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Le processus historique du capitalisme

Le capitalisme, tout le monde en parle, rare sont ceux qui savent ce que c’est.

Il est en premier lieu une technique d’efficacité économique née avec la comptabilité en partie double à la Renaissance dans les villes italiennes, puis développé par le crédit – basé sur la confiance. Il devient avec la révolution technique puis la révolution industrielle un système de production qui prend son essor et submerge progressivement les velléités du politique. Si les guerres et les grandes crises ramènent l’Etat sur le devant de la scène, le système de production, par son efficacité, reprend très vite le dessus.

La démocratie n’est pas indispensable au capitalisme, puisque les régimes autoritaires comme la Chine l’utilisent à leur plus grand profit ; mais c’est en démocratie, où règne le maximum de libertés, que le capitalisme peut s’épanouir le mieux. Tout le processus démocratique réside cependant dans le délicat équilibre à tenir entre le politique et l’économique, l’intérêt général et les intérêts particuliers. L’historien Fernand Braudel a défini le capitalisme comme outil de la puissance d’Etat pour fonder une économie-monde (aujourd’hui les Etats-Unis, demain peut-être la Chine) : « Puissance dominante organisée par un État dont l’économie, la force militaire (Hard Power), l’influence culturelle (Soft Power) rayonnent partout ailleurs, dominant les puissances secondaires ».

Ce n’est qu’à la pointe du système d’efficacité économique que « le capitalisme » prend la forme idéologique répulsive de l’opinion commune. Fernand Braudel : « Les règles de l’économie de marché qui se retrouvent à certains niveaux, telles que les décrit l’économie classique, jouent beaucoup plus rarement sous leur aspect de libre concurrence dans la zone supérieure qui est celle des calculs et de la spéculation. Là commence une zone d’ombre, de contre-jour, d’activités d’initiés que je crois à la racine de ce qu’on peut comprendre sous le mot de capitalisme, celui-ci étant une accumulation de puissance (qui fonde l’échange sur un rapport de force autant et plus que sur la réciprocité des besoins), un parasitisme social, inévitable ou non, comme tant d’autre. » Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVE –XVIIIe siècles, 1979, t.2 p. 8.

David Djaïz, « haut fonctionnaire » mais diablement intelligent, livre dans le numéro 209 de la revue Le Débat, mars-avril 2020, une brève histoire du processus capitaliste dans l’histoire. S’il est né dans les villes italiennes et flamandes au XVe siècle, il est resté « en taches de léopard » dans les villes libres et les grandes foires, « espaces de transaction d’où étaient exclues la violence et la ruse ; [né] d’une accumulation ‘primitive’ de capital par des marchands devenus des banquiers et des assureurs ; de la construction d’un réseau d’infrastructures et de moyens de transport (ports, routes, flottes de bateaux) ; d’une sécurité juridique naissante des contrats et des lettres de change ».

En revanche, l’expansion « systématique » du capitalisme ne fut est possible qu’avec la formation de l’Etat-nation moderne. « L’Europe a été le berceau de ce processus puisqu’elle a vu, entre le XVIe et le XIXe siècle, se produire une triple révolution : spirituelle (la Réforme et la Contre-Réforme), politique (la Révolution française et ses épigones), et productive (la révolution industrielle) ». Le capitalisme a cependant dû s’émanciper du carcan des Etats-nations pour repousser les frontières du possible, au-delà du cadre institutionnel, réglementaire et politique. Le pays de la Frontière (les Etats-Unis) est le lieu où le capitalisme s’est épanoui le mieux parce que la mentalité du pionnier encourageait de repousser n’importe quelle borne (l’Ouest, le monde, l’espace, le « trans » humanisme). « Lorsqu’un marché intérieur approche de la saturation, que l’équilibre épargne/investissement est rompu à l’intérieur d’un territoire donné (le plus souvent en raison d’un excès d’épargne qui n’arrive pas à ‘s’allouer’), les capitaux cherchent à se déployer à l’extérieur du périmètre géographique dans lequel ils se sont formés ». D’où les liens avec l’impérialisme hard (colonialisme européen ou soviétique) ou soft (hégémonie culturelle, économique, militaire américaine ou chinoise). D’où la pression pour désocialiser de l’intérieur les Etats en repoussant les limites du travail et de la fiscalité. Enfin la sape systématique de la propension à « économiser » des individus en poussant la consommation par la publicité et en suscitant le désir via le prestige social et la mode.

