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Hiata en vacances

Abandonnant sa famille, ses fleurs, son jardin suspendu, ses chats, son coq, ses poules, Hiata s’est envolée pour Paris. Partie le jeudi à minuit moins deux, elle arriva après une escale américaine à Los Angeles, le samedi matin à Paris Charles de Gaulle. Partie en tenue printanière avec 34°C, elle trouva des congères (enfin pas tout à fait) de froid, une bise glaciale et un thermomètre affichant 8° tous petits degrés centigrades. Brrh ! Les vacances commençaient bien !

tour eiffel paris

Une bonne âme était venue me chercher avec ma petite valise. Merci à elle. Il faut vite se réhabituer au trafic automobile, aux incivilités, aux jeunes Roms qui se précipitent sur le pare-brise pour tenter de le laver et le coup de pied dans la portière quand leur espoir est déçu ! Ici aussi il y a des incivilités mais les Popa’a auraient tendance à penser, « bah ! ce ne sont que des « Indigènes »…

Les Parisiens semblaient tristes et blasés, les mendiants plus nombreux, les prix au marché et dans les magasins très élevés, les commerçants peu avenants, les cyclistes et certaines motos sur les trottoirs : mais que se passe-t-il dans ce beau pays ? Moroses, privés d’emploi et donc de revenus, n’apercevant plus la ligne d’horizon, les Français verraient-ils tout en noir ?

Loin des bleus du lagon, la morosité me gagne, froid et pluie aggravent cette situation. Que suis-je venue faire dans cette galère ? J’avais rêvé de cerises gourmandes et juteuses, il y en a peu ; les fraises espagnoles vantent les pesticides ; les maatjes (petits harengs crus) ont fait leur apparition sur le marché, et cela me renvoie aux Pays-Bas plusieurs années en arrière… Je retrouve mes amis de toujours, les Thaïlandais qui eux aussi ont atteint l’âge de la retraite et qui vont retrouver leur Bangkok natal après plus de trente années passées sous le ciel de Paris. La SNCF me piège évidemment avec une grève inopinée.

Retourne au fenua, Hiata, tu y seras mieux et certainement moins râleuse qu’ici !

torse nu ado

Ce qui fut dit fut fait. J’ai retrouvé ma basse-cour, les bleus du lagon, mes amis et mes habitudes. J’ai beaucoup de faits à raconter car durant mon absence, même si celle-ci fut courte, il s’est passé pas mal d’évènements. A bientôt donc.

Hiata de Tahiti

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Recherches à Tahiti

Lien vital entre Tahiti et les Marquises, l’Aranui avec ses 200 passagers et ses 17 croisières par an a soufflé la 10ème bougie et annonce pour la fin de l’année 2014 un Aranui 5 plus grand. C’est en 1984 que le cargo mixte Aranui a effectué sa première croisière dans l’archipel des Marquises avec une vingtaine de passagers. Et pour fêter ce 10ème anniversaire, en plus de la découverte de Fakarava (Tuamotu), Ua Pou, Nuku Hiva, Hiva Oa, Fatu Hiva, Tahuata, Ua Huka (Marquises) et Rangiroa (Tuamotu), une escale dans la Perle du Pacifique (Bora Bora) a été organisée. Belle fidélité.

aranui aux marquises

Les tests de sécurité ont été effectués sur le Tuhaa Pae IV, le bateau sera bientôt prêt pour accueillir des croisiéristes à destination. Ce sera donc le pendant de l’Aranui pour les Marquises. Ce cargo mixte dispose d’une capacité de 98 passagers, il devrait être autorisé dans le courant du mois à en transporter 25 contre 12 actuellement et développer le concept de croisière. Il y aura à la disposition des croisiéristes 16 cabines dont une cabine pour handicapés, un dortoir, un restaurant de 50 couverts. A suivre.

Une mission scientifique effectuée il y a un an et demi étoffera sans doute le dossier d’inscription au patrimoine mondial, la richesse des eaux marquisiennes étant enfin expliquée. Les scientifiques, après analyses, « confirment que la signature isotopique ici est très particulière, et qui peut s’expliquer par la production primaire (phytoplancton, zooplancton…) très riche dans les eaux marquisiennes. Du point de vue marin, les Marquises se caractérisent par trois particularités : absence de récif dans une zone tropicale, le sens de circulation du courant est différent de celui des autres archipels et les espèces endémiques sont très importantes et la chaîne trophique est différente de celle du reste du Pacifique Sud, ce qui permet une production animale très importante et le maintien de la ressource en place. »

Une équipe de trois chercheurs est actuellement en mission à Tahiti et aux Tuamotu pour récolter des cônes, des mollusques marins venimeux. Il pourrait y avoir des possibilités de médicaments liées aux venins, en particulier à ceux des cônes polynésiens. Exploiter les venins animaux pour découvrir de nouvelles molécules à vocation thérapeutiques dans les domaines de la douleur, des maladies cardio-vasculaires, de l’obésité. A suivre.

clipperton ile de la passion carte

Une mission de géographes de l’Université de Polynésie sur l’île de la Passion (autre nom de Clipperton) s’est déroulée en ce début d’année. C’est le plus petit territoire français, délaissé par Paris et qui pourtant est le spot mondial du thon. La ZEE de Clipperton est un cercle parfait de 435 000 km. C’est l’une des zones les plus riches en thonidés au monde. Elle est pillée par de nombreux armateurs venus de Corée, du Japon, d’Amérique centrale. Déjà en 1969, les autorités internationales estimaient à 25 000 tonnes de prises illégales dans la zone. En 2005, 10 bâtiments senneurs ont ainsi été aperçus sur l’espace d’un mois dans les eaux de Clipperton. Et l’on prétend qu’un seul de ces navires peut repartir de campagne les cales pleines de 1 000 voire 2 000 tonnes de poissons. 100 000 tonnes seraient ainsi pêchées sans payer de redevances à l’État, un manque à gagner estimé au plus bas à 25 millions d’euros. Alors Messieurs de Paris, k-do, k-do. Rappel de sa situation à 4 018 km de Nuku Hiva (îles Marquises) et à 1 280 km du Mexique. Ne dites pas que les fonds marins de ce petit bout de terre seraient riches de nodules polymétalliques, alors chut, bouche cousue ! Par ailleurs, il y a 100 000 fous masqués et le nombre de crabes terrestres est impressionnant.

Portez-vous bien

Hiata de Tahiti

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Leçon de tahitien

O vai to’oe i’oa (être qui le-de tu/ton nom = quel est ton nom ? O Jean to‘u i’oa (être Jean le-de je/mon nom ; mon nom est Jean) ;

E tamari’i to’oe (enfant le-de toi ; as-tu des enfants ?)

E aha te ‘ohipa ? (être quoi le travail ? quel travail fais-tu ?) O vau te taote (être moi le médecin ; je suis le médecin.

Quelques professions :

  • ta’ata fa’a’apu = agriculteur.
  • Taote tapu = chirurgien.
  • Taote niho = dentiste.
  • Taote mata = ophtalmologue.
  • Vahine au’ahu = couturière.
  • Muto’i-farani = gendarme.
  • Ta’ata tanu tiare = horticulteur.
  • Muto’i  = policier, agent de police.
  • Patapata parau = secrétaire-dactylo.

vahine seins nus

La communauté chinoise est en période de Ka-San (Tchi-Min). Ils la fêtent justement le jour des élections dimanche 21 avril. Cette cérémonie rend hommage aux défunts dans la tradition chinoise et à cette occasion les familles apportent des denrées alimentaires souvent composées d’un poulet entier, de porcelet, de biscuits secs, de pommes bien rouges, de bols de riz, de friandises, de vin rouge, parfois de la pâtisserie chinoise et le sang du coq. Les familles brûlent de faux billets de banque ainsi que de faux vêtements, allument des encens et se prosternent devant les tombes. On remarque que cette cérémonie païenne est en perte de vitesse chez les jeunes.

Le cimetière chinois sis à Arue, côté montagne compte actuellement 6512 tombes, environ 400 d’entre elles sont situées sur la partie basse du cimetière. Certaines semblent abandonnées, l’association Si Ni Tong lance un appel pour retrouver les familles de ces tombes. Un manque de place cruel se fait sentir.

A Hiva Oa, deux tiki, enterrés derrière l’église de Nahoe, ont été mis à jour lors de travaux pour creusement d’un puisard. D’autres découvertes ont été faites sur le même site. Plusieurs traces révèlent l’existence d’un paepae (plate-forme).C’était une pratique courante des missionnaires que d’utiliser les emplacements d’anciens lieux de culte pour y bâtir des églises comme à Nuku Hiva où l’évêché et la cathédrale de Taiohae construits sur un ancien me’ae, la cathédrale de Rikitea aux Gambier construite sur le marae principal de l’ile.

Hiata de Tahiti

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Bestialité Pacifique

Un tueur en série fonce sur le Kimberley ! Ce crapaud-buffle, petit, costaud et venimeux avait  été introduit en 1935 dans les plantations de canne à sucre du Queensland. En 76 ans, ce crapaud, à raison de 50 km par an est arrivé aux portes de cette région du nord-ouest de l’Australie, réservoir de biodiversité. Déjà les scientifiques comptent les espèces rares qui disparaîtront comme une espèce d’opossum à la queue couverte d’écailles, trois espèces d’iguanes, deux espèces de tortues, une espèce de grenouille arboricole, le quoll du nord, marsupial carnivore. Certains scientifiques préconisent pour pallier l’arrivée de l’éco-terroriste toxique, de créer l’Arche du Kimberley, une banque de gènes des espèces pouvant être éradiquées par le crapaud-buffle.

crapaud buffle australie

Originaire de Tasmanie, il a été introduit dans les années 1937-1939. C’est un oiseau de petite taille vert-olive, poitrine et dos gris, ventre clair, il porte des lunettes (un cercle blanc marque le pourtour de ses yeux). Il vit dans les jardins des zones habitées et les sites boisés. Omnivore, il trouve tout pour ses repas des insectes, des pommes-cannelles, des papayes mûres. Il s’est répandu par ses propres moyens dans les autres îles. Quand l’île est trop éloigné il voyage clandestinement dans les soutes des goélettes. Il est soupçonné de propager les graines du Miconia calvescens, plante introduite et envahissante.

L’Australie compte 140 types de serpents dont 8 dont partie des plus dangereux au monde et 10 000 espèces d’araignées ! Parmi les espèces mortelles de serpents : le brown snake, le taïpan, le tiger snake, le death adder, le red bellied… quelques exemples de serials-mordeurs ! Pour les araignées, la red-back et la Sydney Funnel web, la plus dangereuse se trouve dans un rayon de 200 km autour de Sydney. 424 personnes ont fait appels aux services des paramédicaux durant les 6 derniers mois ; 288 recensés pour des morsures d’araignées et 136 pour les serpents !

C’est en Australie aussi que 400 boat-people sont arrivés en moins de six jours. Les centres de rétention australiens sont complètement saturés.

serpent brown snake australie

Il est un requin baleine qui intrigue scientifiques et médias du monde entier. Christophe Ciccullo a pris des clichés, en s’approchant à moins d’un mètre d’un jeune requin, âgé d’une dizaine d’années, et découvert cette particularité douloureuse : un cordage barde ses nageoires pectorales». « Nous avons constaté qu’il était ceinturé par un bout, une corde de 8 à 10 mm d’épaisseur recouverte de coquillages. Il l’avait depuis assez longtemps pour que la plaie se soit refermée sur ses nageoires cisaillées et ait emprisonné le cordage. » Ce seraient les séquelles d’une rencontre avec un objet, à ce jour inconnu, dispositif de concentration de poisson, chapelets de station perlière ou filets dérivants. Il pourrait s’agir d’un DCP d’un autre pays ou d’un filet dérivant. « Les requins baleines sont des requins pélagiques qui effectuent des migrations énormes sur plusieurs milliers de kilomètres ».

L’épidémie de dengue poursuit inexorablement son périple, fin mars 34 cas à Tahiti et Moorea.  Les virus (dengues 1 et 3) sont arrivés de Nouvelle-Calédonie et de Guyane. Le nombre de cas devrait continuer à augmenter dans les prochaines semaines à moins que les virus n’attendent la fin des élections territoriales ! C’est pire en Nouvelle-Calédonie, 6378 cas de dengue depuis septembre 2012 !

Et voilà qu’arrive un nouveau fléau, 10 cas confirmés de chikungunya enregistrés.

C’était une ingestion aviaire. Lors de la phase d’atterrissage du vol Air France 076 en provenance de Paris via Lax, l’appareil est entré en collision avec des volatiles sur l’aéroport international de Tahiti-Faa’a. Il a fallu inspecter l’appareil, ce qui a conduit Air France a annulé le vol AF 077 pour 300 passagers et à le reprogrammer pour le lendemain au grand dam des voyageurs. Une journée de galère vu le manque d’organisation au sol pour loger, nourrir, les voyageurs privés de moyen de transport.

Enfin, ici on a toujours une réponse toute prête ou presque ! Un expert des « périls animaliers » est arrivé au fenua. Hourrah ! Il existe des dispositifs pour chasser ces gêneurs MAIS – car il y a un mais – ils ne sont pas T R O P I C A L I S E S. Et si l’université de Polynésie créait un super diplôme pour épouvanter les minuscules vinis (petits oiseaux) ?

lapin jeannot

Mon jardin suspendu fait des jaloux : mes salades, mes radis, mes tomates-cerises, mes gombos, mes plantains pour Jeannot lapin – tout est jalousé. Grisette la chatte s’installe sur mes plantations pour prendre le soleil, allez ouste ! Poussin devenu un beau coq chante tous les matins sous ma fenêtre pour quémander ses repas. J’avais dû l’élever avec son frère et ses deux sœurs après que leur mère eut été tuée par les chiens errants. Qui a dit que je n’avais pas de famille ?

Hiata de Tahiti

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Ambiance délétère à Tahiti

Le journal Le Monde jette encore un pavé dans la mare ! Il y aurait une « ambiance délétère » au Palais de Justice de Papeete, un climat tendu, les juges d’instruction s’intéressant à certains de leurs collègues suspectés d’avoir entretenu des relations étroites avec l’homme d’affaires Bill Ravel… Deux clans s’affrontent au tribunal : ceux qui ont choisi de vivre au grand jour et de fréquenter le microcosme local et les autres qui s’en écartent délibérément. En tout cas cette lutte fratricide souille l’image de la Justice.

Qui a volé plusieurs centaines de caisses de bière qui ont disparu d’un conteneur situé en zone sous douane ?  Il paraît que ces caisses de bière d’une célèbre marque américaine se sont vendues  « sous le manteau » à un tarif fort intéressant. A la tienne !

RAPA (Australes)

Une famille de producteurs de vanille a été victime d’un cambriolage. Les malfrats sont repartis avec 150 kg de vanille, un butin estimé à 3,5 millions de CFP. Les deux interpellés par les gendarmes sont des proches des exploitants, l’un d’eux était leur homme de confiance. C’est que jouer au kikiri coûte cher et on ne gagne pas à tous les coups !

