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Trek en vallée de Katmandou, premier jour

Le premier jour d’un trek, le rangement des sacs est toujours une opération délicate. Il faut prévoir léger celui que l’on porte la journée, bien emballer le fragile du sac lourd que l’on confie aux porteurs. Ne connaissant ni le pays ni le climat, on ne sait trop quoi prendre ni quoi laisser pour le soir.

La pluie tombe toujours : la cape et le surpantalon sont bienvenus. Mais il fait bon à Katmandou, « il ne neige jamais » nous dit Tara : huit cents mètres plus haut et quelques heures plus tard, nous regrettons le pull supplémentaire jugé trop lourd, comme le bonnet et les gants, extravagants ! Oubli vital. La veste en tissu aluminisé, que j’ai achetée récemment pour son faible encombrement, trouve ici sa pleine justification.

nepal minibus embourbe

Nous commençons par un bus, puis nous allons à pieds, parce que le minicar japonais Hiace dérape sur la boue du chemin. Nous visitons le temple d’Icangu dans la brume et sous la pluie persistante. Les toits religieux dégoulinent, les arbres pleurent de toutes leurs branches et les enfants rieurs vont emmitouflés jusqu’au cou dans leurs hardes superposées. Nous croisons une petite fille sous une hutte portative, un grand plastique pris dans une armature d’osier tressé.

nepal fillette armature contre la pluie

Les grands arbres de la forêt se perdent dans la mousseline. N’était le froid humide, je verrais bien ici glisser quelques jeunes filles hamiltoniennes… mais elles seraient trop peu vêtues pour le climat.

nepal arbres

Après un village en terrasses, nous marchons dans la forêt parmi des eucalyptus, des rhododendrons et de hautes fougères. Nombres d’arbres me sont inconnus. C’est une belle forêt où rôdent – paraît-il – des « tigres » et des perroquets. Cette traduction approximative ne doit pas nous laisser penser que le fauve du Bengale de six mètres de long des moustaches à l’extrémité de la queue rôde par ici. Il s’agit plutôt de chats-léopards, de civettes ou de divers chats sauvages. Tara nous raconte que ces « tigres » sont protégés et que l’un d’eux, endormi dans un poulailler de Katmandou, repus de volailles bien grasses, a dû être réveillé à coups de fusil. Rassurez-vous : il n’a pas été transformé en passoire, mais chassé dans une cage et emmené au loin.

nepal terrasses vers kakani

Nous pique-niquons au temple très coloré de Jamacok, en hauteur. Assis dans le brouillard, la pluie et le froid, nous mangeons humide et froid. Nous reprenons le camion pour descendre car le temps n’incite pas à la marche. Le moteur grimpe les routes à flanc de vallée. Les champs sont cultivés en terrasses, minuscules, et ce patchwork décore joliment le paysage, le civilise. Nous avons l’impression de contempler de haut une maquette toute en courbes de niveaux. Poussent là le riz, la pomme de terre, l’orge, sur quelques mètres carrés à la fois. La subsistance d’une famille.

nepal stupa jamakok

Pluie, pluie, pluie toujours. Depuis l’hôtel Taragon, dans Kakani, Tara nous avait promis un superbe panorama sur les montagnes : rien à faire, la brume s’épaissit et l’eau du ciel se déverse encore et toujours. À cause de la pluie, l’électricité a été coupée dans le village tamang où les constructions traditionnelles sont en briques et tuiles. Mais la tradition se perd et l’on construit désormais en parpaings et ciment.

Nous prenons le thé, avant de nous installer dans les chambres humides. Comme l’eau noie le paysage et inonde la rue, nous jouons en société jusqu’au repas. Le temps de lier connaissance avec le groupe. Nous dînons de légumes tandoori, de curry de poulet, de riz dal (sauce aux lentilles). Le gamin de l’hôtel qui peut avoir six ans va pieds nus malgré le froid. Il ne porte d’ailleurs qu’un tee-shirt, un short, et un tablier qui lui laisse le cou très découvert. Il s’est juché sur les genoux de son père et rit sous ses caresses. La scène est tendre et gentille.

