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Arabie saoudite et djihad intégriste jusque dans nos villes

La vision sectaire de l’islam ne vient pas de nulle part. Elle est la rencontre historique du féodalisme bédouin et de l’argent du pétrole, encouragé longtemps par les États-Unis, pays respectueux jusqu’à l’imbécilité envers toutes les croyances religieuses. Mais la situation semble remise en cause.

  • 1744, le sabre de Mohammed ben Saoud se croise avec le goupillon de Mohammed ben Abdelwahhab : en témoigne le drapeau du royaume, un verset coranique au-dessus d’un cimeterre. Abd el-Aziz III ibn Séoud (1880-1953) prend, avec l’aide des britanniques à partir de 1915, le contrôle de la péninsule arabique en investissant La Mecque en 1924, Djeddah et Médine en 1925 ; il se fait proclamer roi en 1932 : l’Arabie saoudite est née.
  • 1945, ibn Séoud conclut avec le président américain Roosevelt sur le croiseur USS Quincy un pacte de défense, pétrole contre protection, renouvelé en 2005 pour 60 autres années par George W. Bush : le royaume wahhabite n’a qu’une vingtaine de millions d’habitants dans une région qui compte des mastodontes démographiques musulmans menaçants sa mainmise sur les lieux saints.
  • 2013, l’Arabie saoudite est vexée par l’absence d’intervention militaire américaine en Syrie, ennemie du royaume, et par le rapprochement avec l’Iran après l’élection d’Hassan Rohani à la présidence. Dans le même temps, l’exploitation qui monte en puissance du pétrole de schiste défait la dépendance des États-Unis vis-à-vis du pétrole saoudien. C’est l’une des raisons de la politique de non-intervention sur le prix du baril en 2014, la chute des cours devant forcer les producteurs américains à revenir acheter du pétrole moins cher dans le Golfe.

arabie saoudite drapeau

État théocratique qui ne subsiste que par le pétrole et la religion, que l’un ou l’autre fléchisse et s’en est fait du pays. Mais la religion a peu à peu asservi l’État. La formation idéologique permanente des mosquées et des écoles coraniques a une emprise plus forte sur les âmes faibles que le prestige militaire ou tribal de la famille régnante. Aujourd’hui, l’État a besoin de la religion et finance son expansion dans le monde entier. Djihad pacifique par les imams envoyés prêcher et enseigner mais aussi – et de plus en plus – djihad violent pour aider les mouvements islamistes sur tous les points chauds de la planète. Au risque d’un retour de flammes de la part des activistes musulmans comme des alliés occidentaux. Pour l’Arabie saoudite, nous sommes probablement à un tournant.

arabie saoudite en sursis

La concurrente directe et active des chiites iraniens depuis la révolution cléricale de Khomeiny en 1979 a incité Arabie saoudite et émirats satellites à donner toujours plus d’argent pour défendre – non la vraie foi – mais la vision étriquée wahhabite, appelée aussi salafiste, de salaf as-salih ou compagnons du Prophète aux origines. Il s’agit d’en revenir à la lettre du texte sacré, avant tout commentaire.

Mais, une fois sur le terrain, les moudjahidines saoudiens n’ont plus de contraintes, ils peuvent enfin donner libre cours au wahhabisme pur qu’on leur a seriné depuis tout petit (14 h de cours par semaine sur 35 dans les écoles saoudiennes) mais que leur propre pays les empêche d’appliquer intégralement : prendre femme avec une pubère de 9 ans comme le Prophète, se « marier » ici ou là en prononçant juste une formule pour forniquer légalement, torturer les impies, amputer les voleurs, flageller les fornicateurs, pendre les homosexuels, crucifier et massacrer tous les non-musulmans et tous les musulmans non wahhabites, glorifier la kalachnikov et le couteau comme instruments de Dieu, commettre les pires exactions possibles – du moment que c’est au nom d’Allah.

