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Kingsman services secrets de Matthew Vaughn

Le premier film d’une série comprenant une suite et une préquelle, tiré d’un comic book. C’est une parodie du James Bond années 1960 revue années 2010, avec pas mal d’humour, beaucoup d’action et peu de belles pépées avec qui flirter – féminisme oblige. Les femmes sont au contraire soit les égales des hommes, comme Roxy, la candidate qui gagnera d’entrer au service, soit des tueuses redoutables, comme Gazelle (Sofia Boutella) montée sur pieds tranchants, celle qui sert le milliardaire le la Tech Richmond Valentine. Quant aux hommes, ils ne deviennent adultes qu’avec le temps et l’expérience, restant vantards et ignares fort tard dans la vie.

Tout commence en Afghanistan avec le raid d’un hélicoptère de combat qui prend d’assaut une forteresse de terre. A l’intérieur, un terroriste interrogé par les agents se fait sauter, et c’est par le réflexe de l’un d’eux que le groupe est sauvé. Harry Hart (Colin Firth) va rendre visite à la veuve et à son petit garçon. Elle est inconsolable et refuse la retraite et la médaille offerte ; Harry l’offre au gamin nommé Gary et surnommé Eggsy à cause des œufs, en lui disant qu’il peut appeler un numéro de téléphone gravé au dos s’il a besoin, n’importe quand, avec le mot de passe « des Oxford, pas des Brogues », en référence à des marques de chaussures.

Dix-sept ans plus tard, la mère s’est effondrée et maquée avec un brutal qui la bat, après lui avoir enfourné un môme. L’adolescent Eggsy (Taron Egerton, 25 ans au tournage), voudrait bien échapper à cette atmosphère de beauf enbierré et violent, et aux racailles du quartier. Il pique la bagnole frime d’un congénère particulièrement gratiné et la défonce contre une voiture de police, après avoir usé les pneus en dérapages et subi une course-poursuite en marche arrière. Mis au trou, il a droit à un appel téléphonique, et il pense à la médaille qu’il porte sur sa poitrine. Il est libéré.

Harry l’attend à la sortie et l’aborde. Il sera son candidat au poste de nouvel agent, un récent s’étant fait descendre par la tueuse du milliardaire dans les montagnes argentines, alors qu’il délivrait le professeur Arnold (Mark Hamill[), spécialiste du réchauffement climatique et de l’anthropocène, enlevé pour le convaincre de rejoindre la secte technologique de Valentine. Harry, comme le père d’Eggsy et comme l’agent en Argentine, appartient à une agence d’espionnage privée, plus rapide et plus efficace que les agences officielles, soumises aux procédures. Il est plus anglais que les Anglais, s’habillant Saville Row, se piquant de connaître le vin et le whisky, portant de superbes chaussures noires cirée Oxford – avec un petit truc utile en plus.

Chester King dit « Arthur » (Michael Caine), le chef de Kingsman (homme de Chester, mais aussi homme du roi), appelle à candidature autour d’une table rectangulaire (pour marquer la hiérarchie) le nouveau Lancelot. Une référence à la Table ronde, l’équipe médiévale qui a défendu les Bretons contre les Saxons et le bien (chrétien) contre le mal (druidique). Les réunions sont virtuelles, grâces aux lunettes connectées de chacun, sauf Chester/Arthur et Harry/Galaad, présents physiquement, ainsi que « Merlin » (Mark Strong) qui sert d’entraîneur, d’intendant et d’inventeur à la Q. Chacun des agents doit proposer un candidat au poste vacant. Sur la douzaine, un seul sera retenu. Eggsy est sans emploi et sans perspectives, ayant quitté la formation des Royal Marines avant la fin, atteint par le no future de sa classe et de sa génération. Mais Harry croit en lui, bon sang ne saurait mentir, et Eggsy est intelligent ; il sait s’adapter. Il est donc son candidat et inclu dans la formation.

La première épreuve est le remplissage du dortoir par de l’eau surgie de nulle part qui monte jusqu’au plafond. Les jeunes à moitiés nus, sortis du lit brutalement, n’ont que quelques minutes pour décider quoi faire. Roxy propose de pomper l’air des tuyaux de douche (!) tandis qu’Eggsy découvre un miroir sans tain qu’il défonce à coups de poing. Au saut libre en parachute, il parvient à convaincre Roxy qui renâcle à les suivre et la « sauve » en s’attachant à elle parce qu’il manquerait un parachute dans le lot (en fait, non, c’était une épreuve d’équipe et de résistance mentale). Ils sont les seuls à atterrir juste sur la cible, ayant déclenché leur parachute commun in extremis. Drogués dans une boite, ils se retrouvent chacun ligoté sur des rails alors qu’un train arrive : ils doivent donner le nom de leur chef Kingsman ou périr. Roxy et Eggsy résistent – ils sont les seuls candidats restant. Chacun a dû d’adopter un chiot et de le dresser comme ils le sont eux-mêmes. Eggsy adopte un carlin qu’il baptise JB – non pour James Bond, ni pour Jason Bourne, mais pour Jack Bauer). Il devra lui tirer dessus à la fin des épreuves et refusera de le faire, contrairement à Roxy, ce qui le disqualifie. Toutes ces épreuves servent à alimenter le suspense tout en riant un peu.