La disposition à créer sans cesse de nouvelles inégalités sociales est la règle, puisqu’elle permet l’émulation du désir, donc du commerce. Il s’agit « d’intégrer au circuit de l’échange marchand non plus simplement les biens matériels qui sont produits, mais les facteurs de production eux-mêmes – la terre, la force de travail, le capital financier, les savoir-faire – et ce afin d’intensifier et d’optimiser leur utilisation dans le cadre du processus productif ». Je vous le disais : le capitalisme est la forme d’efficacité économique la plus avancée. En tant que méthode de production, il peut s’appliquer à tout : y compris l’écologie. Car produire le plus avec le moins est son système – donc l’épargne maximum des ressources et l’optimisation du savoir. Sauf que « le capitalisme » n’a pas de but autre que persévérer dans sa propre technique. C’est le rôle des politiques de le faire servir – aux Etats-nations puisque nous en sommes toujours là, à la planète Terre puisque c’est indispensable. L’outil n’agira pas de lui-même, il servira ceux qui l’utilisent.

Ce pourquoi nous assistons à une « réaction » – analogue à celle des années 1930 après la Grande guerre puis la Crise de 29 – contre « le capitalisme ». Mais c’est accuser le marteau d’écraser plutôt que celui qui le tient… « Lorsque la marchandisation du travail et de la terre atteint un degré tel que la dignité humaine, la culture, les traditions, le cadre de vie sont menacés par la transgression du marché en dehors de la sphère économique, la société cherche à se protéger ». Après 1945 par exemple, le capitalisme « fut reterritorialisé, resocialisé et respécialisé ». Les Etats devant se reconstruire, les entreprises ne visaient pas le grand large. La croissance forte des Trente glorieuse a servi à financer plus de protection sociale et « le pouvoir d’achat réel des salariés a triplé en 25 ans » (1950-1975). Le développement du droit du travail et du droit international a démarchandisé le travail humain (durée maximum du travail, interdiction du travail des enfants, etc.). Mais ces « progrès » ne sont pas acquis une fois pour toutes car ils ont été permis par « les bas coûts de l’énergie, ainsi que la fluidité et la disponibilité des réseaux d’extraction et de circulation du pétrole » – avec les « perturbations irrémédiables que celle-ci engendra sur le système Terre ».

Le « système » de progrès indéfini – économique, social – n’est donc pas possible sans énergie abondante et bon marché. Dès lors que nous ne l’avons plus, deux voies s’ouvrent : la voie autoritaire (à la chinoise) où le capitalisme devient « vert » au prix du rationnement ; la voie démocratique qui négocie capitalisme et soutenabilité dès la base locale en associant le citoyen à « la production de la politique publique ». La troisième voie existe, mais elle est purement réactive, comme un combat désespéré pour persévérer selon le passé, par refus de voir la réalité et sans véritable espoir : « du Brésil à l’Inde, en passant par les Etats-Unis, nous voyons surgir un néonationalisme morbide, viril et excluant, peu soucieux des libertés individuelles, dont il est peu niable qu’il soit le résultat de la polarisation des sociétés provoquée par la grande crise de 2008 et, plus structurellement, par quarante années de mondialisation libérale mal maîtrisée ».

Où l’on en revient à Fernand Braudel : le capitalisme efficace exige un Etat puissant qui organise l’économie et la société et qui fait face à l’extérieur. L’article a été publié avant, mais la maladie Covid-19 l’a démontré sans conteste.

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Roland Marx, La reine Victoria

L’auteur est un vieux routard de l’histoire britannique, agrégé d’histoire en 1956 décédé en 2000 ; il professait déjà lorsque j’étais étudiant. Il fait de la reine Victoria le symbole du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande à l’apogée de son empire. C’est une véritable économie-monde avant que les Etats-Unis, pays-fils dégénéré, ne lui ravisse la place après la « Grande » guerre, celle de 14-18. Le Royaume-Uni a vaincu Napoléon qui se voulait dictateur de l’Europe continentale, débuté le premier en Europe l’industrialisation et assuré sa domination sur les mers.

Victoria nait en 1819, elle mourra en 1901. Elle incarne le XIXe siècle à elle toute seule, ayant vécu 82 ans et régné 64 ans, dès ses 18 ans. Le siècle porte son nom : victorien. Un mélange de morale chrétienne austère (les tables doivent porter des jupes qui cachent leurs « jambes » !) et d’inégalité féroce due à l’industrie et au commerce, les basses classes (dangereuses) n’étant retenues que par la peur du crime (Jack l’Eventreur sévit dans l’East End de Londres à l’automne 1888).

Victoria est évidemment conservatrice, persuadée de la domination de l’homme blanc selon la Bible, fière de ce « fardeau » et de la « Destinée manifeste » de la race blanche dont les Anglais sont pour elle (évidemment) le sommet. Mère peu tendre (née elle-même d’une mère très autoritaire), elle incarne la stabilité du modèle de valeurs qui ont fait la grandeur (mais aussi la rigidité) de l’empire britannique. Après 1914, ce sera la boucherie, le déclin et la ruine. Victoria n’avait pas préparé son peuple à ce destin.

