Articles tagués : paléolithique

Hommage à Yvette Taborin

Peu de personnes connaissent Yvette Taborin, archéologue préhistorienne émérite, qui nous a quittés la semaine dernière, le 8 septembre. Sa fiche Wikipédia, d’une sécheresse rare, est presque une escroquerie. Comme si le quarteron de profs, qui trustent le contrôle de l’encyclopédie en ligne, avaient peur du talent scientifique. La fiche du Mélenchon, par exemple, est nettement plus fournie alors que l’histrion n’a été qu’un politicien toute sa vie et n’a rien apporté à la connaissance humaine, sauf à occuper le terrain de son ego encombrant.

Yvette a vécu 91 ans, ce qui est un bel âge pour tirer sa révérence, et a connu une vie avant Etiolles, chantier magdalénien de l’époque de Lascaux, ouvert à 43 ans. Elle a fait du planeur, est devenue docteur en droit puis a passé le concours d’intendante de lycée avant de s’intéresser à l’histoire de l’art et de fouiller avec André Leroi-Gourhan. Il fut « le Patron » de toute une génération de préhistoriens, affinant la technique scientifique de fouilles et ouvrant les interprétations archéologiques à l’ethnologie. Ce pourquoi un archéologue n’est plus, désormais un chercheur de belles pièces mais un anthropologue enquêtant à partir de traces sur le terrain et échafaudant des hypothèses probables à l’aide de modèles humains.

Yvette n’est pas non plus réductible à sa thèse d’Etat en archéologie sur les coquillages dans la parure paléolithique en France, soutenue en 1987 sous la direction de Roger Garanger, comme si les femmes se devaient de ne s’occuper que de fanfreluches, même si elles ornaient le cou des robustes matrones nues sous la fourrure sauvage. Elle est devenue professeur titulaire de préhistoire à Paris-1 avant de céder la place à Nicole Pigeot, puis à Marianne Christensen. J’ai soutenu en 1983 une maitrise de préhistoire sous la codirection d’Yvette Taborin et de Nicole Pigeot, en parallèle avec mes études en science politique.

J’ai connu Yvette adolescent, avant même le bac ; j’étais l’un des « jeunes de l’Essonne » embauché comme stagiaire bénévole sous l’égide du département pour effectuer des fouilles de sauvetage d’un site soupçonné paléolithique sur la commune d’Etiolles, près d’Evry. Des silex taillés aient été découverts par le club archéologique de la SNECMA lors de prospection de surface dans les champs labourés… d’un ancien copain de lycée en troisième ! En juillet 1972 s’ouvre le champ en bordure de la route qui a attiré des générations de curieux. Nous campons sous tentes sur le site, dans la poussière torse nu s’il fait chaud, dans la boue en k-way s’il pleut. Des jeunes dès 14 ans et des étudiants de l’université de Paris-1 Sorbonne en stage pratique de fouilles décapent à la pioche la terre arable, puis passent à la truelle pour écrêter la terre stérile avant d’opter pour la spatule de dentiste dès qu’un objet est découvert, silex taillé, pierre brûlée ou os d’animal. La future raconteuse de rompols Fred Vargas, désormais spécialisée au civil dans l’archéozoologie médiévale, est passée sur ce chantier en formation obligatoire. Pour ma part, j’ai déjà raconté mon expérience du chantier d’il y a presqu’un demi-siècle.

L’inexpérience comme le souci de ne pas défoncer la couche ont retardé le moment crucial où, enfin, les premiers vestiges paléolithiques en place sont apparus. La couche d’époque paléolithique a alors quitté sa réputation de « chemin, gaulois » pour être dégagée sur plusieurs mètres carrés, mettant au jour toute une structure de vie du magdalénien final : foyers, amas de déchets de taille, reste d’os décharnés, outils inachevés ou perdus, trous de poteaux (probablement des tentes en peaux de renne). Elle a été datée par diverses méthodes autour de 13 000 avant le présent. Ce n’était que le début d’un chantier gigantesque qui dure encore !

Mon premier émoi d’archéologue en herbe a été lorsque, pour la première fois, j’ai découvert « un burin dièdre sur troncature concave », comme l’a analysé aussitôt Philippe Soulier, qui participait à la formation des fouilleurs. Philippe, récent auteur d’une biographie de son maître André Leroi-Gourhan, n’est pas resté au-delà de 1972 un pilier du chantier, Yvette Taborin préférait s’entourer jusqu’en 2000 de collaboratrices plutôt que de collaborateurs afin d’aider à la promotion des femmes, selon le tropisme de sa génération. Ce furent successivement Nicole Pigeot, Monique Olive puis Marianne Christensen. Un galet de calcaire gravé d’un cheval est découvert en 1999 et daté de 12300 ans avant nous ; chacun peut aller le voir au Musée de préhistoire de Nemours.