C’est ainsi que les femmes sont considérées par nature inférieures aux hommes, manquant d’intelligence et de religion car elles abandonnent prière et jeûne durant menstrues et accouchements. Le Coran indique clairement qu’il faut le témoignage de deux femmes pour contrer celui d’un seul homme. « Chaque fois qu’un homme s’entretient avec une femme, Satan est présent », traduit aussi le Prophète – donc c’est vrai. Ce pourquoi les femmes ne sauraient enseigner aux garçons car « dès 10 ans » l’adolescence qui commence est attirée par la femme… Le troisième calife Othman (gendre de Mahomet, qui a régné de 644 à 656) fit procéder à la rédaction officielle du texte coranique, ordonnant en même temps la destruction de tous les documents fragmentaires contraires.

Le wahhabisme fait de l’islam une religion haïssant toutes les autres. Le recours à la force contre les hérétiques et les égarés est encouragé (versets 5 et surtout 29 de la sourate 9), l’esclavage permis sans limites. Il faut détruire tous les livres autres que « le Livre » (« Boko haram » – books interdits) et démolir les tombes des saints musulmans car elles créent un échelon entre Allah et ses serfs. Le Coran est la seule source de légitimité et détache de toute obéissance au pouvoir temporel. Tout y a été dit une fois pour toute, ce pourquoi la terre ne saurait être ronde et l’homme n’a jamais pu marcher sur la lune. Qu’on ne s’étonne pas des « théories du complot » qui fleurissent sur le net à ce sujet : c’est moins le sionisme ou la CIA qui sont mis en cause que l’impossibilité pour un musulman sectaire wahhabite de concevoir que tout ce qui arrive ne soit pas contenu dans le texte littéral du Coran.

2015 je suis mohamed

Ce tout-est-permis a rencontré le nihilisme des jeunes de banlieue européens du no future. Les armes fascinent parce qu’elles sont un substitut de sexe plus facile à utiliser que le vrai : pas besoin de séduire pour jouir. La mort fascine depuis les jeux violents, les conduites à risque, la drogue et la baston, les règlements de compte « barbecue » (exécution rôti dans le coffre d’une voiture, très courante à Marseille). Nos marginaux se sentent tout-puissants par la violence et se mettent en scène en vidéos narcissiques postées sur YouTube et Facebook. Ils se moquent bien du savoir : contrairement à Jésus, qui débattait à 12 ans avec les docteurs du Temple, Mahomet ne savait ni lire ni écrire et cela ne l’a pas empêché d’être pur aux yeux de Dieu. Mal appris et mal intégrés, ils sont indifférents aux valeurs de la république française mais ils n’ont pas pour ambition de bâtir l’État islamique ou de combattre pour la foi collective –  seule compte leur image virile dans le regard des autres et leur détermination personnelle aux yeux d’Allah : ils veulent être reconnus. La mort au bout, mais pas sans avoir joui comme jamais – avant les plaisirs promis au ciel (ou en enfer…). En rupture, les jeunes de troisième génération ou convertis de nos ghettos sont des suicidaires, manipulés par un acteur régional, le daechiste Baghdadi, qui ne représente que lui-même.

La présence de 30 millions de musulmans dans une Europe ouverte et tolérante pose un problème sans précédent s’ils sont gagnés par la propagande haineuse. Les intégristes nihilistes sont pour l’instant minoritaires, mais le trou noir syro-irakien crée un violent appel d’air. Une fois la barrière psychologique de tuer franchie, pas de retour en arrière : quiconque revient en Europe revient pour son djihad et pour se valoriser à ses propres yeux en massacrant sous prétexte d’Allah. La prise de conscience des intellos de gauche iréniques sur les dangers du cléricalisme armé semble avoir enfin eu lieu avec le choc Charlie.

Fanatisme saoudien

Il nous reste donc maintenant à faire plusieurs choses :

Assurer le droit français et européen, sans surenchère mais surtout sans faiblesse : les lois existent, elles doivent être appliquées sans « polémiques ». Et contrairement aux affirmations gratuites, il existe bel et bien en France des lois « contre le blasphème » : par la loi Gayssot, on ne peut tout affirmer sur la Shoah ni rire des victimes en prônant le négationnisme.