La nuit est glaciale. Pas d’électricité : pas de chauffage. Seule l’énergie interne nous réchauffe, ou la chaleur animale de l’autre. A la nuit, la pluie s’est arrêtée. Le vent s’est levé qui a chassé les nuages. Les étoiles brillent comme des clous dans le ciel. Je retrouve avec plaisir mon duvet cloisonné de thinsulate double à capuche, avec son drap de coton et son sur-duvet coupe-vent. Je rajoute la combinaison Damart et des chaussettes !

Nous sommes réveillés à six heures le lendemain matin parce que le jour se lève et que l’aurore sur les montagnes est magnifique. Une demi-heure plus tard l’œil se réjouit. C’est la fête sur les sommets. L’Himalaya rosit, immense, dressant ses dents pointues sur le ciel bleu soutenu. Les neiges éternelles, éclatantes de blancheur, accrochent quelques nuages. La lumière est transparente, épurée par le vent de la nuit. Ampleur de l’aube, aube du monde. La glace au loin, sur les pics, est aux yeux d’une acidité de cristal.

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Frédéric Devaux, Un pas puis d’autres vers Compostelle

frederic devaux un pas puis d autres vers compostelle
Faut-il être croyant pour être pèlerin ? faut-il être fou pour quitter le confort de la civilisation ? faut-il avoir envie de compétition pour marcher durant deux mois de Vézelay à Santiago ? Rien de tout cela, nous apprend Frédéric Devaux, la quarantaine, père de trois enfants – « et Steven » – responsable de maintenance ferroviaire dans le civil.

Partir, c’est « faire le premier pas pour créer l’aventure, créer les conditions pour être heureux » p.180.

Ce ne fut pas simple pour lui, qui se sentait vieillir, introspectif un brin hypocondriaque, volontiers « stressé » d’un peu tout et angoissé de quitter sa famille pour se retrouver seul, face à lui-même. Non croyant, ayant quitté le catholicisme d’église, puis le christianisme de la vie éternelle même, il a voulu accomplir le Chemin par « envie de relever le défi », pour « connaître la privation », mais aussi par « orgueil ».

Il en reviendra avec de meilleures raisons : connaître « la véritable liberté de changer son programme » p.49 ; faire de multiples rencontres, « parties intégrantes du pèlerinage » p.60, d’autant plus riches qu’éphémères tels Hakim, Jean, Loïc, Fabio, Gwen, Marty, Jean-Paul, Steffie, Jelle ; « une chance de pouvoir évoquer des choses que l’on garde en soi et qui doivent s’exprimer » p.89 ; acquérir une « sensation d’équilibre, d’harmonie » p.43 ; jouir de la nature en elle-même, « se lever en forêt est mon plus grand plaisir » p.48, la vision au loin des Pyrénées comme « plus belle émotion » p.85 ou ces rapaces qui planent, souverains, comme des dieux p.94 et 111 ; la fête un samedi soir à Pampelune p.114.

« Le pèlerin part sur la route comme on décide de ranger son grenier pour connaître ce qui s’y trouve » p.66. Ce pourquoi il s’allège progressivement : de son matériel doudou largement inutile, de ses soucis illusoires et fausses responsabilités, de ses angoisses pour un futur qui n’est pas là ou pour des chimères nées de son imagination. Il faut dire que Frédéric est parti chargé comme un baudet, flanqué d’un chariot où mettre toutes ses affaires « indispensables » (peut-être parce qu’il a eu le dos bousillé par le judo ?) : une tente, deux tapis de sol, un oreiller gonflable, un bâton, une bombe anti-agression (contre les chiens), une tablette GPS en plus du téléphone portable et de son chargeur solaire, un harmonica et un baladeur chargé de musiques, deux gourdes en plus de la flasque à tétine… Il rencontre sur le chemin d’autres qui n’ont qu’un sac à dos avec un seul change – bien plus sages dans le choix de ce qui est vraiment nécessaire.