Mais le monde se rappelle à tous. Le milliardaire Valentine (Samuel L. Jackson) ami du président Obama sur le climat, a décidé d’offrir gratuitement une carte SIM à tous les volontaires ; elle s’adaptera à tous les téléphones, quelle que soit leur marque. C’est la ruée. Mais, selon l’adage « quand c’est gratuit, vous êtes vous-même la marchandise », il y a un piège : la dépendance. Cette carte pourra diffuser, avec les progrès fulgurants de la technologie, une onde neurologique qui rend violent, incitant à se désinhiber et à arracher les yeux à son voisin, homme, femme ou enfant. Un pouvoir redoutable. C’est que le milliardaire est puissant, la technologie fait de lui un maître par son avance et lui donne le pouvoir de l’argent. Il a compris que tout est foutu, que le climat va vers l’irréversible, et que l’humanité est une maladie pour Gaïa la terre. Or, que fait un corps vivant contre la maladie ? Il se réchauffe par la fièvre pour se débarrasser des microbes. C’est ce que fait la terre, alors autant s’amuser avant, et éradiquer le maximum d’humains parasites. Valentine le Noir, est une sorte d’Elon Musk le bon Aryen. Le Kingsman se doit de sauver le monde, comme jadis James Bond. Mais la Russie impérialiste ne fait plus recette ; les milliardaires de la Tech sont bien plus redoutables.

Harry part au Kentucky, État à la limite du sud et resté très religieux et conservateur. Valentine finance une église où les prêches sont incendiaires sur la décadence de l’Amérique, la sodomie, l’avortement, le divorce et la pédophilie – tous ces thèmes chers aux Trompistes qui vont arriver au pouvoir. Il veut tester son impulsion neurologique et ça marche. Harry, en pleine bagarre déclenchée par les ondes, tue tout le monde grâce à son entraînement poussé. Une belle scène d’action filmée en accéléré. Lorsqu’il sort, Valentine et sa tueuse l’attendent, ainsi que deux nervis de sa milice privée qui le tiennent en joue. D’un coup, le milliardaire hors limite le descend d’une balle entre les deux yeux.

Sans son mentor, étant soi-disant éliminé du poste, Eggsy va quand même voir Arthur, qui l’accueille autour de la table rectangulaire et lui offre un cognac de 1815 – une revanche sur Napoléon. Eggsy s’aperçoit, bien formé qu’il a été par Harry, qu’Arthur a lui-même une cicatrice derrière l’oreille. Il est donc devenu adepte de Valentine et lui a fait allégeance. Une puce lui a été implantée qui marque le pouvoir du milliardaire comme on marquait jadis le bétail. Alerte, Eggsy détourne l’attention et intervertit les verres. Arthur meurt empoisonné.

Ne restent que Merlin, Roxy devenue Lancelot, et lui. Ils décident d’investir le bunker des montagnes de Valentine, construit dans la panique du bug de l’an 2000. Tous les adeptes s’y sont réfugiés en attendant l’Armageddon, le déclenchement programmé de l’impulsion tueuse par Valentine dans le monde entier, diffusé par l’un de ses satellites en orbite. La référence à Elon Musk et à son réseau Starlink est transparente. Roxy est chargée de bousiller le satellite par un missile, tiré d’un ballon sonde monté à la limite de la stratosphère (scène irréaliste étant donné le froid glacial qui gèlerait la fille), tandis que Merlin et Eggsy doivent s’infiltrer dans la base, grâce au téléphone d’Arthur en code d’accès.

Grosse bagarre d’Eggsy et de Gazelle, où la pointe empoisonnée des chaussures Oxford fait merveille, tandis que Merlin hacke le système fermé de Valentine et fait exploser la tête de tous ses élus enpucés, dans de beaux panaches colorés de feux d’artifice. Eggsy délivre une princesse suédoise Tilde (Hanna Alström), emprisonnée par refus de se soumettre et, scène à la James Bond, il s’enferme un moment avec elle qui a déjà les fesses à l’air. Seul moment érotique du film, resté puritain jusqu’au bout, cols fermés, femmes musclées ou muselées. A noter que, humour au second degré réservé aux initiés, le code porte de la cellule est 2625, soit le mot « anal » sur un téléphone classique. La sodomie suédoise (quand même hétéro) est donc promue contre le conservatisme puritain des Valentine, Trompe et de ses bigots. On peut d’ailleurs se demander si encourager les actes sexuels non reproductifs ne serait pas une bonne solution pour limiter la population mondiale qui échauffe Gaïa…

Eggsy est devenu Galaad au Kingsman, faute de combattants. Il est déguisé comme Harry : costume sur mesure (blindé), parapluie pistolet (pare-balles), lunettes (connectées), chaussures (à pointe mortelle). Il va délivrer sa mère et sa demi-sœur encore bébé des griffes du beau-père violent et de sa bande de losers ivrognes. Ne quittez pas le film au générique, il réserve encore une douceur pour la fin, avant le vrai générique qui sera sur fond noir.

Au total deux heures de divertissement, où l‘invraisemblable et le violent côtoie le sourire. On a vu pire côté violence, la guerre à nos portes en montre tous les jours les effets, ce qpourquoi la censure de certains pays est plutôt hypocrite. Mais les âmes sensibles et les moins de 12 ans feront bien de garder un compagnon ou un adulte auprès d’eux, on ne sait jamais.

