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Municipales biaisées

Le coronavirus et les pratiques restrictives exigées font que l’élection n’a connu ni la liberté de vote (« restez chez vous » et « allez voter » !), ni la circulation normale de l’information sur les points de vue et les programmes. Ce n’est que vendredi, in extremis, que les tracts électoraux ont été mis en boite à Paris : bonjour la concurrence libre et non faussée !

Les trois listes majeures plus celle des mélenchonistes ne présentent que des femmes au poste de maire, après l’éviction par vie russe de Griveau : bonjour la parité !

La loi inique de 1982 qui concerne seulement Paris, Lyon et Marseille, dite « loi Deferre », est une élection à trois tours qui élit « le » maire, à Paris la mairesse, avec très peu de monde. Elle permet de gagner tout en perdant – gagner en votes tout en perdant en voix. Les 163 conseillers de Paris s’ajoutent aux 340 conseillers d’arrondissements sur 17 secteurs et pour le Grand Paris. Ce sont eux qui décideront du nom de la mairesse, 503 personnes pour 1 300 000 électeurs : bonjour la représentativité !

Les résultats d’une élection ne sont pas légitimes juste parce qu’ils ont été proclamés. Ils réclament au préalable l’affrontement contradictoire des points de vue et l’absence de risque sanitaire ou civil. 28 % des électeurs disaient ne pas vouloir se déplacer pour voter en raison des risques, selon un sondage IFOP ; de fait l’abstention est en hausse, la belle journée de printemps qui incite à sortir compensant à peine la hantise d’être contaminé par les multiples contacts. Le président demande de protéger les plus fragiles et « en même temps » de leur faire prendre le risque de se réunir dans les bureaux de vote : quelle contradiction !

Il faut y voir la pression des partis d’opposition, droite et extrême-gauche, qui veulent « se compter » et pouvoir dire leur légitimité « contre » le gouvernement. Ces politicards à courte vue ruinent un peu plus la politique – comme d’habitude. Emmanuel Macron aurait pu, cette fois-ci, prendre les accents gaulliens et se situer vraiment au-dessus des partis en jouant au Père de la nation et en faisant reporter l’élection. Il aurait renvoyé les « petits partis qui cuisent leur petite soupe à petit feu dans leur petits coins », selon l’expression fameuse du général. Après tout, que sont trois ou quatre mois dans une mandature ? Mais cette fois il a joué au démago, il a « écouté », ressemblant plus au Hollande synthétique (aussi terne et sans saveur) qu’au Charles (le grand). Quelle dérision !

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Humeur municipale

Bientôt les élections, les municipales dont on dit que, parmi toutes les élections de la démocratie représentative, les Français sont les plus friands avec les présidentielles. Il se trouve qu’elles ne font guère recette à ce jour : la politique ennuie autant qu’elle montre, de façon répétitive, qu’elle n’est qu’une façon de sanctionner passivement des décisions prises ailleurs par un quarteron de technocrates hors-sol.

Les jeunes (18-24 ans) s’en désintéressent massivement selon les récents sondages. Même les écolos ne suscitent pas l’engouement que leur Grande cause voudrait. C’est que cette cause est plutôt floue, entre conservatisme réactionnaire envers tout ce qui est (les fleurs, les p’tits oiseaux, la campagne, les terres agricoles, les animaux de nos campagnes – et les traditions ancrées) et gauchisme tiers-mondiste anticolonialiste et anti blanc masculin de la pire espèce. « L’écologie » n’existe pas en tant qu’idée politique : il existe autant d’écologistes que de politiciens. Ce pourquoi « les listes » estampillées écologie ne veulent rien dire.

Les partis, d’ailleurs, sont massivement rejetés. Machines à egos, engrenages à faire gagner les bureaucrates plus que les originaux, la candidature Villani contre celle de Griveaux à Paris l’a montré. Tous deux LREM, mais l’un plus en cour que l’autre, plus « proche du chef » (sans qu’on voie à quoi ça sert), plus triste bureaucrate d’appareil que mathématicien apte à penser autrement. D’où nous savons que le parti du président va perdre à Paris. Agnès Buzyn est bien gentille mais apparaît parachutée, reprenant à son compte un « programme » qu’elle n’a pas pensé et dont elle a peine à convaincre.

