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Baudruche quinquennale

Les cinq années que François Hollande aura passées à la tête de l’État ne resteront pas dans les annales comme celles qui auront marqué l’histoire. Giscard – et même Sarkozy – avaient mieux réussi. C’est que cinq ans, c’est très court quand on n’est pas préparé ; et très long quand on n’a pas de base électorale pour appliquer son programme. Ajoutez à ces conditions un caractère pusillanime, hésitant à décider, adepte du billard à trois bandes, et vous aurez le schéma d’échec d’un quinquennat présidentiel.

Le président est comme un dirigeable monté très haut avec des promesses inconsidérées, et qui n’a cessé depuis l’origine de perdre de la hauteur. La grenouille Hollande voulait se faire plus grosse que le bœuf Sarkozy, mais il a été trop gonflé pour entreprendre et pas été assez gonflé pour éclater. Toujours dans l’entre-deux, trop peu, trop tard, maladroit comme il est peu.

Qui ne se souvient du « Moi, président… ». On allait voir ce qu’on allait voir, sur la morale, la « gouvernance », le déficit, l’Europe.

On a vu – très vite – la morale s’écrouler, les Cahuzac, Morelle, Augier, Thévenoud, Lauvergeon, Sales et j’en passe minant et sapant tous les discours de la com’ par des actes tout bêtes, tout simples, sans aucune morale.

La « gouvernance » est restée plus technocratique encore que sous le gouvernement précédent, les énarques étant revenus en force, ignorants du pouvoir après dix longues années à s’opposer à tout et pour rien, sans aucun projet préparé, adorant comploter en petits comités et livrer tout ficelé le rôti à voter. Notre-Dame des Landes n’est toujours pas aéroport, le droit du travail toujours pas modifié, l’entreprise toujours vilipendée et pas encouragée, les chômeurs toujours plus nombreux malgré le maquillage des « contrats aidés », seuls les gais et lesbiens sont heureux : ils peuvent enfin se marier !

Malgré des milliards d’impôts en plus, pris sur les ménages et les entreprises, le déficit ne s’est pas réduit. Tout au plus se félicite-t-on d’avoir « inversé la courbe de la hausse » en affichant 3.5% du PIB contre 3.8% « prévus » ! Les fonctionnaires sont toujours plus nombreux – surtout là où ils sont le moins productifs, dans les collectivités territoriales (multipliées !) et les agences autonomes. Les militaires sursollicités un peu partout – et en France même avec l’opération Sentinelle – 13 opérations extérieures au Kosovo, en Bosnie, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique, en Guinée, au large de la Somalie, au Liban, en Afghanistan, en Irak et en Syrie, en Libye… 6.9 milliards d’euros pour l’ensemble des « actions extérieures » de l’État pour 2016. Elles ne sont pas toutes armées, mais celles qui le sont coûtent le plus !

Seul le Mali peut être considéré comme un succès, malgré le trop lent progrès politique du pays, assuré de la protection française, qui reste réticent aux compromis internes. Le train de vie de l’État continue d’être aussi indécent qu’avant « Moi, président… » : 39 ministres dont 20 secrétaires d’État, soit deux fois plus qu’en Allemagne ! A 17 millions d’euros le coût 2012 d’un ministre, calculé par le député René Dosière, cela fait plus de 300 millions pour pas grand chose : la France serait-elle par hasard mieux gouvernée que l’Allemagne ? 113 millions d’euros par an pour l’Élysée contre 36 millions pour la Chancellerie…

L’Europe devait connaître un « grand » tournant (tout est enflure dans sa campagne). On n’a rien tourné du tout, et surtout pas autour du pot, le traité négocié sous Sarkozy étant signé tel quel – contre de vagues promesses sociales (réponse de la bergère agissante au berger promettant). Schengen a éclaté, l’anti-terrorisme reste perso, l’euro se tient mal, l’anti-européisme primaire a explosé. Hollande a été inconsistant, inconstant, inexistant. Les politiciens français à Bruxelles considèrent cela comme un exil, n’y vont que les nuls, contraints et forcés, « recasés » là en attente. La France n’occupe que 8.5% des postes d’influence du Parlement européen contre 16.1% pour l’Allemagne, 10.3% pour l’Italie et même 9.3% pour les Anglais qui veulent s’en aller ! Il n’y avait que 9 coordinateurs français lors de la législature 2009-2014 contre 21 britanniques.

Il a reculé sur la révision constitutionnelle, il reculera sur la loi El Khomri (« Arrêtons El Khonneri(es) brandisssent certains lycéens). Rien de plus dangereux que de lâcher sur un bout, les fauves se précipitent à la curée. Gageons que les derniers mois de son quinquennat seront impuissants, à tenter sans réussir, à monter contre lui son camp de bras cassés, à se débattre en campagne. « Pour la 1ère fois du quinquennat Hollande, signe d’un divorce symbolique et emblématique des fractures actuelles au sein de la gauche, la popularité des deux figures de l’exécutif passe sous la barre des 50% auprès des sympathisants de la gauche« , dit même l’organisme de sondages BVA.

politiciens francais

Pourtant, François Hollande pouvait beaucoup. S’il avait moins démagogiquement promis, s’il avait pris de la hauteur, il aurait quand même été élu tant les Français en avaient assez de son prédécesseur. Sarkozy était bien parti, il a mal fini. Hollande n’est même pas parti…

Il a cru manœuvrer la gauche de la gauche – et la gauche à gauche de la gauche – comme Mitterrand (son modèle) l’avait fait pour les communistes. Mais on ne gère pas un pays comme un parti, ni le Parlement comme un congrès socialiste. Et Hollande n’a rien de Mitterrand, ni la culture, ni la profondeur historique, ni la subtilité politique, ni l’expérience de ministre, ni l’entourage varié. Le président n’a pas présidé, il n’a jamais trouvé ses bonnes mensurations dans l’uniforme présidentiel qui lui va comme un sac.