DVD Kingsman services secrets, Matthew Vaughn, avec ‎ Colin Firth, Mark Strong, Michael Caine, Samuel L. Jackson, Taron Egerton, 20th Century Studios 2015, doublé anglais, français, 2h04, €6,86, Blu-ray €10,19, 4K €18,95

DVD Coffret intégrale 3 DVD : Première mission, Services secrets, Le cercle d’or, ESC Conseils 2016, doublé anglais, français, €14,99

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Desberg et Duarte, I.R.$ Trente milliards de dollars

Un milliardaire de la finance de 27 ans se meurt d’un cancer foudroyant et consomme des putes à la soirée pour 10 000 $ ; celles qui le reconnaissent disparaissent. N’ayant pas d’héritier, il souhaite léguer sa fortune à un projet pour l’humanité. Il mandate pour cela plusieurs personnes indépendamment, dont Larry B. Max, ex-agent spécial de l’I.R.S, Internal Revenue Service, chargé d’enquêter sur la fraude fiscale. Son Bureau des enquêtes criminelles est une sorte de service secret de la finance chargé du blanchiment d’argent, de la fraude boursière, et de la corruption due au trafic de drogue. Rangé de l’action, l’ex-agent fut un temps sénateur, avant de se retirer pour élever ses enfants, un garçon de 14 ans et une fille de 10 ans, après la mort de sa femme.

Larry rencontre Argon, le milliardaire en sursis. Il ne comprend pas vraiment à quoi rime cet héritage qu’on lui propose de gérer. Il ne tarde pas à découvrir, via une avocate célèbre qui l’aborde, qu’il est l’un des cinq choisi pour ce même projet mis en concurrence. Sauf que Jessa Thorpe se tue presque aussitôt en Ferrari sur une route droite et sans personne. On l’a tuée. A son domicile, où il pénètre en pleine nuit comme sait le faire un agent, Larry découvre un dossier où figure deux des trois autres noms : un ancien colonel de l’armée, fondateur d’une société de mercenaires, et un mafieux reconverti dans le crime financier. Reste le troisième nom. En se faisant agresser dans la villa, la vidéosurveillance livre une silhouette, que Larry compare bientôt à celle de la milliardaire héritière de papa qui multiplie les recherches sur la santé.

Consultant un sociologue, Larry entrevoit que la seule façon d’aider l’humanité serait de créer une banque indépendante des puissances financières, apte à prêter aux pays du sud sans contrepartie géopolitique. « Il faut que chacun ait confiance dans le rôle qu’il y joue et dans le rôle que les autres y jouent. C’était censé s’appeler le capitalisme d’après Adam Smith ». Sauf qu’il a été dévoyé. Son fils de 14 ans montre à Larry comment : par Jeremy Bentham, l’utilitarisme du calcul hédoniste de chacun. Aucun projet collectif, l’égoïsme du chacun pour soi, avec la force pour droit. L’adolescent « achèterait un avenir à la planète », le désordre climatique ayant tué sa maman.

Chacun des autres envoie ses gros bras dissuader Larry B. Max de participer, croyant être le seul à mieux savoir que tout le monde ce qu’il faut à tout le monde. Le colonel veut surarmer l’Amérique et financer la recherche sur de nouvelles armes pour un monde dominé par les élites yankees ; le mafieux veut garantir la croissance actuelle en préparant les villes aux changements du climat, tout en les protégeant des flux d’immigrants ; l’hritière à papa veut financer la recherche sur les implants vitaux qui permettront à ceux qui peuvent se le payer d’être alertés sur leurs dysfonctionnements et pouvoir ainsi obtenir des traitements adaptés. En bref, rien de bien neuf dans le monde trompeur des trumpiens qui ont voté grande gueule et agressivité.

Argon a réuni les trois sur son bateau, et Larry, qui avait décliné la proposition, finit par se joindre à eux à la surprise de tous. Non pas pour un projet de dépense des trente milliards, mais pour tout simplement l’en empêcher. Il a découvert un document, issu des recherches de l’avocate, faisant état d’un orphelinat en Australie financé par Argon, avec deux autres pour noyer le poisson. L’origine de sa fortune vient de là… Et la fin, que j’omets volontairement, est spectaculaire.

Le scénariste Desberg caricature évidemment un peu tout : les milliardaires forcément salauds, les puissants prêts à tout et à tuer, l’élitisme forcené de la nouvelle classe libertarienne, le génie informatique des surdoués désintégrés dès 10 ans, le cocon de la famille et des rejetons. Il simplifie le monde entre bons et méchants, dans la ligne du catholicisme belge de ses années de jeunesse, le diable et le bon Dieu. Mais c’est une BD d’action, pas de pédagogie sur les affaires. Elle convient parfaitement à l’époque superficielle et moutonnière, qu’un James Bond financier, papa comme tout le monde, rassure.

Stephen Desberg et Carlos Rafael Duarte, I.R.$ Trente milliards de dollars – tome 25, 2025, Lombard, 56 pages, €13,95 , e-book Kindle €5,99

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Nury et Vallée, Il était une fois en France

Un roman graphique sur le destin d’un petit juif qui s’est fait tout seul, dans le monde dangereux du début du XXe siècle. Victime d’un pogrom enfant, en Moldavie alors russe, orphelin de force, il a émigré en France pour devenir ferrailleur.

Profitant de la Seconde guerre et des besoins cruciaux en métaux, par son entregent et son besoin vital de protéger sa famille des menaces de l’aryanisation, il est devenu milliardaire à Clichy. Donc collabo économique par nécessité, puis résistant par opportunisme, criminel pour se préserver, héros pour avoir livré des armes à la Préfecture de police de Paris au Débarquement. Joseph Joanovici a connu un destin exceptionnel de bête traquée solitaire qui a su se défendre.

