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Se situer à droite

Qu’est-ce donc qu’être « à droite » ? A part une injure stalinienne, reprise volontiers par les intellos et les politiciens « bien sous tous rapports » de la gauche mainstream, se trouver à droite de l’échiquier politique renvoie à une façon différente de voir le monde.

  • Les Girondins voyaient l’homme dans son humanité mêlée, vertus et vices, générosité et égoïsme, élans et préjugés ; la pratique politique devait pour eux tenir compte de l’existant : des gens, des circonstances et du possible.
  • Les Montagnards, à l’inverse, faisaient de la Vertu un angélisme abstrait, poussant la pureté au fanatisme ; la pratique politique devait tout aux principes et rien aux négociations, méprisant contraintes et doutes, visant à conduire l’Homme-en-soi (et pas les gens concrets) vers la perfection malgré lui.

De cette distinction fondatrice de la Révolution se distinguent deux tempéraments : la droite veut coller à l’expérience et au « réel » ; la gauche lui oppose l’idéalisme des bons sentiments et des « principes » rationnels, le monde des Idées immuables.

Est-ce à dire que la droite serait férue d’identité historique collective alors que la gauche préférerait l’individualisme émancipateur sans cesse à creuser ici et maintenant ? Les gens de droite se montrent volontiers individualistes et les gens de gauche plutôt collectivistes : nous voyons bien combien la distinction fondée sur l’identité est compliquée ; comme le mot « libéral » (que nous verrons ultérieurement), il s’agit d’un concept flou. Le particularisme peut très bien se conjuguer à l’universalisme, chacun peut se sentir Corse ou Breton ou autre, et en même temps Français, puis Européen, Occidental du monde libre, et habitant d’une même Terre. Il n’y a que lorsque l’on radicalise sa position que tout bascule… à droite comme à gauche.

protection-ou-initiative

L’universalisme dégénère vite en colonialisme « civilisateur » avec la mission d’apporter le progrès à une humanité à demi-sauvage dans les brumes de l’obscurantisme : c’est pourquoi la gauche était volontiers pro-coloniale fin XIXe. Plus tard, ce même universalisme des « droits » (droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, droits de l’Homme, libre-échange) a pu dégénérer en impérialisme, les Etats-Unis, l’ex-URSS et la Chine en sont les derniers exemples – mais aussi l’ingérence « humanitaire » pas toujours distinguée de l’ingérence tout court.

Le particularisme vire à l’identarisme ethnique ou au communautarisme religieux. Poussé au bout, il engendre le racisme, où le même fantasme de pureté et de purge qu’en religion atteint le biologique et l’ethnique. Ce sont alors les génocides (létaux) et les épurations ethniques (par l’exil). De la Turquie anti-arménienne puis anti-grecque à l’Allemagne nazie anti-juive et anti-tsigane, à la Serbie, au Rwanda et ailleurs, jusqu’à l’islam salafiste ou wahhabite, l’identité mythifiée proscrit les mariages mixtes, jette la suspicion sur les origines et exige l’adhésion enthousiaste et fusionnelle avec le groupe national ou religieux dominant. Nous avions l’Inquisition catholique, nous avons eu l’étoile jaune nazie : c’est bien un même processus d’affirmation des dogmes et de cohésion morale et sociale qui est mis en œuvre.

Or ce particularisme n’est pas l’apanage d’une droite qui s’extrémise, il a été et demeure aussi une façon de gauche.

Juger sur un mot, coller une étiquette, cataloguer une fois pour toute – sont des travers staliniens, générés par la certitude de posséder LA Vérité révélée par l’œuvre scientifique du prophète Marx et mise en œuvre expéditive par les procédés sans scrupules de Lénine. Il en reste quelque chose chez les énarques bon teint comme chez les universitaires « de gauche, forcément de gauche » comme disait la Duras. Déduire l’être du paraître – et en faire une essence – est le processus de la pensée totalitaire qui permet de cataloguer comme « ultra-libéral », « réactionnaire », en bref « de droite » quiconque n’a pas l’heur de vous plaire. Les mêmes qui adorent hurler à la « stigmatisation » des pauvres minorités opprimées, stigmatisent sans complexe – dès qu’il s’agit de leur adversaire idéologique. Puisqu’ils ont la Vérité infuse, la Pravda disait-on en URSS…

Méfions-nous donc du mot « droite ». La France droite n’existe que comme slogan NKM ; la France des droites est plus réelle – et n’est pas cette caricature inventée par la gauche, mauvaise perdante, trop souvent poussée au fanatisme de pureté.