La résistance est dans le moral, pas dans le physique : le corps avance pas à pas, à son rythme, selon ce qui vient ; le mental seul travaille, rumine, s’emballe. Le spirituel peut recadrer le but, mais quand on n’est pas croyant, il se résume à l’essentiel : les amours terrestres, l’épouse et les enfants, l’ouverture aux autres. C’est plus humble que la foi, mais mieux ancré dans l’humanité réelle : combien de croyants mystiques préfèrent trop souvent leur méprisante solitude éthérée aux gens qu’ils ont véritablement devant eux ?

Mais l’angoissé a du mal à quitter sa famille, même pour quelques semaines ; ou est-ce la famille qui a du mal à le laisser trouver sa liberté durant ces vacances choisies ? Ce qui est dur est de quitter, pas de marcher. Le départ de Vézelay le 5 avril à midi juste s’effectue avec femme et marmaille, ainsi deux jours durant. Puis il les retrouve une dizaine de jours plus tard pour deux semaines encore ensemble ! Le pèlerinage n’est-il pas à l’inverse un chemin vers soi ? Le sentiment paternel en lui le fera marcher avec chacun de ses enfants tour à tour, pour l’intensité des liens personnels réciproques. « Mon rêve serait que mon expérience leur donne envie de forcer le destin, de prendre leur vie en main pour en tirer le meilleur » p.60. Mais, en contrepartie, « à notre retour, il sera impératif que le changement qui s’opère en nous apparaisse positivement aux yeux de ceux que l’on aime » p.135.

D’ailleurs, « les enfants sont à l’opposé des chiens : pas un qui ne me souhaite une bonne journée, ne me questionne sur ma route ou l’utilité de mon bâton » p.64. Le récit des détails de la voie, des ennuis de matériel, de la fatigue et de la faim, prennent place dans cet ensemble qu’est le Chemin, mais à leur juste place, racontés avec humour parfois, sensualité d’autres fois, pieds nus dans l’herbe, poitrine offerte au soleil couchant, attablé dans un restaurant gastronomique ou partageant le soir une bouteille de vin. Le souvenir de films ou de chansons contemporaines surgissent à propos – mais aucune référence littéraire.

Car l’auteur écrit fluide, mais trop souvent avec ces clichés de la mode que sont « mon ressenti » p.7, « mon sac est finalisé » p.11, « je m’éclate sur ce sentier » p.39, « nous échangeons sur » p.44, « ils matérialisent mes conditions » p60, « cette problématique s’affirme » p.62, sans parler des superlatifs dont on a perdu le sens : « magique », « fabuleux »… Tout un jargon très peu français dans le flou des mots-valises entendus à la télé. L’auteur entreprend pourtant une réflexion poussée sur « le sens des mots » p.98 – il aurait pu se relire.

Mais ces défauts bénins (qui ne surgissent qu’à l’œil exercé du critique) ne compromettent pas le sens du livre. Il est de livrer une expérience et reste en cela authentique.

Le récit de ces deux mois est bien raconté, plaisant à lire, sans se perdre dans les cartes, plans et autres balisages. Les relations humaines sont premières, l’approfondissement de soi aussi, au point de fondre en larmes devant Santiago cathédrale – et de poursuivre ensuite jusqu’à la mer, à Fisterra (fin de terre).

« Le pèlerin revient de son périple avec une force en lui, une capacité à affronter certaines épreuves, à prendre des décisions qui peuvent demander un peu d’audace ou de courage » p.180. Lorsqu’on est allé jusqu’au bout – « ultreia » ! – tout devient possible sans que la précaution par principe ne vienne entraver l’audace. Le livre est un témoignage qui dure, plus que les souvenirs. Il a été écrit pour le public, mais aussi pour les trois enfants – « et Steven » (mais qui est donc bébé Steven ?).