Pourtant, elle excelle en dessin et parle français. Lorsqu’elle devient reine, elle règne sur 16 millions d’habitants (dont 5 d’Irlandais) ; ils seront 28 millions en 1851, année où le nombre de citadins dépassera celui des ruraux et où le recensement révèlera que la moitié seulement suit le culte de la souveraine (shocking !). Son oncle le roi des Belges Léopold lui conseille, lorsqu’elle accède au trône en 1834, « de ne pas répondre le jour même » à une question importante. Et de ne jamais « permettre à des gens de parler de sujets qui vous concernent ou qui ont trait à vos affaires sans que vous en ayez vous-même exprimé le désir » p.66.

Victoria se marie en 1840 avec le prince germanique Albert, qu’elle aimera jusqu’à la fin et qui lui donnera huit enfants, dont le futur Edouard VII, l’aîné, en 1841. Avec son mari, elle jouera beaucoup avec eux, en réaction à sa propre éducation trop rigide. Bien qu’émotive, elle exprime peu ses sentiments, soumise à « ce qui se fait ». La presse pour enfants et adolescents prend son essor dès 1870 et encourage le patriotisme par des récits d’aventures exotiques. S’ajouteront Kipling et Baden-Powell pour exalter le nationalisme « naturel (…) d’orgueil et de joie » p.424.

Mais à la mort de la reine, au tout début du XXe siècle, le romancier John Galworthy cité par le biographe dresse le bilan social, somme toute mitigé : « avec de l’argent on était libre en droit et en fait, et sans argent on était libre en droit et pas en fait. Une ère qui avait si bien canonisé l’hypocrisie que, pour être respectable, il suffisait de le paraître » p.455. Un véritable modèle pour toutes les époques où le fric engendre le mépris et la richesse l’orgueil de se croire d’une essence supérieure aux autres. De fait, l’empire « pour mille ans » (Lewis Morris en 1897 – Hitler n’a rien inventé…) ne durera qu’un dixième de millénaire, à peine un siècle. Mais quel éclat !

Dans cette biographie vivante qui replace toujours le personnage dans son époque, la reine Victoria ressort un peu moins caricaturale. Sa morale puritaine devenue lieu commun correspondait à l’austérité laborieuse de la bourgeoisie en plein enrichissement ; le modèle royal n’était au fond que le miroir dans lequel la société tout entière aimait à s’admirer. La lecture des romans policiers historiques d’Anne Perry, sur l’époque victorienne, donneront une illustration vivante de l’époque.

Roland Marx, La reine Victoria, 2000, Fayard biographies historiques, 538 pages €30.00

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Risques boursiers 2016

Les marchés financiers, et notamment celui des actions, sont une chambre d’échos des espoirs et des craintes des investisseurs. Ce pourquoi ils sont un indicateur avancé de la santé des économies.

Rappelons ce fait d’histoire que l’économie leader de la planète reste l’économie américaine. Véritable « économie-monde » au sens de l’historien français Fernand Braudel comme de l’économiste américain Immanuel Wallerstein, l’économie des États-Unis est organisée par un État fort (et très peu « libéral » au sens que lui donne la gauche française), alimentée par l’innovation technologique (financée par la puissance militaire qui veut conserver une avance stratégique), et dont le marketing est effectué par le soft-power culturel du divertissement (Hollywood, Disney, Coca-Cola, Apple, Facebook, Twitter, McDonald’s, Lewis, Nike, etc.).

reseaux sociaux mediavores

L’économie américaine n’est pas le seul phare de la bourse, mais il en est le principal. Ce pourquoi tout ce qui arrive à la santé économique américaine affecte l’ensemble des marchés financiers de la planète, même si certains y échappent partiellement.

Sur l’année 2016, quatre risques importants sont détectés :

