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Anne Brontë, Agnes Grey

Anne est l’une des trois sœurs Brontë, sixième enfant de la famille et petite dernière. Elle mourra de la tuberculose, comme les autres, à 29 ans en 1849. Dans ce premier roman, composé de parties reliées entre elles, elle s’inspire de sa vie même, des lieux qu’elle fréquentés, des gens aspirant à la petite noblesse rurale qu’elle a servis. Mais bien mieux : elle décrit les années d’initiation de son passage à l’âge adulte et sa progression d’écrivain.

Comme Anne, la jeune Agnes (pas d’accent en anglais) est la petite dernière d’une famille de pasteur dans le Yorkshire. Ses parents sont bienveillants, aimants, et ses sœurs serviables ne lui laissent rien faire. Atteignant les 18 ans et voyant la santé de son père se dégrader, la jeune fille décide de se rendre utile. Éduquée au latin, à l’allemand, au dessin – et aux principes moraux de la morale chrétienne – elle se veut gouvernante d’enfants. Les parents se récrient, mais finissent pas céder. Et c’est le cœur gros de quitter les siens, mais emplie d’espérance, qu’Anne finit par dénicher un poste, à 19 ans.

Elle tombe dans le cœur de la gentry anglaise et c’est l’horreur. Dans ses lettres et son journal, Agnes décrit comment les parents sont démissionnaires, ne connaissant que le laisser-faire et la trique (attributs qu’on retrouve dans l’Amérique d’aujourd’hui). Ils confient l’éducation de leurs fils et filles à une gouvernante ou à des précepteurs pour ne pas avoir l’ennui de s’en occuper. Mais ils interdisent tout châtiment, actes réservés aux dominants. Les gouvernantes ne sont que des employées, à peine au-dessus de la bonniche qui racle les cendres et prépare la flambée.

D’où cette description effarante des jeunes sauvages, vigoureux et pleins de vie, mais ravageurs et insupportables, grossiers à la mesure de leur père et des palefreniers. Les enfants, surtout dès 6 ou 7 ans sont des éponges qui observent et écoutent, singent les adultes et les imitent, parce qu’ils sont programmés ainsi. Leur prêter attention, leurs parler et les écouter, leur montrer l’exemple dans la vie quotidienne est la base de leur éducation. Et ce n’est ni la faute des autres, ni celle des enseignants, s’ils deviennent ce qu’ils sont : conformes à leurs parents. L’enfant n’est pas naturellement bon, mais il le devient si on l’aime. Pour les Anglais vers 1840, il s’agit de les dresser – par l’effort et la trique concernant les garçons ; par la coquetterie et les manières pour les filles. On ne leur demande rien d’autre : les garçons vont hériter et les filles se marier.

Le Tom de 7 ans et sa sœur Mary Ann de 4 ans sont de vraies pestes laissées en friche. Le garçon veut dominer et tout régenter (comme son père) ; la fille veut séduire tout le monde et accaparer l’attention (comme sa mère). Aucun des deux ne veut apprendre ses leçons, ou alors à la diable, mais préfèrent courir dehors, se salir et se mouiller, dénicher des nids et torturer les oisillons. « Pourquoi les attrapez vous ? – Père dit que ce sont des nuisibles. – Et qu’en faites vous après les avoir attrapés ? – ça dépend. Parfois je les donne aux chats ; d’autres fois je les coupe en morceaux avec mon canif ; mais le prochain, j’ai l’intention de le rôtir vivant. – Et pourquoi avez vous l’intention de faire une chose aussi horrible ? – Pour deux raisons ; d’abord pour voir combien de temps il vivra… Et ensuite pour voir quel goût ça aura » p.358 Pléiade. Pour éviter cela, Agnes se sentira obligée d’écraser une nichée entière, apportée par le frustre oncle Robinson, sous une grosse pierre, sous le nez des enfants et de l’homme, en arguant de considérations chrétiennes.

