la dissection de Vésale, mécanique selon Descartes, « animal-machine » que l’âme (distincte) investit pour un temps. Le corps sur le modèle mécanique est désiré par l’industrie naissante comme par les dictatures « démocratiques » qui ont renversé les rois. Usines, écoles, casernes, hôpitaux, prisons, analysés par Michel Foucault, jalonnent l’emprise d’État sur les corps – particulièrement forte en France – « terre de commandement » – et qui demeure dans les esprits (yaka obliger, yaka taxer, yaka sévir). Une anatomie politique est née, d’où nous sommes issus, la structure individualiste fait du corps un ‘sujet’, objet privilégié d’un façonnement et d’une volonté de maîtrise. Le corps moderne implique la coupure avec les autres, avec le cosmos et avec soi-même : on « a » un corps plus qu’on « est » son corps.

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La médecine aujourd’hui tend à considérer le corps comme une tuyauterie susceptible de dysfonctionnements ; le médecin d’hôpital agit comme un garagiste, diagnostiquant la panne et réparant seulement l’organe endommagé. Il vise à soigner la maladie, pas le malade. L’absence d’humain dans cette conception des choses fait que nombre de « patients » se veulent considérés en leur tout et ont recours, pour ce faire, aux « médecines » parallèles, fort peu scientifiques mais nettement plus efficaces en termes psychologiques. C’est pourquoi peuvent cohabiter encore la science la plus avancée et les pratiques chamaniques les plus archaïques.

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Le corps réenvahit la vie quotidienne dans les médias, les cours de récréation, les sports extrêmes, les bruits et les odeurs. Le bien-être, le bien-paraître, la passion de l’effort et du risque – mais aussi le narcissisme, le culte de la performance, l’obsession du paraître – sont des soucis modernes. Ce corps imaginé devient un faire-valoir. Il nous faut être en forme, bodybuildé et mangeant bio, soucieux de diététique, nourri aux soins cosmétiques et pratiquant la course ou la glisse, l’escalade ou l’aventure. Plus que jamais, l’individu « paraît » son corps (d’autant plus qu’il « est » moins à l’intérieur).

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Et pourtant, l’effacement ritualisé subsiste. Je l’ai noté souvent sur les continents étrangers, la répugnance occidentale au « contact » physique est particulière, extrême sur toute la planète. Le handicap physique est angoissant, donc repoussé du regard, ignoré. Exposé plus qu’avant aux regards, le corps « libéré » est aussi escamoté, car seul le corps idéal est offert en pâture ; le corps réel demeure caché, vêtu, honteux. Notamment le corps qui vieillit, qui ne répond plus parfaitement aux nouveaux canons de la mode « jeune » véhiculée par la publicité.

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Il n’y aura véritable « libération » des corps que lorsque le fantasme du corps jeune, beau, lisse, puissant et physiquement sans défauts aura disparu. Nous ne sommes pas tous des Léonardo di Caprio mignons avec la sexualité de Rocco Siffredi, les muscles du gouverneur Schwarzenegger, l’intelligence subtile d’Hannibal Lecter et le cœur humaniste de Philippe Noiret… Mes lectrices remplaceront les noms selon leurs fantasmes ; il paraît d’ailleurs que Brad Pitt remporte la palme, peut-être parce qu’il a des muscles de camionneur et un sourire de gamin.

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Ce pourquoi une vague aspiration pousse la médecine à pallier le réel. Avortement thérapeutique, procréation assistée, clonage, choix des gènes – sont des manipulations du corps qui hantent les fantasmes de perfection et de reproduction narcissique de soi. La peur de la mort encourage les prothèses, les greffes, fait rêver de bionique. Le corps reste présent même en pièces détachées, lorsqu’il doit être « réparé » par des greffes ou mis au monde sans femme.

Écrit aisément, lisible sans être aucunement spécialiste, cultivé et au fait des questions contemporaines sur la médecine, l’hôpital, l’imagerie médicale et l’acharnement thérapeutique, la psychanalyse et les « alternatifs », voici un ouvrage court qui fait penser. Où l’on voit que ce livre d’étude de l’homme, loin d’être réservé aux spécialistes ou cantonné à son univers folklorique, parle de ce qui est le plus actuel : nous-mêmes.