Je garde un souvenir ému d’Yvette Taborin, tuteur adulte qui avait l’âge de ma mère, disparue la même semaine qu’elle à un âge avancé. Elle vénérait la réflexion et la raison, tout en aimant la fête (jusqu’à être surnommée malicieusement Yvrette par des jeunes égayés). Elle savait stimuler l’imagination sur le passé lointain, seule façon de motiver la jeunesse qui a besoin de rêver. Yvette doit maintenant galoper avec les mammouths dans la plaine, comme elle aimait à nous conter le paysage paléolithique sur le chantier d’Etiolles, aux rives de la Seine. Nous en avions trouvé une omoplate d’un mètre carrée, bien conservée dans le sol. Elle a bien vécu, elle a eu une vie bonne et elle a contribué à nous en faire savoir un peu plus sur nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs d’Île-de-France.

Présentation du site archéologique d’Etiolles

Catégories : Archéologie | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Forteresse de Kamianetz Podolskiy

Le train a 15 wagons tirés par une locomotive antique mais électrique. Nous ne sommes pas plutôt montés dans notre train couchettes que des éclairs sillonnent le ciel. Comme chaque nuit, il pleut. Qu’importe, le thé de la maîtresse du wagon déssoiffe et le rythme des boggies sur les rails ne tarde pas à nous faire trouver le sommeil entre nos deux draps frais.

ukraine train electrique

Dans le bus à l’arrivée, défilent les kilomètres. L’heure du déjeuner approchant, étant même dépassée, nous pouvons observer depuis le bus des familles qui, comme dans les années soixante en France, pique-niquent au bord de la route. Toute la famille en marcel blanc, ou plus à l’aise pour les enfants, installe la nappe par terre et sort les victuailles du panier. Ils regardent passer les voitures tout en se donnant en spectacle, celui d’une famille qui a réussi à accéder au confort. Une Moskvitch, succédané de la Fiat 1200 des années 70, transporte sur sa galerie un haut de chapelle tout équipé, en fer blanc embouti, un oiseau au faîte. Sur le bord de la route, des familles vendent les tomates, les pastèques, les pommes et les oignons de leurs jardins. Les étals sont surveillés par de vieilles femmes qui gardent leurs petits-enfants bébés ou par de jeunes garçons. Les adultes en âge de travailler sont au boulot en ce vendredi. Nous traversons le Dnieser.

ukraine crepe pate de pavot

A Kamnianetz Podolskiy, nous prenons le déjeuner dans un restaurant qui surplombe le fleuve, dans une tour fortifiée. Nous sommes seuls dans l’édifice monumental qui rappelle les châteaux des dignitaires nazis. Les salades traditionnelles de chou blanchi et de betterave rouge râpée à la crème aigre sont présentées dans des coupelles de cristal. La viande est sur assiette, une escalope fine roulée aux champignons et oignons, accompagnée de blinis de pommes de terre malheureusement un peu grasses. Trois sauces vont avec la viande, un ketchup ciboulette, de la crème épaisse et une mayonnaise aux herbes. Le dessert est triple lui aussi, trois sortes de crêpes au fromage blanc, aux cerises et à la pâte de pavot.

Les toilettes de ce restaurant de luxe ne sont pas au niveau : un ado arrache le robinet dès qu’il le touche, prenant une douche et déclenchant une inondation dans les toilettes, rapidement condamnées par un panneau comminatoire. Il faut dire qu’il y a dix centimètres d’eau sur le sol…

ukraine forteresse de kamianetz podolskiy

Le site a été occupé depuis le Paléolithique comme en témoignent les fouilles. La plus ancienne datation, 30 000 ans, a été relevée en Ukraine à Luki-Vroublevetski, près de là. La première mention de la cité de Kamianetz, dans les Chroniques Arméniennes, date de 1060-62. En 1196, les anciennes chroniques russes signalent que la cité faisait partie de la principauté de Galicie-Volinienne. Elle fut un centre de transit important pour les marchandises entre Kiev et les Balkans.

ukraine forteresse de kamianetz podolskiy cour

Nous allons visiter la forteresse qui fait l’attraction touristique de la ville. Protégée de trois côtés par un méandre de la rivière Smotrich, elle fut élevée en 1062 et n’a été prise que deux fois, l’une en raison d’un conflit interne, l’autre quand les Turco-Mongols de Batou l’ont assiégés en 1240, soixante fois plus nombreux que les défenseurs. La légende veut qu’à la question « qui t’as construit ? », la réponse fut « – Dieu lui-même ». Entraînant la suite : « alors que Dieu la prenne ! ».

