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T2 Trainspotting de Danny Boyle

Ce film est la suite de Transpotting du même réalisateur, sorti en 1996, et reprend les mêmes personnages « vingt ans après » selon les recettes du feuilleton à la Alexandre Dumas. Quatre jeunes des cités d’Edinbourg en Ecosse ont vécu (mal) la crise économique et ont sombré dans l’héroïne, fort à la mode en ces années laxistes. Tommy, trop accro, est mort du sida et Mark (Ewan McGregor) décide d’arrêter. L’opportunité lui est fournie par un gros coup proposé par Sick Boy (Jonny Lee Miller) : acheter 4000 £ deux kilos d’héro revendue 16 000 £ à un revendeur. Après la fête, alors que tous sont endormis, Mark se tire avec le fric, laissant sa part à Spud (Ewen Bremner) dans une consigne de gare. Ce dernier se gardera bien d’en faire état auprès des autres.

Vingt ans après, Mark revient sur les lieux de son enfance. Il rencontre un à un ses anciens amis, ce qui ne vas pas sans cassage de gueule pour se venger. Spud est sauvé in extremis du suicide par Mark qui vient le voir mais Sick Boy, qui tient le pub désert de sa tante dans la zone, se défoule avant de proposer à Mark, qui le dédommage, de s’associer pour créer un « sauna » avec huit chambres pour les filles. Autrement dit jouer au mac. Il a déjà tenté le chantage par caméra cachée avec Veronica sa copine bulgare (Anjela Nedyalkova), mais cela n’a pas vraiment marché. Les travaux commencent, Mark a passé un petit diplôme de comptable avant d’être débarqué de son entreprise comme trop peu qualifié, pour cause de fusion, il cherche et convainc le jury pour un financement européen. Les associés obtiennent 100 000 €.

C’est alors que Franco (Robert Carlyle), le quatrième des trois mousquetaires de la bande, s’évade de prison où il doit purger encore vingt ans après les cinq ans qu’il vient de faire. Revenu chez lui, il s’aperçoit que son gamin a grandi et qu’il est désormais un bel adolescent ; il l’embauche derechef pour l’aider aux cambriolages. Mais il n’a plus la main et se prend les pieds dans le tapis, c’est son fils qui leur sauve la mise en sautant sur le propriétaire réveillé et l’étourdissant assez pour qu’ils aient le temps de s’enfuir. Mais c’en est fini, ce n’est pas son truc, le garçon veut « étudier » et pas finir comme son père taulard ni son grand-père pochard.

Franco cherche alors à tuer Mark, bouc émissaire idéal de sa vie ratée. Ah, s’il avait eu ces 4000 £ il y a vingt ans ! Il n’en aurait probablement rien fait de bon, mais c’est l’illusion qui compte. De fil en aiguille, il va le retrouver par hasard, le poursuivre, le pendre, mais en sera empêché par Sick Boy qui a un intérêt pécuniaire à ce que Mark vive. Franco assommé d’un coup de chiotte à monter sera fourré dans un coffre de bagnole et abandonné devant une gare, où les flics viendront le cueillir, intrigués par les coups dans la tôle.

Spud est encouragé à écrire les histoires de sa vie par Veronica, mais le spectateur ne sait pas vraiment si l’éditeur entraperçu dans le film est intéressé. Ce qui compte pour Veronica est de se tirer de ce pays sans avenir et de quitter en beauté cette bande de losers. Après avoir flirté avec Mark, le plus doué de la bande mais qui s’avère perdant comme les autres, elle apprend par ses écrits que Spud imite à la perfection les signatures et se sert de lui pour soutirer les 100 000 € du prêt et filer avec, retrouver son gamin en Bulgarie. Et les niais se retrouvent comme devant, enfermés dans l’inutilité sociale et la banlieue reliée par trains, incapables de s’en sortir sans sortir des clous.

Tiré d’un mauvais roman d’Irvine Welsh, cette fable sociologique est contée avec humour et zapping permanent, sur une musique du tonnerre. La bande-son rassemble Iggy Pop, The Clash, Blondie, Queen, Frankies Goes to Hollywood et d’autres, tous excellents pour rythmer les séquences et offrir une échappée subliminale à l’image. Restent deux scènes trash avec un proviseur adjoint d’un collège de jeunes filles qui se fait mettre par un gode géant manié vigoureusement par Veronica et un sniffage de rails de coke par Sick Boy – ce pourquoi le film est « interdit aux moins de 12 ans » (dès 13 ans, ils ont déjà expérimenté tout ça ?)

