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La vie des bêtes à Tahiti

Du centre de Bruyères-le-Châtel, Paris veille sur Mururoa depuis l’arrêt des essais nucléaires. Des scientifiques contrôlent les mouvements souterrains. Tout est sous surveillance, alors dormez tranquilles.

Sauf que les gens restent les gens. Session des assises à Papeete : l’ado qui avait massacré Victor, 14 ans, pour son vini (téléphone portable) sera au frais pendant 18 ans.

« Je l’ai violée puis étranglée avec son tricot. » Vingt-cinq ans après le fait, trahi par son ADN, il est jugé et condamné à perpétuité.

Dix ans de prison pour le braquage du magasin Champion de Moorea.

Un plongeur masqué, armé d’un couteau, braque la Poste de Rikitea aux Gambier et repart sur un scooter volé avec 4 millions de FCP. Il court toujours le plongeur ! Il a du rejoindre sa sirène.

« Il me viole depuis l’âge de 11 ans », le père prend 13 ans de prison.

Trente ans de prison pour la tante tortionnaire, chef de meute. Durant 3 mois, les barbares de Faaa avaient séquestré, torturé et violé la jeune femme de 19 ans, leur nièce, leur voisine, leur sœur. Ébouillantée, brûlée au fer à blanc, marquée à la cigarette incandescente, humiliée, pénétrée, enfermée nue dans une pièce de la maison, elle avait réussi à déjouer la vigilance de ses tortionnaires qui avaient poussé le vice jusqu’à organiser des tours de garde afin de l’empêcher de s’échapper. Une commerçante l’avait recueillie errant nue dans la rue, complètement hébétée.

Hélas, ce n’étaient pas des poissons d’avril !

Déjà évoqué précédemment le monarque, oiseau endémique, est victime de six prédateurs : le rat noir, le merle des Moluques, le bulbul à queue rouge, le busard de Gould, les chèvres et les chats redevenus sauvages. Et de deux plantes envahissantes qui modifient son habitat : le miconia et le tulipier du Gabon. En 2011, il ne reste plus que 40 individus. Il faut sauver le soldat Monarque de Tahiti. Ce sauvetage est l’affaire de tous.

Le cheval polynésien aurait été introduit par les Européens à partir du Chili, d’abord dans l’archipel des Marquises dans les années 1840. Allez à Ua Huka, appelée l’île aux chevaux, c’est là que cet ongulé a trouvé le plus grand essor. Le cheval marquisien est petit, robuste, utilisé pour transporter le coprah sur les chemins pas carrossables et pour accéder aux endroits difficiles. Mais cet animal broute tout sur son passage et l’écosystème souffre. Les végétations originelles ne peuvent se régénérer. Le déboisement des crêtes et des vallées s’accentue, l’érosion sévit et les sols deviennent instables.

Alexis Du Prel dans son ‘Tahiti Pacifique’ avait donné une suite à son article sur Clipperton. E. Chevreuil se trouvait sur un chalutier qui voguait en direction de cet atoll perdu. Pas d’avion ni de bateau en vue. Il passera le Nouvel An sur ce bout de terre française seul afin de vérifier ses connaissances livresques et valider ses théories. Il constate que les fous sont nombreux et en bonne santé (les oiseaux, pas les malades). Que les crabes orange sortent en nombre à la tombée de la nuit. Que les cocoteraies portent encore les stigmates des missions scientifiques, et… que les membres de ces missions, sans honte, ont publié papiers et DVD pour dénoncer un environnement en danger mais qu’ils l’ont aggravé eux-mêmes !

Ils ont usé et abusé de leurs quad (!), tronçonneuse, générateur et autres machines ! Chevreuil fait une liste de tout ce qu’il a trouvé sur l’atoll : impressionnant. « Clipperton est l’un des joyaux de la France, une de nos plus belles et plus mystérieuses possessions… peut-être aussi la plus riche et la plus diverse, et l’île mérite d’être préservée. L’île de la passion, de toutes les passions ». Je n’ajouterai rien à la conclusion de l’auteur « Ah, si seulement les crabes et les fous pouvaient avoir une carte d’électeur, peut-être que Paris prêterait enfin attention à cet atoll. »

Aïe Aïe ! Le tourisme en Polynésie française souffre encore en ce début d’année 2012. Encore une chute de 10% par rapport à janvier 2011. Le nombre de croisiéristes diminue de 16,5% également. Pour les hôtels, même tableau : -7%. C’est qui le ministre du tourisme ? Hein ? Mais c’est Oscar Temaru, bien sûr.

Pourtant, lors de la journée internationale des sites et monuments historiques, le vice-« prosidont » Géros a inauguré le marae restauré et aménagé. Cette journée est appelée en tahitien : « te mahana o te hiroa tumu » (le jour de la véritable conscience). Ce marae est situé sur la commune de Paea sur la côte ouest de Tahiti, à 17 km de Papeete, côté montagne et à 170 m de la route de ceinture. Si le chiffre n’est pas exact, prière déposer une plainte auprès des Autorités. C’est un marae de chefferie de district, l’un des plus importants de Tahiti. Le site est bien conservé. L’ensemble comprend trois grandes enceintes et un petit enclos, une plate-forme pavée qui semble être une plate-forme de conseil lui fait face. Lors de cette reconstruction historique des « unu » (poteaux sculptés gravés) ont été installés et des plantations d’essences locales effectuées. Si j’ai bien compris Mossieu le Vice-Prosidont descend d’une de ces lignées. Alors ça vous dit de venir le visiter ?

Si vous venez, vous ferez augmenter le nombre de touristes. En 2011, 162 776 touristes ont foulé le sol du fenua. Bien que l’aérien réduise la voilure, le marché nord-américain est le premier marché de croisiéristes et de honeymooners (couples amateurs de lune de miel). Les touristes européens en diminution, et plus spécialement métropolitains, restent environ 26,5 jours au fenua. C’est que ce n’est pas la porte à côté !

Mais seul un touriste sur dix revient visiter la Polynésie française. Regardez vous-même, les autres îles sont nettement moins chères et l’accueil est meilleur. Faites-votre choix.

Hiata de Tahiti

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Tahiti et la mer

Article repris par Medium4You.

En attendant le passage de Vénus devant le soleil phénomène qui durera six heures, les préparatifs vont bon train. On construit Pointe te fauroa ou pointe Vénus à Tahiti une réplique du fort de James Cook mais en décor de théâtre. James Cook, jeune officier fut chargé de conduire jusqu’à Tahiti sur un ancien navire charbonnier rebaptisé l’Endeavour l’astronome Charles Green, ainsi que deux autres savants chargés d’étudier la flore et la faune. A son arrivée le 13 avril 1769, Cook entreprend la construction d’un fort afin de protéger l’astronome et ses instruments. L’inauguration du site ce sera la 6 mai. Aux armes, Maohi !

Le roi de Tonga est mort, vive le roi. Cette petite monarchie polynésienne de 106 000 habitants dont le roi George Tupou V vient de décéder en mars est une constellation de 170 îles, éparpillées sur 700 km2 au nord-est de la Nouvelle-Zélande et à 650 km à l’est de Fidji. Le pays est touché de plein fouet par la crise mondiale car 35% de son PIB est apporté par la diaspora tongienne. Quelques 200 000 Tongiens (le double de la population de l’archipel) vit et travaille en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux USA et envoient au pays une part de leurs revenus. Or ces expatriés sont employés dans le bâtiment et l’aménagement. Un bon nombre d’entre eux ont perdu leur emploi. Le seul vrai potentiel de développement de Tonga est le tourisme qui piétine autour de 90 000 visiteurs par an. Tonga table sur une croissance de 2% en 2013/2014 mais le pari n’est pas gagné vu la pauvreté des infrastructures d’accueil, le manque de fonds pour la promotion, le mauvais entretien des sites historiques et les problèmes dus à l’éloignement géographique.

Quatre pays s’engagent, Australie, France, Nouvelle-Zélande, îles Cook pour surveiller la pêche en haute-mer. La marine française avait sur zone le P400 « La Tapageuse » qui a réalisé 4 contrôles, le Patrouilleur « Arago » 3 contrôles, le FS « Prairial » 2, le patrouilleur « Tekukupa » des îles Cook. Treize navires contrôlés : 8 Chinois, 2 Taiwanais, 1 Japonais, 1 Fidjien, 1 Singapourien et seulement 2 infractions relevées. Une première opération d’une longue série… atation ! Chaque bateau devait patrouiller dans une zone délimitée. La Tapageuse accompagnée du Tekukupa des Cook étaient dans les eaux polynésiennes occidentales et dans la zone jouxtant les ZEE (zone économique exclusive) des îles Cook et Kiribati. Les palangriers chinois avaient leurs soutes pleines ce qui rend les contrôles « difficiles » au milieu des carcasses de thons, marlins et requins. Les ailerons de requin font l’objet d’une attention particulière de « India ». Le Prairial a quant à lui rejoint l’est de la ZEE polynésienne. Aucune infraction relevée. L’« Arago » était envoyé dans le nord de ZEE polynésienne entre les Kiribati et les Marquises, une zone importante sise sur la « Tuna Belt ». Les thonidés représentent 25% des ressources mondiales dans cette zone.

Après 15 ans de desserte du Maupiti Express, le capitaine a eu la surprise d’être accueilli, pour ce dernier trajet, dans la passe d’Onoiau avec une couronne de tiare de 50 (cinquante) mètres de long.

Marquises, vos beaux yeux me font mourir d’amour… pour les dauphins ! C’étaient certainement les paroles des scientifiques qui ont joué les photographes avec les dauphins entre les îles Marquises, de Hiva Oa à Ua Pou. Ils ont répertorié 9 espèces de dauphins : des péponocéphales ou dauphins d’Electre qui faisaient le spectacle avec du spyhopping, des dauphins tachetés, des dauphins à long bec, des globicéphales, des grands dauphins communs, des péponocéphales, un Kogia sima (cachalot nain), des dauphins de Risso. Vous pourrez consulter le site où vous trouverez tous ces détails que je ne saurais vous donner.

Et toujours aux Marquises, la mission du navire océanographique Alis rend compte : une richesse. Les scientifiques se sont attelés à caractériser les éléments biologique, végétal et marin de l’archipel. Tout y est passé : flore, plantes médicinales, spongiaires, mollusques. Les Marquises ont été gâtées par le ciel ou la mer. Imaginez, 3752 mollusques appartenant à 182 espèces récoltées dont six nouvelles pour la Polynésie française. C’est une richesse exceptionnelle de la faune malacologique (mollusques) littorale, tant par son intensité que par sa diversité. L’extrême isolement géographique, la dispersion des îles sont parmi les facteurs qui ont favorisé la spéciation des plantes vasculaires à l’origine d’une flore endémique relativement riche.

Et si les Marquises qui possèdent un patrimoine considérable, une langue propre, une culture propre, des ressources alimentaires, faisaient sécession d’avec Tahiti ? Un département supplémentaire ?

Hiata de Tahiti

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Monoï de Tahiti

Tout le monde connait ou a entendu parler de cette huile ancestrale qui est devenu un succès commercial depuis les années 90. Les Maohi sont restés fidèles depuis les temps anciens à cette huile.

C’est le 1er avril 1992 que le Premier ministre Édith Cresson signa le décret officialisant l’appellation d’origine du monoï de Tahiti. Le monoï était connu partout mais surtout galvaudé. Mais la fleur de tiare ne pousse qu’en Polynésie française et le coco est particulier au fenua. Catherine Aubert, ancien mannequin est à l’origine de la fleur de tiare à l’intérieur du flacon. Un astucieux moyen de lutter contre les contrefaçons. Elle assure la célébrité du monoï en métropole. C’était l’époque mythique du sea, sex and sun – du Club Med, quoi !

Le chiffre d’affaires de cette huile de soin en cosmétique était de 540 millions en 2011, en constante augmentation depuis 2005. 90% du monoï produit à Tahiti est exporté. Cette filière assure 100 emplois directs, permet de faire vivre d’autres centaines de famille de coprahculteurs et cultivateurs de tiare Tahiti.

Les fabricants ici ont pour nom Parfumerie Tiki, Parfumerie Sachet, Tahiti Arômes, Laboratoire de cosmétologie du Pacifique Sud, Savonnerie de Tahiti Heiva, Laboratoire cosmétologique de Tahiti. La parfumerie Sachet distribuait son monoï, en métropole, sous le nom de « L’or de leur corps ». Le public le connaissait surtout pour le flacon avec la Tahitienne à genoux (1970), désormais elle est debout.

Le cocotier polynésien (coco nucifera), avait été sélectionné par les premiers Polynésiens. Il possède des vertus spéciales si on le compare à ses cousins poussant hors du triangle polynésien. Les ancêtres avaient réussi à créer des cocotiers en fonction de leur usage. Certains sont utilisés pour leur bois, d’autres pour leurs palmes, d’autres pour leurs noix. Là encore plusieurs variétés se distinguent selon que l’amande sera destinée à être mangée ou utilisée à des fins médicales. Le haari oviri (coco noir et vert) est le cocotier du médecin. Assez rare aujourd’hui, il est confondu souvent avec le coco nain du Brésil.

A l’huilerie de Tahiti on ne mélange pas les sacs de coprah venus des Tuamotu-Gambier, des motu des îles de la Société avec ceux venus des Marquises ou de Tahiti. Non seulement, il s’agit de fournir un débouché aux nombreuses cocoteraies des Tuamotu-Gambier mais le sol influe sur la plante et sa composition. Comme le pied de vignes plantées ici ou là-bas, telle contrée donnera un grand cru ou une piquette – immanquablement la terre influera sur le coco et sa composition chimique. Le tiare enrichit l’huile.

Les tiares destinés à la macération doivent être récoltés au stade de fleur en bouton qui commence à s’ouvrir et avant éclosion totale de la fleur. Il a été démontré que la fleur perdait beaucoup de son arôme une fois « déboutonnée ». De plus une fois ouverte les pétales noircissent plus rapidement. La fleur est riche en salicylates, ou esters. Cette famille de molécules est proche de l’aspirine. La fleur de tiare Tahiti était connue dans la pharmacopée traditionnelle polynésienne pour traiter, entre autres, les migraines.

Chimiquement parlant l’huile de coprah contient 70% de triglycérides à acides gras de courte chaîne alors que la plupart des huiles végétales contiennent 80% de triglycérides à acides gras de longue chaîne. De par leur plus petite taille, les molécules de l’huile pénètrent mieux dans la peau ou le cheveu. L’huile de coprah contient seulement 20% d’acides gras insaturés, d’où sa forte capacité à ne pas « tourner ».

Hiata de Tahiti

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Manger la mer à Tahiti

C’est beau un oursin, il appartient à la famille des échinodermes comme les holothuries. Sont consommables les cinq glandes sexuelles, les gonades, appelées communément « corail d’oursin ». Chez le mâle le corail est rouge et jaunâtre chez la femelle. Ici on en vend sur le bord de la route dans des petits pots transparents.

Le plus souvent on le déguste nature ou bien sur une tranche de pain beurrée avec un zeste de citron. On les nomme aussi vana, hérissons, châtaignes ou œufs de mer.

Aux Tuamotu il existe plusieurs sortes d’oursins. Il en est de magnifiques : Tara poto (oursin diadème, tortue, calotte, bonnet de prêtre, Colobocentrotus) est vert kaki, avec des piquants disposés tels des écailles de tortue. L’oursin-crayon ou porte-lance, Heterocentrus mamillatus, est doté de pics épais tels des crayons de couleur violette, parfois verte ou marron. Pour le ramasser il faudra s’aventurer sur la crête récifale dans la zone de ressac des vagues.

