Articles tagués : discrimination positive

Jusqu’où faut-il accepter la différence ?

Le voile intégral, étendard islamique affirmé (à l’inverse du voile de mode islamique), est interdit par la loi dans l’espace public en France depuis 2011 : environ 1600 verbalisations ont eu lieu en 5 ans selon Metronews… mais 78% de moins en 2015, année pourtant où des attentats inouïs ont eu lieu ! Non seulement le terrorisme musulman frappe, mais la loi est ouvertement bafouée comme si la société se couchait devant la menace. Le militantisme religieux, dans un entourage agressif, décourage les policiers et inhibe la hiérarchie. Le Mouvement pour la jeunesse et le changement de l’Algérien Rachid Nekkaz se vante de faire payer les amendes par son parti : ce qui a été pénalisé pour Dieudonné serait-il permis à Nekkaz ? cette « ingérence intérieure dans les affaires d’un pays souverain » serait-elle autorisée à l’Algérie en France et pas à la France en Algérie ? La publication par Le Monde de la corruption Bouteflika a engendré une réaction unilatérale des autorités qui n’a pas sa réciproque avec l’activisme Nekkaz.

Pendant ce temps, l’islam de France se tait, ou parle à bas bruit. Les intellos grimpent au rideau de l’islamophobie ou évitent le sujet (comme les études) de peur de se faire mal voir du politiquement correct qui règne à l’université. « Beaucoup de Musulmans ont du mal à dire ‘je’ », à s’affirmer comme individu en-dehors de la communauté, explique Soufiane Zitouni, auteur des Confessions d’un fils de Marianne et de Mahomet sur Europe 1 (Club de la presse 7/4/2016). Pour lui, l’UOIF, émanation des Frères musulmans égyptiens, crée écoles et lycées où l’antisémitisme est enseigné par des barbus, où certains profs font la ségrégation des filles et des garçons dans leurs classes et où Averroès n’est même pas dans la bibliothèque du lycée qui en porte le nom. Même si le programme de l’Éducation nationale est « globalement » enseigné, les valeurs républicaines et les mœurs françaises sont bafouées ouvertement – sans que personne (notamment « à gauche » s’en émeuve).

coeur de chair

La « diversité » signifierait-elle qu’il existe de « plus égaux que les autres » au regard de la loi ? Ou que la loi est imbécile, élaborée par des ignorants qui ne savent pas ce qu’ils préparent ? Le multiculturalisme va bien quand il s’agit de la marge : on s’enrichit de la culture des autres. A condition que la nôtre n’en soit pas déboulonnée par une discrimination positive qui dévalorise tout ce qui est occidental pour survaloriser tout ce qui est musulman. Au nom de quoi ? de la repentance ? Faut-il ignorer l’esclavage islamique dans l’histoire pour ne parler que de la traite atlantique ? Faut-il ignorer les razzias d’enfants sur les rives nord de la Méditerranée pour fournir les harems des sultans, le corps des Janissaires et les esclaves des Barbaresques ?

L’islam a à voir avec la violence et le terrorisme, dans la mesure où cette religion exige la théocratie et qu’elle s’appuie sur un corpus de textes sacrés qui ne sont pas critiqués. Il suffit de lire le Coran pour voir appeler au meurtre de tous les mécréants, ce qui n’existe dans aucune autre grande religion. La férocité religieuse en terre d’islam n’est pas exceptionnelle, loin de là. Il est même fait obligation du djihad, et si certaines interprétations cantonnent ce combat au spirituel, elles sont loin d’être majoritaires. L’islam appliqué par des pays tels l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Pakistan, l’Iran montrent combien les femmes sont des choses, les mineurs présumés « gais » pendus en Iran, les fillettes mariées et consommées dès 9 ans, la main des voleurs coupée…

Résister à ces manifestations étrangères à nos mœurs, à notre culture et à notre histoire est une décence élémentaire. Va-t-on s’exhiber seins nus sur les plages d’Alger ? Boire de l’alcool en public à Djeddah ? S’embrasser dans la rue à Islamabad ? Pourquoi ce qui est légitimement interdit ailleurs pour ne pas choquer les mœurs et la culture locale serait-il permis ici par les gens qui se revendiquent d’ailleurs ? D’autant qu’ils le font par provocation, pour manifester leur rejet, leur haine de l’Occident des « perversions et des abominations », comme il est dit dans les messages des plus intégristes. Absolument pas par « universalisme », comme ce fut le cas lors de l’affaire Dreyfus. « Lutter contre le racisme, c’est défendre l’universalité de nos valeurs, l’unité du genre humain. A l’exact opposé de l’offensive antirépublicaine actuellement à l’œuvre », rappelle Alain Jakubowicz, Président de la Licra dans Libération.