Restent les deux femmes ennemies : Hidalgo et Dati – rien qui puisse vraiment passionner les citoyens de la capitale, hier « la plus belle ville du monde », aujourd’hui la plus sale et la plus bordélique entre gilets manifestants, blacks blocs violents, grèves à répétitions, logements Airbnb traqués par les municipaux, transports à éclipse, travaux à n’en plus finir et anarchie des vélos, trottinettes et autres contresens sur les voies. Est-il écologique d’avoir balancé l’ancien contrat Vélib pour devoir « faire des travaux » de terrassement pour installer de nouvelles prises, cela dans une indécision qui a duré des mois sur le nouveau repreneur, conduisant les abonnés à résilier et à ne plus revenir ? Lorsque l’on observe la somme de terrassements, destructions de trottoirs, défonçages de rues pour changer d’un mois sur l’autre la signalisation, les pistes sur la voirie ou le sens d’une rue, on se dit que « l’écologie » est un prétexte électoral sans aucune portée pratique à Paris !

D’autant plus que l’élection du maire de Paris est aussi faux cul que celle du président des Etats-Unis : un électeur ne vaut pas une voix mais élit un délégué qui va s’apparenter afin de voter en bloc, etc. Où est la fameuse « démocratie » dans cet empilement de copinages et de petits arrangements en coulisses ?

Dans le reste de la France, les « grandes villes » comptent peu : ce sont plutôt les quelques 35 000 communes qui font nombre. Sur l’ensemble, un peu plus d’une centaine ne voit émerger aucun candidat, aucune liste ; il n’y aura pas d’élection mais une tutelle préfectorale avant un rattachement possible à une commune voisine. Être maire est trop prenant : bien qu’au trois-quarts bénévole, la fonction de maire d’une petite commune est assimilée à un fonctionnariat électif par les citoyens égoïstes qui ne pensent qu’à consommer leurs « droits » et à revendiquer selon leurs désirs en dépit parfois de tout bon sens (faire taire les coqs de ferme ou les cloches du village !). Le résultat sera peut-être savamment analysé par les distillateurs de tendances politiques mais ne dira pas grand-chose sur la prochaine vraie élection : la présidentielle dans deux ans.

Les Républicains pourront se gargariser ici ou là, les écolos pavoiser, les marcheurs consolider leurs position et à droite et à gauche ou le Rassemblement national faire donner le clairon, cela n’aura guère de sens. Les citoyens s’abstiennent, les votants plébiscitent le sortant s’il a donné quelque satisfaction, le vote sanction envers la politique présidentielle est quasi inexistant dans ce genre d’élection. Ce pourquoi je ne vois pas pourquoi Emmanuel Macron pousse les feux sur la réforme des retraites avant les municipales, elle aurait pu très bien passer après avec débat interminable qui aurait montré à l’envi combien l’obstruction des antidémocratiques d’extrême gauche est toxique pour le pays. Sauf que les électeurs au cuir décidément de plus en plus tendre sont un peu plus hérissés qu’avant le fameux 49-3.

Car, vous l’avez noté, la société change. Mais pas en bien. Advient le règne de la Victime, réaction de foule sentimentale vite choquée, blessée, hypersensible à son ego, indignée de profession. Tout offusque et, au lieu de rationaliser et de proposer, vite on crie au viol et au scandale, on ne veut surtout rien changer. La démoque rassie est comme le pain : elle s’émiette avec le temps. Seules comptent les tribus, qu’on s’empresse de créer ex-nihilo chez les intellos tant les anciennes font populo. « Moi aussi » est le cri de « celles et ceux » (n’oublions pas le sacro-saint féminin de tout !) qui ont subi et qui croient leur peine équivalente au talent qu’il (et elles) n’auront jamais, même en rêve. Je n’existe que par le viol, l’inceste, le tabassage marital, l’acharnement médiatique, l’injustice judiciaire, l’écrasement social – la liste n’est pas exhaustive. Gabrielle Russier a-t-elle mis fin à ses jours en 1969 pour avoir trop aimé un ado – mineur et consentant – de 16 ans ? Et voilà Gabriel Russie (Matzneff de nom de plume) cloué au pilori par une hystérique vengeresse qui l’a désirée à 13 ans et est restée avec lui quatre années durant sans se sentir alors traumatisée, ni que ses parents se manifestent. Aujourd’hui, avant même que la justice se prononce, voilà que le tribunal médiatique a jugé : il est coupable forcément coupable. Jusqu’à mandater une perquisition en Italie et dans les archives de l’IMEC près de Caen (avec déplacement de justice en bande et frais y afférents) pour des faits sans crime qui remontent à plus de trente ans. Comme si le budget de la justice n’avait pas mieux à être dépensé que pour ces histoires de cul de la génération d’avant, époque où la morale n’était pas celle d’aujourd’hui. Où est passé Padamalgam ? Ne serait-il sensible qu’aux terroristes arabes ?