Le « Poresidon » a dit manger local. Il a bien raison sur le papier, mais les îles Fidji sont le fournisseur de la farine la plus consommée en Polynésie ; côté matières grasses, sucre, lait en poudre, viandes, c’est la Nouvelle-Zélande qui fait son beurre ; la Chine règne sur la sauce soja, les biscuits secs salés, les soupes de pâtes, les champignons chinois évidemment ; les USA fournissent leur beurre de cacahuètes, leur mayonnaise, les « cuisses de poulets », les boîtes de fruits cocktail, les fromages, les salades, les fenouils, les poivrons, les choux fleurs ; La Suède fait péter les allumettes ; et au pays de la noix de coco, c’est la Thaïlande qui règne sur les boîtes de conserve de lait de coco ! L’Inde livre le café ; le Danemark la viande de porc en boîtes ; le Canada les pommes ; l’Australie le sel de table et les oranges ; la métropole exporte cosmétiques, confiture, huile d’olives… Les pommes de terre de Nouvelle-Zélande sont moins chères que celles de Rurutu (Australes). Et si (par miracle !) tout allait mieux après les élections territoriales ?

Le retour des internes, originaires de Rapa (Iles Australes), au collège de Mataura à Tubuai a été encore digne d’un film folklorique ! Souvenez-vous, lors de leur retour des vacances de décembre/janvier, la baleinière qui devait les mener à terre avait  perdu l’usage de son moteur. Pour ce voyage le bateau Tahiti Nui chargé de les ramener à Tubuai (Iles Australes) avait laissé les barcasses à Papeete car, la grue du Tahiti Nui qui les descend à l’eau était « en panne ». Elle devait être réparée durant les 15 jours de vacances – mais rien n’a été fait, évidemment. Il a fallu solliciter le propriétaire de la pension Wipa Lodge  et son bateau pour assurer le débarquement des internes de Rapa, et l’embarquement des Tubuai vers Papeete, soit une douzaine de navettes. Le Tahiti Nui est l’un des bateaux de la flottille administrative.

baise gamins tahiti

A Papara, une fillette de 5 ans violée tout près de chez elle, son agresseur introuvable. Après une quinzaine de jours de recherches pour les mutoi farani (gendarmes), des prélèvements pour les recherches ADN envoyées en France, deux frères de 22 et 23 ans ont été appréhendés. Cela me donne des frissons.

Hiata de Tahiti

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Civilisation de Tahiti aujourd’hui

Le ti’i (aux Marquises Tiki) est une figure anthropomorphe, témoin de la culture ancienne des Iles de la Société, représentant un ancêtre divinisé. Celui-ci donné par un expert en art océanien de Paris  au Musée de Tahiti et des Iles mesure 40 cm de hauteur, il est taillé dans un seul bloc de corail où seuls la tête de forme triangulaire et le torse sont apparents. Il pourrait provenir de Moorea. « Parti » illégalement dans les valises d’une famille de popa’a rentrant en métropole, le ti’i a heureusement retrouvé sa patrie d’origine.

Si vous arrivez à Tahiti, vos connaissances vous couronneront. Soit ils auront fabriqué une couronne avec des fleurs, soit ils auront été acheter une couronne ou collier aux mama du fare hei. La doyenne des mama a 79 ans, la plus jeune 37. Elles fabriquent sur place ces colliers, sont présentes de 15 heures à 10 heures du matin, assurent ainsi les arrivées et les départs des vols internationaux. « Atation », pour l’arrivée des fleurs odorantes, pour le départ des coquillages colorés, la phytosanitaire veille ! Des règles très strictes veillent dans ce fare hei, certains emplacements sont meilleurs que d’autres alors les emplacements sont tournants, le port d’une robe locale est impératif. A partir du mois de mai, les mama porteront toutes les mêmes robes aux motifs fleuris et en changeront en même temps. Les mama sont indépendantes mais paient une redevance à ADT (Aéroport de Tahiti). Les nouvelles arrivées remplacent souvent une mère, une tante. Hé ! le collier de tiare Tahiti est le plus beau, le plus odorant et le plus tahitien. J’espère que c’est celui qui vous couronnera à votre arrivée dans cette île du bout du monde.

HIBISCUS RAU

En 2034 les Polynésiens seraient 350 000. Les habitants des Tuamotu ne veulent pas devenir des réfugiés climatiques. Ceux qui y sont nés veulent y rester. Certes la vie n’est pas facile mais ils ont la volonté d’y rester, de développer de l’activité et permettre le retour des exilés, et préparer l’avenir des enfants. Contrairement à ceux de Tahiti, ils ne se sentent pas pauvres, vivent de peu, ne meurent pas de faim. Mais lorsqu’il faut envoyer les enfants au collège ou au lycée à Tahiti, venir à Tahiti pour se soigner ou pour régler les problèmes administratifs… ils se sentent pauvres. Ils souhaiteraient bénéficiaient de plus de service comme des cours par correspondance pour les enfants, de paramédicaux pour leurs problèmes de santé. Des logements sociaux seraient profitables à tous car beaucoup cohabitent ce qui provoquent des conflits intergénérationnels. La réglementation est pensée à Tahiti. Mais que doit faire un maire devant le refus des gendarmes de procéder à l’examen dans un véhicule de plus de 5 ans d’âge comme le précise la réglementation ?

Uniquement pour les personnes ayant vécu à Tahiti, Tati revient en centre-ville et s’installera dans le bâtiment occupé auparavant par Télectronique et Tahiti Pas Cher Décoration rue Lagarde. Un imposant escalator sera installé, d’un poids de 6.5 tonnes et d’un coût de 6.5 millions, il desservira le premier étage du futur magasin Tati de Papeete sur 900 m² de surfaces commerciales. On y vendra des vêtements, de la parfumerie, de la droguerie. Ouverture prévue mi-mai et une vingtaine de personnes embauchées.

Vous êtes loto keno euromillions ou kikiri ? Les jeux clandestins sont légion ici, illégal le kikiri est très apprécié des joueurs du fenua. C’est l’égal du bonneteau. Les abords du marché de Papeete sont des lieux connus des joueurs et de la police qui y fait des descentes régulières avec d’importantes sommes d’argent saisies. Des parties sont improvisées dans des cours, sous des préaux, à l’abri des regards. On joue beaucoup d’argent parfois la paie entière. Ces cercles mettent en place un service de guetteurs afin de se prémunir contre l’arrivée des forces de l’ordre. Il y a aussi les combats de coqs, activité illicite mais tolérée. On y mise pour 200 000 CFP, sur certains sites la mise au kikiri est plafonnée à 5 000 CFP.

MME VASTHY

Il y a fort longtemps que vous n’avez pas pris une leçon de langue tahitienne, pour ce jour ce sera se saluer et prendre congé.

Ia ora na =  que tu aies la vie ou bonjour, bon après-midi, bonsoir, bonne nuit.

Ia ora na ‘ oe i teie po’ipo’i = vivre toi à ceci matin

Ia ora na ‘orua i teie avatea ! = vivre à ceci midi ; pour répondre au salut d’une personne, on bouge la tête vers le haut, on fait un geste de la main, ou on répond Ia ora na en retour.

E aha te huru ? = Etre quoi la forme ou Comment ça va ?

Maita’i = Bien ou Ca va bien.

Parahi ! = Rester ou Au revoir, restez-en paix !

Parahi iho ! = Rester ou Au revoir (restez en paix là où vous êtes).

Te haere nei teie = Aller celui-ci ou Je m’en vais maintenant.

Te haere ra vau = Aller moi ou Je m’en vais ou je vais m’en aller.

Ia ora na = Nana = Au revoir.

Nana, mea ma ! = Au revoir chose et ceux-avec ou Au revoir à vous tous (vous et les vôtres) !  

‘E, na reira ia ! =  Oui, là ou Oui, vas-y ou Fais-le ainsi.

‘E, a haere ia ! = Oui, aller ou Oui, d’accord (alors) !

‘E a fa’aitoito ! =  Oui, courage ! ou Oui, bon courage !

Pour aujourd’hui, ce sera tout à étudier et à la prochaine

Hiata de Tahiti

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Animaux de Polynésie

Qu’il est beau le fou à pieds rouges ! Ses pattes palmées sont rouges, son bec bleu et rose et son plumage gris et blanc, son envergure peut atteindre 1 m. Il affectionne les forêts primaires de tau et gnatae, des arbrisseaux comme le miki miki ou les gneogneo pour y faire son nid. Lorsqu’il niche dans le Pisonia grandis (gnatae) il risque que sa vie  car en pleine floraison apparaissent à l’extrémité de chaque branche des petites grappes remplies de résine qui si elles se collent sur le plumage de l’oiseau l’empêcheront de voler et le voueront à une mort certaine. L’oiseau est encore chassé dans les îles des Tuamotu, tué, plumé, cuit au four comme un poulet, mais sa chair n’est pas comparable à celle du poulet puisqu’il mange du poisson et non des grains ! Le fou à pattes rouges prend des postures amusantes, lorsqu’il est effrayé, le jeune fou balance son bec d’avant en arrière ; lorsqu’il dort, il pose son bec dans le nid, mais son arrière train est en l’air. Sur les motu où il niche, les rats, les chiens, les cochons sont des dangers permanents mais l’homme demeure son premier ennemi.

pigeon sur timbre

Son nom scientifique est Ducula galeata connu sous de nom de Carpophage des Marquises ou upe. C’est le second plus gros pigeon au monde : taille du corps 55 cm, longueur de la queue 21 cm, envergure 94 cm, poids 700 g. C’est un oiseau endémique des Marquises. La population estimée en 2008 était d’environ 300 individus sur Nuku Hiva et moins de 50 sur Ua Huka. L’oiseau a bien failli disparaître. L’oiseau au corps gris est pourtant imposant, son dos, ses ailes et sa queue sont bleu sombre irisé de vert. Les plumes de la queue côté ventral sont de couleur rouille. L’iris de l’œil, la cire et le front sont blancs. Son cri ressemble au croassement des corbeaux. Un jeune par couvée. Il se nourrit  de fruits, de feuilles et de petits insectes. Le upe est nonchalant, peu craintif. L’espèce est protégée mais le braconnage sévit. En intéressant les enfants des écoles à la sauvegarde de l’oiseau des Marquises, grâce à l’implication de l’association Manu et des habitants, on peut dire que le upe revient de loin. Du rang d’espèce en danger critique il est redescendu à espèce en danger. Bravo !

Les Paru, poissons des profondeurs, se pêchent aux abords des pentes récifales abruptes ou en pleine mer et se situent entre 200 et plus de 500 m de profondeur. Cette catégorie de poissons est très diversifiée. On y trouve la sériole caméléon (Matavai), la perche à raie bleue (Ta’ape), le vivaneau flamme (Paru’ihi), la perche ardoise (Taakari), la carangue noire (Ruhi), le lutjan rouge (Mero mero)… Tous ces poissons peuvent se pêcher de jour, mais pour le « Uravena » il faut attendre la nuit pour le capturer. Évoluant à des profondeurs abyssales, ils sont sans risque d’intoxication de la ciguatera. Le matériel des pêcheurs de « Paru » est assez onéreux. Ils doivent s’équiper d’une canne à pêche en fibre de verre, d’un moulinet conséquent ou d’un treuil électrique, d’un bas de ligne avec trois hameçons, d’un plomb de 500 à 800 g, de billes phosphorescentes et en tête du bas de ligne une lampe lumineuse qui a pour but d’attirer les poissons sur les hameçons chargés d’appâts (pieuvre, poisson). Il faut stabiliser la ligne à la verticale en permanence afin de ressentir « les touches ». Une fois les poissons attrapés la remontée est physique Le pêcheur doit être adroit et fort, il faut plus de 15 minutes pour récupérer ses prises. Celles-ci sont énormes et de qualité. Le goût de ces poissons diffère de celui des poissons pélagiques comme les thons, bonites, thazards. Leurs chairs sont savoureuses, souples, moins fortes en goût et moins musclées. Bonne pêche et… bon appétit !

paru

Le Kakavere (Tuamotu) ou Fistularia commersonii est souvent confondu avec le poisson trompette. Leurs corps allongés et cylindriques sont identiques. Toutefois il est aisé de les différencier. Le poisson flûte possède un long museau, environ 1/3 de la longueur totale de l’animal qui peut mesurer 1m50, 5 cm de tour de taille à l’âge adulte. A l’extrémité de son museau une petite bouche dentée qui lui permet d’avaler ses proies, des petits poissons et des crustacés qu’il trouve sur les patates de corail. Son aspect est sombre, bris à brun, et peut changer suivant son humeur, comme le poulpe. Il peut se parer de rayures bleu ciel et beiges qui clignotent. Ce poisson à l’allure profilée utilise sa nageoire caudale fourchue, prolongée d’un long filament pour se mouvoir. C’est ce qui le différencie aussi du poisson trompette chez qui cet attribut est absent. C’est le régal des petits enfants. Découpé en épais tronçons, fariné et salé, il suffit de le faire frire. Sa cuisson est rapide. Sa chair blanche est ferme, savoureuse. Il est dépourvu d’arêtes, sans danger pour les enfants.

fistularia commersonii

J’ai mauvaise réputation, pour moi, ce n’est pas nouveau et pour la murène non plus ! Cet animal marin, à cause de sa ressemblance avec un serpent, demeure un poisson « effrayant » pour les plongeurs et les pêcheurs. Pourtant, la murène est le plus souvent inoffensive. On en compte une trentaine d’espèces différentes en Polynésie. La murène javanaise se laisse admirer dans les Tuamotu, la murène poivrée se prélasse sur les platiers. Leurs dents acérées et pointues leur servent à broyer les crabes, bien qu’elles soient capables d’avaler ses proies, poissons ou poulpes en entier ! Les accidents, quand il y en a, sont dus à l’imprudence des pêcheurs ou plongeurs. Plonger ses mains dans une patate de corail sans visibilité, collecter des coquillages dans une cavité, la murène effrayée mord pensant être agressée ou croyant se saisir d’une proie. Les Paumotu se soignent avec du « Bison » (tabac à rouler) ou de jeunes pousses de « geogeo » mâchées qu’ils appliquent sur la plaie. Les feuilles ont des vertus calmantes et permettent de stopper l’hémorragie.

murene javanaise

Pour d’autres la murène javanaise est un mets de choix, un mets raffiné. Elle se cuisine de différentes façons, cuite au « Himaa’a » (four tahitien), frite, séchée, salée, en bouillon. La cuisson prend plusieurs jours ! La partie haute est consommée, la queue contenant  beaucoup d’arêtes. La peau se mange, c’est un morceau prisé les amateurs car le gras s’y  dépose. On pêche la murène au fusil harpon ou au « patia » (trident). Viser la tête dans les deux cas, si la murène est blessée elle vous attaquera. Bonne chance.

Hiata de Tahiti

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Maladies à Tahiti

Dimanche 27 janvier était la 60ème Journée mondiale des lépreux. A cette occasion Orofara, l’ancienne léproserie sise sur la commune de Mahina (Tahiti) a été le centre des manifestations contre la lèpre. C’est une vallée, assez méconnue, autrefois réservée à l’accueil des lépreux polynésiens, en ce jour une visite guidée, et du chalala (blablabla). L’an prochain on fêtera le centenaire de cette léproserie.

Vahine Tahiti

Celle-ci fut créée pour organiser l’isolement obligatoire des personnes susceptibles de transmettre la maladie et l’internement de tout malade ayant besoin de soins. L’endroit comportait un magasin, un lavoir-séchoir, une infirmerie, deux réfectoires, des logements, un parloir, une église. Ces personnes recevaient tous les jours une gamelle de nourriture, matin, midi et soir. La léproserie en tant que telle n’existe plus depuis 1976. L’infirmerie a été rasée. Il demeure 6 anciens malades qui y résident toujours. Le plus ancien est arrivé en 1948 en provenance de Raiatea (Iles sous le Vent), deux doyens un homme de 80 ans et une femme de 79 ans.