ukraine forteresse de kamianetz podolskiy canon autotracte allemand

La forteresse elle-même est en rénovation. Ses murs abritent une exposition sur la seconde guerre mondiale – vue du côté russe. Le style en est « patriotique internationaliste », populaire et grandiloquent. Les jeunes garçons sont moins fascinés par les mots ronflants des affiches que par des canons autotractés et par les armes allemandes sous vitrine. Les uniformes les font se raidir d’envie, leur corps se redresse de façon visible. La propagande antinazie semble leur passer par-dessus la tête : ils en ont été abreuvés depuis la petite enfance par l’école officielle, les vaccinant à vie contre les trémolos idéologiques d’un autre âge. A chaque génération de réapprendre la civilisation et le poids des valeurs. Les enfants ne sont pas des oies qu’on gave sans vergogne de propagande ; c’est même contreproductif comme en témoigne chez nous les décennies d’exposés et autres manifestations « contre le racisme ».

ukraine forteresse de kamianetz podolskiy passage

Dans les souterrains des remparts, une scénographie met en scène une attaque turque dans le style du musée Grévin. Un attaquant se fait éventrer à la baïonnette avec un cri étranglé que la machinerie reproduit, tout comme le mouvement en avant du tueur, à intervalle régulier. Plus loin, c’est un blessé sur la paille, puis une rangée de cercueils. Ce réalisme national et pourtant socialiste, dans cette pénombre souterraine, fait frissonner.

ukraine forteresse de kamianetz podolskiy turc eventre

Mais nous pouvons revenir à la lumière en allant explorer les tours aux meurtrières ouvertes sur la ville et la campagne, au toit à charpente savante, ou bien les remparts dont la galerie court côté fleuve. Une petite fille en robe blanche de communiante voit le vent capricieux faire voleter sa jupette. Les maltchiki sont plus bruts de décoffrage, version prolo en culotte épaisse et poitrine nue, ou version in en short de foot et polo arachnéen. Deux d’entre eux me font un salut ironique.

ukraine forteresse de kamianetz podolskiy fillette jupette

Sur la route, un panneau indique une forte pente à « 66% ». C’est assez curieux lorsque l’on regarde un rapporteur. L’unité de mesure ne semble pas la même que chez nous. Brusquement, un pschitt ! et une vague embardée : c’est le pneu arrière gauche du minibus qui a crevé. Le chauffeur sort la roue de secours mais se rend compte qu’il n’a pas le cric adapté (sempiternelle incurie soviétique). Il se voit obligé d’arrêter d’autres minibus Mercedes analogue au sien pour tenter d’emprunter un cric. Il y parvient, mais ce dernier glisse ; je lui conseille de le poser sur une planche, ce qui lui donnera une assise plus large au sol. Il fait très chaud, l’asphalte brûle, l’effort fait couler la sueur sur le visage du chauffeur, prénommé Rouslan. Il passe une bonne demi-heure à s’enduire de cambouis et de poussière avant de parvenir à réparer.

ukraine forteresse de kamianetz podolskiy fillette rose

Nous atteignons Kamelnitskiy au crépuscule. C’est une grande ville de 254 000 habitants. Nous allons y dîner, dans un café à la serveuse accorte. Ce ne sont que salades, escalopes, galettes de pomme de terre… Ceux qui dînent en ont à satiété. La serveuse me sourit, je lui demande si je peux la photographier, elle en est ravie.

Catégories : Ukraine, Voyages | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Des attentats de Louxor en 1997

Le soleil n’est pas levé et il n’a manifestement pas l’intention de le faire avant un moment, encore tout encombré de draps et autres voiles nuageux. Les bateaux qui passent en trains successifs ont balancé notre coque toute la soirée d’hier. L’une du groupe a même vu une vague mouiller son duvet par-dessus le bordage.

felouques sur le nil

La question, toujours dans un arrière-plan de la conscience, devait à un moment être abordée. Elle le fut ce matin sur l’initiative de Dji : les attentats islamistes. S’ils devaient se multiplier, le tourisme en Égypte serait mort, entraînant une chute de 10% du PIB et 12% de la population au chômage. Déstabiliser le pays, engendrer le chaos, c’est ce qu’ils veulent – pour apparaître comme la seule force d’ordre en vertu de la religion.

freres musulman logo

Il nous parle de l’attentat du 17 novembre 1997 au temple d’Hatchepsout à Louxor, où 58 touristes et 4 Égyptiens ont été tués par balle, et environ 25 blessés, par cinq jeunes. Ceux-ci ont été « manipulés », selon lui, même si l’attentat a été revendiqué par la Gamaât Islamiya. L’Égypte n’est pas l’Algérie et les groupes incontrôlés n’existent pas. Les islamistes sont structurés et bien connus.