La question de qui nous sommes et de qui nous acceptons, selon quelles conditions universalisables, est la prise de conscience – bien tardive – qu’une société n’est pas un contrat de pure forme mais une existence en commun.

couple haine Mad Season

Quand le commun s’efface au profit de communautés qui se ferment, nous avons le droit de ne pas l’admettre et de l’exprimer haut et fort, y compris dans les urnes si les élites ne le comprennent pas. L’ouverture à l’autre dépend de l’autre – et de sa réciprocité : nulle ouverture ne dure bien longtemps si elle reste à sens unique ! Il faut vouloir vivre ensemble, y avoir un intérêt mutuel – ou être rejeté légitimement si l’on manifeste son refus. L’immigration massive, les ghettos des quartiers, les trafics qui font régner l’omerta, transforment les individus en blocs identitaires. Pourquoi persister à le nier ?

Les musulmans ne sont pas « par essence » différents et fermés, ceux qui se revendiquent salafistes (intégristes des textes d’origine) choisissent de le devenir, souvent à la deuxième ou troisième génération ; les convertis garçons et filles s’enferment dans la bande et la croyance, c’est leur choix. Toutes les cultures sont d’égale dignité. Mais nous vivons dans un pays où nous devons demeurer ensemble. Chacun doit donc y mettre du sien, même si l’économie va mal, le chômage touche plus les jeunes et encore plus les minorités visibles, que l’Éducation nationale a démissionné dans les « quartiers ». Bien sûr qu’il faut du social et de l’investissement. Mais si la croyance compense dans l’au-delà les frustrations par le martyre, elle ne saurait s’imposer à tous, ni par la provocation, ni par les armes. La loi est la règle commune, elle sépare les églises et l’État, et assure l’égale condition des hommes et des femmes, tout en protégeant l’enfant jusqu’à sa majorité. Pourquoi devrions-nous admettre la revendication théocratique, le rejet des lois non admises par la religion, la ségrégation des sexes et la consommation sexuelle dès 9 ans ?

L’idéologie libertaire où chaque désir doit être comblé et chaque caprice assouvi n’est plus acceptée (si d’ailleurs elle l’a jamais été) – surtout si elle va à l’encontre des désirs des autres. Les lois et les mœurs ne sont pas intangibles, elles évoluent, mais pas de force. L’exhibitionnisme identitaire n’est pas plus tolérable à l’extrême-droite qu’à l’extrême-islam. Ces jusqu’au-boutismes rejettent tous deux les Droits de l’homme et les Lumières. A trop tolérer les frasques salafistes, on risque de se retrouver avec une réaction fasciste – ce ne serait pas la première fois que les élites auraient failli.

Catégories : Livres, Politique, Religions | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Attaqués par les sangsues !

La pluie se calme assez pour que nous commencions notre première randonnée avec un assistant supplémentaire, qui nous guide sur le chemin. J’étonne tout le monde en sortant mon parapluie. Il fait chaud et d’ailleurs les gamins sortis de l’école vers 14 h se promènent pieds nus et torse nu, leur chemisette scolaire au lavage. Ils sont toujours curieux de nous observer, attirés par les étrangers et aimant à se faire prendre en photo.

jeune fille sri lanka

Nous montons dans la forêt d’hévéas, de cacao et de poivre où nichent les singes et où passent des oiseaux. Nous redescendons vers la rivière Suga Gang qui signifie la rivière blanche, et qui a servi de décor au film Le pont de la rivière Kwaï.

pont qui a servi au film la riviere kwai sri lanka

Une famille se baigne en faisant sa lessive, le jeune garçon restant nu lorsque nous passons.

