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Ecolo gît

Les Français intellos ont du mal avec l’écologie. Cette discipline attentive à l’environnement en son entier, au contexte physique de la vie, est trop vite dérivée en avatar du Paradis biblique, réduite à une « croyance ». Et la science en devient religion, et son culte en devient politique.

Pourquoi cela est-il particulier à la France ? A cause de l’intégrisme catholique, affirmé depuis les guerres de religion contre la Réforme et pour le faste macho et infaillible du Pape, mais aussi à cause d’un Genevois paranoïaque doté d’une divine plume : Jean-Jacques Rousseau. Ce chantre du romantisme cherchait le paradis perdu de « maman » au près des épouses des Grands et dans les thébaïdes, en tout cas loin de la société et des villes. Il a fait de la Nature une Mère (mais pas du naturel une conduite, trop emprunté par ses névroses).

Depuis Rousseau, la vie avant la Chute est devenue un idéal, l’existence campagnarde une innocence, l’isolement un salut. Pour lui, tout ce qui éloigne de « la nature » rend mauvais. Aussi élève-t-il Emile à la campagne (lui qui n’a jamais élevé aucun enfant), mais sans reconnaître aucun émoi naturel à ce pauvre garçon conservé niais jusque fort tard dans l’existence. La ville, la société, corrompent et, avec elles, le progrès. Car il ne peut y avoir invention et production qu’en commun et la communauté humaine ne peut vivre mieux et s’élever en esprit que par le bien-être, tributaire de la technique. Rousseau et ses épigones fuient tout cela : en témoigne Pierre Rabbi.

Or « le progrès » n’est pas néfaste en soi : comme la langue d’Esope et comme n’importe quel outil, il est la meilleure et la pire des choses – selon l’usage qu’on en fait. C’est le progrès technique et scientifique qui sauvera l’humanité des variations du climat, de la malbouffe et des pesticides, des productions polluantes. Mais c’est la science qui a produit la bombe atomique, les perturbateurs endocriniens et ces instruments de surveillance rapprochés que sont les drones, la reconnaissance faciale, le traçage des téléphones, l’analyse policière des données. Elisée Reclus le rappelait contre Rousseau, la ville est l’espace même où la liberté peut se construire – et surtout pas au village où tout le monde s’épie, se commente et s’envie. Mais la ville est aussi le lieu où s’accentue les inégalités. C’est à la politique, selon le vœu exprimé des citoyens, de corriger les maux et d’encourager les bienfaits du progrès.

Le tropisme français, né des clercs catholiques du Moyen-Âge qui seuls savaient le latin et lire la Bible, encouragé par le jacobinisme parisien de la Révolution française qui ne voulait voir qu’une tête dans tout le pays (et couper les autres), relayé par le saint-simonisme du XIXe qui a fait des savants les experts en tout, s’est trouvé conforté par les suites de la crise de 1929 aux Etats-Unis : les technocrates du gouvernement ont cru à une gestion « scientifique » de la société via l’économie et les incitations aux « bons » comportements. Dans le même temps l’URSS l’expérimentait à grande échelle, ceux qui savent étant appelés « avant-garde » et la masse des exécutants étant étroitement surveillée afin de ne pas dévier de la ligne.

Les écolos politiques français d’aujourd’hui se situent au carrefour de ces deux tendances, l’américaine capitaliste et la soviétique socialiste, tout en restant dans la tradition idéologique de la pensée française. Que demander de mieux ?

Reste que se pose le sempiternel problème, jamais résolu et insoluble, de la liberté et de la régulation, de la tyrannie ou du laisser-faire. Il faut un peu des deux, me direz-vous. Certes, et c’est tout l’art de « la démocratie » que de permettre le débat puis le choix, enfin l’exécution. Mais nos écologistes sont-ils démocrates ?

