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Fin du monde contre fin du mois

Cette expression frappante d’un gilet jaune colza résume à merveille le grand écart entre les inclus et les exclus, les bobos urbains et les smicards ou érémistes périurbains ou provinciaux. L’écologie – française, parisienne, intello – révèle la lutte des classes.

Dès lors, pas de consensus sur la planète. D’un côté ceux qui ont les moyens d’avoir le temps ; de l’autre les pauvres qui n’ont pour échéance que la fin du mois.

C’est en principe au Politique d’opérer la synthèse entre le court et le long terme, de définir les étapes et les efforts, d’expliquer aux uns et aux autres les enjeux communs malgré leurs intérêts particuliers divergents.

Hollande, brimé par l’économie sur le court-terme (pour avoir massivement augmenté des impôts), s’est lancé dans la « grande cause » de la COP 21. De grandes idées et de grands mots – qui ont accouchés de petites décisions, vite remises en cause par le populiste en chef d’outre-Atlantique.

Macron a bridé Hulot, qui s’est démis. C’est que gouverner n’est pas célébrer, la politique n’est pas une cléricature ni le gouvernement une grand messe. L’écologie est une chose trop sérieuse pour la laisser aux écologistes, surtout français, surtout parisiens, surtout intellos.

La base se rebiffe car, s’il faut décider, donc choisir, la facilité de taxer une fois de plus est une fois de trop. Où vont les sous ? Ce serait démocratique de le dire, que le Parlement le contrôle, que la Cour des comptes ponde des rapports qui ne servent pas à s’asseoir dessus.

La boussole politique doit être l’intérêt général et le sens des étapes : on ne change pas la société par décret, ni un parc automobile et des habitudes de travail et de vie d’ici 2022. Hulot avait du culot de pousser à aller toujours plus vite. Enfiler des taxes à sec fait mal et le populo se rebiffe. Il veut bien reconnaître que la médication est pour sa santé à long terme, mais en attendant ? Il lui faut aussi manger, travailler et vivre.

Le gouvernement infléchit son intransigeance et surtout son budget – avec raison. Car seul le raisonnable peut convaincre, pas la trique fiscale  (dite « incitative » – comme si un suppositoire pouvait l’être !), ni l’émotion de foule portée à tous les excès de l’instant.

Pour agir en raison, il faut convaincre. Et pour cela s’appuyer sur les relais naturels et indispensables que sont les corps intermédiaires, à commencer par les maires des communes. Auxquels il faut ajouter les parlementaires à condition qu’ils fassent leur métier qui est de voter le budget, de mûrir les lois et de contrôler l’Exécutif (pas sûr que cela se passe correctement). Mais aussi les syndicats, qui reflètent le monde du travail et la base, en dépit de leurs œillères idéologiques ou trop intéressées par les intérêts de leurs diverses corporations. Et les associations, plus informelles, les experts, les universitaires, les médias.

Le tort du président est de les ignorer superbement. On ne gouverne pas tout seul, même en France, pays de « L’Etat c’est moi ». Emmanuel Macron est probablement plus impatient et pressé qu’imbu de sa personne mais, en un an et demi, le mal est fait : son image s’en ressent.

La fin du monde est théorique, le Club de Rome l’avait déjà prévue imminente en 1972, après saint Jean qui nous voyait mal passer l’an mille. Le pic du pétrole est annoncé pour demain depuis deux décennies, alors que les découvertes se multiplient et que le pétrole de schiste n’était pas vu. Il est probablement nécessaire de remplacer les énergies fossiles par des énergies durables, mais substituer l’électricité au carburant issu du pétrole consomme inévitablement du nucléaire sur le court et le moyen terme. Sans parler des métaux rares pour les piles.

L’intelligence serait l’adaptation : remplacer par exemple progressivement une partie du diesel issu du pétrole par du « diesel vert » issu des végétaux, dont le colza. Le biogazole existe, permettant (après adaptation) de rouler avec ses voitures en cours d’usage, le temps de la transition. Mais qui le prône ? Qui l’encourage ? Qui le développe ?

Non, mieux vaut « taxer » pour inciter, et punir pour dresser les mentalités. Pauvre écologie politique…

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Nick Hornby, Haute fidélité

La fidélité n’est pas son fort à Rob, 35 ans, qui vient de se voir largué par sa dernière copine Laura. C’est qu’il est un ado attardé qui veut garder « toutes les possibilités ouvertes » à sa vie, sans prendre la voie d’une seule fille ni du couple avec enfants. Ce pourquoi il a interrompu ses études, toujours à cause d’une rupture sentimentale, et qu’il est propriétaire d’un magasin de disques dans un quartier isolé plutôt minable, qu’il tente de maintenir à flot. Ses deux aides, employés à plein-temps mais payés à mi-temps, sont comme lui des attardés, fans de musique d’hier – de leurs années de jeunesse envolée.