La droite française sur ce blog

(Nota : je parlerai de la gauche lorsque la primaire de gauche aura lieu)

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Yalta palais Vorontzov

Le soleil nous réveille, par la vitre dans notre chambre de trois ce matin. Trois comme la troïka obligatoire en communisme, vieille habitude de faire surveiller chacun des deux autres par le troisième. La plupart des chambres sont pour trois chez l’habitant, dans les pays ex-soviétiques. Il fera chaud dans la journée, plus de 35° selon la babouchka Assia. Elle nous a préparé un petit-déjeuner comme pour aller travailler aux champs, soucieuse de ne pas nous voir mourir de faim. Elle nous offre des œufs frits aux oignons et tomates, l’habituelle salade de tomates et concombre à l’aneth frais, du fromage, des biscuits, sans compter le pain, le beurre, la confiture, le miel. Son café « à la turque » est très doux.

Assia vivait en Russie auparavant. En 1944, petite fille, elle fut chassée avec sa famille tatare à Tachkent. Elle s’y est mariée, a construit une maison là-bas, y a eu trois enfants et cinq petits-enfants. Son mari et elle sont passés par l’Allemagne de l’est durant deux ans avant de revenir s’établir ici, illégalement, avec d’autres Tatars sur un terrain libre.

yalta palais vorontsov

Nous la quittons avec nos bagages pour aller visiter ce matin le palais Vorontzov, un joli bâtiment classique qui domine de haut la mer. Vorontzov était un général qui avait choisi la fidélité au tsar en place contre Catherine II. Il fut emprisonné après la victoire de Catherine, mais quatre jours seulement tant était grande sa popularité. Pour l’éloigner, on le nomma ambassadeur à Londres. Son fils, né dans la capitale britannique, s’est marié à Paris avec une riche polonaise et est revenu en Russie avec la première fortune du pays. Vorontzov descend du duc de Malborough, tout comme Churchill.

yalta palais vorontsov jardins

On raconte d’ailleurs que, lors de la conférence de Yalta en 1945, Churchill a exigé d’être logé au palais Vorontzov, « en souvenir de son ancêtre », plaida-t-il. Après quelque résistance, mais n’ayant aucun prétexte valable pour le lui refuser d’office, satisfaction lui fut donnée. Le KGB, qui surveillait tout le monde, mais de l’extérieur du bâtiment couvert par l’immunité diplomatique, fut très étonné d’entendre frapper des coups réguliers chaque nuit, à l’intérieur du palais. Quand Churchill quitta les lieux, les agents retrouvèrent des trous dans les murs, sans savoir à quoi ils correspondaient. L’histoire veut que le subtil Churchill ait récupéré là tout l’or des Vorontzov, dont il est parent. Il l’avait caché dans les doubles parois du palais avant leur fuite devant les Rouges, en 1918.

yalta palais vorontsov fille russe

Cette histoire est bien belle. Cette autre, que nous conte Natacha serait une autre histoire vraie. Le général Vorontzov avait fait le pari, avec le chef des Douanes du tsar, de passer en fraude des bijoux dans une cachette inviolable. Pari tenu. Il arrive donc lui-même à la douane avec un chariot plein de bagages, accompagné d’un petit chien qui jappe. Les douaniers, prévenus, fouillent tout le chargement, ne trouvent rien ; démontent la charrette, ne trouvent pas plus ; et le chien est là, dans leurs jambes, qui les agace et ils le chassent. Après avoir bien vérifié et revérifié, démonté tout ce qui pouvait se démonter, le chef des Douanes s’avoue vaincu. Il doit deux palais à celui qui est parvenu à le berner, mais il veut quand même comprendre. Vorontzov siffle, le petit chien reparaît : il porte une fausse fourrure qui le fait paraître plus gras et les bijoux sont caché dedans. Nul douanier n’avait porté attention à ce klebs hargneux qui tournait autour d’eux, bien en évidence.