gamin nu au bain sri lanka

Après un pont métallique suspendu (dont les lattes ne bougent pas trop mais où le guide Inoj apparaît le moins à l’aise) nous abordons les rizières et les cultures maraîchères en bord de forêt. Y poussent des aubergines et une sorte de haricot vert à section en étoile à trois branches qui se mange cru et a un goût de fève. Les monts Knuckles se dessinent vaguement dans la brume. Des averses tombent par intermittence, le sentier est boueux et le paysage très vert. Nous rencontrons une sangsue sur le chemin : aucun trentenaire venu de France n’en a jamais vu !

champs sri lanka

Selon Inoj, « les Anglais » ont introduit au Sri Lanka dès la colonisation en 1815 le sapin, l’hévéa et le thé, « ils sont les plus grands pollueurs de la planète » car les aiguilles de sapin forment tapis au sol et empêchent les autres plantes de pousser, aggravant l’érosion et détruisant la vie endémique. Le territoire est planté à 11% en thé et les femmes en cueillent 20 kg par jour.

jardins de the sous la pluie sri lanka

Ce sont les Tamouls, introduits avec le thé par les Anglais depuis le sud-est de l’Inde pour travailler dans les plantations, qui posent problème au Sri Lanka. Composant environ 25% de la population, l’indépendance de 1948 a créé une discrimination positive en faveur des Cinghalais : en 1959 le cinghalais est déclaré langue officielle unique et le bouddhisme est décrété religion d’État. La guerre civile a opposé les Tigres Tamouls aux Cinghalais dès 1972, les uns musulmans, les autres hindouistes et bouddhistes, mais c’est en 1983 que la guerre s’intensifie avec des attentats spectaculaires. Elle prend fin en 2009 avec l’écrasement des Tigres par l’armée sri-lankaise, ayant fait dans les 70 000 morts. Les derniers résistants ont tenté de se fondre parmi les civils du dernier carré, dans le nord-est de l’île, ce qui a engendré de nombreuses victimes parmi les femmes et les enfants. Tout ça de la faute initiale des Anglais, ces pollueurs de planète – dit le guide. J’y vois plutôt la faute des musulmans, les pires pollueurs idéologiques de la planète depuis que le khoneynisme a remplacé le communisme comme fanatisme de masse populaire.

fabrique de the sous la pluie sri lanka

Encore 40 mn sur des routes de bout du monde, paradis des touk-touk et des motos et où deux voitures ne peuvent se croiser. A 800 m d’altitude, au bout d’un village entouré de plantations de thé, la Sanasuma Guest House est installée sur la pente. L’endroit est froid, humide et venteux mais sauvage et fort joli. Les chambres sont spartiates, « l’eau chaude » quasi froide (chauffée en bidon noir au soleil sur les toits), mais le tout est propre et sans bêtes – sauf les geckos qui glapissent sur les murs de la salle de bain, répondant aux crapauds qui logent dans le réservoir de la chasse.

Nous quittons la guest house au matin pour mieux y revenir le soir. Le bus nous emmène en hauteur et nos chaussures nous ramènerons vers 13 h. Nous attendrons donc 15 h pour avoir un repas, après avoir marché trois heures le matin.

La randonnée s’est déroulée entièrement sous la pluie. Pas de plan B en cas de mauvais temps,le programme est le programme. La mousson existe, pourquoi le nier ? Marcher sous la pluie est imbécile, pourquoi ne pas le voir ? Les éclaircies ne sont que de quelques minutes, la mousson est une averse qui dure. Le paysage des jardins de thé est dans la brume, presque chinois d’estampe sur les lointains. Les silhouettes fines des Grevillea robusta, plantés par les Anglais au-dessus des théiers pour les ombrer et les ventiler, se découpent en gris sur fond blanc. Cela ne va pas sans une certaine beauté, mais pour trois heures… Marcher constamment sous la pluie ne permet en aucun cas d’apprécier le paysage, engoncé sous la cape ou brandissant un parapluie.

