Articles tagués : abîme

Minuit dans les jardins du bien et du mal de Clint Eastwood

Qu’est-ce que la vérité ? Ou la justice ? Au nord ou au sud, les conceptions sont différentes et le journaliste newyorkais John Kelso (John Cusack), débarqué à Savannah en Georgie pour couvrir en cinq cents mots la réception de Noël du nouveau riche collectionneur Jim Williams (Kevin Spacey), connait un choc de culture. Car, lui dira Jim à la fin, « la vérité, comme l’art, est dans l’œil du spectateur. Vous croyez ce que vous choisissez ». Une statue de cimetière montre une jeune fille qui tient deux plateaux en balance (la Bird Girl, désormais au musée) : la vérité peut être celui de droite (nordiste, rationnelle) – ou celui de gauche (sudiste, vaudou), c’est selon. Nous sommes dans le Sud et la ville subtropicale cosmopolite, composée pour moitié de Noirs, ne connait de vérité ou de justice que relative…

Notre journaliste béjaune, qui aurait l’air moins ridicule s’il ne gardait pas si souvent la bouche ouverte comme un poisson hors d’eau, rencontre des « cas ». Un promeneur de chien mort il y a des années, mais pour 15 $ la journée ; une blonde Mandy qui n’est que « copine » avec son déclaré petit ami (Alison Eastwood) ; l’ancien universitaire prénommé Luther entouré de mouches qui porte sur lui constamment une fiole de poison pour déverser dans les réservoirs d’eau de la ville sans que personne ne s’en émeuve (Geoffrey Lewis) ; une grosse négresse vaudou, Minerva (Irma P. Hall), portant lunettes noires même en pleine nuit et qui « sait » communiquer avec les morts dans « le jardin » (qui est le cimetière) ; enfin Lady Chablis, une belle noire d’un snobisme absolu qui s’avère un travelo et qui a trouvé son nom de scène sur une étiquette de bouteille de vin… Rien de cela ne choque les habitants de Savannah. Ils forment une « communauté » avec ses diversités et chacun se mesure au regard des autres.

Car chacun s’avère, au fond, d’un égoïsme effréné. Ce qui ouvre un abime impossible à combler dans chaque personnalité. La solitude est insupportable et il faut revendiquer son identité pour se faire reconnaître, séduire, être entouré, paraître et sauver les apparences. C’est Jim en collectionneur obsédé de belles choses, Jim qui aime Billy le bad boy gigolo de 20 ans (Jude Law), lequel n’aime que lui et sa Chevrolet Camaro et pour le reste se défonce en sexe, alcool et drogues les plus dures pour combler son vide intérieur ; c’est Franck, alias Lady Chablis, qui est un homme avec son « service trois pièces » mais se veut femme tout en étant inapte à connaître l’amour sexuel selon ses désirs – une drag queen qui a réellement existé sous le nom de Benjamin Edward Knox alias Brenda Dale Knox, né(e) le 11 mars 1957 à Quincy en Floride, Miss Gay World 1976 et qui joue son propre rôle dans le film ; c’est Minerva la prêtresse qui s’entoure de colifichets et énonce prédictions et sorts pour simplement exister, se posant comme voyante du bien et du mal lorsque minuit sépare la magie bénéfique de la magie démoniaque. Mais c’est aussi Luther au prénom prédestiné, qui, s’il est vexé peut fort bien empoisonner la ville ; ou Mandy qui ne sait pas si elle aime ou non son ex-avocat rayé du barreau qui se défonce tous les soirs au piano jazz et squatte une villa délaissée pour un an par son propriétaire parti en Europe.

Le film est tiré d’un roman éponyme de John Berendt publié trois ans plus tôt et fondé sur un meurtre réel qui s’est produit en mai 1981 à Savannah. Car, une fois la réception annuelle de Noël terminée, Jim tire sur Billy avec un Lüger allemand de collection ; le garçon, fou défoncé, s’était monté la tête dans l’engueulade qui avait précédé et brandissait une arme qu’il venait de saisir. Billy est retrouvé sur le tapis précieux du bureau, troué de trois balles. Mais il n’a pas de poudre sur les mains, prouvant peut-être qu’il n’aurait pas tiré. Dès lors, le procès en contradictoire sera une bataille d’avocats pour convaincre le jury composé de la diversité du coin, y compris l’homme aux mouches, que les mains de la victime n’ont pas été convenablement protégées, que la scène de crime n’a pas été gelée et n’importe qui a circulé dans la maison après le meurtre – y compris le petit chat – et donc que Jim, notable reconnu et respecté, est innocent. Même si son homosexualité fait tache, selon la Bible, encore que « Dieu l’ait créé ainsi ». La vérité est toujours d’un côté comme de l’autre, selon le point de vue d’où l’on se place.

