Nous prenons l’autoroute en bus vers Haïphong. Nous passons devant l’université nationale du Vietnam créée en 1993. Elle a la flèche centrale d’architecture stalinienne, dont les grands bâtiments constituent la cité universitaire. Toute une génération nombreuse peut ici s’y éduquer. La démographie s’est calmée depuis que je suis venu, 99,9 millions d’habitants quand même, le nombre d’enfants par femme baisse, un peu plus de 2 par femme seulement. La contraception est efficace et sans état d’âme. Mais les accidents de circulation sont nombreux, nous voyons les gens monter à trois, à quatre ou à cinq sur la même moto, dont un enfant devant, un bébé derrière dans les bras de sa mère ; et les petits sont les seuls à ne pas porter de casque…
Beaucoup de voitures étrangères circulent ici. Surtout des Toyota japonaises, des Hyundai coréennes et la nouvelle marque automobile d’origine vietnamienne Vinfast, fondée en 2018 à Hanoï sur des plateformes techniques BMW. Très peu de voitures françaises. Je constate que rizières et maraîchage sont au plus près des cimetières. Les produits en sont enrichis. De nombreux parcs à huîtres sont installés, mais ce sont des huîtres perlières des fermes d’État.
« Radio Tom » nous explique Haïphong. En 1771 la révolte Nguyen s’allie avec les Français pour récupérer le pays en 1802. Il était jusque-là vassal de la Chine. Nguyen promet l’autonomie du port de la Tourane, un commerce exclusif avec la France et une conversion de sa population au christianisme. Le traité reste lettre morte à cause de la Révolution française. Nguyen en profite pour abolir l’autonomie des villages et installer des mandarins sortis de l’université de Hué. Il évince les chrétiens dominicains hostiles au culte des ancêtres qui est pour eux une idolâtrie. Il chasse les missionnaires en 1823. Avec Tu Duc en 1883, c’est la course aux concessions chinoises après la guerre de l’opium. La France cherche à joindre la Chine par le sud et à contrer le commerce anglais. Toute la Cochinchine n’est qu’un prétexte pour cette ambition diplomatique. Les mécontents des régimes français, avec la période d’ancien régime, l’empire, les révolutions et le retour des rois, font le terreau de la colonisation. La décapitation de deux missionnaires entraîne l’intervention de la France à la Tourane, puis à Saïgon en 1858.
L’expédition de 1873 instaure le protectorat sur l’Annam. Le gouvernement Ferry organise la colonisation et prend Hanoï en 1883. Le traité de Tien Tsin en 1885 avec la Chine reconnaît l’influence française. La régence de Paul Doumer en 1901 développe toute l’Indochine, Vietnam, Laos et Cambodge. Du riz, de l’hévéa sont plantés, sans souci des besoins locaux. Le riz est pour nourrir la population, l’hévéa pour le caoutchouc à exporter en Europe. Il y a 11 millions d’habitants en 1901, 23 en 1937. Dalat est une ville créée de toutes pièces pour attirer les colons car le climat est plus favorable que le reste du pays, un peu en altitude. Les élites viets formées par la France se rendent compte que les colonisés n’ont aucune possibilité de s’élever dans la société et fomentent des mouvements nationalistes. Dès 1917, l’exemple chinois du Kuomintang les excite. Il s’agit d’apprendre des Occidentaux pour les combattre. Ho Chi Minh revient au Vietnam en 1930 pour fonder le parti communiste.
Le nom de Haïphong veut dire zone commerciale de défense maritime. Le port prend de l’essor pour exporter l’hévéa et le charbon sous la colonisation française. C’est une ville majeure de l’industrie du Nord Vietnam qui comprend aujourd’hui 2,2 millions d’habitants, le plus gros port de conteneurs du Nord. Nous voyons bien les conteneurs alignés comme des briques de Lego depuis le pont à haubans qui mène à Along, où nous avons notre hôtel ce soir. La ville est incendiée en 1946 lors de sa reprise par le corps expéditionnaire français. C’est le début de la guerre d’Indochine qui durera jusqu’à la défaite de Dien Bien-Phu en 1954.
Les États-Unis soutiennent Ho Chi Minh jusqu’en 1953 pour contrer la Chine devenue communiste en 1950. Les États-Unis avaient une politique anticolonialiste affirmée avant de chercher par la suite à contenir le communisme. Or la Chine de Mao soutient le parti communiste d’Ho Chi Minh : les États-Unis changent donc de stratégie et soutiennent la France pour sortir du bourbier vietnamien. Giap, général communiste mort à plus de 100 ans, s’entend très bien avec les généraux français. Dien-Bien-Phu est un camp de base destiné à protéger le Laos des infiltrations communistes venues du nord. Mais c’est une cuvette dont les militaires pensaient pouvoir conserver la maîtrise, ne croyant pas aux moyens en artillerie que les Viêt-cong allaient importer à dos d’homme et à vélo depuis la Chine. Fatale erreur ! Les troupes vietnamiennes déclenchent l’offensive en masse. Bien qu’ils aient de nombreux morts, c’est la débâcle de l’armée française. Tout le monde attend le 7 mai, date butoir du traité de Genève entre la France et la Chine. Le Vietnam est coupé en deux au 17e parallèle et les Français partent.
Le restaurant où nous déjeunons ce midi est plutôt chic, plusieurs plats nous sont présentés deux soupes, du poisson cuit dans une feuille de bananier, du porc et du bœuf avec leur sauce respective, une salade de pousses de bambou aux cacahuètes, des légumes vapeur sauce aux huîtres. Dans la rue encombrée, deux motos face-à-face se bugnent. Rien de grave, ils n’allaient vraiment pas vite, mais les conducteurs, un jeune et un âge mûr sont tous deux vexés. Ils ont perdu la face.














































































































































































