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Arapà contre la guerre

La guerre, n’importe quelle guerre, toutes les guerres. Du nationalisme le plus con de 14 à la religion déformée la plus con des daechistes islamiques. Mourir pour l’au-delà, quelle dérision… Mourir pour rien serait plus juste. Défendre sa patrie n’a rien à voir avec l’intolérance à l’autre. Qui ne le comprend pas devrait un peu réfléchir.

Que défend-t-on par la mort ? Soi-même, sa famille, son clan, son peuple, l’humanité ? Rarement, très rarement. S’il existe une légitime défense, il n’existe pas de guerre juste. Il s’agit toujours d’aller massacrer l’autre au nom d’une idéologie, qu’elle soit « la patrie en danger », « l’ennemi héréditaire », le « sous-homme » ou « la gloire de Dieu-Allah-Jéhovah ».

Les nantis au pouvoir envoient toujours le populo massacrer les autres avec les armes fournies par leurs copains industriels, au nom de leurs seuls intérêts, et sous le paravent de la religion ou ou de l’idéologie – ce qui est une pareille déformation du monde.

C’était vrai en 14, c’est encore vrai sous les islamistes. Qui donc se veut calife à la place du calife ? Qui donc interprète les volontés du peuple ou les désirs de Dieu ?

Quelle prétention ! Quelle bêtise bassement humaine… Comment un dieu quelconque, très-haut et miséricordieux comme on le croit, enverrait-il des bêtes ivres de haine massacrer des humains issus de lui ? A-t-il besoin de ces golems pour assouvir sa vengeance ou accomplir sa volonté ? Si tel est le cas, il a bien peu de puissance, le dieu. Il est bien trop ethnique, particulier, provincial, pour prétendre régenter toute l’humanité et les autres êtres dans l’univers – qu’il aurait « créés ».

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Arapà, chanteurs corses, composent un CD entièrement contre la guerre, toutes les guerres. J’ai déjà évoqué le groupe Arapà sur ce blog. In Memoriam a été pour la première fois interprété à Verdun dimanche 23 octobre de cette année en l’Eglise Saint Sauveur. Nous sommes le 11 novembre, armistice après quatre ans de massacre industriel ; nous serons dans trois jours le 13 novembre, anniversaire d’un massacre aussi lâche que méprisable, contre des jeunes qui ne sont pas de la même race, suivent une autre culture et qui croient autrement.

Si je mourais là-bas, poème d’Apollinaire à sa maitresse Lou, oppose amour à mort, l’amour à la mort, la vie au suicide. Journal d’un soldat corse, Verdun, Envoi du front, Lettre de soldat, Le chemin des Dames, La chanson de Craonne, La butte rouge, Tu n’en reviendras pas, sont des chants en français qui alternent avec des chants corses (traduits dans le livret). Pour dire non à la guerre, non à la haine, non à la connerie humaine.

Vaste programme ! Assez vain, mais fait du bien. La poésie pour la vie vaut mieux que la balle pour le mal. Et chante la voix chaude, vivante, sortie des tripes :

Ecoute mon enfant

Les oiseaux qui chantent

Regarde mon fils,

Comme sont belles les fleurs

Si toi, mon chéri, tu veux être comme eux

Reste près de moi, et gardons les agneaux

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Nous sommes le 11 novembre ; nous serons dans trois jours le 13 novembre. Où sont les anti-guerres dans ces « célébrations » ? Pourquoi brailler « plus-jamais-ça » alors que vous laissez toujours tout recommencer ? Intellos pseudo-penseurs, où est votre Front des intellectuels antidaechistes ? Bobos contents de vous, où est votre lucidité sur cette foi qui permet de violer, d’asservir et de massacrer ? Le même genre de foi que le nationalisme de 14 et des fameux fascistes des années 30 dont vous faites le diable incarné. Cette foi particulière du salafisme, si proche du wahhabisme saoudien dont vous faites « vos amis » en leur vendant des armes, alors que cette foi est la partie la plus raciste, antisémite, xénophobe, sexiste et intolérante de toute la planète ? Ce radicalisme que vous encouragez par votre laisser-faire, dont vous encouragez par là même son antidote radical : le Front national, qui insidieusement gagne toute la société « démocratique ». Pourquoi ne voulez-vous jamais regarder la réalité en face ? Par bêtise ? Par trouille ? Par lâcheté ?