Que faire quand le système social vous barre la route ? Vous ne pouvez ni exploiter la terre (privée), ni être exploité comme ouvrier (prolétaire) faute d’emplois, ni exploiter les filles sans subir leur résistance (féministe), ni monter une entreprise sans avoir sur le dos les gros bras des caïds de la zone… L’Europe, par ses financements, peut aider mais il faut en avoir les moyens intellectuels et la volonté. Ne reste que la tentation de se détruire – par l’héroïne, la prison ou le suicide. Le Royaume-Uni du No future est représenté avec un certain charme, bien que l’éclatement des séquences soit un brin outré, presque déréglé. Probablement comme les personnages.

DVD T2 Trainspotting [DVD + Copie digitale], Danny Boyle, 2017, avec Ewan McGregor, Jonny Lee Miller, Ewen Bremner, Robert Carlyle, Anjela Nedyalkova, Sony Picture 2017, 1h53, standard €8.79 blu-ray €13.37

DVD Trainspotting + T2 Trainspotting [DVD + Copie digitale], Sony Pictures 2017, 3h23, standard €12.49 blu-ray €29.01

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Mary reine d’Ecosse de Thomas Imbach

Tiré de la biographie de Marie Stuart par Stefan Zweig, ce film ambitieux et dépouillé se perd un peu. Le lecteur non initié à l’histoire de l’Ecosse ne sait trop à qui il a affaire. Cependant, l’histoire s’élève jusqu’à un beau portrait de femme. Elle se voulait indépendante, élevée un peu comme un garçon et montant son cheval à califourchon mais n’a jamais su trouver, dans ses maris successifs, l’homme qui l’aurait épaulée. Sauf le dernier, peut-être… dans le film.

Reine d’Ecosse à 6 jours après la mort de son père Jacques V, Mary est envoyée en France par précaution, tant les ambitions des nobles ne cessent de menacer sa couronne. Elle y est d’abord la reine des gosses avant d’épouser à 15 ans celui qui deviendra François II et qui n’a que 14 ans. Le garçon, maladif et sous la menace constante des querelles de religion, ne s’intéresse pas au sexe mais aux armes et à la chasse. Roi pour un an et demi à 15 ans, il meurt d’une otite mal soignée, laissant le royaume à son frère de 10 ans, Charles. Mary, ex-reine de France, reprend alors son titre de reine d’Ecosse et rentre au pays.

Revenue d’un pays nettement plus civilisé que le royaume pas encore uni, elle se trouve en butte aux intrigues et aux austérités d’Ecosse, pays de landes sauvages battues par les lames. Le film se perd parfois dans des séquences de brume et d’herbe trempée, sur une musique inquiétante. Mary voudrait la concorde civile, mais les fanatiques réformés, tel John Knox, font régner l’intégrisme. Tout fier de pouvoir lire la Bible tout seul depuis la diffusion de l’imprimerie à peine un siècle plus tôt, le théologien collabo de Calvin n’a pas le sens de lire l’Ancien testament à la lumière du Nouveau. Plus hébreu que chrétien dans son interprétation des écrits sacrés, il tonne contre l’autorité des femmes et contre les fantaisies de la cour. Mary Stuart ne sera pas sa copine. Il prêche que les autorités subalternes (comme lui) ont le droit divin de résister à un « tyran », celui (ou pire : celle) qui n’applique pas la discipline presbytérienne qu’il a créée. Et le demi-frère de Mary, James Stuart comte de Moray, le suit.

C’est le chaos. Est-ce pourquoi le film passe alors des images tressautantes, la caméra à ras de cheval en forêt ou sur la lande, qui font mal aux yeux et donnent la nausée ? Le bouleversement de Mary doit-il provoquer un malaise chez le spectateur ? On se demande si le souci de dépouiller et d’être à tout prix original ne gâche pas l’ouvrage. Mary a 21 ans mais n’est guère plus sage. Elle voudrait la paix mais ne sait pas trancher. Elle garde son protestant de frère comme conseiller et l’aide à se défaire du parti catholique qui est pourtant celui qui la soutient, mais elle ne veut ni se convertir pour faire comme son peuple, ni épouser un Anglais réformé pour unir les deux couronnes. Elle parle alternativement en français, en écossais et en anglais, ce qui fait un peu désordre dans la bande son, le sous-titrage surgissant incongru dans la version en langue choisie.

