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Bonjour chômage

La France avant l’été connaissait selon l’INSEE 10.9% de sa population active au chômage. Soit bien plus que les pays germaniques (Autriche 4.7%, Allemagne 5.3%, Pays-Bas 6.6%, Danemark 6.8%, Suède 7.9%, Finlande 8.4%, Belgique 8.6%), mais tendant plus vers les pays latins du sud, restés archaïques et en retard sur le développement (Italie 12.2%, Croatie 16.5%, Portugal 17.6%, Espagne 26.9%).

La France devient progressivement un pays sous-développé.

emploi 2013 insee

Le taux de chômage des moins de 25 ans est parmi les plus élevés d’Europe (25.7%), et les plus de 50 ans ne sont chômeurs qu’à 7.2% parce que l’âge légal de la retraite est resté plus bas qu’ailleurs et qu’ils peuplent les catégories de travailleurs intermittents hors « sens du BIT » : ne sont pas chômeurs ceux qui travaillent au moins 1 h dans le mois et les auto-entrepreneurs, même s’ils gagnent moins de 3000€ par an.

Le système d’enseignement laisse environ 150 000 jeunes chaque année sans aucune qualification, d’autres avec des diplômes sans valeur sur le marché : 1/4 de tous les étudiants européens en sport (STAPS) ou en psychologie sont en France.

L’évolution des techniques, des métiers et des entreprises oblige plus qu’avant à la mobilité géographique, de métiers et d’employeurs. Or même les jeunes sont peu ouverts aux changements : les trois quarts des 15-30 ans interrogés par Ipsos pour La Gazette des Communes et Le Monde se déclarent intéressés par une carrière dans la fonction publique (sondage 2004 qui n’a guère évolué). Des bassins d’emplois comme l’Ouest, le Nord, la Savoie peinent à recruter.

Côté employeurs, le conformisme cantonne le recrutement au mouton à cinq pattes : 1/ jeune pour n’être 2/ pas trop cher payé, mais 3/ avec expérience pour 4/ être opérationnel tout de suite, et 5/ le meilleur dans sa spécialité bien sûr. Donc une fourchette d’âge entre 30 et 40 ans. Avant, il faudrait le former, après il serait trop exigeant.

La recherche est mal aimée, non seulement de l’État (qui préfère les « trouveurs » aux « chercheurs ») mais aussi des entreprises, guère intéressées par les bac+8, pré-jugés trop « abstraits » (la faute à l’enseignement uniquement théorique de l’université française). Les chercheurs vont donc poursuivre leurs études aux États-Unis, en Suisse, en Allemagne, en Chine. Et l’on manque d’idées pour l’innovation.

Sans parler des pouvoirs publics pour qui le chômage reste une paresse à secouer ou une honte sociale à contenir – voire un toilettage des statistiques par discrètes « radiations administratives ». Malgré quelques efforts, ni la fiscalité, ni les aides réelles à la création d’entreprise, ni la formation des chômeurs, ni l’accompagnement, ne sont sérieusement envisagés. Cela parce que les syndicats n’en font pas leur priorité, peu représentatifs (majoritairement fonction publique) et plus attachés à défendre les avantages acquis des « inclus ». Il fallait voir le fonctionnaire devenu président, le 7 août, déstabilisé par une Madame Michaud de 50 ans engluée dans les contrats aidés depuis des mois. Toute la différence entre les mots et les choses.

Que faire ?

Déjà regarder ce qui se fait ailleurs.

cahuc zylberberg le chomage fatalite ou necessite

Deux économistes, professeurs à l’Université de Paris 1 l’ont fait en 2004. Leur ouvrage est malheureusement toujours d’actualité, parce que les politiciens n’ont quasiment rien foutu depuis 10 ans, malgré de beaux discours. Sauf la fusion ANPE-Assedic, peut-être au mauvais moment où le chômage explosait, mais en tout cas nettement plus efficace en termes de traitement des demandes !

Pierre Cahuc est en outre chargé de cours à l’École Polytechnique, tandis qu’André Zylberberg est aussi directeur de recherches au CNRS. Ils examinent des études concrètes, livrent des faits mesurables, défrichent l’économie quantitative.

Pourquoi le chômage est-il plus élevé en France qu’ailleurs ?