Il aurait pu opérer la rupture, après l’hyper-présidence Sarkozy, en appelant à l’ouverture (comme Sarkozy l’avait inauguré avec Kouchner et Besson mais sans aller jusqu’au bout). Or il a refusé Bayrou qui lui tendait la main, rejetant le centre vers la droite, et la droite vers l’extrême-droite. S’il a nommé Macron, le plus populaire (et le plus jeune) de ses ministres, c’est comme « bouffon du roy », trublion apte à dire tout haut ce qu’on pense tout bas sans oser le dire, aussitôt démenti, aussitôt « tempéré ». Emmanuel Macron et son « franc-parler » soigneusement mesuré sert à la dialectique de la com’ présidentielle : il crée de la divergence pour mieux faire converger. Le président a beau jeu alors de dire « mais non, je ne propose pas d’aller aussi loin » – mais le message est passé. Cette pseudo sagesse laisse voir trop sa grosse ficelle.

Jusqu’à la rue qui fait reculer, car la rue est composée de petites têtes et grandes gueules : syndicats idéologiques si peu représentatifs (8%) de la population active (dont 80% de fonctionnaires qui n’ont rien à f…aire de l’entreprise ni de la précarité), associations lycéennes et étudiantes aussi vides et peu représentatives que dans la surenchère, tant ses dirigeants veulent se poser pour entrer ensuite en politique à gauche.

Or « la gauche » est crevée.

Écartelée entre l’essence immuable de la gauche platonicienne qui n’a rien changé depuis Hugo et Zola, et une « social-démocratie » qui ne peut pas exister en France, faute de syndicats populaires. Faire « la synthèse » entre socialisme et libéralisme ne passe pas : Hollande a trop promis durant sa campagne, a trop été dans la surenchère gauchiste (« mon ennemi la finance ») pour que ses pâles réalisations ne lui aliènent pas son électorat.

Fermé au centre, fermé à gauche, le voilà réduit à 16% en cas de premier tour d’une présidentielle. Peut-on encore régner avec 16% de confiants ?

Le suivant (ou la suivante) au poste de 8ème président de la Ve République aura à réparer les erreurs, à gouverner autrement.

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Touristes face aux requins de Tahiti

Bienvenue les touristes. La Polynésie veut changer de stratégie pour vous faire revenir. Auparavant plein feux sur les plages et ses lagons par la pub. En 2000, 260 000 touristes, en 2011 moins de 160 000, en 2015 183 000 plus 50 000 croisiéristes. Objectif ? 500 000 visiteurs par an dès 2020. J’espère que les machines à pronostic n’ont pas pris un coup de chaud… C’est que les touristes, par ici, passez la monnaie, ils dépensent 40 milliards de XPF (335 millions d’euros), c’est bon à prendre d’autant que c’est 3,5 fois le montant des exportations de produits locaux (Institut de la statistique en P.F.)

coco marrant

Mais où le bât blesse, c’est le prix du billet d’avion, en haute-saison un aller-retour Paris-Papeete allège votre portefeuille d’un peu plus de 2 500 euros.

Il faut aussi compter sur la concurrence des autres îles du Pacifique comme Cook, Fidji, où la main-d’œuvre est nettement moins chère.

Alors, on va construire ce grand complexe hôtelier sur la côte ouest de Tahiti, on va faire plonger les touristes aux Tuamotu, on leur fera visiter les églises construites en pierre de corail aux Gambier, on les enverra chevaucher aux Marquises, ce sera culture, culture, j’oubliais ils randonneront sur les sentiers, ils feront de la voile, ils plongeront… Ils retourneront épuisés mais ravis chez eux et ici les caisses déborderont de devises. Quelle joie.

iar tahiti nui reseau

Pour les touristes Chinois ? En 2012 on en comptait 1 183, en 2015, 4 635. Le premier charter de cette année a capoté, l’avion d’ATN a eu des ennuis et après 2 heures de vol est revenu à son point de départ. Pas de chance, ça fait mauvaise impression, non ?

Curieusement on a découvert des nouveaux requins dans le Pacifique ! Cette nouvelle espèce a reçu le nom de requin-lanterne ninja (Etmopterus benchleyi). Il vit dans les eaux très profondes du Pacifique, entre 800 et 1 000 m de profondeur, il mesure entre 30 et 50 cm, sa peau est noire. Il possède sur le ventre des photophores. Découvert en 2010 dans un filet de pêche par des chercheurs du Pacific Shark Research Center.

requin lanterne ninja

Clipperton, bientôt une base scientifique. Espérons-le. Il faut être sur place pour affirmer sa souveraineté sur cet atoll perdu dans une zone qui regorge de thons. Il semble qu’un député du Tarn Philippe Folliot ait réussi à taper à la bonne porte. Cela devenait urgent car passer une fois par an avec un bateau militaire pour affirmer en être propriétaire, c’est léger, non ? Il faut d’abord dératiser l’atoll puis installer des équipements et une base scientifique. Cette base pourrait accueillir également des chercheurs étrangers. Rappel, découverte en 1711, Clipperton ou Ile de la passion est une terre française inhabitée à laquelle est associée une zone économique exclusive de 431 000 km2 dans une région les plus riches en thonidés au monde.