Tara roa (oursin noir à piquants courts), hava’e (oursin ovale, oursin des sables, Tripneuste gratilla), de forme ovale doté de piquants courts, est un fouisseur. Il est surtout remarqué au stade de décomposition par son squelette d’une blancheur et d’une fragilité extrême qui laisse apparaître un ornement très décoratif. L’oursin-crayon offre ses crayons violets à l’artisanat qui les transforme en colliers ou en mélodieux mobiles.

J. qui dans de meilleures années a pratiqué la pêche aux chevrettes (oura pape ou crevettes) m’en a indiqué les usages.

Inutile de sortir votre smoking, seuls vous seront indispensables : un short, un maillot ou une chemisette, une casquette, des nouilles (chaussures de plage à lanières) plus des bas de football. Vos provisions : des bananes, des biscuits, une bouteille de café, un casse-croûte. Dans un sac plastique un mori pata (lampe torche) et un mori gaz (lampe à pétrole). Sur le dos, en bandoulière, une touque (tura) de 20 litres, un harpon sur un bâton de 1m20 – et pour plus de sûreté vous emporterez 5 harpons ! Les chevrettes pourraient partir avec certains !…

Il vous faudra aller entre 16 et 18h (en début de nuit ; n’oubliez pas qu’ici la nuit tombe toujours brutalement et que l’heure dépend de la saison), votre retour se fera vers 3h30. Il faut vous diriger au fond d’une vallée quelques jours après une crue. Il faut traverser des rivières sur des pierres glissantes, affronter des cascades… Parfois on se rend compte que quelqu’un est passé avant vous, alors demi-tour ! Il faut compter 5h de marche à l’aller, 3h de pêche et 5h de marche au retour.

La pêche est interdite de novembre à mars, alors ne venez pas en Polynésie pendant cette période si vous êtes fan de la pêche aux chevrettes. On vous conseillera d’y aller avec un « pro », sinon…

Si la récolte est bonne, il faudra dès votre retour d’escapade vous diriger vers les restaurants de Papeete, et monnayer vos prises. 1000 FCP un kilo de chevrettes. Dans l’assiette, un délice.

Hiata de Tahiti

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Crise du tourisme polynésien

Les mois, les années se suivent et se ressemblent. Pour l’année 2011, moins de 165 000 visiteurs. La baisse des arrivées de touristes se confirme. L’an 2011 se termine sur le total de 162 776 visiteurs soit le nombre de 1997 très loin du chiffre record du début des années 2000, proche de 260 000 touristes. Au lieu d’accuser bêtement les autres, il faut se regarder dans le miroir et voir ce qui ne va plus en Polynésie… mais il faut en avoir le courage. Non content de prendre le touriste pour un cochon de payant, celui-ci est volé, tabassé, insulté. La diminution de l’activité hôtelière s’expliquerait par le retrait des principaux marchés émetteurs (Europe, États-Unis, Japon) par une baisse de la durée moyenne de séjour.

Et si l’on allait voir chez les voisins ? Ca va plutôt bien ! Voyez vous-mêmes, Fidji a compté 675 000 arrivées ; Palau 100 000, soit 25% de plus que l’an passé ; idem pour les Cook. Tout va bien pour le tourisme sauf en Polynésie française. Pourquoi ? Serait-elle maudite ? Vous pourrez toujours regardez sur un atlas où se trouvent ces micro-états.

Pour faire la promotion de Rangiroa, Fakarava et Nuku Hiva, le GIE Tahiti Tourisme a demandé au photographe anglais Andrew Murch de promouvoir la plongée dans ces îles. Ses clichés sont publiés dans Shark diver aux USA, Diver magazine au Canada et X-Ray magazine en ligne. Si Rangiroa ne l’a pas fasciné, il a beaucoup apprécié Fakarava ainsi que les Marquises. Beaucoup de requins gris de récif à Fakarava ; aux Marquises, quatre espèces de requins, des raies manta, une petite faune intéressante et des péponocéphales (orques pygmées) qu’il ne connaissait pas. De quoi intéresser des plongeurs, mais, le billet d’avion tellement onéreux devrait en décourager plus d’un.

La nouvelle lubie du président du pei ? La création d’un marathon à Tahiti à la place de celui de Moorea. Il vise à attirer des étrangers, et aurait lieu en même temps que celui de New York. Eh oui, rien que cela ! Rêve, doux rêve, le budget serait le double, les prix 3 à 4 fois supérieurs à celui de Moorea… Est-ce que les coureurs de celui de New York vont opter pour celui de Papeete ? En tout cas Oscar Tane veut rivaliser avec New York.

Nous avons reçu à domicile les comprimés de Notézine 100mg à prendre avec un peu d’eau devant les représentantes de la mairie. C’est le traitement le plus efficace contre la filariose et le ministère de la Santé avait enfin compris que les gens ne prenaient pas ce médicament, l’oubliaient dans une poche ou le jetaient.

Oscar dérape, pourtant nous ne connaissons pas le verglas à Tahiti. Lors d’un journal télévisé sur TNTV : « J’espère que François Hollande sera élu président de la République car nous, en tant que chrétiens, ce n’est pas possible que nous, on puisse voter pour Nicolas Sarkozy qui a les mains pleines de sang. Rappelons-nous de ce qui vient de se passer en Libye. Les enfants ont été tués, les mères de famille, les personnes âgées, tout ça pour tuer une personne (Kadhafi) qui est recherchée parce que cette personne a fait savoir qu’en 2007, c’est M. Kadhafi qui a financé sa campagne, n’est-ce pas ? Voilà la réalité des faits et j’espère que la Cour internationale de justice, on ne peut pas soutenir un président comme ça, qui aura à juger le fils de Kadhafi, fera une enquête également et j’espère que l’on entende comment cela s’est passé. Comment il a financé la campagne de M. Sarkozy. » Oscar Temaru est pour les formules chocs ! Rappel de quelques-uns de ses autres dérapages verbaux : « L’Éducation nationale fabrique des crétins » ; Alain Juppé, est étranger. Le vote des « étrangers » est le vote des « colons » ».

Décidément, tout est fait pour attirer les Français de métropole dans nos îles…

Hiata de Tahiti

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Dernières élucubrations polynésiennes de mai

Depuis avril, le temps passe à grande vitesse. Il a plu pendant des jours et des nuits sans discontinuer, même Grisette (la chatte) n’a pas pu rentrer à la maison.

Tragique fait divers il y a quelques semaines aux Marquises. Une touriste métropolitaine a été tuée par la chute d’une noix de coco sur la tête !

Stupéfaction à Tahiti, une ado championne de taekwondo à 14 ans, aurait succombé à un arrêt cardiaque après un shoot mortel… au déodorant. L’autopsie confirmerait à 95% cette hypothèse. Après les accidents dus au jeu du foulard, après la consommation de paka (cannabis) et d’alcool, voici donc maintenant un autre jeu mortel pour les collégiens et lycéens !

Faire le possum est un nouveau jeu qui inquiète les autorités de Nouvelle-Zélande. Jeu très prisé par les étudiants qui consiste à s’assoir dans un arbre et à se saouler jusqu’à en tomber raide. L’opossum à queue en brosse est un marsupial vivant dans les arbres, que l’on trouve souvent dans les parcs de ce pays…

L’exode des Kiwis se poursuit. Ils désertent la Nouvelle-Zélande pour l’eldorado australien. Rappelons que les Kiwis ne sont pas seulement des fruits ni des oiseaux mais aussi les habitants de la NZ. Les opportunités de carrière sont alléchantes. Pour les Australiens, la main d’œuvre kiwi qualifiée est une aubaine. Pourquoi s’exilent – ils ? Le climat au pays des kangourous est beaucoup plus clément. La majeure partie des expatriés choisissent de s’installer dans le Queensland où les températures varient entre 10°c en hiver et 29°c en été. Pas besoin de permis de travail ou de visa pour les citoyens et les résidents permanents néo-zélandais qui s’installent en Australie. Aujourd’hui plus de 400 000 Néo-zélandais y vivent. Les salaires sont souvent le double, alors… La crise économique et les tremblements de terre de Christchurch expliquent aussi cet engouement pour le départ.

Nana la Tapageuse : après 23 ans de bons et loyaux services, elle dépose les armes. Après le départ de la Railleuse, c’est au tour de la Tapageuse de quitter Papeete. Le 14 mai elle a mis le cap sur Brest pour y être démantelée. L’arrivée est prévue pour le 30 juillet après 52 jours de mer et un long périple. Ce patrouilleur avait été construit en 1987 à Cherbourg et livré à Tahiti en 1989. Il sera, à Brest, désarmé, puis démantelé ou revendu. L’Arago a succédé à la Railleuse, la Tapageuse n’aura un remplaçant qu’à l’horizon 2014. Outre ses missions de sauvetage, ses opérations de police de la pêche, en juin 2000 la Tapageuse était venue mouiller dans le lagon de Huahine pour 3 jours de figuration dans le film d’Alain Corneau, Le prince du Pacifique.

Et si la Bounty était ramenée à Tahiti ? Un Suisse travaillant et vivant à Tahiti a vu sur internet que la Bounty était à vendre. Cette réplique construite en 1961 pour y tourner le film ‘Les révoltés du Bounty avec Marlon Brando, a ensuite fait carrière dans ‘Pirates des Caraïbes‘. Actuellement elle est une attraction touristique à Porto Rico, en attendant d’être vendue 4,5 millions de dollars US (500 millions de FCP). Le citoyen de la confédération helvétique souhaite réunir des investisseurs privés, motivés. Souhaiteriez-vous contribuer à cet achat ? Voici les tarifs des contributions : donateur « tiare » don entre 1000 et 100 000 FCP ; bienfaiteur « honu » don entre 100 001 et 1 million FCP ; bienfaiteur « poerava » don supérieur à 1 million FCP. A vos tirelires !

En attendant, il n’y a plus de vaccins pour bébé. Il semble que, pour des raisons de crédit, la pharmacie générale de la Polynésie française n’a plus été en mesure de délivrer le Prévenar, vaccin indiqué pour la méningite à pneumocoques et destiné aux bébés. Pourquoi cette rupture ? En métropole, une dose coûte 6 700 FCP, au fenua 10 000 FCP, il faut faire 3 injections, et la CPS (SS locale) ne rembourse pas.

Mais plus de 400 millions FCP de primes ont été versées aux fonctionnaires en 2011, principalement aux services des finances et des impôts, les eldorados de l’administration en Polynésie française. Certains services tels ceux liés aux finances publiques concentrent une grande partie des indemnités et sont donc très prisés par les agents qui disposent ainsi de l’équivalent d’un 14e mois, voire d’un 15e mois de rémunération. Certaines voix s’élèvent contre ces avantages décidés en période de vaches grasses alors qu’actuellement le pei est en crise ! Et les vaches n’ont plus que la peau et les os, enfin pas toutes.

Candidats a la députation : 45 pour 3 places, qui dit mieux ? Un répond à la journaliste : « ça va me changer un peu parce que je suis les actualités à la télé, ce qui se passe au palais Bourbon… à Paris… J’aimerai essayer un peu de rentrer là-dedans et savoir comment ça marche et qu’est-ce que ça va rapporter » (sic !). Et d’ajouter : «… euh… je sais pas encore… j’ai pas encore réfléchi, mais j’aimerais bien savoir quand je serai là-bas dans quelle branche je me pointerai. » Ce monsieur avait l’air sincère. Il y a aussi les « has been », les Don Corléonne du clan des « siziliens » et d’autres du même acabit. J’espère que les fauteuils du palais Bourbon peuvent se transformer en transats pour la sieste les jours où ils viendront assister aux séances.

Hiata de Tahiti prend congé.

Nana les amis. Next time better comme on dit en Tahitien moderne.

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Crise du clientélisme à Tahiti

Mais où sont partis les sous de Teva I Uta ? La chambre territoriale des comptes vient de rendre public un rapport sur la gestion de la commune de 2004 à 2010. Cette municipalité a « vécu au-dessus de ses moyens » masquant parfois la réalité budgétaire grâce à une présentation insincère des comptes ».

Teva I Uta est sur deux communes Mataiea et Papeari, 8591 habitants. La juridiction financière pointe du doigt les dépenses de fonctionnement (71,3% de frais de personnel soit une augmentation de 25% des charges de personnel en cinq ans; des dépenses engagées non mandatées, etc.). Pour payer les salaires des agents municipaux la commune puisait dans ses recettes d’investissement (subventions du FIP principalement), n’arrivait pas à payer ses dettes. Il y a 120 agents municipaux dont le salaire moyen est supérieur à 290 000 FCP. L’eau est non potable quand nous avons la chance d’avoir de l’eau, et le réseau en très mauvais état. Pas d’autocontrôle, aucune information aux usagers, et pourtant la commune dispose sur son sol d’une ressource naturelle abondante et de qualité en eau. Où est la rigueur ?

La dernière étude du centre d’hygiène et de salubrité publique annonce une amélioration de la qualité de l’eau distribuée à Papeete, Bora Bora, Arue, Huahine, Faa’a et Rikitea. Elles seules présentent 100% de potabilité en 2011 contre seulement 2% en 2010. Trois communes demeurent au niveau zéro : Hao, Hitiaa O Te Ra et Teva I Uta. Les analyses n’y sont pas faites ! On garde tout de même l’espoir à Papeari (commune associée de Teva I Uta) d’avoir de l’eau courante au robinet, et pourquoi pas potable également lors de l’installation de la nouvelle prison. Un comble ! A défaut de boire de l’eau potable, vous souhaitez vous baigner ? Atation, atation (attention à la Polynésienne) la qualité des eaux de plage et de rivière laisse à désirer. Vu le prix du billet d’avion, vu le risque de se faire dépouiller et massacrer par des bandes de chenapans, vu le risque encouru en voulant boire l’eau du robinet quand il y en a, vu les lieux de baignade déconseillés… il serait plus sage, touristes, de rester chez vous ou d’aller ailleurs.

Titre de la Dépêche du 16/03, Transport : Bras de fer avec l’armateur des navettes. Gare maritime cherche bateaux désespérément. La situation a évolué depuis, l’armateur a gagné, il pourra se rembourser sur le dos des passagers. Le chantage a payé. De plus, il est seul sur la ligne Moorea-Papeete, en situation de monopole.

Même Dépêche, Finances : Pierre Frébault (ministre des finances du PEI, syndicaliste) a trouvé un prêteur pour le programme d’investissement du gouvernement d’Oscar Tane. Le pays souscrit un « forfait » à 5 milliards chez Tikiphone (l’Orange, le SFR, et autre du Pei !)

Dépêche du 21 mars, Justice : Le tribunal administratif prononce l’illégalité de certains emplois au cabinet du gouvernement Temaru. Annulation de 41 arrêtés de nomination sur 50. Onze ministères sur douze sont touchés ! Le gouvernement n’a pas souhaité commenter cette décision.