Après le « Charlie du souvenir » éviter de multiplier les insultes bêtes et méchantes qui mettent en danger toute une société pour amuser la galerie ; on peut rire de tout, mais pas de tout le monde, et pas de la même façon brute. Dénoncer par l’ironie le cléricalisme oui, injurier gratuitement et de façon répétée Allah, le Prophète et les croyants n’a aucune utilité durable – au contraire. Je ne dis pas « se taire », je dis « mesurer ses propos » à ce qu’on veut dire comme notre civilisation a su longtemps le faire : voir la note Quand l’Europe parlait français.

Inciter les musulmans non intégristes à assumer leur propre critique des dérives de l’islam et promouvoir mieux encore les œuvres de Mahmoud Hussein, Abdelwahab Meddeb, Hamadi Redissi et d’autres. Non seulement leur donner la parole (comme cela commence à se pratiquer ici ou là) mais aussi monter des colloques sur les différents courants de pensée historiques en islam, soutenir les musulmans non salafistes au lieu de se taire, lorsqu’ils sont attaqués par les réactionnaires d’Arabie saoudite ou d’ailleurs sur des points de conduite. Comme par exemple ces « mille coups de fouet » pour un blog ! Ou l’emprisonnement des militants anti-esclavage en Mauritanie (car La Mauritanie pratique encore l’esclavage, bien qu’officiellement illégal).

Prendre de vraies initiatives diplomatiques pour faire pression sur les États qui financent, directement ou par l’impôt islamique privé, le djihad armé et les prêches intégristes. L’Arabie saoudite et les Émirats, mais aussi le Yémen, l’Égypte, le Pakistan, l’Algérie, la Turquie doivent faire l’objet de vigilance. Les desperados convertis ne sont pas vraiment religieux, mais le prétexte religieux, le financement, les armes et les encouragements viennent de sectes financées plus ou moins en sous-main par ces États. Ce pourquoi « demander des imams en Algérie ou en Turquie » (comme je l’ai entendu d’un fonctionnaire de l’Intérieur) me paraît une idée d’enfer… pavé de bonnes intentions culcul. De même, laisser financer le club de foot Paris Saint-Germain par le Qatar ou participer aux coupes du monde dans les pays cléricaux du Golfe, est une ineptie. C’est laisser croire que l’argent peut tout acheter, y compris l’âme républicaine. Faire preuve de lâcheté, est-ce vraiment ce qu’on veut ?

Et ne plus suivre des États-Unis aussi naïfs que courte-vue dans les interventions contre tous les pays arabes. Nos intérêts ne coïncident pas avec les leurs.

Géopolitique de l’Arabie saoudite

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Après le printemps arabe, quel été ?

Après Marx, avril, avaient coutume de dire les Groucho. Et après Kadhafi, Muhammad ? Oui, mais pas comme le croit la vulgate journalistique française. C’est ce que montre finement Mathieu Guidère, professeur agrégé d’arabe qui enseigne l’islamologie à l’université Toulouse II. Il publie un article dans la revue Le Débat (janvier-février 2012) et le développe dans un livre, Le choc des révolutions arabes, paru mi-2011.

Pour Mathieu Guidère, le terme même de « printemps arabe » ou autre « révolution » « exhale un léger parfum d’ethnocentrisme » occidental… Nous y voyons pour notre part ce tropisme « moral » des intellos hérités des clercs du moyen âge qui se croient investis de la Mission de guider les peuples enfants à trouver la lumière (divine, puis marxiste, enfin démocratique). Pour le professeur, cela « agit comme un écran de fumée empêchant de voir une réalité complexe ». Pire : cela « indique plus le contour flou de nos espérances au présent que la réalité effective de ce qui se passe sur le terrain ».