Quiconque voudra se lancer dans cette grande aventure, ou aura seulement la curiosité d’apprendre pourquoi des milliers de pèlerins venus du monde entier font le Chemin de Saint-Jacques, lira ce livre avec bonheur. Je vous le conseille !

Frédéric Devaux, Un pas puis d’autres vers Compostelle, 2015, éditions Vérone, 183 pages, €18.00
Aussi sur ce blog : Chemin de Saint-Jacques

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Imelghas vallée des Ait Bouguemez

Après un épisode difficile, un camion enlisé bouchant à lui tout seul la piste que nous devons prendre, nous finissons par arriver au village d’Imelghas, dans la vallée des Ait Bouguemez. Traditionnelles habitations de torchis aux murs couleur de terre. A l’écart du village, un Français a construit en dur une maison d’accueil pour les voyageurs. Elle est en pierres et comprend des aménagements supplémentaires : un hammam au sous-sol, un étage avec des chambres. Nous y logeons.

Après le thé à la menthe, le hammam nous attend, chauffé pour nous tout l’après-midi, car il doit monter en température un moment avant d’être à point. A Imelghas, on n’y met pas le gaz mais on brûle du bois. Nous nous y débarrassons deux par deux de toute la poussière de la piste. C’est une salle nue cimentée, très chaude car la chaleur du foyer, installé à l’extérieur, passe sous le sol et dans les murs, à la romaine. On jette quelques seaux d’eau froide et la vapeur fuse. On y reste un moment nus à suer, puis l’on se lave à l’eau chaude du chaudron et à l’eau froide que nous puisons dans un grand baquet. Chacun fait son mélange. Le plancher est brûlant, monté sur piles de briques comme les thermes romains. Lorsque l’on sort, nettoyés, on a l’impression qu’il fait froid au-dehors. Le refuge est la seule maison du village à posséder un tel hammam, habitude plutôt arabe que berbère. Or, nous sommes ici en plein territoire berbère. Et déjà en altitude, à 1800 m.

Nous partons nous promener dans le village avec des yeux neufs. Des gamins terreux nous suivent. Bernard leur fait regarder dans ses jumelles, ce qui les ravit. Ils appellent leurs copains. Nous rencontrons un couple de Français et leurs deux garçons. Même à l’étranger, dans un pays chaleureux, les enfants de France restent très réservés. Même s’ils ne veulent pas jouer avec les petits paysans, ils devraient être contents de voir des compatriotes. Quelle est cette culture d’Europe qui rend les être aussi coincés ?

Nous dînons, tard pour nous. Le tajine de poulet aux légumes est un délice. La vapeur a confit les saveurs de la viande et des tubercules avec les épices. Tout cela se fond harmonieusement et donne de la chaleur au palais. La discussion à table porte sur le ski, Marie-Pierre étant de Briançon.

Ce matin, la vallée baigne dans la transparence. Une lumière douce fait chanter les couleurs. Nous partons à pieds avec un petit sac à dos, nos grands sacs étant portés par six mules. Elles portent aussi la nourriture et les tentes pour les jours à venir, guidés par quatre muletiers berbères. Nous traversons des champs riches où la terre, largement arrosée et fumée, laisse pousser à profusion légumes et céréales. A 1800 m d’altitude, on retrouve des plantes de chez nous : des boutons d’or, des renoncules, des aubépines, des saules mêlés aux figuiers.

Nous traversons plusieurs hameaux faits de quelques maisons seulement. Leurs habitants sont aux champs. Les gosses, en vacances, travaillent avec les adultes ou jouent en petites bandes. Sourires, bonjours, regards de curiosité. Quelques-uns demandent – en français s’il vous plait ! – « un stylo » ou « un bonbon ». La vallée est entièrement agricole. On n’y entend s’exprimer que les brebis et les chèvres, les oiseaux, et le vent dans les feuilles des noyers. Ce sont les Alpes marocaines.