Il faudra peut-être un jour entreprendre l’analyse sociologique des années soixante en Angleterre où « la musique » (rock, pop, folk et variantes) a obsédé les adolescents mâles d’une façon vécue nulle part ailleurs. Toutes leurs émotions passaient par la musique ; ils ne tombaient amoureux que sur un air ou selon les paroles de chansons ; ils étaient mélancoliques parce c’était ce qui marchait le mieux en chanson ; ils ne pensaient pas la mort parce qu’il y a très peu de chanson sur la mort. « Peut-être donc que ce que j’ai dit, sur le fait qu’à force d’écouter trop de disques on fout sa vie en l’air… peut-être qu’il y a quelque chose de vrai là-dedans, finalement » (Seize). A suivre les monologues du personnage, on le conçoit.

Rob est de ce type, discutant sans fin sur ses « cinq titres préférés » avec ses compères ratés, passant régulièrement sa collection de disques vinyles à l’expérience des rangements (ordre alphabétique puis date de parution, puis date d’achat). Puéril, velléitaire et de mauvaise foi, il s’enkyste dans le rôle de loser sans jamais se sentir une quelconque responsabilité à ce qui lui arrive. Bande-t-il ? Ne bande-t-il pas ? Est-ce à bon escient ? Faut-il perforer au marteau-pilon comme Ian, le voisin du dessus qui lui a raflé Laura ? Faut-il la jouer amusant, joyeux, tendre ? Rob est un peu chacun de nous – les mâles – avec le décentrement de ce pays étranger et à cette date désormais révolue. Son égocentrisme affligé est dépeint avec cet humour anglais fait d’absurde et de dérision qui nous échappe parfois, mais qui est délicieux lorsque nous parvenons à y pénétrer.

Le chapitre Un où il relate ses « cinq ruptures inoubliables » à 12 ans, 13 ans, 15 ans, 19 ans et 26 ans est émouvant ; tout comme le chapitre Dix hilarant sur sa propension au « fiasco ». « On est parvenu à l’adolescence, on s’est arrêté net ; on a tracé la carte à ce moment-là, et les frontières n’ont pas bougé d’un poil depuis » (Treize). Mais, à 35 ans, n’est-il pas temps d’en sortir ? Ses copains d’école y sont parvenus, pourquoi pas lui ? « La différence entre ces gens-là et moi, c’est qu’ils ont fait leurs études et pas moi (ils n’ont pas rompu avec Charlie, moi si). Résultat : ils ont des boulots intelligents et moi un boulot idiot, ils sont riches et moi pauvre, ils ont confiance en eux-mêmes et moi je suis inconséquent, ils ne fument pas et moi si, ils ont des opinions et moi des listes » (Vingt et un).

Rob s’en sortira grâce à une fille – à Laura avec qui il renoue. Elle saura le prendre et le valoriser ; elle le tirera de la complaisance morose où il se plaisait. L’auteur, professeur à Cambridge et journaliste, a 38 ans lorsqu’il publie ce roman. Il y livre une bonne part de sa propre expérience de la vie.

Nick Hornby, Haute fidélité (High Fidelity), 1995, 10-18 2010, 320 pages, €7.50 e-book Kindle €8.99

Un autre roman de Nick Hornby chroniqué sur ce blog

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Recentrer sa bibliothèque

Les livres, avec le temps, finissent par envahir l’espace. Ils s’accumulent, déjà lus ou à lire, et sans cesse les « nouveautés viennent s’y ajouter. Si l’on veut.

Car le propos de ce texte est justement de dire non. Comme avec les gens, il faut trier. Nul ne peut tout connaître, tout lire et baiser toutes les femmes (sans parler du reste pour les bi). Les « amis » ne sont pas les « camarades », encore moins les « collègues ». Les amis restent, les autres passent, soit avec l’activité, soit avec le métier. Il vous faut faire de même avec les livres.

Il y a vos amis, qui resteront toujours. De ceux « à emporter sur une île déserte » (sans Internet ni portable qui capte, comme disait un ado) aux compagnons agréables que l’on a plaisir à consulter ou relire – un temps.

Et il y a les autres, les passables (à donner) ou les jetables (à recycler). Car, comme avec les gens, les livres sont toujours récupérables, mais plus ou moins. Ils peuvent plaire à d’autres, ils peuvent porter témoignage, servir aux études. Mais ceux-là, pourquoi les garder ?

Mon critère unique pour conserver les livres est la réponse à la question : aimerais-je les relire ? Si oui je les garde, qu’ils soient classiques ou de divertissement ; sinon, je les donne ou les jette.

Cela pour le présent – mais il faut tenir compte aussi de l’histoire personnelle.

