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Henry Roth, A la merci d‘un courant violent

Henry Roth (à ne pas confondre avec Philip Roth) est né juif en 1906 en Galicie, dans l’ancienne-Autriche-Hongrie. Décédé en 1995 à 89 ans, il livre un an avant sa mort ses ultimes souvenirs, reconstitués soixante-dix ans après : A la merci d’un courant violent. Le courant est la religion juive orthodoxe, qui l’a handicapé dès l’enfance et névrosé pour toute sa vie. Le premier tome est Une étoile brille sur le Parc du Mont Morris – ce volume chroniqué ici. Il y évoque la période de ses 8 à 14 ans à New York.

Il a émigré avec ses parents à l’âge de 3 ans, en 1909, cinq ans avant la guerre de 14 qui allait entraîner un bouleversement de l’Europe et l’entrée en guerre des États-Unis. Le jeune Henry, qui est incarné par Ira dans ses souvenirs publiés, est un gamin dans la misère, comme la plupart des nouveaux immigrants. Il habite un quartier pauvre de New York et joue dans la rue avec des gamins aussi dépenaillés que lui, des Irlandais et des Italiens. Jusqu’à ce que ses parents décident d’emménager dans le quartier juif, pour se rapprocher de la famille de sa mère, des grands-parents, une tante, quatre cousins-cousines. Le gamin qui allait jusqu’alors à l’école religieuse juive (Heder) et récitait par cœur la Torah, en enfant sage, se prend d’une répugnance progressive pour tout ce fatras de superstitions et de langages – le yiddish, le hongrois, la langue du Talmud. Il veut devenir comme les autres, un bon Américain.

Son père, irascible et brouillon, incapable d’un travail suivi sans s’engueuler avec ses patrons ou partenaires, le bat brutalement. Seule sa mère le protège, « mère juive » dans sa caricature de conservatrice des traditions et d’amour enveloppant. Ira ne s’est battu qu’une fois avec un petit Irlandais blond qui le traitait de youpin ; ils sont devenus copains. Mais il est lâche et préfère la facilité ; quand il rentre de l’école tabassé, sa mère lui dit d’esquiver, de s’en tirer par un bon mot – c’est plus efficace qu’un bon coup. Ado, il se fait un ami goy catholique et l’admire, car il est à l’aise en toutes circonstances, sans traîner oripeaux et casseroles de la judéité.

A 13 ans et demi, il poursuit l’école dans la section commerciale (sténo, compta et espagnol) tout en travaillant à mi-temps dans un magasin d’alimentation de luxe qui livre à domicile. Il a fait sa bar mitsva, il est désormais considéré comme un membre de la communauté, son père ne lève plus la main sur lui. Ira décrit son entourage, ses copains, ses collègues, sa famille – le retour de l’oncle Moe, requis par le service militaire au grand dam de sa mère juive qui se lamente et ne mange plus. Qu’a donc un Juif à faire avec les batailles des Goys ? Mais Moïse, abrégé en Moe, qui se fait appeler Morris à l’armée pour faire moins juif, était serveur dans le civil et il est affecté à l’intendance. Il organise la bouffe du régiment, les commandes, les prix, les menus, les rations. Il s’en tire sans dommage.

L’obsession d’Ira est le sexe, dès un âge très tendre (Henri Roth, Philippe Roth, Epstein, Strauss-Kahn, on se demande s’il y a là une constante). Malgré quelques invites à se frotter de la part d’un copain sur un toit, d’un marginal qui l’emmène au parc, d’un prof qui cherche à le branler, il n’est pas séduit. Il reluque plutôt les jambes des petites filles dès 9 ans, se caresse aux cuisses de sa mère à 11 ans ; elle a voulu dormir avec lui pour se rassurer lors d’un voyage du père. Il avoue incidemment « niquer » (ainsi écrit-il) à 16 ans tous les jours sa sœur de 14 ans « dès que la clé a tourné dans la porte » au départ des parents. Pour le reste, il élude la petite sœur ; il n’en parle pas. Ses souvenirs sont sélectifs, marqués par ses rapports tourmentés avec sa famille et avec la tradition juive orthodoxe.