Vous le constatez, les « grands sujets » d’aujourd’hui ne sont ni les programmes, ni les partis qui les portent, ni les élections municipales, ni même (et surtout !) la démocratie, mais les histoires de coucherie et la psychose du virus à bière. D’ailleurs, les semaines passant et l’épidémie devant « naturellement » se répandre (comme aurait dit Chirac), ces élections ne vont-elles pas connaître, au moins dans les grandes villes, un taux d’abstention record ? Aller dans ces lieux infestés d’électeurs venus d’on ne sait quel bouge, tripoter des papiers déjà passés entre toutes les mains potentiellement contaminées des appariteurs pour se voir postillonner de « signez là » puis de « mettez votre bulletin dans l’urne », est-ce vraiment sain ?

Nous n’avons pas fini d’entendre de savantes analyses sur ces élections aussi improbables de 2020 !

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Vote obligatoire et socialisme autoritaire

On connaissait le socialisme des imbéciles, on sait l’échec du socialisme « réel », on croyait arrivé le normal-socialisme, on déplorait la moraline socialiste, on se moquait facilement de la gauche bobo, on savait pourtant que la gauche avait lâché le peuple, on comparait la régression socialiste en Chine et en France, on remettait en perspective dans l’histoire le social-individualisme, on pointait clairement l’ignorance socialiste du droit, on remarquait que la gauche morale se raccrochait aux branches – mais on avait oublié le socialisme autoritaire !

Car le socialisme à la française déteste la liberté.

Laisser aux gens le droit ou – pire ! – la « possibilité » de faire comme bon leur semble est inadmissible pour les missionnaires de la Vérité révélée du Progrès en marche vers l’Égalité pure et parfaite de l’Avenir radieux. Ne riez pas, telle est la croyance des socialistes, une véritable religion si vous creusez un peu.

Ainsi à la Mairie de Paris où l’ineffable Christophe Girard sous la houlette Hidalgo force les noms de rues politiquement corrects – par seule croyance idéologique – dans l’ignorance de la réalité des gens et de l’histoire.

Ainsi chez Renault : l’État entreprend de monter sa participation pour « forcer » (démocratiquement…) les actionnaires à consentir au droit de vote double pour ceux qui restent 2 ans. Y aurait-il en socialisme de « plus égaux » que les autres ?

Ainsi avec la loi sur le Renseignement où, sous prétexte de « terrorisme » (sur lequel tout le monde est d’accord), on va offrir la possibilité aux fonctionnaires de capter les informations de tout le monde, en tous lieux, pour toutes raisons de soupçons – et cela sans le contrôle du pouvoir judiciaire. Seuls des fonctionnaires « contrôleront » les fonctionnaires ! La dérive en « police politique » sera aisée – même si (pour l’instant) nous ne créditons pas ce gouvernement d’y viser. Mais est-ce prudent de laisser une grenade dégoupillée dans les mains de n’importe qui ? Surtout dans le futur.

Mais ne voilà-t-il pas surtout que, sur ordre de l’Olympe socialiste (qui vit aux Champs-Élysées pour ceux qui connaissent encore un peu ce grec que Belkacem veut éradiquer), Claude Bartolone vient de pondre un rapport (vite sorti et pensé légèrement) pour forcer les Français à aller voter à chaque élection ?

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Votez sous peine d’amende !

Le « vote obligatoire » serait-il la panacée aux inepties de doctrine, au ministères du discours opposés aux ministères de gouvernement, aux lâchetés politiques, aux démissions de l’Éducation nationale confite en syndicats « réactionnaires » de gauche pour qui il ne faut surtout RIEN changer, aux mensonges les yeux dans les yeux des électeurs, à la médiocrité des candidats aux élections… On croit rêver : la fraternité socialiste « réalisée » serait décrétée d’État par l’usage d’un « droit » dont on ferait une obligation légale par la contrainte de la force publique. Comme sous feu le maréchal Staline.