Aujourd’hui, la vallée comporte une trentaine  de familles, la plupart composées de descendants des lépreux qui se sont succédé à Orofara. Quel avenir pour ces bâtiments, pour ce village, installés sur un terrain domanial ? La mairie de Mahina souhaiterait y installer un dépotoir – après avoir éradiqué des déchets verts et la petite fourmi de feu. La lèpre, elle, n’est pas totalement éradiquée en Polynésie mais elle est aujourd’hui très faible. Sa prévalence est de 5 à 10 malades par an. La lèpre est transmise par le biais d’une bactérie ; sur 100 malades infectés, 10 seulement développeront des symptômes. Les malades reçoivent des soins très efficaces actuellement et n’ont plus besoin d’être isolés.

Le Caillou (Nouvelle-Calédonie) subit une épidémie de dengue, la Polynésie est épargnée… pour le moment. Déjà 646 cas de dengue sur le Caillou pour le seul mois de janvier et zéro ici. L’épidémie a démarré tôt et, depuis  le 1er septembre dernier, 1119 personnes malades ont été déclarées. Nouméa détient le record, suivie par Le Mont-Dore, Dumbéa. La vigilance reste de mise.

etoile de mer sur ventre nu

Les conseils sont toujours les mêmes : se protéger la peau avec du répulsif et toutes les semaines faire la chasse aux gîtes larvaires dans jardin et maison.

Il y a pourtant beaucoup d’échanges de voyageurs aériens entre Papeete et Nouméa. En 2001 et 2007, le virus de type 1 avait frappé la Polynésie, et si c’était tous les 6 ans ? Mais la principale inquiétude du bureau de veille sanitaire concerne la leptospirose. C’est le risque épidémique actuel avec des épisodes pluvieux importants depuis décembre 2012 et tout ce mois de janvier 2013. Un décès en fin 2012 et, au 13 janvier, quatre cas confirmés.

La meilleure prévention est d’éviter les eaux boueuses ou sales si l’on présente des blessures. Le responsable de la dengue ici est l’Aedes poynesiensis, celui du Caillou l’Aedes aegypti. Deux cousins, certes mais qui ne se fréquenteraient pas.

Euh, portez-vous bien !

Hiata de Tahiti

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Bêtes pas bêtes à Tahiti

Le requin, craint par les hommes, il souffre d’une réputation de mangeur d’hommes et de tueur sanguinaire. Ce poisson appartient à la classe des chondrichtyens. Quatre cents espèces différentes, une dizaine sont dangereuses pour l’homme et une vingtaine d’espèces sont en Polynésie. Vous les rencontrerez dans les lagons, près des passes et en pleine mer. VAKI requin à pointes noires, TAPETE de récif à pointe blanche, TORIRE à aileron blanc de lagon, RAIRA gris de récif, ARAVA citron, MAO TORE-TORE tigre, TAUTUKAU soyeux, NOHI PIRI nourrice plus connu sous le nom requin-dormeur, MOHEAHO bordé. Raira et Tautukau sont les plus craints des pêcheurs  ici. Le requin tient une place importante dans la culture polynésienne, il est respecté et n’est pas consommé. Ce poisson est un prédateur, alors prudence ! Mais ce sont des nettoyeurs des mers, indispensables à l’équilibre si fragile de cet écosystème.

requin tuamotu a pointe noire

Prisées par les Chinois pour qui les holothuries auraient des qualités aphrodisiaques mais la surexploitation du rori inquiète les services de pêche océaniens. Les rori sont en danger dans plusieurs régions du Pacifique d’après un communiqué du secrétariat de la Communauté du Pacifique Sud. Les classes moyennes chinoises demandent des exportations grandissantes aux pays insulaires tel la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Fidji, le Vanuatu, les îles Salomon et les Tonga. L’épuisement des ressources s’accentue, les stocks n’ont plus le temps de se reconstituer pleinement. Les espèces les plus cotées sont l’holothurie de sable et l’holothurie blanche à mamelles. Ces pays devront, s’ils veulent garder une source de revenus rentable à long terme, effectuer un contrôle strict et une meilleure gestion des stocks, et résister à la tentation de l’argent facile afin de bâtir une filière stable.

rori holothurie

Les oiseaux qui viennent nicher aux Tuamotu en construisent des rudimentaires, des sophistiqués, pour leurs oisillons : des nids. Les adeptes de branchages : la frégate du Pacifique ou kotaha niche le plus souvent dans des arbustes tels le miki-miki ou le nego nego. C’est avec des brindilles de ces arbustes que cet oiseau de grande envergure construit un nid en forme de plateau sur lequel elle déposera son unique œuf. Les noddi ou goi’o nichent et pondent comme la frégate. Le fou à pieds rouges ou kariga  bâtit un nid solide et volumineux grâce aux fines brindilles ramassées sur le sol. Les noddi noirs ou kikiriri nichent au cœur des forêts primaires dans les kahaia ou les gnatae. Ils perchent leur nid fait de feuilles. Le phaéton à brins rouges ou tavake niche sur le sol, il ôte les petits cailloux du périmètre pour rendre son nid plus douillet ! La sterne fuligineuse ou kaveka  pond à même le sol, sur le sable parfois. La rousserole des Tuamotu ou kotiotio fabrique un volumineux nid avec ce qu’elle tire du cocotier, fibre, feuilles, le kere, et autres, le tout positionné en hauteur. Et la gygis blanche ou kirahu pond son œuf à même une branche, souvent à l’intersection de deux branches. Pas de nid, simplement le choix où l’œuf sera déposé. Le poussin n’aura qu’à bien se tenir !

Ici l’apiculture locale est indemne du pire problème sanitaire que connaît l’apiculture mondiale, l’acarien varroa. L’un des axes prioritaires de la politique agricole du gouvernement est la sauvegarde de la filière apicole. Il faudra assurer la protection sanitaire : mettre en place une réglementation interdisant l’introduction de matériel génétique, développer l’élevage des reines afin d’éviter les importations, sensibiliser les apiculteurs, former sur les risques d’introduction de maladies. Améliorer la qualité  et la quantité des productions, renforcer la commercialisation. Il faudrait former les apiculteurs sur les sous-produits, utiliser les bois du fenua pour les ruches, voir les pays voisins immédiats, proposer des formations certes mais adaptées au besoin, surveiller la « loque américaine » qui touche déjà l’île de Tubuai (Australes). La commercialisation est importante et ne doit pas être laissée au hasard. Voir comment  les abeilles locales se comporteront en Europe avec des tests réels dans les conditions climatiques européennes pour exporter les reines d’abeilles locales. Revoir complètement l’étiquetage à la norme européenne. Mettre en place des labels de qualité du miel local afin d’en protéger l’origine. Un énorme travail en perspective.

Un apiculteur de Taha’a (l’île vanille aux Iles sous le vent) voudrait installer mille ruches autour de l’île. Alors le miel à la vanille ? … c’est pour quand ? Bonne chance  à ce jeune et entreprenant apiculteur.

Hiata de Tahiti

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Maladies du paradis

Après la dengue 1, après la dengue 2, voici la dengue 3 qui elle nous vient de Guyane grâce à une voyageuse arrivée récemment de là-bas. Alors, quoi, vous n’avez pas encore éliminé tous les gîtes à moustique ? Ceux qui ont chopé la dengue, habiteraient à Moorea (quartier Haapiti) et Tahiti (Punaauia, Tipaerui et Mahina). On n’est plus chez soi, quoi ! La dengue se porte bien, merci pour elle, elle poursuit sa progression, quinze cas déclarés et toujours deux sérotypes sur le territoire et deux décès en Nouvelle-Calédonie.

La grippe est présente également – ça tousse, mouche, nez qui coule, les voies aériennes sont encombrées. Quelques six cas de grippe A (H3N2) confirmés sur les onze prélèvements.

Nous avons reçu et pris devant témoins (les POD) les comprimés de Notézine (diethylcarbamazine) et le Zentel (albendazole) afin de lutter contre la filariose. L’an passé 80,6% de la population avaient avalé les pilules. On espère faire mieux cette année.

poissons sur assiette

La ciguatera communément appelée gratte contamine certaines espèces de poissons malgré tout consommés. Tous les archipels sont touchés. Quatre espèces de poissons présentent un risque important d’intoxication : barracuda, baliste, carangue, poisson perroquet. Le risque est grand alors si vous consommez, par hasard, la murène ou tavere ; le poisson Napoléon ou mara ; le mérou ou kito ; la loche saumonée ou tonu ; les carangues surtout les grosses ou paihere ; le bec de cane ou meko ; la dorade tropicale ou mù ; le poisson perroquet ou tegatega ; le barracuda ou ono ; le baliste ou o’iri. Détournez votre regard et allez chez Picard, cela vaudra mieux pour vous les Popa’a !

Heureusement les Paumotu (habitants des Tuamotu) fabriquent et utilisent des ra’au tahiti (médicaments) pour conjurer cette gratte. Je vous indique quelques recettes ? OK alors ! comme le jus de la bourre d’un jeune coco vert au stade nia qui vous fera vomir et éliminer le poisson poison ; ou encore le fruit et les feuilles de la pomme Cythère avec de l’eau de coco verte ; une décoction de papaye verte ; des fruits verts et mûrs de nono avec de l’eau de coco.  Vous avez les recettes pour guérir de cette intoxication mais le mieux serait de ne pas consommer les poissons cités plus haut.

En attendant le décollage de votre avion pour Paris, vous prendrez bien un p’tit kawa ? C’est la mésaventure qui est arrivée à un jeune couple de métropolitains de Saint-Rémi de Provence après de merveilleuses vacances au fenua et qui ont relaté leur mésaventure dans la Dépêche de Tahiti. Le « petit noir » du bar de l’aéroport international coûte cinq (5) fois plus cher que dans les aéroports de métropole !

J’ajoute, pour la bouteille d’eau itou, même tarif. Alors qu’en Australie, en Chine, on vous fait vider le contenu de votre bouteille, et dès que vous avez satisfait aux contrôles pour pouvez remplir GRATUITEMENT votre bouteille vide dans des appareils distribuant de l’eau dans les salles d’embarquement.

Encore une petite information, au départ de Paris, sur Air Tahiti Nui, la période la moins onéreuse pour un billet se situe du 1er novembre au 31 mars. Avis aux amateurs !

Plus de 600 pieds de papayers ont été saccagés par une bande de six  jeunes. Laissés à terre, les fruits arrivaient à maturité, deux ans de travail anéantis pour deux jeunes agriculteurs de 20 et 23 ans. Ils avaient prévu de fournir 300 à 400 kg de papayes par semaine jouant sur les différents niveaux de maturité des plans. Un vandalisme gratuit. Quel contre-exemple alors que le gouvernement voudrait favoriser l’installation de jeunes dans les métiers de l’agriculture ! Trois ados ont été interpellés, ils sont originaires des quartiers environnants. Le préjudice est estimé à 600 000 CFP.

Vahine nue Tahiti

A Taha’a, un jeune homme de 24 ans écroué pour meurtre. La victime l’avait sommé d’arrêter de le frapper, il l’a achevée d’un coup de pied au visage et a continué à s’acharner sur elle au sol. Aux Assises, 25 ans de réclusion pour J.Y., reconnu coupable d’avoir assassiné sa fille. Cet homme n’était pas que le meurtrier de cette femme de 45 ans, il était aussi son amant. En Correctionnelle, le directeur d’une garderie a été condamné à 5 ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur des enfants.

Le cambrioleur a été pris en chasse puis arrêté par ses victimes. En comparution immédiate il a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis. L’intervention des particuliers a été musclée. A la barre, le prévenu s’était plaint de cette situation et estimé que ses poursuivants « n’avaient pas le droit de le taper ». Les magistrats mi-amusés, mi-sidérés lui ont répondu : « ça, ce sont les risques du métier de voleur, Monsieur. Ce n’est pas un métier de tout repos. Vous n’allez quand même pas vous plaindre que les gens vous aient frappé ? » Et le procureur d’ajouter : « Vous avez eu ce que vous méritiez Monsieur. La loi donne le droit à toute personne de procéder à l’interpellation de l’auteur d’un flagrant délit. On a donc le droit d’interpeller un voleur avec la force ».

Hiata de Tahiti

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Pollution à Tahiti

Certaines communes ont un bilan assez satisfaisant sur l’eau potable, d’autres pas du tout. Les mauvais élèves sont toujours les mêmes : Teva I Uta, Hitiaa O Te Ra, Taiarapu Est et Ouest en ce qui concerne Tahiti. L’eau vient du sous-sol, elle n’est pas traitée, chlorée et même si l’eau était potable à l’origine, elle se contamine tout le long du trajet jusqu’au robinet. Seules contrôlées 27 communes sur les 48 du fenua, soit 93% de la population totale, on ne compte que 5 communes qui obtiennent un 100% « eau potable ». Et pourtant l’eau n’est pas une ressource rare en Polynésie française. L’eau 100% potable est distribuée par les commune de Papeete, Arue, et Faa’a (Tahiti), Bora Bora (Iles sous le Vent) et Tubuai (Australes). Certaines bénéficient d’un 99% à Mahina et 94% à Punaauia (Tahiti) ; Huahine 98% (Iles sous le Vent. D’ici fin 2015, tout le monde serait à l’eau potable. Un conseil, ne vous fiez surtout pas à l’eau coulant des fontaines publiques. L’assainissement des eaux usées, vous connaissez ? Sur les 242 stations d’épuration, 128 présentent au moins un dysfonctionnement ! Le constat est alarmant et entraîne de graves conséquences pour la santé. Rien n’est vraiment entrepris Mais on avertit déjà la population qu’elle doit se préparer à une tarification supplémentaire dès l’année prochaine. Et comme tout ce qui se fait au fenua on n’entretient rien alors…

FALCATA

cocotier

Phosphates ? Pas phosphates ? Certains misent sur une reprise de l’extraction du phosphate de Makatea en 2015 et qui serait prévue pour une dizaine d’années. Partisans et opposants affutent leurs arguments, mais qu’en est-il et qu’en sera-t-il de la biodiversité. L’exploitation du phosphate commencée en 1917 s’est achevée brutalement en 1967, forçant une grande partie de la population à s’exiler à Tahiti. La population actuelle atteint à peine 50 personnes. Si l’exploitation laissa des traces visibles toujours aujourd’hui, il demeure que la végétation recouvre encore 60% de l’ile, et a conservé sa flore et sa faune – exceptionnelles. Il a fallu édicter des textes réglementaires pour protéger le patrimoine de Makatea. Parmi les espèces d’oiseaux protégés : la rousserolle des Tuamotu, endémique, ou ‘àti’oti’o ; le ‘u’upa ou ptilope de Makatea (Ptilinopus chalcurus), endémique de l’île et le rupe ou carpophage de la Société (Ducula aurorae) disparu aujourd’hui de Tahiti et dont la dernière population vit à Makatea. Ces espèces figurent sur la liste rouge car menacées d’extinction. Et la végétation existante ? Une forêt naturelle avec deux grands arbres au feuillage très sombre : le mouo (Homalium Mouo) endémique de Makatea et le moto (Homalium grayana) indigène et protégé en Polynésie française ; le tavevo, un palmier endémique ; le fara (Pandanus sp.p) et ora (Ficus prolixa) dans lequel niche le rupe. Les plantes envahissantes se sont déjà installées telles le faux-acacia ou Lantana camara, le faux-pistachier, et le pitipitio.