Dans les pays de culture arabe, révolution = division (fitna). La communauté des croyants préfère le réveil (nahda). Puisque notre civilisation n’est pas « supérieure », peut-être pourrions-nous en prendre de la graine pour réveiller nos Lumières ? « Malgré la diversité des situations locales, une majorité des manifestants se réclamaient d’une révolution de la ‘dignité’ (karama), autrement dit d’une symbolique de l’existence qui a atteint un paroxysme d’indignation au-delà de laquelle la peur de la mort cède la place à une dynamique de la ‘libération’ (tahrir). » Justice sociale et fin de la corruption ne sont pas revendication de « démocratie » comme nous l’entendons.

Certes, Facebook et autres Twitter ont été utiles, mais « on oublie souvent que l’infrastructure informatique et communicationnelle est archaïque dans beaucoup de pays arabe, quand elle n’est pas soumise au strict contrôle de l’État »… Seuls les habitués ont pu user de ces outils avec habileté : les mouvements islamistes. Car « il n’existe pas de penseur ni de philosophe des révolutions arabes. Le peuple apprend la liberté en marchant et les médias accompagnent ses pas hésitants ». Aucune idéologie puisque le socialisme arabe a fait faillite comme ailleurs, le libéralisme ultra vient d’exploser et que le nationalisme a sombré dans le népotisme et la corruption. « Cette absence d’idéologie a profité prioritairement à la seule mouvance radicalement opposée à l’ancien régime : l’islamisme ». Foi forte, programme simple, projet politique inédit : par défaut, pourquoi ne pas essayer. C’est un peu ce que sentent les lepénistes ou les mélanchoniens en France.

Mais, en pays arabes, « les structures anciennes sont toujours là : la famille reste un repère et le clan un refuge, les valeurs tribales n’ont jamais été aussi prégnantes. La révolution culturelle n’a pas eu lieu. Or, il semblerait que ‘toute révolution qui n’est pas accomplie dans les mœurs et dans les idées échoue’ (Chateaubriand). » Aujourd’hui, le mot démocratie ne signifie rien, « pur calque occidental qui se résume souvent à des élections pour désigner un vainqueur et un vaincu ». Il s’agit d’allégeance de type féodal, pas de citoyens libérés des appartenances qui voteraient pour un projet politique commun. « L’allégeance (wala) signifie concrètement qu’à un moment donné l’individu ou le groupe accepte de se soumettre à l’autorité d’un chef par-delà ses autres appartenances et réseaux d’intérêt. » Donc pas de société civile faute d’un État de droit qui permette l’expression libre hors des appartenances.

Chaque pays arabe a ses réseaux propres, issus de son histoire, mais tous combinent les trois appartenances fondamentales : la tribu, l’armée, la mosquée.

  • « La tribu (est) l’extension maximale de la famille, fondée sur des liens du sang réels ou imaginairement vécus comme tels. C’est la plus ancienne des structures anthropologiques dans les sociétés arabes ». C’est le cas surtout au Yémen et en Libye.
  • « Il y a ensuite l’armée, sorte de tribu militarisée, dans laquelle les liens sont fondés sur les codes de l’honneur et de la virilité, c’est-à-dire sur la parole donnée entre hommes qui se craignent et se respectent. C’est la plus solide des institutions étatiques dans les pays arabes. » C’est le cas des armées de conscrits qui ont refusé de tirer sur la foule en Égypte et en Tunisie. Mais aussi des armées professionnelles de Syrie et de Mauritanie, où la caste est fière et jalouse de ses privilèges. Et encore les armées tribales de Libye, Yémen ou Jordanie. L’Algérie est un cas à part, proche du système turc, où l’armée a fondé le régime politique.
  • « C’est par la prière collective – qui n’est pas une obligation individuelle en islam – et par d’autres activités communautaires à connotation religieuse, que la mosquée en tant qu’institution tisse des liens de fraternité et d’allégeance forts entre les membres de la communauté des croyants, qu’elle soit réduite (Jamaa) ou étendue (Oumma). »