Issus pour la plupart du gauchisme, avec un arrière-fond chrétien social, ils apparaissent plus idéologues que praticiens, plus imbus d’imposer leur pensée « dans l’urgence » que de négocier et de convaincre dans la durée. Ils agissent aujourd’hui comme les léninistes d’hier et les chrétiens d’avant-hier : « Je suis la Vérité et la Vie » – et vous êtes voués à la damnation éternelle (de l’Opinion que j’incarne) et aux feux de l’enfer (climatique) si vous ne croyez pas en Moi.

Ce serait risible si ce n’était dangereux. L’écologie est une chose trop sérieuse pour la confier aux écologistes et chacun le sait : ce pourquoi ils sont si peu nombreux dans les partis éclatés qui forment des sous-sectes à la française en raison des egos toujours surdimensionnés. La pensée magique ne fait pas une pensée pratique, l’idéologie ne compense pas l’abyssale absence de projet politique concret que la société aujourd’hui et telle qu’elle est peut admettre. La politique est l’art du possible, pas l’imposition tyrannique d’un ldéal concocté à quelques-uns au nom du Bien !

Une rivière peut-elle porter plainte ? Les animaux deviennent-ils sujets de droit ? Tout ce symbolique ne change pas grand-chose au fond. Qu’en est-il concrètement de la gestion de l’eau, de la régulation de la chasse, des conditions d’abattage, de la viande importée par Traités internationaux entiers ? Prôner la voiture électrique c’est bien, mais comment sera produite l’électricité sans ce nucléaire tant haï mais indispensable durant la nécessaire transition ? Faire honte aux conducteurs de polluer est peut-être moralement confortable mais ne dit rien de la façon d’arrêter les répétitives grèves des « transports en commun », tellement vantés par ailleurs, ni de la bougeotte névrotique des « jeunes » qui passent leurs week-ends et vacances à « aller voir » untel ou untel, tout en surfant frénétiquement sur leurs smartphones dont les serveurs dévorent des productions entières de centrales. Sont-ils si mal chez eux ? Si seuls entre eux ? L’écologie du quotidien n’est-elle pour eux qu’un prétexte à brailler contre « les adultes » à la suite d’une Greta autiste, devenue phénomène de foire ? Elle « porte plainte » en gémissant sur son « avenir » contre la France et certains pays sélectivement : mais qu’en est-il des Etats-Unis ? de la Chine ? de la Russie ? de l’Inde ? du Nigeria ? Tous pays bien plus pollueurs et qui « ne font rien » ou pas grand chose « pour la planète ». Un peu de décence alimenterait le débat ; l’outrance des accusations à sens unique le ferme. Merde aux Greta et à leur prophétisme de Savonarole !

Tant que ces contradictions ne seront pas résolues, l’écologie ne sera pour la population en sa majorité qu’une aimable lubie d’urbains branchés qui n’ont jamais vu une vache dans son pré ni fait dix kilomètres chaque matin et chaque soir pour aller et revenir du collège.

D’abstraction en idéologie, ci-gît l’écologie.

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Christian Chavagneux, Une brève histoire des crises financières

christian chavagneux une breve histoire des crises financieres
Un bon livre de bon journaliste qui sait rendre claires les notions financières. Avec les limites du journalisme qui sont de rester sur le mode du constat, sans donner une analyse économique des crises. Sont-elles inhérentes au système de marché ? Peuvent-elles être vraiment régulées ?

Ma réponse personnelle aux deux questions est que les excès sont inclus dans l’initiative individuelle, la psychologie tant personnelle que collective incitant au risque et à l’imitation – pour le meilleur comme pour le pire dans les deux cas. Le risque permet d’inventer, d’explorer, d’innover – mais aussi de spéculer et d’entraîner la course au gain dans un délire addictif au jeu lui-même (plus qu’à la cupidité, comme le pense un peu trop l’auteur, en moraliste). L’imitation incite à reproduire les pratiques qui fonctionnent, à entrer en concurrence pour faire mieux ou à travailler de concert – mais aussi à faire comme tout le monde sans réfléchir, à entrer en surenchère dans le délire spéculatif, et à ne surtout pas quitter le jeu le premier.