Elle ne tarde pas à quitter cette famille délétère pour une autre, socialement située un peu plus haut, où les enfants sont aussi plus grands. Mais les garçons, 11 et 12 ans, ne vont pas tarder à partir en pension, où on les dressera selon le format standard. Exit les garçons, on ne les reverra plus. Ne restent que les filles, un peu plus âgées, Rosalie 16 ans et Matilda 14 ans. La première est belle et bête, joli plumage et crâne de piaf ; la seconde est un garçon manqué, futée avec les chevaux mais frustre de manières et de vêture. La mère, Miss Murray, veut que ses filles acquièrent de la distinction, mais sans aucun effort de leur part. Son seul objectif : les marier « bien », ce qui signifie à un garçon riche. Qu’il soit moche, violent et débauché importe peu, ce qui compte est le patrimoine. L’argent et le statut importent plus que les valeurs morales (nous revoici en pleine ère Trompe, signe évident que la philosophie de ce clan est Anti-Lumières, contre la civilisation des mœurs).

Tout le sel de ce roman est, outre la peinture au vitriol de la société du temps, dans la progressive initiation morale de la jeune fille à celui de jeune femme, au contact à la fois des immatures qui lui sont confiés, et des exemples des parents et relations. Agnes conduira Rosalie à l’autel ; elle épousera le hobereau du coin et deviendra Lady, malgré les conseils de sa gouvernante qui la mettra en garde. Elle-même découvrira l’amour, en la personne d’un pasteur imitation de son père, sage, modéré et moral. Happy end pour Happy fews – car cet idéalisme romantique ne devait pas se réaliser souvent dans la vie réelle.

Une autre façon d’écrire, sous la forme de souvenirs un peu naïfs au début, plus réfléchis à la fin. Le doute et l’émotion sourdent de la raison affichée au début, les certitudes de la jeunesse laissant place aux nouveau défis de chaque moment. Surtout lorsqu’elle parle d’elle-même et non plus des autres, de ce qu’elle ressent dans son intime. L’auteur devient sujet.

Anne Brontë, Agnes Grey, 1847, Livre de poche 2021, 352 pages, €6,90, e-book Kindle gratuit

Wuthering Heights et autres romans – Wuthering Heights d’Emily Brontë, Agnes Grey d’Anne Brontë, Le Professeur de Charlotte Brontë, Gallimard Pléiade 2002, 1440 pages, €71,50

(mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

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Michel Déon, Je ne veux jamais l’oublier

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Michel Déon est mort, il avait 97 ans. Dans le roman de ses 31 ans, il écrivait : « Patrice était persuadé que la mort était une erreur, une faute contre le destin. Quant à lui, il se défendrait jusqu’à la dernière minute » p.232. Patrice est son héros, il a le même âge que son père, il est donc un peu lui. Et lui aussi s’est défendu ; il aimait trop la vie et ses plaisirs pour retarder la mort autant que faire se peut.

Ce roman « romanesque » parle d’amour et de lieux magiques : Venise, Florence, Paris, Londres, les lacs italiens. Défilent les femmes qui ont compté, Béatrix qui l’a dépucelé vers 18 ans, Vanda la russe qui l’a entraîné dans sa folie sexuelle vers 22 ans, Olivia l’espagnole dont il a cru être amoureux pour la vie à 28 ans – et Florence la parisienne, femme de 40 ans avec laquelle il vit « une amitié intelligente » allant pour elle jusqu’aux derniers feux de l’amour, pour lui à une affection grave. Le titre du livre est tiré de la Chanson du Mal-Aimé d’Apollinaire.