pluie sri lanka

Et magie, comme pour les escargots, la pluie fait sortir de terre les sangsues. « Ces sangsues sont la plus forte plaie de Ceylan », s’écriait déjà un colonel cité par Franz Hoffmann en 1886 dans son Voyage à Ceylan. Le groupe n’en a pour la plupart jamais vu et leur aspect caoutchouteux, avide, presque phallique, en fait hurler d’hystérie plus d’une. Même si ces animaux sont ici minuscules, quelques centimètres de long et à peine un quart de centimètre de diamètre – car il y en a qui font jusqu’à 20 cm de long ! Le groupe découvre très vite combien ces bêtes sont habiles à percevoir le mouvement, à flairer le dioxyde de carbone et à sentir la chaleur, même sous les bottes. Comment grimpent sur le cuir avec leur ventouse de tête et celle de queue pour atteindre la jambe pour y planter solidement les crocs. Combien elles sont lestes à sauter d’une herbe en hauteur pour se loger au plus intime, dans le cou ou sur les seins, passant par les échancrures des habits. Et combien elles sont affamées d’un endroit chaud et tendre pour s’y gorger de sang, sur les fesses, dans le cou, sous le short. S’enduire de crème anti-insectes ou même de crème solaire les empêche de planter leur gueule mais ne les empêche pas de ramper et de monter pour trouver un endroit favorable. Leur appétit n’en est pas coupé pour autant. Le groupe passe donc son temps à s’inspecter périodiquement les jambes et les chaussures, sans plus s’intéresser au pays.

sangsue sri lanka

De retour au guest house, nous prenons immédiatement le bus. Sur la route vers Kandy, nous assistons à la sortie des collégiens et collégiennes, c’est l’heure ; les cours n’ont lieu que le matin. Les gamines vont en bande, portant cravate ; les gamins se tiennent par deux ou trois, se tenant par les épaules, le col ouvert, plus largement vers 14 ans. Une fois rentrés ils se changent pour ne pas salir l’uniforme, quittant chaussures, pantalon et chemise pour se mettre en short et tongs, en polo ou chemisette fantaisie ouverte, parfois le col relevé pour faire mode.

RDA est un curieux sigle que nous voyons depuis le début, orné d’une croix gammée tournant à l’envers. Il n’a rien à voir avec la République démocratique allemande, défunt pays de l’est, mais signifie Road Development Authority, le service public des routes et autoroutes. Il préempte les terrains autour de la voie, plantant des bornes pour désigner les endroits où aucune construction ne doit être faite. Dans les villes, les maisons sont carrément reculées de plusieurs mètres ; on en voit les ruines et les façades reconstruites. Ce n’est pas grave car les constructions sont souvent légères, en briques et sans fondations ; mais cela fait un peu désordre.

Catégories : Sri Lanka, Voyages | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Inégalité et quelques mots pour mieux comprendre

Inégalité = est un sentiment social qui fonctionne au sens vertical entre inférieur, égal ou supérieur. Seule la position neutre (indifférente) est acceptable en démocratie, entre envie et vanité. Ce pourquoi les titres de noblesse ne sont pas reconnus par la République et que tout citoyen est égal en droits.

Différence = dérive immédiatement vers hiérarchie donc discriminations (désirs, pulsions), alors que la différence fait la richesse du complément. Mais la société infantile (qui a peur de la liberté faute de vouloir prendre une quelconque responsabilité), préfère le fusionnel au complémentaire. Ce serait devoir s’assumer, composer, reconnaître l’autre pour ce qu’il est. Alors qu’il est tellement plus confortable de rester passif, toujours d’accord, dans le vent, comme tout le monde, sans faire de vagues. Il y a des différences de nature, de degré et de choix. Homme ou femme, telle est le donné biologique (sur lequel il y a construction sociale) ; bébé, enfant, adolescent, adulte, mûr, vieux, tel sont les degrés inévitables d’une existence (malgré le jeunisme marketing qui exploite le fantasme d’éternité) ; hétéro, homo, asexuel (puis des sous-catégories telles que lesbienne, trans, spornosexuel, etc) sont des différences choisies (parfois sans le vouloir, mais la revendication est toujours du ressort de la volonté).