Christian Chavagneux est diplômé de la London School of Economics et docteur en économie, mais il n’a pas choisi la carrière d’entrepreneur ni de banquier. Il a préféré le journalisme en tant que rédacteur en chef de la revue L’Économie politique et rédacteur en chef adjoint d’Alternatives économiques, les missions publiques et l’enseignement à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’université Paris-Dauphine. Il est donc observateur – fin analyste – mais non praticien. Pour avoir exercé successivement la pratique puis l’analyse, je sais combien il est difficile de comprendre le fondement des actes et la psychologie des acteurs sans en avoir été un.

Peut-on avoir les bienfaits du libre marché, de la formidable inventivité des techniques et de la productivité sans les inconvénients qui vont avec : les excès en tous genres ? L’auteur croit que oui, je pense pour ma part que non, car nous ne sommes pas des dieux dans un monde pur et parfait du Bien en soi. Mais je rejoins l’auteur sur la régulation – à condition qu’elle s’adapte aux changements du monde, qu’elle mette les moyens suffisants en compétences et en techniques de contrôle des risques, qu’elle place chacun en face de ses responsabilités propres. C’est bien trop rarement le cas – et l’auteur ne cherche par d’explication à cet état de fait. Il est trop facile de rejeter « la faute » des crises sur les spéculateurs « cupides », les banques « avides » et les politiciens « corrompus » par les lobbies financiers. Or tout le monde a sa part de faute : les individus qui ne réfléchissent pas par eux-mêmes, le superficiel des idéologies complaisamment véhiculées par les universitaires qui sévissent dans les médias, les banquiers qui sont rarement inquiétés en cas de faillite, les autorités publiques trop souvent incestueuses avec les milieux économiques pour les avoir côtoyées dans les grandes écoles de l’élite.

1789 2014 Dow Jones Industrial Average

L’auteur a voulu ce livre de combat sur la crise financière dite « des subprimes », initiée en 2007 et qui dure toujours dans les actifs pourris du bilan des banques, l’excès de liquidités offert par les Banques centrales, le surendettement des États et les politiques d’austérité induites. Il tente d’expliquer « le bateau ivre » de la finance par un choix de crises emblématiques du passé : le krach des tulipes en 1637, l’aventure Grand siècle de John Law à la cour de Louis XV, la « panique » de 1907 et bien entendu « la crise de 1929 » – que les Américains appellent cependant du terme plus juste de « Grande dépression ».

Son chapitre 5 intitulé « Qu’est-ce qu’une crise financière » est probablement le meilleur du livre, décortiquant le schéma des crises pour en tenter une synthèse ambitieuse. Au départ « une simple perte d’équilibre » donne aux « innovations incontrôlées », dans le cadre d’une « déréglementation subie ou voulue », le pouvoir de créer une « bulle de crédits » qui, en raison d’une « mauvaise gouvernance des risques », permet « la fraude » et « l’aveuglement au désastre ». Certes, les inégalités croissent en ces périodes, les riches s’enrichissant bien plus que les autres par la spéculation.

Mais « l’inégalité » est-elle la variable explicative ? Elle apparaît plus comme un mantra moraliste que comme une hypothèse scientifique en économie. Certes, combattre les inégalités est du devoir des régimes démocratiques : pour que la démocratie puisse fonctionner, il faut que quelques-uns n’aient pas un pouvoir excessif sur tous. Mais le pouvoir n’est pas uniquement celui de l’argent. Le plus fort est celui de l’entre-soi en milieu fermé, des écoles exclusives, des mariages arrangés et de la sélection socialement construite (en France par les maths, aux États-Unis par les universités élitistes, au Royaume-Uni par la naissance et les collèges privés, en Italie par le clientélisme, en Allemagne par l’industrie…). L’auteur ne fait qu’effleurer ces comportements mimétiques de caste et d’attitude moutonnière. Il ne parle d’Alan Greenspan par exemple que pour lui reprocher la liquidité offerte en abondance, sans citer sa fameuse phrase, pourtant de 1996, sur « l’exubérance irrationnelle » des marchés. Analyser pourquoi ce dirigeant lucide de la Federal Réserve du pays le plus puissant du monde s’est laissé faire par le système après avoir mis en garde, aurait été du plus grand intérêt.