Mary Stuart décide de marier sur un coup de tête lord Darnley, un bellâtre qui est son cousin sous le nom d’Henri Stuart, petit-neveu d’Henri VIII. Celui-ci s’empresse de lui enfourner un fils, Jacques ou James, et se prend désormais pour le roi alors qu’il n’est que celui qu’on sort quand on en a besoin. Mary ne lui pardonnera pas d’avoir aidé à assassiner son conseiller français Rizzio et lui condamnera désormais son lit.

La reine d’Ecosse envisage alors comme amant le viril Jacques Hepburn, quatrième comte de Bothwell, qui l’a accueillie dès son arrivée au pays. Darnley est étranglé après que sa maison eut sauté à l’aide de barils de poudre. Le complot était-il de Bothwell ? Il en fut accusé aussitôt par tous ceux qui avaient intérêt à sa perte. Le film, cette fois, s’écarte de l’histoire officielle où il est dit qu’il « enleva » la reine avant de « la violer ». Mary reste maîtresse d’elle-même et couche volontairement avec Bothwell, l’encourage à lever des troupes pour résister aux lords, ne le laissant fuir que lorsqu’il n’y a plus aucune issue. Enceinte, on ne sait pas ce que l’avenir sera. Le film passe négligemment sur la suite, la perte par fausse couche de ses jumelles, déclarant que « la vie de Mary Stuart s’achève à 25 ans ». En fait, elle vivra jusqu’à 45 ans avant d’être décapitée par trois coups de hache d’un bourreau bourré, dernière punition pour une femme trop indépendante qui se croyait reine plutôt que jouet entre les pognes mâles des lords politiciens.

En rivalité mimétique avec Elisabeth, qui régnait en Angleterre, Mary écrivait des lettres et des poésies ; elle l’avait appris à la cour de France. Elle voulait rattacher le pays du mouton et du whisky au royaume civilisé, en pleine Renaissance, plutôt qu’aux rustres angles et saxons du sud. Mais la religion, ce paravent de tous les intérêts les plus vils, a empêché ce dessein. Malgré la lenteur un peu suisse du film, l’absence d’action malgré les beaux décors, reste un portrait féminin remarquable, tout en psychologie, superbement incarné par la sensuelle Camille Rutherford.

A voir rien que pour elle.

DVD Mary reine d’Ecosse de Thomas Imbach, 2013, avec Camille Rutherford, Sean Biggerstaff, Aneurin Barnard, Condor Entertainment 2016, 2h, €9.99

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Macbeth de Roman Polanski

Quand l’ambition aveugle, poussée par une femme avide. La tragédie de Macbeth est celle du pouvoir qui rend fou, de l’hubris qui donnera le no limit post-68, l’orgueil renfermant soi-même dans sa paranoïa. Chacun peut citer Staline ou Hitler, mais aussi Manson le sectaire – qui fit assassiner un an avant le film Sharon Tate, l’épouse de Polanski.

D’où la violence, le sang qui gicle, la terreur qui prend. Mais aussi les prophéties, la croyance aux révélations, l’auto persuasion de son grand destin. Ce n’est pas par hasard, mais dans les conditions d’époque, qu’un tel film a pu être réalisé. Le « retour » au naturel est clairement anti-bourgeois après 1968 ; foin des délicatesses et des mignardises, la réalité doit être montrée crue. La guerre est sans merci, les armées pataugent dans la boue, les épées tranchent les têtes et fouaillent les entrailles, les poignards saignent les rois comme les enfants, les salles de bâfreries et beuveries ont le sol couvert de foin, les gens dorment nus sur la paille, ensembles sous leurs manteaux, le fils avec le père, les compagnons entre eux, les sorcières se réunissent à poil dans la fumée, dans les ruines d’un village détruit…