yalta palais vorontsov lion

Nous ne visitons pas l’intérieur du palais car il y a trop la queue et c’est de peu d’intérêt. Mais le parc est superbe, s’étageant sur la pente, alternant une forêt d’essences diverses importées de partout avec des jardins rigoureux à la française. Un escalier aux lions inspirés de Venise rappelle que cet animal est l’emblème des Vorontzov. Ces lions-ci sont représentés dans diverses attitudes : endormi, éveillé, debout, rugissant et la griffe sur un globe. Plus le visiteur monte l’escalier, plus le lion est réveillé, prêt à défendre la place.

yalta palais vorontsov fontaine de pleurs

Une fontaine d’imitation turque, « la fontaine des pleurs » fait couler une eau pure goutte à goutte depuis le haut, qui remplit le premier petit bassin, se déverse globule après globule dans un second, et ainsi de suite jusqu’au dernier. Le tout rappelle les larmes et attendrit le cœur du passant. Les jardins sont plantés d’essences venues du monde entier souvent rares, araucarias, cèdres, chênes, marronniers. Ils sont parsemés de lacs artificiels « où nagent des singes », déclare Natacha en lisant librement le mot « cygnes ». Un chaos de pierres, savamment disposé, reconstitue un paysage « romantique » comme aimait à en imaginer l’époque. Un labyrinthe de lauriers rappelle la Crète et son Minotaure.

yalta palais vorontsov gamin russe

Les familles débarquées d’un bateau de croisière russe se font photographier devant les lions, à côté des fontaines, parmi les fleurs. Les femmes se font prendre dans les bosquets, les jeunes garçons grimpés sur un arbre ou caressant un fauve pétrifié. Les groupes portent une étiquette au nom de leur bateau sur leur chemise, ou sur leur short quand ils n’en portent pas. Je photographie un blondinet de dix ans particulièrement vif et coquet. Bermuda paille, sandales de cuir, la chemise ouverte, jaune à carreaux entourés de noir, un collier de perles de bois ovales brun et blanc au cou, une croix de bois léger au bout d’un long lacet noir qui lui bat le plexus, le bracelet-montre futuriste, il pourrait être un modèle pour la mode ou un jeune acteur de film.

yalta adolescente russe torse nu

Nous prenons le déjeuner non loin du palais, dans un restaurant qui ouvre sa terrasse ombragée sur la corniche qui y mène. Nous déjeunons d’une salade et d’un café. Dans une table non loin de nous déjeune une famille russe en vacances, typique du pays. Le père et la mère sont plus jeunes que moi mais paraissent usés par la vie et le labeur. Le fils de 16 ans est svelte et fringant, comme tous les garçons de cet âge, avec ce côté gentil de qui est plus éduqué et plus « raisonnable » que ses parents. La fille de 10 ans suit sans se poser de questions. La différence traditionnelle des sexes se manifeste à la sortie : « les hommes » vont à la plage, « les femmes » faire les boutiques. C’est cette attitude qui me fait dire être en présence de Russes moyens, sympathiques, pas très informés encore, restés traditionnels dans les mœurs. Le garçon a regardé plusieurs fois de notre côté et a commenté à ses parents ce qu’il comprenait de notre pays d’origine. Les touristes occidentaux sont rares en Ukraine et, sur les côtes de Crimée, le plus souvent Allemands ou Polonais. Il était intrigué par notre langue qu’il n’arrivait pas à situer.

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Révolte ou révolution à Tahiti ?