Hiata de Tahiti

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Chômage : la faute à Hollande

Entendons-nous, le chômage ne date pas du règne de François Hollande, mais lui l’a aggravé : + 14% entre 2011 et 2013 si l’on fait la moyenne des écarts du tableau INSEE récemment publié ! Pire : il avait promis – juré – qu’il « infléchirait la courbe du chômage » l’an dernier. Non seulement il n’en a rien été, mais le président s’est ridiculisé. Une fois de plus. Comment, en effet, éradiquer le chômage sans encourager l’emploi ? Cette vérité de La Palice reste bonne à répéter, tant les technocrates à la Hollande sont loin de la réalité des choses.

L’emploi, qui le crée ? Réponse : les entreprises quand elles ont besoin de produire et l’État quand il peut (or il ne peut plus, Hollande le répète à l’envi et Bruxelles autant que les marchés financiers le chantent aux quatre vents du monde). La majorité des emplois est créée par les entreprises, même les auto-entreprises – mais quel socialiste le sait ou le comprend ? Les socialistes au gouvernement ont même récemment détricoté la loi pour une fois intelligente sur l’auto-entreprise pour en faire des micro-entreprises (donc soumises à plus de paperasses et de charges) ! Un non-sens économique : pourquoi taper sur ce qui marche ? Par idéologie ? Par clientélisme ?

Les entreprises restent ces ennemis du socialisme, ces intérêts « particuliers » qui seraient loin de l’intérêt général (évidemment décrété par les technocrates socialistes au pouvoir qui savent mieux que vous ce qui est bon pour vous). Les entreprises sont ces exploiteurs du populo, condamnées aux poubelles de l’Histoire dans la théorie marxiste – CQFD : le socialiste reste ce croyant marxiste qui n’a rien appris de l’échec du socialisme réel en Russie, en Chine, au Cambodge et ailleurs. Mais les faits sont têtus : pour retrouver un semblant de croissance (donc des impôts qui rentrent) – et pour retrouver de l’emploi – les entreprises doivent être encouragées. Contre la gauche de la gauche de la gauche et même la gauche des socialistes (qui ne sait plus trop où elle est). Hollande a pris deux ans (DEUX ANS !) pour faire semblant de s’en rendre compte ou, du moins, pour accepter de toucher au tabou. Il a créé ce « machin » du CICE qui sera partiellement avantageux mais pas tout de suite et pas pour toutes les entreprises et exigera d’embaucher d’abord pour récupérer ensuite des impôts qui, de toutes façons, ont été déjà augmentés et ne sont pas près de diminuer… Ce qui est drôle est que CICE veut dire aussi International Center for Endoscopic Surgery – Centre international de chirurgie endoscopique – autrement dit l’exploration de la cavité intestinale par un instrument espion… Humour socialiste : les entreprises l’ont dans le c…

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Les ménages sont imposés, taxés, mis à l’amende ; ils voient le prix du gaz, de l’électricité, du timbre, du train, des mutuelles, des assurances obligatoires – augmenter. Ils ne risquent donc pas de « consommer », ni même d’entreprendre des travaux écolos d’isolation, de remplacement de leur vieux diesel par une hybride d’avenir, ni d’autres investissements utiles ; ils boudent même le logement (merci Duflot, ministre idéologue choisie par Hollande le synthétique au détriment de toute cohérence ou efficacité !).

Or, pas de demande, pas de production. Pas de production, pas d’embauche.

Les fonctionnaires technocrates ont beau « exiger » des entreprises une « contrepartie » aux « cadeaux » faits par l’État. Mais quels cadeaux ? quand les impôts ont été alourdis, des taxes nouvelles créées, et que la paperasserie ne cesse d’augmenter, est-ce un « cadeau » que de redonner d’une main avare une toute petite part de ce que l’autre main a pris largement ?

Quant aux impôts sur le revenu des ménages, ils ont augmenté aussi pour tous mais surtout pour la classe moyenne – celle qui vote… Donc l’an prochain, baisse pour les plus modestes, juste avant les élections présidentielles 2017 : même les plus cons des électeurs sentent bien l’hypocrite démagogie du geste. Les ménages ne risquent surtout pas de dépenser ! Cet impôt sur le revenu que Hollande avait pourtant promis (une fois encore) de réformer pour le fusionner avec la CSG, le rendre plus progressif, étalé sur une assiette plus large. Comme d’habitude, à la Chirac, il n’a rien fait. Il a même viré Ayrault qui avait décidé de l’entreprendre. Ce n’est jamais le moment avec Hollande, cela touche toujours trop d’intérêts corporatistes ennuyeux à gérer, trop de clients électoraux qui menacent de faire défection. Donc il ne fait rien.

Hausse des impôts, idéologie du locataire-victime, haine de l’entreprise, retard à l’allumage pour se rendre compte des dégâts, comment la demande intérieure pourrait-elle répondre présent avec toutes ces « charges » (sans compter le déficit permanent et sans cesse en croissance de la Sécurité sociale) ?