En démocratie, la liberté prime l’État. Si c’est l’inverse, nous sommes dans un État totalitaire, absolument pas en démocratie, se décrétât-elle « populaire ». Le rêve du socialisme est le vieux rêve léniniste (qui n’était pas marxiste, l’ayant tordu à sa sauce activiste) : que tout fonctionne « à la manière de la Poste », du haut en bas, jugulaire-jugulaire. Un vrai fantasme administratif de fils d’ouvrier agricole autoritaire, formé aux épures matheuses niveau basique.

La Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, grand mythe fondateur de la gauche croit-on, proclame pourtant clairement en son article 2 : « Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. » Ou encore, en son article 5 : « La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. » Conçoit-on que « le vote » soit une nuisance à la Société s’il n’est pas exercé ? Il n’est pas écrit que tous les citoyens ont l’obligation, ni même le devoir, mais que « Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants » (article 6). Vous avez bien lu « droit » ! Rien de plus. Rien de l’obligation soviétique d’aller voter, par exemple…

C’était l’exigence des Lumières de convaincre les gens par la Raison. Ce devoir est bien mal rempli par un parti qui se proclame « de gauche » sans le prouver, qui promet monts et merveilles mais gouverne comme la droite précédente, qui se veut « normal » c’est-à-dire aussi mou et paresseux que sous Chirac, le charme personnel en moins mais le mensonge sur les « promesses » en pire. Le socialisme ne parvient pas à convaincre ? Changez de socialisme ! Les autres peuples européens l’ont fait et s’en portent très bien.

Non, en France on veut plutôt changer le peuple. Le socialiste ne se remet jamais en question, vieux tropisme catholique-romain mâtiné de machisme latin qui veut que le plus sage et le plus avisé soit le plus vieux et le plus puissant – comme si nous étions encore dans un groupe de singes. Or « la démocratie » implique la participation. Et l’on ne fait pas « participer » le peuple simplement en lui demandant d’approuver, ni en le forçant à élire les candidats socialistes.

Mais ni la religion d’État (ce laïcard-socialisme issu tout droit du catholicisme social), ni l’éducation « nationale » du tous-pareils notés sur vingt, ne préparent le peuple à participer, faute de savoir s’exprimer autrement qu’en gueulant avec 300 mots ou en cassant lors des manifs et, pour les plus évolués, en boudant lors de « grèves » aussi interminables que floues. Quand on n’apprend pas à développer cet élément de base des droits de l’Homme qu’est « l’expression » (sans laquelle le « droit d’expression » se résume à des coups, des borborygmes ou des balles de kalachnikov), comment oser exiger des citoyens qu’ils viennent « participer » ?

Plutôt que de rendre le vote obligatoire, proposez de rendre l’expression orale et écrite obligatoire dans les écoles, Monsieur le président de l’Assemblée nationale !

Ouvrez les débats citoyens, les référendums d’initiative populaire, abaissez le droit de vote à 16 ans avec éducation au droit à l’école, forcez au non-cumul des mandats pour que les élus soient vraiment au service des électeurs, développez le contrôle des élus par les citoyens.

C’est ce que demandaient Los Indignados en Espagne : « Ce que nous réclamons, c’est que le Gouvernement établisse des mécanismes pour que les gens puissent contrôler ce que font les hommes politiques. Actuellement, en dehors du vote, il n’y a pas de moyen de le faire et les élus ont carte blanche toute la durée de leur mandat. »

C’est aussi, plus simplement, ce que préconise Pierre Rosanvallon dans un livre de 2008 déjà, ancien syndicaliste de gauche proche du socialisme. Mais c’est probablement trop fort pour Monsieur Bartolone, qui n’a peut-être jamais eu le temps de le lire, ni de le penser par lui-même.

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Certes, des arguments sensés existent, et le vote obligatoire est pratiqué sous des régimes tels que la Belgique, la Grèce, le Costa Rica, le Brésil et la Turquie… mais constate-t-on que la politique se porte mieux dans ces pays ?… Au contraire, l’Australie et les Pays-Bas sont revenus sur une telle obligation : cela ne voudrait-il rien dire ? Un socialiste français se croit-il plus intelligent ou plus avisé que les autres ? Ou se défausse-t-il de ses carences sur le commode bouc émissaire de l’abstention – sans s’interroger sur son pourquoi ?