Ce choc va mal avec le texte en vers de Shakespeare, trop littéraire et trop bavard pour un film, d’où quelques longueurs. Nous ne sommes pas au théâtre mais sur la grève, parmi la lande ou à l’intérieur des lourds châteaux de pierre. Les humains sont ce qu’ils sont, en proie à leurs émotions incontrôlées, régis par leur inconscient bien plus que par la raison. La religion du Livre est omniprésente dans les esprits du XVIe siècle, année où William Shakespeare écrit sa tragédie. Macbeth est Caïn, il a tué son protecteur Duncan qui le traite comme un parent. Pour plaire à Dieu ? Non pas, mais à la prophétie des trois sorcières qui touillent leur bouillon sur la lande brumeuse enveloppée de pluie. Prophétie païenne tirée de la lecture des choses matérielles dans la fumée de l’hallucination, pratique anti-chrétienne et opposée à la raison classique. Des profondeurs du non-dit surgissent des monstres diaboliques et, quand l’inconscient règne, montre le dramaturge, les pulsions se déchaînent sans entraves.

Le scénario de l’histoire est connu – de ceux qui ont quelque culture, que certes l’éducation nationale n’assure plus, surtout en œuvres anglaises : trois sorcières (Maisie MacFarquhar, Elsie Taylor, Noelle Rimmington) marmonnent que Macbeth doit venir – en enfouissant un nœud coulant, un bras coupé et un poignard. Macbeth (Jon Finch, 29 ans) a assuré avec son ami Banquo (Martin Shaw) la victoire au roi Duncan (Nicholas Selby) contre les armées de Norvège et d’Irlande. En s’abritant sous des ruines, les deux capitaines rencontrent les trois sorcières qui, dans un rire grinçant, leurs annoncent que Macbeth aura le titre de Cawdor et deviendra roi, tandis que Banquo ne sera pas roi lui-même mais que sa descendance sera à la racine des rois futurs. Le thane de Cawdor est coupable de trahison et dépouillé de son armure pour être pendu torse nu avec de lourdes chaînes, et le roi donne son titre à Macbeth. La réalisation de cette première prophétie sème le germe de l’ambition chez le nouveau thane : pour qu’il soit roi, ainsi qu’il est prédit, il faut qu’il élimine Malcolm (Stephen Chase), fils de Duncan, et Duncan lui-même malgré ses bontés pour lui.

Bien qu’en proie aux affres du doute sur le bien-fondé de son acte, et se sentant coupable par avance de ce qu’il va faire, Macbeth finit par céder aux instances de sa femme, la vénéneuse Lady Macbeth (Francesca Annis, 26 ans) qui a versé un puissant soporifique dans les coupes des gardes royaux. La féminité est, pour les chrétiens depuis saint Paul, de l’ordre du diable ; la Bible elle-même accuse Eve d’avoir croqué le fruit défendu et d’avoir convaincu Adam de céder au serpent. Nous sommes bien dans ce mélange de chrétienté et de paganisme, le politiquement correct de l’époque faisant du second l’instrument du démon pour contrer le premier.

Une hallucination montre à Macbeth un poignard dans l’air qui lui indique la chambre du roi. Il le suit, passe les gardes endormis, se saisit de leurs dagues et finit par tuer Duncan dans une débauche de sang, visant n’importe comment dans la panique de l’acte. C’est Lady Macbeth qui va retourner dans la chambre, remettre les armes sanglantes dans les mains des gardes et les barbouiller du sang royal. Ils seront accusés au matin et massacrés par Macbeth avant qu’ils aient pu ouvrir la bouche pour démentir. Les deux fils de Duncan s’éclipsent et s’exilent, pensant être vite accusés puisque le crime leur profite.

Ne reste que Macbeth pour être élu roi, ce qui est fait par acclamations.

Mais la prophétie n’est pas finie et le destin se tisse quand on le laisse faire en croyant que tout est écrit. Banquo sera à l’origine d’une lignée de roi, il doit donc disparaître pour ne pas faire d’ombre à Macbeth. Mais les assassins, s’ils tuent Banquo au retour de la chasse, manquent son fils Fleance (Keith Chegwin, 14 ans au tournage) qui, plein de décision, parvient à fuir à cheval malgré son jeune âge ; son père se sacrifie pour lui en envoyant sa seule flèche au poursuivant, tandis que les autres lui brisent la colonne vertébrale d’un coup de hache. Macbeth, déstabilisé par ce demi-échec, croit voir le fantôme sanguinolent de Banquo lors du banquet qu’il organise avec ses hommes. C’est le milieu de la tragédie et le début de la fin : sa « folie » indispose ses compagnons, ils ne croient plus en lui, ils l’observent s’enfoncer dans la paranoïa et la terreur, ils le quittent un à un avant d’être soupçonnés à leur tour.