Surprise pour les automobilistes sur la route de Nuutania, Violette Tarahu réclamait un droit de passage aux automobilistes ! 100 balles ! Cette dame est mécontente parce que l’État « ne peut pas me payer ». « Que justice soit faite et que je sois dédommagée de cet acte de barbarie (un abattage d’arbres) que le directeur de la prison m’a fait ». « C’est lui qui est entré dans ma terre, dans notre propriété et c’est moi qui doit payer. »

Maiao est une commune associée à Moorea, sise à environ 70 km au sud-ouest. 250 habitants y travaillent le pandanus et le coprah. Sa vie est très communautaire. Mais 15 élèves n’ont pas fait leur rentrée scolaire 2011/2012. Depuis 6 ans un centre d’hébergement a été construit sur Moorea pour les collégiens de Maiao qui ne rentrent chez eux qu’aux vacances. C’est une navette communale qui les transporte, auparavant c’était un vol d’hélicoptère. Les parents considèrent que les enfants rentrant en 6ème sont trop jeunes pour partir seuls. Pour les plus grands, ils veulent les garder pour les aider au pandanus et au coprah. La vie communautaire à Maiao est responsable de leur refus de se séparer de leurs enfants en âge scolaire. Les parents exigent d’avoir sur place une classe de sixième et une de cinquième sur l’île pour leurs 15 enfants ! Seuls 9 enfants ont intégré à la rentrée scolaire le collège de la 6ème à la 3ème. Les affaires sociales, le chef d’établissement, le procureur de la République, le tavana de Moorea, l’administrateur des Iles du Vent, tout le monde est sur la brèche… mais les enfants toujours pas à l’école !

Dans la Dépêche d’un dimanche, un raerae sans complexe affirme : « Dieu nous a créés ainsi, nous sommes des humains aussi. L’intolérance n’a pas de couleur politique. Les regards désapprobateurs proviennent de représentants de tous les partis. Lui travaille à l’Assemblée de Polynésie en tant que collaborateur auprès de la représentante S. Birk. Ce sont surtout ceux qui sont dans la religion qui ne nous acceptent pas. Les raerae qui se prostituent ont dû fuir leur foyer parce que leur papa ne les acceptait pas. J’aimerais qu’un parti politique ait un raerae sur sa liste. Tous les raerae voteraient pour lui »

[Un réré – comme ça se prononce – est un garçonfille mahou qui refuse la virilité depuis l’enfance. On dirait aujourd’hui ’emoboy’. Jadis accepté parce qu’il régulait la démographie et rendait plus diverse la société – grands musiciens, cuisiniers émérites, amoureux initiant les adolescents au sexe – ils sont devenus avec la pudibonderie missionnaire et les relations mercantiles des marins, des prostitués. Donc exploités, méprisés, esseulés. Voir les liens sur ce blog – Argoul]

J’ai très chaud 32°C, 89% d’humidité, je suis fiu, je vous quitte, à la revoyure.

Hiata de Tahiti

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Gauguin amoureux à Tahiti (version alpha : Tehura)

Après le désir pour l’éphèbe, maîtrisé in extremis en le voyant de face (voir note il y a deux jours), vient le désir pour la vahiné. Très jeune, comme de coutume là-bas en ces temps. Voyageant pour se changer les idées et quitter sa maîtresse trop de la ville, il rencontre au hasard une belle maorie d’une quarantaine d’années qui lui demande où il va.

« — Je vais à Itia.

— Pour quoi faire ?

Je ne sais quelle idée me passa par la tête et peut-être sans le savoir disais-je le but réel, secret pour moi-même, de mon voyage :

— Pour y chercher une femme, répondis-je.

— Itia en a beaucoup et des jolies. Tu en veux une ?

— Oui.

— Si tu veux, je vais t’en donner une. C’est ma fille.

— Est-elle jeune ?

— Oui.

— Est-elle bien portante ?

— Oui.

— C’est bien. Va me la chercher.

La femme sortit.

(…) Elle rentra, suivie d’une grande jeune fille qui tenait un petit paquet à la main. A travers la robe, en mousseline rose excessivement transparente, on voyait la peau dorée des épaules et des bras. Deux boutons pointaient dru à la poitrine; sur son visage charmant je ne reconnus pas le type que, jusqu’à ce jour, j’avais vu partout régner dans l’île et sa chevelure aussi était très exceptionnelle, poussée comme la brousse et légèrement crépue. Au soleil tout cela faisait une orgie de chromes. Je sus dans la suite qu’elle était originaire des Tongas.

Quand elle se fut assise auprès de moi, je lui fis quelques questions :

— Tu n’as pas peur de moi ?

— Aïta (non).

— Veux-tu habiter ma case, toujours ?

— Eha (oui).

— Tu n’as jamais été malade ?

— Aïta.

Ce fut tout. Le cœur me battait pendant que la jeune fille, impassible, rangeait par terre, devant moi, sur une grande feuille de bananier, les aliments qui m’étaient offerts. Je mangeai de bon appétit, mais j’étais préoccupé, intimidé. Cette jeune fille, cette enfant d’environ treize années, me charmait et m’épouvantait.

Que se passait-il dans cette âme ? Et c’était moi, moi si vieux pour elle, qui hésitais au moment de signer un contrat si hâtivement conçu et conclu. — Peut-être, pensais-je, la mère a-t-elle ordonné, exigé ; peut-être est-ce un marché qu’elles ont débattu entre elles… et pourtant je voyais bien nettement chez la grande enfant les signes d’indépendance et de fierté qui sont les caractéristiques de sa race.

Ce qui surtout me rassura, c’est qu’elle avait, à n’en pas douter, l’attitude, l’expression sereine qui accompagne, chez les êtres jeunes, une action honorable, louable. Mais le pli moqueur de sa bouche, d’ailleurs bonne et sensuelle, tendre, m’avertissait que le danger était pour moi, non pour elle… une assurance du lendemain, sur la confiance mutuelle, sur la certitude réciproque de l’amour.

Je m’étais remis au travail et le bonheur habitait dans ma maison : il se levait avec le soleil, radieux comme lui. L’or du visage de Tehura inondait de joie et de clarté l’intérieur du logis et le paysage alentour.

Et nous étions tous les deux si parfaitement simples !

Qu’il était bon le matin, d’aller ensemble nous rafraîchir dans le ruisseau voisin, comme au paradis allaient sans doute le premier homme et la première femme.

Paradis tahitien, hâve nave fenua… Et l’Eve de ce Paradis se livre de plus en plus docile, aimante. Je suis embaumé d’elle : Noanoa! »

Paul Gaughin, Noa noa – voyage de Tahiti, 1924, chapitre VII, éditions Bartillat 2011, 135 pages, €9. 63 

Biographie de Gauguin

Peintures de Gauguin 

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Gauguin amoureux à Tahiti (version beta : Jotepha)

Paul Gauguin, le peintre né en 1848 et descendant par sa mère de Simon Bolivar, est tombé amoureux de Tahiti en 1891. Il retrouve dans les îles d’Océanie cette « sauvagerie » qu’il a déjà cherchée en Bretagne à Pont-Aven, en Martinique, dans les vitraux médiévaux et les estampes japonaises. Il se sent proche de « la nature », des pulsions satisfaites, des désirs immédiats réalisés.

Il tombe donc amoureux, comme il le conte dans ce livre mi-récit, mi-poésie qu’est ‘Noa noa’, publié en 1901 et réédité en version définitive après la mort de l’auteur, en 1924. Amoureux deux fois, côté revers, côté avers. Version beta, inachevée, l’éphèbe Jotepha. Version alpha, achevée, la très jeune vahiné Tehura.

Version beta : « Un ami m’est venu, de lui-même et certes ! sans bas intérêt. C’est un de mes voisins, un jeune homme, très simple et très beau. Mes images coloriées, mes travaux dans le bois l’ont intrigué, mes réponses à ses questions l’ont instruit. Pas de jour où il ne vienne me regarder peindre ou sculpter. (…) [Les deux amis vont chercher du bois de rose dans la montagne]

[Le paysage] de plus en plus inextricable à mesure qu’on monte vers le centre de Vile. Nous allions tous les deux, nus avec le linge à la ceinture et la hache à la main, traversant maintes fois le ruisseau. (…) Il marchait devant moi, dans la souplesse animale de ses formes gracieuses, androgynes : il me semblait voir en lui s’incarner, respirer toute cette splendeur végétale dont nous étions investis. Et d’elle en lui, parenivrait mon âme, et où se mêlait comme une forte essence le sentiment de l’amitié produite entre nous par l’attraction mutuelle du simple et du composé.

Était-ce un homme qui marchait là devant moi ? — Chez ces peuplades nues, comme chez les animaux, la différence entre les sexes est bien moins évidente que dans nos climats. Nous accentuons la faiblesse de la femme en lui épargnant les fatigues, c’est-à-dire les occasions de développement, et nous la modelons d’après un menteur idéal de gracilité. A Tahiti, l’air de la forêt ou de la mer fortifie tous les poumons, élargit toutes les épaules, toutes les hanches, et les graviers de la plage ainsi que les rayons du soleil n’épargnent pas plus les femmes que les hommes. Elles font les mêmes travaux que ceux-ci, ils ont l’indolence de celles-là : quelque chose de viril est en elles et, en eux, quelque chose de féminin. Cette ressemblance des deux sexes facilite leurs relations, que laisse parfaitement pures la nudité perpétuelle, en éliminant des mœurs toute idée d’inconnu, de privilèges mystérieux, de hasards ou de larcins heureux — toute cette livrée sadique, toutes ces couleurs honteuses et furtives de l’amour chez les civilisés.

Pourquoi cette atténuation des différences entre les deux sexes, qui, chez les « sauvages », en faisant des amants, écarte d’eux la notion même du vice, l’évoquait-elle tout à coup, chez un vieux civilisé, avec le redoutable prestige du nouveau, de l’inconnu ? — Je m’approchai, le trouble aux tempes. Et nous étions seulement tous deux. J’eus comme un pressentiment de crime…

Mais le sentier était fini ; pour traverser le ruisseau mon compagnon se détourna et dans ce mouvement me présenta la poitrine. L’androgyne avait disparu. C’était bien un jeune homme, et ses yeux innocents avaient la limpide clarté des eaux calmes.

La paix rentra aussitôt dans mon âme, j’éprouvai une jouissance infinie, autant spirituelle que physique, à me plonger dans l’eau froide du ruisseau. — Toetoe (c’est froid), me dit-il. — Oh non ! répondis-je. Et cette exclamation qui, dans ma pensée, venais de livrer en moi-même contre toute une civilisation pervertie, éveilla dans la montagne un écho sonore. La Nature me comprenait, m’entendait tranquille et joyeux, portant notre lourd fardeau de rose : Noanoa ! »

Cette expression tahitienne pourrait être traduite par « enchantement ». Le dictionnaire de l’Académie tahitienne en donne en effet la définition suivante : « NO’ANO’A adj. (Pa’umotu : NOGANOGA) : Odoriférant, d’agréable odeur, parfumé. E tiare no’ano’a tō terā rā’au = Cet arbre a des fleurs parfumées. n.c. Parfum, odeur agréable. ‘Ua tae roa mai te no’ano’a o te moto’oi i teie nei vāhi = L’odeur du ylang-ylang parvient jusqu’ici. RŌHUTU NO’ANO’A = La partie la plus agréable du séjour des morts. Cf. ‘Ā’ARA. »

Paul Gauguin, Noa noa – voyage de Tahiti, 1924, chapitre IV, éditions Bartillat 2011, 135 pages, €9. 63 

Biographie de Gauguin

Peintures de Gauguin 

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Hommes et bêtes à Tahiti

Article repris par Medium4You.

Le pahi, joli oiseau, est le martin-chasseur des Marquises. Son dernier refuge se trouve sur l’ile de Tahuata. En 2003, on en dénombrait 700 individus. L’association Manu s’est chargée du recensement, il n’en resterait que 451. L’habitat favorable à l’oiseau se fait de plus en plus rare et, sur l’île, il y a des chats sauvages. Le Pahi niche dans les arbres morts, ses arbres préférés sont le cocotier et le fara (pandanus). De plus il n’élève qu’un seul oisillon par nichée. Il faut sauver le soldat Pahi.

L’atoll de Tetiaroa détient la palme, 17 tortues vertes ont été observées en train de pondre sur l’atoll, malgré le braconnage. A Tetiaroa on a dénombré 295 traces de montées sur le sable et 37 à Tupai. Les sites en déclin sont Maiao et Maupiti. Sur les 295 montées enregistrées à Tetiaroa, 107 pontes ont été constatées. Cette poussée importante des pontes serait expliquée par la présence du phénomène climatique El Niño. Le courant marin augmente la température de l’eau, les tortues ont davantage à manger et elles viennent plus nombreuses sur les plages, expliquent les scientifiques. Le braconnage ? Il est présent mais concernant Tetiaroa depuis les travaux de construction de l’hôtel The Brando les braconniers sont dissuadés par la présence de nombreuses personnes sur le chantier. Ils mettent un point d’honneur à les empêcher de vaquer et à nuire aux tortues. Autour de l’île de Moorea les scientifiques ont dénombré 47 tortues vertes, comestibles, et 243 tortues imbriquées, non comestibles.

Le kaveu est le crabe de cocotier. C’est qu’il est beau dans sa cuirasse bleue ou rouge-orangé, le plus gros crustacé terrestre au monde ! L’adulte peut mesurer 40 à 50 cm, peser 4 à 5 kg, avoir une envergure de 1 m, et porter des objets pesant jusqu’à 28 kg. Il possède neuf paires de pattes, une paire de pinces très puissantes qui lui permettent de se nourrir de noix de coco ou des fruits du fara (pandanus).

Son espérance de vie peut atteindre 40 ans. Son odorat très fin lui permet de trouver des cadavres de poissons ou de rats, dont il se nourrit. Il est omnivore, nécrophage et peut devenir cannibale si besoin. En Polynésie, il est rare sur les îles hautes, présent sur la plupart des atolls, et surtout abondant sur les atolls surélevés, où les forêts de feo sont présentes comme à Niau ou Makatea. Le feo a poussé sur les coraux morts, pointus et coupants qui se trouvent sur le récif ou à l’intérieur des terres.

Ici on cuisine le kaveu au court-bouillon, son abdomen serait un mets exceptionnel pour les fins connaisseurs, dit-on. Atation toutefois il y a eu des intoxications humaines suite à la consommation des viscères ! La chasse au kaveu se pratique la nuit, et à ce jour n’est pas réglementée en Polynésie, ce qui laisse place à des abus.

Hiata de Tahiti

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Les atouts délaissés de Clipperton

Article repris par Medium4You.

Tahiti Pacifique publie un très intéressant article signé Éric Chevreuil intitulé : « Clipperton, île bâtarde de la République ou comment la France oublie une partie de son patrimoine ».

Je vous en cite plusieurs extraits. On y apprend entre autre « qu’une simple recherche Internet en anglais et espagnol montre qu’il y a au moins trois bateaux de pêche et deux bateaux dédiés à la plongée par saison (octobre à mai). Ces vaisseaux emportent entre 15 et 35 passagers et proposent accessoirement une journée à terre. Entre 100 et 150 personnes payent donc entre 50 000 et 150 000 dollars au total pour aller ouvertement tous les ans sur cette terre de France, sans visa ni autorisations, permis ni contrôles. »

De même, « Lance Milbrand, de National Geographic, a passé 41 jours en solitaire sur l’île et y a noté en moyenne un bateau tous les trois jours ». Et que « les visites médiatisées de la Marine nationale, en grande fanfare au départ des navires de leurs ports d’attache, n’ont que peu ou pas d’effet d’intimidation car prévisibles et de courtes durée. » Mais que, « fin 2004 et début 2005, l’expédition de Jean-Louis Étienne a été capable de débarquer 10 tonnes de matériel et 45 personnes sur l’atoll ravitaillé une fois par semaine par un voilier qui faisait des navettes à partir d’Acapulco ».