John, venu pour trois jours afin d’écrire cinq cents mots de commande, restera six mois au moins, s’établira avec Mandy et écrira un livre – un roman non-fictionnel dans le genre true crime.

J’ai vu quatre fois ce film depuis sa sortie ; j’en découvre chaque fois un aspect différent.

DVD Minuit dans les jardins du bien et du mal (Midnight in the Garden of Good and Evil), Clint Eastwood, 1997, avec John Cusack, Kevin Spacey, Jack Thompson, Jude Law, Paul Hipp, Brenda Dale Knox dit Lady Chablis, Alison Eastwood, Anne Haney, Irma P. Hall, Warner Bros 2011, standard €11.99 blu-ray €19.29 

DVD Clint Eastwood – Coffret réalisateur, contient 8 films : Au-delà, Invictus, Gran Torino, Mystic River, Un Monde parfait, Minuit dans le jardin du bien et du mal, Sur la route de Madison, Bird, Warner Bros 2011, €29.90

Catégories : Cinéma | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Vladimir Nabokov, L’exploit

Réfugié en Crimée avec sa mère, Martin, 16 ans, s’échappe sur un bateau canadien jusqu’à Athènes, où une jeune poétesse assez banale l’initie au sexe. Mère et fils rejoignent un oncle sentimental en Suisse, qui finance les vagues études de lettres russes qu’effectue Martin à Cambridge avant d’épouser sa mère. Ils apprennent la mort du père en Russie. Martin fréquente à Londres des russes émigrés, les Zilanov, et tombe amoureux de Sonia qui ne songe qu’à muser et s’amuser, sans être capable d’aucun sentiment profond. Comme si la rupture avec la patrie charnelle russe châtrait les jeunes émigrés et les rendaient inaptes à bâtir un nouveau destin.

« Martin est le plus gentil, le plus droit et le plus émouvant de tous mes jeunes gens ; et la petite Sonia (…) devrait avoir toutes les chances de devoir être acclamée par les experts en matière de charmes et de sortilèges amoureux comme la plus singulièrement séduisante de toutes mes jeunes filles, bien que ce soit de toute évidence une flirteuse lunatique et cruelle » (Avant-propos de Vladimir Nabokov écrit en 1970).

Contre le matérialisme existe aussi un idéalisme, même mal placé et solitaire. L’épanouissement personnel se teinte de nostalgie, les souvenirs d’enfance d’une conscience de la mort. La « gloire » qui donne son titre au roman récompense le courage personnel mais inutile, celui « du martyr radieux », dit l’auteur. Il est vrai que l’on se prend de sympathie pour ce Martin vigoureux mais naïf, à qui il manque un père pour le guider et un but dans la vie. Il n’est bon en rien, bon à rien. Tout ce qu’il entreprend au titre des sentiments échoue, de son amour non partagé pour cette putain de Sonia à son amitié tenue à distance du condisciple de Cambridge Darwin, et jusqu’à cet amour inconditionnel béat de maman qui ne l’aide pas. Derrière la vitalité luxuriante, il n’y a rien. Il se lance à lui-même des défis auxquels il se contente de répondre, en Narcisse perpétuellement insatisfait de son miroir. Martin rêve depuis son enfance d’aventures et de hauts faits ; devant chaque réalité, il renâcle, comme de s’engager contre les bolcheviques dans l’armée de Wrangel en Crimée, à 16 ans. Il a en lui du Fabrice del Dongo, sans la fantaisie de vivre ses fantasmes, prenant tout trop au sérieux peut-être.

Après des années de tourments, Martin tente le tout pour le tout : pour se faire reconnaître de Sonia, dont il est éperdument amoureux, il veut réaliser l’exploit de passer en Russie clandestinement pour 24h et d’en revenir incognito. Depuis son enfance, il a toujours eu peur de ne pas paraître viril et, depuis la disparition de son père, nul ne peut le conforter en virilité que lui-même. L’acte de bravoure est en quelque sorte un suicide, ou l’inverse.

En partie autobiographique, ce roman se distingue cependant par une nette distance de l’auteur avec son personnage qui n’est pas lui après l’enfance et qui n’a pas la même parentèle. Le fantasme du retour à la mère patrie tenaillait cependant Vladimir comme Martin, puisque l’URSS l’a condamné pour un poème qu’il a écrit dans la revue russe libérale de son père à Berlin, Le billet. Plus fragile que son auteur, Martin n’est jamais ce qu’il paraît ; il porte en permanence un masque différent. On le prend pour un Américain en Grèce, pour un Anglais en Italie, pour un Suisse en France, pour un voyageur de commerce dans un train, pour un petit garçon dans les yeux de Sonia. Seule la mort peut réconcilier l’image et l’être. Viendra-t-elle ?