Croisière en Floride et fin du périple
En mer, gymnastique, salsa, tennis de table, ventes de sacs à main, bingo, guitare et voix ; au théâtre ce soir Les Pampas Devils qui proposent du tango d’Argentine, un spectacle gaucho, découverte du porto (il doit encore rester des bouteilles !) – et casino. Pour le restaurant, on est prié de se vêtir en tenue de gala ou d’aller finir les restes au buffet !
Aujourd’hui on vend des t-shirts BCRF pour la recherche du cancer du sein, le Norovirus est toujours présent à bord de l’Infinity, casino, préparer vos valises, encore du vin (français cette fois) à tester, encore des émeraudes à vendre… Des achats à faire encore et toujours à partir de 1$ et jusqu’à 75% de rabais sur certaines marchandises. Profitez, profitez, demain débarquement à Fort Lauderdale.
Fort Lauderdale, Floride, arrivée 7h, débarquement régimenté.
La distance totale que nous avons parcourue est de 4 523 milles nautiques (1 mille nautique = 1,85 km)
Pour rejoindre la sortie, il faudra patienter plus de deux heures pour accéder aux guichets de la police américaine, pour se faire prendre les empreintes des deux mains et photographier. Grâce à S. de Monaco nous pourrons prendre un taxi, à nos frais, et rejoindre notre hôtel à Miami. M. et moi ne sommes pas en forme du tout, V. qui était malade durant toute la croisière semble aller un peu mieux mais elle demeure très faible. Nous avions prévu de faire plus ample connaissance avec Miami, nous n’oserons qu’un petit tour le long du port avant de regagner notre chambre. Demain il faudra prendre l’avion pour Los Angeles. Le fenua nous manque.
L’avion est surbooké, en retard, il n’y a pas même de place pour le bagage à main de 3 kilos… une vraie pétaudière. Heureusement nous retrouvons J. et le chien Freddy. Le beau temps nous a quitté, il fait froid, quoi de mieux pour se réchauffer que d’aller dans un centre commercial ? C’est bientôt Noël, les gens font la queue pour manger, pour se faire prendre en photo, pour acheter. Alors les crèmes glacées, tout en couleurs, sont les bienvenues pour les faire patienter !
Pour terminer le voyage avec Air Tahiti Nui, le repas spécial que j’avais commandé n’était pas dans l’avion ! Pour le prochain voyage sur ATN, je me munirai d’un panier-repas avec poisson cru au lait de coco, riz chaud, quart de vin blanc (les boissons sont-elles à nouveau autorisées à apporter au-dessus de 100 ml ?), au moins je pourrai me restaurer normalement.
Nos commentaires ne seront pas trop élogieux :
L’agence de voyages de Monaco de S. n’est pas absolument pas capable de faire un travail correct, puisqu’elle propose un San Diego-Miami elle est à notre avis indigne de représenter la compagnie de navigation Celebrity.
Le bateau est très confortable mais nous conseillons d’éviter sur le pont 8 les cabines près de la bibliothèque comme les n°8123 et suivants car il y règne un froid sibérien. L’ingénieur requis avoue que cela a toujours été ainsi, que le froid vient du pont 10. OK, mais le pont 9 ne souffre pas de cet air glacial et il est bien entre le 8 et le 10, non ? Nous avions pensé qu’un tupapau avait investi les lieux.
La nourriture est insipide, au restaurant Treillis, on sert un cocktail de crevettes, crevettes dont on a omis d’enlever le filament noir donc retour en cuisine, je commande une salade de roquette on me sert de la salade iceberg, le menu indique un poisson de profondeur, ici en Polynésie on le nomme paru, c’est délicieux, très fin, ce poisson arrivé dans l’assiette de V. est servi sur des pois chiches et ce n’est pas du tout celui annoncé, les noms ronflants du menu en français sont sensés embellir les assiettes mais rien n’a de goût, ni les entrées, ni le plat, ni le dessert – rien n’a de goût. Certes, on peut commander toute la carte mais le premier plat, le troisième ou le dernier ont tous le même goût, plutôt la même absence de goût… Pour un bateau qui se voulait à la pointe de la cuisine…
Mais j’y pense : ne serait-ce pas un problème de carte de paiement ? Au self, un jour lentilles à la nage, le lendemain lentilles essorées, le surlendemain lentilles séchées, il n’y a pas eu de quatrième jour sinon cela aurait été certainement lentilles amidonnées ou tas de lentilles lessivées. J’ai commandé un ceviche, il y avait du poisson… mais pas une goutte de citron ! Pour les desserts, c’était la pavlova… un truc collant loin des entrechats de la danseuse, une autre fois avec toujours un nom pompeux on aurait dit du fromage blanc, non, non, un carré de Kiri, posé dessus du vernis rouge et encore au-dessus une feuille de menthe, de la vraie menthe ! Nos estomacs se sont refermés et plus rien ne passait sinon un thé…
Si V et moi-même additionnions les croisières effectuées sous des cieux différents, jamais au grand jamais nous n’avons aussi mal mangé sur l’une d’elle. Même sur la felouque du Nil où notre accompagnateur nous a servi du kitkat. Quand nous dialoguons avec Tahiti par mail, on nous apprend qu’un grand nombre de personnes ont été malades sur un des Princess, le Crown, je crois. C’est grâce certainement aux prières de mes amies adventistes que nous n’avons pas été malades comme ceux du Princess. Merci Seigneur comme disent les Polynésiens.
Pour celles et ceux qui seraient tentés par une croisière, choisissez bien, ayez aussi beaucoup de chance… ou un compte carte bleue bien approvisionné !
Hiata de Tahiti