Disons-le tout net : le vote obligatoire n’est pas démocratique. C’est la subversion d’un droit en contrainte. C’est le recul de la liberté au profit de quelques-uns, ceux qui se croient investis d’une mission de sauver les électeurs malgré eux, les considérant comme des immatures, ouvriers, infantiles. Ce sont en effet parmi ces catégories que l’on trouve le plus d’abstention, dit-on.

Il s’agit donc bien d’éducation et de formation, d’intérêt pour les candidats, de conviction que son vote peut influer sur le cours des choses : pas de paresse ni de refus d’être un citoyen. D’ailleurs, l’abstention est-elle grande aux élections présidentielles ou au municipales ? Non, bien sûr, parce que les électeurs voient directement leur intérêt personnel direct dans de telles élections. À l’inverse des dernières « départementales » où personne ne savait plus à quoi va servir un département, censé disparaître en 2021 selon Valls – quand même Premier ministre. Il s’agit donc de séduire, pas de punir ! Et de proposer des urnes désirables – où les promesses se réalisent ou ne sont pas proférées à la légère.

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Si la proposition de loi est votée par une Assemblée à la botte, l’inévitable va se produire :

  • la « résistance » d’une grande partie de la population qui préférera payer l’amende (à condition qu’il y ait assez de flics pour les y forcer) – se défaussant par l’argent du devoir civique (bel exemple de « socialisme » !)
  • le « tant pis pour vous ! » d’une autre partie de la population qui fera exprès de voter populiste ou extrémiste – ou qui systématiquement va sortir les sortants
  • la manifestation plus grande qu’auparavant du vote blanc (enveloppe vide ou papier vierge) ou du vote nul (injures gribouillées sur le bulletin du candidat) – en ce cas : pourra-t-on encore « ignorer » le vote blanc ?

Il faudrait la voir la tête du Bartolone lorsqu’il se verra « élu » par seulement 13 ou 15% des électeurs inscrits… Son « mandat » sera-t-il légitime ? Pourra-t-il toujours prétendre agir pour le bien de tous, si ces tous se réduisent à presque rien ? Il y a décidément de vraies têtes de linotte dans le socialisme à la française. Et un vieux tropisme autoritaire qui ferait bien préférer l’original à la copie.

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Hollande au milieu du gué

Il lui reste deux ans pour convaincre les électeurs de le reconduire avant que commence la campagne pour les primaires, puis la présidentielle ; il lui reste deux ans pour montrer que son tempérament débonnaire, hésitant et porté à valoriser les contradictions dans une improbable synthèse permettra à la France de retrouver le chemin de la croissance, de l’emploi et de la simplification des règles et taxes. Pas sûr qu’il y arrive, porté qu’il est par son tempérament à « laisser du temps au temps », comme disait son mentor en politique qui – lui – avait sept ans de règne devant lui et pas cinq.

francois hollande 2012
Les électeurs se sont fait clairement comprendre, ceux qui se sont abstenus comme ceux qui se sont exprimés : le vieux socialisme des copains à la française, le « socialisme municipal », a explosé. On le voit clairement à Grenoble où un Vert balaye un socialiste en réduisant les prébendes des élus et en affichant la transparence, comme à Marseille où le candidat du socialisme usé jusqu’à la corde n’a pas su même arriver à la cheville du vieux clientéliste UMP, maire depuis des décennies. Le parti Socialiste n’a rien vu, rien compris, rien appris. Laissé dix ans à l’écart du pouvoir depuis la chute de Jospin en 2002, il est resté sans idées, dans l’entre-soi confortable de l’auto-intoxication, des yakas théoriques en économie et des boucs émissaires.

Laurent Joffrin le susurre ironiquement dans l’hebdo des bobos, le « Nouvel » observateur : « Rappelons tout de même (…) qu’au Danemark, patrie des traîtres au vrai socialisme, le niveau de vie est l’un des plus élevés au monde et le chômage deux fois inférieur à ce qu’il est en France ». La faillite idéologique du socialisme est très claire : on n’oppose pas de façon aussi caricaturale la consommation à l’offre, la hausse des impôts à la baisse des dépenses publiques, le rôle de l’État à celui des entreprises. La théologie socialiste reste dans l’abstrait, accusant tous les autres quand elle échoue (l’héritage, la droite, l’Europe, la BCE, Merkel, les Américains, les Chinois…). Malgré la dépense publique bien plus grosse qu’ailleurs (57% du PIB), la France n’a toujours pas modernisé son école de l’échec et de la ségrégation sociale, ni clarifié ou simplifié le marché du travail qui fabrique les chômeurs et refuse de les former au profit du monopole syndical des copains, ni donné aux entreprises de l’air pour investir, innover et produire.