Plus que l’histoire, un peu vide, plus que le portrait de l’auteur en jeune déraciné inquiet, plus que les sentiments volages des années 20, le style Nabokov captive. Il vous plonge dans le mystère par de simples lumières aperçues dans la nuit par la fenêtre d’un train qui parcourt le sud de la France ; il vous dépayse par la description des rues étroites et sombres de Cambridge où des étudiants courent d’un bâtiment à l’autre ; il vous enchante de la forêt russe dans un souvenir d’enfant, attirante et inquiétante ; il vous précipite dans le vertige qui saisit le jeune homme lorsqu’il glisse d’une pente et se reçoit in extremis sur une corniche étroite, sous lequel le vide l’attire. Cédera-t-il ? Aura-t-il le courage de l’affronter en face ? Si la corniche est l’exil et son support provisoire et si l’abîme est la nostalgie de la Russie, alors tout est possible.

Vladimir Nabokov, L’exploit, 1932 revu 1971, Folio 2009, 304 pages, €7.80

Vladimir Nabokov, Œuvres romanesques complètes tome 1, édition de Maurice Couturier, 1999, Gallimard Pléiade, 1729 pages, €77.00

Vladimir Nabokov sur ce blog

Catégories : Livres, Vladimir Nabokov | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Nietzsche, Prologue de Zarathoustra

Nous sommes en 1883. Le Prologue en dix paragraphes présente l’œuvre, faite de quatre parties. Zarathoustra est parti sur la montagne à 30 ans, âge où la fougue juvénile commence à se calmer et qui éprouve le besoin de méditer. A 40 ans, il redescend, homme mûr, au midi de son âge et de sa pensée. Il ressent le besoin de donner comme « une coupe qui veut déborder ».

Ce n’est pas un hasard, le bouddhisme commençait d’être connu et ses textes traduits en allemand vers le milieu du 19ème siècle : Zarathoustra agit comme Bouddha – être humain qui s’est changé lui-même et non pas « dieu » advenu tout armé pour commander aux hommes. Il revient vers ses frères comme un bodhisattva – un saint homme qui préfère donner aux autres par générosité plutôt qu’entrer de suite dans le nirvana, ce grand Tout où l’individualité s’abolit. Dès lors, Zarathoustra commence son « déclin ». Car tout ce qui n’avance plus recule, tout ce qui donne se retranche.

Mais tel est le destin de l’homme : d’être détruit pour être surmonté. Ainsi les enfants poussent les parents dans la tombe – et c’est bien ainsi. C’est le tragique de l’existence que le « sur » homme doit accepter plutôt que de se consoler dans les illusions religieuses. Ce oui à la vie née d’eux, les parents s’en font joie ; leur mort inéluctable pour laisser la place, ils la désirent parce que, sans elle, les enfants ne seraient pas. Et leur amour est assez grand pour s’effacer devant ceux qui leur succèdent.

Tout, dans l’univers, a sa place et sa fonction. Celle du soleil est d’éclairer, indifférent au sort des êtres ; celle de Zarathoustra est d’éclairer les hommes, en prophète, parce qu’il « aime les hommes ». Oui, « Il s’est transformé, Zarathoustra. Il s’est fait enfant, il s’est éveillé » – Bouddha fut lui-même appelé l’Eveillé. L’enfant de Nietzsche est celui qui, adulte, a retrouvé les grâces et l’énergie vitale de l’âge tendre : la curiosité, le désir, l’innocence du devenir. L’univers est une harmonie dont l’homme est une partie. Il est fait d’interrelations (tout est lié) et d’interactions (tout agit sur tout) – on le voit bien avec le climat qui lie les économies du monde, ou les sociétés qui lient les individus entre eux.

L’idée de Nietzsche est que le mouvement même est positif et que « le bonheur », cet état de satisfaction béate et immobile du « dernier homme » (en France, la période Chirac), est négatif. Le « bonheur » – ce Paradis retrouvé – signifie l’arrêt du désir, l’arrêt du travail, l’arrêt de la création (donc du sexe). « Amour ? Création ? Désir ? Etoile ? Qu’est cela ? – Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l’œil. (…) On ne devient plus ni pauvre ni riche : c’est trop pénible. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait encore obéir ? C’est trop pénible. Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux : quiconque est d’un autre sentiment va de son plein gré dans la maison des fous. ‘Autrefois, tout le monde était fou’, disent les plus fins, et ils clignent de l’œil. On est prudent et l’on sait tout ce qui est arrivé. » On reconnaît là le « principe de précaution ». N’a-t-il pas été introduit par Chirac dans la Constitution, ce contrat social des Français ?