Sous le noyer du pique-nique, au lieu-dit Agouti, l’ombre est si forte qu’il y fait froid. De là vient sans doute le dicton paysan affirmant que celui qui s’endort sous un noyer attrape la mort. Un autre groupe de mules vient s’installer. Ce sont des berbères du même village que les nôtres, qui conduisent un couple de Français et leurs deux garçons, ceux que nous avons rencontrés hier soir au village. Ils sont de Briançon comme Marie-Pierre et ont connu l’Atlas en lisant un article dans une revue de montagne. Il y était dit que de jeunes Marocains venaient se former au métier de guide pour exploiter les pistes vierges de l’Atlas central. Ils sont donc venus seuls, en voiture, par l’Espagne, puis en bus de Marrakech à Azizal, et en taxi pour la fin de la route, enfin en camion, pour le bout de piste conduisant à Imelghas. Ils sont arrivés samedi dernier ici, et il pleuvait ! Leurs deux garçons de 7 et 9 ans manquent l’école ? Eh bien, oui ! Ils sont « en voyage d’étude ». Selon leur père, ils aiment courir, jeter des pierres dans l’eau, grimper aux arbres. S’ils marchent trop longtemps, s’ils s’ennuient, ils montent alors sur une mule, ajoute la mère. Ils sont un peu surpris par la nourriture marocaine, par le froid, la nuit, et par les nuées de gamins qui les entourent dans les villages. Ils ne peuvent leur parler, alors ils sont timides. De plus, les jeux sont restreints : en-dessous de 7 ans, les petits garçons berbères restent avec leur mère, au-dessus, ils travaillent la plupart du temps. Cette famille est au début de son séjour, elle va faire comme itinéraire le même que nous, mais à l’envers. Je trouve sympathique de partir ainsi à l’aventure avec ses enfants, au lieu de rester moutonnièrement sur des plages bondées. L’esprit des petits s’éveille mieux, la vie familiale est plus intense en pays étranger et dans les conditions plus difficiles de la randonnée. L’expérience sera plus forte. Mais il vaut sans doute mieux partir avec une autre famille que l’on connaît bien, les tâches de surveillance et d’amusement des enfants sont mieux réparties, et les petits peuvent jouer entre eux.

Le reste du jour se passe à changer de vallée et à longer les pentes de la nouvelle. Nous quittons la vallée des Ait Bouguemez pour la vallée des Ait Boulli. Les cultures restent morcelées, les habitants exploitent la moindre terrasse de terre alluvionnaire. Les hameaux de quelques maisons constituent un habitat dispersé propice à l’exploitation de ces bouts de champs. La construction reste en pisé sur une armature de poutres de bois. Les toits sont plats. La couleur ocre, qui est celle de la terre, est belle dans le paysage verdoyant. L’hiver, il y fait froid ; en cas de grosse pluie l’eau pénètre à l’intérieur ; en tout temps il y fait sombre, même en plein jour – mais ces bâtisses sont faciles à construire et à réparer. Certaines sont en forme de tours. Les meurtrières sont ouvertes en décalant les plaques de terre mêlée de paille qui servent à la construction. Autrefois faites pour se défendre, elles servent aujourd’hui de greniers.

Plus haut, la végétation change. On trouve des pins, des genévriers, des chênes kermès aux feuilles comme le houx, et des palmiers nains. Il fait chaud dans la journée, très chaud. Sur le chemin, on croise une mule : le père est sur la selle, la petite fille suite derrière. Ainsi sont les femmes ici.

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Au salon Destinations nature dès le 30 mars

Outre les informations et catalogues de voyages, les animations et ateliers du salon sont utiles et prennent souvent la forme d’un jeu.

Sentier des chatouilles : Aménagé à l’entrée du salon, ce sentier tapissé d’herbe, de sable, de copeaux de bois et galets permet au visiteur de tester la randonnée pieds nus à la découverte de nouvelles sensations !

Bar à eau suisse : Dans un bar design créé pour l’occasion, la Suisse et la société Aproz, invitent les curieux de nature à une dégustation originale de trois de ces eaux vertueuses puisées au cœur des Alpes valaisannes. L’occasion de découvrir qu’à l’instar des vins, les eaux minérales ont elles aussi leur saveur et spécificité propres.