Il ne savait ni lire, ni écrire. Comme Trompe qui ne lit jamais rien qui dépasse deux phrases, il préférait le deal. Payer pour négocier, payer pour protéger, payer pour se faire des obligés – donnant, donnant. Il aurait dit : « Je n’étais pas vendu aux Allemands puisque c’est moi qui les payais ! » Henri Lafont, chef de la Gestapo française, l’a protégé et a obtenu pour lui un certificat d’Aryen d’honneur, et une carte de la Gestapo, bien pratique pour éviter l’arrestation. Joanovici a financé le groupe de résistants Honneur de la police, a aidé des réseaux d’évasion vers l’Angleterre dès 1941, et a fait libérer par ses relations environ 150 partisans raflés par la Gestapo, notamment Françoise Giroud.

Un petit juge va s’acharner à le poursuivre, une fois la guerre finie, parce que des sbires ont violé sa femme. Sur ordre de qui ? Pas de Joanovici, mais… Ruiné, condamné à résidence, sa fortune refaite à Mende au fin fond de la province (il suffit d’un téléphone pour ce trader en métaux), évadé en Suisse, passé en Israël sous un faux nom, expulsé pour avoir menti sur son identité malgré la « loi du retour », à nouveau ruiné par le fisc français, emprisonné pour cinq ans, libéré, il s’éteint sans sa famille en 1965, soigné par son ancienne secrétaire et maîtresse Lucie Schmidt, surnommée Lucie-Fer. Il a su survivre au nazisme.

Le scénario de Fabien Nury mêle l’authentique au reconstitué pour fournir une histoire cohérente, ni bien, ni mal, juste la vie. Le dessin de Sylvain Vallée est réaliste, accentuant les « gueules » de malfrats, de nazis, de juifs. Rien de politiquement correct, mais rien de polémique non plus. Dans les époques troubles, les âmes humaines qui sont complexes réagissent différemment. Elles s’adaptent. Le petit Joe, l’immigré illettré, l’homme d’affaires de mèche avec tous les milieux y excelle. Même si sa vie familiale en souffre, il voit plus loin : préserver à tout prix les enfants, qui sont au fond le seul héritage que l’on laisse.

Un gros roman dessiné qui nous fait plonger durant quelques heures dans le sombre et le complexe. De quoi réfléchir aux jugements hâtifs, aux préjugés de masse, aux vérités trop simples.

Cela s’appelle l’intelligence.

Prix de la série BD Angoulême 2011

BDFabien Nury et Sylvain Vallée, Il était une fois en France – intégrale tomes 1 à 7, 2007-2012, Glénat 2020, 374 pages, €49,00

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Herbert Lieberman, Le Maître de Frazé

L’auteur est connu pour ses romans policiers, dont le célèbre Nécropolis – la cité des morts, paru en 1976. Décédé il y a un an à 89 ans, en mai 2023, Herbert Lieberman était New-yorkais et possédé par toutes les hantises de l’Amérique des pionniers. Ce roman-ci met en scène une bande d’adolescents des deux sexes, frères et sœurs, élevés en cage dorée dans un vieux château français du XIIe siècle transporté pierre à pierre dans une île du nord-est des États-Unis et entouré de grandes forêts où vit une tribu de nains consanguins dégénérés aux mœurs primitives. Nous sommes entre le roman policier, la science-fiction et la fable philosophique.

Car il y a une intrigue policière : le meurtre du père, venu comme chaque année passer une semaine à interroger un à un ses enfants sans qu’ils le voient, pour se garder de toute émotion. Il ne veut juger que des résultats de l’éducation et de l’hygiène qui leur est imposée. Un policier est venu du continent, le colonel Porphyre, accompagné de quelques-uns de ses hommes. Qui a tué ? Chaque adolescent voulait le faire, mais qui l’a vraiment fait ? L’énigme se résoudra à la fin.

Mais pas sans un passage obligé par les autres thèmes du roman. Il est d’anticipation car il se situe vers les années 2070, bien longtemps après l’époque de son écriture ; là encore, le lecteur découvrira pourquoi vers la fin. Science car le père est un milliardaire excentrique (l’argent conduit à tout pouvoir, ou presque), qui a décidé de faire faire des recherches sur la longévité. Il a embauché pour cela un ancien médecin nazi (la grande mode aux États-Unis au début des années 1990), lui a installé un laboratoire secret dernier cri où il peut réaliser toutes es expériences sur les souris blanches, les rats de laboratoire, les chiens et les singes. Les années passent et les recherches sont prometteuses. D’où son application à l’humain.

Fiction car Jones, le père, teste la molécule, ça marche. Il décide alors d’une expérimentation à grande échelle dans des conditions soigneusement contrôlées depuis la naissance ; pour cela, il lui suffit d’engendrer ses propres enfants avec différentes femmes choisies sur plan, en fonction de paramètres génétiques, d’hygiène et de santé. Engrosser une femme par jour (comme Georges Simenon), lui permet assez vite de disposer d’un cheptel suffisant pour tester son protocole de longévité. D’où ce château fermé où les ados vivent en vase clos.

Des sept adolescents du château (il existe d’autres centres de par le monde), Jonathan est le narrateur. Il est le puîné derrière Cornélius, un peu retardé. Puis suivent Sofi, Ogden et Leander, Letitia, et la plus petite : Cassie. Les âges ne sont pas à très assurés car nul ne connaît sa date de naissance, ni ne fête son anniversaire, et il n’y a pas de miroir dans les pièces pour se regarder. Tout est soigneusement maîtrisé dans ce château, l’éducation classique littéraire, mathématique, musicale et sportive, le nombre de calories par repas, pas plus de 600, et la température extérieure fraîche qui garde les corps en légère hypothermie à 32° centigrades. Les fenêtres sont closes et les ados ne sortent jamais pour conserver une atmosphère contrôlée, comme en laboratoire. Ce sont les conditions les meilleures pour vivre le plus longtemps.