Une étude prévisionnelle sur les conséquences du changement climatique entreprise par le Criobe laisse apparaître que le corail du Pacifique blanchira chaque année à l’horizon 2050. Une grande partie des récifs risque de subir ce phénomène, la zone Pacifique Est et Centre, dont fait partie la Polynésie serait, pour le moment, épargnée. On sait que la température limite physiologique du blanchiment du corail se situe aux alentours de 30-31°C. Près de 74% des récifs coralliens à l’échelle de la planète, subiront un blanchiment chaque année à partir de 2045. Un corail blanchi, a subi une expulsion des zooxanthelles (algues qui vivent et nourrissent en partie le corail) évènement suivi de mortalités importantes.

Le remorqueur ravitailleur Revi de la Marine nationale a appareillé le 15 mars. Il effectuera une mission de cinq semaines dans le cadre de la surveillance radiologique des anciens sites d’expérimentation du Pacifique. Cette mission « Turbo 2013 » se déroule chaque année depuis 16 ans entre mars et avril. Les prélèvements dans les milieux physiques (eaux de mer, eaux souterraines, sédiments et sols) et biologiques (plancton, mollusques, poissons, eau de coco et coprah) seront ensuite mesurés par des labos accrédités par le Cofrac (Comité français d’accréditation) et certifiés par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) pour la mesure de la radioactivité.

On en rit ou on en pleure ? 53% des 242 stations d’épuration encore présentes en 2012 présentent au moins un dysfonctionnement. Un triste état des lieux. Mais si on était indépendant ? Tout irait-il pour le mieux et on chanterait « Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien » ?

Hiata de Tahiti

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Évasion fiscale et secret bancaire

Il est de bon ton aujourd’hui de confondre les deux dans l’opprobre, tant la moraline imbibe tout le médiatique. Mais il n’est pas exact d’amalgamer le tout en « paradis fiscal », comme le font si hardiment les Don Quichotte de la vertu.

1/ Une découverte ? – Certes non !

Le secret bancaire n’est pas nouveau, il fait partie de ces secrets professionnels dont le « secret de la confession » et le « secret médical » sont les plus emblématiques. Est-il immoral de ne pas appliquer « la transparence » à tout ce qui concerne la vie privée ou les affaires ? Les secrets de fabrication et de montages financiers doivent être protégés des concurrents pour être efficaces – tout comme la stratégie militaire.

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Les montages, trusts et fondations, étaient connus largement depuis des années… de ceux qui voulaient le savoir. Pardon de me citer, mais dans mon livre Gestion de fortune, publié en 2009, tout ce qui apparaît aujourd’hui comme des « révélations » aux médiatiques était expliqué en détail pages 147 à 181. Des informations étaient disponibles sans problème sur Internet. Encore fallait-il chercher, et vouloir le savoir.

Quand aux zones franches ou « paradis fiscaux » pour les entreprises, tous les États ont les leurs : le Delaware, le Wyoming et la Floride pour les États-Unis ; les Caïmans, Jersey, Gibraltar, les îles Vierges pour l’Angleterre ; l’Irlande le Luxembourg et l’Autriche pour l’Europe ; Hongkong, la Suisse, Singapour, Dubaï et l’Estonie pour tous… Et même Andorre pour la France, où l’alcool et le tabac sont moins taxés, et Monaco où les clubs de foot payent beaucoup moins d’impôts qu’en métropole !

2/ Pourquoi l’évasion fiscale ?

L’optimisation fiscale n’est pas un gros mot, mais la saine gestion de son patrimoine, ou de son bilan d’entreprise. Payer l’impôt, oui, le payer injustement, non. Il y a plusieurs raisons à l’évasion fiscale :

Le gaspillage : La réticence de nombre de contribuables français à payer plus d’impôts n’est pas celle des libertariens Américains pour qui l’État est un parasite ; les Français aiment l’État, mais ils aimeraient surtout qu’il soit moins gaspilleur et mieux organisé. Pourquoi cette productivité qu’on exige depuis trois décennies de chaque salarié du privé n’est-elle pas exigée aussi des fonctionnaires d’administrations publiques ? La perspective de payer pendant deux générations la gabegie des 40 dernières années en fait s’expatrier plus d’un.

L’hypocrisie : L’idée fait son chemin et les « leçons de morale » assénées sans cesse par les politiciens finissent par agacer. Ce n’est pas par hasard si un certain ministre des Finances est tombé récemment pour son compte dissimulé en Suisse : un banquier français résidant à Genève a clairement dit sur la radio nationale qu’il aidait les enquêteurs français parce qu’il ne supportait plus l’hypocrisie des politiques, le deux poids deux mesures de la parole et des actes.

L’injustice : Malgré le consentement à l’impôt pour les nécessités d’administration et de redistribution sociale, les salariés qui ont acquis à force d’épargne un bien, ou les créateurs d’entreprise qui ont fondé une société dont les produits sont utiles et qui créent des emplois, comprennent mal qu’on les taxe plus que dans les pays voisins – pour des services publics plutôt médiocres en comparaison.

Cotisations sociales sur le salaire brut, impôt sur le revenu sur le net, CSG sur le tout, TVA sur toute dépense, taxe sur l’alcool, le tabac, les sodas, les assurances, taxe d’habitation et taxe foncière, taxes sur l’épargne, impôt sur la fortune, sur les plus-values, sur la succession… la France est le pays qui taxe le plus le capital et l’un des rares qui conserve un ISF en Europe, tout en empilant les niches fiscales peu compréhensibles – et en commençant à remettre en cause les retraites. Mieux vaudrait un impôt faible largement réparti qu’un tel empilement.

Comment comprendre qu’un investisseur prenne 100% du risque sur la création d’une entreprise ou l’achat d’une action – et que le fisc lui ponctionne jusqu’à 75% du gain final ? Comment comprendre que des ménages arrivent à payer en impôts plus de 100% de leurs revenus annuels ?

L’instabilité fiscale chronique : Par idéologie, ou parce qu’il faut très vite de l’argent dans le puits sans fond des dépenses publiques, l’impôt est modifié : pas moins de 23 fois en 30 ans pour la réduction accordée aux dons à des œuvres d’intérêt public par exemple ! L’investissement d’entreprise comme la gestion d’un patrimoine privé ont besoin de la durée pour un calcul correct du risque. L’hyperactivité fiscale doit s’apaiser pour que le financement de projets puisse redevenir « normal » en drainant « normalement » l’épargne – selon le mantra d’un récent candidat à la Présidentielle.

3/ L’évasion fiscale fait diversion sur le secret bancaire

L’éthique de secret professionnel des banquiers n’est qu’un outil, et nul ne peut accuser le marteau si l’on se tape sur les doigts. Il est donc – comme la langue d’Ésope – la meilleure et la pire des choses. Les politiciens agitent l’immoralité des fraudeurs particuliers, suivis aveuglément par les médias, tandis que le danger systémique – pourtant le pire – est soigneusement passé sous silence.

Le secret bancaire a son utilité, tous les pays y trouvent intérêt.

Les États en premier, qui peuvent financer ainsi leurs opérations discrètes sur « fonds secrets ». Et pousser leurs champions industriels nationaux, voire signer de gros contrats en « intéressant » les dirigeants – ce qui s’appelle la corruption.

Les partis politiques, qui trouvent à l’extérieur ce que les limitations de la loi interdisent dans le pays pour financer les campagnes électorales et l’agitation idéologique.

Les entreprises internationales, qui peuvent légalement optimiser leur compte d’exploitation selon les principes d’efficacité de la gestion ; mais qui peuvent également créer des coentreprises ou racheter des cibles avec la discrétion nécessaire pour ne pas faire monter les enchères.

Les mafias évidemment, qui blanchissent l’argent sale et financent la corruption.

Les particuliers enfin, qui profitent des circuits, mais n’en sont pas les principaux bénéficiaires. Ils apparaissent, après l’affaire Cahuzac, comme les boucs émissaires commodes de l’incurie des contrôles, de l’impéritie politique et des intérêts croisés – voire des liens incestueux entre politique et finance particulièrement forts en France où les dirigeants sortent en majorité de trois grandes écoles seulement.

Mais l’opacité des transactions dans les territoires souverains empêche tout contrôle des flux et des montants de capitaux engagés. Hedge funds, banquiers d’affaires, capital-risque, sociétés hors bilan, spéculateurs sur les matières premières créent une économie parallèle non régulée qui peut exploser à tout moment.

Qui détient la dette française, ou américaine ? Pour combien ? Qui détient les produits dérivés à effet de levier en cas de baisse ou de hausse des taux ? Qui vend quoi à qui ? Nul ne le sait dans cette « banque de l’ombre ».

Au total, personne n’a vraiment intérêt à voir disparaître le secret bancaire, malgré le danger que représente son opacité et même si les États sont aujourd’hui plus que jamais à la recherche de fonds pour rembourser leurs dettes.

  • Le secret bancaire est une liberté, contre l’État Big Brother, contre l’espionnage du concurrent, la jalousie du voisin, ou les visées de la belle-mère.
  • Le secret bancaire est aussi un risque, comme toute liberté : celui d’une énième bulle de la finance – très grave cette fois car les États n’ont plus les moyens d’y faire face.

L’évasion fiscale doit être combattue mais plus encore le risque systémique.

Pour éviter que le secret serve à l’évasion, il serait nécessaire que les États écoutent un peu mieux leurs contribuables, particuliers comme entreprises, qu’ils mettent fin à l’insécurité fiscale, qu’ils jouent la coordination internationale et qu’ils proposent une porte de sortie honorable, même si l’on ne veut pas user par fausse vertu du mot tabou « d’amnistie ».

Mais pour éviter la banque de l’ombre, seuls des accords internationaux d’interdiction sont possibles. Qui le veut vraiment ?

Au fond, la chasse aux particuliers fraudeurs est un affichage commode qui masque la volonté de ne rien faire de la plupart des politiques…

L’auteur de cette note a passé plusieurs dizaines d’années dans les banques. Il a écrit ‘Les outils de la stratégie boursière‘ (2007) et ‘Gestion de fortune‘ (2009). Il se consacre désormais aux chroniques, à la formation et à l’enseignement dans le supérieur.

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Nature nourricière de Polynésie

Il fait chaud, peu de vent. La nature nous a fourni quantité de fruits délicieux : des mangues depuis décembre, des avocats durant tout un mois, des papayes, des citrons, des bananes, des uru, des fruits de la passion qui sont relayés actuellement par des ramboutans, des mangoustans. Voyez vous-mêmes !

BON APPETIT

Quelques photos de fruits, fleurs et des deux lapins que je garde : Browny dans son umete et Jeannot le dévoreur de plantain (que je cultive pour lui) – si j’arrive à récupérer ces photos perdues sur mon ordi !

JANNOT ET PLANTAIN

Sans titre-1 copierA Paris, le concours général agricole a récompensé les meilleurs produits du Salon de l’Agriculture, dont la vanille de Tahiti avec une médaille d’or et une médaille d’argent. Bravo Taha’a.

Le vice-président Antony Géros rencontre des investisseurs chinois. La plus grosse société de noni en Chine s’intéresse à la filière locale. La société Si Shah Noni, compte plus de 20 000 employés, elle est installée dans la ville de Sanya. Conclusion (hâtive à mon humble avis) on va relancer le secteur du noni, il faudrait toutefois exporter 200 tonnes par mois. Wait and see !

Le journaliste est allé à la rencontre des cultivateurs de paka (les cannabiculteurs) dans la province Nord de la Nouvelle-Calédonie. Le petit producteur cultiverait 1000 pieds par an sur plusieurs parcelles. Chaque pied donnerait 100 g. Cela fait 10 millions l’an ! D’autres ont importé des nouvelles graines de Hollande, cent pieds chacun, chaque pied c’est 300 g d’herbe, chaque gramme c’est 250 francs, cela doit faire 5 millions par an, enfin autour de cinq millions ! Les producteurs disent être de gros consommateurs et donnent beaucoup à ceux qui ne peuvent pas planter dans leurs tribus. En 2012, les gendarmes ont arraché 29 977 pieds de cannabis.

En Polynésie française, le régime des prix et des marges est organisé par l’arrêté n°… : les PPN (Produits de Première Nécessité) exonérés de TVA et de la plupart des droits et taxes, les PGC (Produits de Grande Consommation) dont la marge est limitée et enfin des produits libres, non visés par la réglementation. Ces PPN et PGC reçoivent une étiquette de couleur pour les différencier. En cette période préélectorale, le gouvernement fait « des cadeaux » aux consommateurs. Par exemple aux PPN on a rajouté gigots congelés, entrecôtes congelées, légumes en conserve sauf au vinaigre (sauf les petits pois extra-fins !), les pétales de maïs grillés nature (on est obèse ici alors pas de sucre en plus !), les légumes produits localement (mais pas les tomates cerise !), des lessives en poudre (sauf les tablettes) ; certains engrais. Pour les PGC, on rajoute certaines pièces automobiles, le soyu (sauce soja), les steaks hachés surgelés ou congelés. Tous ces « cadeaux » devraient engendrer un manque à gagner supplémentaire de 408,8 millions de CFP et une dépense pour le fret de 55,4 millions de CFP. Mais si l’on veut gagner les élections …

Alors les Parigots, il paraît que vous avez eu l’occasion de goûter au uru ou fruit de l’arbre à pain, dégustation offerte par la Délégation de la Polynésie française ? Désolée, pour vous autres les Provinciaux ! D’après ce que je lis dans la Dépêche, l’uru vous a été présenté sous diverses formes culinaires : Uru punu puatoro  traditionnel, palet d’uru au foie gras, brochettes sucrées d’uru. Cet aliment est nutritif, riche en hydrates de carbone, vitamines C, PP, B1, B2 et 200g d’uru (255 kcal), fournissent autant de calories que 100 g de pain blanc, deux fois plus de calcium et autant de phosphore. Cette année, notre pied d’uru nous a fourni plusieurs dizaines de kilos d’uru. Merci à lui.

Portez-vous bien.

Hiata de Tahiti

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Élections territoriales à Tahiti

Les atolls éloignés qui ne disposent pas d’aéroport reçoivent bulletins et professions de foi par largage grâce aux avions de l’État, à charge pour les employés de la mairie d’aller quérir le cylindre avec leur poti marara (petit bateau). L’armée a largué ce matériel à Rapa (Iles Australes) via le Gardian, et les atolls de Hereheretue (47 électeurs) et Tematangi (37 électeurs) dans les atolls des Tuamotu l’ont reçu grâce à un Casa de l’armée. « Nous disposons de 2 cylindres pour chacune des communes expliquait le Lieutenant J.L. Le premier cylindre est envoyé avec un système de parachute afin qu’il amerrisse près des passes, où attendent des personnes envoyées par la mairie pour les récupérer. Si jamais le premier envoi échoue pour une raison technique, un second cylindre de secours est déjà prêt ». Les « colis » ont été au préalable préparés par les services du Haut-commissariat en Polynésie.

trois vahines seins nus plage

Le scrutin mode Penchard s’est déroulé le dimanche 21 avril 2013 et les résultats partiels et provisoires des premier puis deuxième tour sont :

Section 1 iles du vent : (Papeete-Pirae-Arue-Moorea-Maiao) Tahoeraa Huiraatira (Flosse autonomiste) = 43,30% et 48,41% ; UPLD (Temaru indépendantiste) = 20,58% et 24,41% ; A TI’A PORINETIA (Rofritsch autonomiste) = 22,09% et 27,17 %.

Section 2 iles du vent : (Mahina, Hitia’a o te Ra, Taiarapu Ouest, Taiarapu Est, Papeari, Mataiea, Papara, Paea) Flosse 42,92% et 48,13 % ; Temaru 23,29% et 30,14% ; Rofritsch 14,91% et 21,73%.

Section 3 iles du vent : (Faa’a-Punaauia) Flosse 34,38% et 37,98% ; Temaru 29,37% et 35.03% ; Rofritsch 24,02% et 26.00%.