Enfin que « la France signait en mars 2007 un traité avec le Mexique lui donnant l’autorisation de pêcher pour dix ans dans la ZEE de Clipperton, sans quota ni conditions, même dans les 12 milles de ses eaux territoriales, sous réserve d’obtenir des licences de pêche auprès du haut-commissariat à Tahiti. Dix ans sans quota de pêche légale en plus de la pêche incontrôlée : coup de maître diplomatique forçant le Mexique à reconnaître notre souveraineté sur l’atoll au prix « temporaire » de sa population de thonidés ? Le futur nous le dira, mais officiellement, discorde et désaccord transpirent de Paris ».

« Clipperton est littéralement devenu le nouvel Eldorado de la pêche aux thons, le dernier endroit de cette région du globe où un pêcheur peut ramener des trophées de 150 à 200 kilos. » « La zone Clarion-Clipperton est aussi appelée la « ceinture de manganèse » ou la « ceinture de cobalt ». C’est une zone riche en nodules polymétalliques connue de tous et ces dernières années, de nombreuses expéditions ont été menées pour en évaluer les vraies richesses. En 2001, il fut entre autre découvert que 90% des nodules de la région de Clipperton se trouveraient par 4 000 m de fond dans les eaux françaises alors que le fonds de ces eaux internationales était pratiquement vide ».

Il semblerait que Russes et Chinois… Euh, c’était juste pour vous mettre en appétit !

Hiata de Tahiti

Le Sénat a publié un rapport intitulé ‘La France et les îles subantarctiques’ le  16 décembre 2011 : Rapport du Sénat n°208 (2011-2012) par MM. Bruno SIDO, sénateur et Claude BIRRAUX, député, fait au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques [Argoul].

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Vote présidentiel aux Îles du vent

Comme pour le premier tour des élections présidentielles, nous avons dû voter en Polynésie avant vous, soit samedi soir, jour de sabbat pour les Adventistes. Les mesquineries avaient été rôdées !

Vous savez que Papeari et Mataiea sont les communes associées de Teva I Uta : le coucher du soleil se situant vers 17h38, il fallait aux électeurs de confession adventiste un turboréacteur pour arriver à temps à la mairie faire son devoir de citoyen, encore français. Certains ont renoncé car dépourvus de moyens de transport pour arriver dans les délais.

D’ordinaire la mairie demande une prolongation d’ouverture du bureau de vote afin de permettre à tous ses résidents de voter. Là, il paraît qu’ils avaient oublié de demander cette dérogation au Haussariat (Haut-commissariat). Mais, pour le second tour, ils ont encore oublié. Il faudra prendre du Tanakan. Même ‘la Dépêche de Tahiti’ s’est trompée pour indiquer l’heure de coucher du soleil ce samedi du second tour.

Alors qu’au premier tour la majorité des votants avaient pu s’exprimer sans présenter le moindre papier d’identité – ici tout le monde se connaît – pour le second tour il fallait montrer patte blanche. Sans papier d’identité, retour à la case départ pour les gens de Papeari. Ceux de Mataiea, village de la mairesse de Teva I Uta, pouvaient eux continuer à voter sans montrer la républicaine pièce d’identité. Vous comprendrez mieux quand vous lirez les résultats que voici :

  • Papeari : 3079 inscrits ; 1729 votants ; 1669 exprimés ; 659 pour Hollande ; 1010 pour Sarkozy.
  • Mataiea : 3290 inscrits ; 1783 votants ; 1739 exprimés ; 893 pour Hollande ; 846 pour Sarkozy.

Le président du Pays est ravi de l’élection de M. Hollande ; lui et son gouvernement ont déjà réservé des passages pour Paris, ils emporteraient de grosses valises pour ramener beaucoup de moni (sous)… C’est leur souhait le plus ardent car ici les caisses sont (comme toujours) vides.

Portez-vous bien. Fa’aitoito (courage) !

Hiata de Tahiti

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Marine à Tahiti

Le patchwork polynésien aux multiples couleurs remonte à l’époque des missionnaires. Entièrement cousu à la main, cela prend un mois pour le terminer, piqué à la machine, une mama artisane peut faire deux tifaifai en une semaine. Le prix est en relation avec le temps passé. Un livre vient de sortir, publié par Aux vents des îles. Le salon de cette année aura pour thème « Les merveilles de la mer ».

La campagne océanographique « Respect de l’océan » en marquisien s’est terminée le 24 février sur l’île de Nuku Hiva. Embarqués le 2 février dernier sur le Braveheart, l’équipe a parcouru 1200 km, prélevé 400 échantillons et fait 10 explorations profondes par robot entre 100 et 500 mètres. La richesse des eaux marquisiennes en plancton et thonidés est confirmée. Les plongées ont révélé des espèces de poissons et crustacés inconnues localement, et peut-être pour quelques-unes nouvelles pour la science. Les chercheurs ont mesuré dans les eaux de surface jusqu’à 0,8 microgramme par litre de chlorophylle, valeur très forte pour les eaux du large. La totalité des résultats sera oubliée en 2013.

Les Polynésiens appellent puhi maua l’anguille des montagnes (Anguilla megastoma) ou anguille à oreille du fait de la présence de nageoires pectorales très développées qui rappellent des oreilles. Ce poisson, corps allongé, serpentiforme, peut atteindre 1,65 m de long et un poids de 9 kilos. Son ventre est blanc, son dos gris jaunâtre tacheté de sombre. C’est un poisson d’eau douce qui se reproduit en mer. Les larves après un voyage de six mois se métamorphoseront en civelles près des îles. Elles colonisent alors les embouchures des rivières entre octobre et avril. D’après le Criobe, cela se passerait lors de la nouvelle lune de décembre. Puhi maua se nourrit la nuit, essentiellement de chevrettes ; les petits gobies, annélides et mollusques complètent son alimentation. Si vous désirez caresser les puhi maua, vous vous rendrez à Huahine où vous pourrez les nourrir. A côté de cet endroit se trouve un petit magasin qui vous vendra la boîte de maquereaux et qui se fera même un plaisir de vous ouvrir la boîte pour ces dames, assez goulues ! Ayez un grand respect pour cet animal de légende sinon il vous en cuira.

D’ailleurs, connaissez-vous la légende de Hina et du roi du lac Vaihiria ? Cette légende est tirée d’un texte de Teuira Henry, Tahiti aux temps anciens. [image de Bobby Holcomb]

« Il était une fois une princesse d’une beauté exceptionnelle nommée Hina. Son père et sa mère la promirent en mariage au roi du lac Vahihiria, Faaravaaianuu. Au moment d’être présentée à son futur mari, elle découvrit que ce dernier était une énorme anguille. Horrifiée, elle s’enfuit à Vaira’o chercher protection auprès du Dieu Maui. Ému par l’histoire de la princesse, ce dernier accorda sa protection.

« Mais l’anguille sortit du lac et retrouva la trace de sa promise. Maui, plaçant deux tiki en pierre sur les falaises qui surplombent la vallée, arriva à capturer l’anguille qu’il coupa en trois morceaux. La tête tomba au pied de Hina et lui dit « un jour viendra où tous ceux qui me détestent finiront par m’embrasser sur la bouche et toi Hina, tu seras la première d’entre eux ! » Maui enveloppa la tête dans des feuilles de tapa, la donna à Hina en lui disant : « Ne pose surtout pas ce paquet à terre avant d’être arrivée chez toi. Tu enterreras puhi au centre de ton village ».

« Hina repartit chez elle en emportant son paquet. Chemin faisant, elle voulut se baigner dans la rivière. Oubliant les recommandations de Maui, elle posa la tête de l’anguille à terre. Aussitôt, la terre trembla et s’ouvrit, engloutissant la tête. Immédiatement une plante apparut et se mit à pousser pour devenir un arbre semblable à une anguille se dressant vers le ciel. Le premier cocotier venait de naître.

« Il y eut une sécheresse et seul le cocotier résista. Les hommes goûtèrent alors son fruit, contenant une eau sucrée et une pulpe appétissante, où se dessinent trois taches sombres : les yeux et la bouche de l’anguille. Ainsi, toute personne buvant l’eau d’un coco accorde un baiser royal jadis refusé ».

En fait, il semble que la Polynésie héberge 3 espèces d’anguilles sur les 18 que compte le genre Anguilla dans le monde : l’anguille marbrée (Anguilla marmorata) espèce abondante dans l’indo-Pacifique ; l’anguille obscure (Anguilla obscura) et l’anguille à grande bouche (Anguilla megastoma) sont des espèces plus rares et présentes uniquement dans le Pacifique. Il reste bien des mystères à élucider pour les scientifiques quant au cycle de vie des anguilles, aux métamorphoses, aux migrations. Les marchés internationaux sont demandeurs, surtout le marché japonais, la ressource cela pourrait être une ressource pour la Polynésie.

La sterne blanche ou itatae est présente dans tous les archipels. Qu’elle se nomme itatae à la Société, kotake aux Gambier, aaia aux Australes, kirarahu aux Tuamotu, pinake aux Marquises,(Gygis alba) volera partout où vous irez. Mâle et femelle ont la même livrée entièrement blanche, un bec droit et pointu bleu à la base, puis noir, pattes peu palmées mais fortement griffues. L’adulte a le vol léger, il se pose délicatement sur les branches, son registre vocal est étendu. L’itatae niche dans les zones boisées des atolls et des îles hautes, au bord de mer ou dans les vallées. Diurne, il se déplace jusqu’à une quarantaine de kilomètres au large. Son régime alimentaire comporte des petits poissons et des céphalopodes, du zooplancton et des insectes. Pas de nid pour l’œuf unique déposé au creux d’une branche. Cet oiseau n’est pas menacé d’extinction.

Dans le golfe de Carpentarie, les scientifiques viennent de découvrir une espèce de reptile inconnue du monde scientifique. Un serpent de mer recouvert d’écailles épineuses de la tête à la queue. Neuf spécimens ont été pêchés lors de l’expédition. Ils ont été trouvés là où les fonds marins sont rocailleux, ce qui pourrait expliquer la présence de ces écailles sur leur corps. Les serpents de mer possèdent un venin entre dix et mille fois plus puissant que les serpents terrestres. Les eaux du golfe de Carpentarie sont infestés de requins bouledogue, de crocodiles marins et de méduses tueuses. Aurait-on le choix ?

Une expérience saisissante à l’aquarium de Nouméa. L’aquarium a la joie de vous annoncer la naissance de Stegostoma fasciatum le mardi 13 mars à 10h27. C’est un petit requin léopard, espèce qui présente d’élégantes rayures noires et blanches à la naissance. Elles s’estompent en grandissant et laissent place à des points sur une robe plus mordorée. Un plongeur avait récupéré sept œufs accrochés à un substrat. Quatre sont restés en incubation. Les techniciens ont fait une césarienne pour libérer ce petit prématuré. Les œufs de requin ne sont jamais fixés. L’œuf du requin léopard a été délicatement découpé avant la ponte d’une vingtaine d’œufs. Le technicien a installé le nouveau-né dans une coquille artificielle dans laquelle il peut grandir sous les yeux des visiteurs.

Hiata de Tahiti

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Premier tour et démagogie Tahiti

Résultat des élections présidentielles 1er tour à Tahiti :

  • Teva i uta : Inscrits 6371 ; Votants 3009 ; Sarko 1411 ; Hollande 878 ;
  • Iles du vent : Inscrits 135800 ; Votants 65867 ; Sarko 29125 ; Hollande 19437 ;
  • Iles sous le vent : Inscrits 26021 ; votants 12591 ; Sarko 5749 ; Hollande 4635 ;
  • Tuamotu Gambier : Inscrits 12689 ; votants 6452 ; Sarko 2814 ; Hollande 2190 ;
  • Marquises : Inscrits 6897 ; votants 4092 ; Sarko 1463 ; Hollande 1690.

Mauvais résultat global pour Hollande à cause de l’association (volontaire ou pas) du Tavini : Hollande = Indépendance !

Synthèse publiée dans les ‘Nouvelles’ : « contrairement à ses résultats nationaux François Hollande n’arrive qu’en deuxième position en Polynésie avec 32,43% des votes, derrière Nicolas Sarkozy et ses 45,21%. Oscar Temaru et le Tavini n’ont pas réussi à faire adhérer les électeurs polynésiens au vote socialiste, quand en 2007, la candidature PS récoltait 41,68% des suffrages au 1er tour. Couplé à la faible participation (49,35%), ce premier tour sonne comme un désaveu pour la stratégie du leader indépendantiste, à l’orée des législatives en juin, et des territoriales six mois après. »

Puisque malgré mes prières vous n’avez rien donné au gouvernement polynésien, alors après s’être abimé les ongles à gratter les fonds de tiroirs, il a œuvré :

  • un coup de pouce aux factures d’électricité ;
  • taxe de 1% sur les appareils électriques ;
  • 5 à 60% sur les cigarettes, cigares et cigarillos ;
  • 5 à 20% sur les alcools ;
  • taxes sur les produits originaires d’Europe, 2 à 4% sur les produits alimentaires et produits corporels, 8% sur les sucreries ;
  • 5% sur les colis postaux compris entre 10001 et 30000 FCP (style la Redoute, Amazon, Fnac), l’essence.

Les relations avec l’État se tendent chaque jour davantage. L’élu de Hitia, mi Père Fouettard, mi Père Noël siège toujours au perchoir, là il peut s’exprimer, empêcher les Autres de s’exprimer, mais surtout imposer ses règles. L’habitat social ? 2,8 milliards d’impayés depuis plus de 20 ans alors le ministre actuel a proposé un remboursement de ces loyers impayés sur 100 (cent) ans… Pauvres jeunes, encore une facture qui leur échoie ! Revenu d’Australie, le ministre du tourisme aussi président du pays était attendu sur l’avenir économique du Pays, il a très vite digressé (dixit les journaux) sur la décolonisation, évoquant le cancer de la France pour expliquer la maladie dont souffre selon lui le Pei. Et de continuer à déblatérer sur Sarkozy. Oscar Temaru indique que si les Anglais ne viennent pas à Tahiti, c’est la faute aux… à qui ? je n’entends pas… Gagné ! aux Français évidemment. Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage. Pitoyable !

L’administration est sous la loupe de la Chambre territoriale des comptes (CTC). Alors ils ont fait les comptes et ce n’est pas bon du tout. La crise n’est pas responsable au fenua, il faut regarder en arrière. L’administration est devenue un mammouth ingérable. En 2004, il y avait 5322 agents, toutes catégories confondues. En 2010, 455 de plus ! Avec un ratio d’encadrement toujours aussi faible. Multiplicité des structures, morcellement des missions, doublons, interventions publiques sans stratégie, cela a coûté très cher et continue de coûter. On transfère, on soutient « ses satellites » : ATN, TNR, TNTV, GIE Tahiti Tourisme…

On soutient par démagogie les denrées alimentaires de base et l’essence, on atteint ainsi 52,6% des dépenses réelles de fonctionnement en 2008. On coule ! La défiscalisation, il faudrait revoir ce dispositif. Les SEM et satellites sont très coûteux. La CTC rapporte qu’en 2009 12 milliards ont été versés à ces organismes, toujours en hausse par rapport à 2008. Cette dépense représente 400 000 FCP par habitant en 2010. Le nombre d’agents est très important soit 28,3% de la dépense de fonctionnement en 2004 et 30% en 2010. Le manque de qualification du personnel et le nombre très élevé d’emplois « occupationnels » ne permettent pas à la collectivité de s’adapter rapidement aux critères d’une administration moderne.

La DGDE (dotation globale pour le développement économique) était initialement une subvention d’investissement libre d’emploi. Elle a été, à compter de 2005, employée pour le fonctionnement dans des conditions non-conformes. Des avenants et contre avenants avaient permis de détourner la DGDE de sa mission initiale pour combler les brèches des finances publiques en berne. Pas d’épargne et des emprunts toxiques fragilisent encore plus le Pei. Telle est l’analyse de la gestion des finances du Pei passée au crible (2005/2010) par la Chambre Territoriale des Comptes.