La mauvaise farce de « l’inversion de la courbe du chômage » a laissé une trace durable dans l’opinion. Elle hésite à qualifier le président de super-menteur (rôle populaire de Chirac jadis) ou de gros naïf (rôle que Hollande a préféré endosser depuis 23 mois). La politique menée a été incohérente (taxer les entreprises puis leur demander de ne pas licencier et d’embaucher, faire fuir les investisseurs étrangers par la taxe à 75% et les rodomontades de Montebourg malgré les infrastructures reconnues), croire bêtement que l’imposition accrue des classes moyennes et populaires, assaisonnée de niches et de subventions, allait être neutre sur la consommation, chiffrer les efforts de réduction du déficit à Bruxelles et refuser de trancher dans la dépense publique. Non seulement le hollandisme a échoué comme méthode, mais que voit-on après « la leçon » des Municipales ?

Que l’on prend les mêmes et que l’on recommence. Certes, Ayrault a été remplacé par Valls, le social-démocrate mou par un bonapartiste de gauche… mais enserré dans tant de filets qu’il restera impuissant, réduit à la « com » et aux mouvements de menton. Le socialisme reste celui de la parole, pas des actes – de l’incantation, pas de la volonté. Le nouveau gouvernement est pur socialiste. Exit les Verts, Dufflot et son inepte politique du logement (effondrement des mises en chantier en 2013) et Canfin qui déclare « avoir posé un acte » comme le toutou dépose sa crotte. Bonjour les éléphants, le socialisme de toujours avec ses vieilles recettes, l’immobilisme de la parité et des équilibres entre courants – comme si l’on était en régime parlementaire et pas en Ve République. Plus aucun ministre responsable de l’Europe, comme si cela n’avait aucune importance. Un « gouvernement de combat » cette équipe de binômes en guéguerre perpétuelle et sans chef pour dire holà ? Parce que ce n’est pas Valls qui va jouer le chef, il n’en a pas les moyens – il ferait de l’ombre au locataire de l’Élysée ; parce que ce n’est pas Hollande qui va jouer le chef, il n’en a pas le tempérament – il se mettrait à dos les courants du PS et le reste de la gauche.

D’où la révolte des 100 députés qui, tels les 100 familles du Front populaire, veulent mettre leur grain de sel : finie la Ve République quand l’Exécutif est faible, retour au vieux parlementarisme IVe République qui faisait et défaisait les gouvernements en quelques semaines par simple déplacement de « courants ». Est-ce cela « la politique » ? Jacques Attali dans l’Express n’hésite pas à dire aux électeurs « débrouillez-vous ! ». Lui qui a empilé les rapports, les avertissements, les livres, les émissions pour dire ce qu’il conviendrait de faire pour adapter la France au monde nouveau sans être suivi d’effet – en a assez. Il n’attend plus rien du « socialisme », ni des politiciens de gauche, ni même de « l’État ».

Incapable ou inapte, le président ? Les électeurs ont provisoirement choisi. Pas sûr que le gouvernement Valls au travail ou les élections programmées dans les mois qui viennent ne remettent en cause ce jugement…

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Politique économique zéro

Le président Hollande prend son temps pour tout, pesant et soupesant, n’osant pas avancer, sauf sur les promesses qui ne l’engagent à rien (mariage gai, prostitution). Même pour la mort de Nelson Mandela, il a attendu l’après-midi pour accoucher d’un discours écrit par un autre, au français incertain (Hollande et orthographe sur Google montre combien l’Éducation nationale rend illettré même les énarques : 812 000 résultats !) Le Premier ministre Ayrault a été plus rapide, tout comme le président Obama et le Premier anglais.

Or, en interne, le temps est compté au président. Puisque le socialiste Jospin a forcé le soi-disant « gaulliste » Chirac à transformer le septennat en quinquennat, tout va plus vite : le président n’est plus à l’époque Mitterrand où il pouvait « donner du temps au temps ». Surtout lorsque les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, n’ont réformé qu’à la marge depuis 30 ans. Le processus actuel reste velléitaire, soumis aux lobbies politiciens et syndicaux, cantonné dans les bureaux fermés de l’Élysée ou de Matignon.