L’assassinat de Jones va briser cette routine et remettre en question l’expérience. Devant le colonel policier, Sophie avoue avoir transpercé d’une fléchette la gorge de son père qui dormait, après la soirée et le bal en son honneur. Puis c’est Jonathan qui avoue l’avoir d’abord étouffé avec un oreiller. Mais la cause de la mort n’est, selon le légiste, ni la plaie au cou, ni l’asphyxie… Tous sont perturbés par la disparition brusque de Leander, le plus joli et le plus gentil de la fratrie. Il est plus jeune que Jonathan et son frère préféré. En revanche, Ogden le défie sans cesse et le hait. La rumeur veut qu’une fois l’an l’un des enfants soit appelé ailleurs, après entretien avec le père. Cette année, c’est le tour de Leander, qui disparaît lors d’un tour de magie de l’oncle Toby. Ce dernier, frère cadet de Jones, assure avec le signor Parelli et Madame Lobkova, l’éducation des enfants et la bonne marche du château. Amateur de jeunesse, il couche volontiers avec ses nièces.

D’ailleurs, la sexualité est non seulement permise mais aussi encouragée chez les adolescents. Cassie vient rejoindre Jonathan la nuit dans son lit :« J’embrasse les seins de ma petite sœur, elle gémit doucement. Nous nous frottons l’un à l’autre, exactement comme nous l‘ont appris oncle Toby et Madame Lobkova au début de notre puberté – que Jones considère comme l’âge idéal pour commencer sa vie sexuelle. N’ayez de relations qu’avec les membres les plus proches de votre famille, ceux dont vous savez qu’ils n’ont pas de maladie. Ressentez de la joie, nous prêchait-t-il. Pas de la concupiscence. La concupiscence vous ravale au rang des bêtes » p.43. Une philosophie libérale de l’éducation contrôlée bien loin de Rousseau. Le sexe, la reproduction, tiennent d’ailleurs une grande part dans ce roman d’anticipation.

Leander est peut-être encore vivant et Cassie part à sa recherche, une porte de poterne étant mystérieusement ouverte alors que les issues restent toujours closes. Pourquoi ? Elle laisse un message à Jonathan, son grand-frère préféré, qui part à sa recherche en pleine nuit. La forêt est sombre et les huttes des Hommes des bois ne tardent pas à apparaître, avec de grands feux devant. Cassie est-elle prisonnière ? Jonathan n’a pas le temps d’en savoir plus, il est assommé et se retrouve nu, enchaîné, dans une hutte crasseuse où il est laissé dans boire ni manger durant une journée entière. 

Puis un groupe de jeunes des bois viennent le rosser avant que surgisse une femelle adulte qui les chasse, le nettoie, l’abreuve et le nourrit, avant de l’exciter et de le chevaucher sauvagement. Il jouit comme jamais, dans la crasse alentour et sous le corps difforme de la naine qui se tortille en un rythme savant. Il est alors rhabillé d’une simple tunique et emmené enchaîné vers un temple où on le place dans un cercueil, celui de Jones, et où il reste enfermé, couvercle vissé, une nuit complète. Au petit jour il en est extirpé, puis emmené devant la foule, où il est couronné roi. Sa seule fonction sera de baiser chaque nuit avec la Femme des bois pour l’engrosser et engendrer une espèce moins dégénérée. Il ne peut rien faire d’autre. Il revoit Leander et Cassie, prisonniers, mais ne peut les approcher. Leander est comme absent, terrifié par ce qui lui est arrivé. Lui qui devait être roi n’a pas supporté l’épreuve de l’enlèvement et du cercueil. Trop sensible, il est devenu fou et parqué avec les spécimens dans un baraquement de camp entouré de barbelés.

C’est le colonel Porphyre qui va délivrer Jonathan, Leander et Cassie, avant de les ramener à grand peine au château. Où les Hommes des bois ne tardent pas à les assiéger, tandis que les membres du personnel et les savants ont fui en emportant richesses, armes et nourriture. Porphyre attend des renforts du continent, mais le téléphone est coupé par les sauvages et le siège devient critique. Occasion pour les adolescents d’apprendre quel âge ils ont et à quoi leur existence a pu servir… La trame ne se dévoile en effet qu’à la fin, et tout ce que j’ai pu dire ci-dessus n’est qu’en guise d’apéritif.

Il y a quand même une incohérence logique due au temps qui passe. Les adolescents ne cessent d’apprendre et de s’exercer, durant des années. Mais on se demande à la fin pourquoi ils ont si peu retenu durant tout ce temps passé. Avec ce protocole d’éducation soigné, ils devraient être devenus des génies, ou du moins des garçons et des filles avisés et intelligents. Or il n’en est rien – paradoxe de l’intrigue… Leur développement mental ne semble pas suivre leur développement corporel.

Curieux roman inclassable que ce policier de science-fiction philosophique, quelque part entre Dix petits nègres (réédité sous le titre woke Ils étaient dix), L’île du docteur Moreau, La ferme des animaux, Sa majesté des mouches et Le monde perdu. Une puissance onirique rare en ce siècle de spécialisation étroite où les gens ne veulent plus sortir de leur case, ni les romans de leur nombrilisme ou de l’Hâmour convenu. A lire ou relire !

Herbert Lieberman, Le Maître de Frazé (Sandman, Sleep), 1993, Points Seuil 1995, 459 pages, occasion €1,97

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Camilla Läckberg, Cyanure

Erica Falk est en vacances et l’auteur explore Martin, jeune policier invité par sa petite amie Lisette à la fête de Noël sur une île au large de Fjällbacka. La famille est complexe et ses membres complexés. Un vrai panier de crabes où des secrets et non-dits empoisonnent l’atmosphère.