Un exemple parmi d’innombrables : l’Hospitel était un hôtel des familles qui accueillait à Pirae des patients venus des îles et leurs accompagnateurs… il est fermé ! La direction du CHPF louait ce bâtiment à l’EAD mais il n’était que peu rempli, pourtant à proximité de l’hôpital du Taaone. Il se composait de 63 chambres, lieu convivial, ouvert en juin 2011. Surdimensionné il avait coûté la bagatelle de 560 millions de FCP et était loué par l’hôpital 3,65 millions de FCP/mois. Très souvent ici les projets sont menés en dépit du bon sens. Mais, car il y a un mais, la Caisse d’assurance maladie avait maintenu les conventions passées avec six pensions de famille à qui l’hospitel faisait concurrence ! Et le directeur de la CPS (SS locale) d’ajouter que les gens des pensions avaient fait des investissements, et que si les conventions étaient retirées, ces personnes seraient au chômage. Y aurait-il par le plus grand des hasards quelques liens de famille avec les gens de la CPS ? Ben, on aurait pas pu y réfléchir avant de construire cet hospitel ?

Autre exemple, l’inauguration en grande pompe de la nouvelle gare maritime, le jour J. Ben c’est pas concluant et, pour reprendre les propos d’un usager, « tu descends, tu montes, tu descends et tu payes ! » Rien n’est vraiment prêt, les nouveaux embarquements ont eu plus d’une heure de retard… la panique quoi. A l’abordage ! Pour l’abonnement mensuel on passe de 30 000 FCP à 41 200 FCP, ça fait 20% d’augmentation. Pour les étrangers au pays, les gens de Moorea et les élèves viennent tous les jours à Papeete par ces navettes. L’armateur s’est bien servi en comptant 6 jours, du lundi au samedi aller-retour alors qu’un grand nombre de gens de Moorea ne rallient pas la capitale le week-end. Ben, il n’y a pas de petits profits, surtout quand on est seul sur la ligne.

Pour ceux que cela fait vibrer, un rapport de l’Agence française de développement est consultable sur son site. Vous y trouverez ce qui se rapporte à l’économie de ce petit pays, de l’interventionnisme public…

C’étaient les élucubrations du mois d’avril 2012 d’une popaa exilée en Polynésie française.

Portez-vous bien

Hiata de Tahiti

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Litanies de Tahiti

J’ai la tristesse d’avertir les messieurs si friands des titis tahitiens (seins) qu’ils ont été trompés sur la marchandise, qu’ils n’ont, hélas, caressé et embrassé qu’un truc en plastique ! Condoléances. Ici, dans cette île du bout du monde, il y aurait 950 femmes sur 70 000 personnes adultes de Polynésie française, soit 1 femme sur 75 qui serait porteuse de ces titis « déclarés défectueux » de la société PIP. Record mondial ! Les « titi ha’avare » (seins menteurs) furent à la mode à Tahiti dans les années 1990-2000. Il semblerait également que la CPS (SS polynésienne) payait les frais de ces interventions environ 500 000 FCP en moyenne. Quelle surprise ! Qui aurait pu imaginer que les titis tahitiens étaient des titis menteurs !

J’ai la tristesse de dire que le bingo était clandestin, rue François Cardella, en plein centre ville de Papeete pour ceux qui connaissent ! Un couple avait transformé un appartement en salle de jeux. La DSP et le GIR ont raflé la mise ! Pas de chance pour les investisseurs. Un vigile en bas de l’immeuble filtrait les entrées en laissant passer les joueurs et les résidants (quand même). Le couple qui tenait ce casino clandestin possédait trois autres salles de jeux à Punaauia, tables de poker et roulette. Les bénéfices générés devraient se situer autour de plusieurs dizaines de millions de francs pacifiques. Ces individus émargeaient également au régime de solidarité territorial (RST). Et pourquoi pas ? Y a pas de petits profits !

J’ai la tristesse de raconter qu’il en avait tellement marre le capitaine du féribot d’Aremiti Ferry, qu’il a grimpé les voitures mal garées sur des conteneurs au quai des ferries à Papeete. Les arrêts-minute pour acheter son billet sont occupés par des voitures ventouses et les véhicules entrant ou sortant du ferry ne peuvent circuler… Quand on est fiu ici, on est fiu ! [Fiu est terme local intraduisible qui veut dire fatigué, désolé, dépressif, rempli d’ennui… – Arg.]

J’ai la tristesse de quémander : t’as pas quelques milliards ? La protection sociale tahitienne traîne quelques casseroles alors, vous les Popaa (qui êtes pleins aux as) vous pourriez donner ces quelques milliards dont notre CPS (SS) a le plus grand besoin pour continuer à soigner les malades. Mais aussi prêter au gouvernement qui veut puiser dans la caisse des retraités pour payer ses fonctionnaires. Non ? Pourquoi ?

C’est que vous les Farani vous nous devez des sous. Ici la population a augmenté, le prix des soins aussi, les gens vivent plus longtemps, 6 ans de plus qu’avant, le nombre de patients en longue maladie est passé de 10 000 à 33 000 personnes et elles consomment la moitié des dépenses de santé. Première cause, les maladies cardio-vasculaires sont suivies du diabète et du cancer. Comme ailleurs, me direz-vous ! Sauf qu’en Polynésie l’âge d’entrée en longue maladie se fait plus tôt et est sûrement lié aux mauvais comportements alimentaires.

Et à cause de la mauvaise santé de l’économie polynésienne, ce ne sont que 60 000 cotisants qui portent sur leur dos les ponctions pour tous les autres. Et ici il y a en plus les « évasans » (évacuations sanitaires) par avion, internationales environ 3 milliards de FCP par an pour 700 évasanés. Pour les îles l’enveloppe est de plus d’un milliard. Oscar Tane Temaru clame toujours que « la Polynésie = l’Europe ». Certes, mais l’habitat est dispersé et les structures médicales sont peu ou pas existantes dans les archipels éloignés ! Quand on se vante d’être un grand pays du Pacifique sud on assume.

Le fiu commence à me gagner, nana.

Hiata de Tahiti

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Rori, délice de Tahiti

C’est une nouvelle activité pour la population des atolls. J’avais déjà évoqué la bestiole et le moni (argent) qu’on peut en tirer il y a quelques mois. L’holothurie c’est le rori (rouler le r SVP) en Polynésie, le concombre de mer ou la bêche de mer en Nouvelle-Calédonie, ou encore la limace de mer et paraît-il ver de mer à Marseille.

Cet animal ne concourra pas pour un prix de beauté, son corps est mou, et son aspect ingrat. Le rori appartient à la famille des échinodermes. Il est fort apprécié des palais asiatiques. [Ces bêtes sont évidemment aphrodisiaques, vous avez vu la forme ? C’est ce qui compte dans la symbolique chinoise. Les pragmatiques l’utiliseront de façon non symbolique comme godemiché bio… – Arg.] A ce jour il n’y aurait qu’une vingtaine de personnes s’activant pour les gourmets chinois, encore eux !

Vous avez revêtu vos habits de plongeurs? C’est parti ! Atation (attention) ne marchez pas dessus… ne le stressez pas car il va émettre des filaments gluants dont vous aurez du mal à vous débarrasser, ah! ah! Pour le moment quelques 20 personnes sur l’atoll de Raroia pêchent, éviscèrent, nettoient, font bouillir et sécher les concombres de mer. Une fois prêts les rori sont plongés dans de l’eau de mer, mijotés à l’eau bouillante durant 45 minutes et séchés au grand air. Cuits, ils sont envoyés à Tahiti pour expédition.

Quelques Polynésiens sont également des consommateurs de rori cuisinés : marinés au vin rouge, sautés aux petits légumes… Certains font frire les filaments gluants qui ressembleraient à des spaghettis. J’ai eu l’occasion de goûter à ces délicatesses à Rimatara. Le premier plat : crus au citron, je croyais qu’on avait oublié de les rincer ; deuxième plat, j’ignore encore la recette mais cela ressemblait à de la couenne de porc, élastique mais pas gras ; le troisième était délicieux, cuit pas élastique, mais je ne me serais pas roulée par terre pour une nouvelle assiette.

Dans le lagon de Raroia, on collecte quatre espèces :

  1. Rori « ananas » pouvant atteindre 60 cm de long, nettoyé, sera mis dans la saumure pendant 3 jours, puis cuit et séché.
  2. Rori « vermicelle », je vous laisse deviner la consistance…
  3. Rori « chocolat » est laissé au soleil une journée. Les viscères sont rejetées naturellement.
  4. Rori « titi » noir ou blanc pêché en eau profonde est aussi plongé dans la saumure pendant trois jours avant d’être cuit et séchés. « Titi » veut dire poitrine, sein, en tahitien. Les prix de vente varient entre 1100 FCP à plus de 4000 FCP le kilo.

Tama’a matai (bon appétit) !

Hiata de Tahiti

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Politique à Tahiti

Malgré tout la guerre des sexes n’aura pas lieu, il n’y a eu que des paroles. Paroles, paroles, paroles ! On palabrait pour adopter une résolution afin de modifier la loi organique afin d’organiser la fameuse parité. Le boss, Oscar Tane (Temaru), a déclaré que « dans certains archipels, la politique n’est pas l’affaire des femmes ». Ben alors, sois belle et tais-toi !

La Dépêche de Tahiti indique « Danger pour les habitants de la vallée de la Tuauru, tous les jours, ils traversent la rivière pour rentrer chez eux ». Certains ont construit leur fare dans des vallées où ils doivent traverser sur les pierres de la rivière, pierres glissantes même quand la météo est favorable. En cas de forte pluie, le niveau de l’eau monte dangereusement et l’accès aux maisons devient impossible. Ce sont là des problèmes récurrents, mais les élections approchent à grands pas…

Des permis de construire ont bien été octroyés à ces chefs de famille, mais ils de disposent toujours pas d’électricité. EDT (l’EDF polynésien) leur réclame une somme qu’ils ne peuvent pas payer. Les conditions d’accès à leur foyer deviennent insupportables. Les maires successifs ont été contactés et à ce jour aucun n’est jamais venu sur place se rendre compte des difficultés de ces familles. Qui se penchera sur ces problèmes de circulation ? Qui osera prendre une décision?

Billet d’humour, l’actualité vue par Lolo. Sous la forme d’une affiche de film, en haut à gauche Maohi Nui Movies et les Films du 18ème trou présentent, suivent les photos d’Oscar Temaru et de Moetai Brotherson, « Indécrottables », un film de Tony Geros. Pour garder la santé il faut rire au moins 15 minutes par jour. A la vôtre.

Le gouvernement est coutumier des escapades à l’étranger. Professionnelles ? Personnelles ? Nul ne le sait car le service de communication est aux abonnés absents. Où est Oscar Tane ? A Hawaï paraît-il ! Après Hawaï, le « Temaru Tour » devrait rallier Brisbane, alors sur le fenua on a des doutes. Mais on n’a plus de doutes quant au transport des voitures de l’équipe Temaru pour l’inauguration du Festival des Marquises. Ça jasait beaucoup aux Marquises sur ce déplacement. Mais oui, c’est qu’aux Marquises, bonnes gens, on circule encore et toujours à cheval. A hue et à dia, et moi qui ne sait pas encore le dire en marquisien. Lors de ses premiers pas à la tête du Peï, une personne me racontait qu’elle rencontrait Oscar Tane venir chercher le poisson cru et les firifiri du dimanche en short et dans son petit 4×4 personnel. Les temps peuvent changer ! Maintenant ce n’est qu’en 4×4 luxueux aux vitres teintées que les membres du gouvernement polynésien se déplacent.

Fin d’année 2011, on apprend qu’une étude pour le changement du réseau hydraulique vétuste est lancée. Vous vous souvenez que les coupures d’eau sont quasi journalières et qu’il faut, si l’on veut se baigner en baignoire attendre les heures vespérales ou les heures très matinales pour jouir d’un filet d’eau mais ‘atation’, ne pas abuser du savon ! Il y aurait donc sur cette commune associée un pompage d’eau de source aux « Bains des Vierges » et deux captages à Vaihiria et Vaite. Il est vieux de 30 ans. Alors how much ?

Y avez du beau monde sur cette petite île de Maupiti : le Haussaire, le Vice-président, le Ministre de l’Agriculture, le Président de la Chambre d’agriculture… Souveraineté alimentaire qu’ils ont dit, autosuffisance, et pour cadeau un conteneur frigorifique. Pour les surplus ? Produisez, produisez, exportez disaient les Huiles aux cultivateurs de Maupiti. Mais, répondaient ceux-ci, on manque de terres exploitables, on manque de moyens techniques sur les motu, on ne nous exonère pas du fret pour exporter vers les autres îles. Maupiti est loin d’être autosuffisante alors ?

L’actu vue par p’tit Louis [rien à voir avec le fils de Qui-vous-savez, mais qui est le caricaturiste vedette de ‘La Dépêche de Tahiti’ – Arg.] :

  • « Le gros : La gendarmerie fait des stages auprès des jeunes pour leur apprendre à bien conduire…
  • – Le maigre : à quand des stages auprès des politiques, pour leur apprendre à bien se conduire ?!
  • – Le gros : Depuis que l’État ne s’occupe plus des aéroports dans les îles.
  • – Le maigre : le Péi s’est rendu compte qu’elles sont beaucoup plus dispersées qu’avant !
  • – Le gros : Une gare maritime bientôt vide, un aéroport de Moorea déserté, les poches des pauvres taote (médecins) asséchées !
  • – Le maigre : et un palais pérésidontiel sans pérésidont ! Ceci expliquant peut être cela ! »

Hiata de Tahiti

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Maladies et maux sociaux à Tahiti

Atation ! (attention en prononciation locale), la leptospirose guette en ce début d’année très pluvieuse. Chaque année, cette maladie fait entre 2 et 5 morts en Polynésie. Transmise par l’urine animale, cette bactérie vit dans l’eau stagnante et la boue. La maladie débute comme une grippe avec une forte fièvre, mal à la tête et douleurs musculaires font penser à la dengue. Pas soigné, le microbe peut s’attaquer au foie, aux reins, d’autres complications apparaissent (jaunisse, insuffisance rénale, signes oculaires, cardiaques ou pulmonaires, hémorragies). Alors attention, sinon… « Aiiia Madame, moi sais pas marcher avec sossures… »

En 1914, on a ouvert une léproserie dans la vallée d’Orofara, sur la côte Est de Tahiti, commune de Mahina. Les malades étaient soignés par des diaconesses protestantes. Le village comprenait une église, un temple, un magasin, deux réfectoires, une cuisine commune, un lavoir-séchoir, une infirmerie, une école et son institutrice. Tous les services étaient tenus par les lépreux. La salle de soins était tenue par du personnel métropolitain venu en mission. Les logements de 7 m sur 3 comportaient 2 chambres et un WC. Ils étaient désinfectés régulièrement. Au fond de la vallée, le cimetière des lépreux, aujourd’hui abandonné. Dame Nature offrait mangues, uru, bananiers, tubercules. En 1920, Orofara comptait 83 pensionnaires, en 1933, 133, en 1939, 90. Au milieu des années 1950, la maladie était en voie de régression, voire de disparition. La lèpre, une maladie infectieuse peu contagieuse, mais très mutilante.