Les Français ont peur : de ne plus pouvoir payer, de ne plus vivre correctement, de perdre leur épargne pourtant indispensable pour des retraites qui s’amenuisent, de la dépendance toujours pas financée, de voir les impôts et taxes augmenter dans le futur (après les prochaines présidentielles) : sur le revenu, sur l’habitation, sur le foncier, sur les plus-values, sur les assurances, sur la consommation. – Et pendant ce temps-là, l’État ne maigrit pas : Hollande envoie l’armée au Mali, en Centrafrique, en Irak, en Syrie. Des milliards non financés qu’il faut trouver quelque part. Les autres ont réformé leur État (la Suède, le Canada, l’Allemagne) – pas lui. Pour récupérer les lobbyistes Radicaux (« de gauche », bien sûr) il abandonne en rase campagne la réforme des collectivités territoriales qui aurait dû assurer au moins des économies de moyens ; pour éviter les jacqueries des routiers et des Bretons, il abandonne en rase campagne l’écotaxe, pourtant votée par les deux Chambres à l’unanimité. Pourquoi s’étonner si, avec Hollande, on a le pays bas ?

Les technocrates, jamais à court d’idées sur le papier, croient alors que pour contenir le chômage, il suffit de refroidir le thermomètre. Haro sur les chômeurs ! Mauvais travailleurs, mauvais citoyens, mauvais époux et pères, fraudeurs bien sûr (comme le clame le Front national ?). Pôle emploi a expérimenté (sur ordre et sous Hollande), de juin 2013 à mars 2014, une enquête sur la fraude à l’inscription. Les résultats ont été « dévoilés » le 15 septembre dernier. Ah, ah ! La découverte est de taille ! Imaginez-vous que 20 à 50% des inscrits « ne cherchent pas activement un emploi » ! Nous aurions donc un chiffre du chômage qui pourrait être divisé par deux, jusqu’à rejoindre le chiffre allemand, si le « surveiller et punir » (qui est la tentation permanente du socialisme réel) était appliqué en toute rigueur.

morale au gamin

Mais Pôle emploi avoue sans délai sa propre carence : une carence d’État. Les enquêteurs ont découvert des personnes découragées de chercher pour des raisons de santé, de logement, d’ancienneté au chômage ou d’âge (après 45 ans, hein, trouvez donc un emploi !). Les contrôles ciblés sur les inscrits depuis plus de six mois ou ayant suivi une formation ont été plus efficaces : prendre simplement contact avec eux les a remobilisés ! Évidemment, sur la formation, ce fromage des syndicats, Hollande n’a RIEN fait.  Donc il y a du boulot – et il est mal fait par Popaul qui agite sa trique mais se garde bien de chauffer pour donner envie.

Car Pôle emploi, comme toute administration, cherche avant tout à contrôler le droit et les règles, surtout pas à encourager ni à former ! Il avoue… que les sanctions actuelles sont avant tout liées au non-respect des procédures (461 000 radiations pour absence de réponse à une convocation) – pas au comportement fraudeur des chômeurs.

Il suffit un jour d’avoir eu affaire au personnel de Pôle emploi pour le savoir : c’est une bureaucratie, pas un cabinet de placement ni une aide à l’emploi. Nous sommes bien loin du Danemark ou de la Suisse, ou même de l’Allemagne ! L’état d’esprit procédurier inhibe toute initiative ; on ne vous propose jamais un travail mais toujours des papiers à envoyer, des droits à vérifier, des questionnaires à garnir, des cases à cocher. Tout cela pour que « le système » vous propose un emploi (temporaire) de « formateur en allemand » alors que vous n’avez JAMAIS fait d’allemand dans votre vie (c’est écrit sur le CV exigé par Pôle emploi… que personne chez eux n’a manifestement lu). Ou un « stage » de « conseiller financier » (à 50 ans et à 150 km de chez vous) où il s’agit de prospecter des clients en banlieue pour une banque locale (pour 420 € par mois – et vous devez vous loger !) alors que vous avez dirigé des banques ! J’en ai fait l’expérience personnelle.

De qui se moque Pôle emploi ?
De qui se moquent les fonctionnaires bureaucrates qui imaginent de tels « systèmes » ?
De qui se moque François Hollande, la bouche pleine de promesses et le tempérament incapable de commencer seulement à penser peut-être devoir un jour les faire réaliser ?

regardez a gauche puis a droite

François Hollande ne sera pas réélu : le chômage et les impôts sont des domaines trop sensibles et trop importants aux Français pour qu’ils reconduisent pour cinq années de plus un velléitaire à la tête du pays. Ne s’en rend-t-il pas compte ?

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Autour de Tahiti

Rapa Nui est tentée par l’indépendance… comme Tahiti ! L’île menace de déclarer son indépendance vis-à-vis du Chili et de déposer un recours devant la Cour Internationale de justice de La Haye contre Santiago. Les Rapa Nui (1500 personnes sur les 5000 habitants) souhaitent freiner le tourisme de masse (65 000 visiteurs débarquent chaque année), contrôler l’immigration croissante des Chiliens venus du continent, obtenir des investissements dans la santé, l’éducation et le commerce. « Nous pourrions demander notre rattachement à la Polynésie, plus proche, puisque le Chili n’a pas rempli ses obligations ». Faudrait consulter Oscar Tane, spécialiste pour l’ONU.