Section 4 iles sous le vent : Flosse 30,53% et 35.20% ; Temaru 25,27% et 29.31% ; Rofritsch 28,55%  et 35.49%.

Section 5 tuamotu ouest : Flosse 42,41% et 51.37% ; Temaru 23,38% et 30.36% ; Rofritsch 10,34% et 18.27%.

Section 6 tuamotu est : Flosse 54,36% et 60.36% ; Temaru 16,68% et 21.16% ; Rofritsch 12,5%  et 18.48%.

Section 7 marquises : Flosse 40,93% et 44.56% ; Temanu 25,65% et 29.50% ; Rofritsch 15,27% et 25.94%.

Section 8 australes : Flosse 52,61% et 58.86% ; Temaru 28,98% et 31.32% ; Rofritsch 7,98% et 9.82%.

Au premier tour, personne n’ayant eu majorité absolue, le second tour s’est avéré indispensable pour élire les 57 membres de l’Assemblée de Polynésie qui à leur tour éliront le Président « du gouvernement de » la Polynésie française et NON le Président « de » la Polynésie française !

Entre les deux tours, c’est la guerre et grâce au Net, on s’insulte, on se gausse de l’autre dans des termes. A la télévision c’est parau parau (parler, dire). « Parole, parole, parole !… » chantait Dalida. Ici c’est parau, parau (prononcez prau prau, et n’oubliez pas de rouler le r).

Ce dernier samedi, les trois partis présents au second tour se sont baladés en voiture avec drapeaux orange, bleu et jaune autour de l’île avec renfort de musique boum boum !

La Dépêche titre « La prouesse de Flosse ». L’Assemblée de Polynésie est orange à une large majorité. Flosse va récupérer le fauteuil de président du gouvernement, ce sera « comme au bon vieux temps ». Wait and see !

Hiata de Tahiti

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Tahiti violent

On avait perdu la trace d’Oscar Tane. Rentré en secret samedi matin alors qu’on l’attendait le lendemain, Oscar Temaru joue les perce-murailles. Il était à New York pour la réinscription. Il n’a pas communiqué mais aurait parlé devant les pays non alignés de l’ONU, conglomérat de pays, de micro états errant entre dictatures et guerres civiles pour la plupart et dont le secrétaire est Mahmoun Ahmadinejad président iranien… Oscar Tane qui idéalise ses faits, ses manifestations, ses séjours en prison dans des excès de « Nelson Mandelisme » comme l’écrit le journaliste ! « J’ai été menacé, jeté en prison, traité comme un terroriste, et j’ai risqué ma vie en bien de occasions ».

Comment en modifiant les statuts de la Sofidep (Société de financement du développement de la Polynésie française) le gouvernement Temaru entre dans le capital d’une société sino-polynésienne ! Cette société avait été créée le 24 novembre 1999 pour permettre de renforcer les fonds propres et les quasi-fonds propres des PME locales. Depuis sa création 365 projets pour un montant total de 3 milliards de CFP avaient été financés. 40 millions CFP vont entrer dans le capital de la Tahiti Nui Jigmin Ocean Farm, ce montant aurait permis d’accompagner 7 entreprises à se constituer ou à se développer. Il faudrait s’attendre à des conséquences inattendues sur l’économie locale car ce changement de statut décidé dans l’urgence et dans le seul but de procéder au montage de la société sino-polynésienne laissera des traces !

gendarmerie

Tout le monde réclame, tout le monde manifeste. Les prisonnières ont fait parvenir un courrier anonyme aux médias pour réclamer de meilleures conditions. Ici, en Polynésie on est proche des élections territoriales alors tout est bon pour faire parler de soi. Les termes employés ressemblent à des procédures. Ce seraient les longues peines qui « réclameraient la fermeture de la prison. » Elles parlent de cent-pieds, de rats et de cafards. Les cafards sont légion ici même dans les maisons bien entretenues, les cent pieds s’abritent souvent dans les maisons propres et confortables, pas seulement à la prison. Les gardiens constataient que les Polynésiens n’étaient pas procéduriers, mais que certains tendent à le devenir. Ces dames ont été condamnées récemment à de longues peines et réclament des peines aménagées ! Or l’aménagement de peine est une préparation à la sortie. « Vous qui êtes pourtant le pays des Droits de l’homme ! La détention stricte à domicile est une solution possible, comme la détention au Centre des peines aménagées. »

Les chiffres de l’année 2012 avec 13 376 crimes et délits constatés enregistrent une baisse par rapport à 2011 de moins 1,20%. Phénomène inquiétant pour les autorités, la consommation excessive voire démesurée d’alcool et paka (cannabis). Mais les arnaques sur les sites de petites annonces risquent d’augmenter car ces arnaqueurs jouent sur la crédulité des gens. Les violences à personnes sont toujours en hausse dans un climat d’alcoolisation massive en famille, règlement naturel des conflits accepté encore par la société polynésienne. La route tue deux fois plus qu’en métropole : 36 personnes tuées sur la route en 2012, surtout des conducteurs de deux-roues, alcool et vitesse étant les principales causes. Sur les 36 tués, 32 sont des hommes et 12 ont moins de 25 ans. Les priorités de la Police et de la Gendarmerie : paka (cannabis), sécurité routière et violences familiales. 65 413 pieds de paka ont été arrachés par la gendarmerie en 2012 pour une valeur à la revente estimée à 1,6 milliards CFP.

boxe gamins

Il y a quelques jours à Papara une rixe entre connaissances a fait un mort après une soirée de jeux clandestins et bien arrosée. Le cogneur est un boxeur bien connu dans le monde du sport pugiliste. Les spectateurs du combat ne sont pas intervenus. Le médecin légiste avouera « c’est comme si une locomotive l’avait percuté. Toutes les côtes étaient cassées, même le sternum, la boîte crânienne enfoncée ». Après cette sauvage agression, l’auteur est allé passer ses nerfs sur la voiture de sa victime. Quelques jours après, La Dépêche relate que trois touristes se sont fait tabasser.

Que de violence, que de violence… Peut-être le président du gouvernement de la Polynésie française devrait-il être plus nuancé dans ses propos haineux vis-à-vis des autres peuples de la planète qui ne sont pas des Ma’ohi ?

Hiata de Tahiti

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La terre ne ment pas, sauf à Tahiti

Dans les années 1970-1980, Nauru était un paradis prospère grâce à l’exploitation du phosphate, mais connaît depuis une grave crise économique. Une petite parenthèse, Nauru est l’un des trois États du Pacifique à avoir porté à l’ONU la demande d’indépendance de la Polynésie française. Je lis que François Hollande a réitéré « l’engagement de la France dans la lutte contre les conséquences du changement climatique à Nauru ». Nauru, moins de 10 000 habitants, est passé d’une situation florissante (1970-80) en raison de l’exploitation du phosphate par des compagnies étrangères, à l’état de quasi-faillite au début des années 2000. Nauru a tenté aussi l’expérience du paradis fiscal. Nauru reçoit depuis de substantiels revenus (parfois un cinquième de son PIB) de Canberra (Australie) pour abriter un camp de boat people interceptés au large des côtes nord-occidentales australiennes.

nauru carte

Mais si t’as pas de boulot y a des concours comme par exemple celui de la gendarmerie ? 634 inscrit en 2012, 739 cette année. Licenciés en biologie, bacheliers, ces jeunes mettent tout leur espoir de travail dans les concours. Les plus courageux les essaient tous. Courage ! Et bravo car en 2012, les Polynésiens étaient 10% à être admis au concours de sous-officiers de la Gendarmerie !

Les pollueurs seront les payeurs (si on les trouve !). Le ministre annonce en compagnie du substitut du procureur des sanctions pénales contre les pollueurs. « Un signe fort » clame le ministre – mais pour ceux qui connaissent Tahiti… Pour améliorer le cadre de vie, 544 infractions auraient été traitées en 2012. Vouai ! Certains industriels seraient dans le collimateur. Et où déverse-t-on la pompe à m…. ? On creuse un trou dans la vallée de la Punaruu, le camion y déverse son chargement, quand le trou est plein on rebouche et on recreuse un autre trou à côté. Il paraît que l’autorisation date de 1973, alors ?

Au premier regard sur les Tuamotu, les terres paraissent inhabitées, sans propriétaires. Il n’en est rien. Ce sont souvent, comme partout en Polynésie, des terres indivises. L’organisation foncière Ma’ohi était bien différente de celle qu’imposèrent les autorités françaises. En 1887, les propriétaires polynésiens ont dû déclarer leur droit, s’inscrire dans des registres contenant les informations sur la terre, les délimitations (tomite). Les Anciens bornaient  leurs terres avec de grosses pierres volcaniques ou de corail (otia). D’un caractère sacré, d’un aspect foncier, ces délimitations de propriétés ne supportaient et ne supportent encore aujourd’hui aucune transgression ou aucun déplacement. Les vieux sont partis mais les pierres demeurent et demeureront encore longtemps. Ce sont pour les géomètres des repères, des références indiscutables toujours utilisées. Elles sont plantées sur les motu, près d’un arbre, près d’un cocotier, les habitants à l’œil exercé les repèrent aisément, nul besoin de plan. On ne transgresse pas les lois édictées par les Anciens. Les coprahculteurs ramassent les cocos dans les parcelles louées mais n’empiètent pas sur le terrain voisin même s’il est à l’abandon et plein de cocos.

tuamotu vue avion

Cela se passe au bout de la presqu’île, à Teahupoo, la vague mythique. Un litige foncier qui remonte à 4 ans, une barrière qui se lève seulement si la famille a payé 30 000 CFP par an. Une cinquantaine de foyers concernés par cette taxe de passage ! Les propriétaires et habitants du fenua Aihere ont bloqué le passage à leur tour le chemin qui mène à ce petit bout de paradis, au bout de la route goudronnée de Teahupoo, au niveau du radier qui traverse la rivière. Alors, afin de mieux faire comprendre aux tenanciers de la barrière le mécontentement des autres riverains, ces habitants frondeurs ont déposé d’énormes rochers au niveau du radier empêchant les empêcheurs de sortir ou d’accéder à leur habitation située au-delà de la rivière. La barrière serait restée ouverte depuis. Fini le peapea (ennuis, incident) ?

Hiata de Tahiti

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Musique à Papeete

Les rues de la capitale Papeete sont devenues musicales. Une animation qui plaît aux locaux et aux touristes qui descendent des bateaux de croisières et c’est g r a t u i t !

ukulele tahiti accords

Le ukulele [prononcer youkoulélé] c’est quoi ? C’est la mandoline polynésienne, inventée à Hawaï, introduite vers les années 1880, une sorte de petite guitare avec 4 cordes. Chère, trop chère, les Tahitiens décident d’en créer une avec une moitié de noix de coco, d’un bout de bois en guise de manche et de 4 fils. Vers les années 50, on sculpte le ukulele dans un morceau de bois de purau, de manguier ou de uru. La partie faciale sonore est recouverte d’un morceau de peau animale en chèvre ou cochon fixé avec des clous. Il devait être bien tendu. Ensuite la peau fut remplacée par du contre- plaqué et du carton.

ukulele tahiti

Le double ukulele arrive. Actuellement, ces instruments sont fabriqués par des menuisiers et des musiciens. Ces musiciens des rues se regroupent en petits orchestres et chaque ensemble joue des chansons locales bien connues ou des musiques contemporaines devant un endroit précis, par exemple devant la Banque de Polynésie sur  le front de mer, au centre Vaima, devant le snack Oasis, près de la Banque de Tahiti. Ces musiciens sont souvent des retraités, ils viennent le plus souvent des îles. Chacun arrive, regarde si « les copains » sont là et alors ils se mettent à jouer. Si les passants donnent des sous, ils remercient. Le seul souci est la pérennité de cette animation. Parfois des bureaux ou commerces râlent. Ils doivent donc décamper. Il faut alors trouver d’autres lieux. Qui se font rares.

Toutes les personnes venues à Tahiti ont au moins une fois mangé sur la Place Vaiete. Le site est apprécié et critiqué ! Le carrelage est dégradé, il y a peu d’animations, l’hygiène, rats dans les jardinières, salle pour faire la vaisselle trop petite, sanitaires fermés trop tôt. Actuellement il y a 22 roulottes installées le soir. Il leur faut débourser 125 000 CFP pour avoir l’autorisation de s’y installer.

place vaiete papeete

Mais trois membres d’une même famille de Moorea viennent d’écoper de 2 et 3 mois de prison avec sursis et 120 et 150 heures de travail d’intérêt général pour nuisances sonores, outrages et menaces sur gendarmes. La mère elle compte tenu « de son insolence qui s’est poursuivie jusque devant le tribunal » a écopé de 4 mois de prison avec sursis et 180 heures de travaux d’intérêt général. « Nous les Ma’ohi, on n’est plus chez nous. On est chez les étrangers. Les gendarmes avec leur tenue, on dirait des Playmobil… »

Réceptionniste dans un hôtel, les touristes sont accueillis par la dame qui leur dit qu’ils n’ont rien à faire ici. Alors, les touristes ou les expatriés, toujours envie de venir à Tahiti chez les Ma’ohi ?

Hiata de Tahiti

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Belles et bêtes à Tahiti

Ouf ! Grâce à la campagne de piégeage des espèces envahissantes à l’entrée des trois vallées Papehue, Maruapo et Tiapa, le Monarque jouit d’une bouffée d’oxygène. Il a beaucoup de prédateurs, le bel oiseau en danger d’extinction. Les merles des Moluques et les bulbuls à ventre rouge, espèces introduites qui attaquent les nids et qui sont également des calamités agricoles car destructeurs de fruits. Ces deux espèces introduites sont classées parmi les 100 espèces les plus envahissantes de la planète et parmi celles menaçant la biodiversité en Polynésie française. Les rats noirs, les busards de Gould, les chèvres, le miconia, le tulipier du Gabon sont les autres prédateurs du Monarque. La population a été mise à contribution. 60 personnes sur 215 ont effectivement participé au piégeage. Pendant 6 mois, ils ont positionné des pièges avec des oiseaux leurres dans les jardins. Ainsi 1500 merles des Moluques et 1200 bulbuls ont été éliminés de ces zones à la grande satisfaction de la Société d’ornithologie de Polynésie et des Monarques ! Le résultat ? Sept nouveaux territoires, 4 nouveaux couples se sont fixés dans les vallées et 8 jeunes s’envolaient durant la période de reproduction.

timbre petrel de tahiti

Le noha (rien à voir avec le tennisman, mais porte l’autre nom de Pseudobulweria rostrada) est un oiseau marin protégé par une règlementation territoriale. L’espèce est considérée « quasi » menacée par l’Union internationale. Les plateaux Temehani Rahi et Temehani Uteute à Raiatea accueillent la population la plus importante de Pétrels de Tahiti et de la Polynésie française. Les actions menées pour la sauvegarde de l’espèce sont le suivi des populations, l’identification des menaces et la protection des nids.