L’auteur préfère détailler en son chapitre 6 « le temps de la régulation », exposant les propositions et déplorant que toutes ne soient pas reprises dans les faits par les autorités publiques. Mais il ne dit rien d’une prochaine crise possible.

Il reste que cet ouvrage expose avec une grande clarté le mécanisme des produits toxiques et l’engrenage des crises du passé. Il est donc d’une lecture vitale pour mieux comprendre la finance, ses complexités et son rôle d’aiguillon économique – comme toujours pour le meilleur et pour le pire.

Christian Chavagneux, Une brève histoire des crises financières, 2011, La Découverte Poche 2013, 235 pages, €9.50

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Pierre Drieu La Rochelle, Gilles

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Gilles est le « grand » roman de Drieu, roman fleuve qui emmêle trois romans différents en un seul, voulant tout embrasser d’un coup, de la Grande guerre à la Seconde guerre. Mais la première était nationaliste, ligne bleue des Vosges et Alsace-Lorraine ; la seconde est européenne, fusion du communisme et d’Action française en fascisme pour régénérer la race.

Fascisme, pas nazisme : Drieu n’aime pas ce que les Juifs représentent, « la misère du ‘monde moderne’, son immonde hypocrisie de capitalisme, de franc-maçonnerie, (…) de démocratie socialisante, (…) toute son impuissance » p.1005. Avec l’absence de racines, la servilité envers le plus fort, l’amour de l’argent, la psychanalyse et le rationalisme. Ce qui ne l’empêche pas de coucher avec les juives, mais il n’a aucunement l’idée de les éradiquer de la surface du globe : « L’antisémitisme, c’est donc une de ces ratatouilles primaires, comme tous les ismes » p.927. Gilles va cependant des gueules cassées au casse-gueule, car l’histoire a tranché et lui s’est retranché, repris une dernière fois par le mépris de soi et la « bouderie d’enfan» du suicide.

La mode d’époque était au roman fleuve : Roger Martin du Gard, Jules Romains, Louis Aragon… Mais tous créaient plusieurs volumes, chacun présentant un moment. Drieu, lui, met tout en un, ce qui fait fatras, avec des longueurs. Son style se relâche ou se resserre selon ce qu’il conte. Rien n’est plus fastidieux que ses coucheries à répétition (« la quête des filles » p.1014) pour se prouver qu’il est un mâle alors qu’il en doute en son intime. Il aurait voulu jouer les Fabrice Del Dongo, né à 17 ans à la bataille de Waterloo, mais n’est pas Stendhal qui veut. Drieu reste entre Céline et Montherlant. L’intrigue policière autour de l’Élysée est assez sombre et psychologiquement réussie, proche d’Aragon. L’aventure espagnole, qui clôt le livre en Épilogue a la sécheresse d’Espagne d’un roman de Malraux.

annees folles fille seins nusL’ensemble fait disparate, déconcertant. Il écrit bien, désormais fluide, mais avec des fautes de français étonnantes (ex. expatriement pour expatriation). La psychologie est décortiquée mais pas à pas, au gré de son âme inquiète, ce qui n’améliore pas son image. Il apparaît dandy fasciné par l’argent, cynique et moraliste, décadent et fasciste. Quel est donc cet être caméléon qui crache sur la démocratie mais admire l’énergie américaine, qui refuse le capitalisme mais épouse Myriam Falkenberg, qui vante la fraternité fasciste mais garde le souci de soi égotiste (p.894), qui louange la race mais persiste dans le libertinage stérile ?… Il se décrit lui-même : « Rêveur et praticien, solitaire et pèlerin, initié et homme du rang » p.1306. Sincérité de l’asthénie, sous les mêmes signes des précédents livres : luxure, faiblesse, suicide.