David Le Breton, Anthropologie du corps et de la modernité, 1990, PUF Quadrige 2013, 335 pages, €15.00

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Des soins au cimetière à Tahiti

L’huile de tamanu est une huile appelée autrefois « huile sacrée », c’est dire ! Utilisée depuis toujours dans la médecine traditionnelle des Polynésiens et encore de nos jours les bébés polynésiens sont oints de la tête aux pieds pour empêcher les piqûres de moustiques, les rougeurs des fesses, ou tout simplement les masser. Quelle chance ont les bébés polynésiens !

Côté thérapeutique, l’huile de tamanu est utilisée pour soigner les infections de la peau, même pour les ulcères et les escarres, dans le traitement des brûlures, des plaies atones et post-opératoires. En cosmétique, elle est utilisée pour son pouvoir régénérateur sur la peau et les cellules (préparation de produits anti-âge, crèmes apaisantes et réparation des dégâts produits par le soleil).

Au marché de Papeete, vous trouverez de quoi lutter et soigner psoriasis, eczéma, rosacea, bobos dus aux staphylocoques, plaies infectées, varicelle, acné, herpès et champignons. Feuilles et écorces séchées sous forme émiettées y sont vendues. Verser dans l’eau bouillante et laisser infuser 10 minutes. Verser cette infusion dans un bain tiède et trempez votre corps entier ou seulement une partie. On peut aussi faire des applications locales. Le tamanu en tisane peut servir comme anti-inflammatoire sur les œdèmes, les douleurs articulaires, musculaires et même osseuses. On prête aussi au tamanu des activités immuno-modulatrices, anticancéreuses, anti-inflammatoires, antibactériennes et antifongiques prouvées. Le tamanu a également des propriétés anti-oxydantes très fortes. Merci Seigneur, comme disent les Tahitiens.

CIMETIERE PAPEARI TOUSSAINT 2014

Le chikungunya s’installe en Polynésie, Papeari a débuté l’épidémie. Ça fonctionne bien car il a fait des émules dans d’autres districts. On a pulvérisé à Papeari quelques quartiers, puis on l’aurait vu (le moustique) à Punaauia, à Taiarapu-Est, à Faaone, maintenant partout sur Tahiti ; il s’est même exporté aux Raromatai (Iles sous le Vent) à la faveur de la course de va ’a Hawaiki Nui. Les médecins ne chôment pas. La fièvre est élevée, les douleurs articulaires invalidantes aux poignets, genoux, hanches, avec une éruption cutanée plus ou moins forte. De 400 à 500 personnes touchées, on a dépassé (si j’en crois les nouvelles) les 3 000 à Tahiti.

LA course, la course mythique, la 23e édition, 128,5 km en trois étapes est la course de va ’a (pirogues) Hawaiki Nui. Tous les Polynésiens sont rivés qui à la télé, qui à la radio, qui à l’Internet. Cette année quelques équipes étrangères sont venues participer à cette grande épreuve. Il faut mobiliser les avions d’Air Tahiti pour conduire les équipes à Huahine, expédier les va’a par bateau où elles seront pesées avant de prendre part à la course. La 1ère étape part de Huahine pour rallier Raiatea soit 44,5 km. La seconde étape se déroule dans le lagon de Taha’a, l’île vanille, sur 26 km. Le vendredi, pour la dernière étape, partis de Patio à Taha’a il faut rallier Bora Bora soit 58,2 km à la rame sur les va’a V6. EDT Va’a A a gagné les 3 étapes, bravo. Pour vous, juste un petit conseil, commencez votre entraînement dès aujourd’hui pour avoir une toute petite chance de figurer !