Le patriarche, un vieux Ruben en fauteuil roulant, est parti de rien et devenu milliardaire, son entreprise est désormais multinationale et il y a a placé ses deux fils comme PDG et directeur financier. Mais ceux-ci ne sont pas à la hauteur et les sources internes de l’ancien patron lui disent pourquoi. Pour la fête de Noël, Ruben va donc leur faire une surprise : il s’adresse durement à chacun de ceux qu’il a aidé financièrement pour leur reprocher leur inaptitude et, à la stupeur des participants, il annonce qu’il va les déshériter au-delà du minimum exigé par la loi.

Ce devoir accompli, il boit un grand verre d’eau… et s’écroule mort dans son assiette. Marin le policier extérieur à la famille s’approche ; il sent une odeur familière de mort, celle du cyanure. Ruben a été empoisonné ! Dès lors, il faut trouver qui l’a fait. Dans ce huis-clos familial, tout le monde avait un intérêt quelconque à ce que le patriarche disparaisse : pour hériter, pour cacher ses malversations ou ses erreurs, par vengeance.

Mais la tempête de neige se lève, courante en Suède et en cette saison. Les lignes de téléphone sont tombées à terre et les fils arrachés ; le réseau mobile est déconnecté. L’île est coupée du monde pour deux ou trois jours au moins, jusqu’à ce que le brise-glace du sauvetage en mer parvienne à frayer un passage.

Nous sommes plongés alors dans une atmosphère à la Agatha Christie où le tueur est dans la place. Il s’agit de le trouver mais les interrogatoires entrepris par un Martin inexpérimenté ne donnent rien. Il en apprend plus à écouter les cousins se chamailler ou les fils se reprocher des attitudes. D’autant qu’un second meurtre survient, celui du petit-fils Matte, très attaché à son grand-père Ruben mais un brin psychotique. N’a-t-il pas tenté d’étrangler son cousin Bernard, un snob de la haute finance qui l’a harcelé à l’école ? Il est découvert dans sa chambre par sa mère à l’heure de la sieste, une balle dans le cœur. Et le téléphone portable de Bernard – inutile sans réseau – est retrouvé sous son lit. De même qu’une édition des nouvelles de Sherlock Holmes sur sa table de nuit, dont le garçon était féru autant que Ruben.

A la délivrance, lorsque la vedette peut accéder à l’île et que les cadavres y sont embarqués, c’est le déclic : Martin comprend enfin. Il s’agit d’une énigme à la Conan Doyle…

C’est un roman policier plus court et moins fouillé que ceux avec Erica mais qui se lit facilement.

Camilla Läckberg, Cyanure, 2007, Actes sud Babel noir 2012, 155 pages, €7.00 e-book Kindle €5.99

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Jules Verne, Le testament d’un excentrique

jules verne le testament d un excentrique

En cette fin de siècle XIXe, les Etats-Unis fascinaient la France. Ils étaient le pays neuf qui devenait puissant, empli de vitalité, de liberté, d’audace et d’ingéniosité. Y régnaient le jeu, l’entreprise et l’argent, tout y était possible. Aussi le feuilletoniste pour la jeunesse Jules Verne ne pouvait qu’éprouver de l’enthousiasme pour un tel pays et en faire le théâtre d’une aventure.

Celle-ci est bien différente des quêtes habituelles, car il s’agit d’un jeu. William J. Hypperbone, un milliardaire de Chicago et membre éminent du Club des Excentriques, a légué sa fortune de 60 millions de $ à sa mort au joueur qui parviendra le premier au jardin de l’Oie, à l’issue d’un périple de 63 cases au travers des Etats-Unis. Six noms de personnes nées à Chicago ont été tirés au sort, et un septième rajouté par codicille au testament sous les initiales énigmatiques de X.Y.Z. Chacun doit partir sur un coup de dés et effectuer son étape en 15 jours, à peine d’être disqualifié. Les dés sont tirés tous les deux jours, aussi chaque joueur recevra un télégramme à midi sonnante à l’étape où il se trouve.

jules verne le testament d un excentrique jeu de l oie des etats unis

Le jeu de l’Oie connaissait un grand engouement à la fin du siècle. On le disait venu des Grecs mais il était probablement une copie d’Egypte où existait le jeu du Serpent. Il s’agit d’une spirale de 63 cases, marquée d’oies de 9 en 9, où deux dés servent à avancer ou à reculer selon le sort. Des pièges sont disposés sur le parcours comme les primes à payer, le puits, la prison, le labyrinthe ou la mort. Le jeu de l’Oie figure un destin humain géré par le sort. Jules Verne y ajoute, aux Etats-Unis, le mérite. 63 cases pour 50 Etats, chacun doit se préoccuper d’être à la bonne heure au bon endroit, ce qui n’est pas toujours aisé. Si le chemin de fer forme une toile dense au nord-est, c’est moins le cas vers l’ouest et vers le sud ; il faut alors emprunter le steamer sur la mer ou sur les fleuves, la diligence ou le cheval – et même la triplette ou l’automobile à pétrole !

jules verne le testament d un excentrique gravure

Malgré un voyage dépourvu de sens, cette aventure bien encadrée ne va pas sans péripéties, et les caractères des personnages sont contrastés pour l’effet. Flanqué d’un commensal, chacun va mener le jeu à sa façon, matamore ou dilettante, avide ou généreux ; chacun va trouver son trésor en allant : l’amour pour la jeune vendeuse Lissy Wag et pour le peintre Max Real, les sensations et des articles pour le reporter Harris T. Kymbale, la publicité pour le boxeur illettré Tom Crabbe, la découverte d’une vraie vie de dépense pour le couple usurier Titbury, la réalité des éléments et du sort pour l’irascible commodore Hodge Urican. Et jusqu’à la fortune pour le mystérieux X.Y.Z.