frere et soeurs sally mann

Injustice = pourquoi lui et pas moi ? Cri de l’égoïsme envieux qui voit surtout ce qui lui manque, pas le bien de l’autre. Est-il injuste d’être une femme ? D’avoir des désirs homos ? D’être blond aux yeux bleus ? Ou né bossu et handicapé ? L’injustice est un sentiment ; les situations réelles existent bien sûr, mais elles sont relatives aux jugements de valeur, elles ne vont pas de soi : le smicard français est un « riche » au Bangladesh.

torse nuInéquité = l’équité n’est pas l’égalité, ce que les Français malformés aux maths ne peuvent saisir… L’égalité c’est tous pareils, la même dose à chacun ; l’équité c’est à chacun selon ses besoins. Il y a donc pondération et pas division pure et simple.

Égalitarisme = perversion de l’égalité en revendication tous azimuts, « j’ai l’droit » étant le réflexe spontané devant tout droit des autres. L’égalitarisme parfait ne pouvant advenir de lui-même, en autorégulation (ce serait le droit du plus fort), l’appel à Dieu, à l’ONU, à l’État, à papa, reste indispensable. L’égalitarisme est une idéologie du désir sans limites ; il y a toujours quelque chose qu’un autre a et que je n’ai pas. Plutôt que l’État, mieux vaut le droit, il est plus neutre et vaut pour tous (y compris les maîtres de l’État) – ce que n’avaient manifestement pas compris les socialistes réels des pays communistes. Une tyrannie peut imposer l’égalité des conditions en nivelant au plus bas, quel que soit le mérite (hiérarchie en râteau) ; auquel cas, pourquoi se fouler ? Attendre les ordres d’en haut, obéir sans discuter, être parfaitement conforme – tel est le sujet de la société tyrannique (stalinienne, nazie, cubaine).

Identité = elle est soit donnée (et vise à l’homogénéité), soit elle se construit (et vise à l’uniformité). Elle est, au-delà de la génétique qui fonde certains nationalismes, le réflexe social qui fait appartenir (porter l’uniforme, véhiculer la pensée unique). Elle a pour limites le semblable, le même, et pour point moyen le conformisme. Elle permet le lien social, la reconnaissance par les autres – elle étouffe l’originalité et permet difficilement l’émergence d’idées nouvelles, d’entreprises nouvelles, d’innovations.

Égalité des chances = est la meilleure dialectique que la société démocratique ait trouvée pour reconnaître la réalité (les différences entre les gens) tout en permettant de construire une identité (un rôle social citoyen via l’éducation et la culture) ayant pour idéal l’égalité (la redistribution juste des fruits communs). Les chances est ce dont les politiques devaient discuter et définir, elles changent avec l’époque et la société mais le consensus sur elle est indispensable.

Équité = l’équivalence des possibilités offertes au départ (égalité des chances) est une forme d’équité, à condition que le départ ne se réduise pas au tous pareils. Comme l’impôt est progressif, l’éducation devrait l’être, adaptée à chacun en classes de niveau, des retardés aux surdoués, avec un socle minimal commun. Comme l’impôt est divers, l’éducation devrait être diverse, sans sélectionner uniquement sur les maths, ce qui formate des ingénieurs sans créativité et des technocrates sans âme.

Duras juge l amant en petite bourgeoise egoiste

Mérite = vertus et talents qui permettent aux individus de trouver leur épanouissement et leur rôle particulier dans une société issue de différences. Le mérite est ce qui permet de construire son identité (individuelle, parentale, sociale, citoyenne) par-delà les déterminismes (génétiques, familiaux, claniques et professionnels, nationaux). Favoriser le mérite devrait être l’objectif de toute société démocratique, si l’on admet que la démocratie a pour objectif l’épanouissement des capacités de chacun pour que chacun contribue au mieux à l’ensemble de la société.

Droits « de » (libertés) ne sont pas Droits « à » (créances). Les droits sociaux reposent sur l’équité puisque l’inégalité de leur distribution est la condition de la justice ; leur limite est la discrimination positive, qui pousse le curseur compensatoire assez loin pour susciter envie et revendications (car les critères ne sont jamais tranchés et toujours contestables). Débattre de l’équité (donc des chances) est bien le premier devoir des politiciens en démocratie.

Nous avons très peu de politiciens.

Catégories : Politique | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,