Les livres sont des expériences humaines en papier ; ils vous sont propres parce qu’ils ont, un jour, déclenché votre imagination, fait vibrer vos passions, titillé vos sens. Ces expériences-là sont personnelles et uniques, nul ne peut les reproduire à l’identique, pas même un clone de vous – parce qu’il n’aurait pas la même histoire dans un environnement à l’identique.

Ce pourquoi le tri que vous faites est aussi un tri historique.

Vos livres d’enfant sont en général transmis à vos enfants ou neveux ou filleuls, ou donnés à d’autres enfants – s’ils lisent encore… Vous ne gardez que les plus chers, ceux qui vous ont impressionnés pour la vie. Comme Jules Verne ou Alexandre Dumas, mais aussi les Six compagnons, Michel, le Prince Eric ou Bob Morane. Pour ma part, j’ajoute Kim Carnot, mais très peu s’en souviennent.

Vos livres d’étudiant ne restent quasi jamais dans votre bibliothèque, sauf éventuellement passé la licence – parce qu’alors le sujet vous intéresse. Les étudiants d’aujourd’hui n’en achètent pas ; ils les téléchargent, les empruntent ou les photocopient partiellement en bibliothèque. Ce qu’il y a dans les livres est pour eux du passé et ne sert qu’à étayer des références exigées leurs propres travaux. Il est vrai que les manuels sont souvent bien mal écrits et trop immergés dans la mode idéologique – même dans les sciences dites « dures », les dogmes prennent trop de place pour n’être pas vite dépassés par l’avancée de la recherche. Je n’ai gardé pour ma part que les livres sur les sujets qui continuent de me passionner, en histoire, en idées politiques, en art.

Les essais passent trop vite pour ne pas les lire en médiathèque, ou pour ne les acheter qu’en poche, voire d’occasion ou – bénie soit la technique ! – sur liseuse de type Kindle. Vite lus, vite dépassés, ce ne sont que des articles plus fouillés – mais qui remplacent très avantageusement le blabla usuel du journaliste ! Les médias font de moins en moins leur métier d’enquêter et de réfléchir avant de gloser – les livres d’actualité prennent donc leur place. Ce pourquoi je les consomme comme hier les journaux : gardés un temps, revendus ou détruits ensuite.

Je réserve mon espace limité aux classiques pour la culture (on y revient toujours…), aux romans pour le plaisir (si j’ai envie de les relire) et à l’histoire pour le savoir (sans cesse renouvelé).

Mes lectures « professionnelles » sont traitées comme les essais : lues une fois, gardées parfois, éliminées souvent. Qui se souvient encore des prix Goncourt, une fois l’année passée ? Alors les romans des nouveaux auteurs… Ils doivent passer le temps pour être acceptés, relus, faire partie de votre existence : bien rares sont ceux qui le sont. Et comme l’espace n’est pas extensible, sauf à acheter un château au fin fond d’une province pour en peupler les murs de livres à l’infini… la sélection culturelle s’impose.

C’était l’un de mes rêves d’enfant que ce château bibliothèque – mais l’enfance passe, la raison l’emporte. Entre les murs exigus d’un appartement en ville (même d’un grand), la place des livres est limitée. Si nombre de ceux d’hier sont utilement remplacés par Internet (les encyclopédies, la plupart des dictionnaires, les livres « pratiques » et de santé), la culture ne cesse de croître et il est nécessaire de faire des choix.

Gouverner sa bibliothèque exige de la recentrer sur vous, ce que vous aimez et ce qui vous caractérise. Le critère de relecture est alors le meilleur : si vous avez envie de relire, alors gardez – sinon, donnez ou jetez !

Un exemple de partage : la bibliothèque des champs sur ce blog

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Géopolitique de l’Europe après Brexit

L’Europe est une unité de civilisation au cap ouest de l’Asie ; la Turquie n’en fait manifestement pas partie, de même que l’autre rive de la Méditerranée ; la Russie aurait vocation à y entrer, mais pas sans remettre en question beaucoup de ses façons de faire. Cette unité de civilisation n’est jusqu’à présent pas une unité politique. Le rêve (naïf et vaniteux) de « République universelle » chanté avec enflure par notre Hugo national s’est brisé sur la réalité : celle du refus anglais, celle de la réticence des pays de l’est, celle de la montée partout du souverainisme. L’Europe n’est aujourd’hui qu’un agrégat de nations de forces inégales où la puissance armée équilibre de moins en moins la puissance économique. Disons-le tout net : Hitler a en partie réussi, l’Europe sans les Anglais est aujourd’hui allemande.