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Le lecteur suit une cavalcade au travers des Etats-Unis encore pionniers, où les bandits ne sont pas absents, ni les parieurs sans scrupules, où l’on peut se passionner de faire s’emboutir deux locomotives à pleine vitesse sur un tronçon de railroad, et où les coyotes en bande peuvent attaquer de paisibles cyclistes en Californie. Les joueurs voyagent sans voir, le plus souvent, morts-vivants manipulés comme des pions – mais s’ils le veulent seulement. Max Real s’enchantera du parc national de Yellowstone et en ramènera des peintures ; Lissy Wag visitera le labyrinthe grandiose des grottes de Mammoth au Kentucky. Jusqu’aux avares Titbury qui, malgré eux mais au final ravis, passeront deux semaines à 100$ par jour dans un palace de la Nouvelle-Orléans.

Ce n’est pas le plus passionnant des romans de Jules Verne, mais il a été bien injustement oublié. Le lecteur est captivé par la course et pris par le jeu. Le premier chapitre ne dévoile que lentement l’histoire et le dernier laisse pantois, ce qui est du grand style.

Jules Verne, Le testament d’un excentrique, 1899, Livre de poche 1979, 474 pages, €10.78

e-Book format Kindle, éditions Arvensa, 531 pages, €0.99

Jules Verne, Voyages extraordinaires : Voyage au centre de la terre, De la terre à la lune, Autour de la lune, Le testament d’un excentrique, Gallimard Pléiade 2016, 1376 pages, €50.00

Les romans de Jules Verne déjà chroniqués sur ce blog

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Scènes de vie tahitienne

« Pour dégraisser le mammouth, les 57 pelés de l’Assemblée, il n’y en a que 20 qui parlent. Les autres, il faut les enlever », déclare Jean-Marie Yan Tu, secrétaire général du syndicat A Tia I Mua. Occasion d’une petite rétrospective des petites phrases qui ont marqué l’année 2012.

« Pour faire bénéficier un grand nombre de familles nécessiteuses » est la réponse de la mairie de Faa’a (maire Oscar Temaru) à la Chambre territoriale des comptes qui s’interrogeait sur l’augmentation importante d’agents titulaires au sein de la commune entre 2007 et 2009.

« Avant, nous vivions bien de la perle, après, nous en vivions, ensuite, nous survivions et, aujourd’hui, nous sommes dans le coma », dit Aline Baldassari-Bernard, membre de l’Union des professionnels de la perle.

« Je ne tape pas ma race. Je frappe juste les riches, les Français et les Chinois », déclare Puna, condamné à 3 ans de prison ferme pour avoir poignardé son frère.

« Je suis devenu SDF », s’exclame Gaston Flosse, à son retour à Tahiti, après l’incendie de son domicile.

ado torse nu et cannabis

« Je ne consomme pas de paka [cannabis]. Si je plante, c’est juste pour offrir aux copains. Et puis, j’aime bien la plante, elle sent bon », avoue un jeune homme devant le Tribunal correctionnel, après la découverte de 50 pieds de paka à son domicile. A Bora Bora, le bilan 2012 du travail de partenariat gendarmerie- police municipale s’établit à 6000 pieds de paka (cannabis) détruits, 48 interpellations et 6 mutoi (flics) félicités.

Un ado condamné pour avoir forcé l’un de ses condisciples de 12 ans à se prostituer. Cet ado, 16 ans aujourd’hui, a été condamné par le tribunal pour enfants siégeant à huit clos à trois ans de prison avec sursis. Ces enfants étaient tous hébergés dans un foyer éducatif.

ado torse nu

Sa compagne arrive en retard au domicile, le tane jaloux de trois coups au visage la tue. Le couple avait trois jeunes enfants.

Teiva Manutahi de Porinetia Ora a publié un communiqué assassin des « crimes économiques » commis contre le Pays, pêle-mêle : « La pêche aux Chinois, les phosphates aux Australiens, la perliculture aux Italiens, le tourisme aux fonds de pension américains. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement indépendantiste ne fait pas confiance à nos jeunes diplômés polynésiens. L’émancipation économique de la Polynésie est livrée pieds et mains liés à des intérêts dont la fiabilité est discutable. Porinetia Ora pense que seul le libéralisme le plus total et seule l’ouverture à la concurrence la plus libre permettront à nos industries de se relever et de prospérer ».

L’Octopus du milliardaire Paul Allen est à quai à Papeete. 126 m de long, construit en 2003, l’un des plus grands yacht privés du monde, propriété du cofondateur du géant informatique Microsoft avec Bill Gates. Ce palace flottant compte environ 41 cabines, peut accueillir trois hélicoptères, dispose de multiples hors-bord et jet-ski, d’un sous-marin de poche. L’un de ses ponts accueille bien sûr une piscine, mais également un terrain de basket. Il est estimé à plus de 250 millions $.

Le Président Temaru est golfeur. Sa Présidence a lancé un appel à projets à 7 milliards sur deux parcelles du domaine d’Atimaono à Papara. C’est que le Pei VEUT son hôtel de luxe pour attirer les riches golfeurs du monde entier.