Par ignorance. L’ouvrage commence ainsi : « La méconnaissance de la nature profonde du marché du travail est, en partie, responsable de cette situation ». Le chômage représente la friction nécessaire pour que les particuliers (démission, changement de domicile, retraite) et les entreprises (innovation, pression sur les coûts, concurrence) s’ajustent. Chaque jour voit disparaître 10 000 emplois (7 par minute) il s’en crée au même moment à peu près le même nombre, de façon « sensiblement identique dans tous les pays industrialisés » p.19

Aucun bouc émissaire ne remplace une analyse. Ni la démographie ni l’immigration, ni la bourse ne sont causes du chômage. « Au contraire, ce sont les pays industrialisés, où l’accroissement de la population active est le plus soutenu, qui ont les taux de chômage les plus faibles » p.31 La mondialisation décentralise les emplois sur le long terme mais très peu à court terme car plus de 60% des importations de l’Union européenne proviennent de l’Union européenne. Les licenciements ne sont pas « boursiers » : une étude américaine montre que, sur 28 ans, les 3878 annonces de baisse d’effectifs ont eu pour effet, sur les 1176 entreprises cotées à la bourse de New York, de faire BAISSER leurs cours et non pas de les faire monter. « Cette constatation signifie simplement que les entreprises qui font appel à des procédures de licenciement collectif ont, en moyenne, de moins bonnes perspectives de profit que les autres. » p.37 Une faible croissance ne cause pas mécaniquement du chômage, ce sont plutôt les différences d’organisation des marchés du travail en termes de réglementation, d’aide au retour à l’emploi, de taxes sur les salaires et de formation.

Collectiviser l’économie est régressif selon l’économiste indien Amartya Sen (cité p.41), prix de la Banque de Suède 1998 (dit ‘Nobel’) : « Nous avons de bonnes raisons d’acheter, de vendre, d’échanger et de conduire notre vie sur un mode qui exige l’existence de transactions. Un déni de liberté sur ce terrain constituerait, en soi, un grave échec pour la société. » Partager le travail est une idée « fausse » p.46, « l’impact de la réduction du temps de travail sur l’emploi dépend de la manière dont elle affecte la compétitivité des entreprises » p.61. « L’expérience allemande de partage du travail (entre 1984 et 1994) a permis à ceux qui ont conservé leur emploi de bénéficier d’horaires moindres sans perte de salaire, mais n’a PAS contribué à faire baisser le chômage. » p.63

Créer des emplois publics aidés n’insère pas les jeunes dans le privé. En Suède, « comparée à la moyenne des parcours des simples chômeurs n’ayant participé à aucun programme, les chances de retour vers un emploi non aidé sont sensiblement plus faibles, tout au long des 5 années de suivi, pour les personnes ayant bénéficié d’un emploi temporaire dans le secteur public. » p.181 En France, la DARES montre que le contrat emploi-solidarité « diminue les chances de retour vers l’emploi régulier de celui qui en bénéficie de 8 points de pourcentage. » p.186 Les études montrent qu’il vaut mieux vaut subventionner directement l’emploi privé.

La fiscalité a des effets pervers. « Une hausse des taux d’imposition des revenus les plus élevés modifie les comportements des personnes percevant ces revenus. (Elles) paient moins d’impôts lorsque le taux d’imposition augmente, ce qui signifie qu’elles diminuent leurs activités ou qu’elles en délocalisent une partie. » p.104 Comme les footballeurs européens qui vont exercer dans d’autres clubs ou les mannequins ’résidant’ à Londres.

Les aides aux chômeurs ne sont utiles que si elles sont organisées. « Comparée à d’autres pays, la France se situe dans le peloton de tête pour les aides à l’emploi (public et privé). Selon l’OCDE, ces aides s’élèvent à 1,04% du PIB pour l’année 2000. (…) La Suède ne dépense que 0,6% de son PIB en aides à l’emploi en 2000, alors qu’en 1994 elle en dépensait 1,91% » p.177 Mais la Suède est devenue bien plus efficace. Car « si les services publics de l’emploi ne remplissent pas leur part du contrat qui consiste à fournir une aide réelle au chômeur, et se contentent simplement de les contrôler, le système perd alors toute efficacité » p.120

Quelles sont les mesures pratiques qui pourraient être prises ?

Évaluer : « Il n’existe aucune instance indépendante, dotée de moyens suffisants pour évaluer l’intervention des pouvoirs publics sur le marché du travail. » p.13

Alléger les charges sur les bas salaires « crée beaucoup d’emplois. Il en résulte de nouvelles rentrées fiscales et des économies au titre des allocations chômage et des minima sociaux. » p.78

Simplifier la prime au retour à l’emploi. Elle a marché au Canada mais son adaptation française illustre le trop peu, trop tard. « Tout d’abord, la loi et le barème sont effroyablement complexes » p.99 « Les montants maximaux de la prime sont aussi très modestes. » « Le PPE distribue peu d’argent, mais à beaucoup de monde. Ce qui fait qu’en définitive son coût est très élevé. » p.100