Un enfant mal aimé ne conquiert jamais l’estime de soi. Il cherche un père dans la force du chef, une mère dans la race nordique, une régénération dans ce qui l’a créé adulte : la guerre. Est-ce un « roman » cet exercice spirituel qui mêle récit autobiographique, analyse psychanalytique, profession de foi et engagement politique ? Nous sommes quelque part en confession catholique, entre Jean-Jacques Rousseau et Julien Sorel. On peut aimer ce baroque, on peut rester indifférent comme c’est mon cas. Je crois que nulle décadence ne peut être rachetée par l’action à tout prix, nulle faiblesse intime par une rigidité d’esprit, nul désespoir par la baise tout azimut.

Drieu raconte sa vie, bien qu’il la romance et que les personnages prennent leur vie propre. Il ne parvient pas, une fois encore, à se détacher de lui-même. La romancée Myriam est la vraie Colette Jéramec (juive qu’il sauvera de Drancy avec ses deux moufflets), Alice est Marcelle Jeanniot, Dora est Constance Wash (qui reproduit l’existence de sa mère, « femmes mariées, il savait quelles chiennes enchaînées c’était » p.1238), Pauline est Emma Besnard, Berthe est Christiane Renault (femme du constructeur de voitures). De même, Caël est André Breton (« un Robespierre sans la moindre guillotine, sans le moindre canif » p.1034, « Grand Inquisiteur de café » p.1158), Galant est Louis Aragon, Preuss est Emmanuel Berl, Clérences est Gaston Bergery, Chanteau est Herriot le gros radical-socialiste et Paul Morel un peu Philippe, fils de Léon Daudet.

Ce pauvre Paul, 18 ans, fils du Président de la République, a été circonvenu par le groupe Révolte (surréaliste) et entraîné par Galant (Aragon) aux Bains où il s’est promené nu, attouché par les vieux messieurs avant d’être fini par son mentor dans un recoin (p.1069). Une fois tenu, on exige de lui le vol de certains papiers… L’inversion est pour Drieu, avec la drogue, le cynisme velléitaire des intellos et l’esprit petit-bourgeois, le symbole de la décadence parisienne, ce qui donne quelques pages acides sur l’époque. « Les bourgeois : s’en fourrer jusque là et puis rien d’autre » p.833. Il a la nostalgie, chez les hommes comme chez les femmes, de l’« être fort, libre, sincère, un de ces rares êtres qui sont entiers » p.962. Ils sont si rares dans le Paris 1917-1937… A notre époque si conformiste dans l’anticonformisme, c’est assez rafraîchissant.

annees folles parisienne

Gilles, entre je et il, personnage de sain Français peint par Watteau, est donc un témoignage qui dépasse le petit moi solitaire de l’auteur. Il décrit comment un garçon intelligent peut devenir fasciste, après avoir tâté du communisme, du radicalisme et de l’anarchisme. Mais son fascisme est plus proche de Franco que d’Hitler. Il appelle la Tradition plus que la révolution, « il faut rouvrir les sources » (p.1029), « le catholicisme mâle du Moyen âge » (p.1290), « le chemin de Jeanne d’Arc, catholique et guerrière » (p.1304), « le Christ des cathédrales, le grand dieu blanc et viril. Un roi, fils de roi » (p.1311).

Il analyse finement le glissement bien-pensant : « Le fascisme n’avait-il pas été fait dans une pareille inconscience par des gens de gauche qui réinventaient ingénument les valeurs d’autorité, de discipline et de force ? » p.1234. Rien que de très actuel, n’est-ce pas ? Avis aux mélenchonistes et autres antilibéraux… Ce qui fait qu’on peut relire Drieu aujourd’hui sans vergogne malgré ses longueurs.

Pierre Drieu La Rochelle, Gilles, 1939, Folio 1973, 683 pages, €8.64

Pierre Drieu La Rochelle, Romans-récits-nouvelles, édition sous la direction de Jean-François Louette, Gallimard Pléiade 2012, 1834 pages, €68.87

Les numéros de pages des citations font référence à l’édition de la Pléiade.

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