Si chanter In Memoriam pouvait vous remettre les idées à l’endroit…

CD Arapà, In Memoriam 1914-1918, 2016, disponible via cdresa@arapa.fr

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Arapà, chanteurs corses

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Arapà est un lieu-dit, une colline à l’extrême-sud de la Corse.

Arapà est aussi la rencontre en 2008 de voix et d’identités complémentaires qui se nourrissent de leurs différences, Jacques Culioli (chant, prix du jury du Concours Eurovision des Langues minoritaires en 2008) et Don-Mathieu Santini (chant et guitare) – lorsqu’il n’enseigne pas à l’université de Corte les mythes et la communication. En concert, le groupe propose une troisième voix Marc Pittoru (chant et guitare) et Émilie Cahuzac (violon) ou une formule scénique avec Sébastien Tramoni (chant), Jo Franchi (guitare), Émilie Cahuzac (violon) et Grégory Gambarelli (piano).

Arapà est une tradition, mais dynamique. Pas question de s’enfermer sur son île, même si « les relations charnelles de l’homme et de sa terre » (présentation Olympia, octobre 2015) sont vitales pour savoir qui l’on est et d’où l’on parle. La Corse est plus qu’une île : une alchimie qui sublime, une « alchimîle ». « Nous sommes de sel et de soleil / De cette eau vive / Qui trace des voies ». Partis des « voiles minérales de Bonifacio », le groupe corse montre que « les chemins du jour sont proches de ceux de la nuit », pour aider chacun à « parvenir aux portes de l’être ». D’où leur message – universel – pour réenchanter le monde.

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Beau programme, qui se décline en chansons d’une belle voix mâle, grave, de baryton, qui rappelle un peu Serge Lama et beaucoup le chant russe. Les finales latines claquent et prolongent la mélodie. Car il y a une houle comme sur la mer, l’auditeur est emporté par la voix, même s’il ne saisit pas le corse. Les paroles sont traduites dans le livret qui accompagne chaque CD. « La mer superbe sous un ciel clair / La mer amère et démontée / Toujours la mer… » (Marinaru)

La résistance aux épreuves, à la violence, à la guerre, aux Turcs et Sarrasins venus piller depuis « vingt siècles – une résistance pour la vie » montre « ce lieu préservé jamais vaincu / où l’argent reste impuissant ». La Testa Mora, la tête de Maure, n’est pas une tête de mort mais celle qui montre le bandeau sur le front et pas sur les yeux. « Refusant toute barrière / la Testa a signé sa liberté / sa nature sauvage est sa richesse /sans clôture dans son unité / sa nature sauvage est sa beauté / un bien commun qui veut demeurer » (Vintilegna).

Arapà a chanté le Dio vi salvi Regina devant le pape Francesco sur la Place Saint-Pierre lors de l’audience générale du 24 février 2016.

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arapa-albumsLa guerre est toujours bête et toujours un échec. La pire a été la Première guerre mondiale : un carnage, détruisant dans le même geste apocalyptique, hommes, animaux, paysages et patrimoines. Cette guerre a sonné le glas de l’Europe des patries, de la terre mère, des traditions ancrées au terroir dont les savoirs et les savoir-faire prenaient leur source dans la nuit des temps. La Seconde guerre mondiale a au moins été justifiée par le combat éternel de la civilisation contre la barbarie, de la liberté contre l’asservissement.