Rapa-Nui film

Oscar Tane est en Amérique, à New York, à l’ONU, pour réclamer l’indépendance du peuple Maori et de son territoire. « Ce peuple qui se bat avec des lances de bois contre des armes à feu », qui réclame à cor et à cris l’indépendance mais – car il y a un mais ! – avec les gros sous de la France, cette puissance étrangère qui étouffe le peuple Maohi. Au fait le ministre popaa de l’outremer Victorin Lurel est arrivé le 20 janvier à Papeete et Oscar Tane n’est pas entré au fenua. Vous avez dit bizarre ? Non, c’est normal !

Victorin Lurel, ministre des Outremers n’a passé qu’une seule journée en Polynésie française, à cause du décès de sa mère. Mais le Père Noël a déposé plein de cadeaux en janvier ! Des milliards, des emplois d’avenir comme en France alors que le statut d’autonomie de Tahiti ne le permettrait pas, des contrats de projets, la défiscalisation, et même l’ouverture des robinets de 3 milliards pour le RSPF (Régime de solidarité de la P.F.). Un grand absent Temaru « parti à New-York pour rien ». Et le sénateur indépendantiste lui aussi en mission d’accompagnement auprès d’Oscar Temaru. Les élections territoriales sont fixées pour les 21 avril et 5 mai prochains. A quand le référendum pour l’indépendance ? Qui aurait peur de ce référendum ?

L’art de plumer les pigeons européens : c’est le Prosident  qui l’affirme, il faut que les Popa’a casquent et principalement les Farani : « la France nous doit ». Maintenant il existe des séminaires destinés aux maires et aux ministres pour apprendre comment mieux capter les financements de l’Union Européenne. Car si ici on est Maohi jusqu’au bout des ongles, il faut apprendre à drainer le maximum de pépètes avec des projets bidons  et là on peut espérer aussi le Nobel des mensonges !

makatea carte

Projet d’exploration des gisements de phosphate sur l’île Makatea. L’enquête d’utilité publique préalable à l’institution d’un titre minier vient à peine de commencer que déjà des querelles entre les partisans du projet et les opposants se font entendre ! Pour les uns on parle réhabilitation de l’île pour les autres, spoliation des terres. Qui croire quand on sait qu’en Polynésie le mensonge est sport national. L’extraction du phosphate s’est terminée en 1966, elle avait commencé en 1906,  plusieurs projets avancés mais aucun n’a abouti. Et le foncier en Polynésie… il y a 1200 personnes qui revendiquent à la source, certains regroupés en association. La compagnie australienne espère trouver des phosphates et si l’exploration du sous-sol se révélait propice ils l’exploiteraient. Si tout se passe comme prévu, le premier sac de phosphate serait chargé sur un cargo en janvier 2015. A suivre.

Hiata de Tahiti

[Vient de paraître chez Stock « L’homme qui voulut être roi » de Gérard Davet & Fabrice Lhomme, concernant Gaston Flosse et sa connivence avec Jacques Chirac, comme lui il aime « les femmes, les arts premiers, la boisson qui rend gai et la politique »…]

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Litanies de Tahiti

J’ai la tristesse d’avertir les messieurs si friands des titis tahitiens (seins) qu’ils ont été trompés sur la marchandise, qu’ils n’ont, hélas, caressé et embrassé qu’un truc en plastique ! Condoléances. Ici, dans cette île du bout du monde, il y aurait 950 femmes sur 70 000 personnes adultes de Polynésie française, soit 1 femme sur 75 qui serait porteuse de ces titis « déclarés défectueux » de la société PIP. Record mondial ! Les « titi ha’avare » (seins menteurs) furent à la mode à Tahiti dans les années 1990-2000. Il semblerait également que la CPS (SS polynésienne) payait les frais de ces interventions environ 500 000 FCP en moyenne. Quelle surprise ! Qui aurait pu imaginer que les titis tahitiens étaient des titis menteurs !

J’ai la tristesse de dire que le bingo était clandestin, rue François Cardella, en plein centre ville de Papeete pour ceux qui connaissent ! Un couple avait transformé un appartement en salle de jeux. La DSP et le GIR ont raflé la mise ! Pas de chance pour les investisseurs. Un vigile en bas de l’immeuble filtrait les entrées en laissant passer les joueurs et les résidants (quand même). Le couple qui tenait ce casino clandestin possédait trois autres salles de jeux à Punaauia, tables de poker et roulette. Les bénéfices générés devraient se situer autour de plusieurs dizaines de millions de francs pacifiques. Ces individus émargeaient également au régime de solidarité territorial (RST). Et pourquoi pas ? Y a pas de petits profits !

J’ai la tristesse de raconter qu’il en avait tellement marre le capitaine du féribot d’Aremiti Ferry, qu’il a grimpé les voitures mal garées sur des conteneurs au quai des ferries à Papeete. Les arrêts-minute pour acheter son billet sont occupés par des voitures ventouses et les véhicules entrant ou sortant du ferry ne peuvent circuler… Quand on est fiu ici, on est fiu ! [Fiu est terme local intraduisible qui veut dire fatigué, désolé, dépressif, rempli d’ennui… – Arg.]