Roman d’initiation, d’entrée dans la vie sexuelle et dans la vie active, roman d’hédonisme après-guerre, celle de 40 qui a laissé l’Europe en ruines et les esprits meurtris. Il était bon de vivre et de s’enfiévrer à la musique, au whisky, à la danse, il était bon de flirter et de finir au lit mais des semaines ou des mois après, puisque ni la pilule ni l’avortement n’existaient encore et que les filles restaient trop longtemps des « oies blanches ». Ce qui nous paraît incroyable, mais qui est vrai, tant le monde a changé en deux générations. « Patrice s’étonnait de voir la liberté avec les deux jeunes filles abordaient ces questions lorsqu’il s’aperçut qu’elles n’en connaissaient rien et parlaient à tort et à travers, mélangeant tout, aussi vierges dans leurs illusions que dans leur corps » p.289.

Soldat durant la guerre, démobilisé, Patrice est un jeune homme désorienté dans la paix. Il est de bonne famille et a dilapidé lentement un petit héritage comme les gentlemen anglais effectuaient jadis leur « tour » avant de se fixer. Patrice voyage donc, invité par sa tante qui a épousé un marquis italien. Ce qui donne cette phrase toute valéryenne qui prouve que nous sommes dans le roman : « La marquise repartit l’après-midi, dans son taxi » p.287.

L’auteur écrit avec charme, d’un style entre Chateaubriand et Chardonne. Les descriptions sont toujours psychologiques, les paysages sont associés aux états d’âme et les personnages sont peints par petites touches successives qui les font aimer ou détester, mais qui les laissent incontestablement originaux. L’époque n’a guère le téléphone, donc l’écrit est omniprésent. Passé qui nous paraît bizarre à l’ère électronique, mais qui était encore très réel il y a seulement 20 ans. Les amants s’échangent longues lettres et petits mots, le processus d’écrire exigeant solitude et recueillement, le processus de lecture de même. C’est ainsi que l’on ne saute pas une fille au bout de quelques minutes, mais qu’il s’agit d’une véritable entreprise qui prend du temps. Durée qui avive le désir, accentue les sentiments, exaspère souvent. Oui, ce roman est un livre d’histoire, comme le précise la préface de 1975 – 25 ans après. Que dire, encore 25 ans plus tard ?

Que ce roman peut toujours se lire tant il sait créer une atmosphère. Celle, tourmentée, d’une adolescence qui s’achève à la trentaine. Celle, magnifique, des villes et paysages italiens des années 1950 encore préservés, où de petits bergers couraient pieds nus et où de robustes jeunes filles rapportaient sur leur tête le linge du lavoir, pieds nus elles aussi. Bellagio est moins jet set de nos jours qu’à l’époque, les happy few s’y sentent envahis et se réfugient dans des lieux plus chers et plus élitistes. Padre Pio est mort et ne bénit plus personne. Mussolini, ses lettres à sa maitresse, son trésor disparu et le lieu de son exécution ne captivent plus. D’Annunzio, dont l’auteur fait l’amant de sa tante, apparaît de carton-pâte et l’on ne lit plus son œuvre.

Une vitalité court ces pages, que ce soit dans les excès ou les admirations. Son initiatrice décrit l’adolescent tel qu’elle l’avait connu « encore presque enfant, tanné par le soleil, passant ses journées même pas dans l’eau, mais sous l’eau où il pêchait, remontait avec des paniers débordant d’algues et d’oursins violets, ses cheveux noirs et courts collés sur sa tête, inconscient de son agilité, de sa force, heureux de vivre, surpris et presque triste après leur premier baiser, une nuit, sur le chemin de ronde, si impatient la première fois au lit qu’il s’était blessé… » p.188. Ne reconnait-on pas là, si bien décrit, l’adolescent éternel ? Michel Déon a l’art du portrait comme celui de la fresque. Ce pourquoi il a parfois le trait féroce : « sa faim dévorante de croûtons de pain, son désintéressement total pour le caviar, sa paresse à faire trois pas, sa coquetterie et cette façon qu’elle avait de ne plus écouter au bout de trois mots toute conversation où il ne s’agissait pas d’elle » p.364 – ne connaissez-vous pas au moins une femme à qui ce trait d’applique ? – Moi si.