Hausse modérée de la délinquance 2011 : +1,3%. A la hausse : les escroqueries, infractions économiques et financières (+40%), les vols à l’étalage (+40%), les coups et blessures volontaires (+10%), les violences sexuelles (+4,6%) les infractions à la législation sur les stups (+20,3%). Mais le pakalolo (lait de cannabis) reste au cœur des crimes malgré la destruction de 63 642 pieds de paka. On cambriole un fare, on s’empare d’un ordinateur et on l’échange contre une boîte de quelques grammes de paka ! Inquiétante tendance, le nombre de mineurs interpellés pour usage de stupéfiants en 2011 est en hausse de 66%. L’an passé, un enfant d’une dizaine d’années avait été trouvé porteur de pakalolo qu’il revendait pour le compte de ses parents.

Toujours plus d’habitants dans le bassin de Taravao. Au moins un quart, voire plus, de la population de Tahiti habite ici mais l’offre de santé de suit pas. Le gros problème c’est l’hôpital. Il est vétuste, manque de personnel. Pas de maternité. Il est courant que les sages-femmes assurent seules des accouchements « bord de route ». L’hôpital ne serait pas vraiment un hôpital, il aurait un statut bâtard et doté de moyens insuffisants.

Une page de la nuit se tourne à Papeete. Le Piano bar de la rue des Écoles, ouvert dans les années 60 par des légionnaires, avait gagné ses lettres de noblesse nocturnes à l’heure du CEP. Il change de concept. Indiqué dans tous les guides de voyage il tenait surtout au fait que le lieu de plaisir fut rapidement investi par les travestis, puis les raerae plus tard. Les militaires étaient là, l’argent aussi, les contrôles routiers absents, la fête battait son plein jusqu’au milieu des années 2000. Les travestis devenus pour la plupart transsexuels ont participé à la notoriété de l’établissement. Chaque année avait lieu l’élection de Miss Piano bar. Les shows des raerae sont finis, place aux sons de DJs.

Hiata de Tahiti

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Environnement polynésien français

Les gouvernements, pour éviter l’exode des populations des Tuamotu, ont toujours maintenu les populations en atolls. Les temps ont changé, les gens ont préféré venir s’entasser, sans travail, dans le fare d’un membre de la famille plutôt que de rester dans les cocoteraies. Le coprah a bénéficié d’un soutien financier non négligeable sous formes d’aides. L’huilerie de Tahiti, par convention, est contrainte d’acheter la totalité du coprah qui lui est livrée, moyennant un prix fixé par le gouvernement en fonction de la qualité du coprah. Le coprah donne une huile brute exportée vers l’Europe.

Pour produire le monoï une faible partie est raffinée sur place. Les tourteaux servent à l’alimentation animale. L’huile de coco est alimentaire et permet la fabrication de margarine et graisses végétales. La production est en déclin depuis les années 50. Elle subit une forte concurrence de la Thaïlande, des Philippines et de l’Inde. Un cocotier vit environ un siècle mais sa durée de vie économique ne dépasse pas 50 à 80 ans. L’entretien des cocoteraies nécessite une grande rigueur, mais dans le dictionnaire tahitien, on ne trouve pas le mot rigueur. Peu d’habitants d’un atoll vivent exclusivement du coprah.

C’est un travail de force qui rapporte peu. Il faut d’abord ramasser les cocos à l’aide d’un pic en fer et d’un bâton pour éviter de se baisser, les casser à la force des bras avec une hache, faire des tas pour les sécher. L’albumen séché est décollé de la coquille à l’aide d’un petit outil. Il faut les mettre en sac puis les ramener au village, les entreposer dans le hangar à coprah, les peser et les étiqueter avant d’être vendus sur la goélette.

Pour remplir un sac de 50 kilos, il faut 250 noix pour un gain de 7000 FCP. Pour obtenir un SMIG mensuel il faudrait récolter 20 sacs de 50 kilos de coprah de première qualité soit plus de 5000 noix de cocos. Ça vous dit ?

Certes, vous savez déjà que Tahiti compte plusieurs rois auto-déclarés, mais celui dont je vais vous entretenir brièvement est un petit oiseau en danger d’extinction. Le Monarque de Tahiti (Pomarea nigra) ou O’mamao est un petit oiseau que l’on ne rencontre plus que dans 4 vallées de Tahiti qui, depuis 1998 fait l’objet d’un programme de sauvetage. La société d’ornithologie de Polynésie « Manu » dératise les sites de reproduction, capture les prédateurs tels les merles des Moluques et suit de près les individus connus pendant la période de reproduction (juillet à décembre) pour connaître le succès des nichées. Les « sauveteurs » espèrent 8 jeunes monarques pour la saison de reproduction 2012-2013. L’association a dénombré 12 couples à protéger dans les vallées, dont 6 dans les zones hautes qui ne peuvent être atteintes qu’après avoir franchi 5 cascades de 20 à 40 mètres de haut, et parmi eux 10 couples ont construit un nid. Les sponsors sont EDT (EDF polynésien), OPT (PTT) Vini (Téléphone portable).

Le Tere ou tour de l’île Rurutu (Australes) a lieu chaque année, en général 8 à 10 jours après le 1er janvier. Cette manifestation culturelle appartient au patrimoine de Rurutu. C’est une manifestation païenne qui se maintient. Cette manifestation demande une grande préparation tant par la recherche des sites à visiter que par la confection du repas qui célèbre les nouveaux champions. Chaque village est partagé en 2 sections « nia » (Est, d’où vient le vent) et « raro » (Ouest, vers où va le vent). Le cortège des voitures suit un itinéraire bien précis, en tête celle du conteur, puis celle des « hommes forts », le maire, le pasteur puis les autres !

On commence le circuit par le lever de pierre chez Temana V. Un homme de l’organisation du Tere doit soulever et porter à l’épaule « Paororo » pesant 130 kg. L’orateur rappelle l’histoire de la pierre, le pasteur dit une prière. La population sait qu’un porteur de chaque village doit réussir à lever toutes les pierres… sinon mauvais signe pour le village. Le geste de porter une pierre n’est pas un acte léger, il doit être accompli dans le respect des conventions établies par les anciens. Au cours du Tere, les hommes doivent se mesurer à cinq pierres. A la mairie de Hauti c’est « Rono 2 » 143 kg qui doit être levé. A Moerai c’est « Rono 1 » 148 kg. Tout c’est bien déroulé. A l’année prochaine.

Après le départ de La Railleuse, c’est L’Arago qui veille sur la Zone Économique Exclusive. Il a en même temps apporté son soutien logistique au Festival des Marquises en décembre dernier. RAS, aucun pêcheur en infraction. Tout va très bien, Madame la Marquise !

En Nouvelle-Calédonie, le cagou et la roussette sont en voie de disparition, sauvons-les. Deux images symboliques du Caillou. Le cagou est un oiseau qui ne vole pas et qui « aboie ». Il reste moins de 1500 cagous en NC. Le cagou vit sur terre, déploie sa huppe pour tenter d’impressionner l’ennemi ou lors de sa parade nuptiale. Il se nourrit de larves, d’escargots, de vers, il a donc « oublié » de voler. Les cochons, les chiens, les chats sauvages et la disparition progressive de la forêt primaire menacent sa survie. La roussette est une chauve-souris autre emblème de la NC. Les Néos en raffolent. Il faut sauver le cagou et la roussette.

La campagne océanographique « Pakaihi i te moana » aux Marquises s’est achevée et l’on attend avec intérêt les résultats des chercheurs. Ils ont exploré neuf cavités pour la première fois et ont trouvé une microfaune abondante, beaucoup de vie, des organismes intéressants notamment de la famille des éponges ; des poissons côtiers dont le taux d’endémisme atteint 15%. On attendra que ces scientifiques aient analysé leurs trouvailles afin d’en faire profiter un maximum d’habitants des Marquises et les autres.

Hiata de Tahiti prend congé, portez-vous bien

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Atouts Tahiti

On a vendangé a Rangiroa et il y avait du beau monde – agricole – en visite dans la vigne. Sept hectares de terre cultivée, et maintenant on lorgne sur le bio…

Atation ! On a expliqué à ces huiles qu’il y a trois sortes de cépages : l’Italia, le Carignon rouge et le Muscat de Hambourg. Ces trois types de raisins sont utilisés pour fabriquer le blanc de corail et le rosé nacarat tandis que le blanc moelleux est un mélange d’Italia et de Muscat de Hambourg. Pour le blanc sec, seul le Carignon rouge est utilisé. Le vin rouge n’est plus fabriqué actuellement.

Le ministre de l’Agriculture espère que l’on pourra orienter la culture du raisin de table puisque les ceps poussent bien aux Tuamotu. Il paraît qu’on en importe 300 tonnes par an. Avant de visiter la vigne ces messieurs avaient gouté au nectar de Rangiroa avec poisson cru au lait de coco et poisson pané.

Rendez-vous avec Vénus à Tahiti ? [Ne songez pas aux vahinés, mais quand même… Arg.]

Le 5 juin prochain survient un événement astronomique exceptionnel parce que rare, le passage de la planète Vénus devant le soleil. Ce phénomène a lieu lorsque la Terre, Vénus et le Soleil sont alignés. Cet événement ne se produit que deux fois par siècle. Le prochain aura lieu en 2117.

A Tahiti, on prépare la caisse enregistreuse, on attend le client, quoi !

Mais cette rencontre a une symbolique particulière ici. En effet, cette rencontre a été observée pour la dernière fois à Tahiti par le navigateur James Cook lors de son voyage dans le Pacifique Sud en 1769.

C’est la Pointe Vénus qui deviendra le centre international d’échanges culturels et scientifiques autour du transit de Vénus, avec une centaine de chercheurs du monde entier dont deux prix Nobel en physique et en astrophysique.

Chez les anciens Polynésiens, Vénus se nommait Taurua Nui (étoile du matin ou étoile du soir), première à se lever et dernière à se coucher. C’était aussi l’étoile du dieu Tane. Vénus est connectée à la fécondité, à la sexualité, au sang, à la circoncision.

Hiata de Tahiti

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La crise à Tahiti

Pas facile pour la police d’arrêter ces « banquiers » du Kikiriri clandestin ! C’est l’équivalent du bonneteau en France. Ici à Papeete, c’est autour du marché que cela se passe. Des guetteurs et des siffleurs permettent au banquier de plier bagage en quatrième vitesse à la vue des policiers. Un coup de chance, et voilà le banquier interpellé. Celui-ci était porteur de 300 000 FCP, sa voiture toute neuve servait à camoufler les joueurs. En fouillant un peu plus, les policiers ont découvert que son compte en banque était rebondi, à sept chiffres, que son activité illégale lui rapportait gros, et… qu’il bénéficiait du Régime de solidarité territorial (RST). Son beau véhicule a été saisi ! C’est vraiment pas de bol pour un début d’année.

Chaque jour plus nombreux, ces petits étals des bords de route fleurissent partout. C’étaient surtout des poissons et fruits que les gens proposaient aux automobilistes, auxquels se sont joints des ventes de légumes de son fa’apu, des ukulele, de plats préparés, des firifiri (beignets) à 250 FCP le paquet, des mangues envoyées par les familles des îles, du pua rôti (cochon grillé), des mape chauds (châtaignes tahitiennes), des cocos glacés, etc. Ceux qui ont perdu leur travail, ceux qui souhaitent un complément de revenu, tout le monde (sans patente) devient commerçant pour quelques heures, certains tous les jours de semaine, d’autres seulement le dimanche. Pour améliorer le quotidien de la famille il ne suffit pas de se nourrir avec une modeste pension de retraite. Les vendeurs ambulants sont de plus en plus nombreux. Certaines personnes ont compris que rester assis sur sa chaise en attendant mieux n’est vraiment pas la solution. C’est une conséquence de la crise qui frappe le fenua. Même si ces ventes sont illégales, c’est un système pour survivre.

Comme je vous le disais l’autre jour le tourisme bat de l’aile. J’ai bien posé quelques bougies, mais pour le moment ce n’est pas terrible, la réaction positive se fait attendre. L’autre jour au Trou du Souffleur, un touriste kiwi (néo-zélandais) a été emporté par la houle. Pourtant il y a des panneaux d’interdiction… il a désobéi, le Néo, et sous les yeux de sa femme ses enfants et ses amis il a franchi le muret de protection. Heureusement, la mer a goûté et n’a pas aimé, elle a rejeté son corps une centaine de mètres plus loin sur la plage de sable noir. Direction l’hosto. Ouf, pas d’incident diplomatique entre la Nouvelle-Zélande et la France. Les touristes n’ont pas fréquenté les musées de Tahiti et des îles, ni celui de Gauguin. Tout compte fait, il manque 8000 entrées en 2011. La culture fout le camp.

Une éclaircie, The Brando (hôtel en construction à Tetiaroa) devrait ouvrir, mi-2013. The Brando devrait être un hôtel à part, unique en énergie autonome. La climatisation sera assurée grâce à l’eau de mer puisée en profondeur alors que des panneaux solaires et des groupes électrogènes à l’huile de coprah fourniront l’électricité. Bien entendu, la location des 41 villas ne sera pas à la portée de toutes les bourses. L’hôtel devrait employer entre 80 et 90 personnes, une fois ouvert. Combien de personnes postuleront ?

Le Pacifique est une grande poubelle. Le plus vaste océan de notre planète 166 millions de kilomètres carrés a accueilli des centaines d’explosions atomiques, des tonnes de matériel contaminé jetées à la mer à la fermeture des sites, l’eau contaminée de Fukushima relâchée dans l’océan. Deux énormes vortex de détritus plastiques de toutes sortes au nord de l’Océan, essentiellement alimentés par les mégapoles japonaises et californienne dont les matières étranglent les dauphins, étouffent les tortues, empoisonnent les oiseaux marins, se fragmentent sans jamais se biodégrader dont les conséquences sont à ce jour inconnues. Il serait grand temps de respecter l’océan Pacifique.

Hiata de Tahiti

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Fruits de Tahiti

Article repris par Medium4You.

Comme le printemps est arrivé – dans l’hémisphère nord – envie de goûter la nature ? Tahiti offre ses fruits…

Parmi les suivants, lequel n’a jamais eu l’honneur d’être goûté par vous ?

Cherimolia : (Annona cherimolia) Hélàs peu fréquent dans les jardins polynésiens. Ce fruit originaire des pays andins a été introduit à Tahiti en 1846 par l’amiral Legoavant.

Mangoustan (Garcinia mangostana) : Roi des fruits d’après les connaisseurs, il est originaire d’Indonésie, s’est acclimaté en Asie du sud-est. La chair est délicieuse encore plus lorsque le fruit est servi frais. L’arbre est splendide, mais sa culture est difficile et les fruits demeurent rares et chers à Tahiti – à moins d’avoir un tonton généreux comme celui de V. La principale contrainte culturale est sa longue phase juvénile (entre 7 et 12 ans).

Langsat, lancette, rincette (Lansium domesticum). Ce fruit est devenu rincette à Tahiti et on ne sait pas pourquoi ! Fruit d’origine indo-malaise, baies sucrées et acidulées, à consommer un jour après la cueillette à cause du latex qui colle aux doigts et lèvres. Rappelle un peu le goût du pomelo. Sur l’arbre, les fruits forment des grappes qui poussent directement sur les grosses branches.

Jambose, jamerose, pomme rouge ‘ahia (Syzygium malaccense) : Ces petites pommes rouges étaient connues en Polynésie avant l’arrivée des Européens. L’arbre est originaire de l’Asie du sud-est. La chair est blanche, légèrement spongieuse, rafraîchissante mais d’un goût assez plat. Les fruits poussent directement sur le tronc et les branches. Les feuilles d’ahia tenaient un rôle important dans la médecine des tradipraticiens d’autrefois.