revue le debat 190 mai 2016

Passons sur la nullité passée de Chirac et présente de Hollande : aucun dessein, aucune idée, aucun projet sur l’Europe. Seule compte la survie au jour le jour en fonction de petits intérêts parisiens liés au parti du président ; les rodomontades hollandaises présentées depuis le Brexit sont dans l’urgence, sans rien de préparé de longue date – elles ont peu de chances d’aboutir ; la nomination de pitoyables, exilés à Bruxelles vaut placard de la politique ; la poursuite des idéologies nationales bornées se prolonge à Bruxelles au lieu de s’élever au niveau. L’adoration de la technocratie par les énarques et la confiscation de toute démocratie par les petits partis qui font cuire leur petite soupe à petit feu dans leurs petits coins (selon les mots inénarrables du général de Gaulle), ont rendu l’Union européenne non seulement illisible au citoyen moyen, mais flanquée d’une image de contrainte qui permet aux politiciens lâches de se défausser sur « Bruxelles » de tout ce qu’ils n’osent pas présenter aux électeurs.

Nombreux sont les sceptiques, Européens mais pas comme ça, allergiques aux intrusions sans explication sur l’économie et la finance, aux règlementations maniaques sur des détails de production, mais emplies d’indulgence pour les lobbies chimiques, industriels et de santé – au détriment des gens. Inquiets aussi de la montée des nationalismes dans le monde et refusant de plus en plus viscéralement cette espèce d’intégration sans frontières de tous les pays « ayant vocation » sur les seuls critères du droit, sans aucune considération de culture ni de civilisation. Il existe en ce sens une vraie fracture entre l’Europe de l’est, restée très nationale, et une Europe de l’ouest devenue très multiculturelle. Les premiers refusent de changer de civilisation, les seconds constatent le fait des cultures qui se côtoient sur leurs sols et sont tentés d’en faire une idéologie « de progrès ». Comme si le progrès résidait dans le mélange, l’égalisation, la moyenne.

Ce que viennent de dire les Anglais avec force est : NOUS VOULONS CHOISIR. Ils ne sont pas contre l’immigration (vue comme invasion ethnique et changement des mœurs) mais contre l’afflux de migrants (qui déstabilise le système social et l’Etat-providence). Ils veulent modérer le nombre et prendre en priorité ceux qui peuvent travailler et contribuer au revenu national. Il s’agit donc d’un raisonnement économique plus que d’une passion identitaire, le pragmatisme d’une « nation de boutiquiers » aurait dit Nietzsche. Mais les Anglais ont le mérite de ne pas s’enfumer l’esprit comme les Français par fièvre idéaliste. Leur vote fait partie de ce qu’Hubert Védrine appelle (avant le Brexit) un « retour au réel », dans un entretien à la revue Le Débat, n°190, mai-août 2016.

Les bobos idéalistes de gauche en France croient le monde composé de Bisounours, gentils par essence, unis dans une « communauté internationale » (qui n’existe que dans le discours paresseux des médias français), aspirant aux Droits-de-l’Homme véhiculés par un ONU qui aurait vocation à devenir l’État central du monde et aux méchants punis par une Cour pénale internationale. « Nous vivions sur une tradition intellectuelle qui a sa grandeur, certes, mais qui faisait de nous les responsables de toutes choses, les ordonnateurs du système international, les concepteurs du droit international, les missionnaires de nos fameuses ‘valeurs’. Pour ce courant de pensée, tout ce qui se passait dans le monde nous concernait soit au titre d’un remord, maladie expiatoire issue d’une histoire mal digérée, soit du fait de l’universalité de nos idées ou de notre responsabilité auto-décrétée ! », fulmine Hubert Védrine (lui aussi de gauche, mais pas de la même) dans l’excellent article cité. Attention au retour de bâton encore à venir : malgré sa clownerie vulgaire, Donald Trump trompette à l’envie ce que pense l’Amérique, Obama compris, que seuls les intérêts yankees comptent et que les États-Unis n’ont plus la mission de sauver le monde ni de protéger de leurs dollars des alliés qui ne font pas leur part.

bisounours rose

L’Europe n’est pas l’Europe lorsqu’elle laisse la Grèce à ses démons clientélistes au lieu de l’aider à construire un État viable dont l’administration collecte efficacement des impôts justes ; l’Europe n’est pas l’Europe lorsqu’elle reste à la remorque des États-Unis à propos de la Russie, de la Syrie ou d’Israël, sans affirmations calmes ni conscience de ses intérêts propres ; l’Europe n’est pas l’Europe lorsqu’elle laisse une Merkel sans contrôle négocier seule avec un Erdogan de plus en plus islamo-fasciste des avantages indus et une entrée programmée dont personne ne veut ; l’Europe n’est pas l’Europe quand elle prend des gants avec l’islam pour ne pas « stigmatiser » une religion, alors qu’il s’agit bien d’Allah dans les cris des tueurs, et bien de la religion dans les justifications idéologiques à massacrer les mécréants ; l’Europe n’est pas l’Europe lorsqu’elle laisse faire le laisser-passer des migrants à tout va, sans distinguer le droit d’asile de la migration économique. Sans les Anglais, l’Europe est un peu moins l’Europe, même si l’Écosse et l’Irlande du nord pourront peut-être négocier d’y rester.