La famille des cypraeidae, les porcelaines, (pas celles de Limoges), sont magnifiques, elles sont connues également sous les noms cauri (ou cowry). Les eaux polynésiennes en regorgent. Leurs coquilles sont brillantes. Elles ont un aspect lisse qui attire l’œil. Dans les Tuamotu elles sont utilisées pour confectionner de magnifiques parures, des colliers ; les pêcheurs confectionnent des leurres à poulpe ; on pouvait les utiliser pour remplacer l’économe (le couteau éplucheur) et ôter ainsi la peau épaisse du fruit de l’arbre à pain. Ce sont des animaux nocturnes, herbivores. Ce sont les mamas qui les ramassent sur le récif à marée basse, cachées dans les anfractuosités des coraux. Aux Tuamotu, on les consomme encore aujourd’hui, crus ou cuits, marinées dans le citron ou cuites agrémentées de lait de coco.

porcelaine cypraeidae

A Moorea et à Tahiti, le Criobe, alerté par des plongeurs est en mission. Dans certain cas, on a observé 50 vanas (oursins) morts pour un vivant. Il s’agit des oursins de la famille des diadema (oursin noir ou marron aux longues épines). Deux hypothèses envisagées à ce jour : une cause naturelle provoquée par un changement de paramètres physiques, chimiques, par un changement de la température de l’eau ou du taux de salinité – ou une cause humaine ayant entraîné une forte pollution des eaux. Le site de Temae à Moorea est le plus touché par cette mortalité, inexpliquée à ce jour.

Il était une petite fourmi qui met le « feu » à Mahina. Wasmannia auropunctata ou petite fourmi de feu, invasive, a largement proliféré à Tahiti et particulièrement sur les hauteurs de Mahina. La bestiole est originaire d’Amazonie, elle est présente sur le territoire depuis 2004. Elle est classée parmi les 10 plus néfastes au monde. Elle a plus que triplé son territoire entre 2005 et 2009, et a officiellement contaminé 650 hectares à ce jour. Elle possède la particularité d’occasionner des piqûres très douloureuses et de rendre aveugles chiens et chats. Mais plus de sous dans la cassette alors depuis 2009. On attend, quoi ? Sûrement l’indépendance ! La commune est mise en quarantaine pour ce qui concerne l’évacuation de ses encombrants et de ses déchets verts s’ils ne sont pas traités. Pour le moment, la municipalité accumule encombrants et déchets verts sur le site du futur cimetière d’Orofara, en attendant mieux.

fourmi auropunctata

La Polynésie s’enorgueillit de posséder les stocks sauvages de bénitiers les plus denses au monde [rien à voir avec l’église]. La production actuelle s’écoule sur le marché local. Un développement du marché international pourrait être profitable, consommation et aquariophilie. Encore faudrait-il évaluer les perspectives le plus rigoureusement avant de se lancer. Un développement pour la chair, séchée, fumée, ou encore vivant pour le marché de l’aquariophilie. Évaluez, évaluez ! L’Asie, les États-Unis et l’Europe attendent les conclusions d’une étude qui devraient sortir en juin.

Hiata de Tahiti

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Végétaux de Tahiti

C’est une équipe de TF1, actuellement sur le territoire, qui réalise un magazine. Un rappel : le monoï Tahiti est le produit obtenu par la macération de fleurs de tiare dans l’huile de coprah raffinée, extraite des noix de coco récoltées dans l’aire géographique de Polynésie au stade de noix mûres, sur des sols d’origine corallienne. Ces noix doivent provenir du cocotier « Cocos nucifera » et les fleurs de tiare de l’espèce végétale « Gardenia tahitensis » d’origine polynésienne récoltées au stade de bouton. Le reportage devrait passer sur TF1 durant l’été.

tiare fleur de tahiti

Les cocoteraies foutent le camp des atolls. Alors on essaie de faire germer les idées dans la capitale ! Les cocoteraies sont vieillissantes. Ben il faudrait d’abord replanter des cocotiers, non ? On a envoyé des « huiles » pour étudier le problème sur place et attendu leur rapport en haut lieu. Tout d’abord il faudrait replanter sans délai des cocotiers si possible plus productifs MAIS l’augmentation de la production de coprah génèrera une augmentation de la subvention du pays. Un cercle vicieux. En se grattant les méninges on pourrait dire avec l’huile brute faire un biocarburant pour les engins communaux, production d’électricité sur centrale existante, garder un volume suffisant pour l’export (monoï), valoriser la bourre de coco comme compost ou substrat de culture ; dans l’alimentaire son utilisation dans les cantines des écoles, la restauration, l’hôtellerie ; le bois pour la construction, le mobilier ; la coque pour le séchage du coprah, l’artisanat ; la fabrication de nouvelles boissons à base d’eau ou lait de coco ; des produits cosmétiques ; du « lamellé-collé » au bois de cocotier.

Cocos nucifera

La dégradation et la cueillette demeurent la principale cause de la diminution des plants de Tiare Apetahi (Apetahia raiateensis) sur le plateau du Temehani à Raiatea. Le ministre a annoncé que des pièges photographiques seront placés sur le site pour sanctionner les contrevenants. En l’espace de 10 ans, on est passé de 3000 plants de Tiare Apetahi en 1995 à 260 en 2005. Des essais pour la multiplication à partir des graines ont été mis en place.

A la mi-saison des pluies on constate des précipitations « excédentaires » de 50% sur la Société. Pour janvier et février 970,6mm relevés à Bora Bora ; 992,6mm à Faa’a. Du premier décembre 2012 au 31 janvier 2013, les cumuls de précipitation faits par Météo France sont compris entre 271,1mm à Rikitea (Gambier) et 992,6mm à Faa’a (Tahiti). Seules les précipitations sur la Société sont nettement excédentaires, supérieures à 50%. Durant ces 62 jours, Faa’a a connu 40 jours de pluie et Bora Bora 48 jours soit respectivement 13 et 15 jours de plus que la normale. Du 16 au 18 décembre les précipitations ont été particulièrement fortes sur les côtes nord et est de l’île, un déluge de trois jours. En 72 heures, des cumuls de 300 mm à Faa’a à plus de 450 mm vers Pirae causent inondations et éboulements.

L’herbe, ça rapporte. C’est le Prorosident qui l’a dit ! On pourrait vendre du paka (cannabis) aux touristes, mais seulement aux touristes pour renflouer les caisses de la CPS (SS tahitienne). Mais, car il y a un mais, la Gendarmerie et la Justice n’auraient pas pu adhérer au projet ! La gendarmerie a découvert récemment 1500 plants de cannabis au domicile d’un couple, du matériel destiné à cette culture illicite, 1,5 million CFP en liquide, des appareils électroménagers neufs, une production quasi industrielle de paka. A la presqu’ile itou ! Ce sera 520 plants à Teahupoo et 295 plants et 205 plants à Vairao. Et ça rapporte bien, 5 millions pour l’un en 2012.

Hiata de Tahiti

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Traditions encore de Tahiti

Le traditionnel tour de l’île de Tahiti s’est déroulé dans les premiers jours de janvier. Orchestré par les associations culturelles de l’île, un village est choisi pour représenter un district. Pour les habitants, chaque tere leur permet de redécouvrir leur île et s’arrête sur les sites légendaires ou historiques. Autrefois c’était à pied et dans un secteur donné que se déroulait cette coutume, puis à cheval jusqu’en 1974, et maintenant en voitures plus ou moins bien décorées avec dans les bennes des glacières et des jeunes qui font hurler la musique. Les motos sont interdites dans le cortège par peur des accidents et sont regroupées en fin de défilé. La brigade de gendarmerie, les mutoi (policiers municipaux) encadrent la procession. Les pompiers vont en tête et l’ambulance ferme le cortège. Certains parcours ont déçu les touristes et habitants par manque d’intérêt culturel avec trop peu d’arrêts et des histoires banales alors que ce parcours serait riche en vestiges du passé. Bah ! Tout fout le camp ! Buffet ouvert à tous à la mairie de chaque village et concours de porteur de pierre. Les visiteurs déçus auraient-ils trop attendu de la mise en valeur de la culture ?

tiare tahiti

Au jardin botanique Harrison Smith, inauguration d’un conservatoire du tiare. Le tiare est l’emblème de la Polynésie française. Ce conservatoire sera situé à proximité de l’enclos des tortues. Sur les 6 variétés de tiare répertoriées, 5 sont plantées au jardin botanique : le tiare Tahitenses, le tiare Brighamii (aux fleurs plus courtes avec des pétales plus larges), le tiare Moorea, le tiare Wallis et le tiare Hawaï. La sixième variété, le célèbre tiare Apetahi, est une espèce endémique qui ne pousse que sur le mont Temehani à Raiatea. Par an, 80 millions de fleurs de tiare provenant de Tahiti et Moorea sont commercialisées dont 5 millions entrent dans la composition du « Monoï de Tahiti ».

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Les habitudes alimentaires avaient changé avec les produits importés même dans les atolls des Tuamotu. La crise s’éternise et on revient aux habitudes ancestrales. Si les ancêtres consommaient les poissons, c’est maintenant « cuisses poulet » et « entrecôte-frites » qui composent l’alimentation des atolls même les plus éloignés. Les parcs à poissons abandonnés, on en reconstruit de nouveaux. On reconstruit à l’ancienne ces pièges au pied des motu, de forme ancestrale en espérant que beaucoup de prises viendront s’y loger. Il n’y aura plus qu’à ces heureux propriétaires à collecter leurs prises et les mettre sur les goélettes direction la capitale Papeete. Heureux îliens !

Hiata de Tahiti

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Faits divers à Tahiti

Le mari violent tue son voisin de 73 ans. A Faa’a, encore ! Une grosse dispute conjugale tourne au drame. Des voisins excédés par le bruit, les menaces, les cris, habitant à une trentaine de mètres de la scène de ménage se sont approchés et l’homme de 73 ans a voulu s’interposer. Mal lui en a pris, le mari violent, enseignant de profession, armé de son coupe-coupe s’est rué sur le vieil homme et lui a asséné un coup terrible au niveau de la tête. La femme du papy venue à son secours a été blessée à une main ; le beau-fils du couple de retraités a tenté de désarmer le forcené a lui aussi été blessé… Le papy est décédé et l’agresseur est en prison.

Autre cas, un homme de 63 ans, victime de cambriolages en série, est racketté et menacé de mort chez lui. Il est inquiet, on le serait à moins. La police enquêterait mais n’aurait toujours pas de piste, mais… Il n’a que 15 ans. C’est lui pourtant qui cambriolait son voisin sexagénaire, qui le rackettait et le menaçait de mort. L’affaire racontée dans La Dépêche a permis à la police de mettre la main sur ce petit caïd, déjà connu de leurs services.

gendarme farani

Polynésie première nous a diffusé le dernier documentaire de Jacques Navarro-Rovira. Durant près d’un an le réalisateur plusieurs fois primé au Fifo a suivi les hommes et les femmes de la Brigade territoriale des Tuamotu Centre (BTTO) lors de leurs missions dans sept atolls parmi les plus isolés. 52 minutes de plaisir et de découverte.

Un gendarme annonce qu’il est le même dans le 77 (Seine et Marne) et à Takaroa aux Tuamotu. Le quotidien de ces huit gendarmes, 4 métropolitains et 4 Polynésiens dont deux femmes est d’être tour à tour gendarme, notaire, huissier, examinateur du permis de conduire, assistante sociale, psychologue, voire pasteur sur ces atolls où les problèmes existent et où les lois de la République semblent inappropriées. Des scènes cocasses où l’examinateur doit faire passer le permis de conduire alors qu’il n’y a qu’une seule voiture sur l’atoll et inutilisable depuis plusieurs années. Sur un autre atoll, comment passer d’une route départementale sur une autoroute alors que l’atoll n’a qu’une route de corail et une voiture qui peine à rouler.

Un autre  gendarme reçoit un habitant venu porter plainte pour le vol de paka (cannabis) dans son champ ! Cette soirée où les gendarmes détruisent paka et bulletins de vote en même temps, tout en devisant. Une scène, la scène-clé du documentaire, la plus tendue, où un déséquilibré circulant à vélo et portant le drapeau des Indépendantistes menace les gendarmes. Le lendemain, après discussion il acceptera de recevoir une piqûre de calmant.

rapt vahine

Une scène marquante pour moi : la gendarme interroge un homme jeune soupçonné d’inceste. La sœur, élève en 4ème au collège, a porté plainte contre lui. L’officier de police tente de lui faire avouer, tirant mot après mot, ce qu’il a fait en employant des termes simples. L’audition est éprouvante pour la gendarme, mais l’adolescent finira par avouer. Pourquoi fais-tu cela à tes sœurs ? Fais l’amour avec ta petite amie. – J’ai pas de petite amie…

La Polynésie très loin des clichés pour touristes ! Si vous avez un jour l’occasion, visionnez Makatea, Marquisien mon frère, ou La compagnie des Archipels.

Hiata de Tahiti

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Déboires techniques à Tahiti

Explosion et incendie sur un vol d’Air Tahiti, une grosse frayeur. Le moteur de l’avion en partance pour l’île de Raiatea a pris feu au décollage de l’aéroport de Tahiti-Faa’a. En urgence, le pilote a coupé le moteur et fait demi-tour. Un incident majeur qui bouleverserait les plans de vols de la compagnie… Rien ne va plus à Air Tahiti. Pannes, incidents à répétition. C’est la faute à Pas de Chance ? Plusieurs incidents, dont deux graves en 14 mois. Alors, loi des séries ? défauts de construction ? défauts de maintenance ? sur les ATR 72 de la flotte locale, mais aussi pannes à répétition sur le Twin Otter desservant Ua Pou aux Marquises. Peut-être encore une histoire de tupapau ?

Air Tahiti Nui

D’abord l’incendie, ensuite le vol de cuivre sur le câble à Hawaï, pépins successifs confirmés par Hawaiian Telecom. C’est qu’ici au milieu de nulle part ce fameux câble nous arrive d’Hawaï. Ce serait un SDF qui aurait volé le câble en cuivre, may be pour le revendre aux Chinois ?

gamin testant ses muscles

« Une arrivée digne de vidéo-gag » titrait  la Dépêche de Tahiti en contant le retour des internes originaires de Rapa au collège de Tubuai (Australes). Les élèves au retour des vacances scolaires (mi-décembre, mi-janvier) dans  leur île lointaine après une nuit passé à bord du bateau administratif Tahiti Nui, et avec plusieurs heures de retard ont pu enfin mettre pied à terre. Les enfants quittent le Tahiti Nui qui peut entrer dans le lagon mais n’arrive pas jusqu’à l’épi et montent à bord d’une des baleinières, la seconde étant hors service. Mais, le moteur de la baleinière est tombé en panne à mi-chemin entre le Tahiti Nui et la rive.

Il n’y avait pas de rames sur la baleinière. Les hommes d’équipage ont emprunté celle (une seule !) d’un jeune pratiquant le vaa (pirogue polynésienne) pour pagayer chacun leur tour et tenter de guider l’embarcation jusqu’à bon port ! Les marins, à petits coups de rame, ont amené la baleinière sur le récif et l’ont faite passer tant bien que mal, puis ils l’ont tirée à la nage jusqu’à la plage, enfin au petit quai. Les jeunes étaient épuisés, somnolents, affamés et ont finalement rejoint le collège dans le truck qui était venu les attendre la veille au soir. Il est fort possible que le travail scolaire de ce lundi matin n’a guère été à la hauteur des espérances ! Imaginez la vie de ses petits pensionnaires de 11 ou 12 ans séparés de leur famille pendant un trimestre et qui ne retournent pas volontiers au collège.

Au fait, c’était qui le ou les responsables de cette farce ? Hein ? Je n’entends pas bien ! Oui, oui, c’est la faute au popaa qui a construit la baleinière et à celui qui a construit le moteur de celle-ci. Bravo ! Il faudra bientôt remplacer popaa (blanc) par tinito (chinois) puisque tout vient de Chine.

