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Jules Romains, Amitiés et rencontres

J’avais un père qui aimait beaucoup Jules Romains. C’était l’époque, il était l’un des grands du milieu littéraire français avec Gide et Mauriac. Mais il a été oublié, quoique Knock, sa pièce jouée par Louis Jouvet, reste dans les mémoires – mais c’est parce qu’il en a été tiré un film. Repris d’ailleurs en 2018 avec Omar Sy en acteur principal.

Louis-Henri Jean Farigoule a pris le pseudonyme de Jules Romains lorsqu’il a publié ses premiers poèmes. Né en Haute-Loire en 1885, il a déjà 15 ans en 1900. Il grandit à Montmartre sous un père instituteur qui lui donne le goût de la lecture et de la belle prose. Il fera Normale Sup où il obtiendra l’agrégation de philosophie en 1908. Il retient de cette école, qui deviendra plus tard le nid du marxisme et encouragera l’affectation de subversion chez les fils de grands bourgeois, les amitiés et le goût du canular. « La violence non, le canular oui », dira-t-il l’âge venu.

A 85 ans, il néglige de rédiger ses mémoires car, dit-il, la mémoire nécessite de la continuité. Les souvenirs, eux, sont des images ou des anecdotes qui restent par-delà les dates et ils sont pour lui plus significatifs. D’où cette galerie de portraits, 56 en tout, de personnalités le plus souvent connues bien que certaines soient oubliées un demi-siècle après parution. L’ordre n’est ni alphabétique, trop systématique, ni chronologique, pour une question de mémoire des dates. Il va de fil en aiguille, un personnage en entraînant un autre.

Jules Romains aime rassembler, il est favorable à tout ce qui unit. Ce pourquoi les rencontres aboutissent souvent à des amitiés. De même, si le propos est parfois acide sur tel ou tel, il est étayé d’exemples précis et tempéré par un panorama des qualités habituelles ou nuancé par les circonstances. Romains aime analyser et tempérer, son personnage historique favori reste l’empereur philosophe Marc-Aurèle.

La première rencontre qu’il relate, non sans un certain humour, est celle de Victor Hugo. Le monument national étant mort en 1885, c’était évidemment bien au chaud dans le ventre de sa mère, enceinte de six mois, que le bébé Louis-Henry dit Jules a croisé la route de Victor – lors de son grandiose enterrement où tout Paris était là – dont lui qui ne voulait pas manquer ça.

Il y en aura beaucoup d’autres, Zola, Anatole France, Bergson, Einstein, Freud, Debussy, Claudel, Valéry, Gide, Pirandello, Gandhi, Apollinaire, Picasso, Matisse, Herriot, Laval, Auriol, Daladier, Copeau, Jouvet, Dullin, Georges Duhamel, Giraudoux, Mauriac, Maurois, Genevoix, Stefan Zweig, Chaplin, Darius Milhaud… et Landru. Ce tueur en série, il le rencontrera dans son garage qu’il n’avait pas payé mais déjà revendu, pour cause automobile ; il y verra les deux fils, Maurice Alexandre et Charles, 18 et 12 ans à l’époque.

Romains a côtoyé des poètes, des écrivains, des peintres, des musiciens, des hommes politiques. Il a écrit lui-même de nombreuses œuvres en vers et en prose, ainsi que des pièces de théâtre. Son grand œuvre reste Les hommes de bonne volonté qui comprend 27 volumes écrits entre 1932 et 1946 et qui s’étale en fresque sociale et politique de 1908 à 1933 (que j’avoue à ma honte n’avoir point encore lus).

Au fil des anecdotes, le lecteur apprend sur les personnages mais aussi sur l’époque par de petits détails précis. Ainsi de la rémunération des auteurs. Paul Adam, écrivain, lui déclare : « Il a fallu arriver, Barrès et moi, à notre huitième volume pour qu’un de nos ouvrages atteignît un public de quatre ou cinq mille lecteurs – ce qui était le minimum obligatoire pour qu’un éditeur fit ses frais ». Avis aux auteurs contemporains trop avides de gloire qui croient qu’une promotion éclair sur Internet va les lancer en stars de la littérature ! Il note aussi qu’avant 1914, « nous allâmes un jour à pied jusqu’à Montlhéry, et retour. Au total une bonne cinquantaine de kilomètres » (Georges Chennevière). Aujourd’hui, même en trottinette assistée, quel bobo oserait rallier Montlhéry depuis Paris centre ?

Einstein n’était pas le monstre rationaliste aux prédictions imparables que certains médias en font. « Au cours des conversations, en somme assez nombreuses, que j’eus avec lui, je fus frappé par la modération et même la modestie de ses propos. Il considérait visiblement les théories qu’il avait formulées comme des hypothèses commodes, mais non comme des vérités définitives ». Il trouve à l’inverse que Charlie Chaplin a « l’air assez satisfait de soi ».