Henry Roth finira par épouser à 33 ans la fille d’un pasteur baptiste (surtout pas juive !) avec laquelle il aura deux enfants. Ce n’est que dans son ultime vieillesse qu’il consent à avouer les turpitudes de sa prime adolescence complexée.

Un livre de mémoire reconstruite qui permet de découvrir la vie bariolée des immigrants à New York dans les années 1910. Un style de conteur, bardé de mots yiddish. C’est parfois captivant, mais je n’aime pas les coupures de dialogue avec son ordinateur des années 1980 qu’il appelle Ecclesia. Des incidences en général insipides qui coupent le récit, même si l’objectif est probablement de rendre relatif ce qui est raconté. Le lecteur pourra sans dommage les sauter (sans jeu de mot) à chaque fois.

Avec un arbre généalogique des deux côtés de la famille et un lexique de 7 pages de yiddish.

Henry Roth, A la merci d‘un courant violent (Mercy of a Rude Stream – A Star Shines Over Mount Morris Park), 1994, Points Seuil 1997, 397 pages, €2,99

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Faits divers à Tahiti

Paea, en cette après-midi du premier de l’an, un jeune cycliste de 12 ans a été tué sur la route. Erreur de trajectoire du cycliste, imprudence du conducteur ? L’enquête est en cours.

Paea, décidemment, ce début d’année est endeuillé, un père perd le contrôle de son véhicule, fait une sortie de route et  finit sa course dans une rivière, son fils meurt dans le choc.

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Un important dispositif avait été déployé la veille, soirée du réveillon, par les forces de l’ordre. Mille cinq-cents contrôles, 39 infractions relevées. En zone gendarmerie (en dehors de Papeete et Pirae), 755 dépistages, 21 infractions relevées pour conduite en état alcoolique dont 10 délictuelles. En zone police (Papeete et Pirae) 700 dépistages effectués pour 18 relevées pour conduite en état alcoolique dont 11 délictuelles.

Cet hélicoptère au-dessus d’Outumaoro, en face de Carrefour fait songer à un film américain ! Que se passe-t-il ? Des voitures de gendarmerie… On le saura après, ce déploiement de forces était une opération de repérage et d’arrachage de stupéfiants avec l’aide de l’hélicoptère des armées. Depuis les airs, la vue est meilleure pour observer les plantations. Les pakaculteurs (planteurs de cannabis) ont dû se rabattre dans les bâtiments, les cours pour cultiver, les plantations dans les montagnes avaient été repérées et détruites, mais le business continue.

Un trafic international de cocaïne démantelé par la police. Le voileux résidant aux Marquises allait acheter la poudre blanche à Panama et l’écoulait avec la complicité de restaurateurs à Tahiti. Un commerce juteux mais pas sans risques, le bénéfice serait de 14 moi de XPF. Mais, qui ne risque rien n’a rien !

A Faa’a, un accident insolite au cimetière Notre-Dame des Anges. Trois lycéens de 15 ans profitaient d’une pause pour discuter à l’ombre assis sur un coin d’un caveau. Seul, l’un était assis sur la plaque de marbre qui bouche le caveau et s’est retrouvé brutalement quatre mètres plus bas au fond de la tombe. Indemne après la chute il a eu le malheur de recevoir sur lui les morceaux de la pierre tombale et l’un d’eux lui a brisé la jambe. Le malheureux sera remonté à l’air libre par les pompiers et les mutoi (flics) et conduit à l’hôpital. Qui va payer les frais d’hospitalisation ? Le mort ? Le propriétaire du caveau ? Le fournisseur de la plaque ?

poisson pierre

Le jeune Rauheierii se baignait avec des amis aux Tubuai lorsqu’il a été piqué au pied à plusieurs endroits par un nohu (poisson-pierre). Cela arrive souvent au fenua. Mais le jeune a été victime d’un choc cardiotoxique dû au venin du poisson. Il en a réchappé, c’est du jamais-vu ici. Il était arrivé au dispensaire inconscient mais grâce à l’efficacité du médecin, des infirmiers, de la chaîne de solidarité (car il y avait également trois autres personnes victimes du nohu) il a pu être évasané (évacuation sanitaire) à Papeete. Après quelques jours de soins à l’hôpital du Taone regagner son île natale.  Le poisson-pierre est réputé pour être le plus venimeux du monde.