J’ai la tristesse de quémander : t’as pas quelques milliards ? La protection sociale tahitienne traîne quelques casseroles alors, vous les Popaa (qui êtes pleins aux as) vous pourriez donner ces quelques milliards dont notre CPS (SS) a le plus grand besoin pour continuer à soigner les malades. Mais aussi prêter au gouvernement qui veut puiser dans la caisse des retraités pour payer ses fonctionnaires. Non ? Pourquoi ?

C’est que vous les Farani vous nous devez des sous. Ici la population a augmenté, le prix des soins aussi, les gens vivent plus longtemps, 6 ans de plus qu’avant, le nombre de patients en longue maladie est passé de 10 000 à 33 000 personnes et elles consomment la moitié des dépenses de santé. Première cause, les maladies cardio-vasculaires sont suivies du diabète et du cancer. Comme ailleurs, me direz-vous ! Sauf qu’en Polynésie l’âge d’entrée en longue maladie se fait plus tôt et est sûrement lié aux mauvais comportements alimentaires.

Et à cause de la mauvaise santé de l’économie polynésienne, ce ne sont que 60 000 cotisants qui portent sur leur dos les ponctions pour tous les autres. Et ici il y a en plus les « évasans » (évacuations sanitaires) par avion, internationales environ 3 milliards de FCP par an pour 700 évasanés. Pour les îles l’enveloppe est de plus d’un milliard. Oscar Tane Temaru clame toujours que « la Polynésie = l’Europe ». Certes, mais l’habitat est dispersé et les structures médicales sont peu ou pas existantes dans les archipels éloignés ! Quand on se vante d’être un grand pays du Pacifique sud on assume.

Le fiu commence à me gagner, nana.

Hiata de Tahiti

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Hugues Le Bret, La semaine où Jérôme Kerviel…

Rappelez-vous, c’était un 20 janvier, il y a quatre ans. Un contrôle de l’Inspection générale venait de tirer un fil d’une gigantesque pelote de fraudes, soigneusement dissimulées par un trader : l’ado attardé Jérôme Kerviel, 33 ans, qui jouait avec les milliards d’euros virtuel comme à un jeu vidéo. Un vague air de Tom Cruise, sans enrichissement personnel, il apparaissait comme le Robin des bois de la finance, on se demande bien pourquoi puisqu’il n’a rien redistribué de ses gains virtuels. A l’inverse, il a failli faire capoter sa banque et ses 160 000 salariés, saper toute confiance dans le système financier, voire initier un krach mondial de la finance par effet domino. Ne croyez pas que j’exagère : c’est exactement ce qui s’est produit huit mois plus tard avec la faillite de Lehman Brothers aux États-Unis, par la faute des politiques.

Hugues Le Bret est journaliste d’origine. Directeur de la communication de la Société générale auprès du P.D-G Daniel Bouton, il a vécu de l’intérieur, minute par minute, la crise. Il a écrit au fil de l’eau, parce qu’écrire c’est fixer ses idées, recouvrer un peu de rationnel dans le stress émotionnel ambiant. Son récit se lit comme un thriller, ce qui n’est pas son moindre mérite. Même s’il faut relativiser : ce qu’il dit n’est pas LA vérité mais SA vérité, fondée sur ce qu’on a bien voulu lui dire. Mais, pour bien connaître le milieu financier et avoir vu plusieurs fois Daniel Bouton en face à face, ce que révèle Hugues Le Bret de l’ambiance général est assez réaliste.

Il y a eu tout d’abord le choc du jamais vu, puis l’écheveau des pistes à remonter une à une pour comprendre, puis la communication à gérer auprès des Autorités des marchés financiers, des actionnaires, des clients, des salariés de la banque, enfin des politiques. Et les tentatives de déstabilisation d’une banque à genoux de la part de son concurrent direct, qui avait déjà tenté une OPA et avait échoué : la BNP. Rien n’a manqué à ce feuilleton pire que Dallas : le mépris des gros clients aux guichets, la fuite des actionnaires gérants internationaux, la communication au millimètre des parrains de la finance parisienne, les scoops émotionnels des journalistes, le populisme de l’Élysée – au plus bas dans les sondages ! La gauche n’était pas en reste, qui prenait systématiquement le contrepied du président Sarkozy pour défendre le contraire, oubliant l’intérêt général.

Car il s’agissait de la survie d’une banque française, de la confiance nécessaire dans le seul système qui irrigue toute l’économie : le financier. Jouer avec le feu est à la portée de n’importe quel histrion qui veut se faire mousser à bon compte « contre » le capitalisme, la finance, les bonus, la spéculation, etc. Sans jamais prévoir les conséquences. Le microcosme étroitement parisien des politiciens, des gros banquiers, des journalistes en vue, des communicants, des parrains apparaît comme mu par de purs intérêts égoïstes… Hugues Le Bret met tous ces acteurs magnifiquement en scène, ce qui est l’autre mérite de son livre : la mécanique des lobbies sans théorie du complot. Il ne cache rien de l’arrogance méritocratique de son patron Daniel Bouton, petit-fils d’un garde-barrière SNCF et arrivé par l’école jusqu’à l’ENA et Polytechnique. Rien de ses rémunérations, qu’il méritait sans doute, mais qui apparaissaient mal venues dans la tempête. Reste que la présidence Daniel Bouton a multiplié par trois la taille et le bénéfice de sa banque durant dix ans et que cela n’est pas rien. Il a fait de la Société générale une banque mondiale, fleuron de l’industrie française des services, rendons-lui au moins cela.