Définissons clairement les frontières, distinguons clairement qui a droit ou pas, renvoyons clairement dans leur pays ceux qui n’ont pas droit de venir, négocions clairement avec les pays de départ et les pays passeurs les aides au contrôle et au développement (rétorsions financières à l’appui s’il le faut), établissons clairement un Schengen fédéral volontaire qui fonctionne en instantané (pas sur l’exemple du supporter nationaliste russe revenu aussitôt après expulsion parce qu’un fonctionnaire aux 35h était déjà parti en week-end et avait omis de mettre à jour la base…). Disons aussi ce que l’Europe veut et ne veut pas, avec la Chine, les États-Unis, la Russie, les pays hors Union. Pas besoin de faire les gros yeux, la force de la puissance réelle compte par inertie : un grand marché, de nombreux chercheurs, une industrie mondiale. Sans les Anglais, notre puissance est plus faible, mais elle reste importante.

Mais pour cela… il faudrait que les dirigeants de chaque pays de l’Union cessent de se défausser haut et fort à la Chirac-Hollande sur « Bruxelles » de tout ce qu’ils cautionnent tout bas par leurs votes en Conseil européen « des chefs d’État et de gouvernement » ! L’égoïsme sacré de chaque État existe, la mise en commun de certains pouvoirs bénéfique à tous existe aussi – autant l’expliquer et convaincre. Sans les Anglais, tout sera peut-être plus facile, mais la nullité Hollande fait encore moins le poids face à la légitimité Merkel – surtout si celle-ci perçoit une volonté de coaliser les « pays du sud » contre une Allemagne hégémonique !

attractivite france 2016

Et nous, Français, cessons d’accuser la « force » de l’euro, « l’ordo-libéralisme » allemand, l’égoïsme financier anglais, la xénophobie autrichienne, le traditionalisme chrétien hongrois et ainsi de suite. Lorsque nous serons exemplaires, nous pourrons donner des leçons à tout le monde. Mais pour être exemplaires, il nous faut réformer le pays tout entier : le millefeuille territorial, le cumul des mandats, la corruption des élites, le droit du travail, les entraves à l’entreprise, la fiscalité illisible, les conflits d’intérêt dans l’homologation des médicaments, la filière agricole ; il nous faut associer les citoyens aux « grands projets » d’État, assurer une meilleure représentation parlementaire et rendre les syndicats plus représentatifs… Tout ce que nous n’avons PAS su faire depuis la chute de l’URSS, depuis Chirac, depuis Hollande, avec la parenthèse Sarkozy qui avait commencé un peu, mais trop peu et avec changement de cap inexpliqué.

Revue Le Débat n°190, mai-août 2016, €20.00

Comprendre ne signifie pas excuser, comme certains illettrés le croient. Je rappelle que je suis POUR l’Union européenne. Ci-après quelques notes sur ce blog :

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Trop de choses à faire ? – s’organiser

Bientôt le bac, les mémoires, la thèse, les vacances. Ce qu’il y a de bien avec la jeunesse, c’est qu’elle remet en cause les évidences de l’âge mûr. Elle oblige à revenir avec des yeux tout neuf sur ce que l’on fait machinalement avec l’expérience, exigeant la revue des acquis. Ainsi de François : « mais comment fais-tu ? Moi, déjà avec un mémoire, je m’en sors pas. Qu’est-ce que ce sera quand j’encadrerai une équipe !… »

Réponse à François : s’organiser.

Durant les études comme durant le boulot, ce qui compte est de savoir où l’on va, en combien de temps et avec quoi. A partir de cela, il suffit de faire un plan et de s’y tenir. Une étape après l’autre.

Que veut-on de moi ?

  • Pour quel travail suis-je payé ? Quel est l’objectif du temps passé en classe ou au travail ? – Répondre à cette question permettra d’établir des priorités et de laisser l’accessoire à sa place.
  • Le but est-il un mémoire de recherche ? Pourquoi alors se disperser dans les lectures hors sujet ?
  • La fonction est-elle de gérer une équipe ? Pourquoi alors passer son temps à faire de l’administration ? Il faut savoir qui donne l’objectif, en parler avec ce chef ou ce prof, et s’y tenir.

Une fois l’objectif déterminé, quelle est mon univers d’intervention ?