Le talent n’aime pas la vanité. « Vous parlez, vous brillez, vous aimez ce qu’il faut appeler ‘le monde’, et souvent, dès que vous êtes en face du ramassis hétéroclite qui le compose, je vous trouve braqué, agacé, prêt à mordre » p.332. Comme nous nous rencontrons, cher Michel, que j’ai croisé une fois ou deux dans votre quartier qui est aussi le mien !

Michel Déon est mort, il reste toujours vivant. Je ne veux jamais l’oublier.

Michel Déon, Je ne veux jamais l’oublier, 1950, préface de 1976, Folio 1990, 376 pages, €11.10

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Michel Leiris, Frêle bruit – La règle du jeu 4

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La vieillesse est un naufrage… Michel Leiris, 75 ans, reprend 10 ans après la suite de sa tentative de se connaître par le langage. Fibrille avait vu l’écroulement de cette utopie, couplée à celle du maoïsme, chacun retombant dans ses ornières humaines, trop humaines. Frêle bruit ne peut s’empêcher de prendre la suite.

Son projet envolé, Leiris ne publie plus que des fragments, expérimentation maniaque et volontiers obsessionnelle de dire et encore dire, de vouloir expliquer et encore expliquer, sans jamais aller au but. 146 séquences a-chronologiques purgent les fiches inutilisées jusqu’ici. Cette forme brève est issue des restes, mais aussi de la peur de ne jamais finir ce work in progress qu’est l’existence quand on veut la raconter. Elle se veut justifiée en même temps par l’exigence de rapidité de la révolution, sur l’exemple qu’offre Cuba, autre « idéal » avant qu’il ne s’aligne sur l’URSS exploiteuse en 1968, lors de l’invasion « populaire » de la Tchécoslovaquie…

Trop tourmenté de désobéir aux Commandements du catéchisme d’enfance, Michel, « à cause de quoi, suivi par l’idée du péché même si je crois m’être délié, je ne suis presque jamais parvenu à ce triomphe sur quelque front que ce soit, amour, action pure, littérature » p.930 Pléiade. Il est perclus d’angoisses, de velléités jamais réalisées faute d’oser sortir de lui-même, de grandes idées généreuses surtout pas mises en œuvres au détriment de son petit confort. Le type même du bourgeois révolutionnaire (cet oxymore !), du parisien né dans le 16ème et habitant depuis la guerre dans le 6ème, suivant la mode intello par facilité – « de gauche » donc puisque ça se fait – mais vivant en VIP, fonctionnaire nanti. « Rien que d’assez banal, malgré la mixture poésie, ethnographie et souci du progrès social », avoue-t-il p.918.

Phrases interminables, confuses, alambiquées, faute de savoir clairement que dire ; attention aux petits détails infimes mais noyés dans les parenthèses, incises, subordonnées, retours en arrière, scrupules ; peur d’avouer, de décrire, de dire le monde tel qu’il est. Suicidaire au fond, depuis sa jeunesse, jamais en accord avec lui-même, regrettant d’être né, d’être de son milieu, d’avoir eu un père vulgaire, de s’être branlé à deux entre garçons, d’avoir fantasmé sur les cocottes durant la Grande guerre, de… « Une bonne action en tout cas pouvait s’inscrire sur son bilan : la non action qui consiste à ne pas avoir d’enfants. Abstention dont à ces moments-là il osait être fier (…) de se flatter de n’avoir pas collaboré » p.972. C’est assez minable comme justification, assez triste aussi, comme si donner la vie était péché, « participer » au monde une erreur.