Sur les acteurs, il répond précisément à une interrogation que j’avais à 12 ans à propos d’Eric Damain, un enfant du ma génération qui incarnait Jacquou le Croquant dans la série télévisée de Stellio Lorenzi – question à laquelle je n’avais jamais eu de réponse claire. « Il y a une certaine qualité de vérité intérieure, une certaine puissance d’expression, et de conviction, qui ne s’obtient jamais si ce n’est pas la nature même du comédien, son propre dynamisme d’être vivant qui rencontrent, à des moments essentiels, l’intonation juste et inimitable, le jeu, l’attitude ». Pour incarner, il faut être – le seul jeu ne suffit pas.

A propos de la littérature, foin des tarabiscotages : les « qualités d’émotion naturelle et simplement humaine que le langage a fonction de traduire » suffisent. Ecrire simple et sincère est un conseil utile aux débutants.

Cette promenade dans le siècle dernier, au gré humain des amitiés et des rencontres, est bien agréable à lire.

Après sa mort en 1972 à 86 ans, c’est Jean d’Ormesson qui prendra le fauteuil de Jules Romains à l’Académie française.

Jules Romains, Amitiés et rencontres, 1970, Tallandier, 333 pages + 30 pages de cahier, relié €11.00 broché €4.00

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Jean d’Ormesson, La gloire de l’empire

jean d ormesson la gloire de l empire

Lorsque j’ai lu ce roman à 17 ans, j’ai été enthousiasmé ; le relisant pour cette chronique, je comprends certains agacements adultes : trop de culture nuit à la lecture. Il faut être naïf et candide pour aborder cet empire. Le livre devrait donc rencontrer notre époque.

En 24 chapitres (chiffre symbolique, le lecteur saura pourquoi) et 460 pages sur papier bible, le romancier léger se fait historien philosophe dans ce pastiche d’un monde. Il raconte la geste d’un personnage qui n’a jamais existé, dans un empire qui reste imaginaire. Si non e vero, e ben trovato (si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé), aiment à dire les Italiens, peuple fort aimé de l’auteur. Il y a de la verve, de l’invention, du canular dans ce vrai inventé. Du René Grousset écrit par Jules Michelet et revu par Jorge Luis Borgès, peut-être. Avec généalogie, chronologie, cartes, bibliographie et index – comme dans les vrais livres des vrais historiens.

S’agissait-il, pour le bon chic bon genre d’Ormesson, d’enterrer « la culture » ? de créer un anti « nouveau roman » ? de s’élever par l’imagination contre le « réalisme socialiste » ? Tous ces groupes étaient encore vivaces après 1968, et il était salubre de les envoyer aux poubelles de l’Histoire pour réhabiliter le roman.

Mais Jean d’Ormesson se crée aussi lui-même, en Alexis ou peut-être en Bruince, dans une civilisation syncrétique qu’il fait naître de la rencontre improbable de Constantin et de Gengis Khan. Bruince, qui deviendra archipatriarche, né riche patricien, délaisse tout dès 13 ans pour se faire matelot. Il y a cette tentation manquée chez Jean d’Ormesson, il l’a livrée dans Au revoir et merci.

L’empereur Alexis fut un enfant bâtard jalousé et mal aimé, un adolescent débauché et meurtrier mais adorateur du soleil, un jeune adulte ascète fou de dieu, avant de conquérir l’empire sur requête d’un enfant – envoyé par sa mère. Il ne cherche l’unité impossible que pour se racheter de ses fautes bien réelles. Il est dual, comme l’esprit occidental abreuvé de Bible et de terrorisme philosophique platonicien, comme dirait ce bon Monsieur Onfray. « Alexis, c’est d’abord une passion : la passion de l’unité à travers le divers, la passion de l’universel, la soif de savoir, de beauté, de bonheur, la quête d’une clef, d’un secret, d’un système, d’une société des âmes » p.553 Pléiade. En bref l’incarnation de tout le cycle occidental.

Alexis et Balamir conquièrent à eux deux avant la Renaissance un « Saint empire romain méditerranéen et asiatique » (p.583) qui va de l’Atlantique à la mer de Chine, de l’Afrique du nord aux forêts scandinaves. L’époque est imprécise et les peuples ne sont que des noms : ne trouve-t-on pas les Hobbits en adversaires de l’empire à ses débuts ? C’est dire combien l’humour ne manque pas dans les références authentiques et inventées.