  • Il y a ce que je dois faire moi. Il y a ce que je peux déléguer.
  • Outre ce qui fait partie de ma fonction, il y a ce qui n’en a pas l’air, par exemple voir ce que font les autres équipes ou comment avancent les autres recherches.
  • Enfin ce qui paraît inutile en pratique mais qui est éminemment utile en symbolique, comme participer à une réunion d’information, une conférence générale, être présent à une sauterie conviviale…

Après, eh bien il faut passer à l’acte ! Ce qui veut dire planifier, puis faire le bilan, enfin évaluer ce qui est réalisé.

  • Planifier signifie établir les priorités : important, un peu moins, pas du tout ; tout de suite, dans la journée, demain. Qui doit le faire : ou moi, ou je délègue. Où je dois le faire : à la maison, au bureau, en itinérance, en bibliothèque ou à l’extérieur ?
  • Faire le bilan consiste à voir chaque soir, chaque semaine ou chaque mois, si l’on a tenu son plan. Sinon pourquoi ? Comme on ne peut pas tout faire, il faut choisir ce qui importe, ce qui est utile, ce qui répond à l’objectif et à la fonction. Si l’on a prévu ce qui peut l’être, tout imprévu sera plus facile à intégrer car les priorités sont déjà claires.
  • Évaluer va plus loin que le simple bilan : les tâches ont été réalisées, certes, mais ont-elles été efficaces ? Comment faire mieux (ou plus vite, ou avec qui) les mêmes choses ? C’est ainsi qu’on progresse.

hyperactif

Dans l’action, il faut savoir dire non

  • L’hyperactif qui fait tout, tout le temps n’est pas efficace : il s’agite, il ne réfléchit pas, il se contredit, il fonce tout seul.
  • Travailler bien, c’est travailler rationnel et en équipe. Qui dit équipe dit réunion, documentation, communication, écoute, critiques, planification. Le contraire de l’urgence et du « moi je traite les problèmes dès qu’ils surgissent » ou du « je lis sur le sujet tout ce qui se présente ». Chacun son rôle, chacun son rythme. Le professionnalisme, c’est de faire ce qu’il faut quand il faut – pas tout, tout de suite.
  • Pareil pour un travail de recherche : il doit mûrir, hiérarchiser la documentation, la vérifier, sédimenter la réflexion à partir des faits, ouvrir à d’autres hypothèses.

D’où savoir dire non. Ce qui signifie se préserver pour l’essentiel. C’est l’autre nom de la responsabilité.

Il faut aussi savoir lâcher

  • Par exemple certaines prérogatives, si un collaborateur apparaît avoir acquis le niveau de compétence pour le faire. C’est « l’élever » que de lui confier la tâche ; en contrepartie il se sentira valorisé, il travaillera en confiance, donc mieux.
  • Lâcher aussi de cette rigidité qui dégénère souvent en « comportement administratif » (très célèbre en URSS où on l’appelait « komandirovka ») : certains détails « pas de notre ressort » peuvent s’accumuler, pourrir, puis exploser. Par exemple un siège inconfortable ou une heure de départ pour une assistante qui a des enfants, ou un circuit de documents où Untel est informé en retard.
  • En recherche, on ne peut pas tout lire, tout penser, tout savoir. Il faut hiérarchiser, faire des impasses, laisser des pistes ouvertes pour d’autres travaux ou d’autres chercheurs. La maîtrise du travail est acquise lorsque la main est légère : efforts faibles pour enjeux forts.
  • Lâcher enfin de temps en temps pour de vraies « vacances ». Il faut faire le vide (de ‘vacare’ en latin), prendre le temps pour autre chose. Pas toujours quand on le veut : il peut survenir un imprévu, ou une piste de recherche qu’il faut exploiter de suite. Mais prendre le temps de passer à autre chose permet de revenir tout neuf.

Comme la jeunesse.

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Stefan Zweig, La pitié dangereuse

stefan zweig la pitie dangereuse

Intitulé en allemand par l’auteur Impatience du cœur, ce roman est traduit aussi en anglais et en français par La pitié dangereuse. Les deux sont justes, le second donne directement la leçon du roman, le premier ouvre sur le balancement des êtres, tour à tour anges et bêtes. Car le sous-lieutenant de uhlans Anton Hoffmiller et la handicapée des jambes Edith von Kekesfalva, juive, de noblesse achetée, vont se rencontrer et se heurter comme deux électrons qui se voudraient libres mais qui se cognent aux convenances de la société.