Hiata de Tahiti

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Autour de Tahiti

Rapa Nui est tentée par l’indépendance… comme Tahiti ! L’île menace de déclarer son indépendance vis-à-vis du Chili et de déposer un recours devant la Cour Internationale de justice de La Haye contre Santiago. Les Rapa Nui (1500 personnes sur les 5000 habitants) souhaitent freiner le tourisme de masse (65 000 visiteurs débarquent chaque année), contrôler l’immigration croissante des Chiliens venus du continent, obtenir des investissements dans la santé, l’éducation et le commerce. « Nous pourrions demander notre rattachement à la Polynésie, plus proche, puisque le Chili n’a pas rempli ses obligations ». Faudrait consulter Oscar Tane, spécialiste pour l’ONU.

Rapa-Nui film

Oscar Tane est en Amérique, à New York, à l’ONU, pour réclamer l’indépendance du peuple Maori et de son territoire. « Ce peuple qui se bat avec des lances de bois contre des armes à feu », qui réclame à cor et à cris l’indépendance mais – car il y a un mais ! – avec les gros sous de la France, cette puissance étrangère qui étouffe le peuple Maohi. Au fait le ministre popaa de l’outremer Victorin Lurel est arrivé le 20 janvier à Papeete et Oscar Tane n’est pas entré au fenua. Vous avez dit bizarre ? Non, c’est normal !

Victorin Lurel, ministre des Outremers n’a passé qu’une seule journée en Polynésie française, à cause du décès de sa mère. Mais le Père Noël a déposé plein de cadeaux en janvier ! Des milliards, des emplois d’avenir comme en France alors que le statut d’autonomie de Tahiti ne le permettrait pas, des contrats de projets, la défiscalisation, et même l’ouverture des robinets de 3 milliards pour le RSPF (Régime de solidarité de la P.F.). Un grand absent Temaru « parti à New-York pour rien ». Et le sénateur indépendantiste lui aussi en mission d’accompagnement auprès d’Oscar Temaru. Les élections territoriales sont fixées pour les 21 avril et 5 mai prochains. A quand le référendum pour l’indépendance ? Qui aurait peur de ce référendum ?

L’art de plumer les pigeons européens : c’est le Prosident  qui l’affirme, il faut que les Popa’a casquent et principalement les Farani : « la France nous doit ». Maintenant il existe des séminaires destinés aux maires et aux ministres pour apprendre comment mieux capter les financements de l’Union Européenne. Car si ici on est Maohi jusqu’au bout des ongles, il faut apprendre à drainer le maximum de pépètes avec des projets bidons  et là on peut espérer aussi le Nobel des mensonges !

makatea carte

Projet d’exploration des gisements de phosphate sur l’île Makatea. L’enquête d’utilité publique préalable à l’institution d’un titre minier vient à peine de commencer que déjà des querelles entre les partisans du projet et les opposants se font entendre ! Pour les uns on parle réhabilitation de l’île pour les autres, spoliation des terres. Qui croire quand on sait qu’en Polynésie le mensonge est sport national. L’extraction du phosphate s’est terminée en 1966, elle avait commencé en 1906,  plusieurs projets avancés mais aucun n’a abouti. Et le foncier en Polynésie… il y a 1200 personnes qui revendiquent à la source, certains regroupés en association. La compagnie australienne espère trouver des phosphates et si l’exploration du sous-sol se révélait propice ils l’exploiteraient. Si tout se passe comme prévu, le premier sac de phosphate serait chargé sur un cargo en janvier 2015. A suivre.

Hiata de Tahiti

[Vient de paraître chez Stock « L’homme qui voulut être roi » de Gérard Davet & Fabrice Lhomme, concernant Gaston Flosse et sa connivence avec Jacques Chirac, comme lui il aime « les femmes, les arts premiers, la boisson qui rend gai et la politique »…]

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Chine à Tahiti

Kung hi fat choy : bonne année ! L’année du serpent d’eau pour le nouvel an chinois. Le nouveau consul de Chine à Tahiti a présenté ses vœux aux membres de la Communauté chinoise. Et pourquoi les touristes chinois ne sont toujours pas là ? De la pub pour les Chinois de Chine, un voyage moins cher, et un visa plus facile à obtenir. Les hôtels qui accueilleront les touristes chinois devront faire des efforts pour les prix et la présentation des menus écrits en chinois.

annee du serpent d eau 2013

La Polynésie a importé 16 milliards de marchandises en 2012. La Chine deviendra la première puissance économique mondiale vers 2016. Les pays insulaires du Pacifique représentent un enjeu géopolitique entre la Chine et les États-Unis. Cela permet d’en savoir un peu plus sur l’installation des Chinois à Tahiti.

Le 28 juillet 1865, les premiers Chinois arrivent à Tahiti alors Établissements français de l’Océanie. Ces coolies viennent travailler le coton pour l’Écossais William Stewart à Atimaono (le golf actuel). En 1871, ils sont taxés et immatriculés, 1000 environ, après la « faillite du coton » ils ne seront plus que 300 ou 400 individus.

chinois de tahiti debut 20e

Dans les années 1903/1904, une seconde vague plus importante arrive. Ils seront la souche des Chinois de Tahiti. Numérotés, pas Français, les Chinois nés sur le sol polynésien (1907-1912) seront déclarés Français. Peu avant la Première Guerre mondiale, tout changement de lieu de résidence, voyage dans les îles, retour en Chine est signalé, fiché et enregistré par les autorités.

Dans les années 1920-1930, sur les 30 000 habitants ils sont environ 4000. 1964, le général de Gaulle reconnaît officiellement la Chine communiste. Le 9 juillet 1973, les Chinois de Polynésie sont naturalisés Français. S’il y a changement de nom pour le franciser, la demande de naturalisation est facilitée.

Aujourd’hui les Chinois sont estimés à environ 5% de la population soit environ 10 000 personnes, mais les textes de loi peuvent changer. Prévoyants, les Chinois aisés ont préféré envoyer leur femme accoucher aux États-Unis afin que leur progéniture bénéficie de la double nationalité. On ne sait jamais…

instituts confucius

Bientôt un institut Confucius s’installera à Outumaoro. L’université de Polynésie, par la main de son Président, vient de signer une convention pour ouvrir cet institut dès l’année prochaine. Les enseignants chinois seront envoyés à Tahiti par l’institut de la diplomatie de Pékin. Gratuitement, précise le président de l’UPF.

Hiata de Tahiti

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Transports Tahiti

Le passager d’Air Tahiti a pris du poids. Plus de 5kg en trois ans. C’est Air Tahiti qui annonce la nouvelle. Si tous les sièges n’ont pas été  remplis c’est pour des raisons de poids supporté par l’appareil. C’est à la demande de l’aviation civile qu’Air Tahiti effectue tous les trois ans une campagne de pesée. La dernière a eu lieu en 2010 et a dévoilé une augmentation en moyenne de 5kg par passager. Alors les valises ou les passagers des îles seraient-ils de plus en plus lourds ou les balances se seraient-elles détraquées ?

obese torse nu

Pas d’autoroute ici, une route côtière, et un tout petit tronçon de route à quatre voies, mais déjà 33 morts depuis janvier, 27 sont des hommes dont 10 âgés de  moins de  25 ans. Pour 2012, 263 blessés comptabilisés. L’essentiel des accidents surviennent le vendredi et le samedi entre 15 et 18 heures. L’essentiel des accidents, des tués et des blessés sont enregistrés aux Iles du Vent, à Tahiti et Moorea. Sur les 10 premiers mois de l’année, 7531 dépistages d’alcoolémie ont été effectués, 2700 contrôles positifs et 3438 infractions à la vitesse, et 1107 permis de conduire ont fait l’objet d’une rétention administrative…

A seulement quelques kilomètres de chez moi, l’insolite : les écoliers qui vivent au Fenua aihere (à la presqu’île) sont ramassés le matin par une navette maritime. Les journées commencent à 5 heures du matin, à 5h30 embarquement, le retour au domicile n’interviendra qu’à 17h45 au mieux, la sortie des établissements scolaires arrivant vers 16h30 et le départ de la navette à 17h15. Cette partie de la presqu’île, le Fenua aihere,  n’est pas desservie par une route, le ramassage scolaire ne peut se faire par des bus, c’est Mathilde la navette maritime équipée de deux moteurs de 250 chevaux qui les emmènera jusqu’au quai de Teahupoo où ils embarqueront à bord de bus pour le collège de Taravao, celui du Sacré-Cœur ou le lycée de Taiarapu Nui. Les élèves de l’école primaire seront transportés par bus devant les grilles de l’école. Heureusement la cantinière de l’école primaire prend elle aussi cette navette pour aller travailler et apporte  avec elle le petit déjeuner des enfants, du Milo chaud et des tartines.

collegien mahu

Les élections approchent, alors le gouvernement Temaru ressort un vieux projet des cartons ! Il s’agit  de la création d’une route de la côte 350, dite « des coteaux ». Cette route à deux fois une voie relierait directement la vallée de Tipaerui à Papeete aux hauteurs de Punaauia en passant au-dessus de Faa’a. Oscar Tane avait déjà annoncé le lancement du projet en 2009 avec un démarrage des travaux en 2010 mais depuis, rien n’a été fait. On s’interroge, réalité ou carotte électorale ? Mais les collines de Faa’a et de Punaauia sont beaucoup plus urbanisées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient lorsque le tracé de cette route avait été imaginée.

pluie tahiti

Revers de la médaille, l’alerte orange a duré plusieurs jours sur le fenua : routes inondées, maisons inondées à la Pointe Vénus, éboulements sur la côte Est et dans les îles comme à Huahine. La langue de terre qu’est la pointe Vénus est en effet seulement à quelques mètres au-dessus du niveau de l’océan, l’eau de pluie ne pouvant circuler normalement lors des grosses pluies, elle se répand là où elle peut. On entaille toujours la montagne pour construire de plus en plus haut. La pluie « nettoie » ? Il faut voir l’aspect du Port de Papeete après les pluies. Un tas d’immondices flotte, des cadavres de rats, chiens, chats… On appelle cela « la chasse d’eau », méthode très employée par les Polynésiens : on jette TOUT dans les rivières et la pluie se chargera d’emmener TOUT jusqu’au lagon. Ces déversements d’eau devraient nous protégeaient des cyclones ! J. qui fait bénévolement les relevés de pluviométrie pour la Météo m’annonce qu’il est tombé 730 mm d’eau par m2 durant le mois de décembre En janvier les pluies continuent !

Hiata de Tahiti

[Argoul : un pluviomètre mesure la hauteur de précipitation en millimètres (mm) équivalant au litre d’eau tombé par mètre carré. 720 mm en un mois, c’est beaucoup. Sur le Pays Basque, par exemple, la moyenne des précipitations avoisine les 1500 mm… par an !]

Rectificatif

D’abord je vous présente mes excuses et rectifie  les hauteurs de pluies tombées à Papeari durant l’année 2012.

Les mesures sont faites à la demande de la direction de la Météorologie Nationale, grâce à un pluviomètre et notées par le bénévole. Ces mesures sont exprimées  en mm et représente la hauteur d’eau tombée sur 1m2.

Pour l’année 2012, il est tombé 3105,4 mm d’eau.

Les trois mois les plus arrosés ont été Janvier = 307,1mm ; Mars = 487,2mm ; et Décembre = 720,3 mm.

Les mois les moins arrosés ont été Février = 96,4 mm ; Août = 80,0 mm ; et Septembre = 97,2 mm.

Voilà, la vérité est rétablie ; j’espère que vous pardonnerez à mon  vieux cerveau.

Fa’aitoito ‘e Iaorana!

Hiata de Tahiti

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Tous pêcheurs à Tahiti

Article repris par Medium4You.

Poisson d’eau douce importé d’Amérique du Nord et du Vietnam, faut-il interdire la consommation du panga ? Élevé en masse au Vietnam, la bête est sous les feux de la critique sur Internet. L’autre jour c’était de la part des autorités : « Manger trop de thon, c’est pas bon », donc le panga est le poisson des cantines scolaires et des sociétés de restauration. Le Président Temaru vient de signer une convention avec la société chinoise « Jinghim Invesments » pour un vaste projet d’aquaculture au pays. Pourquoi ne pas le faire avec les propres variétés de poissons d’eau de mer du fenua ? Dans une grande surface de Tahiti vous payerez 995 CFP le kilo de tranches dégelées de panga contre 1395 CFP le kilo de thon blanc. Y’a pas photo ! Et toujours dans le poisson, le gouvernement Temaru interdit la commercialisation du mako ! Ce requin dit mako ou requin-taupe bleu appartient à la même famille que les grands requins blancs. Il est de couleur bleu-nuit sur le dessus et blanc en dessous. Hydrodynamique, sa taille maximale est de 4 m quand même.

panga

Aux Tuamotu, à Anaa chaque jardin avait un cocotier qui était destiné à recevoir les queues des poissons que le pêcheur clouait à son retour. On exposait ses trophées pour informer ainsi le reste de la population. Les ancêtres remerciaient de cette façon dame Nature. Ce sont les queues des poissons du large qui sont clouées, les grosses prises, pas les poissons du lagon. Il faut respecter un sens : on les cloue par rapport à la mer et au lever du soleil, jamais du côté du tombant du soleil. Toujours vers l’Est ! Et si, en période d’abondance « matarii ni’a » on a pris beaucoup de poissons, la coutume veut que ces prises soient partagées avec la famille et les amis. Quand le pêcheur monte sur son bateau et arrive au lieu de pêche, il prie Dieu. Ne pas partir pêcher si l’on s’est disputé ! Pour la pêche à la tortue, les rituels étaient encore plus stricts et nombreux. Il ne fallait pas avoir de rapport sexuel la veille, pas de dispute, faire attention au matériel de pêche, pas de bruit dans la maison, personne ne devait enjamber le matériel. Au retour à la maison, il fallait enterrer les restes des prises dans le sable, les poissons comme les tortues, ne jamais les jeter à la mer. Autrefois on clouait la tête de la tortue les yeux face au lagon. Si l’on faisait ça, on était sûr d’en avoir tous les jours. Les jeunes d’aujourd’hui « oublient » ou n’ont cure de ces superstitions.

Un deuxième evoxymetopon poeyi a été péché au large de Tetiaroa. Et de deux ! La bestiole mesure 2m10 pour 5 kg, capturée à 190 m de profondeur. Et si l’on faisait un recensement de cette espèce dans les eaux polynésiennes, ça vaudrait peut-être un autre « prêt » en euros, non ?

troca coquillage

13 ans après la dernière campagne la pêche au troca a été rouverte à Hao durant le mois de novembre. Les quotas ? 192 kg par travailleur, payé 300 CFP le kilo. A la fin du mois on peut espérer une rémunération de 57600 CFP. La nacre extraite de ces coquilles servira à fabriquer des boutons. Les hommes plongent, les femmes nettoient. Le résultat devra être parfait, coquille vide, sans odeur, nettoyée.

Les Maoris de Nouvelle-Zélande luttent pour sauver l’anguille géante, espèce menacée d’extinction. Anguilla dieffenbachii est la plus grosse anguille d’eau douce du monde. Elle peut atteindre 2 m de long, peser 20 kg et vivre plus de 100 ans. Autrefois prospère dans les lacs et les rivières, elle est aujourd’hui au bord de l’extinction. Si cette anguille est un géant si fragile c’est qu’elle n’atteint sa maturité sexuelle qu’après des décennies de croissance. Les plus chanceuses quittent alors les lacs et les rivières, gagnent l’océan et parcourent des milliers de kilomètres pour se reproduire une seule et unique fois dans les profondeurs du Pacifique et y mourir.

anguilla dieffenbachii

La Living Oceans Foundation termine ses recherches aux Tuamotu et à la Société.  Alors docteur, quelles nouvelles ? Des différences notables entre les deux archipels. Beaucoup des récifs autour des îles de la Société ont été endommagés par l’étoile de mer épineuse, Acanthaster Planci ou dévoreuse de corail, dite Teramea tandis que ceux des Tuamotu sont en bonne santé en général. Les récifs des Tuamotu contenaient une plus grande diversité d’espèces de corail, plus âgées et plus grandes que celles trouvées dans les Iles de la Société.