Éruption permanente du Piton de la Fournaise : Mise en place par l’Ile de la Réunion, cette animation inédite propose d’assister en direct au fascinant spectacle d’une éruption volcanique… en miniature ! Reproduction du célèbre volcan réunionnais, une maquette d’1m50 explosera deux fois par jour, propulsant une boule de feu à trois mètres du sol. Une lourde fumée sortira alors du cratère pour glisser le long du volcan. Présents à proximité de cette scène très réaliste, La Maison du Volcan et le voyagiste Aventure et Volcans expliqueront les phénomènes éruptifs et présenteront leurs randonnées à la découverte du Piton de la Fournaise. Complétant l’inventaire de ses joyaux naturels, l’Ile de la Réunion projettera sur son espace un film 3D présentant la plus grande forêt du monde, une série de 6 reportages de 52 minutes sur la biodiversité lancée dans le cadre de ‘2011, année des Outre-mer’, dont le premier volet est tourné sur les sites majeurs de l’île.

Pique-nique spécial Cap France : Cédric Laxenaire et Virginie Guitard, finalistes de l’émission Masterchef de TF1, offrent des démonstrations culinaires : des recettes spécialement élaborées pour les pique-niques zéro déchet Chouette Nature® proposés par Cap France aux randonneurs sur tous ses sites. Réalisés avec les produits de la marque partenaire Alter Eco, issus du commerce équitable et labellisés Max Havelaar, ces plats savoureux et équilibrés sont proposés au public pour dégustation. Possibilité de participer à un jeu concours pour gagner deux déjeuners par jour pour 2 personnes. Tirage au sort quotidien à 13 heures sur le stand.

Marche nordique : cette technique sportive née en Scandinavie fait des adeptes en France. Son principe est simple. A l’aide de deux bâtons appelés nordic sticks (évidemment…), le mouvement naturel de balancier des bras est accentué, stimulant la partie supérieure du corps habituellement inactive pendant la marche. Résultat, le tonus musculaire se renforce et, avec lui, le système cardiovasculaire. Animés par Nordic Walking et la Fédération Française d’Athlétisme, deux espaces d’initiation attendent les amateurs au Salon des Nouvelles Randonnées.

Slackline sur câble : Si le funambule marche sur un câble d’acier avec un balancier, le slackliner évolue les mains vides sur un câble élastique souple. L’intérêt ? Développer la maîtrise de soi, son équilibre et sa capacité de concentration. Venue de Californie, cette discipline compte 20 000 pratiquants dans le monde et débarque en France. En 4 ans de pratique dans les massifs montagneux de la région d’Annecy, Julien Millot est devenu l’égérie de la marque Slack.fr qui commercialise le matériel indispensable. Démonstrations en hauteur (5/6 mètres) et initiations au sol offriront au public l’opportunité d’en savoir plus sur ce sport émergeant. Les ados vont adorer !…

Bien préparer son sac de randonnée : Comment bien s’équiper ? Quels sont les vêtements les mieux adaptés ? Le matériel le plus approprié ? Comment trier pour ne pas trop porter… Le Salon ouvre une exposition permanente d’une trentaine de nouveautés ainsi que des ateliers animés par notre expert, Grégory Rohart, et des représentants des plus grandes marques de vêtements et de matériel outdoor.

Dormez dans un avion, dans une bulle ou dans les arbres : Un petit Cessna des années 60 s’est posé dans le hall du Salon des Nouvelles Randonnées… L’avion-hôtel de Natura Lodge s’est transporté d’Ardèche à Paris pour montrer sa reconversion réussie en ambassadeur écotourisme. Entièrement dépollué, l’avion transformé en chambre pour deux est habituellement sur son site naturel ardéchois dans une mise en scène qui offre à ses hôtes la sensation d’être des aventuriers.