Ramboutan (Nephelium lappaceum) :Ce fruit ou litchi chevelu, originaire de l’Asie du sud-est, a été introduit à Papeari par Harrisson Smith. Fruit très prisé, il est vendu en grappes au bord des routes. La pulpe est blanche, translucide, juteuse, sucrée. L’arille est fermement accroché au noyau, grosse graine lisse et brunâtre.

Abiu (Pouteria caimito) : Récemment introduit à Tahiti, très mode dans les jardins. Originaire du Brésil et du Pérou. Le fruit est jaune brillant, la peau épaisse et dure, la chair translucide, tendre, sucrée. A l’intérieur on trouve deux ou trois graines. Pourquoi un tel succès auprès des jardiniers polynésiens ? – L’arbuste produit dès la deuxième année !

Fruit du dragon, pitaya (Hylocereus undatus) : Relativement nouveau à Tahiti, ce cactée originaire du Mexique se plait à Tahiti et donne de beaux fruits, rouges ou blancs dans de nombreux jardins. Toutefois, il faut parfois féconder la fleur pour obtenir un fruit car le pollinisateur serait rare à Tahiti!

Fruit de la passion, maracuja, grenadille (Passiflora edulis) : A Tahiti, la variété ronde et jaune vif est très répandue, un peu plus acide que la variété à peau rouge. Originaire du sud du Brésil, du Paraguay et de l’Argentine, cette liane touffue est très commune à Tahiti. On fait une excellente tisane avec les feuilles.

Pamplemousse du Sarawak : Pour remplacer les orangers décimés par les maladies, le professeur Harrison W. Smith, retiré à Papeari, voulut doter Tahiti d’un pamplemousse de bonne qualité. C’est en 1919, sur les côtes de Bornéo que le professeur découvrit ce fruit, envoya ces graines au consul britannique à Papeete. A son retour Harisson Smith repiqua dans sa propriété Motu Ovini à Papeari les 3 jeunes plants issus des graines envoyées au Dr Williams. Un seul survécut et fut transplanté dans la vallée Vaiiti. Excellent fruit.

Marang : Originaire d’Indonésie, peu courant à Tahiti, a un parfum aussi fort que le durian. Ressemble à un uru poilu. On ne consomme que les graines et on n’oublie pas de cracher le noyau !

Régalez vous. C’est même bon pour la santé !

Hiata de Tahiti

Un site très riche en fruits, sur lequel j’ai emprunté la photo de pamplemousse variété Sarawak ci-dessus : Tahiti héritage 

Daniel Pardon & Michel Guérin, Guide des fruits de Tahiti et ses îles, 2006, éd. Au vent des îles, 268 pages, 180 espèces et variétés décrites et photographiées. Le seul guide existant à notre connaissance sur le sujet…

Docteur Guy Avril, Encyclopédie des thérapies naturelles : Soignez-vous autrement, 2005, éditions Dangles, 762 pages, €29.92 – LA référence en matière de thérapies naturelles, mais pas particulièrement sur Tahiti 

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Tropisme chinois du Tahiti nouveau

Le Peï a besoin de beaucoup de sous. Il en cherche partout. Le plus simple ? Augmenter les taxes ! Alors ce sera un plus de 5 à 20% sur tous les alcools ; 5 à 60% de taxes sur le tabac et les alcools importés sauf sur le tabac à rouler (marque Le Bison) ; taxe de 1% sur les équipements électriques ; 5% sur les colis dont le montant est compris entre 10 001 et 29 999 FCP ; augmentation des taxes sur les produits d’origine européenne soit 2% sur les fournitures scolaires, les couches, les conserves de légumes, certains produits de construction ; 8% sur les bonbons ; 2 à 4% sur les produits alimentaires et les produits corporels.

Souhaitant améliorer les relations commerciales avec les partenaires du Pacifique, Oscar Tane, palabre pour faire adopter une résolution pour modifier la loi organique. Il a décidé d’abaisser ces taxes de 5 à 2%. On veut croître les relations avec la Chine, toujours et encore la Chine, seulement la Chine !

Encore une escale d’un navire scientifique chinois dans le port de Papeete. Les membres de l’association philanthropique chinoise de Tahiti s’étaient rassemblés pour accueillir les 320 membres de l’équipage. Ce n’est pas la première fois, je voyais au supermarché Champion Paofai les Chinois faire leurs emplettes : chocolat et vin rouge. Je suis troublée, malgré les annonces du gouvernement, de la place prise par les Chinois à Tahiti. Les dirigeants chinois font régulièrement escale à Tahiti, pourtant nous ne sommes pas sur le chemin des Chinois. Le gouvernement cherche à vendre des terres, à qui ? Mystère, mais bien des Polynésiens pourraient se retrouver spoliés. Les terres ainsi prises seraient revendues à… ? Les Chinois achètent de plus en plus de coquillages pour la nacre… mais aussi pour fabriquer des perles paraît-il !

L’année du Lièvre s’est achevée le 22 janvier à minuit et laisse la place au Dragon d’eau. Long Nian Kuai Le, Kung Hi Fat Choy, Shu, Shen Ti Hao, Fu. Cela devrait vous souhaiter Bonne année du Dragon, Prospérité, Longévité, Santé et Bonheur. Tout cela rien que pour les lecteurs d’argoul.com. Les Chinois de Tahiti préparent les festivités. Une troupe chinoise composée d’acrobates, d’humoristes et d’un chanteur viendra donner quelques spectacles au temple Kanti. Préparez la monnaie ! Non, les billets dans l’enveloppe rouge, ce sera moins lourd dans la gueule du lion – car il danse.

En Polynésie la médecine chinoise et sa pharmacopée ne sont pas illégales comme en France. L’histoire de l’immigration chinoise autorise cette science sous certaines conditions. La réglementation polynésiennes encadre strictement la profession d’herboriste, l’importation de produits de la pharmacopée chinoise, tout est fixé par décret depuis 1980. A Tahiti, sept personnes seulement peuvent se prévaloir d’être herboriste. Ces ra’au (médicament) chinois attirent la population polynésienne dans son ensemble. Ce pourrait être une pincée d’hippocampe, du pénis de tigre, des peaux de vers, du cafard d’eau… voyez avec votre médecin et pharmacien. Les noms de ces sept personnes sont publiés au JO ainsi que les substances ou médicaments qu’ils peuvent importer en Polynésie.

Hiata de Tahiti

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Voyage aux Gambier 5 : Rouru

Rouru (« l’endroit des têtes couronnées ») était-il un couvent ? Il demeure quelques ruines de ce qu’on a appelé le couvent de Rouru, sis sur les hauts de Rikitea, à l’aplomb du Mont Duff. C’était une construction à vocation religieuse. On y accueillait des jeunes filles auxquelles on apportait des connaissances (intellectuelles). L’endroit choisi est un plateau assez vaste, le climat y est plus frais qu’au village en bord de mer. Il est caché par des plantations d’arbres à pain, d’orangers et de cocotiers.

On descend vers le village par un chemin pavé d’environ 1500 m, on croise le cimetière sur la droite avant d’atteindre le village. Le choix de ce plateau a-t-il été fait parce que c’était le quartier des riches ? Rouru, appelé aussi le couvent des Sacrés-Cœurs, a perduré à peine plus d’un demi-siècle. Les constructions sont le vaste mur d’enclos, la maison des sœurs, un puits, une citerne, des toilettes, la chapelle, une porte monumentale. Les murs solides, bien bâtis restent la preuve d’un dévouement.

Les missionnaires avaient une quintuple mission : baptiser la population et éliminer les faux dieux ; soigner les malades ; aider les familles à mieux vivre ; éduquer les jeunes ; construire pour Dieu des églises et pour ses serviteurs des presbytères. C’est le Père Cyprien Liausu, arrivé en 1835, qui avait observé que le comportement des jeunes filles de Mangareva et leur goût pour le travail méritaient d’être encouragés et orientés vers une forme de vie s’inspirant de l’esprit religieux. Certain père avait constaté que les filles travaillaient le plus laborieusement dans les plantations. Elles auraient fini par ne plus vouloir s’en retourner chez leurs parents et on leur édifia un bâtiment.

Des notes stipulent que les jeunes filles ont crée des sortes de « couvents » où elles veulent vivre en communauté. Elles s’appellent du nom de sœurs et ne font rien sans demander la permission à celle qu’elles ont choisie comme supérieure. Elles filent, défrichent les sols, plantent coton, bananes, haricots, ignames, patates douces, carottes, choux. Imaginez quarante jeunes filles choisies, élevées comme dans un couvent sous la direction de trois femmes d’un certain âge et instruites. On leur apprend à lire, à écrire, à se vouer aux pratiques journalières de la religion. Elles écrivaient d’abord sur des feuilles de bananiers séchées puis elles ont utilisé du papier de chiffon quand elles furent un peu plus avancées.

Les habitants des Gambier se contentent de leur sort, loin de la capitale Papeete. Ils possèdent un faapu qui leur fournit légumes frais, un verger des fruits, et souvent, même à plusieurs, une ferme perlière qui leur apporte un revenu supplémentaire. Que demander de plus ? Leur docteur est reparti, ils espèrent la venue d’un remplaçant.

Nous avons été bien reçues. Nous jouissions d’une vue superbe depuis la pension. Les repas en compagnie de la famille étaient conviviaux, souvent des korori en entrée (muscles des huîtres découpés en fines lamelles), du poisson, des légumes du faapu, des fruits du verger agréablement cuisinés, des visites bien organisées. Une fort agréable découverte de cet archipel lointain.

Hiata de Tahiti – FIN du voyage aux Gambier

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Rythme polynésien au féminin

Alain Joannis est né à Besançon mais ils s’installe à Tahiti à l’âge 40 ans. Artiste issu des Beaux Arts, il trouve dans la nature et dans les êtres de Polynésie une source de son inspiration.

Fusain et sanguine concourent à épurer le trait pour dégager le rythme des formes, la grâce du corps de femme.

Même de dos, la sinuosité rebondie a quelque chose d’éminemment sensuel. Ce qui est renforcé par ce tatouage qui laisse imaginer les seins nus sur l’autre face…

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Voyage aux Gambier 4 : Rikitea

Les catholiques de Rikitea avaient abandonné leur cathédrale devenue trop dangereuse. Leurs offices étaient célébrés dans la salle polyvalente de la commune. Il fallait trouver l’argent pour entreprendre des travaux indispensables. L’État étant laïque, il ne pouvait supporter les frais de rénovation.

Une association a été créée pour un chantier estimé à 486 millions. Tout le monde a mis la main à la poche pour sauver le plus bel édifice religieux du Pacifique. Ainsi l’État pour 178 millions, le Peï pour 125 millions, la Mission catholique pour 60 millions, les mécènes pour 79 millions, l’association Sauvons la cathédrale pour 23 millions, et la commune de Rikitea pour 15 millions ont permis de restaurer le chef-d’œuvre. La cathédrale peut accueillir 1000 paroissiens, elle mesure 53,2 m de long sur 18,9 m de large.

172 ans après la pose de la première pierre par les pères missionnaires du Sacré-Cœur de Picpus, la cathédrale est à nouveau inaugurée. Les travaux de restauration ont débuté en Juin 2009, ils ont impliqués les experts des monuments historiques de France, des compagnons, des entreprises métropolitaines et locales, et la population. Il a fallu se réapproprier les techniques des ancêtres afin de restaurer la charpente, fabriquer la chaux corallienne. Pour la charpente, l’arbre à pain ou uru est utilisé. Les restaurateurs ont découvert que la technique des pères était très aboutie. Les assemblages chevillés sont complétés par des ligatures de corde en nape ou fibre de coco qui les renforcent. Il n’y a donc pas de clouage.

Les artisans mangaréviens et les élèves, assistés par les compagnons, ont découvert ensemble les savoir-faire exceptionnels vernaculaires des Polynésiens. Pour la chaux corallienne, c’est grâce à la mémoire de quelques anciens, la forte implication des habitants que la technique du four à chaux a pu être ravivée et modernisée. Même l’extérieur de la cathédrale a abandonné sa couleur bleue pour l’ocre, sa couleur d’origine, redécouverte sur les premières couches ayant recouvert l’édifice. Les minéraux qui servaient à teinter la chaux ont été découverts sur l’île, en hauteur.

Pour certains vieux Mangaréviens, ce n’est plus leur cathédrale ! Les décors intérieurs ont subi eux aussi une rénovation complète. Le maître-autel resplendit de toutes ses nacres. Avant leur installation dans l’église, nous avions pu les voir dans l’école de gravure sur nacre restaurées, c’est toute la population de l’archipel qui a participé. On évoque déjà d’autres rénovations dans l’archipel. Les jeunes qui ont participé à ce chantier iront en métropole à Thouars ou Nice, parfaire leurs connaissances.

Seule étrangère aux Gambier, la pierre d’autel en basalte vient de Hitia sur la côte est de Tahiti. Elle a été sculptée par des tailleurs de pierre marquisiens avant d’être acheminée par bateau à Rikitea. C’est le nonce apostolique qui a dédicacé et oint l’autel sur ses cinq croix devant la population mangarévienne et les huiles laïques, cléricales et gouvernementales. Après six ans d’attente, les habitants ont enfin pu fêter Noël dans leur cathédrale retrouvée.

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Voyage aux Gambier 3 : Akamaru et Taravai

Partons maintenant pour Akamaru. Après les paquets de mer, voici un quai désert, une longue allée engazonnée soigneusement entretenue qui nous conduit à l’édifice.

C’est une splendide église romane à double clocher.

Notre-Dame de la Paix est longue de 24 m et large de 9, elle date de 1844. Le chœur est magnifique, des bois précieux, des dorures et des nacres font une magie dans un lieu presque irréel. Le lieu sacré est en excellent état et toujours utilisé par les religieux de Rikitea.

Encore de nombreux paquets de mer en pleine face, les vagues deviennent de plus en plus grosses. Un petit arrêt pour recueillir du sable couleur curry. L’île est dotée de sable de différentes couleurs, blanc, noir et orange, de quoi inspirer les créateurs de tableaux de sable.

Puis nous reprenons le tape-cul. Il faut mériter l’église Saint-Gabriel à Taravai, mêmes dimensions que Notre-Dame de la Paix. De style gothique, le portail d’entrée est décoré de gros sept-doigts (coquillages pêchés dans le lagon). L’intérieur n’est pas décevant, des vitraux de couleurs, l’autel magnifique en bois de reva. Elle fut construite en 1868. Que de merveilles découvertes ce jour ! Cela valait bien quelques douleurs dorsales et du sel plein la face.

Les religieux des Gambier ont dessiné les plans de leurs édifices, ont cherché les matériaux nécessaires, ont appris aux autochtones avec plus ou moins de réussite à bâtir, à décorer avec peu de matériel. Ils ont arraché aux lointaines barrières de corail des blocs de pierre qu’ils ramenaient au moyen de radeaux sur le lagon. Ils fabriquaient la chaux sur place, à partir du corail qu’ils brûlaient dans des fours. Ils cherchaient les bois à brûler mais aussi ceux pour fabriquer des autels, des portes, le bois de uru pour les charpentes. Les façades des églises comportaient corniches, connes, pilastres, fresques, triglyphes, gouttes, oves, cannelures, cimaises.

Les décors les plus spectaculaires sont les nacres de Saint-Michel de Rikitea, les boiseries de Saint Gabriel ainsi que celles de Notre-Dame de la Paix. Ces méthodes seront redécouvertes et utilisées pour la restauration de la cathédrale Saint-Michel de Rikitea.