Inciter à la bonne pratique plutôt que protéger à tout prix l’emploi. La protection « modifie les politiques de recrutement et de licenciement des entreprises sans influencer significativement le nombre de postes de travail dont les entreprises ont besoin. Son impact essentiel consiste finalement à répartir les risques de façon très inégalitaire. La législation actuelle (française) protège les emplois des salariés dotés d’une certaine ancienneté, mais pousse les entreprises à utiliser abondamment les contrats à durée limitée. Elle accentue ainsi la segmentation du marché du travail entre, d’une part des salariés protégés ayant accès à des emplois stables et, d’autre part, des salariés contraints d’accepter des contrats à durée limitée et des chômeurs ayant, en moyenne, peu de chances de retrouver du travail rapidement. » p.139 « Un mécanisme de bonus-malus, dans lequel le taux de cotisation à l’assurance chômage d’une entreprise augmente avec le nombre de licenciements auxquels elle a procédé, permet de limiter les destructions d’emplois inefficaces. » Cela n’a pas été tenté en France. Et pourtant, « un tel système joue un rôle central dans le financement de l’assurance chômage aux États-Unis » p.143

La formation est d’autant plus efficace qu’elle se fait tôt, dès l’école maternelle, afin de socialiser les enfants dans de bonnes conditions. La formation des ados est d’autant plus valorisante qu’elle est plus pratique, favorisant les comportements de recherche, de curiosité, d’expériences, de travail en équipe – le contraire même de l’abstraction pontifiante des profs àlafrançaise. La formation des adultes n’est utile pour retrouver un emploi que si elle est proche de leur savoir acquis. Une complète reconversion n’apparaît pas « rentable » au sens économique.

Les auteurs n’abordent le chômage que sous l’angle de l’économie empirique : comment il naît, ce qui le fait durer en France, et les solutions ailleurs qui donnent des résultats. Le livre n’aborde pas l’aspect personnel et social du chômage, la solitude, le sentiment d’abandon, d’inutilité collective. Cet aspect non-économique est aussi la vérité du chômage.

Pierre Cahuc & André Zylberberg, Le chômage fatalité ou nécessité ? 2004 Flammarion, 197 pages, €7.79

INSEE comparaison chômage euro, Europe, Monde

INSEE la précarité des sans-diplômes

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Le marasme Hollande

  • Il avait promis, il ne peut pas tenir.
  • Il s’était présenté comme le président des jeunes, de l’écologie, de l’avenir, il ne peut que gérer la pénurie.
  • Il se voulait ouvert, dialoguant, il se retrouve à pratiquer la rigidité managériale, directif (selon la CGT sur les retraites) et punissant les faibles (Batho) mais pas des forts (Montebourg).
  • Il se voulait « normal », il n’est que normalisateur.

francois hollande moue

Comment la gauche peut-elle être « la gauche » quand les moyens manquent ? Car il ne s’agit plus de redistribuer la manne productive, il s’agit de la redresser, voire de la recréer : et cela, la gauche n’a jamais su faire…

Engluée dans l’idéologie du lointain, des lendemains qui chantent et du temps des cerises, la gauche de gouvernement ne sait quoi faire quand le printemps tarde (comme cette année) et que l’hiver dure (bien que le climat se réchauffe). Les pays émergents vont plutôt bien, les États-Unis se redressent, l’Europe va moins mal – même l’Espagne et l’Italie. Seule la France s’enfonce, par atavisme qui ne date pas d’hier :

  • Déjà la guerre de 1870 contre les Prussiens avait montré combien le pays se surestimait, arrogant et amateur, préférant le statut de grande puissance plutôt que les moyens d’une grande puissance.
  • Déjà la guerre de 14-18 avait montré le conservatisme des badernes aux commandes, le déni des politiciens et l’amateurisme technique.
  • Déjà la guerre éclair de 1940 avait prouvé la faillite de l’élite, l’absence de remise en question des habitudes, la confiance aveugle en la protection de la ligne Maginot, le saupoudrage des chars de combat et l’usage inepte des avions.

La gauche est héritière de cette culture nationale, elle bavarde mais ne fait rien pour adapter le pays. Car le monde change mais la France se veut immobile, née tout armée quelque part vers 1789 ; le monde rajeunit avec la démographie émergente et l’inventivité technologique américaine mais la France vieillit dans le narcissisme révolutionnaire, se trouvant si belle en son miroir qu’elle ne veut surtout pas regarder ailleurs.

Ni le Budget, ni la Dette (1870 milliards d’euros fin premier trimestre 2013) ne permettent plus les subventions aux projets écolos, aux histrions du spectacle, au sauvetage d’entreprises, à la relance des Grands Projets. Ayant le choix entre la rigueur ou la faillite, la gauche au pouvoir est conservatrice par force, réactionnaire par contrainte de moyens, obligée à l’essentiel pour rester au pouvoir.