Le grand naufrage de notre civilisation se voit ici dans l’âme d’un être trop sensible à la culpabilité d’avoir rendu esclave, colonisé, exploité, appauvri le grand nombre, suscité deux guerres mondiales – comme si l’avers de la médaille n’était pas digne aussi d’être cité : libération des Lumières, exploration des mondes et des planètes, progrès de la médecine, de la santé et de l’agriculture, confort industriel, élévation globale du niveau de vie et de l’espérance de vie depuis deux siècles… Le monde ici-bas n’est pas le monde platonicien de l’Idéal (cette conviction chrétienne et marxiste inculquée à la génération Leiris), mais le monde en demi-teinte où bien et mal sont mêlés (après Nietzsche, Marx et Freud). « Autre tache possible : souhaiter que la Révolution progresse et s’étende, alors que pratiquement on ne fait rien ou à peu près rien pour hâter, chez soi, son déclenchement. (…) Inutile d’argumenter, je suis marqué par cette tache, signe entre autres du grave hiatus ouvert en moi entre façon de se représenter le monde et façon de s’y comporter » p.892. Péché toujours, contre l’Utopie, l’Idéal, les Idées pures. Péché imaginaire de ne pas être parfait alors que l’on n’est pas dieu ; péché de la conscience coupable, ce poison chrétien repris par le communisme pour déstabiliser les puissants, les dominants – et prendre leur place. Péché que Nietzsche a dénoncé et décortiqué, libérant enfin la philosophie pour penser autrement – mais que Leiris n’a jamais compris (voir ce qu’il en dit maladroitement p.829, partant de biais vers le sexe et « la Nietzschéenne », roman vulgaire dont la couverture pute l’avait fait fantasmer).

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Nous avons droits aux rêves, à des listes, des poèmes, aux segments de voyages, aux comptes-rendus d’opéras, aux évocations de sexe, aux problèmes de chiens, à la description de l’hôtel Idéal, de son appartement croulant sous les livres pas lus ou de son bureau au sous-sol du musée de l’Homme. Michel Leiris parle de lui en disant « je » puis « il », sans raison. Cela pourrait être ciselé, intéressant, mais se trouve englué dans la glose, le remord, les repentirs de vocabulaire. Quelques perles surnagent, comme ces Allemands brûlés vifs quai des Grands Augustins en 1945, sous ses fenêtres, ou la description de sa journée à la campagne avec le chien, le jour de la mort de Picasso p.929. J’avoue avoir pris le mode lecture rapide sur nombre de morceaux tant m’ennuie ce genre de diarrhée verbale à prétention littéraire. Certes, Leiris n’est pas un poseur, mais il réussit à « faire chiant », comme le préconisait Édouard Balladur à ses hauts-fonctionnaires, lorsqu’il voulait faire passer un texte sans que personne ne le lise jusqu’au bout.

Leiris en est conscient, il l’avoue, et faute avouée est à moitié pardonnée. Il étale son être coincé, malheureux, déprimé : il est lui et cela le rachète. Il a au moins un riche vocabulaire français, ce qui devient rare de nos jours. « … Mais – coquetterie, pharisaïsme ? – j’étale une rigueur sourcilleuse quant à un juste emploi des temps du verbe, j’érige en cas de conscience d’infimes problèmes d’expression, jouant au pur qui ne veut se souiller d’aucune inexactitude je passe des heures à les résoudre et je m’abstiens d’aborder la vraie question. Comme s’il était une fin en soi, dont je ne pourrais me déprendre, je dépense jour sur jour à étoffer et fignoler ce récit déjà trop ornementé, le fourbissant, le redressant, le truffant de considérations qui souvent brouillent l’horizon plus qu’elles ne l’élargissent ! » p.919.

Bien content d’en avoir fini avec cette personnalité qui me déplaît, et avec ce pavé qui s’enfonce dans le sirupeux ennui des phrases sans cause ni verbe.

Michel Leiris, Frêle bruit – La règle du jeu 4, 1976, Gallimard l’Imaginaire 1992, 406 pages, €10.50
Michel Leiris, La règle du jeu, 1948-1976, Gallimard Pléiade, édition Denis Hollier 2003, 1755 pages, €80.50

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