1. La reprise américaine décevante avec une croissance du PIB qui ralentit de 2.4 en 2015 à 1.5% estimé 2017. En cause l’industrie, notamment l’exploitation du pétrole de schiste, qui pâtit des prix bas du baril pilotés volontairement par l’Arabie Saoudite afin de conserver son monopole relatif.
2. Le ralentissement chinois et d’autres pays émergents, chacun pour des raisons différentes (la Russie à cause de la chute du prix du pétrole et de l’absence de réformes visant à encourager l’initiative économique ; le Brésil en raison de la dépense publique inconséquente et de la corruption politique). La Chine connait une crise de croissance, devant substituer une économie d’élévation domestique du niveau de vie à une économie tirée par l’investissement à destination des biens exportés à bas coût – transition qui ne se fait pas sans douleur. L’ultime ajustement sera le desserrement « démocratique » (selon les valeurs chinoises) qui remettra partiellement en cause le monopole du parti communiste. Cependant la Chine, avec son yuan partiellement convertible, peut garder la main sur son économie, échappant partiellement aux effets de la politique monétaire américaine.
3. La baisse du prix du pétrole (et du gaz par affinité) perturbe, par son ampleur et sa rapidité, tous les pays producteurs (Russie, Venezuela, Algérie, Nigeria, Gabon…). La chute de la rente augmente le chômage, donc la contestation sociale, qui peut prendre des formes politiques ou violentes – voire encourager le terrorisme dans les pays musulmans contaminés par le salafisme.
4. La politique de liquidités des Banques centrales, mise en place progressivement et à juste titre pour pallier les effets de la crise 2007 des subprimes, a peine à se normaliser. Les économies restent engluées dans le marasme ou ne relèvent la tête que pour une croissance anémique. Les liquidités créées par le rachat d’obligations d’État ou d’entreprises (quantitative easing) ne se placent pas forcément dans l’économie réelle via les crédits accordés par les banques, mais dans des actifs « sûrs » en attente d’investissement (ou exigés par la réglementation Bâle III) – ce qui crée une bulle obligataire et, dans certains pays, une bulle immobilière. Ces bulles génèrent de l’instabilité sur les marchés, décourageant la prise de risque dans les investissements réels – donc les embauches, donc la croissance.

Ces quatre risques à court terme se situent dans le risque à long terme des mutations technologiques et de la globalisation.

future past stay

Les effets du nouveau cycle d’innovations tiré par les technologies de l’information et des biotechnologies sont lents à changer la donne, les emplois détruits étant en phase initiale toujours plus nombreux (pour cause de productivité immédiate) que les emplois créés. Il faut en gros une génération avant que l’intégration des nouvelles technologies s’accompagne des réorganisations nécessaires et que la société s’y adapte. Les nouveaux métiers exigent de la formation (très mal organisée en France), la productivité réelle des technologies de l’information exige une organisation moins hiérarchique et plus en réseau (qui exige elle-même des salariés compétents, donc bien formés), l’essor des nouveaux métiers exige des modifications du droit pour qu’ils puissent voir le jour et se faire leur place (taxis avec Uber, locations touristiques avec Airbnb, télétravail, autoentreprise, multi-contrats, etc.).

Les risques qui sont identifiés et analysés ne peuvent jamais générer un « krach » – puisqu’ils sont déjà dans la tête des investisseurs. Les chutes brutales, de grande amplitude et durables de la bourse sont toujours l’effet de surprises, d’événements non prévus. Par exemple un attentat terroriste nucléaire (bombe « sale » ou centrale sabotée qui engendre un Tchernobyl), attaque de l’Arabie Saoudite par l’Iran, ou « la conjonction des astres » électoraux (imaginez en 2017 Donald Trump à la Maison-Blanche, Marine Le Pen à l’Élysée, une coalition avec une extrême-droite vigoureuse en Allemagne et le Brexit réalisé…).

Au-delà du pire, comment sortir des risques identifiés ?

1. L’économie américaine est réactive, mais l’incertitude électorale va peser jusqu’au résultat – il faut attendre 2017 pour qu’une tendance se dégage.
2. Le ralentissement chinois est assez habilement piloté et l’on peut penser qu’il continuera à l’être, même si la transition politique (qui suit toujours l’essor de l’économie selon Marx…) est une phase plus dangereuse que l’essor du pouvoir d’achat.
3. Les effets d’un prix du pétrole trop bas se font sentir jusqu’en Arabie Saoudite, déstabilisée socialement, ce qui laisse à penser que le léger rebond actuel marque la fin de la chute – sans que l’on retrouve avant quelque temps les prix d’il y a quelques années, faute de croissance économique aussi forte dans le monde.
4. La politique des Banques centrales a atteint son maximum. Nulle politique monétaire, même accentuée, ne peut corriger le problème d’offre dû au faible investissement faute de volonté patronale et de demande finale. C’est aux États et à l’Union européenne de prendre le relais, ce qui est lent et soumis aux aléas de la posture politique et de la démagogie idéologique (on le voit en France avec la loi travail). Les budgets ne disposant pas de marges de manœuvre en raison de l’endettement et du Pacte européen de stabilité, seules des réformes « structurelles » peuvent y réussir : sur la formation des chômeurs, le droit du travail, la sécurité retraite, le pilotage vers les nouveaux métiers, la fin des monopoles.

Un lent et long travail de réflexion juridique, de pédagogie, de compromis politique, ponctué d’élections-sanctions, de conservatisme et de retours en arrière…

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