Le festival de la Bounty a eu lieu à la mairie de Papeete du 25 au 27 octobre. Une petite délégation de Pitcairn était venue au fenua. La plupart étaient des descendants des mutins dont leur chef Fletcher Christian, mais l’un des descendants de William Bligh était présent également. Source d’inspiration que cette histoire d’une mutinerie devenue mythique. Livres, films ont voulu narrer l’exploit du Capitaine Bligh ou la romance de Fletcher avec une vahiné. La mutinerie a  inspiré écrivains et cinéastes : Charles Nordhoff et James Norman Hall, Jules Verne, Bengt Danielsson, les créateurs de la série Simpson où Bart incarne Fletcher Christian, également quatre films avec Errol Flynn, Clark Gable, Charles Laughton, Marlon Brando, Mel Gibson. A quand le prochain ? Au fait, savez-vous combien Pitcairn compte d’habitants ? Non ? Seulement 52.

bobby holcomb tahiti

La biographie de Bobby Holcomb écrite par Dorothy Levy et Bruno Saura vient de sortir en librairie. Bobby était un touche-à-tout de génie que les Polynésiens ont redécouvert. Né à Hawaï, enfance en Californie, hippie à San Francisco, quinze années en Polynésie, à Huahine surtout. Musicien, peintre, s’inspirant de la mythologie ma’ohi, croyait fermement en la magie, au mana. Pour qui s’est arrêté à Huahine, le mana transpire partout et principalement à Maeva. Il écrivit des chansons en incluant les noms des marae alentours, en langue tahitienne et en anglais, il fut reconnu comme chanteur, peintre. Même quand son ami Quincy Jones voulut lui envoyer un jet privé pour le faire soigner en Amérique, lui qui était si malade,  lui répondit : je dors au pied d’une montagne sacrée, cela suffit.

bobby holcomb tahiti b

Adieu les contrefaçons ? Hop un procédé révolutionnaire, une étiquette contenant des informations comme lieu de production, date de production, producteur, zone géographique précise, etc, pas plus grosse que quatre cheveux, est un hologramme pouvant être révélé via un lecteur standard d’une cinquantaine d’euros et connecté à un simple ordinateur. Protection et traçabilité. Enfin pourrait-on dire. D’autres inventions qui pourraient bien changer la face de la perle : nettoyage bio pour les bios salissures, la révolution du nucléus. Le nucléus, c’est le cœur de la perle, c’est autour de lui qu’elle se fabrique. Actuellement les nucléus sont fabriqués avec des coquilles d’unionidae, une espèce de mollusque bivalve. Les rebuts étaient détruits avec leur nucléus. Gâchis. Un procédé permet désormais de recycler les perles n’ayant pas une couche nacrière suffisante pour être commercialisées. Une machine permettra de détacher la nacre du nucléus pour l’utiliser dans la cosmétique ou la teinture, les nucléus pourront après traitement être revendus aux perliculteurs. On pourra aussi fabriquer localement un nucléus à base de poudre de nacres. Les tricheurs n’auront qu’à bien se tenir !

Le venin du cent-pieds serait un antidouleur prometteur. Ce scolopendre ou mille pattes (Scolopendra subspinipes) cache dans son venin un antidouleur efficace. Des chercheurs australiens ont isolé une molécule susceptible d’inhiber les nerfs qui transmettent la douleur. Le venin du cent-pieds s’est avéré potentiellement aussi efficace que la morphine sur un canal nerveux particulier.

La dengue a fait sa première victime, un bébé de six mois. La progression de la dengue se poursuit. Deux virus circulent allègrement au fenua et maintenant le Zika a fait son apparition avec des plaques sur la peau, une fièvre importante une rougeur des yeux, des douleurs articulaires, des courbatures. On a beau crier sur tous les toits, sur toutes les télévisions  qu’il faut se protéger individuellement des moustiques. Tous les archipels sont touchés, sauf les Gambier. Que chacun détruise ses gîtes à moustiques. Les médecins ne savent pas comment le Zika est arrivé au fenua, et personne n’est immunisé.

Le ferry Aremiti II est construit aux Philippines pour un chantier australien et devrait bientôt relier l’Ile sœur à la capitale. Il embarquera 960 passagers et 140 véhicules légers. Construit en un an et demi, ce nouveau joujou a été mis à l’eau fin septembre, la livraison est fixée au 24 novembre, son arrivée dans la rade de Papeete prévue pour le 6 décembre, il devrait commencer ces trajets avant la fin de l’année. Bateau entièrement en aluminium, il mesure 80 m de long pour 17 m de large, intérieur très design ! Le snack-buvette attend sagement ses futurs clients ! Le navire api (nouveau) effectuera des traversées à 20 nœuds, mu par 4 moteurs MTU de 3 000 chevaux.