Sur Makemo (Tuamotu), il tabasse sa femme à mort pendant son sommeil. Un meurtre ultra violent d’un homme de 57 ans, déjà condamné par le passé pour des violences conjugales,  sur sa femme de 43 ans, mère de quatre enfants. Le couple était en instance de divorce.

Hiata de Tahiti

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Menaces sur Tahiti

« Saoul, il emprunte un rond-point en sens-inverse, et tabasse un couple d’automobilistes ; condamné à 3 ans dont 18 mois avec sursis. »

« Gambier : une Américaine accuse son guide de viol. »

« Fumée noire dans le ciel hier : incendie au Centre d’enfouissement technique de Paihoro. Situé à la limite de Papeari, le CET qui comprend actuellement 9 casiers en service, et un en préparation, traite environ 70 000 tonnes de déchets par an, soit approximativement 190 tonnes par jour ».

À Rurutu (Australes), les chiens errants attaquent. Rurutu a été à nouveau le théâtre de massacre d’animaux par des chiens en divagation. Après les chèvres, ce sont les oies qui en ont été les victimes. La moitié du troupeau d’oies décimé. Les chiens appartiennent à l’un des voisins de l’éleveur. Des animaux mal nourris qui traînent à la recherche de quoi manger.

Synode de l’église protestante mao’hi : elle veut décoloniser ! L’église protestante est devenue M A O ‘ H I il y a quelque temps. Politisée à l’extrême, elle a imposé des règles mao’hi aux offices comme remplacer le vin et le pain par de l’eau de coco et des tranches de coco car c’est mao’hi. Cela lui a permis de perdre une partie de ses enfants qui sont partis vers d’autres églises. Beaucoup pensent qu’elle se tourne trop vers la politique et préfèrent vivre leur foi chez les Sanito, chez les autres églises. Et certains temples se vident de mao’hi.

Tubuai (Australes), un aveugle est lardé de coups de couteau par son neveu. Partis « triper » dans une cabane perdue, le neveu aurait au passage du marea été poussé par un tupapa’u (esprit) à commettre ce crime. C’est le deuxième crime dans ce quartier de l’île où sous l’emprise du paka son cousin avait poignardé à mort une autre personne. Malédiction ? On devrait interroger les tupapa’u prochainement… s’ils y consentent évidemment.

A Faa’a, toute la famille imbibée d’alcool, environs 2 g pour madame et 3 g pour mossieur. Bagarre, un couteau planté dans le torse de mossieur. La semaine dernière c’était encore une dispute conjugale qui tourna au drame, un mort ; madame s’est défendue et a planté un couteau dans le cœur du mari.

A Moorea, un guide touristique est sauvagement agressé par deux jeunes gens. Il paraît que l’un des agresseurs avait consommé deux bouteilles de pastis à lui tout seul, avec au milieu quelques bières. Touristes : atation, atation !

Un « radeau » de pierres ponces de la taille de la Belgique dérive dans le Pacifique. Les scientifiques pensent qu’il s’est formé après l’éruption récente du Monowai, un volcan sous-marin actif.

La liste noire des fermetures d’hôtels s’allonge. Après le Maeva Beach de Punaauia, c’est au tour du Manihi Pearl Beach Resort, seul hôtel de l’île de fermer et de priver 22 familles de l’île de revenus.

Mais, il existe peut-être une solution. Un entrepreneur local claironne qu’il faut des casinos pour sauver le tourisme. L’homme se présente comme « un développeur social » et propose le rachat du Maeva Beach par un fonds d’investissement américain et l’installation de casinos par le Consortium des casinos internationaux. Ce monsieur est PDG des agences de voyages Tahiti nui Travel, Tahiti Tours ainsi que du groupe Casino en Polynésie française. Il pense qu’à l’horizon 2015, 260 000 touristes pourraient venir soit une hausse de 28,5 milliards de recettes.