Hiata de Tahiti

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Massacre à Tahiti

Sur l’île Kangourou en Australie, les otaries à fourrure, espèce protégée, massacrent les manchots pygmées, autre espèce protégée en voie de disparition. Un drame pour la biodiversité. Le manchot pygmée, le plus petit manchot du monde, 25 cm de haut pour un poids d’un kilo est une attraction phare du tourisme local. Les autorités australiennes affirment avoir perdu le contrôle de la situation !

manchot pygmee

Officiellement la viande de chien, comme la viande de chat, est interdite à la consommation par une loi de 1959, au titre de « viandes répugnantes ». Les autorités ne font pas appliquer la loi. Il paraît que l’on peut trouver du « ma’a spécial » un peu partout. « On n’utilise pas de chiens de race, seulement des bâtards » – dit-on. La coutume de manger la viande de chien a été importée d’Extrême-Orient, elle n’est pas vernaculaire. L’animal est le plus souvent mis à mort d’une façon abominable, au prétexte de la superstition qui veut que « l’adrénaline rend la viande meilleure ». En réalité, c’est l’inverse, ça la rend toxique, malheureusement pas assez vite. Le chien souffre donc le plus longtemps possible avant d’être achevé, pendu avec tous les os brisés, noyé très lentement, etc. La justice de Polynésie est active et féroce sur les rares cas de flagrant délit de contrebande de viande de tortue, mais elle est laxiste pour tout ce qui concerne la défense des chiens pour lesquels les cas sont quotidiens.

chiens elevage

Il manque 70 tonnes de miel au fenua. La production actuelle de miel oscille entre 70 et 90 tonnes pour une demande locale estimée entre 140 et 160 tonnes, le déficit est important. Peut-être pourrait-on en parler au gouvernement en place…

Les fortes pluies sont cause de bien des maux comme les éboulements, les inondations, la leptospirose dont on signale trois cas à Moorea dont un mortel. Les rappels à l’ordre pour une plus grande prudence en ces temps ont beau être diffusés par voie de presse écrite ou orale, rien n’y fait ! Il s’agit d’une bactérie qui provient presque exclusivement des urines d’origine animale (porcs, rats, chiens, chats). Avec seulement  une petite plaie aux pieds, aux jambes ou aux mains on peut attraper le leptospire et être contaminé. La maladie est polyviscérale, touche de nombreux organes vitaux, et peut les rendre défaillants tels les reins, les poumons, le cœur…

N

Christchurch la deuxième ville de Nouvelle Zélande avait été touchée par un séisme de magnitude 6,3, inaugurera sa cathédrale en carton dans quatre mois. C’est l’architecte nippon Shigeru Ban qui a été chargé de la construction de cet édifice qui sera bâti avec des tubes de cartons étanchéifiés et ignifugés de 600 millimètres de diamètre et pourra accueillir 700 fidèles. La reconstruction d’une église traditionnelle ne sera édifiée que dans une dizaine d’années. Le nom de l’architecte vous est inconnu ? Non, c’est lui qui a conçu avec le Français Jean de Gastines le Centre Pompidou de Metz.

Une plaque près de la Barrière de corail en voie d’effondrement crée un risque de tsunami sur les côtes du Queensland.

Hiata de Tahiti

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Scènes de vie tahitienne

« Pour dégraisser le mammouth, les 57 pelés de l’Assemblée, il n’y en a que 20 qui parlent. Les autres, il faut les enlever », déclare Jean-Marie Yan Tu, secrétaire général du syndicat A Tia I Mua. Occasion d’une petite rétrospective des petites phrases qui ont marqué l’année 2012.

« Pour faire bénéficier un grand nombre de familles nécessiteuses » est la réponse de la mairie de Faa’a (maire Oscar Temaru) à la Chambre territoriale des comptes qui s’interrogeait sur l’augmentation importante d’agents titulaires au sein de la commune entre 2007 et 2009.

« Avant, nous vivions bien de la perle, après, nous en vivions, ensuite, nous survivions et, aujourd’hui, nous sommes dans le coma », dit Aline Baldassari-Bernard, membre de l’Union des professionnels de la perle.

« Je ne tape pas ma race. Je frappe juste les riches, les Français et les Chinois », déclare Puna, condamné à 3 ans de prison ferme pour avoir poignardé son frère.

« Je suis devenu SDF », s’exclame Gaston Flosse, à son retour à Tahiti, après l’incendie de son domicile.

ado torse nu et cannabis

« Je ne consomme pas de paka [cannabis]. Si je plante, c’est juste pour offrir aux copains. Et puis, j’aime bien la plante, elle sent bon », avoue un jeune homme devant le Tribunal correctionnel, après la découverte de 50 pieds de paka à son domicile. A Bora Bora, le bilan 2012 du travail de partenariat gendarmerie- police municipale s’établit à 6000 pieds de paka (cannabis) détruits, 48 interpellations et 6 mutoi (flics) félicités.

Un ado condamné pour avoir forcé l’un de ses condisciples de 12 ans à se prostituer. Cet ado, 16 ans aujourd’hui, a été condamné par le tribunal pour enfants siégeant à huit clos à trois ans de prison avec sursis. Ces enfants étaient tous hébergés dans un foyer éducatif.

ado torse nu

Sa compagne arrive en retard au domicile, le tane jaloux de trois coups au visage la tue. Le couple avait trois jeunes enfants.

Teiva Manutahi de Porinetia Ora a publié un communiqué assassin des « crimes économiques » commis contre le Pays, pêle-mêle : « La pêche aux Chinois, les phosphates aux Australiens, la perliculture aux Italiens, le tourisme aux fonds de pension américains. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement indépendantiste ne fait pas confiance à nos jeunes diplômés polynésiens. L’émancipation économique de la Polynésie est livrée pieds et mains liés à des intérêts dont la fiabilité est discutable. Porinetia Ora pense que seul le libéralisme le plus total et seule l’ouverture à la concurrence la plus libre permettront à nos industries de se relever et de prospérer ».

L’Octopus du milliardaire Paul Allen est à quai à Papeete. 126 m de long, construit en 2003, l’un des plus grands yacht privés du monde, propriété du cofondateur du géant informatique Microsoft avec Bill Gates. Ce palace flottant compte environ 41 cabines, peut accueillir trois hélicoptères, dispose de multiples hors-bord et jet-ski, d’un sous-marin de poche. L’un de ses ponts accueille bien sûr une piscine, mais également un terrain de basket. Il est estimé à plus de 250 millions $.

Le Président Temaru est golfeur. Sa Présidence a lancé un appel à projets à 7 milliards sur deux parcelles du domaine d’Atimaono à Papara. C’est que le Pei VEUT son hôtel de luxe pour attirer les riches golfeurs du monde entier.

Torrents d’eau sur le fenua et milliards de francs pacifiques pleuvent sur la Polynésie à quelques mois des élections territoriales. Connaissant le jeu polynésien, on pourrait dès à présent imaginer que ces prêts ne seraient pas remboursés, que c’est un dû au fenua. Une bouffée d’oxygène quand même qui devrait permettre de redonner de l’espoir, mais qui pourrait uniquement servir à payer les fonctionnaires du pays ! Le gouvernement local se félicite que les robinets de l’État soient à nouveau grand ouverts par le gouvernement socialiste. Qui ne demande rien n’a rien alors redemandons, redemandons encore et toujours !

Hiata de Tahiti

La France dans le Pacifique, quelle vision pour le XXIème siècle ? était le sujet d’un colloque organisé par le Sénat le 17 janvier, à Paris – loin du fenua, en métropole.

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Plein d’idées de tourisme en Polynésie

Le président-ministre du tourisme du gouvernement de la Polynésie française a lancé une idée fabuleuse. Encore une me direz-vous ? Attendez de lire la suite. Il a pour objectif 500 000 touristes mais seulement 165 000 touristes ont visité le fenua en 2011. « Oscar Temaru, Mayor of Faa’a, welcomes you to Tahiti Nui! Haere mai i te fare ! Bienvenue à la maison!”. Cela fait sensation. Cette idée géniale de l’hébergement chez l’habitant à titre gratuit des touristes venant au fenua… plairait certainement aux étrangers mais fait déjà grincer les dents les hôteliers, les pensions de famille.

D’après Oscar Tane, les touristes fortunés continueraient d’aller dans les hôtels, certains pourraient même aller dans des pensions. Imaginez quel échange culturel. Et les autres ? Ben ils iront dans les favelas d’Outumaoro. D’après le président-ministre du tourisme, c’est une idée formidable pour le brassage culturel, la culture accessible pour tous et donc GRATUITE. Un bémol peut-être pour le remboursement du billet d’avion, le ministre réfléchit encore. Encore et toujours plus d’idées novatrices et miraculeuses du golf (faire partie du circuit mondial) et le semi-marathon (comme à Hawaï)… arrêtez !  Je n’ai plus de place pour mes ragots. Et pourtant la mère cancans, c’est moi !

Longtemps, l’activité économique de nombreux atolls des Tuamotu a reposé sur l’exploitation des cocoteraies et la culture du coprah. Les insulaires pouvaient vivre grâce aux cocotiers qui leur fournissaient un revenu. Cela a duré pendant de longues années. Puis l’activité perlicole  a supplanté cette unique source de revenus. Aujourd’hui, on manque de bras pour entretenir les cocoteraies, c’est trop dur, il est nécessaire d’avoir un bateau pour entretenir les cocoteraies des motu, alors on exploite seulement les cocotiers du village et puis  il est plus facile d’aller à Tahiti vivre auprès de la famille et planter du pakalolo (cannabis). Un grand nombre de fermes perlières ont fermé, l’activité dans les cocoteraies a repris. Il ne faut pas qu’elle disparaisse, que les îliens ne viennent pas s’entasser dans les favelas de Faa’a. Mais qui prendra la décision de se saisir de ce problème à bras le corps. Qui trouvera ou tentera de trouver des solutions ? Pas de réglementation, manque de formation, de valorisation, d’accompagnement des générations futures.

Notre président–ministre fourmille d’idées certes, mais celle-ci vient de Nouvelle-Calédonie : « L’agro-tourisme ». Les représentants calédoniens de « Bienvenue à la ferme » sont venus en Polynésie à l’invitation de la Chambre d’agriculture. Ils ont identifié un « fort potentiel » qui devrait inspirer la création d’un réseau polynésien similaire avec des spécificités, comme par exemple la pêche lagonaire. Mais attendez un peu que les volontaires aient fini de nettoyer le lagon. Pardon ? Mais que croyez-vous que fassent ces volontaires, ils retirent tout le fatras  que les Polynésiens ont jeté dans « leur garde-manger » : pneus, frigos, roues de voitures, machines à laver, jouets d’enfants, ferraille, remorques, etc, etc. Cela fait à chaque fois plusieurs tonnes de déchets. Si en Nouvelle-Calédonie, cette expérience est une réussite, qu’en sera-t-il ici malgré le dévouement d’Henri Tauraa, le Président de la CAPL. Les conseils des Néo-Calédoniens ont été « regroupez-vous ». Moi, la langue de vipère, je me demande si le terme « se regrouper » appartient au vocabulaire polynésien. Vous reconnaitrez que je ne suis pas polyglotte, et avec l’âge, cela empire ! Pardon Henri.

Comment faire face à l’incivisme ? Dix ans déjà que la Polynésie est classée sanctuaire des baleines. Des règles sont édictées, sont-elles connues, sont-elles appliquées ? Il faudrait que très rapidement la justice et les forces de l’ordre passent à la vitesse supérieure. On a édité des brochures pour informer les « voyeurs «  de baleines. Où se placer par rapport à l’animal et à son petit, règlementation des sonars, tout est simple. Et pourtant ! Le 7 octobre certains n’ont pas hésité à monter à califourchon sur des baleines. Qu’attend-on pour sévir, attaquer le portefeuille des contrevenants, ça c’est parlant. Les baleines viennent mettre bas dans les eaux polynésiennes, les baleines viennent se reproduire dans les eaux polynésiennes. Ne sont-elles pas des cadeaux ?

Hiata de Tahiti

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Sacré et massacré à Tahiti

A Rapa Nui ou île de Pâques, on se pose toujours la question de savoir comment les grandes statues de l’île ont pu être déplacées. Tout a été invoqué, même les extra-terrestres ! Des scientifiques ont réussi à faire avancer de 100 m en une heure une fausse statue de 4,4 tonnes. A l’aide de trois équipes munies d’une solide corde, l’expérience a montré qu’il est possible de faire avancer les statues de l’Ile de Pâques quand elles sont debout. Des oscillations de côté font progresser le moai tandis que le dernier groupe l’empêche de tomber en avant.

ile-de-paques statuesAux Marquises, à Hiva Oa, le site cérémoniel d’Upeke dans la vallée de Taaoa a encore été profané. La tête du tiki a disparu. C’est la seconde profanation de ce site, il y a un an, le tiki de basalte avait déjà eu l’oreille tailladée à coups de machette. D’après les spécialistes, le premier site sacré établi sur Hiva Oa serait celui de Upeke. De lave rouge sombre, cette tête ovoïde était posée sur une petite plate-forme à quelques mètres en contrebas du grand tiki. A ce jour, elle a disparue. Elle doit mesurer environ 40 cm de hauteur et peser plusieurs dizaines de kilogrammes.

Tandis que le sénateur Tahoera’a se trouvait en Nouvelle-Zélande, sa maison était entièrement détruite par les flammes à Pirea. La maison était construite en bois, et les bouches à incendie manquaient cruellement d’eau. Le brasier a tenu trois heures devant les pompiers. A ce retour de Nouvelle-Zélande où il était allé faire faire son visa de séjour pour les États-Unis, il a été accueilli par une foule nombreuse à l’aéroport, et couvert de fleurs. Mais le vieux lion demeure un battant, il n’est pas abattu, et se dit prêt à continuer la lutte.

upeke tikiC’est une catastrophe, accidents et décès sur la route repartent à la hausse. Un chirurgien en traumatologie déclare : « Je suis effaré par la quantité de morts et de blessés et par la nature des lésions. J’ai découvert la chirurgie de guerre sur les routes de Tahiti. Il demande aux jeunes, principalement, de prendre conscience des drames humains. Il comparait les 88 morts en Afghanistan en dix ans et les 300 morts sur les routes de Tahiti pendant la même période. Il poursuivait : « la traumatologie routière est comportementale. Si l’on élimine tous les morts liés à l’alcool, au cannabis, à la bêtise comme rouler sans casque, il resterait peut-être quatre ou cinq accidents mortels dus à pas de chance ». Pour le Parquet, tolérance zéro. Pour les dix premiers mois de l’année les gendarmes ont fait 75 315 dépistages d’alcoolémie donnant lieu à 2 700 contrôles positifs et 3 438 infractions à la vitesse ; 1 107 permis de conduire ont fait l’objet d’une rétention administrative.

La pire phrase du mois : « Ce n’est pas la première fois que je la frappe, mais c’est la première fois qu’elle meurt ». Telle est la réponse faite par un homme accusé d’avoir tué sa femme, au président de la Cour d’assise. Ce dernier rappelait cet épisode, lors des assises de l’aide aux victimes, pour souligner la banalisation de la violence.

Hiata de Tahiti

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