Mohammed, notre Breivic national

« Anders n’est pas fou, seulement paranoïaque. Sa logique glacée vient du sentiment d’être cerné, personnellement sans amour, socialement noyé, culturellement métissé. C’est un activiste du choc des civilisations à la Huntington, proche en pensée de la droite israélienne et des Nachis de Poutine. Behring n’est pas fasciste, il ne croit pas aux mouvements de masse ni aux partis autoritaires bottés sous le charme d’un gourou charismatique. Il est hyperindividualiste, ne croyant qu’en lui-même et aux actes personnels, proche en cela des ultraconservateurs américains, libertariens adeptes des milices armées civiles. Ce pourquoi les bobos intellos du Nouveau Snob se trompent, trop bardés de tabous politiquement corrects pour comprendre la différence entre extrême droite et anarchisme. »

Ainsi écrivis-je en juillet 2011 sur « le monstre » de Norvège. Il me suffit de répéter ce texte pour l’appliquer tel quel à Mohammed Merah. Islamisme et anarchisme hyperindividualiste se confondent lorsqu’il s’agit de passer à l’acte pour éradiquer « tous les aliens ». Et les bonobos de gauche (bourgeois NouvelObs bohêmes) qui accusaient déjà l’extrême-droite s’en mordent les doigts. C’est que le politiquement correct pavlovien n’explique rien, il dissimule. On ne veut pas voir…

Oui, l’islam, comme toutes les religions (y compris la communiste), suscite son propre intégrisme.

Mais il ne faut pas confondre l’islam avec l’islamisme, ni la politique d’Israël à Gaza avec le judaïsme, ni le christianisme avec l’Inquisition, ni la philosophie de Marx avec la Tcheka créée par Trotski, les camps par Lénine et les massacres de masse par Staline, Mao et Pol Pot. Mohammed a assassiné une fillette de sept ans en l’attrapant par les cheveux avant de lui loger une balle dans la tête. Le prophète Mohammed ? Non pas, mais d’un croyant qui porte ce beau nom pour en salir la mémoire. On peut très bien analyser, juger et condamner les massacreurs sans manquer de « respect » à une religion, quelle qu’elle soit. Et la gauche à la mode ne se trouve pas grandie des commentaires vains qu’elle a sur ces événements.

  • Sarkozy a été dans son rôle de président, il a réendossé la fonction, ce qui lui manquait souvent durant son quinquennat. La droite peut se féliciter de l’efficacité de la police, que la polémique inepte sur les lacunes du « renseignement » ne saurait diminuer. Faudrait-il emprisonner, fliquer, déchoir de leur nationalité, expulser… tous les jeunes tentés par un séjour dans un camp islamiste ou autre ? Allons donc ! Nous devons rester un État de droit.
  • Hollande a été digne et discret, faisant ce qu’il fallait faire, sans récupération ni accusations.
  • Bayrou a été nul : retombant dans ses travers de moraliste catho-pétainiste, il ne peut pas s’en empêcher.
  • Le Pen fille a été mauvaise, dans tous les sens du mot, appelant à la retenue lorsque la piste de l’extrême-droite a été évoquée, tirant à boulets rouges quand l’information a révélé l’islamisme de petit délinquant de banlieue (tout ce qu’elle « aime »).
  • Mélenchon a eu raison de dire que la vie continue malgré tout, mais déconsidéré de refuser de participer à ce qu’il voit comme un cirque alors qu’il s’agit d’un rare moment de réunion nationale ; son affirmation très légère selon laquelle « l’immigration n’est pas un problème » en sort ridiculisée : ce n’est certes pas le flux en soi des gens qui est problème, mais leur intégration s’ils veulent rester et leur volonté d’être comme les autres Français s’ils sont fils ou petit-fils d’immigrés…
  • Quant aux écolos, la Duflot a montré son inanité une fois de plus en accusant Sarkozy d’effrayer les enfants ! Caroline Eliacheff a très bien remise à sa place sur France-Culture l’égérie verte à tête de linotte en déclarant que les enfants savent bien que les adultes sont bouleversés, que ce n’est donc pas les « protéger » que de nier cette réalité là, que dire que cela aurait pu arriver à n’importe qui, dans n’importe quelle école, donc à eux aussi, c’est renforcer le sentiment d’appartenance, de solidarité, c’est ne pas distinguer une école confessionnelle (juive) des autres écoles de France…

Car de quoi cette affaire est-elle le nom ?