Certains ont pensé qu’étant donné le rôle de l’armée dans le pays, investir à long terme dans les académies militaires permettrait de pousser le régime de l’intérieur. Le jour de l’attentat de 1997, le général commandant la région était justement en congé. Il avait ordonné qu’aucune balle ne soit placée dans les armes des militaires et des gendarmes qui gardaient le site. Ils n’ont donc pu intervenir rapidement. Les jeunes « de 18 à 23 ans » selon Dji, ont été abattus – et non pris – « pour ne pas qu’ils parlent ». Le Président Moubarak est venu lui-même – sans chauffeur – interroger les témoins, se méfiant de la Sécurité Militaire. L’armée a été épurée dans les mois qui ont suivis et le général, opportunément absent, n’a jamais été revu. Il doit pourrir dans quelque geôle ou quelques pieds sous terre. Pour Dji « c’est probablement le dernier attentat en Égypte ». La stratégie islamiste n’a pas payé, l’armée surveille désormais l’armée et la réédition d’une telle infiltration paraît désormais impossible… Sauf pour Israël : un attentat en 2004 a visé clairement des juifs.

felouquier musulman

Un long bateau s’est amarré derrière nous sur la rive, dans la nuit. C’est le bateau de croisière luxueusement aménagé El Karim de 19 mètres de long et 7 m 50 de large pour six passagers et huit hommes d’équipage. Il est loué aux happy few des croisières à la carte, entre Louxor et Assouan. Le bateau est un sandal, un bateau traditionnel du Nil à deux mâts aménagé en une cabine principale de 25 m² avec deux banquettes, plus une cabine de 20 m² pour deux personnes avec salle d’eau et douche. Le capitaine en est aujourd’hui ce garçon que Dji a connu enfant et dont il s’est occupé parce que sa mère avait divorcé. Le jeune homme le révère comme un père, cela se voit lorsqu’il le rencontre, il le salue avec respect. Ce qui frappe sont ces yeux, ils sont grands et clairs, ce qui donne à son visage un charme certain. D’ailleurs, il plaît aux femmes et se complaît avec elles.

desert bord du nil

Une heure de plus dans les felouques – tirées au moteur – et nous voici prêts pour le désert. Au long des rives brumeuses, nous rencontrons de temps à autre une barge qui se charge de pierres de construction, chargées à dos d’hommes comme depuis des millénaires. Nous débarquons. La traversée d’une route qui longe le Nil à cet endroit, sur la rive ouest, une petite grimpée sur une éminence, et voici un beau panorama sur le Nil et sur les felouques qui quittent la rive, traînées par le bateau à moteur – le temps d’une photo expressive tandis que les autres s’éloignent vers les confins. Seul Adj, qui prend au sérieux sa fonction de chien de garde, attend que j’aie terminé, réservé et restant à une dizaine de mètres sans m’adresser un seul mot. Il apprend pourtant l’anglais à l’école et aurait pu se mettre au français avec Dji depuis le temps qu’il le connaît. Mais, là encore, nonchalance mâle, fierté mal placée ou manque d’idée arabe, il laisse s’écouler le temps sans rien entreprendre.

bord du désert egyptien

Nous cheminons sur le sable ocre et fin, entre des rochers effilés de grès et d’amas basaltiques. Migrations métalliques dues aux écarts de température ? La surface des pierres est patinée. Sur le sol, d’étrangement belles découpes se dressent comme autant de rasoirs. L’écorce du grès est coupante comme une lame, délitée par le vent et par l’abrasion des grains de sable. Elle est parfois devenue une dentelle de pierre. Par terre, nous trouvons des tessons de poteries d’un peu toutes les époques, selon la grosseur des éléments vus en coupe, notamment le dégraissant. Il fait chaud. De cette chaleur de désert due en grande partie à la réverbération du sol. Nous marchons un moment dans ce paysage minéral qui épure la pensée et simplifie les idées.

village egypte

Et nous revenons vers le Nil par un wadi. En cet endroit du wadi Koubbaniya, ont été découverts des grains d’orge cultivé, des mortiers et des meules, associés à un site Paléolithique daté d’environ 18 000 ans, montrant l’ancienneté d’occupation des bords du Nil. Aux approches du village de Koubbaniya, du nom des coupoles élevées sur les maisons, sur la pente qui descend vers le fleuve, affleurent des fragments de momies humaines desséchées. Il y a des morceaux de troncs enduits de toile, des fémurs blanchis. Ces ossements auraient 6000 ans. On enterrait les morts directement dans le sable quand on n’était pas riche. L’important n’était pas la cérémonie, mais la croyance en la résurrection. Durant des siècles après la disparition de la civilisation des pyramides, les momies ont été utilisées comme médecine. On les prenait en poudre contre les douleurs gastriques, on l’appliquait en poudre contre les blessures. François 1er lui-même ne se déplaçait jamais sans son morceau de « mummie » – ancien français qui a donné le mot anglais actuel.

Catégories : Egypte, Voyages | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,