Quand à Kerviel Jérôme, il voulait certes être reconnu au lieu d’être méprisé par la caste des grandes écoles du trading, mais il n’a rien d’un héros. C’est un fraudeur enferré dans ses positions à terme, drogué aux prises de risques pour se refaire, sans aucun souci des conséquences. Prendre des options jusqu’à 50 milliards dans un marché très risqué, fallait-il s’aveugler jusqu’à l’inconscience ! Ou plutôt être fasciné comme un ado immature par l’adrénaline du risque, sans aucune conscience que le virtuel des milliards pouvait un jour se transformer en réel…

La perte due à sa faute est de 4.9 milliards d’euros, même si ce n’est pas lui qui a débouclé l’opération. Mais fallait-il attendre, au risque du pire ? Retenons surtout que Kerviel n’a eu au final aucun mot d’excuse pour ses collègues qui ont failli sauter avec lui, ni pour les clients, ni pour l’entreprise… Il n’a rien d’un adulte, Kerviel, mais tout du shooté au jeu vidéo, arriviste sans scrupules, un parfait produit des formations scolaires et du système contemporain. « Un gamin x inconsistance x soif de reconnaissance x cupidité x environnement de travail glouton x ancien contrôleur = risque systémique » p.208. Le jeune trader a perdu le sens des réalités, mais sa hiérarchie l’a laissé sans vrai contrôle dès lors que « les chiffres » étaient passés au crible par l’administratif. D’autant qu’en salle de trading règne une ambiance de concurrence sauvage où chacun est encouragé à prendre des risques.

Le système a dérapé et Kerviel n’a fait qu’allumer une mèche, tandis que Bouton servait de bouc émissaire commode à un chef d’État en perte de vitesse accélérée, attisé par l’avidité des parrains du capitalisme français. Un beau cocktail toujours en place, toujours à la manœuvre.

« C’est seulement ma vérité, celle d’un homme de communication placé par le hasard dans le cockpit d’une grande banque confrontée à la plus vaste fraude de l’histoire de la finance » p.331. Cette vérité, même reconstituée à la manière de Proust, ce que peuvent lui reprocher les « journalistes » qui n’ont évidemment jamais enquêté sur les traders avant la crise, jamais rien vu venir… peut aider à comprendre la prochaine crise, celle qui peut surgir à tout moment parce que les matheux délirent, que l’avidité commande, que les contrôles ont toujours du retard et que les politiques jouent pour se faire mousser.

Les banques devraient revoir leur business model moins en faveur des marchés financiers et plus dans leur rôle d’intermédiation, je ne cesse de le dire… Je ne suis pas le seul et ce qu’affirme le 30 novembre dernier à l’école des Mines Jean-Pierre Mustier, ex-patron de Kerviel, fait froid dans le dos. « La responsabilité de la catastrophe incombe d’abord aux États, qui se sont surendettés et ont manqué totalement de discipline. Puis ensuite aux régulateurs, qui prennent de mauvaises décisions et ne font qu’aggraver la situation. Et aussi, aux banques, [qui] ont dégagé des taux de rentabilité trop importants ». C’est bien tout un système interconnecté qui est en cause. Kerviel est le gamin qui montre que le roi est nu.

Hugues Le Bret révèle en passant quelques « trucs » de la com’, qui aident le lecteur naïf à voir plus clair dans ce que dit la presse ou l’Élysée, ou le concurrent. Ainsi sur le nombre de lettres à envoyer au ministre pour qu’il prenne l’opinion en compte (p.235), la cynique manipulation des sondages dont on oriente la question pour recevoir la « bonne » réponse (p.250) ou l’activation minutieuse des rumeurs via les réseaux par les parrains (p.260). Rien de tel pour mieux comprendre l’affairisme incestueux entre finance et politique. Ce pourquoi la France est au 25ème rang de la liste des pays corrompus dans le monde.

Depuis la crise, Daniel Bouton a démissionné de ses fonctions de président de la Société Générale en avril 2009.

Hugues Le Bret a lui aussi quitté la banque, puis Boursorama une semaine avant la sortie de son livre : il réglait trop de comptes. Il a fondé une société de conseil sur la gestion de crise, Achèle, et donne un cours en master de communication à Sciences po.

Jérôme Kerviel a été condamné par la justice à cinq ans de prison, dont trois ferme pour « abus de confiance », « faux et usage de faux » et « introduction frauduleuse de données dans un système informatique ».

Quant à la Société générale, rappelle Le Monde du 7 octobre 2010, elle « a déjà été condamnée, lourdement, par la Commission bancaire pour les défaillances dans ses systèmes de contrôle. Surtout, sa réputation a souffert, notamment à l’étranger, alors qu’elle était, avant l’affaire Kerviel, la seule banque française à concurrencer ses rivales anglo-saxonnes dans les activités de marché. Enfin, toute la ligne hiérarchique du trader a quitté l’établissement, jusqu’à son président, Daniel Bouton, poussé dehors, il est vrai, sous le harcèlement permanent de l’Élysée. Le tribunal correctionnel de Paris, comme avant lui les juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset – peu suspects de sympathie pour les banquiers -, s’est contenté de dire le droit, alors même que beaucoup auraient voulu transformer l’affaire Kerviel en procès de la ‘finance folle’ et des bonus à gogo. »

Un livre très utile pour pénétrer les arcanes confidentielle de la finance réelle, qu’il est bon de lire à froid pour raisonner plus juste lors de la prochaine crise.