PAPEARI TOUSSAINT 2014

A la Toussaint, les marchands de sable étaient à pied d’œuvre. Non, non, pas le marchand de sable de Nounours et Pimprenelle, mais du vrai sable à répandre sur les tombes, surtout blanc en provenance des îles. Un sac de 20 kilos ? 1 200 XPF S.V.P. Le sable blanc vient principalement de Taha’a ou Bora Bora (Iles sous le vent), le sable rose de Tikehau (Tuamotu). Tous ces efforts pour embellir les tombes et se faire, pour les revendeurs, un peu de moni (pépettes) ! Les fleurs déposées là aussi sont de plus en plus des fleurs artificielles. Celles-là n’attireront peut-être pas les voleurs. Sous le soleil, le cimetière est magnifique, non ?

Hiata de Tahiti

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Monoï de Tahiti

Tout le monde connait ou a entendu parler de cette huile ancestrale qui est devenu un succès commercial depuis les années 90. Les Maohi sont restés fidèles depuis les temps anciens à cette huile.

C’est le 1er avril 1992 que le Premier ministre Édith Cresson signa le décret officialisant l’appellation d’origine du monoï de Tahiti. Le monoï était connu partout mais surtout galvaudé. Mais la fleur de tiare ne pousse qu’en Polynésie française et le coco est particulier au fenua. Catherine Aubert, ancien mannequin est à l’origine de la fleur de tiare à l’intérieur du flacon. Un astucieux moyen de lutter contre les contrefaçons. Elle assure la célébrité du monoï en métropole. C’était l’époque mythique du sea, sex and sun – du Club Med, quoi !

Le chiffre d’affaires de cette huile de soin en cosmétique était de 540 millions en 2011, en constante augmentation depuis 2005. 90% du monoï produit à Tahiti est exporté. Cette filière assure 100 emplois directs, permet de faire vivre d’autres centaines de famille de coprahculteurs et cultivateurs de tiare Tahiti.

Les fabricants ici ont pour nom Parfumerie Tiki, Parfumerie Sachet, Tahiti Arômes, Laboratoire de cosmétologie du Pacifique Sud, Savonnerie de Tahiti Heiva, Laboratoire cosmétologique de Tahiti. La parfumerie Sachet distribuait son monoï, en métropole, sous le nom de « L’or de leur corps ». Le public le connaissait surtout pour le flacon avec la Tahitienne à genoux (1970), désormais elle est debout.

Le cocotier polynésien (coco nucifera), avait été sélectionné par les premiers Polynésiens. Il possède des vertus spéciales si on le compare à ses cousins poussant hors du triangle polynésien. Les ancêtres avaient réussi à créer des cocotiers en fonction de leur usage. Certains sont utilisés pour leur bois, d’autres pour leurs palmes, d’autres pour leurs noix. Là encore plusieurs variétés se distinguent selon que l’amande sera destinée à être mangée ou utilisée à des fins médicales. Le haari oviri (coco noir et vert) est le cocotier du médecin. Assez rare aujourd’hui, il est confondu souvent avec le coco nain du Brésil.

A l’huilerie de Tahiti on ne mélange pas les sacs de coprah venus des Tuamotu-Gambier, des motu des îles de la Société avec ceux venus des Marquises ou de Tahiti. Non seulement, il s’agit de fournir un débouché aux nombreuses cocoteraies des Tuamotu-Gambier mais le sol influe sur la plante et sa composition. Comme le pied de vignes plantées ici ou là-bas, telle contrée donnera un grand cru ou une piquette – immanquablement la terre influera sur le coco et sa composition chimique. Le tiare enrichit l’huile.

Les tiares destinés à la macération doivent être récoltés au stade de fleur en bouton qui commence à s’ouvrir et avant éclosion totale de la fleur. Il a été démontré que la fleur perdait beaucoup de son arôme une fois « déboutonnée ». De plus une fois ouverte les pétales noircissent plus rapidement. La fleur est riche en salicylates, ou esters. Cette famille de molécules est proche de l’aspirine. La fleur de tiare Tahiti était connue dans la pharmacopée traditionnelle polynésienne pour traiter, entre autres, les migraines.