Anton est un jeune homme sain, tout en muscles et en camaraderie, voué dès l’âge de 10 ans à l’armée. Quinze ans plus tard, il est candide, pauvre et plein de bonne volonté. Mais un peu lâche aussi car sa générosité naturelle ne sait pas dire non ; il a peur de faire du mal, de vexer. Edith est une jeune fille paralysée à la suite d’une tuberculose osseuse (ou d’une hystérie, ce n’est guère développé) et qui rêve de danser et d’aimer comme toutes les jeunes filles. Elle est exigeante, opiniâtre, tyrannique – ces traits « juifs » valorisés par Zweig chez le père de la jeune fille sont ici accentués par le handicap. Anton, invité pour la première fois chez les Kekesfalva, ne s’aperçoit de rien et invite la belle à danser… Crise d’hystérie et scandale. Il ne sait comment rattraper sa bourde et en fait trop, comme toujours, envoyant une brassée de roses avec le reste de sa solde du mois.

Edith tombe alors fatalement amoureuse d’Anton, ce beau jeune homme prévenant, qui représente tout ce qu’elle n’est pas : valide, joyeuse de son corps, heureuse de vivre. C’est ce balancement constant des deux êtres entre générosité et honte, courage et lâcheté, qui donne son ressort à l’intrigue. Peut-on, dans la bonne société viennoise d’avant 1914, épouser une juive ? Est-on autorisé par les bonnes mœurs de l’armée à se marier pour capter une fortune ? Est-ce décent, pour un officier de cavalerie, de s’afficher avec un « pantin désarticulé » ? Qu’en sera-t-il de la réputation ? des éventuels enfants ? de l’héritage ? Anton ne veut pas faire de peine à Edith, mais il n’est pas amoureux. Edith est follement amoureuse d’Anton, mais comprend qu’elle n’est pas à la hauteur.

Seul l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier d’Autriche à Sarajevo le 28 juin 1914, a pu trancher le nœud gordien. Anton aurait dû obéir à sa promesse de se marier avec l’infirme, sans amour et sous la tyrannie narcissique de la belle ; il aurait vécu dans la honte de s’être parjuré auprès de ses camarades officiers devant lesquels il avait nié le soir même s’être engagé. A l’inverse, la guerre l’a délivré, l’engagement pour la patrie, plus vaste, prenant la place de l’engagement pour le mariage. Avec pour conséquence le suicide d’Edith, assez fine pour comprendre qu’on ne veut pas d’elle, que la guerre va lui prendre Anton et que ses chances de guérir sont de toutes façons infimes.

Le roman est construit comme une poupée russe. Zweig n’est à l’aise que dans la nouvelle ; pour faire un roman, il encastre donc des nouvelles dans la nouvelle pour trouver la bonne longueur. Cela ne va pas sans étirements littéraires sur la psychologie de l’un ou l’autre, rendant le lecteur impatient de passer à la suite, mais l’ensemble est plutôt réussi. Le narrateur raconte son histoire à l’auteur, dans laquelle il conte l’histoire de la fille et se fait dire l’histoire de son père, petit juif pauvre devenu grand bourgeois à particule, par le docteur de la famille qui est un cas à lui tout seul. Condor est autant médecin des corps que celui des âmes, il n’hésite pas à aller « scientifiquement » contre les idées reçues : « Au début la pitié – comme la morphine – soulage le malade, est un remède, une médication, mais si on ne sait pas la doser et en arrêter l’utilisation, elle devient un poison mortel. (…) Vient immanquablement, dans un cas comme dans l’autre, le moment où il faut dire non sans se préoccuper de savoir si l’autre nous voue une haine plus féroce pour ce dernier refus que si nous n’avions jamais accordé notre aide. (…) Avant de se mêler de la vie d’autrui, un homme adulte doit réfléchir au point jusqu’où il est prêt à aller – on ne joue pas avec les sentiments d’autrui ! » C’est mettre la volonté avant l’instinct de pitié selon Nietzsche ; c’est préférer l’éthique de responsabilité à l’éthique de conviction selon Max Weber (auteurs tous deux prisés de Stefan Zweig). A noter que les politiciens, notamment les démagogues, pourraient utilement en prendre de la graine. Il n’y a pas que dans les affaires d’amour que la pitié est dangereuse !

C’est ainsi que s’imbriquent les intrigues, donnant de la profondeur sociale et historique à une tragédie amoureuse entre deux êtres jeunes que tout oppose. L’enfer est pavé de bonnes intentions, et l’on peut se demander si ce bon sauvage d’Anton, élevé comme l’Émile de Rousseau dans la nature et hors des filles, n’est pas victime de la société dans laquelle il vit. L’enfer serait-il les autres ? Sa bonne âme veut faire plaisir à tout le monde, mais le monde interdit les mésalliances et il doit choisir entre aimer la fille ou aimer ses camarades, la fortune ou l’honneur, le mariage ou la patrie. La synthèse n’a qu’un temps, on ne peut tout garder, il est un moment où il faut décider.