Hugues Le Bret, La semaine où Jérôme Kerviel a faille faire sauter le système financier mondial – Journal intime d’un banquier, 2010, éditions Les Arènes, 337 pages, €18.81 

Une vidéo sur l’affaire Kerviel et les traders

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Sociologie polynésienne

Article repris par Medium4You.

Jusqu’en 1964, les 60 000 Polynésiens vivaient en autarcie. Quelques-uns voulaient goûter au « modernisme » et partaient travailler à Makatea dans les phosphates, d’autres émigraient en Nouvelle-Calédonie dans le nickel, au Vanuatu dans les plantations, un petit nombre dans les commerces de Papeete, et d’autres enfin devenaient fonctionnaires.

De 1966 à aujourd’hui, la France a déversé une manne d’argent, a introduit la télévision, a installé un système éducatif, a offert la consommation à une partie de la population. Tout ça anti-écolo, totalement déphasé avec l’environnement des Polynésiens. La manne nucléaire a stoppé l’émigration traditionnelle, stimulé les naissances par les allocations familiales, encouragé l’immigration. Actuellement, la population est de 267 000 habitants dont 180 000 sur l’île de Tahiti.

A Tahiti, les infrastructures inadaptées font que l’on a parfois l’impression de vivre dans un pays sous-développé. Depuis 2004, l’économie s’éteint. En 10 ans, le tourisme a chuté de 50%, le prix de la perle a chuté de 75% en 20 ans et de 90% en 30 ans. Heureusement, les transferts de l’Etat continuent (solidarité, aides, salaires et retraites, salaires des fonctionnaires territoriaux).

La nouvelle génération fait de longues études, des bacs +5 ou 6 à la pelle, mais ces jeunes cadres choisissent le confort douillet du secteur public. Les SEM, EPIC, même OPT ont été pillées par les dirigeants du fenua. La crise n’en finit pas, le coût social est énorme, un vrai coup ! Même le secteur privé est dépendant de la « rente française ». Savez-vous combien vous versez, vous autres les Gaulois ? 150 milliards par an ! Comme cela ne suffit pas, alors on va taparu (quémander) l’Europe. Ceux qui manifestent sont ceux qui reçoivent déjà beaucoup mais qui demandent à garder leurs multiples avantages et à en obtenir d’autres. On utilise les fonds de la DGSE (Dotation globale sociale et économique, ne confondez pas avec la DGSE de métropole !), soit 18 milliards. Cela en abandonnant l’investissement économique au profit du social, le paiement à fonds perdus de salaires et autres avantages. Cela n’a pas suffi, alors « niu niu Paris ! » : on veut encore des sous. Vite un virement de 6 milliards en juillet, puis un autre en décembre 2010. Pudiquement on dit ici que c’étaient des sommes dues ou une avance… Si vous gagniez au loto ou autre jeu, ben pensez à la Polynésie !

Surtout que la gabegie et la corruption existent. Air Tahiti Nui est toujours cher, même si vous avez cherché sur Internet le billet d’avion le moins cher possible pour vous offrir Tahiti… Si vous étiez parent proche ou éloigné d’un employé de la compagnie ATN, vous n’auriez aucun souci pour voyager avec un billet GP (« vieille pie » ou VIP en français continental). La compagnie fait voyager 500 GP par semaine soit l’équivalent de 2 avions pleins sur les 5 possédés par la compagnie ! Rappel : la population de la Polynésie française est de 267 000 personnes, bébés compris !

L’enterrement des affaires judiciaires en Polynésie pourrait être une spécificité tahitienne. Il n’en demeure pas moins que les « vices » de procédure semblent être favorisés par le climat, le soleil et le fenua. Les enquêtes et les plaintes déposées contre certains politiques n’aboutissent pas. Cela traîne en longueur  et si la traîne dépasse trois ans, le Saint Graal de la prescription intervient. Stratégie tenue de mains de maîtres par les experts de cette combine bien réglée. Et c’est merveilleux comme ça ronronne !

Alors chacun se débrouille. Un enseignant-chercheur a mené une enquête pendant 4 ans et vient de publier un livre. Il a suivi une quarantaine de ménages modestes dans le quartier urbain de Pamatai (Faa’a) et le quartier rural de Maatea (Moorea). Il constate qu’il y a des échanges très nombreux entre ces familles modestes et les districts de Tahiti et des îles. Elles reçoivent des produits pêchés, chassés, agricoles, en échange de produits qui ne peuvent être trouvés dans les îles. On constate que le fret entre Tahiti et les îles est plus important que le fret commercial. Actuellement, on a remplacé le taro et l’uru par le riz, présent dans 50% des repas. En Polynésie, bien manger c’est manger beaucoup. Pour honorer ses invités, le Polynésien présente des plats en abondance ; un ventre bien plein indique un repas abondant. Les Tahitiens font un seul gros repas par jour, les deux autres prises seront les restes de la veille et le café-pain-beurre du soir, avec beaucoup de grignotages en cours de journée. Le week-end, on mange énormément.

« Nourritures, abondance et identité : une socio-anthropologie de l’alimentation à Tahiti » est un livre  de Christophe Serra Maillol, 545 pages, éditions Au vent des îles, 2010, €36.01.

Hiata de Tahiti

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