Du tabou : de la croyance de gauche en ces opprimés palestiniens ou afghans (bien réels) comme néo-prolétaires de la mondialisation (ce qui reste à démontrer), donc vecteurs du progrès de l’Histoire (n’ayons jamais peur des grands mots). Donc tout ce qui est connoté islamisme, anti-israélien, anti-impérialiste est « bon » ; tout ce qui vient de là ne peut qu’être « dans le sens » de l’histoire. Les mauvais sont les fascistes, les extrêmes de la droite – jamais de la gauche. Ce sont ces lunettes roses qui valent de ne pas comprendre.

Car de qui s’agit-il ?

D’un Français, né à Toulouse, dans une banlieue modeste mais pas misérable. D’un petit délinquant mal scolarisé, sans père, enfermé dans un ghetto de « potes ». D’un être de ressentiment, qui en veut à la France de ne pas avoir réussi à l’intégrer, ni à l’école, ni dans l’armée, ni dans la société.

Il s’agit donc (à ce stade des informations) d’un de nos « fils », de nos « frères », qui a dérapé dans la croyance – ni plus, ni moins que les activistes trotskistes ou maoïstes d’Action directe, ou les « nationalistes » basques de sa propre région. Il ne s’agit ni d’un fou (terme commode par lequel on évacue toute analyse), ni d’un révolutionnaire (d’un quelconque projet politique), ni d’un « étranger », allogène, d’origine, mouton noir dans un troupeau blanc. Il s’agit d’un Français né en France, élevé en France, qui a été mal intégré par sa propre société. Il a donc cherché ailleurs, dans une secte violente, un idéal pour exister. Son rattachement islamiste est reconstruit, il ne lui est ni congénital, ni familial, ni algérien.

La question est donc celle d’un échec de notre « modèle social français ».

Modèle qui fait eau de toutes parts, de la faute des élites comme des politiciens (pour éviter le terme « hommes » politiques qui déplaît tellement aux femmes féministes politiquement correctes). A croire l’Arabe néo-prolétaire à « sauver » dans l’histoire, à taper sur « l’identité nationale » en l’accusant de tous les rejets et de tous les colonialismes, en promouvant la repentance pour le n’importe quoi (la loi contre la « négation » des crimes contre les Arméniens étant la dernière invention), en ne proposant RIEN de positif autre que cette soupe tiède du « multiculturel » où personne ne se reconnaît (sauf les futiles bobos assez riches pour aller dissiper leur vie à s’amuser entre New-York, Marrakech ou les Bahamas) – la France 2012 a permis un Mohammed Merah.

Parce que l’identité n’est pas le rejet, que le melting-pot des cohabitations à l’américaine n’est pas un modèle enviable, ni qui correspond à notre histoire de France. Parce que les Lumières libèrent, elles n’assignent pas les gens à leur essence. La liberté des diverses religions et croyances n’est permise que par la laïcité. L’égalité devant la loi donne à chacun le droit de faire, de croire et de dire tout ce qui ne pas contre la vie de la cité. Ce vivre ensemble, en bonne entente, est la fraternité. Avec Mohammed, la France d’aujourd’hui connaît donc un triple échec, fait de nos démissions :

  1. Démission sur la laïcité qui seule permet la liberté, en feignant de croire qu’il serait des religions ou des « communautés » plus respectables que d’autres ; que la viande halal peut être imposée à tous en catimini, sans traçabilité ; qu’on pourrait se voiler le visage sans conséquences sur les relations sociales ; qu’il faut voiler Voltaire sur les façades du Louvre…

2. Démission sur l’égalité en exigeant d’interdire par la loi toutes les déviances d’analyse et de discours sur l’esclavage arabe, l’histoire juive, le génocide arménien, la place des femmes, des gais, des handicapés… En laissant les « appartenances » fleurir dans le joyeux festif du multiculturel où le tag est équivalent à la Joconde ou l’éructation ado sur trois accords égal aux Beatles. En refusant d’accomplir la culture des Lumières, qui vise à « libérer » les individus de ces appartenances automatiques que sont la biologie, la famille, le clan, la bande, la mode, l’idéologie, la croyance.

3. Démission sur la fraternité en faisant de Mohammed Merah un faux français, tout de suite qualifié « d’origine », algérienne, musulmane, alors que ni l’école, ni les associations, ni la société, ne lui ont offert un destin.

Les tueries de Toulouse sont donc un symptôme de notre société française.