Chimiquement parlant l’huile de coprah contient 70% de triglycérides à acides gras de courte chaîne alors que la plupart des huiles végétales contiennent 80% de triglycérides à acides gras de longue chaîne. De par leur plus petite taille, les molécules de l’huile pénètrent mieux dans la peau ou le cheveu. L’huile de coprah contient seulement 20% d’acides gras insaturés, d’où sa forte capacité à ne pas « tourner ».

Hiata de Tahiti

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Tahiti se drogue à ce qu’il peut

Je vais vous conter la candide aventure d’une pakamobile à Papeete. Il était pourtant rutilant ce 4×4, mais il est tombé en panne. Impossible d’aller effectuer les livraisons aux différents points de vente ! Qu’à cela ne tienne ! Les livreurs de paka (cannabis) ont vendu aux passants la cargaison « au cul du camion ». Ils ont évidemment été pris en flagrant délit par la police et les hommes du GIR. Un kilo 500 d’herbe séchée a été détruit. Puis 500 pieds de paka ont ensuite été arrachés chez le « pakaculteur ». Un millier de boîtes (d’allumettes) destinées au conditionnement et le 4×4 ont été saisis.  Les livreurs ont « donné » le producteur qui a expliqué qu’il avait mis au point une espèce « d’herbe » capable « de donner » tous les 3 mois.

A noter qu’une boîte de 3g se vend 5000 FCP. En 2009, les autorités estimaient ce marché souterrain à 40 milliards de FCP/an. Les quantités saisies ne représentent en gros qu’un quart de la production en circulation. A Tahiti, on n’a pas de pétrole mais on a du paka.

La semaine précédente, dans l’enceinte du Palais de Justice, un individu s’était allumé un joint. Mais il est vrai que le gouvernement veut interdire la vente de la bière fraîche après 16 heures.

D’ailleurs ledit gouvernement vient d’être renversé. Président du peï : Oscar, indépendantiste ; Président de l’Assemblée : Jacqui, indépendantiste; Présidents des diverses commissions : tous indépendantistes. 57 représentants pour 267 000 habitants dont 29 représentants indépendantistes, autrement dit la majorité. La question que tout le monde se pose : c’est quand que les Indépendantistes boutent les Popaa hors du fenua ?

Réponse : pas tout de suite car l’autre drogue c’est les sous. La CPS (Sécurité sociale du fenua, autrement dit de Tahiti) réclame 27 milliards à la France en remboursement de tous les frais occasionnés par les malades du nucléaire, c’est à dire quasiment tous les patients de Polynésie, sans distinction, depuis une quarantaine d’années.

Quand on n’a rien à se mettre dedans, on s’en met dessus. Le monoï ? ça marche bien ! Soin original, le monoï est un produit utilisé par 250 marques de cosmétiques. 28 tonnes exportées au 1er trimestre 2010 et, pour le 1er trimestre 2011, ce sont 98 tonnes qui sont parties. Plus de 10 millions de produits finis en contiennent. L’année prochaine on fêtera les 20 ans de l’appellation d’origine. La fleur de tiare possède des propriétés apaisantes et assainissantes reconnues. Le tiare ne pousse de façon naturelle qu’à Tahiti. Le monoï fabriqué avec l’huile raffinée de coprah a des vertus émollientes avérées… D’où l’intérêt des grandes marques de cosmétiques : Schwarzkopf, Estée Lauder, Cinq mondes pour ne citer qu’elles parmi les 250 cosmétiques intéressés.

Il faut bien exporter quelque chose quand on ne sait plus accueillir… Publication des chiffres du tourisme : en 2010, 153 919 visiteurs soit une baisse de 4,1% par rapport à 2009, alors que l’Organisation mondiale du tourisme annonce que le nombre de touristes internationaux a augmenté de 7%.

On crée des emplois entre soi, comme ça on ne sort pas de la famille : l’annonce officielle qu’une nouvelle prison de Papeari (Tahiti), coûtant de 8 milliards de FCP, donnerait 245 emplois permanents.

Portez-vous bien, à bientôt.

Hiata de Tahiti

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