L’alliance qui suit le « printemps » arabe voit forces militaires et forces islamistes appeler un « parti de l’ordre » pour sauvegarder l’unité du pays et la concorde de la société musulmane. Rappelons simplement que l’islam est une religion et que l’islamisme est une idéologie à visée politique. « Il n’existe pas un seul mais plusieurs islamismes, en fonction des fins et des moyens employés au nom de l’islam ». Mathieu Guidère en distingue trois grands types :

  1. « Un islamisme populaire qui gère la sphère privée et qui est sensible aux symboles de l’islam (ce qu’on dit d’Allah, du prophète Mahomet, de ses Compagnons, etc.). Il est focalisé sur la réformation du comportement individuel (habits, paroles, attitudes, relations) ». Inspiration : l’Iran de Khomeiny.
  2. « Un islamisme politique qui gère la sphère publique et qui est sensible à la gouvernance et à la forme du gouvernement (participation au pouvoir, consultation, choura, etc.). Dans ses arguments, il est focalisé sur les questions de justice sociale (partage, solidarité, anticorruption), avec un souci de réforme sociétale et d’amélioration du cadre juridique dans un sens plus islamique (charia). » Inspiration : Turquie du parti AKP.
  3. « Un islamisme jihadiste qui gère le domaine international et qui est sensible aux rapports de force sur la scène internationale (dénonciation du colonialisme, de l’impérialisme, victimisation des musulmans, etc.). (…) [avec] le dessein de regagner la puissance d’antan du monde musulman (califat, panislamisme, hégémonie). » Inspiration : âge d’or salafiste et éphémère califat d’Afghanistan (1996-2001).

L’islam est donc au fondement de tous les États arabes. Mais ces trois islamismes y sont dans des proportions variables. Une République islamique est une théocratie dirigée par les religieux (ayatollahs, mollahs, imams, etc.) et sa politique est messianique. Une Démocratie musulmane est un État dirigé par des laïcs mais se réclamant des valeurs de l’islam dans la conduite des affaires.

Les limites à la modernité telle que nous la concevons sautent immédiatement aux yeux. Mathieu Guidère : « Malgré le rôle moteur joué par la jeunesse, il n’y a eu aucun mouvement de libération sexuelle ni de revendication libertine ou libertarienne, alors même que la question sexuelle est centrale dans les sociétés et dans l’imaginaire arabe. » Cela relève-t-il de l’impensable, car touchant à trop de liens et de valeurs dans la culture arabe (clan, virilité, morale dans le regard des autres) ?

Après le « printemps » arabe, que serait donc un « été » ? Pas une théocratie à l’iranienne, autocratique et répressive. Pas vraiment le modèle turc, autocratique, imposé d’en haut et contrôlé par l’armée. « Pour des raisons historiques et sociopolitiques, le monde arabe s’oriente plutôt vers une forme de démocratie musulmane, à l’instar de ce qui s’est passé en Europe à la fin du XIXe siècle avec la démocratie chrétienne. » En bref une société pluraliste avec mise en jeu du pouvoir par des élections, mais sous le regard de la morale religieuse. Car « il faudra du temps et une révolution des mentalités pour que se développent dans les sociétés arabes l’esprit et les pratiques propres au fonctionnement démocratique. Cela a pris quelques siècles en Occident et il serait naïf de croire que la ‘transition démocratique’ dans les pays arabes se fera du jour au lendemain, comme par enchantement. »

Nous devons donc « accompagner patiemment cette transition » et – évidemment – ne jamais transiger avec les principes que nous considérons universels sur la dignité et des droits de l’être humain. Pas plus à l’international qu’à l’intérieur de notre société.

Revue Le Débat, n°168, janvier-février 2012, Gallimard, 192 pages, €17.10, deux ensembles d’articles sur les spécificités allemandes en « modèle » (58 pages) et un point très instructif sur les révolutions arabes (63 pages).

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