Cette fresque immense et ambitieuse ne va pas sans quelques longueurs dans les descriptions aussi lyriques qu’interminables qui se grisent d’érudition (notamment dans le chapitre XXIII). Mais la mise hors du temps fait pénétrer au cœur de la culture, la nôtre. Cet esprit curieux et porté à l’universel, ne supportant ni la contradiction ni la demi-teinte, est fait pour la gloire bien que sachant que tout est vain. Car seul le temps règne en maître et Dieu lui-même ne peut rien pour le passé ; il n’est pas omnipotent, au fond, et Jean d’Ormesson se demande toujours s’il existe. L’orgueil bâtit sur du sable, pas de gloire sans la chute ni de puissance sans déclin. Tout est vanité…

On peut reprocher à l’auteur cet esprit chrétien qui réduit toute action ici-bas à cet « à quoi bon ? » d’éternité (p.574). Mais on peut le créditer aussi de mettre le doigt sur l’action plutôt que sur l’utopie en montrant le dilemme d’Alexis : « changer la vie ou changer de vie ? » (p.619). La justice exige la force, la prospérité l’unité – mais peut-on faire le bonheur des hommes malgré eux ? Ils aiment la bataille et la guerre, les viols et le pillage ; il faut qu’un rêve soit plus fort que les satisfactions matérielles pour les tirer hors d’eux-mêmes et de ces plaisirs terre à terre.

L’un des bonheurs de lecture est cette langue classique, admirablement neutre, qui décrit sans dévier de sa route tranquille les meilleures et les pires choses. La vie la plus joyeuse et vigoureuse (les Jester) côtoie la barbarie la plus cruelle et le sadisme le plus brutal. Certaines scènes fascinantes ne sont que viols répétés, tortures interminables, enfants vivants lancés comme projectiles et meurtres de masse, l’auteur se plaisant à moquer l’irruption à la mode des homos, à la date d’écriture, par quelques traits bien placés : entre deux supplices d’éviscération ou de carbonisation de sexe ou de sein, deux jeunes barbares se plaisent à faire l’amour entre eux. Nous sommes dans la tradition monastique édifiante des horreurs de l’enfer ici-bas ; nous sommes aussi dans le rire à la Rabelais pour marquer combien vils sont les humains quand ils s’y mettent avec ardeur.

Mais ces quelques pages à la Sade sont aussi philosophiques : les daechistes de l’état islamique font-ils autre chose, 36 ans après la parution du livre ? Quand l’imaginaire rencontre le réel, à quoi bon dire et répéter de façon talmudique obsessionnelle « plus jamais ça » ? Ce faux empire apparaît plus vrai que les réels, tant il dit des hommes ce qu’il en faut savoir, que l’histoire se répète et que l’espérance du rêve côtoie sans vergogne la bassesse la plus bête.

Ce roman a reçu le Grand Prix de l’Académie française 1971 – laissez-vous emporter.

Jean d’Ormesson, La gloire de l’empire, 1971, Folio 1994, 692 pages, €12.40
Jean d’Ormesson, Œuvres, Gallimard Pléiade 2015, 1662 pages, €55.00 (si vous désirez lire plusieurs romans de Jean d’Ormesson, l’édition Pléiade est le meilleur rapport qualité-prix, avec 4 gros romans pour seulement 14€ chaque)
Les livres de Jean d’Ormesson chroniqués sur ce blog

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Diderot, La religieuse

J’avais 14 ans lorsqu’une fille de ma classe m’a mis entre les mains ‘La religieuse’. La prise de voile m’a dévoilé la réalité du monde. J’ai dévoré d’une traite ce roman tant le style est haletant, sans aucun chapitre, contant d’une langue admirable les turpitudes d’une innocente injustement brimée. Le lesbianisme de la fin m’est bien sûr passé par-dessus la tête, je l’ai découvert à la relecture adulte. L’époque était à la libération, quelques années après 1968, et l’enfer décrit par Diderot avait tout du mythe.

Il a commencé comme un canular. Diderot, Grimm et Madame d’Épinay se languissaient du marquis de Croismare, jadis bon vivant, désormais retiré sur ses terres. Pour l’en sortir, rien de tel qu’une bonne intrigue au goût de vérité. En août 1760, nos compères inventent une aventure plus vraie que le réel d’une très jeune fille enfermée au couvent par ses parents. Elle n’est pas faite pour la vie cloîtrée, elle ne sait rien du monde ni de l’amour mais bataille pour résilier ses vœux obtenus sous la contrainte. Pour cela, elle fait agir la loi ; mais la loi ne suffit pas en régime du bon plaisir. Elle doit faire agir les grands, ceux qui comptent en société. Et ce bon marquis est touché. Les compères ne lui avouent la supercherie que deux ans plus tard, mais le marquis ne leur en veut pas. Le roman sera publié en feuilleton de 1780 à 1782 dans la ‘Correspondance littéraire’. Il ne le sera en volume sous le Directoire en 1797 qu’après la mort de Diderot, intervenue en 1784.