Cet exemple trivial pour montrer comment Nietzsche peut être « inactuel » ou « intempestif ». Il est universel parce qu’hors de son temps ; les idées qu’il a émises sont toujours d’actualité. Ainsi, « l’homme doit être surmonté ».

Il ne faut pas se méprendre sur « le surhomme » : il ne s’agit pas d’un raidissement de morgue à la prussienne, ni d’un néo-racisme biologique que le nazisme a tenté de faire advenir. L’homme a évolué depuis l’Australopithèque des savanes africaines ; il continue son évolution, même si elle est peu perceptible sur une génération. Mais ce qui forçait l’évolution humaine étaient les conditions de survie, les changements climatiques, la nourriture à trouver, les prédateurs auxquels échapper. Aujourd’hui, sous la civilisation, ces vertus de survie ne suscitent plus aussi fortement le désir. Les uns se réfugient dans les illusions supraterrestres de la religion au lieu de se préoccuper de ce qui arrive sur cette terre ; d’autres méprisent leur corps, mais « votre corps, qu’annonce-t-il de votre âme ? » ; d’autres laissent en friche leur raison alors que, demande Nietzsche, « est-elle avide de savoir, comme le lion de nourriture ? »

De même pour Nietzsche, la justice devrait être « ardeur », la vertu faire « délirer » et la pitié « la croix où l’on cloue celui qui aime les hommes ». Or, rien de tout cela n’advient dans la société de son temps, la civilisation bourgeoise, allemande, bien-pensante, de la fin 19ème. « Suffisance » et « avarice » sont les deux défauts de cette population là. A-t-on vraiment évolué depuis ? La finance 2008 n’a-t-elle pas montré combien suffisance scientiste et avarice égoïste mènent encore la société.

« L’homme est une corde tendue entre la bête et le surhomme – une corde au-dessus d’un abîme. Danger de le franchir, danger de rester en route, danger de regarder en arrière – frisson et arrêt dangereux. Ce qu’il y a de grand en l’homme est qu’il est un pont et non un but. » Des trois dangers, Nietzsche ne choisit pas le conservatisme (regarder en arrière), ni l’immobilisme àlachiraque (rester en route) : il est pénétré du désir d’aller de l’avant (franchir). « J’aime ceux qui ne cherchent pas par-delà les étoiles, une raison de périr ou de se sacrifier, qui au contraire se sacrifient à la terre, pour qu’un jour vienne le règne du surhomme. J’aime celui qui vit pour connaître (…) celui qui travaille et invente (…) celui dont l’âme se dépense (…) qui tient toujours plus qu’il ne promet (…) celui qui justifie ceux de l’avenir et qui délivre ceux du passé… » Et, concernant la vertu : « Qui donne à manger aux affamés réconforte sa propre âme : ainsi parle la sagesse. » Nietzsche est donc très loin de la caricature qui lui est souvent faite.

Mais son message n’est sans doute pas fait pour le grand nombre car ce qui dérange les habitudes, ce que le médiocre nomme « la folie » parce qu’il ne le comprend pas, fait peur. Or elle est bien souvent ce qui dépasse le commun – la frontière est si ténue qui sépare la folie du génie ou de la grandeur. Quant à la pauvreté, elle est sociale et non personnelle ; elle résulte de conséquences économiques et non d’une « nature » héréditaire. On ne naît pas pauvre, on le devient par son milieu ou sa déchéance sociale. La « richesse » est un jugement de valeur, un ensemble de biens et de qualités reconnus par la partie puissante de la société. Le vieux Diogène en haillons dans son tonneau était plus « riche » aux yeux des Grecs qu’Alexandre, le jeune et brillant roi de Macédoine, conquérant de la Perse.

C’est la raison pour laquelle Nietzsche, dans ce Prologue, dit pourquoi il ne s’adresse pas en prophète à la foule. « Des compagnons, voilà ce que cherche le créateur, et non des cadavres, des troupeaux ou des croyants. Des créateurs comme lui (…) de ceux qui inscrivent des valeurs nouvelles sur des tables nouvelles. » Ainsi firent tous les philosophes avec leurs disciples.

Au contraire des politiciens et des gourous qui veulent embrigader et asservir !

Frédéric Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1884, Livre de Poche, 4.27€ 

Catégories : Frédéric Nietzsche, Livres, Philosophie | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,