Hiata de Tahiti

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Crise du tourisme polynésien

Les mois, les années se suivent et se ressemblent. Pour l’année 2011, moins de 165 000 visiteurs. La baisse des arrivées de touristes se confirme. L’an 2011 se termine sur le total de 162 776 visiteurs soit le nombre de 1997 très loin du chiffre record du début des années 2000, proche de 260 000 touristes. Au lieu d’accuser bêtement les autres, il faut se regarder dans le miroir et voir ce qui ne va plus en Polynésie… mais il faut en avoir le courage. Non content de prendre le touriste pour un cochon de payant, celui-ci est volé, tabassé, insulté. La diminution de l’activité hôtelière s’expliquerait par le retrait des principaux marchés émetteurs (Europe, États-Unis, Japon) par une baisse de la durée moyenne de séjour.

Et si l’on allait voir chez les voisins ? Ca va plutôt bien ! Voyez vous-mêmes, Fidji a compté 675 000 arrivées ; Palau 100 000, soit 25% de plus que l’an passé ; idem pour les Cook. Tout va bien pour le tourisme sauf en Polynésie française. Pourquoi ? Serait-elle maudite ? Vous pourrez toujours regardez sur un atlas où se trouvent ces micro-états.

Pour faire la promotion de Rangiroa, Fakarava et Nuku Hiva, le GIE Tahiti Tourisme a demandé au photographe anglais Andrew Murch de promouvoir la plongée dans ces îles. Ses clichés sont publiés dans Shark diver aux USA, Diver magazine au Canada et X-Ray magazine en ligne. Si Rangiroa ne l’a pas fasciné, il a beaucoup apprécié Fakarava ainsi que les Marquises. Beaucoup de requins gris de récif à Fakarava ; aux Marquises, quatre espèces de requins, des raies manta, une petite faune intéressante et des péponocéphales (orques pygmées) qu’il ne connaissait pas. De quoi intéresser des plongeurs, mais, le billet d’avion tellement onéreux devrait en décourager plus d’un.

La nouvelle lubie du président du pei ? La création d’un marathon à Tahiti à la place de celui de Moorea. Il vise à attirer des étrangers, et aurait lieu en même temps que celui de New York. Eh oui, rien que cela ! Rêve, doux rêve, le budget serait le double, les prix 3 à 4 fois supérieurs à celui de Moorea… Est-ce que les coureurs de celui de New York vont opter pour celui de Papeete ? En tout cas Oscar Tane veut rivaliser avec New York.

Nous avons reçu à domicile les comprimés de Notézine 100mg à prendre avec un peu d’eau devant les représentantes de la mairie. C’est le traitement le plus efficace contre la filariose et le ministère de la Santé avait enfin compris que les gens ne prenaient pas ce médicament, l’oubliaient dans une poche ou le jetaient.

Oscar dérape, pourtant nous ne connaissons pas le verglas à Tahiti. Lors d’un journal télévisé sur TNTV : « J’espère que François Hollande sera élu président de la République car nous, en tant que chrétiens, ce n’est pas possible que nous, on puisse voter pour Nicolas Sarkozy qui a les mains pleines de sang. Rappelons-nous de ce qui vient de se passer en Libye. Les enfants ont été tués, les mères de famille, les personnes âgées, tout ça pour tuer une personne (Kadhafi) qui est recherchée parce que cette personne a fait savoir qu’en 2007, c’est M. Kadhafi qui a financé sa campagne, n’est-ce pas ? Voilà la réalité des faits et j’espère que la Cour internationale de justice, on ne peut pas soutenir un président comme ça, qui aura à juger le fils de Kadhafi, fera une enquête également et j’espère que l’on entende comment cela s’est passé. Comment il a financé la campagne de M. Sarkozy. » Oscar Temaru est pour les formules chocs ! Rappel de quelques-uns de ses autres dérapages verbaux : « L’Éducation nationale fabrique des crétins » ; Alain Juppé, est étranger. Le vote des « étrangers » est le vote des « colons » ».

Décidément, tout est fait pour attirer les Français de métropole dans nos îles…

Hiata de Tahiti

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