Où est la liberté des individus dans ces déterminismes sociaux ? « Le sujet élevé depuis l’enfance dans le dressage à la discipline militaire reste soumis à un conditionnement d’obéissance absolue à l’ordre reçu qui équivaut à l’état de contrainte psychotique », écrit l’auteur. Ni la logique, ni la volonté n’ont de prise sur ces réflexes instinctifs – l’inverse de l’homme libre de Nietzsche. Notre époque ne peut le comprendre, mais Stefan Zweig éclaire ainsi le comportement discipliné des soldats allemands durant la Seconde guerre mondiale. Il montre par inversion combien la société d’hier, confite en religion austère et patriarcat tyrannique, était mortifère pour les êtres humains.

Atermoiements et procrastination sont-ils les seules réponses possibles ? Le monde d’hier, titre d’une œuvre future de Zweig en forme de mémoires, était contradictoire dans ses fausses sécurités. Il fera naufrage en 1939… année de publication du roman. Vous vouliez la pitié ? Vous aurez le chagrin.

Stefan Zweig, La pitié dangereuse (Impatience du cœur), 1939, Livre de poche 2012, 504 pages, €7.22

Stefan Zweig, Romans, nouvelles et récits tome 2, Gallimard Pléiade 2013, 1584 pages, €61.75

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Essai sur la psychologie de François Hollande

Gouverner, c’est choisir : grosse angoisse pour François Hollande.

Les études marketing des comportements montrent combien la liberté est une responsabilité que tous les individus ne sont pas prêts à prendre. Ce pourquoi François Hollande est socialiste : l’Histoire le guide selon ses Lois déterminées d’avance, que le prophète Karl Marx a révélé il y a un siècle et demi. Il est donc confortable d’attendre que l’Histoire avance.

Agir, c’est risquer de faire une erreur. Or perdre est « anormal » selon l’optimisme vital (pulsions), son estime de soi est entamée (raison), la remise en cause de ses habitudes répugne (passions), tout cela incite soit à risquer, soit à ne plus rien faire (volonté).

Prendre un risque n’est pas dans le tempérament tout en rondeurs de François Hollande. Ce pourquoi, s’il a fait HEC (l’école des Hautes études commerciales), il s’est bien gardé de se lancer dans le risque d’entreprendre en créant une société, ni même dans le risque de décider en simple gestionnaire d’entreprise : il a préféré être fonctionnaire…

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Ce qu’il aime manifestement est son bien-être, physique, pulsionnel, passionnel, mental. Pas de mariage car cela contraint ; des maitresses en enfilade car cela est bon sans lasser ; bien manger, son apparence le prouve ; laisser dire et laisser faire, la quiétude est à ce prix.

François Hollande semble soumis au « biais de statu quo ». Des études d’économie comportementale et de psychologie de l’investisseur ont montré que cette option par défaut était la stratégie refuge du frileux, celui qui a peur de s’engager car il ne supporterait pas de perdre.

Son bien-être minimal le pousse donc à la procrastination (repousser toute décision), notamment si les choix sont trop vastes ou l’offre trop grande.

Décider devient de plus en plus improbable avec le temps qui passe.
L’individu est enclin à suivre la solution médiane si la réalité l’oblige à décider (par exemple la Commission européenne ou les marchés financiers qui achètent les emprunts d’État français).

Ne rien faire est sa stratégie de référence, contre laquelle tout risque pris doit rapporter gros (Manuel Valls) ou, à l’inverse, l’immobilisme permet de ne pas concrétiser une déception (23 mois de Jean-Marc Ayrault).

Ces mêmes études de comportement nous apprennent que l’apprentissage, l’expérience et la mise en place d’un processus raisonné aident l’individu soumis au biais de statu quo à progressivement s’en sortir. Tout n’est donc pas perdu.

Sauf que le temps est compté, cinq ans sont bien courts. François Hollande montre qu’il a au fond peur de présider le pays, peur de ne pas être à la hauteur de son mentor Mitterrand, peur de décevoir les citoyens et les partisans socialistes.

regardez a gauche regardez a droite

Or gouverner, c’est choisir. Laissera-t-il son Premier ministre de tempérament plus fonceur opérer ces choix qu’il est incapable de prendre ? S’il réussit, il aura appris et il pourra se présenter à nouveaux aux électeurs avec une bonne estime de soi. S’il échoue, il pourra toujours dire « c’est pas moi, c’est l’autre » et accuser les circonstances, l’opposition, les patrons, l’euro, l’Europe, les Américains, les Chinois, les marchés, la finance… Comme savent si bien le faire les socialistes quand ils ne comprennent pas pourquoi diable la réalité ne veut vraiment pas coller avec leur idéologie.

En savoir plus (pp.97-102) : Mickaël Mangot, Psychologie de l’investisseur et des marchés financiers, 2008, Dunod, 292 pages, €33.73 

 

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