  • Nous sommes loin de la démocratie quand le Premier ministre demande avant toute chose leur avis aux syndicats sur la réforme de l’impôt plutôt qu’aux représentants élus de la nation dont la première mission est de voter le budget !
  • Nous sommes loin de la transparence républicaine quand les rumeurs qui « filtrent » dans les médias ou les « sites internet » des ministres sont la seule information aux électeurs.
  • Nous sommes loin de l’efficacité de la dépense publique que les citoyens sont en droit d’exiger vu l’ampleur des impôts plus grande qu’ailleurs en Europe, lorsqu’on se contente d’enterrer rapport après rapport, évaluation PISA après évaluation PISA, sans faire aucun effort pour changer les choses en mieux que le clientélisme du « plus de moyens ».

francois hollande profil

En externe, l’Union européenne mais surtout la monnaie unique obligent. La France ne peut se permettre de laisser grandir l’écart économique entre elle et les autres. Car l’austérité poursuivie depuis 2008, voire depuis la réunification dans le cas allemand, a maintenu le cours de l’euro tout en améliorant la compétitivité à l’exportation de la zone. Les excédents du commerce extérieur sont recherchés pour créer de la demande aux entreprises de la zone euro, donc de l’emploi – et redresser les budgets. Depuis l’an dernier, la balance commerciale de la zone est passée en excédent. Cela augmente la demande d’euros et réduit la demande de dollars : ce pourquoi l’euro est « fort » contre dollar, même s’il est désormais moins demandé en Asie, où le yuan partiellement convertible a pris le relai. Depuis l’été, l’inflation est plus forte aux États-Unis que dans la zone euro – parce que la croissance des pays du sud, France incluse, est quasi nulle – ce qui conforte encore l’attractivité de la monnaie unique par rapport au dollar.

La politique des autres (excédents commerciaux), la répugnance française à baisser la dépense publique au lieu d’augmenter les impôts (entraînant déflation de consommation, d’investissement, d’actifs), font que la France conduit une politique en contradiction avec celle des autres. L’euro est fort et la France s’enfonce ; les pays de la zone sont confortés, la France décline. Des critères du rebond (demande accrue de biens et de services, désendettement des ménages et des investisseurs, croissance technologique, nouvelles sources d’énergie, réformes économiques) – la France ne choisit RIEN. Nous sommes dans la politique-zéro, le pilotage à vue en fonction des braillements dans la rue, des éclats syndicaux ou patronaux et des remontrances des « zélus de terrain » à l’œil fixé sur les municipales.

Comme le résume – avec un brin d’humour – un texte qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux : « Les problèmes des boulangers sont croissants et pain bénit pour les revendications. Alors que les bouchers veulent défendre leur bifteck, les éleveurs de volailles se font plumer, les éleveurs de chiens sont aux abois, les pêcheurs haussent le ton ! Et bien sûr, les éleveurs de porcs sont « dans la merde », tandis que les céréaliers sont sur la paille. Par ailleurs, alors que les brasseurs sont sous pression, les viticulteurs trinquent. Heureusement, les électriciens résistent. Chez EDF, les syndicats sont sous tension, mais la direction ne semble pas au courant. Mais pour les couvreurs, c’est la tuile et certains plombiers prennent carrément la fuite. Dans l’industrie automobile, les salariés débrayent, dans l’espoir que la direction fasse marche arrière. Les cheminots voudraient garder leur train de vie, mais la crise est arrivée sans crier gare. Les veilleurs de nuit, eux, vivent au jour le jour. Pendant que les pédicures travaillent d’arrache-pied, les dessinateurs font grise mine et ne peuvent plus voir le gouvernement en peinture, les militaires partent en retraite, les imprimeurs dépriment et les météorologistes sont en dépression. Les prostituées, elles, se retrouvent à la rue. Ah, j’oubliais : les bonnets rouges sont verts de rage ! »

Un sondage BVA pour iTélé montre que 52% des interrogés voteraient pour un « nouveau parti politique qui viendrait de se créer » aux municipales et européennes de 2014. Même si les sympathisants de gauche ne sont que 39% prêts, 46% le sont à droite (tant l’UMP de Copé apparaît nulle). Mais ce qui fait la différence, comme l’élection, sont les personnes ni de la droite ni de la gauche partisane, ce « marais » – qui sont à 76% prêts à voter pour une nouvelle formation !

Autrement dit : « sortez les sortants ! »

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