Torrents d’eau sur le fenua et milliards de francs pacifiques pleuvent sur la Polynésie à quelques mois des élections territoriales. Connaissant le jeu polynésien, on pourrait dès à présent imaginer que ces prêts ne seraient pas remboursés, que c’est un dû au fenua. Une bouffée d’oxygène quand même qui devrait permettre de redonner de l’espoir, mais qui pourrait uniquement servir à payer les fonctionnaires du pays ! Le gouvernement local se félicite que les robinets de l’État soient à nouveau grand ouverts par le gouvernement socialiste. Qui ne demande rien n’a rien alors redemandons, redemandons encore et toujours !

Hiata de Tahiti

La France dans le Pacifique, quelle vision pour le XXIème siècle ? était le sujet d’un colloque organisé par le Sénat le 17 janvier, à Paris – loin du fenua, en métropole.

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Rentrée à Tahiti

Depuis le 16 août les collégiens et lycéens ont repris le chemin des établissements scolaires. Mais la veille…

Il est 16h38 ce mercredi 15 août, un tremblement de terre durant 4 secondes, les murs et les meubles ont bougé. Magnitude 4 sur l’échelle de Richter, et à 50 km de Tahiti. La peur m’a privé de 5 g de graisse. Une secousse sur le fond océanique dans la région de Teahitia, côte est de Tahiti. Nous avons nettement ressenti la secousse, le sol a bougé, les meubles tremblé, certains ont découvert des fissures dans leur habitation, Moorea a ressenti également la secousse. Les autres archipels n’ont pas été concernés. Séisme isolé, pas de réplique et aucun danger dit le laboratoire géophysique de Pamatai. Le 16 mars 2008, il y avait déjà eu un séisme de magnitude 3 dont l’épicentre se situait à une profondeur de 10 km toujours dans cette même région de Teahitia. Vous avez été sages, vous aurez droit à une petite carte du volcan Mehetia et des volcans sous-marins.

Grande nouveauté pour les collégiens le lendemain : tout le monde en uniforme ! De la 6e à la 3e. Les dents ont grincé, certains ont parlé des droits de l’homme bafoués. Les requêtes de parents d’élèves visant à empêcher l’uniforme à l’école ont été rejetées par le Tribunal administratif. Une tenue 700 FCP (5,87 €), les parents des élèves boursiers recevront 3000 FCP (25,14 €). Je vous rassure tout est fabriqué en Chine. Hein ? La Chine, vous disiez ? « Pour acheter les nouveaux linges (habits), mes filles commandent plutôt sur Internet en surfant sur un site français, dit une mère de famille parlant des dépenses pour la rentrée des classes ».

Que de victoires ! Les rameurs polynésiens gagnent toutes les courses, sur 200 m, sur 500 m, sur…, sur… Sonnez trompettes, résonnez tambours à Nottingham. Grâce au soutien personnel du milliardaire australien Clive Palmer, grand ami du président du gouvernement polynésien soi-même, sous la houlette du ministre de l’Éducation, des Sports, etc., les athlètes du Fenua ont tout raflé. Ce succès sportif anime la compétition entre Tavini (Indépendantiste) et Tahoera’a (autonomiste) qui concourent dans la discipline verbale ! Oscar l’Indépendantiste : «Un pas vers les Jeux Olympiques, grâce à mon ami australien Clive Palmer, une vision de notre futur ». L’autonomiste Tahoera’a lui parle des nombreux déplacements des élus indépendantistes à Paris, sébiles à la main tandis que le prix de l’essence et du gasoil s’envole.

Le dragon boat vient de la Chine ancestrale. L’engouement pour cette discipline dure depuis une vingtaine d’année en Chine, Allemagne, Grande-Bretagne. Ce sport se pratique à 10 ou 20 rameurs auxquels s’ajoutent un barreur et un batteur, sur une embarcation de 12 m de long sur 1m20 de large, avoisinant les 300 kg. Ses adeptes rêvent d’en faire une discipline olympique. C’est sur la Tamise, my God, en marge des Jeux olympiques de Londres qu’a été organisé ce 10e championnat européen… Et c’étaient des Mao’hi qui ont tout gagné… je n’y comprends plus rien !

Changement à Paris, changement à Papeete. Tandis que Richard Didier, Haussaire, s’apprête à regagner Paris, son remplaçant Jean-Pierre Laflaquière débarque. Arrivé fin janvier 2011 sur le territoire, le Haut-commissaire de la République française était un homme affable et apprécié ici, mais il avait été conseiller pour l’Outre-mer du président Chirac. Il est donc remplacé par le préfet hors-cadre Jean-Pierre Laflaquière. On change tout à Paris, enfin un peu, ce sont donc 13 préfets qui ont été nommés en conseil des ministres, et ce nouveau Haussaire porte le numéro 13… C’est la valse à 13 temps, à 13 temps. Et cela sent comme une odeur d’indépendance…

À vos télés sur France 3 : le magazine Thalassa devrait programmer en décembre 2012 voire janvier 2013 une émission de 110 mn sur la Polynésie française. Le réalisateur Gil Kebaïli a mis en boîte plein d’images et de documents sur les Marquises et l’atoll de Raroia. Il a voyagé pendant 2 mois au fenua. Il a ainsi pu filmer les fêtes du Heiva aux Marquises, une chasse au cochon sauvage, tandis que sur l’atoll il a filmé un mariage, des coprahculteurs, une ferme perlière. Donc des tas d’images à découvrir prochainement sur France 3.

Hiata vous salue, portez-vous bien ; je cours préparer ma valise pour la Chine.

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