L’enfermement contre son gré était la scie de l’époque prérévolutionnaire ; il marquait le summum de l’arbitraire, le bon plaisir du prince, la lettre de cachet politique ou le vil intérêt financier des parents. Ici, sœur Suzanne a été enfermée à 16 ans parce que dernière de trois sœurs qu’on ne pouvait toutes doter. Mais surtout preuve vivante de la faute de sa mère, que le mari soupçonnait. Cachez ce sein que je ne saurais voir ! L’enfant de l’adultère n’aurait jamais dû naître, autant la faire mourir dans les caves des couvents. Le temps bruissait de telles mésaventures, dans les gazettes comme dans les romans licencieux.

Là où passe Suzanne, il s’en passe de belles. Comme dans tout groupe fermé, les passions bouillonnent : la vanité, le pouvoir, la sensualité, le sadisme… Qui n’agit pas comme tout le monde est vite rejeté, mouton noir à qui l’on fait subir toutes sortes de sévices, en exorcisme de ses propres démons. Suzanne est affamée, dénudée, fouettée, enfermée, ostracisée. La société s’en fout et la loi n’en peut mais : l’église et les parents sont tout-puissants. Où le lecteur compatit avec l’innocence bafouée, la beauté souillée, la solitude éprouvée, familiale et sociale.

L’adolescent que j’étais ressentait plus fort qu’adulte cette tyrannie. La persécution maître-esclave était encore  celle de certains profs, forts de leur petit pouvoir sur la classe ou de leur idéologie d’airain. Car la liberté n’est pas seulement de corps, elle est aussi d’esprit. Exprimer une idée différente vous expose en classe à la raillerie méprisante du corps enfeignant, arrivé et confortablement installé, qui jouit avec sadisme de réprimer le naturel par le dogme. En balançant cul par-dessus tête ces mauvaises habitudes, mai 1968 a donné une leçon à cette profitude sûre d’elle-même et dominatrice, matheux sadiques et historiennes confites en dévotions marxistes ou réactionnaires. Il faut lire Diderot à cet âge, il vous marque pour la vie car il dit vrai.

Il évoque en parabole la liberté contre les pouvoirs, l’individu contre la hiérarchie sociale, le corps bien vivant contre l’âme éthérée. Le roman captive comme un roman noir, sans la sensualité du ‘Moine’ de Lewis, ni la gymnastique torturée de Sade (que je n’ai toujours pas lu). Sœur Suzanne, appelée selon la coutume du temps « Sainte » Suzanne, est comme la Suzanne de la Bible devant les vieillards : nue et naïve, regardée avec concupiscence par la religion comme par les sens enfiévrés de la Supérieure. L’enfermement fermente. Ce sera de même dans les collèges, si l’on en croit la littérature, et pas seulement française. Les ‘Désarrois de l’élève Topless’ (comme demandait à la Fnac un illettré qui cherchait le film) ou ‘Kes’ et surtout ‘If » répondent à ‘La ville’ de Montherlant ou aux ‘Amitiés particulières’ de Peyrefitte. Sauf que Sainte Suzanne est frigide, d’une innocence asexuée qui frappe le lecteur adulte (l’adolescent la prend comme elle est). Elle n’éprouve rien de plus que l’affection, ne sait rien des émois du sexe, ne comprend pas les caresses appuyées et s’étonne qu’on devienne folle de désir… Diderot, en restant tout rationnel, veut convaincre son temps (et son vrai marquis) que si le diable peut se cacher dans le sexe, la réalité de l’enfermement est belle et bien sociale. Il s’agit de contraindre les corps, les cœurs et les esprits, de lier à jamais les âmes. Et cela même est inacceptable pour les êtres de Lumière adeptes de la raison.

Un bien beau livre à relire adulte et à mettre entre les mains de ses adolescents pour leur faire découvrir la réalité du monde qui est le nôtre. ‘Surveiller et punir’, ce titre bien trouvé de Michel Foucault, raconte comment notre temps est expert lui aussi en enfermements. Si le film de Rivette en 1966 a été longtemps interdit, c’est que les images sont plus réalistes que les mots, mais surtout que le gaullisme de tradition militaire, le paternalisme de la bourgeoisie d’époque, rejoignaient sans peine le machisme ouvrier autoritaire du Parti communiste. La liberté avait bien du mal à renaître entre ces redoutables censeurs du corps social…

Denis Diderot, La religieuse, 1797, Contes et romans, Gallimard Pléiade 2004, 1300 pages, €52.25

Denis Diderot, La religieuse, Folio, 1972, 367 pages, €6.93

DVD La religieuse de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne et Isabelle Hupert, France télévision 2013, €7.63

DVD Suzanne Simonin la religieuse de Jacques Rivette, 1966, Opening, €29.79 « interdit aux moins de 16 ans »…

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