Le chômage est un vaste problème qu’il ne suffit pas de qualifier de Grââânde cause nationale pour le régler d’un discours, ni même par une loi. Tout le monde sait bien ce qu’il faudrait pour encourager l’emploi, mais la gauche ne sait pas le faire, ce serait vexer sa clientèle, et Hollande encore moins, ce serait brusquer son tempérament. Il faudrait un « choc de simplification » sur l’empilement de taxes sociales pesant sur les salariés et sur les employeurs, un réajustement au niveau du pays voisin qui a réussi mieux que nous : l’Allemagne. Mais il faudrait pour cela basculer le manque à gagner sur la TVA (plutôt que la CSG qui touche aussi les salaires) – et surtout réduire bien plus vite la dépense publique, donc le nombre de dépendants de la manne d’État.

  • Or l’empilement des niveaux d’interventions, de la commune à l’État central en passant par cette nouvelle invention des « métropoles », n’est pas remis en cause – ce serait vexer les zélus zélés du parti socialiste.
  • Or le « mammouth » ministériel de l’éducation, dont les dysfonctionnements sont de notoriété publique, ayant fait l’objet d’un rapport récent de la Cour des comptes, est conforté sans aucune réorganisation, empilant en plus des profs qui ne font que 18 heures par semaine (contre 22 en Allemagne), des programmes rechargés en matières, des vacances encore plus longues à la Toussaint – et ces assistants-garde chiourme en emplois « aidés », ni formateurs ni vendables sur le marché du travail pour les jeunes bénéficiaires.

immobilisme politique dessin zag

Productivité, innovation, compétitivité – ces mamelles d’une économie dynamique – ne sont que des mots pour la gauche technocrate. Non seulement l’économie privée n’est pas encouragée à produire, elle est découragée d’innover et empêtrée dans un fatras de règles administratives sans cesse rajoutées qui freinent toute compétitivité – mais en plus l’État, « instituteur du social » selon la tradition de gauche, est incapable de montrer l’exemple. Où sont la productivité, l’innovation, la compétitivité dans l’organisation administrative ?

  • Pourquoi a-t-on plus de flics par habitant que les autres et des résultats aussi médiocres ?
  • Un prof pour 16 élèves mais des classes de 35 ?
  • Un déblocage autorisé de la participation des salariés mais un contrôle des sommes utilisées par l’Administration qui n’a sans doute que ça à faire ?

Par laxisme, gabegie, volonté politique de ne pas fâcher le cœur de cible socialiste : les fonctionnaires ? Cette lâcheté est la faiblesse de la gauche – bien loin du dire-vrai de Mendès-France, Rocard ou Delors.

L’indice mondial 2013 de l’innovation, publié par l’université américaine Cornell, l’INSEAD français et l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) classe 142 pays avec 84 indicateurs. Les cinq premiers du classement sont la Suisse (inchangé depuis trois ans), la Suède (inchangé), le Royaume Uni (qui progresse de 2 places par rapport à 2012), les Pays Bas (progressent de 2 places), les États-Unis (progressent de 5 places). Même Singapour est 8ème et la Finlande 6ème. La France n’est qu’au 20ème rang, loin derrière l’Allemagne 15ème… C’est la culture française même qui est hostile à tout changement.

Et la gauche – socialement réactionnaire depuis 40 ans que le monde s’ouvre – est encore plus immobiliste que la droite ! Il ne s’agit que de « sauver » les industries, d’affirmer « l’exception » culturelle, de refuser toute « concurrence » (pour conforter donc les monopoles), de se crisper sur « les acquis ». Comment innover, créer, aller de l’avant, avec cette mentalité avare tournée vers le trésor d’hier et pas sur l’affirmation tranquille dans le présent ?

La France s’appauvrit aussi par carence d’État : le monstre ingérable coûte cher et ponctionne, les gouvernements de gauche restant incapables de toute réforme d’ampleur pour l’adapter à la réalité d’aujourd’hui. Un seul exemple : le pays prend un profil de marché automobile de pays pauvre. Au premier semestre 2013, les Renault Twingo et Clio, Dacia Sandero ou autres Peugeot 208 représentent 52% des immatriculations de véhicules neufs selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (contre 49% il y a un an et contre la moyenne européenne de 41%).

La gauche au pouvoir, portée par ses illusions bercées trop longtemps dans l’opposition, préfère la posture idéologique aux réalisations politiques. La posture donne bonne conscience et offre gratuitement aux électeurs ce qu’ils veulent entendre, tandis que toute réalisation politique ne peut que mécontenter ceux qui sont réformés, recadrés ou supprimés. Ou est donc « le courage » tant vanté par la gauche quand elle n’est pas aux affaires ? Il n’y a aucun courage à fermer les yeux et à quasiment ne rien faire.

Le point de vue d’un chercheur suisse

La gauche socialiste a peur du pouvoir

Ségolène Royal, Cette belle idée du courage – Essai, 2013, Grasset, 312 pages, €18.05

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