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Voyage aux Gambier 2 : les missionnaires

L’église catholique débarque aux Gambier le 7 août 1834. Quelques prêtres et frères convers s’étaient embarqués au Havre à bord de La Delphine. Les prêtres étaient en soutane blanche, les frères en redingote noire. Ils appartiennent à la Congrégation des Sacrés-Cœurs dite de Picpus, fondée par l’abbé Coucrin en 1805. Le symbole des religieux évangélisateurs des Gambier sont les Sacrés-cœurs de Jésus et Marie, emblème de l’ordre missionnaire.

Un voyage difficile et assez inconfortable de 5 mois. Une escale à Valparaiso après 4 mois de navigation où, dans la chapelle du couvent des Cordeliers, ils sentiront le sol bouger, une secousse de 4 à 5 minutes. Le tremblement de terre se situait à Conception… [Était-ce une autre visite de l’archange Gabriel ? – Arg.] Monsieur Charles Darwin, savant anglais, arriva à Talcahuano trois jours après le séisme.

Nos missionnaires embarquent le 4 avril 1835 sur La Peruviana. Le 9 mai 1835, 8 heures du matin, l’archipel des Gambier leur apparaît. Ils débarquent sur l’île d’Aukena. Qui sont ces indigènes qui viennent frotter leur nez contre le nez des arrivants ? Les accueillant avec des Enakoe, Enakoe ! (bonjour). Les autochtones décrits par les Pères ont la peau cuivrée, des cheveux noirs, le front haut et le nez épaté, les dents très blanches. Les hommes portent une longue barbe. Hommes, femmes et enfants vont nus. Les pères essaieront de les vêtir, cela ne se fera pas sans difficultés ! Ils voudront aussi leur apprendre le travail. Les pères éprouveront des difficultés à comprendre l’autochtone et ses habitudes.

Les missionnaires catholiques ont été bien accueillis par la population car la prophétesse Toapere avait, en 1830, vu deux bateaux avec voiles blanches. Le premier arrivé, anglais, n’a pas été autorisé à débarquer, il a du rester au large car il ne correspondait pas à la description de Toapere. Le second, celui des catholiques était le bon, ils débarquèrent. Les Gambier sont depuis le cœur du catholicisme polynésien.

Les constructions édifiées par ce clergé du bout du monde, avec des moyens limités, demeurent belles malgré les outrages du temps. Ils ont beaucoup construit. Certains édifices ont été ensevelis par la végétation, d’autres ont résisté mais nécessitent de sérieux travaux. La cathédrale de Rikitea a pu bénéficier d’une restauration dans les règles de l’art grâce à des moyens financiers conséquents. D’autres églises et couvents s’éteignent lentement.

Les pères s’attaquent aux idoles et avec l’autorisation du roi, de la reine et du peuple vont les détruire en les brûlant. Quelques-uns échappent à l’autodafé, tel Tu à quatre jambes, dieu supérieur invoqué pour une bonne récolte de maiore (uru). Échappe aussi Nitita-en-corde, qui entortille l’âme de ceux qui lui ont manqué de respect. Puis Rao, le Dieu de la débauche évidemment : on baise toujours dans les îles, malgré les curés célibataires. Ronao l’arc-en-ciel qui attire la pluie, un tambour que le roi a donné aux missionnaires, un coquillage sacré, un bâton dont le dieu Mapitoïti se servait pour assommer les hommes et onze autres idoles prendront le chemin de Rome et de Paris. Les lecteurs qui ont vu l’exposition des Gambier ont pu faire connaissances avec quelques-unes de ces idoles.

L’action missionnaire est une réussite à Magareva (1500 habitants), à Aukena (80 habitants), à Akamaru (300 habitants), à Taravai (150 habitants). Depuis le baptême du roi le 25 août 1896, il n’y a pratiquement plus « d’infidèles ». Si les pères parlent de succès aux Gambier, c’est un échec à Tahiti. C’est que Monsieur Evans Pritchard, sujet de sa très gracieuse Majesté, missionnaire protestant de son état, menace le clergé catholique, impose sa volonté à Tahitison et abuse de son influence auprès de la reine.

Le soir de notre arrivée, turamara au cimetière. Il faut honorer les morts. Tombes peintes en blanc, sable (corail) blanc, fleurs à foison, bougies… Toutes les fleurs poussent ici en particulier en cette saison orchidées et lys.

Une petite idée des constructions entreprises par les pères et frères :

  • 1839 à 1858 cathédrale de Rikitea
  • 1836 église de Taku
  • 1847 Sainte Anne à Rikitea
  • 1847 Saint Pierre à Rikitea
  • 1842 presbytère à Rikitea
  • 1847 tissanderies à Rikitea
  • 1842 maison du roi
  • 1848 les tourelles du roi
  • 1860 goélette
  • 1842 « couvent » de Rouru
  • 1861 porte monumentale de Rouru
  • 1837 St Raphaël de Puireau à Aukena
  • 1853 collège de Aukena
  • 1847 croix en pierre du cimetière à Aukena
  • 1837 Notre-Dame de la Paix à Akamaru
  • 1841 Saint Gabriel à Taravai
  • 1856 première cathédrale de Papeete par les Mangaréviens.

C’était juste une petite idée de ce qu’ont entrepris les pères et frères bâtisseurs des Gambier. Nous allons visiter ce chapelet d’îles pieuses.

Commençons par Aukena dont la tour de guet veille sur la mer.

L’église Saint-Raphaël date de 1840 mais est pratiquement inaccessible.

Le Père Laval avait fait construire un collège pour les jeunes Mangaréviens. Restent les murs qui, si rien n’est fait, seront recouverts par la végétation.

Il demeure un four à chaux, une meule et une tour de guet. Les magnifiques perroquets qui nagent en contrebas de la tour sont énormes, mais ne rejoindront pas les assiettes : ils sont non consommables.

Hiata de Tahiti

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Voyage aux Îles Gambier 1 : Tureia et Totegegie

Article repris par Medium4You.

Un mardi matin huit heures, aéroport de Tahiti Faa’a, personnel à son poste, décollage immédiat. Le vol est à destination de l’archipel des Gambier via Tureia, cinq heures de vol prévues. Pour moi, ce sera le cinquième et dernier archipel qui clôturera mon tour complet de la Polynésie française.

C’est où ? C’est quoi les Gambier ? Les Îles Gambier sont à la latitude 23°7 sud et à la longitude 134°58 ouest. Les terres émergées ont une superficie de 32 km2, un pourtour récifal de 90 km et un immense lagon. La capitale des Gambier sur l’île de Mangareva se nomme Rikitea. Mangareva mesure 9 km de long sur 600 m à 3 km de large.

L’archipel est composé de 11 motu coralliens (dont Totegegie, l’aéroport), de 4 grandes îles volcaniques (Mangareva, Taravai, Akamanu, Aukena) et de 6 petites îles volcaniques : par ordre décroissant Agakauitai, Kamaka, Makaroa, Mekiro, Manui, Makapu. Le marnage maximum atteint 1m20. Les Gambier sont âgés de 6 à 7 millions d’années. Les altitudes varient de 54 m à 441 m. Le point culminant le mont Duff, haut de 441 m, se situe sur Mangareva. Les superficies des îles varient de 0,1 km2 à 15,4 km2. Le point le plus bas du lagon atteint -80 m. Il existe trois passes ouvertes sur l’océan.

Tahiti est à 1450 km, l’Australie à 6300 km et Santiago du Chili à 6050 km.

Après 3 heures de vol, escale à Tureia, archipel des Tuamotu, 100 habitants, 5 personnes descendent, 5 nouvelles têtes prendront place. A Mangareva, ils reprendront le même avion pour Tahiti. Nous ne sommes qu’à 1190 km de Tahiti, c’est un atoll sans passe, 8,4 km2 de terre émergée, un lagon de 47,2 km2, une piste pour l’ATR 72, un village, des cocotiers, une tôle au-dessus d’un banc pour attendre l’avion une fois par semaine. Le fret est déchargé, les fûts remplissent les réservoirs, ici tout est manuel !

On dirait que tout le village est venu, en 4×4, bavarder et interroger. Encore un peu de patience sous la pluie et l’on repart pour les Gambier. Quelques semaines après mon retour à Tahiti j’apprendrai que des habitants de Tureia, accompagnés de leur maire, ont pour la première fois été autorisés à se rendre à Moruroa, « l’atoll du grand secret », lors du premier déplacement du Haussaire dans leur atoll en compagnie d’une brochette de casquettes à galons dorés. [Rappel : le Haussaire est l’abréviation affectueuse-envieuse du Haut-commissaire de la République française en Polynésie – Arg.]

Au départ, l’avion n’était pas complet, nous n’occupions que 60 sièges sur un total de 72. Les places vides ont été utilisées pour le fret car bientôt aura lieu l’inauguration de la cathédrale de Rikitea après de gros travaux de restauration. Le plafond de nuages est toujours aussi bas. Quelques petites fenêtres me permettent d’apercevoir, enfin, l’archipel des Gambier. Incroyable, c’est comme sur la carte !

L’avion se pose sur le motu Totegegie. Il fait beau. Maintenant il faut prendre la navette municipale pour une demi-heure ou une heure suivant l’état de la mer. Cela pour enfin débarquer à Mangareva. Le nom qui serait la contraction de manga (montagne) et reva (fleur des Gambier, blanche aux fruits vénéneux, contenant de la cerberine, poison très violent). Les résidents des Gambier paient une redevance de 500 francs pacifique mais, pour les touristes, c’est gratuit. Aux Gambier mon amie et moi sommes plus vieilles d’une heure par rapport à Tahiti.

Les habitants vivent à Rikitea et à Taku sur Mangareva, quelques familles à Aukena, d’autres à Akamaru et Taravai, un original à Kamaka. Tout pousse aux Gambier, comme aux Australes. Les fruitiers comme le pamplemoussier, citronnier, oranger, litchi, arbre à pain (uru ou maiore), bananier, caféier, pêcher, du bois d’œuvre. Les fermes perlières sont très nombreuses, les greffeurs sont Chinois, les Japonais étaient trop chers ! On reconnait qu’ici, les perles sont les plus belles, les plus grosses. Une perle peut être récoltée 18 à 24 mois après le greffage. On compte 20% de perte. Au total il ne restera que 10% de belles perles.

A Rikitea, gros bourg, on dénombre la mairie, la poste, la gendarmerie et des écoles primaires avec 26 couples de jumeaux ! Il y a aussi un CETAD avec atelier de formation à la gravure sur nacre, unique en Polynésie. Mais pas de collège, les adolescents doivent émigrer à Hao ce qui pose de gros problèmes aux familles.

Le potentiel touristique est important mais le prix du billet d’avion, en raison des distances à relier, décourage un grand nombre de candidats au voyage.

Hiata de Tahiti

Si la Polynésie vous intéresse, ne ratez pas l’émission télé Archipels consacrée à Tahiti-Pacifique magazine le samedi 25 février à 20h35 sur France O, TNT canal 19.

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Îles mystérieuses de Polynésie

Assez méconnue aujourd’hui, mais déjà évoquée ici même, cette île « mystérieuse » de Mehetia se situe à cent kilomètres de Tahiti en direction d’Anaa aux Tuamotu.

C’est l’île la plus jeune de la Polynésie française. Le volcan éteint il y relativement peu d’années, aurait été vu en éruption à l’époque pré-européenne. L’île, aujourd’hui inhabitée, aurait joué le rôle important d’un point de repère, éventuellement d’escale, de ravitaillement, voire d’étape pour les échanges avec les Tuamotu.

Des navigateurs l’ont mentionnée tels les Espagnols en 1772, James Cook, Capitaine Bligh. [On l’appelait Osnaburg sur les cartes]. Elle faillit devenir une léproserie, après avoir fourni des tonnes de coprah et d’oranges, exploitations détruites par les cyclones au siècle dernier.

De 1930 à 1960, Marcel Frainer met l’île en valeur, il fait construire deux réservoirs en ciment pour l’eau, puis il introduit des cochons. Il exploite la cocoteraie. Les arbres fruitiers produisent de 28 000 à 30 000 oranges par an. Le bois de Mehetia est exploité pour les constructions à Tahiti. Inhabitée depuis plusieurs années, propriété de deux familles, cette île pourrait devenir un sanctuaire pour plusieurs espèces (sauf bien sûr les espèces envahissantes) si on l’aménageait un peu. Mehetia est difficile d’accès, il n’y a pas de baie, et les conditions météorologiques doivent être favorables pour s’y rendre et y accoster ! [Et il y a un hic : Mehetia est un volcan actif, le point chaud de l’archipel de la Société…]

Des chercheurs ont retrouvé dans une cavité noyée de la tribu de Kumo à Lifou des coquilles de Nautilus macromphalus ou grand nombril, endémique de la Nouvelle-Calédonie, pour partie en cours de fossilisation. Ce gisement est circonscrit dans une zone caractéristique des cénotes, immenses trous naturels, et dans une salle inclinée à une profondeur de 40 m. La grotte, établie dans le nord, est à près d’un kilomètre de la bordure de l’océan. Il semble que ce soit la première fois au monde où des observations montrent une fréquentation de ces cavernes noyées d’eau de mer par des nautiles.

Quelques détails sur le mystérieux nautile. Il est secret. Sa reproduction est connue uniquement en aquarium. La ponte n’a jamais été observée en milieu naturel. Les scientifiques ne savent pas très bien où ils pondent. Ils savent seulement qu’ils remontent vers la surface pour le faire. Le nautile est un animal particulier. Si ce céphalopode est retrouvé dans les régions tropicales, il apprécie l’eau froide. Le groupe des nautiles est apparu au début de l’ère primaire, et a résisté finalement à toutes les grandes crises biologiques. Le nautile est l’animal emblématique et symbolique du territoire.

Pisonia grandis est un grand arbre des sables coralliens, plus rare sur les îles de la Société, mais très fréquent aux Marquises et aux Tuamotu. Les jeunes feuilles sont comestibles pour l’homme. Le feuillage est un aliment pour le bétail et les lapins. Branches cassantes, bois blanc spongieux, très mou quand il est vert, une fois sec on peut le débiter en planches ou madriers si légers qu’on l’a souvent confondu avec le balsa. Il sert à construire des radeaux. L’écorce aux propriétés émollientes est employée dans le traitement des anthrax et panaris.

Ici, à Tahiti, certains ne parlent qu’indépendance. Ils sont même allés à New-York jusqu’à l’ONU. En y regardant de plus près, on s’aperçoit que bien des petits pays à ce jour pas encore indépendants ne souhaitent, pour la plupart, pas l’indépendance. Plus le pays est petit, plus il est cher par habitant de devenir souverain. Un aéroport international coûte, d’autant plus cher qu’il y a peu d’habitants. C’est la même chose pour les ports susceptibles de recevoir des paquebots. Pareil pour les frais de souveraineté.

La présidence de la Polynésie française coûtait 10 000 FCP par habitant, celle de la France 100 FCP par habitant (selon Tahiti-Pacifique 2003). La représentation coûte beaucoup d’argent. Un ambassadeur dans chaque grande capitale coûte aussi cher pour 100 000 habitants que pour 10 millions d’habitants. ATN ou Air Calin, compagnies aériennes, sont elles en bonne santé? la surveillance de la ZEE (Zone économique exclusive), qui officie ? Le secours en mer ? Coûteux surtout pour un territoire peu peuplé mais aussi étendu que l’Europe.

Ces réalités bassement matérielles sont mises de côté par celui qui s’imagine être le guide suprême, le père des Maohi (Maoris), Génial dirigeant, Idéologue majeur, etc…

Hiata de Tahiti

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