A découvrir également les tentes arboricoles ultra-light de Plum’arbres ou les bulles transparentes de BubbleTree pour des nuits sous la voûte étoilée

Réparer un vélo en rando : Des conseils utiles pour se lancer dans une randonnée à vélo dans les meilleures conditions de confort et sans soucis, c’est ce que la Fédération française de cyclotourisme (FFCT) se propose de faire grâce à un atelier mécanique sur son stand. Des moniteurs de la fédération dispenseront des conseils pratiques : comment régler la selle, le guidon ou les freins de son vélo et que faire en cas de crevaison ou quand la chaîne saute.

Pendant la durée du salon, la Fédération française de cyclotourisme (FFCT) invitera également les visiteurs à tester le premier portail de la randonnée à vélo VTT en France : www.veloenfrance.fr. Plus d’un millier de circuits totalisant plus de 35 000 km de circuits route et 8 000 km de VTT ainsi que 500 hébergements et 1500 sites touristiques y sont répertoriés.

Et aussi …

  • Faites-vous photographier sur fond de fjords norvégiens ou de paysages omanais et repartez avec votre tirage papier (sur le stand d’Oman Tourisme)
  • Emmenez vos enfants apprendre à fabriquer un cerf-volant sur le stand de Berk-sur-Mer, station balnéaire familiale où se tiennent chaque année en avril les Rencontres Internationales de Cerfs-Volants.
  • Projections, débats et récits de voyages en France et à l’étranger proposés tout au long de la journée dans les espaces conférences
  • Randonnées spéciales «salon» de la FFRP sur les sentiers du Mont Saint Michel, de la Fédération Française de Randonnée de la Sarthe (cette année, de Versailles… à la Porte de Versailles) et le rallye pédestre culturel de Paris Patrimoine
  • Parcours aventure imaginé pour le plaisir des enfants dès 3 ans par Point Afrique
  • Yourte mongole aménagée par Cheval d’Aventure pour rêver d’évasion lointaine à travers les steppes.

Destinations NATURE le salon des nouvelles randonnées du 30 mars au 1er avril 2012 à Paris

Site : www.randonnee-nature.com

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Randonner Retrouvance

Les Français aiment la randonnée. Sport pas cher et en plein air, il permet d’exercer une activité physique pas trop stressante, à son rythme, et en groupe. La famille s’y retrouve dans les pas et le gite partagés. Les groupes s’y soudent entre bonne bouffe et amitié. Cela dans des paysages naturel – s’il en reste !

Ce pourquoi l’Office national des forêts a quitté son confort bureaucrate, cette pente naturelle de toute administration, pour se bouger nature. La nouvelle génération tient à valoriser ses compétences pour les offrir autrement que dans la passive « conservation ». Les années 2000 sont écolos, au sens moins politique que natif. Il s’agit d’interaction entre l’humain et le milieu naturel – son milieu. La Bible, accentuée par la mathématisation des Lumières puis par le positivisme scientiste, avait laissé croire que l’Homme (à majuscule et masculin) était d’une autre essence que matérielle. Il devait donc dominer, exploiter, jouir de ce milieu qui lui était extérieur et « donné ». C’est bien fini. L’homme (sans majuscule) retrouve sa place humaine (des deux sexes) sur la planète et dans le naturel. Car l’humain fait partie intégrante de la nature.

Retrouvance (nom déposé) est une façon de marcher qui redonne du naturel à l’humain. Tout est compris dans le prix, tout est organisé par l’ONF : l’accompagnement, le gîte, la restauration, le transport des bagages. Vous allez d’un point à l’autre dans des paysages préservés, et sans souci d’organisation !

L’Office valorise ainsi son savoir-faire tout en présentant son œuvre de conservation et entretien des paysages. Voilà qui est intelligent et je vous recommande chaudement ce « concept ». Les maisons forestières ne servaient plus à rien, elles retrouvent un usage. Les bâtiments désaffectés des villages désertés de la ruralité se délitaient, ils retrouvent vie. Vous pourrez loger dans d’anciennes écoles sans élèves ou des cures séculaires sans curé.