Arapà sort un CD ‘1914-1918 In Memoriam’ pour dénoncer la guerre, la destruction, la joie mauvaise du suicide de civilisation. Le groupe ouvre une souscription « afin de financer ce projet alliant mémoire et sensibilité, histoire et conscience. Vous pouvez nous aider en contribuant par un don ou l’achat de CD ». Commander par cdresa@arapa.fr

CD Arapà, Olympia live 2015, édition Arapà Prumuzioni, €30.00, MP3 €9.99 

CD Arapà, Caminante, édition Arapà Prumuzioni, €30.00, MP3 €9.99 

CD Arapà, Corsu Mezu Mezu, édition Smart, €21.90, MP3 €10.99 

CD Arapà, D’Umani, édition Arapà Prumuzioni, €24.00, MP3 € 9.99 

Site du groupe www.arapa.fr

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Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 :

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Peter Robinson, Étrange affaire

2005 Peter Robinson Etrange affaire

Ce roman prend la suite de ‘Ne jouez pas avec le feu’ mais peut se lire tout seul, comme tous les Peter Robinson. L’intérêt de garder un fil conducteur permet au lecteur de se sentir en sympathie avec le héros, son environnement et l’évolution de son existence. L’inspecteur principal Banks vieillit ; il a perdu sa maison dans un incendie, ses enfants se sont envolés, ses maîtresses se sont éloignées, ses parents décrépissent… Et voici que l’on fait connaissance de son frère Roy, dont on n’avait que vaguement entendu parler auparavant. Il sera cette fois la victime de l’histoire.

C’est en effet un coup de téléphone en soirée, pris sur répondeur, qui déclenche l’enquête de Banks, encore en vacances. Un appel pressant d’un frère qu’il n’a vu qu’épisodiquement. Être 5 ans plus âgé vous rend moins présent auprès du petit frère, surtout quand ce dernier est très différent de vous et le chouchou des parents. Quand Alan Banks voulait peloter sa première copine, à 12 ans, il payait Roy, 5 ans, pour rester hors de la chambre. Un Roy qui a réussi dans les affaires, belle maison à Londres, Porsche et – référence dans l’univers d’Alan – une chaîne quadriphonie au son époustouflant. C’est ce qu’il découvre lorsqu’il se rend au domicile de son frère après son appel angoissé, alors qu’il ne répond plus à aucun numéro. Parmi les CD bien rangés, il trouve une pochette du groupe de son fils Brian mais en place de la musique, un mystérieux CD-RW sur lequel figurent, entre autres, des photos porno.

L’univers du porno international sera le thème du livre. Avec connections jusque dans les Balkans et dans les pays de l’Est, comme il se doit. Là, les filles sont raflées vers 14 ans à la sortie des écoles et vendues pour 1000 € à des proxénètes agissant en Europe ; elles se feront 20 à 30 mecs par soirée et rapporteront plus de 100 000 € chacune, rien que la première année. Elles seront larguées dans la nature, sans argent ni papiers une fois « usées » jusqu’à la muqueuse, environ 4 à 5 ans après.

Roy a-t-il trempé dans cette étrange affaire ? Que vient faire là son bizarre copain expert en trafic d’armes ? Pourquoi donc Roy s’est-il mis à fréquenter le prêtre de sa paroisse ? Y a-t-il un rapport avec cette fille seule, retrouvée morte dans sa voiture sur une petite route du Yorkshire avec… l’ancienne adresse de l’inspecteur Banks dans la poche arrière de son jean ?

Bien que personnellement impliqué cette fois-ci, Banks fonce et interroge. Il ne lâche jamais le morceau. L’auteur a le talent de renouveler à chaque volume son thème, et c’est l’un des charmes de lire toute la série : on ne s’y ennuie jamais.

Peter Robinson, Étrange affaire (Strange affair), 2005, Livre de Poche 2008, 435 pages, €6.75

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