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8 réflexions sur “Mohammed, notre Breivic national

  1. La question est moins celle de l’intégration de « tout le monde » que des démissions successives des gourous de la sociétés, notamment des prof (de morale). 15% d’une classe d’âge sans RIEN devrait interpeller les syndicats enfeignants et les bobos médiatiques qui prônent sans arrêt « la culture » – sauf qu’elle se réduit trop souvent pour eux à se rouler tout nu sur scène dans le sang de porc en hurlant (vu à Avignon).

  2. Judem

    Aucun système n’intégrera jamais tout le monde, aucun système ne réussira cent pourcent de formation, et ce dans quelque domaine que ce soit. Et l’idéalisme n’arrange pas forcément toujours les choses.

  3. Le mythe du « martyr », c’est Mohammed Merah qui l’a revendiqué devant les policiers. La radio et les télés ont repris ça en boucle, interminablement, durant des heures, sans aucune distance critique comme d’habitude. Mohammed était-il même croyant ? Fréquentait-il une mosquée ? Je n’ai pas vraiment entendu d’investigation de journaliste sur le sujet. Il semble qu’il soit allé au Pakistan et en Afghanistan plus par « romantisme » des armes que par la foi…
    Sur le fond, cela pose la question du politiquement correct et des tabous de la Morale bien-pensante, hégémonique à gauche et dans les médias. Elle empêche de voir les vrais problèmes et de discuter sereinement des questions délicates, comme celle de l’immigration et de l’intégration de TOUS les élèves dans le système scolaire. Je rappelle que les profs, qui font la leçon à tout le monde, laissent chaque année environ 15% d’une génération de jeunes sans AUCUN diplôme.

  4. Vous avez raison sur le fond : né en France ou ayant acquis la nationalité, vous êtes Français et la plupart des Français venus d’ailleurs ou nés de parents venus d’ailleurs respectent la loi.
    Comme je le dis, la responsabilité est donc celle de l’éducation : des parents, de l’école (et notamment des profs de gauche qui ne cessent de faire la morale au monde entier), et de la société tout entière, médias inclus, vautrée dans la repentance comme s’il fallait faire honte d’être français. Les bien-pensants ont clairement échoué, leurs tabous les rendent myopes.
    Mais contrairement à ce que vous croyez avoir lu, Mélenchon n’a rien compris, il évacue le problème de l’immigration et des Français qui en sont issus. Je ne dis nulle part que Sarkozy est « un mauvais », je dis qu’il a été à la hauteur de sa fonction présidentielle durant cet événement. Quant à Marine Le Pen, elle a raison de dénoncer un problème que toute la gauche nie, mais elle exploite la situation; ses propositions pour « régler » le problème sont d’un radicalisme absolu : fermer les frontières, déchoir de la nationalité tout délinquant et expulser tous les douteux.

  5. christophe

    Dans cette triste histoire, outre les drames humains, je suis gêné par l’usage dans les médias du terme de « Français d’origine Algérienne » comme si Mohamed n’etait pas français, né et éduqué à Toulouse, que faut-il de plus? n’est-ce pas une façon de se disculper, d’en remettre une couche sur « l’étranger »
    De plus on fait l’apologie du martyr en signalant qu’il a voulu mourrir les armes à la mains.
    Quels ont été les facteurs de dérive de ce personnage. Déficit d’éducation, demission des parents, trouble psychiatrique (je rappelle que d’après l’OMS on retrouve dans la population 1 psychotique sur 100!), sentiment de non appartenance à notre société???
    Nous attendons des politiques une analyse claire et objective, des solutions intelligentes…Mais on peut toujours réver

  6. Santiago

    votre analyse est politiquement impliquée, la gauche ( hollande mellanchon) ont compris, Sarkosy un mauvais et le pen fille une fois de plus incriminée de loin au debut et au final coupable de denoncer un problème grave, qui les faits ne vous suffisants pas, nous donnent le ton!
    Mais les beaux pensants, qui depuis des années nous disent et redisent, qu en fait nous sommes nous la France responsables de ne pas avoir integré ces gens Malades et la resposabilité ne seraient elle pas, comme pour nous dans l education de nos parents??
    Nous vivons dans des cités et pourtant nous ne tuons pas!!!!!
    nous n avons pas de bmw, ni te yamaha t max et j en passe pourtant!!
    Sommes nous alors defavorisés et devons nous obligatoirement deriver?
    Nous sommes d origines diverses mais Francçais!! Mais avant tout nous sommes Français et respectons la Republique même dans la pauvreté!!!

  7. Chambolle

    D’accord avec vous sur cette analyse

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