Un autre avantage est que vous quittez les grands flux touristiques, les endroits où tout le monde va et se presse, dans le bruit, la frite et les parkings. Vous allez explorer des territoires méconnus comme le plateau de Millevaches (vous pourrez les compter pour dormir), la vallée de la Roanne en Drôme (vous saviez qu’elle existait ?), le haut Verdon hors des hordes dans les Alpes du sud, escarpé et grandiose, le mont Valier en Ariège, les monts oubliés d’Ardèche…

Beaucoup de forêts avec l’ONF, bien sûr. Il est agréable de marcher sous les arbres ou autour. Ils ne sont jamais loin, protecteurs, verdoyants, frissonnant aux brises. Ils parlent, ils murmurent, ils chantent. De vieilles légendes renaissent, qui vous seront contées à la veillée. Des histoires secrètes de forêt. Lorsque la pente se fait plus forte, comme dans le Valier qui culmine à 2838 m, vous pourrez voir planer les rapaces en silence, l’aigle, le gypaète barbu, et même le vautour ! Lorsque l’altitude est moindre, les rivières et les étangs se peuplent d’un petit monde de loutres et autres bestioles aquatiques. Les fleurs surgissent et les plantes sont bonnes à découvrir ou à manger.

Ces randonnées en général d’une semaine, sont à voir sur le site de Retrouvance. Elles sont accessibles via les agences de trek spécialisées comme Terres d’aventure, Chemins du sud ou La Balaguère, ou encore par les offices de tourisme. Ils vous trouvent un accompagnateur car certaines randonnées ne sont pas réalisables sans, par exemple dans le Limousin de Millevaches. D’autres sont en liberté, la logistique est assurée mais vous marchez seuls avec carte. Dans les randonnées accompagnées, dîners et pique-niques sont composés de produits locaux, le vin à table est compris !

Tous les circuits sont accessibles sans difficulté aux randonneurs moyens, mais un classement en carrés vous permet de voir quels sont les efforts. Deux carrés disent 3 à 5 heures de marche par jour sans dénivelé excessif. Trois carrés 5 à 6 heures de marche avec un dénivelé moyen de 400 à 1000 m en cumulé. Quatre carrés prévoient 5 à 8 heures de marche avec un dénivelé plus important, de l’ordre de 600 à 1200 m dans la journée.

L’ONF labellise les gîtes et ils sont exclusivement réservés à votre groupe. Vous pouvez lire leur description sur le site ONF. Ils ont tout le confort avec chambres à 2 ou 4 lits et sanitaires. Respect de l’environnement et isolement obligent, certains sont équipés en énergie renouvelable tels que panneau solaires ou micro-turbines. De quoi découvrir aussi la façon dont l’ingéniosité humaine permet de s’adapter au milieu sans l’épuiser.

Quelques conseils pour randonner à l’aise :

  1. Achetez de bonnes chaussures, plutôt légères mais hautes, qui tiennent bien le coup de pied.
  2. Prenez un sac à dos léger, sans armatures inutiles, vous ne serez pas dans l’Himalaya !
  3. Ne portez pas plus que nécessaire :
  • la gourde (1 litre au moins, donc 1 kilo),
  • lunettes et crème solaire
  • un pull polaire et un coupe-vent, une couverture de survie et un couteau,
  • une trousse de premier secours qui doit comprendre un désinfectant, des pansements, un bandage et de la ‘seconde peau’ contre les ampoules, pas plus pour la journée
  • votre appareil photo et carnet de notes
  • un téléphone mobile bien chargé au cas où.

Tout le reste est à mesurer avec votre capacité à porter sans effort (jumelles, compléments alimentaires, etc.), votre sac ne doit guère dépasser 3 ou 4 kg par adulte.

N’oubliez pas que vous devrez porter le matin votre pique-nique du jour !

L’UNESCO a décrété 2011 « Année internationale de la forêt », autant la découvrir avec des spécialistes !

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