Hiata de Tahiti

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Alexandre et la Macédoine au Louvre

L’exposition Au royaume d’Alexandre le Grand, la Macédoine antique au Louvre, s’est achevée le 16 Janvier 2012. J’y suis allé, il n’y avait aucune jeunesse et très peu d’hommes. Le public qui se pressait (470 visiteurs en moyenne très serrés, filtrés par les vigiles) était composé surtout de vieilles bourgeoises parisiennes papotantes qui encombraient les vitrines et « consommaient » avec délectation de « la culture » pour en parler entre elles dans les salons.

Comme d’habitude resserrée dans les sous-sols du musée, l’exposition s’efforçait de mettre en valeur dans les salles obscures quelques 500 objets de Macédoine antique, du 15ème siècle avant (très peu) jusqu’à l’époque romaine (mônumenthââle). L’intérêt, outre l’érudit plaisir universitaire, était l’évocation d’Alexandre le Grand.

Étaient montrés des ensembles funéraires complets ainsi que des objets de civilisation. Des fresques, des statues, des céramiques, des bijoux évoquaient l’éducation, la vie quotidienne, la religion et la mort. Alexandre et sa légende étaient en bonne place, sur la fin. Notamment des marbres montrant son visage à diverses époques, et la couronne de feuilles de chêne en or de son fils Héraclès, assassiné adolescent par Cassandre et enseveli dans une tombe princière.

Comme d’habitude, les objets étaient exposés à hauteur des yeux d’enfants et nantis d’une étiquette écrite en tout petit placée encore plus bas. Autant dire le ridicule de ce canon muséal : les enfants ne lisent jamais les étiquettes et les adultes sont obligés de se presser, de se pencher et de plisser les yeux pour lire le gris clair sur gris foncé des mots dans la pénombre. Cette myopie exigée n’arrange pas la circulation devant les œuvres et masque les objets sous le discours pointilliste.

Quel intérêt de savoir les dimensions ou la collection, plutôt que de savoir ce que c’est et à quoi ça sert ? Comme d’habitude, le baratin des panneaux muséaux « explicatifs » comprenaient un tas de mots inutiles et de tournures cuistres pour « montrer » que l’Hâârt exige respect et que les clercs de musée sont les grands-prêtres du culte. Ils n’ont pas fait sept ans d’études pour rien, ayant passé souvent le concours de conservateur deux ou trois fois.

C’est dire combien le snobisme de caste règne dans ces « manifestations » subventionnées d’État et que la culture « ouverte à tous » est un mythe bourgeois dont la réalisation exigerait de voir cantonner les érudits de musée au simple rôle de conseillers scientifiques. Seul l’éclairage, très filmique, ne semble pas faire d’ombre à la chasse gardée des fonctionnaires de l’art, sans doute parce qu’ils n’y comprennent rien et que le nom des obscurs qui réalisent la mise en scène ne figure pas au catalogue (vendu 49€). C’est pourtant l’éclairage qui réussit ce que les étiquettes et les textes au vocabulaire affecté ne réussissent pas : vous intéresser aux « choses ».

Si je persiffle, je n’en ai pas moins apprécié l’exposition et son thème. Mais je ne supporte ni le snobisme catégoriel, ni la prétention « démocratique » des musées parisiens dont les textes « explicatifs » n’expliquent rien, écrits en langue universitaire avec plein de mots savants et de périphrases superflues, alors qu’on pourrait dire les choses simplement sans violer le savoir. J’ai été quelques années archéologue et ai participé à l’élaboration d’expositions ; je suis même diplômé en master d’archéologie – ce n’est donc pas un béotien qui parle.

Reste la Macédoine, région peu connue de Grèce, les fouilles françaises qui datent de Napoléon III, et les découvertes qui éclairent Alexandre un peu mieux. Un numéro de la revue L’Histoire fait bien le point sur le sujet. L’exposition est fermée, vous n’en aurez ici, comme les dieux, que le fumet.

Photographies © RMN et revue L’Histoire : Alexandre Le Grand, 15 ans qui ont bouleversé le monde, Les Collections de L’Histoire n°53, novembre 2011, €6.90

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