Macbeth, en proie au doute et sans volonté, s’en retourne voir les trois sorcières qui, cette fois, sont en nombre, entièrement nues à la lueur du feu de bois sur lequel bout un chaudron. Le breuvage qu’elles lui donnent lui font rêver d’une tête casquée lui disant de se méfier de MacDuff, d’un gosse sanglant qui lui dit que « nul homme né d’une femme » ne pourra le blesser, enfin d’un enfant couronné, un arbre dans une main, qui lui prédit encore que nul mal ne peut lui arriver tant que « la forêt de Birnam ne s’est pas mise en marche vers la colline de Dunsinane ».

MacDuff (Terence Bayler) s’est enfui en Angleterre rejoindre Malcolm et Macbeth ordonne qu’on saisisse son château par surprise et qu’on massacre ses gens, sa femme (Diane Fletcher) et ses enfants compris. Ce qui est fait dans une débauche de viols et de plaisir mauvais à éventrer et fouiller les corps au poignard, surtout celui du jeune fils du « traître » sortant du bain (Mark Dightam). Lady Macbeth, déstabilisée parce que les femmes sont meurtries par cette démesure, somnambulise à poil sous les yeux de sa suivante et du médecin appelé (Richard Pearson), parlant dans son sommeil et dévoilant tout. Elle ne cesse de se laver les mains d’une tache imaginaire, en Ponce Pilate qui a fait tuer le Christ.

Quand le pouvoir est aux mains de tels insanes, la tyrannie devient insupportable et le peuple gronde après les nobles. L’armée anglaise marche sur l’Écosse et les soldats se munissent de jeunes sapins qu’ils ont coupés dans la forêt de Birnam, vieille tactique de camouflage pour masquer leur nombre aux guetteurs du château. Mais, une fois encore, la prophétie se réalise et Macbeth se sait condamné. Ses gens aussi, à qui « sa langue » a maintes fois raconté ce qui est prédit, forçant le destin à accomplir ce que lui-même énonce. Tous le quittent, le château est ouvert, Lady Macbeth se jette du haut d’une tour, Macbeth est seul. Il a gardé la couronne sur son chef, mais n’a que son épée pour résister à l’armée. Il se croit invincible, puisque tous les humains sont nés d’une femme. Tous ? sauf un : MacDuff. Bien qu’ivre de rage Macbeth réussit à mettre à terre mais l’épargne, grand seigneur sur le tard ; ce sera sa perte car MacDuff est né par césarienne et non par les voies naturelles… MacDuff tue Macbeth tue en le perçant de part en part des reins à l’épaule, sous l’armure.

C’est alors le fils du roi Duncan, Malcolm, qui annonce le retour de l’ordre et se fait couronner roi d’Écosse sur la pierre de Scone.

Acteurs jeunes, paysages réalistes du Northumberland et château de Lindinsfarne, donnent à ce film sa rudesse réaliste. Il n’y a aucune complaisance pour montrer le sexe, sauf un viol entrevu par une porte lors du sac du château de MacDuff. Le thème est la violence, la croyance fanatique aux prophéties, l’anomie de la volonté. « Croire » que l’on a un destin vous enchaîne à son auto-réalisation. Vous n’êtes plus vous-mêmes, maître de soi, mais ballotté par les forces mauvaises de l’inconscient – proches du démon. Pour cela un grand film, à réserver aux adultes, seuls à même de prendre de la hauteur pour se sortir du réalisme des images et réfléchir sur les fins.

DVD Macbeth (The Tragedy of Macbeth) Roman Polanski,1971, avec Jon Finch, Francesca Annis, Martin Shaw, Terence Bayler, Nicholas Selby, Stephan Chase, Keith Chegwin, Sony Pictures 2002, 134 mn, €19.99 blu-ray €17.90

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